Illusion et réalité

Alimentation

Ça fait longtemps que je voulais en parler. Après plusieurs expériences dignes d’un film catastrophe, je vais vous avouer quelque chose… La restauration rapide, c’est un peu comme les photos de rencontres en ligne : la promesse est belle, mais la réalité… ouf.

Comme tout le monde, je regarde les publicités à la télé, surtout le soir, quand on est vulnérable, affamé, et que les annonceurs le savent très bien. Ils nous bombardent de burgers, de frites, de sauces qui brillent comme si elles avaient été polies à la cire d’auto. J’appelle ça du subliminal agressif.

LE HAMBURGER

Ah, le hamburger. Ce noble met. Mon préféré, juste après le chien-chaud — qui, lui, a la décence de ne jamais me décevoir. Un vrai ami, le chien-chaud.

Sans nommer aucun restaurant (mais vous les connaissez tous), leurs produits n’arrivent jamais dans leur plus belle tenue. On dirait qu’ils se sont habillés dans le noir.

Prenons le hamburger de la publicité. Il est parfait. La boulette est dodue comme si elle avait fait du culturisme. Le fromage est centré au laser. La laitue a été coiffée par un styliste capillaire. Aucune imperfection. On dirait une œuvre d’art. On hésite presque à le manger tellement il est beau.

LA RÉALITÉ

Puis vous arrivez au restaurant. Vous commandez ce chef-d’œuvre qui vous hante depuis la veille. Vous salivez déjà. Vous déballez la chose…

IA

Et là, c’est le drame.

Le hamburger ressemble à quelqu’un qui vient de se lever d’une sieste de trois heures sur le divan. La boulette a glissé sur le côté comme si elle tentait de s’enfuir. Le pain laisse la viande à découvert, façon décolleté involontaire. La sauce déborde comme si quelqu’un avait éternué dedans. Vos babines deviennent une toile d’art abstrait.

À chaque bouchée, vos mains se transforment en patinoire à sauce. Vous tentez de réassembler le tout, mais ça glisse, ça fuit, ça s’effondre. Finalement, vous mangez plus vite juste pour passer aux frites, qui — heureusement — sont les seules à respecter le contrat.

Je n’ai jamais, de toute ma vie, mis la main sur le hamburger de la publicité. Jamais. La seule chose vraie dans tout ça, c’est le terme qu’on utilise : du fast-food. Parce que tout se passe vite : la commande, la déception, et le regret.

Je suis persuadé que le hamburger de la publicité passe plus de temps au maquillage qu’une vedette de cinéma avant un gala. On le bichonne, on le vaporise, on le photographie sous son meilleur angle… et nous, pauvres mortels, on hérite de son cousin fatigué.

Bon appétit !



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