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Politique
Voici un article du journaliste Gabriel Côté, publié dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec récemment.
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Le gouvernement du Québec a octroyé un contrat de 115 000 $ à une firme de marketing qui ne se prend pas pour « un 7up flat », afin de soutenir l’ancien premier ministre François Legault dans sa nouvelle vie et de gérer ses médias sociaux pendant un an.
La Loi sur l’exécutif prévoit en effet qu’un ancien premier ministre peut bénéficier de certains services afin de « faciliter la transition suivant la fin de ses fonctions », a expliqué un porte-parole du ministère du conseil exécutif (MCE) en réponse aux questions du Journal.
Le règlement plafonne la valeur du contrat à l’équivalent de la rémunération annuelle maximale d’un attaché politique, d’où le montant de 115 000 $.
Dans le cas présent, c’est l’agence de marketing Spritz qui a obtenu la mission d’épauler François Legault. Son mandat comprend des services de « soutien administratif », ce qui comprend « la gestion documentaire, l’agenda et la logistique entourant divers événements », ainsi que la « gestion des médias sociaux ».
PERTINENCE
Même si la loi le permet, une question demeure : pourquoi est-il pertinent de rémunérer une agence pour gérer les réseaux sociaux d’un ancien premier ministre pendant un an ?
« De nos jours, tout comme la correspondance, les médias sociaux sont similaires à des moyens de communication avec les individus », a répondu le MCE.
À noter que Philippe Couillard avait lui aussi bénéficié d’un accompagnement similaire après avoir été battu aux élections de 2018. Les règles actuelles ont d’ailleurs été adoptées cette année-là.
D’autres premiers ministres ont également reçu des services de « soutien administratif », mais le MCE soutient que leurs contrats ne seraient pas comparables, car les paramètres n’étaient pas les mêmes par le passé.
Abonnés de François Legault, ne vous inquiétez plus !
Tous ceux qui se préoccupaient du sort des différents comptes de François Legault dans les réseaux sociaux seront rassurés de savoir que l’agence Spritz se donne « corps et âme pour faire resplendir [ses] clients sur leurs plateformes sociales ».
« Simplifier pour amplifier, c’est notre devise », peut-on lire dans le site web de l’entreprise, qui soutient que « le social » lui « coule dans les veines ».
« Donner vie aux stratégies, c’est notre travail […]. Tourner les coins ronds, c’est juste non. Bref, Spritz est une partenaire fiable à long terme, pas un 7up flat. »
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Mon commentaire…
ET C’EST PAS FINI

Il y a des réalités qu’on préfère taire, mais qu’il faut rappeler sans détour : un député qui termine son mandat et quitte la vie politique reçoit une indemnité de 300 000 $. Un joli coussin payé rubis sur l’ongle… par nous.
Et pendant que l’État distribue ces montants comme si la caisse était sans fond, les finances publiques, elles, craquent de partout. Des projets essentiels sont repoussés, les routes du Québec — qui ressemblent de plus en plus à un parcours du combattant — exigent 25 G$ pour être simplement remises en état.
Quant au panier d’épicerie, aux hôpitaux et aux écoles… inutile d’en rajouter : tout le monde voit la facture grimper et les services s’effriter.
Mon père répétait souvent : « C’est avec des sous qu’on fait des piastres. » Une leçon de prudence, de gestion serrée, de gros bon sens. Mais les piastres qu’on verse chaque semaine à l’État, par nos impôts et nos taxes de toutes sortes, semblent parfois se volatiliser dans une logique comptable qui échappe au citoyen ordinaire.
Parce qu’à force d’accorder un petit 115 000 $ par ci, des 300 000 $ par-là, on finit par se rendre compte qu’il ne reste plus grand-chose pour ce qui compte vraiment. Et ce n’est pas faute de payer.
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