Les vapoteurs : mise en garde

Des produits achetés dans la rue seraient dangereux.

AFP | Les autorités sanitaires ont appelé les Américains, en particulier les jeunes, à ne pas utiliser d’ingrédients achetés dans la rue, à commencer par du cannabis, dans les cigarettes électroniques, en raison de mystérieuses maladies pulmonaires apparemment liées au vapotage.

Le nombre de personnes souffrant de ces maladies pulmonaires graves à atteint 215, réparties dans 25 États aux États-Unis, ont annoncé les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Un décès a même été constaté, fin août.

Les enquêteurs n’ont ni identifié de marque ni de produit spécifique ayant causé ces maladies, qui se manifestent en toux, essoufflement, douleurs de poitrine, parfois vomissements et diarrhées.

ATTENTION DANGER

Mais dans « de nombreux cas », des substances au cannabis avaient été utilisées par le malade.

Les vapoteurs sont appelés à ne pas acheter de recharges ou de liquides dans la rue, notamment au THC, la substance psychoactive du cannabis.

Ils « ne doivent pas modifier les produits de cigarettes électroniques ou leur ajouter des substances qui ne sont pas prévues par le fabricant », ont averti les CDC et la Food and Drug Administration (FDA) dans un communiqué.

« Indépendamment de l’enquête en cours, les produits de cigarettes électroniques ne doivent pas être utilisés par les jeunes, les jeunes adultes, les femmes enceintes et les adultes qui ne consomment actuellement pas de tabac », rappellent les autorités.

POLITIQUE FERME

Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d’un liquide à l’intérieur de la cigarette électronique. Si la nicotine est la norme, l’usage du cannabis se répand.

Les autorités américaines s’alarment en particulier de la popularité du vapotage chez les adolescents et ont engagé une politique de fermeté contre les fabricants pour faire respecter l’interdiction de vente aux moins de 18 ou 21 ans, selon les États.

Le leader du marché américain, Juul, est sous le coup d’une enquête de l’agence fédérale de protection des consommateurs pour ses pratiques marketing.

Quand l’insomnie devient insupportable

Vous avez régulièrement de la difficulté à dormir ? Cet état vous incommode depuis longtemps ? Peut-être que les heures précédant le moment de vous mettre au lit, sont déficientes.

Rien ne vaut un sommeil réparateur. Dans son numéro de septembre 2019, la revue Protégez-vous publiait un article, sous la plume d’Amélie Cléroux, donnant de bons conseils pour mieux dormir. En prenant connaissance de ce papier sur ce blogue, vous découvrirez peut-être ce qui cause cette insomnie et le moyen d’y remédier.

6 BONS CONSEILS POUR MIEUX DORMIR Amélie Cléroux

1- Zone sans écran

L’ordinateur, le téléphone ou la tablette dont vous vous servez le soir nuisent à votre sommeil, car leur utilisation est associée à des activités qui se pratiquent le jour et qui activent le système nerveux et l’état d’éveil. Et, surtout, ces écrans émettent des longueurs d’ondes liées aux couleurs bleue et blanche, qui contribuent à inhiber la mélatonine, une hormone favorisant l’endormissement lorsque la nuit tombe.

L’idéal pour s’assoupir facilement, c’est… de se passer d’écrans, tout simplement ! Les experts conseillent même de les bannir complètement de la chambre à coucher, incluant les téléviseurs.

2- Lisez au lit sans ruiner votre nuit

Vous êtes accro aux livres virtuels ? Optez pour une liseuse de type Kindle plutôt qu’une tablette numérique, et réservez-la à la lecture du soir. Sa luminosité plus faible – souvent sans rétroéclairage – de même que son utilisation ne seront pas associées à une activité de jour, ce qui favorisera votre transition vers le sommeil.

3- Le pouvoir du filtre orange

Voyez la vie en nuances orangées en utilisant des lunettes à filtre orange si vous devez absolument vous servir d’un écran en soirée. À défaut de vous adonner à une activité relaxante, vous subirez alors moins les effets stimulants de la lumière. La couleur orange ne freine pas la sécrétion de mélatonine et permet de couper les mauvaises longueurs d’onde associées aux couleurs bleue et blanche.

