La climatisation : luxe ou nécessité ?

Lorsque la chaleur enveloppante du soleil devient accablante et lourde d’humidité, on aime se réfugier dans un endroit climatisé pour se rafraîchir. Or, malgré les bienfaits qu’apporte un climatiseur, on devrait l’utiliser avec parcimonie. Tour d’horizon et conseils d’expert pour être bien pendant la saison chaude.

On aime l’été québécois ! Les sorties sur les terrasses, les journées en plein air et les séances de lecture dans un hamac augmentent certes la belle saison. Bien qu’on apprécie la chaleur du soleil, elle devient parfois insupportable.

Dans les dernières années plusieurs records de température ont d’ailleurs été enregistrée au Québec. Les longues canicules et l’humidité élevée sont de plus en plus incommodantes, surtout si nous faisons partie des personnes à risque en raison de notre âge avancé ou de notre santé fragile. Dans une telle situation, il peut devenir tentant d’installer un climatiseur chez soi… mais est-ce nécessaire ?

LE PARADOXE DU RÉCHAUFFEMENT

En 2018, l’Agence internationale de l’énergie publiait un rapport affirmant que les émissions de dioxyde de carbone liées à la climatisation devraient presque doubler d’ici 2050. Les milliards de nouveaux appareils qui seront installés dans le monde contribueront certainement au réchauffement de la planète.

Un cercle vicieux se crée progressivement alors que ces engins consomment beaucoup d’énergie et que leur fonctionnement engendre des gaz à effet de serre qui, eux, font monter le thermomètre… et augmenter notre besoin de nous rafraîchir !

C’est également une préoccupation pour les îlots de chaleur des villes. Pour Martin Auger, un ingénieur en bâtiment, expert en qualité de l’air et ventilation qui a obtenu un doctorat de la Faculté de médecine de l’Université McGill en santé du travail, ce cycle est source de grandes inquiétudes.

ON Y VA MOLLO

Par un beau matin de juillet, on enfile une robe légère et l’on rend visite à une amie. On entre dans sa demeure climatisée et, même si la fraîcheur nous fait du bien, au bout d’une heure, on gèle !

Le lendemain, on se réveille avec un petit mal de gorge, de la toux, les yeux qui piquent, le nez qui coule ou encore un torticolis et des crampes musculaires : des malaises provoqués par une climatisation trop forte.

Dans ce cas-ci, notre habillement léger, notre immobilité pendant une certaine période et notre exposition à une basse température avec un courant d’air élevé ont contribué à l’apparition de nos symptômes.

On les éprouverait également si l’on subissait un changement draconien de température dans un court délai. La température moyenne du corps tourne autour de 36,6°C. Pour que celui-ci n’ait pas à dépenser d’énergie pour la maintenir, la différence entre les températures intérieure et extérieure ne devrait pas excéder 8°C.

Lorsque l’écart est trop important, on augmente les risques de choc thermique, entraînant une perte de connaissance ou encore un arrêt respiratoire.

Si votre climatiseur est mal entretenu, qu’il y a une accumulation d’eau stagnante, qu’il n’a pas fonctionné pendant quelques semaines ou qu’il renferme des matières organiques (comme des miettes de nourriture), cela peut engendrer la prolification de champignons et de bactéries, nous apprend Martin Auger.

Les bactéries, champignons (moisissures), microbes et virus qui qui circulent par l’entremise de la climatisation peuvent causer des infections respiratoires plus ou moins graves, allant d’un simple rhume à la grippe légionellose.

Pour entretenir notre appareil de façon sécuritaire et efficace, il est important de suivre les instructions du fabricant ou de faire appel à un spécialiste.

EST-CE POUR MOI ?

« Dans le cas des asthmatiques, le froid peut déclencher certains symptômes typiques de la maladie, tels que la toux ou l’essoufflement. Par contre, la climatisation aide les personnes souffrant d’allergies saisonnières, puisqu’elle limite leur exposition aux pollens présents dans l’air.

Ainsi, selon le contexte, la climatisation se révèle bénéfique ou non si l’on souffre d’une affection respiratoire », explique le Dr Auger.

Si elle est utilisée avec modération, la climatisation est tout indiquée pour certains groupes vulnérables (aînés, femmes enceintes, jeunes enfants souffrant d’affections chroniques, etc.), puisque l’exposition prolongée à la chaleur peut surmener l’organisme et engendrer de la déshydratation (insolation) ou même un décès.

Or, comme la saison chaude est courte et que d’autres moyens existent pour se rafraîchir, la majorité des Québécois n’ont pas besoin d’un climatiseur, selon Martin Auger : « C’est une béquille qu’on devrait éviter le plus possible. »

Par ailleurs, il explique que le réglage d’un climatiseur est complexe et que peu de gens savent bien l’utiliser. Il faut tenir compte de plusieurs facteurs techniques, comme la température radiante et la vitesse de l’air, pour que son usage soit optimal.

AU FRAIS À PEU DE FRAIS

« On peut produire un courant d’air avec des ventilateurs », affirme le Dr Auger. L’avantage est qu’on peut contrôler la vitesse de l’air sans avoir à s’occuper d’autres facteurs, comme le degré de la température.

Une bonne stratégie est de placer un premier ventilateur pour aérer la pièce et un deuxième devant une fenêtre ouverte pour faire sortir la chaleur. Ils conviennent à tous les budgets et se trouvent facilement dans la plupart des grandes surfaces.

On a un sous-sol ? Cet espace, qui demeure frais, peut être un bon refuge lorsque le reste de notre logis est trop chaud. Pour faire descendre notre température, on prend une douche fraîche, on saute dans la piscine ou dans le lac !

DANS LA VOITURE

La chaleur peut grimper rapidement à l’intérieur de notre voiture. Si la nôtre est munie d’un système de climatisation, la température ainsi que la vitesse et la direction de l’air sont généralement réglables. On recommande de maintenir la température de l’habitacle autour de 25°C et d’éviter d’orienter les buses d’aération directement sur nous.

Outre la climatisation, les vitres teintées, le stationnement à l’ombre et un pare-soleil dans le pare-brise peuvent nous aider à garder l’intérieur confortable. Des rideaux de protection pour les autres vitres bloqueront aussi les rayons solaires. Avant un départ, prendre quelques minutes pour bien aérer l’auto rendra votre trajet beaucoup plus agréable.

Concernant la santé, le Dr Auger indique que « l’air dans les systèmes de climatisation des véhicules se déplace rapidement et le démarrage du système empêche les champignons ou les particules de s’accumuler ».

Comme pour la demeure, on gagne à mettre la pédale douce sur la climatisation dans la voiture. La modération nous fera également économiser de l’essence. Encore mieux, lorsque c’est possible, on choisit un mode de transport actif en prenant soin de se protéger adéquatement du soleil.

COMMENT ÉLIMINER LES SOURCES DE CHALEUR

1- On ferme les fenêtres le jour et on les ouvre la nuit.

2- Le jour, on bloque les rayons solaires en fermant les rideaux.

3- On utilise des ventilateurs.

4- On éteint les appareils électroniques (ordinateurs, télévisions…).

5- On porte des vêtements légers.

6- On évite de cuisiner avec le four.

7- On se rafraîchit à l’aide d’une débarbouillette ou un vaporisateur.


Source : Revue Coup de Pouce, juillet-Août 2021.

Combien ça coûte ?

Il arrive un malaise soudain et il faut se présenter d’urgence à l’hôpital. C’est plus sérieux qu’on imaginait; infarctus ! Les soins intensifs s’imposent après une urgente chirurgie au cœur.

Une fois le séjour terminé et le retour à la maison pour la convalescence et les consignes des médecins à observer scrupuleusement, ont reprend graduellement et lentement le retour à une vie « normale ».

