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Santé et bien-être
LA SCIENCE REMET EN CAUSE L’USAGE DE LA GLACE
Il y a quelques années, lors d’un match de soccer à l’Université de Californie à Davis, le professeur Keith Baar, spécialiste en physiologie et biologie des membranes, a pu être observé appliquant des techniques avancées de traitement des blessures de tissus mous.

S’étant foulé la cheville quelques instants auparavant, il était affalé sur la ligne de touche, la jambe blessée tendue, traçant doucement l’alphabet dans les airs avec son pied. Il répéta cette routine plusieurs fois chez lui ce soir-là, puis le lendemain.
Deux jours après sa blessure, il courait à nouveau.
« C’est la récupération la plus rapide jamais connue après une entorse de la cheville », avait-il dit.
PROTOCOLE RICE
Pendant des décennies, les traitements à domicile pour les blessures sportives courantes et non traumatiques, comme les entorses, les foulures, les tendinopathies et les légères déchirures tissulaires, ont reposé sur un protocole connu sous l’acronyme anglophone RICE, qui signifie Rest (repos), Ice (glace), Compression et Elevation (élévation). Ce traitement est souvent complété avec de l’ibuprofène ou des analgésiques anti-inflammatoire similaires.
Le principal objectif était de lutter contre la flambée soudaine d’inflammation qui accompagne les blessures, croyant qu’elle aggravait les lésions tissulaires.
Cependant, des données de plus en plus nombreuses, provenant du laboratoire de Baar et d’autres chercheurs, indiques que l’approche RICE pourrait ralentir la guérison plutôt que de l’accélérer.
LE CORPS SAIT COMMENT GUÉRIR
Des recherches récentes sur l’environnement microscopique à l’intérieur des articulations et des tissus endoloris et blessés suggèrent que bouger et faire de l’exercice de manière adéquate est la clé de la guérison.
« Notre corps a développé la réponse inflammatoire pour déclencher le processus de guérison », explique Jean-François Esculier, physiothérapeute et professeur agrégé de médecine clinique à l’Université de la Colombie-Britannique à Kelowna.
Des études montrent que l’inflammation suit rapidement une blessure aiguë des tissus mous, car les vaisseaux sanguins voisins se dilatent pour augmenter le flux sanguin vers la zone touchée. Le sang transporte une multitude de cellules immunitaires qui nettoient et éliminent aussitôt les débris cellulaires causés par la blessure.
Une poussée de prostaglandines, des substances de type hormonal qui provoquent la douleur et l’enflure, est observée.
Toutefois, des expériences menées sur des souris démontrent qu’elles stimulent également les cellules souches voisines pour qu’elles commencent à se diviser et à produire de nouvelles cellules musculaires ou de collagène.
Source : Version abrégée d’un texte paru dans le Washington Post et publié dans le Journal de Montréal, 21 juillet 2026, p32
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