4- La mélatonine à la rescousse du décalage horaire

Pas facile, le décalage horaire pendant un voyage ! La mélatonine synthétique, vendue en vente libre en pharmacie sous forme de pilules ou de solutions liquides, pourraient vous aider à en venir à bout. C’est qu’elle produit un effet qui permet de resynchroniser le rythme biologique en fonction du décalage.

Par le même principe, elle peut être utile si vous avez un horaire de travail de nuit ou rotatif. Toutefois, les effets de la mélatonine sur les cas d’insomnie classique (problèmes d’endormissements, réveils fréquents), ainsi que des répercussions sur le développement des enfants et des adolescents, sont encore peu documentés. Consultez un professionnel de la santé dans ces cas précis.

5- Surveillez votre hygiène de vie

Le stress et l’anxiété sont les meilleurs amis de l’insomnie, tout comme certaines mauvaises habitudes qui accentuent le risque de voir les heures défiler sur le cadran. Voici quelques conseils pour tomber plus facilement dans les bras de Morphée.

  • Prenez l’habitude de vous lever à la même heure chaque matin afin d’établir un cycle veille-sommeil régulier et d’avoir envie de dormir à la même heure chaque soir.
  • Le soir venu, ne mangez ni trop tard ni en trop grande quantité.
  • En soirée, évitez la caféine – même celle du thé – et les autres stimulants (comme la nicotine), mais aussi l’alcool, qui entraîne un sommeil agité ainsi que des réveils nocturnes.
  • Limitez les efforts physiques intenses de deux à trois heures avant le coucher.
  • Faites plutôt un peu d’exercices tous les jours avec une intensité soutenue pendant au moins 20 minutes (marche rapide, course à pied, vélo, etc.).
  • Pour favoriser la détente en soirée, préférez la pratique du yoga, de la méditation ou d’exercices de relaxation.

6- Dormez sur le côté comme un pro !

En cas de ronflements : Dormir sur le côté aidera à atténuer ces vrombissements. Un truc de grand-mère pour vous assurer de ne pas vous retourner pendant la nuit ? Cousez une balle de tennis dans le dos d’un chandail ou d’un pyjama. Ce sera là un bon incitatif… qui fera aussi le bonheur de la personne dormant à vos côtés.

En cas de brûlures d’estomac : Étendez-vous sur le côté gauche. Ainsi, l’acide gastrique risque moins de s’écouler de l’estomac à l’œsophage (ce qui entraîne la sensation de brûlure).

En cas de douleur à une hanche ou au dos : Installez-vous sur le côté non endolori, les genoux pliés. Placez ensuite un oreiller entre vos jambes pour garder vos hanches alignées et empêcher vos genoux de se toucher.

Bonne nuit !

Les tiques et la maladie de Lyme

Les tiques… ça fait quelques étés à peine qu’on en entend parler. Cet acarien, parasite des animaux, se nourrit de sang. Il peut piquer l’homme et transmettre des maladies contagieuses, dont la maladie de Lyme, entre autres.

Pour bien connaître cette bestiole, quoi de mieux que l’expérience vécue par des spécialistes. Quels sont les symptômes et diagnostic ainsi que le traitement requis lorsque nous en sommes les victimes.

Dans son numéro de l’été 2019, la revue de l’Association canadienne des snowbirds, Nouvelles « CSA » en a fait son dossier santé du trimestre et c’est ce que je vous propose comme lecture aujourd’hui. Vaut mieux prévenir que guérir, comme le dit l’adage. L’article est de Robert MacMillan, M.D.

L’idée de cet article m’est venue hier soir, alors que je m’apprêtais à aller au lit. Ma hanche me démangeait, et quand j’ai commencé à me gratter, j’ai senti une petite bosse. En regardant de près, j’ai immédiatement aperçu une tique, qui s’était probablement accrochée quand je nettoyais mon terrain et que j’ai apporté les branchages dans le bois adjacent.

Je l’ai retiré doucement à l’aide d’une pincette, puis je l’ai regardée ramper sur la table avant de m’en débarrasser. Je suis certain que c’était une tique à pattes noires. Je dois voir mon médecin de famille plus tard aujourd’hui pour recevoir le traitement approprié.