Autre cas. Vous avez un médecin de famille que vous consultez annuellement quelques fois. Les rencontrent sont brèves et vous en sortez rassurés.

Mais combien ont coûté ces événements ?

Le Québécois ne le sait pas ! Pourtant, il bénéficie d’une assurance-santé de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) qui fait l’envie de beaucoup de peuples sur cette planète. L’accès aux soins au Québec nous assure des traitements de qualité gratuitement. Un souci financier de moins.

Sur chaque dollar qu’on empoche, par notre travail, nos rentes et revenus divers, une partie sert à financer ces programmes.

Nous sommes loin du médecin du village qui traitait ses patients avec quelques victuailles ou des mercis bien sentis, de gens pauvres.

Les dépenses en santé pour l’exercice 2020-2021 sont de près de 43 milliards $. C’est beaucoup d’argent pour une population de 8 millions d’habitants. Près de 6 000 $ par personne. Si ces montants font sursauter, on ne s’en rend pas vraiment compte. Alors que faire pour sensibiliser la population et prendre connaissance des coûts réels lorsqu’on utilise ces ressources.

Tout a un prix. Il suffit de voyager chez nos voisins du Sud, et devoir être hospitalisé pour mesurer toute l’ampleur financier de cette malchance. Heureusement qu’on contracte une assurance voyage avant notre départ, mais certains prennent le risque et ne s’assurent pas.

Par contre, assurance ou pas, on vous fait parvenir une facture du coût de votre mésaventure. Exorbitant !

Trois jours pour passer différents tests et on dépasse les 30 000 dollars américains. Un simple transport en ambulance de 10 kilomètres vous coûtera 700 U$. Une chirurgie cardiaque débute à 250 000 U$.

Je me souviens lorsque mon épouse a accouché de notre enfant en 1978, nous avions reçu un document de l’hôpital qui faisait état du coût de l’accouchement. Un détail inestimable.

Je suis de ceux qui pensent qu’on devrait toujours recevoir un état de compte après une intervention médicale et même pour une visite chez notre médecin. Pas une facture, mais un document qui ferait état du coût réel de notre intervention. Découvrir ce qu’on aurait dû payer.

Une prise de conscience qui pourrait avoir un impact sur ce qu’il en coûte pour se faire soigner au Québec, et découvrir que tout a un prix.

Nous serions peut-être plus soucieux de notre santé.

Une substance produite du cannabis serait thérapeutique

CBD : NOUVEAU REMÈDE MIRACLE ?

Petit cousin du THC, le cannabidiol s’impose comme la nouvelle star montante du bien-être. Des huiles essentielles aux gélules en passant par les boissons pétillantes, les bonbons gélifiés et la nourriture pour chiens, la variété de ses déclinaisons impressionne autant que ses promesses. Qu’en est-il réellement ?

Dans les moteurs de recherche, les trois lettres magiques (CBD) se hissent parmi les requêtes les plus populaires. Nouvel eldorado du bien-être, le marché du cannabidiol atteignait 2,8 milliards de dollars américains en 2020, avec une croissance annoncée de plus de 20 % par année jusqu’en 2028.

Martha Stewart, John Legend, Belle Thorne, Kourtney Kardashian et Mike Tyson figurant parmi ces entrepreneurs de l’extrait vedette

Le cannabidiol est une substance produite par la plante du cannabis, son deuxième ingrédient actif en importance après le THC.

Avec lui, oubliez les yeux rouges et le buzz euphorisant. Le CBD ne provoque pas d’effets psychotropes. Certains de ses disciples comparent même son action à un bain chaud ou une séance de yoga, mais les bienfaits allégués vont plus loin.

TROIS LETTRES, MILLE PROMESSES

Marily, 34 ans, a d’abord essayé le CBD pour soulager ses symptômes prémenstruels : « J’en prends sous forme d’huile, avec un vaporisateur oral, quelques jours avant que mes règles débutent. Les premières fois, j’ai rapidement vu un effet positif sur mon humeur et mon niveau de stress, alors j’ai décidé d’en consommer aussi lorsque je me sens anxieuse.

Par la suite, j’ai lu sur le Web que plusieurs utilisent le CBD lorsqu’ils ont des douleurs physiques. J’ai tenté le coup pour venir à bout des courbatures causées par le sport. Encore une fois, c’est très efficace pour moi ! »

Anxiolytique, anti-inflammatoire, analgésique, antiâge… Le CBD se présente comme un allié naturel pour soulager bon nombre de maux et inconforts.

L’insomnie hante nos nuits ? Et hop, quelques gouttes sous la langue. On souffre de rosacée, d’eczéma ? On a des rougeurs, des boutons ou simplement un teint blafard spécial confinement ? Par ici, les crèmes topiques et les sérums pour la peau. Il existe même des lubrifiants infusés au CBD pour booster la libido et décupler les plaisirs sous la couette. Peu importe le souci, le CBD vient à notre rescousse. Panacée ou mirage marketing ?

ALLIÉ DES ANXIEUX… ET DES SPORTIFS !

Sur le marché canadien, le CBD est souvent prisé pour son effet relaxant. Selon ses adeptes, il permettrait de calmer l’anxiété et de mieux dormir, sans les effets euphorisants ou intoxicants du THC.

Dominique, 36 ans, décuple les bienfaits de sa pratique de yoga avec le CBD : « Je suis naturellement anxieuse, et les derniers mois ont exacerbé le problème. Je ne voulais pas emprunter la voie de la médication, mais je cherchais tout de même une solution pour relâcher la pression. Je prends de l’huile de CBD avant mes séances de yoga, deux fois par semaine. Je ne dirais pas que tout est réglé – ce n’est pas un produit miracle –, mais je ressens un véritable effet de détente. En prime, une vieille douleur à l’épaule, que je traîne depuis des années, me semble beaucoup moins marquée. »

Professionnels ou amateurs, les sportifs vénèrent le coup de pouce du CBD. Fini les courbatures et les muscles endoloris ! Il suffit d’une recherche dans les médias sociaux pour voir les joggeurs, cyclistes et athlètes de tout acabit prendre la pause avec leur inséparable flacon. En 2019, la Fédération de triathlon des États-Unis devenait même le premier organe d’un sport olympique commandité par un producteur de CBD. Un message fort pour cette molécule retirée de la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage en 2018.

50 NUANCES DE VERT

Le Dr Didier Jutras-Aswad étudie le CBD au Centre de recherche du CHUM. Bien que certains indices alimentent les espoirs de la communauté scientifique, le médecin et chercheur se montre prudent : « À l’heure actuelle, il existe peu de données probantes sur les bienfaits du CBD. On est encore au début de l’aventure scientifique.

Oui, certaines études sur les animaux montrent que le cannabidiol contribuerait à soulager la douleur, l’anxiété et la dépression. Et chez les humains ? Impossible de tirer une conclusion claire. Idem pour la libido, les troubles alimentaires, les symptômes liés au SPM ou à la ménopause… En attendant que des études solides dégagent un verdict, les avis sont partagés.

Une certitude : plus le CBD a le vent dans les voiles, plus le besoin de données devient criant. La patience sera toutefois de mise. Les recherches portant sur le cannabidiol ne sont pas simples, même depuis la légalisation du cannabis :

« Il est plus facile pour un consommateur de se rendre à la SQDC pour acheter n’importe quel produit et le consommer chez lui, sans surveillance, que pour moi, comme chercheur, d’administrer la substance dans un cadre rigoureux et contrôlé », explique le Dr Jutras-Aswad, professeur agrégé è l’Université de Montréal.

Les nombreux modèles d’administration ajoutent à la complexité : on peut inhaler, ingérer, appliquer en crème topique… Quel est le meilleur format ? Pour quel problème médical est-il indiqué ? Et dans quel dosage ?

