La permissivité de notre justice

La une

C’est assez rare qu’on soit tous sur la même longueur d’onde et c’est tant mieux qu’il en soit ainsi. En justice, précisément, des condamnations criminelles sont sévèrement jugées et sentenciées chez nos voisins du sud. Loin de généraliser et d’espérer un même système de justice chez nous, mais quand quelqu’un est déclaré coupable de son geste, odieux de surcroit, sa sentence de prison ne doit pas être dérisoire en regard d’une libération conditionnelle hâtive.

En fin de semaine dernière, le papier de Richard Martineau dans le Journal de Montréal rejoignait totalement mon opinion sur ce sujet, et si vous ne l’avez pas lu, c’est cet article que je veux partager avec vous aujourd’hui…

***

ON SORT LES MONSTRES DE PRISON

Moins de deux ans après sa condamnation pour séquestration, le père de la fillette martyre de Granby pourra sortir de prison et vivre en semi-liberté.

Rappelons pour ceux et celles qui ont oublié les détails de cette histoire scabreuse que dans la nuit du 28 au 29 avril 2019, cet homme (avec l’aide de sa conjointe) a barricadé la fenêtre de la chambre de sa fille de 7 ans pour ne pas qu’elle s’évade.

Qu’il a attaché sa fille avec du ruban adhésif et une chemise nouée comme une camisole de force.

Qu’il l’a laissée comme ça toute la nuit.

Que le lendemain matin, il est allé travailler comme si de rien n’était.

Et qu’en revenant du boulot à la fin de l’après-midi, il a trouvé sa fille morte, asphyxiée.

Et vous me dites que ce même bonhomme sort de prison après deux ans ?

Après avoir enroulé sa fille dans du ruban adhésif et l’avoir laissée immobilisée toute la nuit et une partie de la journée le lendemain ?

Vous êtes malades ou quoi ?

« IL EST MOTIVÉ »

« L’homme a fait des progrès et est motivé à se réinsérer socialement », a dit la Commission des libérations conditionnelles pour justifier sa décision de le sortir de prison.

Mais on s’en fout qu’il a fait des progrès ! Qu’il a pris des cours d’aquarelle par correspondance ou qu’il récitait sa prière chaque fois avant de s’endormir !

Savez-vous qui aurait aimé faire des progrès, aussi ? Et qui était super motivée à vivre normalement ?

Sa fille.

Malheureusement, elle ne pourra pas, car elle est enfermée pour l’éternité dans un cercueil en bois sous six pieds de terre.

Il n’y aura pas de libération conditionnelle, pour cette petite chouette.

Pas de deuxième chance.

Non seulement aucun bureaucrate ne pourra lui permettre de sortir de sa geôle, mais aucun défenseur des droits de la personne ne lui a permis d’échapper à la peine de mort.

Elle a été exécutée de la plus terrible façon.

Par les gens mêmes qui devaient prendre soin d’elle et la protéger.

L’école, les voisins, la DPJ, tout le monde l’a laissée tomber.

Personne ne s’occupait d’elle.

Et après deux ans seulement, on libère son tortionnaire ?

C’est comme si on déterrait son cadavre et qu’on lui faisait subir d’autres outrages.

Même la mère du condamné trouve qu’il n’aurait pas dû sortir !

LA VALEUR D’UNE VIE

Il faudra qu’on m’explique, un jour, pourquoi les sociétés occidentales sont aussi conciliantes et aussi compréhensives envers ces salauds.

Ça sert à quoi que cet homme « se réinsère dans la société » ?

Il y a plein de gens qui n’ont commis aucun crime et qui se retrouvent sans emploi, sans logement, à la rue. Pouvons-nous aider ces pauvres gens avant de sortir les tortionnaires d’enfants des prisons ?

On juge une société à la façon dont elle traite ses membres les plus vulnérables, dit l’adage.

Vrai.

Mais on juge aussi une société à la façon dont elle traite ses membres les plus odieux.

Quel message envoie-t-on à la société en laissant cet homme sortir ?

Que la vie d’une fillette de 7 ans vaut deux ans de prison.

Pas plus.

Deux ans de prison, c’est la sentence qu’a eu un pirate informatique en 2010.

Et celle qu’a reçu un citoyen des Laurentides pour avoir insulté un juge.

C’est ça, la justice au Québec.

Les sentences ne reflètent pas la gravité des crimes commis.

En 2005, le journaliste Yves Thériault a sorti un pamphlet sur la Commission des libérations conditionnelles intitulé Tout le monde dehors !

Il est dû pour écrire la suite…


346e jour de l’année

En souvenir de…

CLAUDE CASTONGUAY 1929-2020 – Ministre libéral québécois, père de l’Assurance maladie du Québec.


On jase là…

Payer un joueur de baseball 700 millions de dollars américains pour 10 ans, relève de l’absurde. C’est pourtant ce que les Dodgers de Los Angeles viennent de dépenser pour Shohei Ohtani. J’y reviendrai…


Décompte…

NOËL : 13     NOUVEL AN : 20 


Pensée et citation du jour…

Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler.

Julien Gracq


Ça s’est passé un 12 décembre…

(1951) Le gouvernement libéral de Louis Saint-Laurent statue sur l’administration de la voie maritime du Saint-Laurent, créant une entité administrative qui aura les pouvoirs nécessaires pour construire et maintenir la voie maritime avec ou sans la collaboration des États-Unis.

(1985) Un DC-8 de Arrow Airlines s’écrase quelques secondes après avoir décollé de Gander (T.-N.) pour le Kentucky, tuant 248 membres de la 101e division aéroportée de l’armée américaine ainsi que les huit membres de l’équipage, des militaires américains qui rentraient dans leurs foyers pour Noël. C’est jusque-là le pire accident aérien de l’histoire du Canada.

(2013) L’écrivain québécois d’origine haïtienne, Dany Laferrière, a été élu à l’Académie française, devenant ainsi à la fois le premier Québécois et le premier Haïtien d’origine à entrer dans cette institution fondée par Richelieu en 1635 et qui est chargée de veiller au respect de la langue française.



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