TACHE NOIRE

Il y a deux ans, un matin d’été, alors que je m’habillais, mon épouse a remarqué une tache noire sur mon dos. À l’aide d’un miroir, je l’ai aperçu et j’ai tout de suite songé à un mélanome. Plus tard dans la journée, j’étais très inquiet. Mon fils, qui est médecin de famille, nous visitait et m’a examiné de près. Avec son esprit habituel, il m’a dit qu’il avait une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : la tache n’était pas un mélanome. La mauvaise nouvelle : elle avait des pattes. Jusqu’alors, je n’avais jamais vraiment songé aux tiques, puisqu’il y a encore quelques années, les médecins n’en voyaient jamais, ou même ignoraient tout de la maladie de Lyme.

Maintenant, le problème s’est rapidement répandu dans la plupart des régions du Canada, surtout dans le sud de la Colombie-Britannique, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et des provinces de l’est. Kingston, en Ontario, où j’habite, a l’un des taux d’infestation de tiques et de maladie de Lyme les plus élevés au pays

LES CAS MULTIPLIÉS PAR 14 EN 8 ANS

Le nombre de cas déclarés de la maladie au Canada est passé de 144 en 2009 à 2025 en 2017. Il est important pour nous tous de connaître les moyens de prévention et de traitement modernes relativement aux tiques et à la maladie de Lyme. L’Agence de la santé publique du Canada, de même que les agences de la santé de chacune des provinces, publient chaque année une carte qui montre les zones les plus à risque.

Les tiques se nourrissent de sang; elles sont donc le plus souvent problématiques dans les habitats où vivent des mammifères hôtes, particulièrement les chevreuils. Il y a plusieurs types de tiques, mais celle qui cause la maladie de Lyme s’appelle tique à pattes noires ou tique du chevreuil. Cette tique est porteuse d’une souche particulière de bactérie qu’elle peut transmettre aux individus qu’elle pique. Si la tique se nourrit du sang d’un individu depuis plus de 24 heures, il y a risque qu’elle transmette la maladie.

TIQUES

Prévention :

Les zones aux risques les plus élevés d’exposition aux tiques sont les boisés, les herbes hautes et les buissons, ainsi que leurs environs. Les enfants qui jouent dans de tels environnements, au chalet ou dans les aires de loisirs, sont plus exposés aux piqûres. La pratique du golf, de la chasse, du camping et de la randonnée pédestre présente aussi plus de risque de piqûre.

Pour réduire le risque, on peut traiter les vêtements et l’équipement avec des produits contenant 0,5 % de perméthrine, et il est recommandé d’appliquer sur la peau un insectifuge contenant du DEET. Le port de manches longues, de chaussettes et d’un pantalon apporte aussi un surcroît de protection.

Les personnes qui fréquentent de telles zones, surtout si le nombre connu de tiques à pattes noires et de cas de maladie de Lyme est élevé, sont fortement encouragées à faire tous les soirs un examen de vérification de la présence de tiques sur tout leur corps. Les tiques préférant les parties du corps sombres et chaudes, l’examen devrait couvrir les cheveux, l’aine, le nombril, les oreilles les aisselles et le derrière des genoux.

Traitement des piqûres de tique :

Pour prévenir la transmission de la bactérie qui cause la maladie de Lyme chez les humains, il faut bien traiter les piqûres de tique. Lorsqu’une tique est détectée, elle doit être retirée dès que possible. La plupart des gens peuvent le faire eux-mêmes en la retirant de la peau lentement et soigneusement afin d’extraire l’insecte au complet.

Mettez la tique dans un pot au cas où vous auriez besoin de la faire identifier. Si elle n’est pas retirée, vous devriez voir un médecin. S’il s’avère que la tique est accrochée depuis moins de 36 heures, il suffit de nettoyer à fond la piqûre avec de l’eau et du savon, étant donné que l’insecte nécessite plus de temps pour transmettre la bactérie infectieuse. On peut juger du temps écoulé depuis la piqûre d’après la période d’exposition connue, le niveau d’engorgement de la tique et la rougeur de la piqûre.

Si la piqûre a eu lieu il y a plus de 36 heures ou à un moment indéterminé, le traitement actuel (qui doit être administré dans les 72 heures suivant le retrait de la tique parasite) consiste en l’administration d’un antibiotique prophylactique oral, habituellement de la doxycycline, en dose unique ou multiple. Les femmes enceintes et les enfants de moins de huit ans reçoivent un autre antibiotique.