Même quand les résultats expérimentaux semblent prometteurs, il serait hasardeux de les transposer directement à la vie quotidienne. La concentration utilisée en laboratoire est largement supérieure au dosage des produits vendus : « Les études misent sur un CBD purifié allant jusqu’à 800 mg/ml, explique le Dr Jutras-Aswad. En comparaison, les produits du marché ont plutôt 10 ou 20 mg/ml. »

TROP BEAU POUR ÊTRE VRAI ?

Une bonne nouvelle : si l’OMS ne recommande pas encore l’usage du cannabidiol à des fins médicales, il certifie toutefois que la substance ne présente aucun risque pour la santé ni potentiel d’abus ou de dépendance. « Même à fort dosage, le CBD est très bien toléré, ce qui explique l’intérêt scientifique pour la molécule, confirme le Dr Jutras-Aswad. Les effets secondaires sont bénins, le plus commun étant la diarrhée, parfois la sédation. »

Le véritable danger se cacherait plutôt dans certaines allégations exagérées, voire carrément frauduleuses. Des vendeurs de rêves se faufilent habilement dans cette brèche qui sépare les espoirs potentiels et les zones d’ombre qu’il reste à élucider. Consommer du CBD pour soulager son stress, apaiser ses douleurs ou améliorer la qualité de son sommeil, c’est une chose. Interrompre ses traitements pour une maladie grave ou un cancer, c’est une tout autre histoire.

LES BONS RÉFLEXES

Si on a un symptôme ou un ennui de santé pour lequel on envisage le CBD, on consulte d’abord un professionnel de la santé. Il pourra s’assurer que le problème a été bien cerné, et il évaluera avec nous les différentes options. « On a un bon système au Canada qui nous donne accès à des produits pharmaceutiques de qualité », assure le Dr Didier Jutras-Aswad.

« J’ai toujours fumé du THC pour mon anxiété et ma concentration, témoigne Simon, atteint d’un TDAH. Un jour, l’arthrite s’est mise de la partie, au point de m’empêcher de fermer et d’ouvrir les mains. J’ai utilisé des crèmes et des huiles de CBD faites par une amie. Elles ont super bien fonctionné !

J’en ai parlé à mon médecin. Elle était réticente au départ, mais on a conclu une entente. J’ai suivi son protocole de médicaments, puis on a réévalué la situation. Son traitement ne marchait pas vraiment mieux que le cannabis pour mon arthrite, tout en étant plus coûteux. Elle a bien vu les effets (des crèmes et des huiles), et elle m’a donné mon ordonnance. Je crois même qu’elle en prescrit à d’autres patients maintenant. »

On veut essayer le CBD à des fins non médicales ? On s’approvisionne dans des points de vente réglementés, soit la SQDC au Québec. On aura ainsi des produits de meilleure qualité et on saura exactement ce qu’on achète et dans quelle concentration on le fait. Comme pour tout nouveau produit, on commence avec la plus petite dose.

Les espoirs et les essais sont permis, mais dans l’attente de données scientifiques qui confirment les bienfaits réels au-delà des rumeurs, mieux vaut user de prudence. D’autres études seront nécessaires pour continuer à départager les situations dans lesquelles le CBD peut être utile ou pas.

POUDRE, BONBONS ET COMPAGNIE

Consommé sous forme de gélule, d’huile, de poudre ou même de cocktail, le cannabidiol se présente aussi avec différents degrés de concentration. Il peut être ingéré, inhalé, ou absorbé par la peau. Pour démocratiser le CBD et recruter de nouveaux clients encore réfractaires, les fabricants et entreprises rivalisent d’ingéniosité.

Quelques exemples :

– Vendus dans les magasins de nutrition américains, les bonbons gélifiés de Martha Stewart s’inspirent des confiseries françaises aux arômes raffinés. Airelle, fruits de la passion, kumquat, calamondin… Faites vos choix !

– L’arsenal de Martha Stewart comprend également une gamme de produits CBD pour chiens. Biscuits au bacon fumé et CBD, huile aromatisée au poulet et CBD… Tout est mis en œuvre pour réduire le stress de notre fidèle compagnon.

– À Los Angeles, le spa du Ritz Carlton offre des massages spécial CBD (250 $ les 50 minutes). On nous propose quelques gouttes de la substance sous la langue en début de traitement, une exfoliation du corps avec une huile infusée au CBD et même un timbre transdermique au CBD pour la maison, afin d’éviter les courbatures postmassages. Pour les budgets plus modestes, on offre également la pédicure CBD (120 $ les 50 minutes).

– Calyx, une compagnie canadienne, vend des bombes de bain contenant 100 mg d’extrait de CBD. Tantôt revigorantes lorsque mariées à la menthe poivrée, tantôt apaisante avec l’huile de lavande, ces bombes nous promettent de propulser au niveau supérieur le traditionnel bain relaxant (16,99 $).

LE VRAI DU FAUX

LE CBD…

… est efficace contre les convulsions épileptiques.

Vrai. Administré sous forme orale, le CBD peut diminuer les crises de convulsions dans certaines formes d’épilepsie, souvent chez les enfants pour qui les autres traitements ne sont pas efficaces. Il s’agit de sa propriété la mieux étudiée.

… est un anti-douleur.

Ça augure bien. Selon une étude publiée par l’Université McGill, le cannabidiol pourrait soulager la douleur chronique de façon sécuritaire. Une option au THC ? Peut-être, mais les données restent limitées. D’autres recherches seront nécessaires.

… est un anti-inflammatoire.

Peut-être. Même si le CBD semble posséder certaines propriétés anti-inflammatoires intéressantes, on ne dispose pas encore de preuves scientifiques pour l’affirmer avec certitude.

… est un anxiolytique naturel.

C’est possible. Son efficacité a été prouvée sur les animaux. Chez les humains, quelques études ont montré que le CBD pouvait réduire l’anxiété, mais elles comportaient peu de participants. On est encore loin de la quantité de données qui existent pour les autres traitements de l’anxiété.

… est un ingrédient de choix pour les soins de la peau.

On ne le sait pas exactement. Des études cliniques sur des cellules humaines suggèrent que le CBD pourrait avoir un effet anti-inflammatoire intéressant dans le cas cde certains soucis dermatologiques, comme l’acné. Même si le CBD est peu susceptible d’être nocif pour notre peau, la plupart des dermatologues s’entendent pour dire qu’il existe d’autres traitements, efficaces et plus sûrs, à l’heure actuelle.

… aide à prévenir les troubles de toxicomanie.

Ça dépend. Il semble que le CBD est utile pour traiter les dépendances aux opioïdes ou au cannabis, mais les données restent préliminaires. On sait toutefois qu’il ne permet pas de traiter efficacement la dépendance à la cocaïne.

… sert de bouclier protecteur contre les effets délétères du THC.

Plutôt faux. Selon le Dr Didier Jutras-Aswad, il s’agit d’une surinterprétation des données scientifiques existantes. Dans certains cas, oui, mais dans d’autres, non. Tout dépend du dosage, du moment, de la voie d’administration… Plusieurs paramètres devront être analysés avant que l’on puisse faire une telle affirmation.

Source : Julie Champagne, revue Coup de Pouce, juin 2021, p44

Anosognosie

Définition : Trouble neurologique caractérisé par la méconnaissance par le malade de la maladie dont il est atteint.

Pensez-vous souffrir de perte de mémoire ?

