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Opinion
Cela fait plusieurs années que la situation était prévisible. Dès l’arrivée du courriel, la lente agonie de cette société d’État était amorcée.
Malheureusement, un tel mastodonte ne peut pas se retourner sur un dix cents, pour reprendre l’expression populaire. Et il faut le dire : la gestion interne n’a rien fait pour améliorer les choses.

Les courriels ont fait leur apparition dans les années 1980 et ont rapidement été adoptés partout, au point où il devenait soudain simple et rapide de correspondre. Dès ce moment, Postes Canada ne s’est pas imposée. L’organisation a continué de fonctionner comme avant, sans réelle réaction.
La société est tellement vaste qu’il devient extrêmement complexe de réajuster le tir tout en continuant de desservir la population canadienne. La poste-lettre s’est effondrée lentement mais sûrement, au point de menacer le métier même du facteur qui livre à domicile. Celui-ci deviendra bientôt une légende.
On l’a remplacé peu à peu par les boîtes communautaires. Et ça continue.
On y est.
Sauf pour les cas exceptionnels, la livraison du courrier postal en personne disparaîtra presque complètement au Canada d’ici cinq ans. Cela ne s’appliquera toutefois qu’aux personnes qui n’ont aucune autre option pour recevoir leur courrier : aînés, personnes en perte d’autonomie, et autres situations particulières. La liste reste à préciser.
Trop long !
Postes Canada affirme que 75 % des Canadiens récupèrent déjà leur courrier dans des boîtes communautaires. Dans ce contexte, cinq ans pour convertir les 25 % restants, c’est long. Trop long !
GASPILLAGE
Trois membres de ma famille ont fait carrière à Postes Canada. Les salaires étaient respectables, mais la société ne lésinait pas sur l’abondance et la qualité de sa correspondance interne. Elle était de premier plan, même jusqu’à tout récemment.
Les communications étaient toujours imprimées sur un papier glacé, en couleur. Imaginez le coût d’un tel service pancanadien pour 68 000 employés, selon le rapport annuel 2023.
C’est peut-être un détail, mais probablement la pointe de l’iceberg.
Autre exemple : le déménagement du bureau de poste ici, à La Prairie. Il a fermé il y a quelques années pour être relocalisé 3 ou 4 kilomètres plus loin, dans un bâtiment neuf. L’ancien local est toujours inoccupé et, dans le contexte actuel, aurait très bien pu convenir encore quelques années. Pourquoi ce déménagement?
Cette société, fondée en 1867 — l’année même de la création du Canada — peine à s’adapter à des avancées technologiques qui évoluent à une vitesse fulgurante.
Si elle ne s’ajuste pas rapidement à la réalité d’aujourd’hui, elle risque de disparaître. Un fleuron canadien très mal préparé pour affronter les nouveaux géants que sont Amazon et compagnie, passés maîtres dans l’art de livrer rapidement.
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