MALADIE DE LYME

Les tiques à pattes noires ne transmettent pas toutes la bactérie qui cause la maladie de Lyme à la personne piquée. Quoi qu’il en soit, après la piqûre – constatée ou non, traitée ou non –, il y a risque de contacter la maladie de Lyme, à plus forte raison si elle n’est pas traitée en temps opportun. La prévalence de la maladie par rapport à l’incidence des piqûres de tiques dans chaque zone est surveillée par les agences de la santé de chacune des provinces.

Symptômes et diagnostic :

Les symptômes peuvent se manifester dans les 30 jours suivant la piqûre sous forme de fièvre, de douleurs articulaires ou musculaires, de maux de tête ou d’éruption cutanées localisées. La rougeur peut apparaître au plus tôt sept jours après la piqûre, et dans certains cas, elle ressemble à une cible. L’apparition des symptômes peut varier et être vague, ce qui complique le diagnostic, surtout si la personne ignore qu’elle a été piquée par une tique.

Même si la maladie est maintenant beaucoup plus courante et les médecins mieux informés, beaucoup de patients n’ont pas été diagnostiqués par le passé et ont énormément souffert avec l’évolution de la maladie. Au Canada, les analyses de confirmation en laboratoire de la maladie se sont perfectionnées et un traitement approprié peut être entrepris tôt pour améliorer les chances de guérison.

Traitement :

Lorsque le diagnostic est confirmé, le traitement avec l’antibiotique approprié peut commencer. Les directives de traitement changeant souvent, il est indiqué de faire appel à un spécialiste des maladies infectieuses. Si dans la plupart des cas, le traitement est efficace avec la bonne antibiothérapie, certains patients continuent d’avoir des symptômes débilitants longtemps après l’éradication du microorganisme infectieux.

Les piqûres de tiques et la maladie de Lyme sont maintenant des problèmes médicaux courants dont vous devriez être conscient, car la prévention et un traitement prophylactique peuvent vous éviter les symptômes plus graves de la maladie de Lyme, qui sont parfois difficiles à guérir.

Des professionnels de la santé plus informés, des analyses en laboratoire plus efficaces et de meilleurs antibiotiques aident désormais à gérer cette affection maintenant beaucoup plus courante.

Encore un problème insensé de religion

Vous vous souvenez de la mort de cette maman qui venait d’accoucher de son bébé et qui avait refusé de recevoir une transfusion sanguine parce qu’elle était témoin de Jéhovah ?

Un autre cas semblable, mais concernant un enfant de 5 ans cette fois-ci, a dû être réglé en Cour supérieure le 23 juillet dernier et heureusement à la faveur de l’enfant. Voici cette histoire…

EN COUR POUR TRANSFUSER UN ENFANT DE CINQ ANS Martin Lavoie, Journal de Québec

QUÉBEC | Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec a obtenu un ordre de la cour pour procéder à une transfusion sanguine sur un enfant de cinq ans, à laquelle ses parents, témoins de Jéhovah, s’opposaient.

L’enfant, qui souffrait de troubles respiratoires nocturnes et avait de la difficulté à avaler et à manger devait subit l’ablation des amygdales le 30 juillet dernier.

Le CHU n’a pas confirmé au Journal si l’opération avait finalement eu lieu comme prévu.

Si les parents de l’enfant consentaient à l’opération, ils avaient aussi demandé à l’hôpital de respecter leurs croyances religieuses.

Or, le recours à au moins une transfusion sanguine était inévitable selon l’hôpital. Valérie Larouche, hémato-oncologue pédiatrique qui assure le suivi de l’enfant depuis 2014, a donc témoigné devant la Cour supérieure le 23 juillet.

ANÉMIE CHRONIQUE

Elle a précisé que l’enfant souffrait d’anémie chronique. Son hémoglobine n’était qu’à 76 g/l et un taux de 100 g/l était nécessaire pour procéder de manière sécuritaire à la chirurgie.

Il devenait donc essentiel qu’il reçoive une transfusion sanguine la veille de l’opération et il n’y avait pas d’autre choix.

La Dre Larouche a ensuite fait référence à des études faisant « état d’un taux élevé de complications chez des patients qui n’ont pas de transfusions ».

Si cette chirurgie est considérée comme étant à « risque intermédiaire », ses complications « sont graves ».