Dans l’analyse qui suit, le Professeur français Bruno Dubois Directeur de l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IMMA) à La Pitié-Salpêtrière – Hôpitaux de Paris, aborde le sujet de manière assez rassurante :

« Si quelqu’un est conscient de ses problèmes de mémoire, il n’a pas la maladie d’Alzheimer. »

1. J’oublie les noms des familles.

2. Je ne me souviens pas où j’ai mis certaines choses.

Il arrive souvent chez les personnes de 60 ans et plus de se plaindre de leur manque de mémoire. « L’information est toujours dans le cerveau, c’est le « processeur » qui fait défaut. »

Il s’agit de l’anosognosie ou de l’oubli temporaire.

La moitié des personnes de 60 ans et plus présentent des symptômes dus à l’âge plutôt qu’à la maladie.

Les cas les plus courants sont :

– Oublier le nom d’une personne;

– Aller dans une pièce de la maison et ne pas se souvenir pourquoi nous y allions;

– Une mémoire vierge pour un titre de film ou un acteur, une actrice;

– Une perte de temps à chercher où nous avons laissé nos lunettes ou nos clés.

Après 60 ans, la plupart des gens ont une telle difficulté, ce qui indique que ce n’est pas une maladie mais plutôt une caractéristique due au passage des années.

De nombreuses personnes sont préoccupées par ces oublis, d’où l’importance de la déclaration suivante :

« Ceux qui sont conscients de l’oubli n’ont pas de sérieux problème de mémoire. »

« Ceux qui souffrent d’une maladie de la mémoire ou d’Alzheimer ne sont pas conscients de ce qui se passe. »

Le professeur Bruno Dubois, directeur de l’IMMA, rassure la majorité des personnes préoccupées par leurs oublis :

« Plus nous nous plaignons de la perte de mémoire, moins nous sommes susceptibles de souffrir de mal de mémoire. »

PASSONS MAINTENANT À UN PETIT TEST NEUROLOGIQUE : N’UTILISEZ QUE VOS YEUX !

1- Trouvez le C dans le tableau ci-dessous !

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2- Si vous avez déjà trouvé le C, trouvez le 6 dans le tableau ci-dessous.

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3- Trouvez maintenant le N dans le tableau ci-dessous.

Attention, c’est un peu plus difficile !

MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMNMM

MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMM

MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMM

MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMM

MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMM

Si vous réussissez ces trois tests sans problème :

– Vous pouvez annuler votre visite annuelle chez le neurologue.

– votre cerveau est en parfait état !

– vous êtes loin d’avoir une relation avec la maladie d’Alzheimer.

Peur démesurée de l’AstraZeneca ?

Par chance, la forte ruée vers la vaccination par l’AstraZeneca a fait augmenter le nombre de Québécois ayant eu une première dose.

Avec un seul cas de thrombose (rarement mortelle) sur 100 000 doses administrées, les statistiques prouvent que vous avez beaucoup plus de chance de mourir d’autre chose.

Lorsque j’ai reçu ma première dose à la mi-mars, une personne âgée juste à côté de moi, a refusé l’AstraZeneca. On lui a conseillé de prendre un autre rendez-vous, sans l’assurer qu’elle puisse recevoir un autre vaccin différent.

Je me suis questionné sur la raison de ces refus; peur de mourir, peur des effets secondaires, mauvaise presse de ce vaccin et j’en passe. Pourquoi faire fi d’un si minime risque alors que la sournoise et contagieuse COVID-19, n’attend qu’une toute petite incartade pour frapper sans prévenir ?

Ce qui est bizarre dans cette idée, est que ces mêmes personnes font usage de médicaments depuis fort longtemps, qui peuvent avoir des effets secondaires eux aussi, et quelques fois graves.

Le médecin prescrit un médicament et, dans la plupart des cas, le malade lui fait confiance. Des effets secondaires possibles ? Non ! On n’y pense même pas. Pourtant…

On va à la pharmacie chercher le médicament. Arrivé à la maison, on ouvre la boîte pour apercevoir un grand feuillet explicatif du remède, tellement plié (72 fois), qu’il n’est pas plus gros qu’un carton d’allumettes. Écrit dans les deux langues et avec des caractères infiniment petits, il faut une loupe pour le lire (photo).

Trop long et fastidieux, ou on ne s’en occupe pas… Et hop ! À la poubelle ou au recyclage.

La prochaine fois, prenez le temps de le lire et vous verrez leur nombre significatif d’effets secondaires, les médicaments qu’il faut éviter de prendre avec celui-ci, sans compter certaines précautions à observer.

Pas mal plus inquiétant que l’AstraZeneca, qui vous paraît si terrifiant !

Est-ce que la probabilité de mourir en conduisant votre bagnole vous hante à chaque kilomètre parcouru…?

Alors… 1 cas sur 100 000 pour l’AstraZeneca, ça me semble facile de choisir sans hésiter et sans se tourmenter.

Preuve vaccinale : un privilège indispensable

Oui, le gouvernement doit mettre en place un moyen de privilégier ses citoyens complètement vaccinés lorsque le déconfinement graduel s’amorcera.

Ce moyen est la preuve vaccinale.

Je préconise un système comme la Ville de New York vient d’adopter; un code QR en version papier ou électronique sur des téléphones portables.

Les commerçants pourraient alors accepter ou non les clients complètement vaccinés dans leurs établissements, tout en étant imputable en cas d’éclosion, d’une fermeture définie par la santé publique.

Comme pour la carte d’assurance maladie, le permis de conduire, les cartes de crédits, les passeports, cartes de fidélité, etc., cet outil deviendrait aussi un privilège pour reprendre une vie normale.

Il vous manque ce passe-droit ? Ce privilège devient impossible pour en profiter.

Autre point positif d’un tel scénario, les covidiots pourraient se voir, contre leur volonté, forcés de se conformer aux règles qui régissent cette pandémie depuis maintenant 15 mois et de finalement, se faire vacciner, s’il veulent retrouver leur ancienne vie.

Il ne faut pas se leurrer, les scientifiques et sommités mondiales, s’entendent pour nous prédire d’autres pandémies. Quand on peut faire le tour du monde en 24 heures, la contagion peut être fulgurante.

De tout temps, les gens ont appris à vivre avec un rhume ou une grippe sans que ça perturbe l’économie. Mais cette pandémie planétaire sans précédent doit nous obliger de vivre avec elle. Le vaccin est, pour le moment, notre seul moyen de défense.

La preuve vaccinale demeure un laissez-passer moderne de s’en sortir et de profiter de l’avenir en sécurité. Le retour à une vie normale en dépend.

Il est urgent de l’implanter.

Diabète et crédits d’impôts pour personnes handicapées

En ces temps de production de nos déclarations d’impôts, plusieurs questions trouvent difficilement réponses.

Quels sont les crédits d’impôts auxquels nous avons droit et principalement si nous avons des maladies comme le diabète.

Le texte qui suit précise les modalités qui s’appliquent dans un tel cas. Il est tiré de la revue Plein Soleil, de Diabète Québec, édition du printemps 2021.

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PLUS DIFFICILES À DEMANDER QU’IL N’Y PARAÎT

Depuis quelques années, Plusieurs personnes atteintes de diabète ont entendu parler de crédits d’impôt non remboursables pour les personnes vivant avec une déficience grave et prolongée.

Au provincial, il s’agit du crédit d’impôt pour les personnes atteintes d’une déficience grave et prolongée des fonctions mentales ou physiques et au fédéral, du crédit d’impôt pour personnes handicapées.

Sur les réseaux sociaux, on peut lire qu’il est possible d’obtenir ces crédits d’impôt « d’un seul coup de baguette magique » si on présente un diabète insulinodépendant. La vérité est cependant toute autre…

Pour se prévaloir de ces crédits, les personnes vivant avec une déficience grave et prolongée doivent faire remplir deux formulaires gouvernementaux par leur médecin traitant : l’Attestation de déficience au provincial et le Certificat pour le crédit d’impôt pour personnes handicapées au fédéral.

