Bienvenue dans mon univers ! Vous êtes ici chez vous.
Opinion
Il y a des histoires qui donnent froid dans le dos. Celle-ci en fait partie. Une femme de 67 ans, Pramela Kooblall, exploitant une petite résidence privée, a maltraité trois aînés pendant des mois en 2023. Pas par accident. Pas par manque d’expérience. Par négligence grave, répétée, inhumaine.

On apprend qu’elle forçait ses résidents à rester dans leurs couches souillées, parfois pendant des heures. Qu’elle leur administrait des médicaments qui ne leur étaient pas prescrits, au risque de provoquer des réactions dangereuses. Qu’à mesure que les aînés perdaient en autonomie, elle perdait en patience, en compassion, en humanité.
Et malgré tout cela, elle reçoit une peine de… deux ans moins un jour à purger à la maison.
Une peine qui, soyons francs, n’a rien d’une sanction. C’est une formalité. Un irritant. Une conséquence administrative. Pendant ce temps, les victimes — elles — n’ont pas droit à une « peine à domicile ». Elles vivent avec les séquelles, la peur, la perte de dignité. Elles, on ne les protège pas avec autant de douceur.
LE JUGE SUIT
Le juge, dit-on, a accepté à contrecœur la suggestion commune des procureurs. Encore une fois, la mécanique judiciaire a joué son rôle : on s’entend, on recommande, on suit.
Mais à quoi sert l’indignation du magistrat si, au final, la peine demeure incompréhensible?
À quoi sert de reconnaître la gravité des gestes si la sanction ne la reflète pas?
Ce qui choque, ce n’est pas seulement la clémence. C’est le message envoyé : maltraiter des aînés, même de façon répétée et humiliante, ne mène pas en prison.
C’est la banalisation d’actes qui devraient être considérés comme profondément barbares. C’est l’impression que la justice protège davantage les fautifs que les vulnérables. Et selon des proches, tout n’a même pas été dit. Certains gestes auraient été encore plus graves, encore plus dégradants. Mais même avec ce que l’on sait, la peine demeure dérisoire.
On répète sans cesse que nos aînés méritent respect, sécurité, dignité. Mais tant que des crimes de cette nature se soldent par une peine à domicile, ce ne sont que des mots.
Protéger les aînés exige des sanctions qui ont du poids, qui reconnaissent la souffrance des victimes et qui affirment clairement que la maltraitance n’a pas sa place dans une société qui se dit humaine.
*****
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.