« Le risque est alors significatif, pouvant aller de séquelles permanentes au décès. » Il était donc impossible d’entreprendre la chirurgie sans pouvoir, au besoin, recourir à des transfusions.

Le jugement rapporte que « la mère est reconnaissante des soins dispensés à on fils, parce qu’en Afrique, elle croit qu’il serait mort. Elle craint cependant que le sang provenant de la transfusion soit souillé, que la transfusion puisse causer une maladie, par exemple le VIH », précise-t-on.

LA RELIGION EN CONFLIT

Dans sa décision, la juge France Bergeron a souligné que « les convictions religieuses des parents et leurs valeurs entrent en conflit avec l’intérêt de l’enfant ».

La juge écrit que « la Cour suprême a établi que le droit à la liberté ne comprend pas le droit des parents de refuser à leur enfant un soin jugé nécessaire par le médecin, pour lequel il n’y a aucune autre solution ».

Elle a ajouté que la démonstration de la Dre Larouche n’est pas contredite.

La juge a finalement autorisé le CHU de Québec à procéder aux transfusions requises au stade préopératoire, et jusqu’à 15 jours après la chirurgie en cas de complications.

Les bienfaits des bleuets contre les maladies

Tiens ! Les agriculteurs du Saguenay-Lac-St-Jean seront enchantés des résultats d’une étude clinique sur la consommation de bleuets, versus certaines maladies importantes.

Pour les besoins de la cause, je veux partager avec vous aujourd’hui l’article du Docteur Richard Béliveau qui traitait justement de ce sujet dans sa chronique Santé du Journal de Montréal du 12 août dernier. Et vous… vous adorez les bleuets ?

DES BLEUETS CONTRE LE SYNDROME MÉTABOLIQUE ET LES MALADIES CARDIOVASCULAIRES Richard Béliveau

TOUS LES VÉGÉTAUX NE SONT PAS ÉGAUX

Tous les organismes dédiés à la prévention des maladies chroniques, qu’il s’agisse des maladies cardiovasculaires, du diabète ou du cancer, s’accordent pour dire que la consommation d’un minimum de 5 portions (400 g) de fruits et de légumes par jour est absolument essentielle pour réduire l’incidence et la mortalité associées à ces maladies.

Cette quantité est importante, mais il ne faudrait pas oublier que le type de fruits et de légumes consommés
joue également un rôle important : il existe des différences énormes dans la composition biochimique des végétaux, avec certains d’entre eux qui contiennent des niveaux très importants de molécules connues pour exercer des effets positifs sur la santé, notamment les polyphénols.

Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les bleuets : non seulement ces petits fruits sont une excellente source de vitamines, minéraux et fibres, mais ils possèdent en plus la caractéristique de contenir des quantités exceptionnelles d’une classe de polyphénols appelée anthocyanines.

Ce contenu élevé est important, car plusieurs études épidémiologiques ont établi une association entre l’apport en anthocyanines et une diminution du risque d’infarctus du myocarde, du diabète de type 2 et de mortalité prématurée, ces effets protecteurs étant observés pour des quantités facilement atteignables par l’alimentation, soit 1 à 3 portions de bleuets par semaine. Les bleuets semblent donc très prometteurs pour la prévention des maladies cardiométaboliques.

SYNDROME MÉTABOLIQUE

Une étude clinique récente montre que l’effet positif des bleuets sur le système cardiovasculaire pourrait être particulièrement important pour les personnes touchées par un syndrome métabolique. Ce syndrome n’est pas une maladie en tant que telle, mais plutôt un regroupement de certains dérèglements du métabolisme qui, pris collectivement, augmentent de façon très importante le risque de maladies cardiovasculaires, en particulier un tour de taille élevé (supérieur à 102 cm pour les hommes et 88 cm pour les femmes), un taux de glucose à jeun élevé (>6,1 mmol/L) et une hypertension (>135/85 mm Hg).

Dans cette étude, 138 volontaires obèses (IMC moyen de 31,2) et atteints d’un syndrome métabolique ont été séparés en 3 groupes selon la quantité de bleuets qu’ils devaient consommer quotidiennement pendant une période de 6 mois : 150 g (364 mg anthocyanines), 75 g (182 mg anthocyanines) et un groupe placebo (0 mg anthocyanines).