Les conditions au provincial et au fédéral pouvant différer, il faut aller sur le site de chacun des paliers de gouvernement et y noter les restrictions avant de faire remplir les formulaires. Il faut, entre autres, répondre aux critères de soins thérapeutiques essentiels ou avoir des complications graves du diabète qui limitent de façon importante les activités courantes de la vie quotidienne comme parler, voir, entendre, marcher.

Pour une personne vivant avec un diabète insulinodépendant sans atteindre des activités courantes, il faut pouvoir démontrer que 14 heures par semaine sont consacrées au traitement de la maladie, et ce, en excluant plusieurs éléments comme le temps passé au calcul des glucides, à l’exercice physique, à la réalisation de l’épicerie, à l’observation d’une diète, etc.

Si vous pensez répondre aux critères exigés, voici ce qu’il faut savoir pour faciliter vos demandes :

1- Faites une liste précise, préférablement sous forme de tableau, de votre temps passé à chaque activité de soin thérapeutique essentiel en y mettant le minutage par semaine. Vous devez signer et dater cette page, car vous êtes imputable de l’évaluer de façon véridique.

2- C’est votre médecin qui a la responsabilité de signer le formulaire. En ce sens, il ne pourra pas accepter un minutage exagéré ou farfelu qui ne correspond pas au temps passé aux soins thérapeutiques.

3- Rappelez-vous que ce n’est pas le médecin qui décide des critères d’acceptation pour l’octroi des crédits d’impôt, mais bien les gouvernements.

4- Présentement, ces crédits ne sont pas accordés en raison d’un diagnostic de diabète insulinodépendant, mais bien parce que plus de 14 heures par semaine sont requises pour le traiter.

5- Des frais pour la rédaction de ces formulaires peuvent être demandés par votre médecin.

Le conseil d’administration de Diabète Québec et l’Association des médecins endocrinologues du Québec font présentement des représentations auprès des divers paliers de gouvernements afin de diminuer les restrictions actuelles et de favoriser l’éligibilité des personnes vivant avec un diabète insulinodépendant à ces crédits.

Source : Jean Palardy, M.D. Président de l’Association des médecins endocrinologues du Québec.

Crèmes solaires : cancérigènes

Une récente découverte sur les crèmes solaires et de soins anti-âge nous apprend qu’une composante pourrait causer un cancer de peau.

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OCTOCRYLÈNE : UN INGRÉDIENT CANCÉRIGÈNE DES CRÈMES SOLAIRES

L’octocrylène entre dans la composition de nombreux cosmétiques comme les crèmes solaires ou les soins anti-âge. Mais attention, selon des chercheurs franco-américains, ce filtre solaire se dégraderait, lorsque le produit vieillit, en un composé cancérigène pour l’Homme. C’est quoi ? Où le trouve-t-on ? Quelles précautions prendre ?

Un filtre solaire appelé octocrylène, présent dans de nombreuses crèmes solaires (notamment certains produits des marques Garnier, Uriage, La Roche-Posay, L’Oréal…) pourrait se transformer en un composé potentiellement cancérigène pour l’Homme, révèle une étude menée par des chercheurs franco-américains. Où cette substance est-elle présente ? Que sait-on des risques de cancer ? Explications et liste des produits qui en contiennent.

Définition : qu’est-ce que l’octocrylène ?

L’octocrylène est un composé organique (constitué de composés de carbone) utilisé comme filtre solaire dans de nombreux cosmétiques comme les crèmes solaires, les crèmes hydratantes, anti-âge, autobronzantes…

C’est un liquide visqueux, huileux et incolore, qui permet d’une part de résister à l’eau, mais aussi d’absorber les rayons UVB, les rayonnements responsables du bronzage, mais aussi du vieillissement de la peau, des coups de soleil, des brûlures, des cloques et de la plupart des cancers de la peau.

Cette substance figure dans la liste d’ingrédients sur le packaging des produits solaires commercialisés en France (écrit souvent en anglais « Octocrylen/Octocrylene »).

CETTE SUBSTANCE, SOUPÇONNÉE D’ÊTRE CANCÉRIGÈNE, EST FACILEMENT ABSORBÉE PAR LA PEAU.

Octocrylène et risque de cancer : que sait-on ?

Lorsque le produit cosmétique vieillit, l’octocrylène se transformerait et se dégraderait au sein même des flacons en benzophénone*, une substance soupçonnée d’être un perturbateur endocrinien cancérogène, en plus d’être très polluante pour l’environnement, en particulier pour le corail. C’est en tout cas le constat des chercheurs du Laboratoire de biodiversité et biotechnologies microbiennes de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Sorbonne Université/CNRS) et de leurs confrères américains.

Leurs travaux ont été publiés le 8 mars 2021 dans la revue de la Société américaine de chimie Chemical Research in Toxicology. Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de chercheurs a analysé la composition et le vieillissement de 15 crèmes solaires et soins anti-âge vendus en France et aux États-Unis, à l’aide d’un spectromètre de masse de haute performance. « Au départ, il y a très peu de benzophénone dans les produits. Mais progressivement, avec le vieillissement du produit, il y a de plus en plus de benzophénone (…)

Des augmentations de benzophénone dépassant les 100% et même atteignant les 200% ont ainsi été observées » 6 semaines après l’ouverture du produit, indique à l’AFP le Pr Philippe Lebaron, co-auteur de l’étude. Autrement dit, la concentration de benzophénone dans le produit augmenterait avec le temps. Cette substance est d’autant plus problématique qu’elle est facilement absorbée par la peau.

Le Centre international de Recherche sur le Cancer de l’Organisation mondiale de la Santé a classé la benzophénone comme une « substance potentiellement cancérogène pour l’homme (Groupe 2B) », rappellent les chercheurs. Et de préciser que, chez l’animal, l’exposition à cette molécule induirait des cancers du foie et des lymphomes, mais aussi des problèmes dermatologiques.

Selon les scientifiques, l’innocuité de l’octocrylène dans les produits cosmétiques devrait être, suite à la publication de cette étude, rapidement examinée par les organismes de réglementation.

*Risques potentiels du benzophénome selon les chercheurs : Lymphomes, cancers du foie, problèmes dermatologiques.

Liste des produits : dans quoi trouve-t-on de l’octocrylène ?

L’octocrylène est présent dans de nombreux cosmétiques dont :

Certaines crèmes solaires.
Certains soins anti-âges.
Certaines crèmes hydratantes.
Certains autobronzants.
Certains shampooings.

Marques des crèmes solaires : parmi les produits contenant de l’octocrylène analysés par les chercheurs, il y avait :

Garnier Ambre Solaire FPS 50,
Bioderma Photoderm AR SPF 50+,
Uriage Age Protect SPF 30,
La Roche-Posay SPF 50,
Cosmia Sun BB Creme SPF 50,
L’Oreal Age Perfect FPS 20
Coppertone Kids Sport SPF 50 Spray
Banana Boat Clear UltraMist SPF 30 Spray
Neutrogena Beach Defense SPF 100 Spray

→ Voir la liste des produits et le tableau complet des résultats dans l’étude consultable en ligne.

Quelles précautions prendre ?

Les chercheurs de l’étude déconseillent l’utilisation des produits contenant de l’octocrylène. Pour savoir si votre produit en contient, vérifiez son étiquette. La présence d’octocrylène est obligatoirement mentionnée dans la liste des ingrédients au dos du flacon ou de l’emballage du produit.

Sources : Anaïs Thiébaux, Le Journal des Femmes.

17 questions-réponses sur votre santé

Je n’ai pas la réponse sur la véracité des conseils-santé qui suivent mais, avec un fond de vérité, ça peut toujours servir.

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Q-1 : Est-ce que l’huile d’olive peut prévenir les maladies cardiaques ?

R-1 : Oui. Les bienfaits de l’huile d’olive proviennent de la présence de polyphénols, antioxydants qui réduisent le risque de maladies cardiaques et cancers. Mais pour obtenir ces composés pour la santé, les consommateurs devraient acheter de l’huile fraîche et de bonne qualité, de l’huile d’olive extra-vierge, qui a la plus haute teneur en polyphénols.

La plupart des huiles d’olive disponibles dans le commerce ont des niveaux faibles de polyphénols associée à des méthodes de récolte médiocres, des mauvaises conditions de stockage et de traitement.

Q-2 : Est-ce que le sirop contre la toux fonctionne ?

R-2 : Non. En 2006, les médecins du pays ont reconnu que la majorité des médicaments en vente libre contre la toux ne fonctionne pas réellement. Ces sirops colorés contiennent généralement des doses de codéine et de dextrométhorphane qui sont trop petites pour être efficaces. Seuls les antitussifs contenant des antihistaminiques plus importants semblent soulager la toux. Cela inclut Bromphéniramine, un ingrédient actif de Dimetapp.

Q-3 : Les boissons gazeuses sucrées conduisent-elles au diabète ?

R-3 : Oui. La majorité de la recherche en santé est contre les liqueurs sucrées. Une grande étude en 2004, dans le Journal of the American Medical Association, a trouvé que les personnes qui ont bu une ou plusieurs boissons sucrées par jour, augmentent leur risque de développer un diabète de type 2 de 83 %, par rapport à celles qui consomment moins d’une boissons sucrées par mois.

Q-4 : Les noix font-elles engraisser ?

R-4 : Non. Plus de 75 % de la noix est grasse. Mais manger gras ne fait pas nécessairement engraisser. Le plus grand facteur conduisant au gain de poids est la taille de la portion. Heureusement, les noix sont chargées avec des graisses saines qui vous remplissent. Elles sont également une bonne source de protéines et de fibres. Une étude a même conclu que les amandes entières ont 20 % moins de calories car beaucoup de matière grasse est évacuée par le corps.

Q-5 : La marche est-elle aussi efficace que la course ?

R-5 : Oui. Des études ont montré que le temps à faire du sport — et donc le nombre de calories que vous brûlez — est plus important que la difficulté de l’exercice. La course est une forme plus efficace d’exercice, mais pas nécessairement mieux pour vous. Une étude de 6 ans publiée dans le journal, artériosclérose, thrombose et biologie vasculaire en avril, a constaté que la marche à un rythme modéré et la course produisent des avantages de santé similaires, aussi longtemps que la même quantité d’énergie a été dépensée.

Q-6 : Boire du jus de fruits est-il aussi bon pour vous que de manger des fruits ?

R-6 : Non. Calorie pour calorie, le fruit entier offre plus d’avantages nutritionnels que de boire le jus de ce fruit pur. C’est parce que quand vous liquéfiez les fruits, vous enlevez la pelure et la pulpe, qui contiennent beaucoup d’ingrédients comme fibres, calcium, vitamine C et autres antioxydants.

Q-7 : Les pains de blé sont-ils meilleurs que le pain blanc ?

R-7 : Non. Tous les pains de blé ne sont pas identiques. Les pains de blé qui contiennent toutes les pièces de l’amande du grain, y compris le germe riche en nutriments et la fibre dense, doivent être étiquetés « grains entiers » ou « blé entier ». Certains pains de blé sont juste du pain blanc avec un peu de caramel colorant pour faire paraître le pain plus sain.

Q-8 : Un bain chaud peut-il me rendre malade ?

R-8 : Oui. Les bains chauds — particulièrement ceux dans les spas, Les hôtels et les salles de sport — sont un nid de germes. L’eau n’est pas assez chaude pour tuer les bactéries, mais est à la bonne température pour faire croître les microbes encore plus vite. Même si des spas sont traités avec du chlore, la chaleur provoque la décomposition du désinfectant plus rapidement.

L’infection dans le bain chaud qui est la plus répandue est la folliculite pseudomonas, qui provoque des boutons rouges avec démangeaisons. Un effet secondaire plus dangereux de trempage dans un bain à remous sale est une forme de pneumonie appelée légionellose, infectant plus de 100 personnes à la Playboy Mansion en 2011.

Q-9 : Le café provoque-t-il le cancer ?

R-9 : Non. Le café a eu une mauvaise réputation dans les années 1980, quand une étude a lié consommation de café et cancer du pancréas. Le rapport préliminaire a été par la suite démystifié. Plus récemment, des études de santé sont en faveur de la boisson contenant de la caféine. Le café a été associé à un risque moindre de diabète de type 2, maladie de Parkinson, cancer du foie et même le suicide.

Q-10 : Les œufs font-ils monter le taux de cholestérol ?

R-10 : Non. Bien que les jaunes d’œufs soient une source importante de cholestérol — une substance cireuse qui ressemble à la graisse — les chercheurs ont appris que les graisses saturées ont plus d’impact sur le cholestérol dans votre sang que de manger des aliments qui contiennent des taux de cholestérol.

Les individus en bonne santé avec des taux normaux de cholestérol ne devraient pas hésiter de profiter des aliments comme les œufs dans leur régime alimentaire tous les jours, » le chercheur principal de l’étude d’une durée de 25 ans Étude de l’Université de l’Arizona sur le cholestérol a donné cette conclusion.

Q-11 : Peut-on boire trop d’eau ?

R-11 Oui. Il est très rare que quelqu’un meure de boire trop d’eau, mais ça peut arriver. Trop hydratant est plus fréquente chez les athlètes de haut niveau. Boire un excès d’eau, appelée intoxication à l’eau, dilue la concentration de sodium dans le sang, conduisant à une condition appelée hyponatrémie.

Les symptômes de l’hyponatrémie peuvent varier de nausées et de la confusion à des convulsions et même la mort dans les cas graves. Pour éviter cela, boire des liquides avec électrolytes lors d’événements extrêmes d’exercice.

Q-12 : Le yogourt peut-il faciliter les problèmes de digestion ?

R-12 : Oui. Notre tube digestif est rempli de micro-organismes bons et mauvais. Le yogourt contient des bactéries bénéfiques, génériquement appelés probiotiques, qui aident à maintenir un équilibre sain. Les probiotiques peuvent soulager plusieurs problèmes gastro-intestinaux, y compris la constipation et la diarrhée. Certaines marques de yaourts, Activa de Danone, sont commercialisées exclusivement pour les problèmes de ventre.

Q-13 : Les dentifrices blanchissants blanchissent-ils les dents plus que les dentifrices ordinaires ?

R-13 : Non. Les dentifrices blanchissants contiennent habituellement des peroxydes et autres abrasifs forts qui pourraient faire paraître les dents plus blanches en enlevant les taches. À la différence des gels qui contiennent l’eau de Javel, et les bandes de blanchiment à domicile ces dentifrices ne changent pas réellement la couleur de vos dents.

Q-14 : Est-il bon de faire chauffer la nourriture au micro-ondes dans des contenants en plastique ?

R-14 : Oui. Mais le récipient en plastique doit afficher la mention « micro-ondes ». Cela signifie que la « Food and Drug Administration » a testé le conteneur pour s’assurer qu’aucun produit chimique ne peut migrer du plastique vers les aliments pendant la cuisson aux micro-ondes. Si les produits chimiques entrent dans la nourriture, les quantités sont minuscules et ne sont pas dangereuses pour notre santé.