Pour des raisons pratiques, les préparations de bleuets ont été lyophilisées et fournies aux participants sous forme de poudre pouvant être ajoutée à ses smoothies, desserts, yogourt, vinaigrettes, etc.

L’analyse de divers paramètres cardiovasculaires des volontaires indique que comparativement au placebo, la consommation quotidienne de 150 g de bleuets provoque une amélioration sensible de la fonction vasculaire (visualisée par une hausse de la dilatation d’une artère par le flux sanguin), une amélioration de l’élasticité des vaisseaux, ainsi qu’une hausse des taux de cholestérol-HDL (souvent trop bas dans le syndrome métabolique).

Globalement, les auteurs estiment que ces améliorations se traduisent par une diminution d’environ 15% du risque d’événements cardiovasculaires.

Ces effets positifs sont dus aux anthocyanines présentes en grande quantité dans les bleuets, car une autre étude montre que l’administration d’anthocyanines purifiées à des volontaires augmente la dilatation des artères. Les anthocyanines sont rapidement métabolisées après leur ingestion et il semble que ce sont une vingtaine de ces métabolites qui sont responsables des effets sur la fonction des vaisseaux sanguins.

Globalement, ces résultats montrent que les bleuets sont réellement dans une classe à part quant à leurs effets positifs sur le système cardiovasculaire, une propriété qui peut s’avérer utile non seulement pour diminuer le risque d’événements cardiovasculaires chez les personnes à haut risque en raison d’un syndrome métabolique, mais pour la population en général. La saison des bleuets représente donc une occasion en or de faire le plein de ces petits fruits bénéfiques.

Cancer : diagnostic rapide bientôt

MONTRÉAL | D’ici cinq à dix ans, il pourrait être possible de diagnostiquer un cancer avec une simple prise de sang. La « biopsie liquide » suscite déjà de nombreux espoirs chez les spécialistes.

On savait depuis les années 1950 que les tumeurs relâchent des cellules cancéreuses dans le système, mais la technologie scientifique ne permettait pas jusqu’ici de les identifier dans un échantillon de sang. Un diagnostic officiel de cancer ne peut donc être fait sans une biopsie de tissu, une opération qui s’avère être très douloureuse pour certains types de cancer, ceux du sein et du pancréas, entre autres.

« Pour un cancer du cerveau par exemple, une prise de sang serait beaucoup moins invasive qu’une opération à la tête. En plus, on pourrait suivre l’état du cancer beaucoup plus régulièrement, alors qu’une biopsie au cerveau, on ne peut pas faire ça n’importe quand », a ajouté le Dr Richard Béliveau.

Spécialiste dans la recherche sur le cancer, le Dr Béliveau s’enthousiasme à propos des récentes avancées techniques, qui devraient rendre possible un diagnostic par biopsie liquide d’ici quelques années.

En plus d’être moins pénible pour les patients, la biopsie liquide représenterait des économies importantes pour l’État, une prise de sang étant évidemment moins coûteuse qu’une opération.

UNE RÉVOLUTION ?

La biopsie de tissu demeurerait cependant nécessaire dans certaines situations, notamment pour déterminer la manière d’opérer, lorsque c’est nécessaire.

« La biopsie liquide est potentiellement une révolution, mais il faut rester prudent. Ça ne remplacera pas la biopsie de tissu. Ce sera complémentaire », a nuancé le docteur en biochimie clinique Nicolas Tétreault, qui a un intérêt marqué pour les biopsies liquides.

Reste que lors du forum annuel de la Fondation du cancer du sein, qui se tenait samedi au Centre des sciences de Montréal, où était invité Nicolas Tétreault, la biopsie liquide a créé un intérêt indéniable.

« Peut-être qu’un jour, avec l’intelligence artificielle, on n’aura plus du tout besoin de biopsie de tissu. Mais pour le moment, la biopsie liquide est quand même une importante avancée », a conclu, enjouée, l’une des vice-présidentes de la fondation, Jida El Hajjar.

Source : Étienne Paré, Journal de Montréal, 11 mai 2019

Un médicament polyvalent

La metformine est un médicament polyvalent que les diabétiques de type 2 connaissent depuis le début de leur maladie.

Aussi, conséquemment à de récentes recherches, il pourrait atténuer les symptômes du syndrome de l’X fragile, forme héréditaire de déficience intellectuelle à l’origine de certains cas d’autisme. 

Cependant, il pourrait également prévenir le cancer, selon des observations cliniques. Richard Béliveau, Docteur en biochimie en a fait le sujet de son article, le 15 juillet dernier, dans les pages du Journal de Montréal, que je veux partager avec vous aujourd’hui.

L’EFFET ANTICANCÉREUX DE LA METFORMINE, UN MÉDICAMENT CONTRE LE DIABÈTE Richard Béliveau

En plus de ses propriétés hypoglycémiantes utilisées pour le traitement du diabète de type 2, plusieurs observations suggèrent que la metformine pourrait également exercer une action anticancéreuse. Selon une étude récente, ce potentiel anticancéreux serait considérablement augmenté en affamant les tumeurs par la restriction calorique.

SENSIBILITÉ À L’INSULINE

La metformine est un médicament de la classe des biguanidines utilisé comme traitement de première ligne pour réduire la glycémie chez les patients diabétiques ou qui sont en voie de développer la maladie (prédiabétiques).

L’effet hypoglycémiant de cette molécule est dû à une réduction marquée de la production de glucose par le foie, de même qu’à une amélioration de la sensibilité périphérique au signal de l’insuline qui permet d’améliorer la capture du glucose par différents organes (les muscles, en particulier) et de réduire ainsi la glycémie.

Même si cette action ne permet pas de guérir le diabète, elle permet néanmoins d’atténuer les dommages aux vaisseaux sanguins causés par l’hyperglycémie chronique et par le fait même de réduire le risque de maladies cardiovasculaires.

EFFETS ANTICANCÉREUX

Plusieurs études ont montré que les patients diabétiques traités à la metformine avaient un risque de cancer significativement réduit comparativement à ceux qui étaient traités à l’aide d’autres médicaments hypoglycémiants.

Par exemple, une méta-analyse de 11 études qui ont examiné cette association montre une réduction de 31% de l’incidence globale de cancer chez les patients qui reçoivent la metformine, un effet protecteur observé pour plusieurs cancers très communs comme ceux du côlon, du pancréas, du sein et du poumon.

La réduction de l’incidence de cancers liés à l’obésité comme ceux du côlon et du sein est biologiquement plausible, car la metformine diminue les taux d’insuline et prive donc ces cancers d’un facteur très important pour leur progression.

Le rôle de la metformine dans le traitement du cancer suscite donc énormément d’intérêt, avec environ 200 essais cliniques randomisés qui sont en cours pour évaluer plus précisément son potentiel anticancéreux seul, ou en combinaison avec d’autres traitements.

AFFAMER LE CANCER

De plus en plus d’études suggèrent qu’il est possible de sensibiliser les cellules cancéreuses à l’action de certains agents anticancéreux en restreignant l’apport énergétique de façon à forcer les cellules à ralentir leur croissance. Par exemple, il a été montré que le jeûne retarde la croissance tumorale et augmente les effets de la chimiothérapie contre plusieurs types de cellules cancéreuses, tout en améliorant la capacité du système immunitaire à empêcher la progression tumorale.

Il semble qu’un phénomène similaire pourrait augmenter le potentiel anticancéreux de la metformine. En utilisant des modèles d’animaux auxquels on avait greffé des mélanomes prélevés à partir de patients traités à leur clinique, une équipe de chercheurs a récemment montré qu’un jeûne intermittent de 24h permettait de réduire considérablement les niveaux de glucose présents à l’intérieur des tumeurs.

Ce phénomène n’est pas suffisant en tant que tel pour freiner la progression du cancer, mais ils ont observé que l’addition de metformine au traitement provoquait une diminution marquée de la croissance tumorale.

Les mécanismes impliqués dans cette synergie sont très complexes, mais disons simplement qu’en conditions de carence en glucose, la présence de la metformine active une cascade moléculaire qui va mener à l’activation du processus d’apoptose et donc à l’élimination des cellules cancéreuses

L’impact de la restriction calorique sur le traitement du cancer est intéressant, mais il faut souligner que la recherche en est encore à un stade précoce et qu’il est important que les patients n’entreprennent pas un jeûne sans en discuter avec leur oncologue traitant.

Les personnes touchées par le cancer ont souvent subi des pertes de poids importantes et il peut être dangereux qu’elles se privent de nourriture pendant des périodes plus ou moins prolongées.