De manière générale, les sacs d’épicerie en plastique ainsi que les plats en plastique qui contiennent la margarine, yaourt, fromage à la crème, et condiments ne vont pas au micro-ondes. Je n’utilise plus les récipients en plastique, même avec la mention « micro-ondes » il y a déjà un bon moment. J’ai lu un article d’un médecin qui conseillait de ne pas utiliser le plastique, mais bien les verres, la porcelaine, terre cuite…

Le plastique, c’est le plastique !!! Les contenants de plastique vides vendus pour ranger des produits alimentaires ne font pas l’objet d’analyses de la part de Santé Canada et il n’existe aucune réglementation quant aux substances utilisées pour leur fabrication. Cependant, le Bureau de la sécurité des produits de consommation se penchera sur toute inquiétude soulevée par ce type de produit et demandera aux fabricants de retirer toute substance présentant un risque pour la santé.

Q-15 : Pouvez-vous ruiner votre vue à regarder la télévision ?

R-15 : Non. Regarder la télévision ne détruira pas vos bâtonnets et les cônes comme le mythe désuet le suggérait. Avant les années 1950, les télés à tubes cathodiques émettaient des rayons qui pouvaient augmenter le risque de problèmes oculaires si on les regardait trop. Les téléviseurs modernes ont un écran cathodique spécial qui bloque ces émissions nocives et d’ailleurs ce type d’écran est de moins en moins utilisé.

Q-16 : Le vin rouge est-il mieux que le vin blanc ?

R-16 : Oui. Le vin rouge contient beaucoup plus de resvératrol que le vin blanc, un antioxydant qui est dans la peau du raisin qui a été indiqué pour lutter contre les maladies associées au vieillissement.

Q-17 : L’eau en bouteille, est-elle meilleure pour vous que l’eau du robinet ?

R-17 : Non. L’eau embouteillée n’est pas plus sûre ou plus pure que l’eau du robinet, mais est nettement plus chère. Une étude récente de l’Université de Glasgow au Royaume-Uni a constaté que l’eau embouteillée est en fait plus. L’eau en bouteille et l’eau du robinet en général viennent des mêmes sources — sources naturelles, les lacs et les aquifères.

Alors que les approvisionnements publics en eau sont testés pour les contaminants tous les jours, alors que l’eau en bouteille n’est contrôlée, pour tester les principaux polluants, que chaque semaine, voire mois ou même année… En plus les bouteilles, majoritairement en plastique, ne sont pas toujours stockées dans de bonnes conditions…

Bonne santé !

Vous aimeriez devenir centenaire et en pleine forme ? C’est possible…

Jeanne Louise Calment avait la plus longue durée de vie humaine confirmée jamais enregistrée: 122 ans et 164 jours. Il semble que le destin ait fortement approuvé la façon dont Mme Calment a vécu sa vie.

Jeanne est née à Arles, en France, le 21 février 1875, et décédée en 1997. Lorsque la Tour Eiffel a été construite, elle avait 14 ans.

C’est à ce moment-là qu’elle rencontre Vincent van Gogh. « Il était sale, mal habillé et désagréable », se souvient-elle dans une interview donnée en 1988.

À 85 ans, elle s’est mise à l’escrime et elle roulait toujours sur son vélo lorsqu’elle a atteint 100 ans.

Quand Jeanne avait 114 ans, elle a joué dans un film sur sa vie. À 115 ans, elle a subi une opération de la hanche et à 117 ans, elle a arrêté de fumer (après avoir commencé à 21 ans en 1896).

Apparemment, elle n’a pas arrêté de fumer pour des raisons de santé, mais parce qu’elle n’aimait pas devoir demander à quelqu’un de l’aider à allumer une cigarette lorsqu’elle devenait presque aveugle.

En 1965, Jeanne avait 90 ans et n’avait pas d’héritiers. Elle a signé un accord pour vendre son appartement à un avocat de 47 ans nommé André-François Raffray. Il a accepté de lui verser une somme mensuelle de 2 500 francs à la condition qu’il hérite de son appartement après sa mort. Cependant, Raffray a non seulement fini par payer Jeanne pendant 30 ans, mais il est décédé avant elle à l’âge de 77 ans. Sa veuve était légalement obligée de continuer à payer Mme Calment jusqu’à la fin de ses jours.

Jeanne a conservé des facultés mentales pointues. Lorsqu’on lui a demandé le jour de son 120e anniversaire quel genre d’avenir elle s’attendait à avoir, elle a répondu: « Un très court. »

Citations et règles de vie de Jeanne Calment:

– Être jeune est un état d’esprit. Cela ne dépend pas de son corps. Je suis en fait encore une jeune fille. C’est juste que je n’ai pas l’air si bien depuis 70 ans. Je n’ai qu’une ride, et je suis assis dessus.

– Tous les bébés sont beaux.

– J’ai été oublié par notre bon seigneur.

– Je suis amoureuse du vin.

– Gardez toujours votre sourire. C’est ainsi que j’explique ma longue vie.

– Si vous ne pouvez pas changer quelque chose, ne vous inquiétez pas.

– J’ai une immense envie de vivre et un gros appétit, surtout pour les sucreries.

– Je ne porte jamais de mascara; je ris jusqu’à ce que je pleure trop souvent.

– Je vois mal, j’entends mal et je me sens mal, mais tout va bien.

– Je pense que je vais mourir de rire. »

– J’ai des pattes de fer, mais pour vous dire la vérité, elles commencent à rouiller et à se déformer un peu.

– J’ai pris du plaisir quand j’ai pu. J’ai agi clairement et moralement et sans regret. J’ai beaucoup de chance.

Voilà ! Vous avez maintenant la recette de longévité.

À vous de jouer…

Alzheimer : la prévention notre meilleure alliée

Sachant que de saines habitudes de vie, dont l’activité physique, permettent de réduire considérablement les risques de souffrir d’Alzheimer, cette terrible maladie qui trouble la mémoire, on doit miser davantage sur la prévention, selon les experts.

Même après plus de 100 ans de recherches, il n’existe toujours pas de remède efficace contre cette maladie neurodégénérative; d’où l’importance de travailler en amont.

« Selon de récentes études, faire de l’exercice fréquemment permet de réduire de plus de 30 % les risque d’être atteint d’un trouble neurocognitif », affirme Nouha Ben Gaied, directrice de la recherche et développement et de la qualité des services à la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer.

« C’est considérable, poursuit-elle, puisque aucun médicament ne peut en faire autant. Et lorsque l’activité physique est combinée à de la stimulation cognitive, on est en mesure de mieux contrôler l’évolution des symptômes, et ce, quels que soient l’âge de la personne ou le stade de la maladie. »

Éric Simard, docteur en biologie et chercheur dans le domaine du vieillissement, ajoute que la qualité de notre alimentation, de notre vie sociale, de notre sommeil, de même qu’un faible taux de stress et d’anxiété réduisent
aussi considérablement les risques que notre cerveau parte en vrille.

« C’est étonnant de voir que, malgré la grande importance de la prévention, personne n’en parle. C’est un reflet de notre société qui n’est pas [axée sur la] prévention. On doit mettre cela au centre de notre système de santé », estime le spécialiste.

PAS JUSTE UNE MALADIE DE « VIEUX »

Il existe deux principales formes de la maladie. D’abord, il y a celle qu’on appelle la maladie d’Alzheimer « tardive » ou « sporadique ». Il s’agit de la plus commune.

Celle-ci concerne généralement les gens qui reçoivent un diagnostic dans la soixantaine, Bien que l’affection soit fatale, le déclin des personnes atteintes de cette forme est beaucoup plus lent que dans la forme familiale.

L’espérance de vie dépasse souvent les 10 ans.

L’affection qui est dite « familiale », anciennement appelée « forme précoce de la maladie d’Alzheimer » est quant à elle beaucoup plus rare. Elle touche moins de 5 % des patients atteints.

Celle-ci se déclare chez de plus jeunes sujets, aux environs de la quarantaine. Elle est héréditaire et progresse rapidement.

UNE PANDÉMIE RAVAGEUSE

Mme Ben Gaied souligne que de nombreuses recherches montrent que les patients doivent non seulement bouger, mais également éviter de s’isoler socialement. Les experts ont d’ailleurs constaté que les périodes de confinement dues à la COVID-19 ont eu des effets néfastes sur plusieurs personnes atteintes d’Alzheimer.

Les aidants naturels sont aussi de cet avis. « Au pire de la pandémie, j’ai vu ma mère régresser, nous confie Nancy. Son état s’est très rapidement détérioré. Pour éviter qu’elle n’attrape la COVID, j’ai fait beaucoup de chose à sa place, dont toutes ses courses. Elle était donc beaucoup moins active. Elle n’a pas attrapé le virus, mais ça n’a visiblement pas aidé sa santé d’être ainsi isolée. »

POURQUOI LES CAS EXPLOSENT-ILS ?

D’après le rapport publié en 2020 par la revue médicale The Lancet intitulé Dementia
prevention,
intervention, and care : 2020 report of « The Lancet » Commission (Prévention, intervention et soins de la démence), « l’incidence de la démence selon l’âge a diminué dans de nombreux pays, probablement en raison des améliorations apportées à l’éducation, à la nutrition, aux soins de santé et aux changements de mode de vie ».

Malgré cela, la Société Alzheimer du Canada croit que le nombre de cas devrait doubler d’ici 15 ans. Pourquoi donc ? Parce que l’espérance de vie a gagné près de 15 ans au cours des 50 dernières années et que, après 65 ans, les risques d’être atteint de la maladie d’Alzheimer doublent tous les cinq ans.

Les cas à la hausse sont également dus aux progrès en matière de diagnostic, fait de plus en plus tôt.

L’IMPORTANCE DU DIAGNOSTIC PRÉCOCE

« Près de 50 % des personnes atteintes d’un trouble cognitif – la maladie d’Alzheimer comprise – reçoivent leur diagnostic à un stade très avancé, indique Nouha Ben Gaied. Bien souvent, enchaîne-t-elle, 70 % des neurones sont déjà touchées, car la maladie avance silencieusement. Le dépistage précoce est donc la clé, parce qu’il permet de stabiliser la maladie par la pharmacologie. »

Éric Simard est d’avis que si l’on était capable de diagnostiquer l’Alzheimer très tôt, il est fort probable que les gens atteints finiraient par mourir d’autre chose.

« Un processus de dégénérescence nerveuse se met en branle chez la personne souffrant d’Alzheimer. Initialement, cependant, on remarque une accumulation de protéines, de déchets, dont le cerveau est incapable de se débarrasser, explique-t-il. Lorsque cela se produit, ces déchets se retrouvent aussi dans le sang.

J’ai espoir que, au cours des prochaines années, un test permettra de détecter ces protéines dans la circulation sanguine, ce qui serait un grand pas pour le dépistage précoce.

SEXE, ALCOOL… ET PLASTIQUE !

À l’heure actuelle, on sait que les femmes sont plus à risque de souffrir de la maladie. À preuve, juste au pays, 65 % des personnes atteintes sont de sexe féminin. L’âge influence aussi, puisque plus on vieillit, plus les risques augmentent.

Enfin, l’hérédité n’est pas à négliger. Une trentaine de facteurs génétiques peuvent jouer un rôle dans le développement de la maladie.

On a bien peu d’emprise sur notre sexe, notre âge ou notre génétique. En revanche, on peut s’aider en adoptant un mode de vie sain. Sur le site canadien de la Société Alzheimer, tout comme dans le rapport publié dans The Lancet en 2020, on indique que les personnes qui consomment beaucoup d’alcool – on parle ici de 21 consommations par semaine – ont un risque de maladie cognitive plus élevé par rapport à celles qui boivent modérément ou pas du tout.

De plus, les fumeurs ont 45 % plus de risques de souffrir de la maladie que ceux qui ne fument pas ou plus. L’hypertension, la mauvaise alimentation, la dépression, l’obésité et le taux de cholestérol élevé sont d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte.

« L’Alzheimer est une maladie en partie métabolique; certains l’appellent même le diabète de type 3, souligne Éric Simard. L’enchevêtrement de déchets au cerveau finit par faire mourir des cellules, mais la maladie est aussi liée à un processus inflammatoire et à une difficulté des cellules neuronales à gérer le glucose.

C’est une prise de conscience sur la façon dont on mange et l’omniprésence des sucres raffinés dans l’alimentation.

Les phtalates sont également montrés du doigt par de nombreux chercheurs, car ces composés chimiques affecteraient notre système hormonal. Les experts du Programme des Nations unies pour l’environnement et de l’Organisation mondiale de la santé les impliquent désormais dans le développement des maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

UNE PREMIÈRE EN 15 ANS

À ce jour, bien que certains médicaments atténuent les symptômes, aucun traitement curatif n’a été trouvé. Nouah Ben Gaied parle avec optimisme de la demande de mise sur le marché auprès de la Food and Drug Administration (FDA) (le pendant américain de Santé Canada), d’un nouveau produit portant le nom d’Aducanumab : « Il n’y a pas eu de nouveau médicament pour soigner l’Alzheimer depuis 15 ans. Il s’agir vraiment d’une avancée majeure », estime-t-elle.

De son côté, Éric Simard pense qu’il ne faut pas crier victoire trop vite. « Tout médicament capable de ralentir le processus de progression sera le bienvenu. Malheureusement, les résultats ne sont pas très concluants pour le moment, dit-il. J’espérais mieux. On ne parle que d’une réduction de 23 %. Pour obtenir l’accréditation, les chercheurs se penchent sur les effets de doses élevées, puisque les doses faibles n’ont pas fonctionné ou n’ont pas atteint le seuil d’efficacité voulu. »

Au moment d’écrire ces lignes, la FDA n’avait toujours pas statué sur l’avenir du produit.

AIDE MÉDICALE À MOURIR : UNE FENÊTRE S’OUVRE

Plusieurs personnes souffrant de troubles neurodégénératifs, et plus précisément d’Alzheimer, demandent à ce que l’aide médicale à mourir soit une option pour elles. Récemment, le tribunal leur a donné une lueur d’espoir puisque la Cour supérieure du Québec a déclaré, dans un jugement rendu à l’automne 2019, que les critères de fin de vie de la loi provinciale et ceux de mort naturelle raisonnablement prévisible de la loi fédérale étaient inconstitutionnels. Québec s’est conformé au jugement en retirant son critère de fin de vie. Ottawa, de son côté, a jusqu’au 18 décembre 2020 pour modifier le Code criminel.

Ce n’est pas la seule difficulté que doivent affronter les gens atteints d’Alzheimer. Lorsque ceux-ci éprouvent de grandes souffrances, ils ne sont généralement plus aptes à donner leur consentement pour recevoir l’aide médicale à mourir. L’idéal, selon les patients, serait qu’ils puissent signer un consentement anticipé. Ce que la loi ne permet pas pour le moment. Le débat devrait donc se poursuivre en 2021.

LES 4 STADES DE LA MALADIE

Stade 1 : Au stade léger, les symptômes courants sont les pertes de mémoire, les difficultés à communiquer et les changements dans l’humeur et le comportement.

Stade 2 : Dès le stade modéré, on observe un déclin des facultés cognitives et fonctionnelles du patient. La personne atteinte, bien qu’encore souvent consciente de son état, a besoin de soutien quotidien pour effectuer ses tâches.

Stade 3 : Une fois au stade avancé, la personne malade devient incapable de communiquer verbalement ou de prendre soin d’elle-même.

Stade 4 : On en arrive au stade de fin de vie.

Source : Annie Turcotte, revue Coup de Pouce, janvier-février 2021, p34