Le livre de la maîtresse

 

Luce et Robin sont assis avec tous leurs copains dans le coin lecture. La récré est terminée, et maintenant c’est l’heure du conte.

La maîtresse tient sur ses genoux un vieux livre à la couverture abîmée et commence à raconter…

– Autrefois, dans les villages, on décorait les sapins avec de jolies petites pommes. Hélas, une année, la récolte fut si mauvaise qu’un maître verrier, très triste de ne pas pouvoir préparer un beau sapin avec ses enfants, eut une idée. Il souffla des boules en verre pour orner son arbre de Noël. Le résultat fut si beau que les autres villageois firent comme lui. C’est depuis ce jour que l’on décore les sapins avec des boules.

– D’accord, dit Robin. Mais ça n’explique pas les guirlandes !

La maîtresse sourit. Elle feuillette le livre, trouve la page qu’elle cherche et commence une autre histoire.

– Une nuit, dans une maison, une petite araignée voulut, elle aussi, participer à la décoration de l’arbre de Noël. Avec application, elle tissa alors un nombre infini de fils entre les branches. Quand le père Noël arriva, il jeta de la poudre d’or dessus pour que ce soit encore plus joli. Et c’est ainsi qu’on inventa les guirlandes.

– Le coup de la poudre d’or, c’est quand même bien joué, commente Luce. Si un matin maman trouvait des toiles d’araignée sur son sapin, elle irait chercher son plumeau pour vite les enlever !

– Dites, d’où il vient, ce livre ? demande Robin. Je ne l’ai jamais vu à la bibliothèque !

– Mes parents me l’on offert quand j’avais ton âge, répond la maîtresse. Je l’ai retrouvé il y a quelques jours en rangeant de vieilles affaires.

Luce et Robin se regardent, l’air étonné. Ils n’avaient jamais pensé que leur maîtresse, un jour, avait été une petite fille.

Textes de Sylvie Mathuisieulx Illustrations de Mayana Itoïz Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Une mascarade à la Justin

Photo: Journal de Montréal

Vous vous rappelez notre premier ministre Justin Trudeau qui se déguisait il n’y a pas si longtemps, en visite officielle en pays étranger. Il se croyait un soir d’Halloween. Il était la honte de tous les Canadiens et son dernier voyage en Inde s’est soldé par une critique sévère et négative, de la planète entière. C’était vraiment de très mauvais goût et ce cher Justin est rentré dans le rang et mis de côté ces frasques stupides. Les députés de Québec solidaire, Catherine Dorion et Sol Zanetti, empruntent la même avenue et je leur souhaite le même résultat qu’a connu Justin. L’Assemblée nationale commande un certain respect et le décorum qui vient avec. À cet égard, les propos de François Paradis m’étonnent et j’ai bien hâte de connaitre le dénouement de cette autre mascarade.

De toutes les analyses et commentaires que j’ai lu récemment sur le sujet, c’est celle que Denise Bombardier publiait dans les pages d’opinions du Journal de Montréal du 7 décembre dernier, et qui rejoint mon opinion et que je veux partager avec vous.

LA POLITIQUE DES APPARENCES Denise Bombardier

Québec solidaire n’a pas besoin d’adversaires. Ses quelques députés déguisés en « monde ordinaire » dans les lieux hautement symboliques de l’Assemblée nationale ont réussi en quelques semaines à caricaturer définitivement leur parti.

Ces ados trentenaires mènent une « révolution » en s’accoutrant de vêtements et de chaussures dont ils croient qu’ils sont des armes idéologiquement efficaces.

Ils confondent leurs enfantillages avec leur combat politique, en l’espèce, le lutte des classes dont ils sont les hérauts, c’est-à-dire ceux qui transmettaient autrefois les déclarations de guerre, à défaut d’être des héros, des personnes reconnues pour leur courage.

Ce sont des sous-produits de leur modèle absolu en la matière, Justin Trudeau en Inde, qui a provoqué un tsunami de rires qui ont fait des vagues à travers la planète entière.

Ces innocents au sens propre du terme, qui ont une estime d’eux-mêmes proportionnelle à leur allure provocatrice, se croient futés. Ils rêvent d’une Assemblée nationale décomplexée sur le modèle de ce qu’ils croient être le désir du peuple, qu’ils veulent incarner physiquement et esthétiquement.

MISSIONNAIRE

Québec solidaire se perçoit comme un missionnaire, comme la véritable incarnation du peuple. Manon Massé, par exemple, aime parler cru et dru, de façon directe, sans flafla, employant des sacres, des onomatopées ou des métaphores, genre « tarte aux pommes » pour désigner l’intervention du premier ministre à l’ouverture de la session.

C’est par de tels coups d’éclat que les députés de Québec solidaire attirent les médias comme des mouches attirées par le miel et qu’ils font la manchette au quotidien. Cette politique des apparences leur est politiquement rentable, croient-ils.

Or, cette manière d’être des élus de QS est à la fois ridicule, choquante et ignorante. Les institutions et au premier chef le cœur de l’expression démocratique qu’est le Parlement devraient fonctionner dans le plus grand respect du décorum. Personne ne peut se comporter dans la Maison du peuple comme s’il était chez lui.

TRADITIONS PARLEMENTAIRES

L’Assemblée nationale revêt un caractère quasi sacré. C’est un lieu où la politique ne s’exerce pas comme elle peut se dérouler dans la rue. C’est la raison pour laquelle les citoyens ne peuvent accepter le fait que leurs représentants aient un comportement qui témoigne d’un manque de dignité et de respect des règles, sans égard pour les traditions parlementaires. À l’Assemblée nationale, l’habit fait le moine.

Si les règles de conduite à l’Assemblée nationale sont floues, c’est que personne ne pouvait prévoir que des élus se présenteraient un jour en baskets, en jeans et en camisoles ou chaussés d’une paire de bottines Dr Martens, les chaussures dont raffolent les voyous casseurs.

En société, la loi n’est pas le seul critère de référence. Les normes sont essentielles dans les lieux de travail. La vie en société ne peut tolérer des comportements de gens qui se croient le nombril du monde et refusent de respecter les institutions qui les contiennent. Que ces élus changent de rôles. Qu’ils deviennent des amuseurs publics plutôt que des représentants du peuple.

La lettre

– Isidore Javert, votre voisin, a-t-il déménagé ? demande le facteur à la maman de Luce et Robin.

Les enfants n’écoutent pas la réponse. Ils semblent très excités. Robin tient une grosse enveloppe entre ses mains.

Voilà quelques jours qu’ils ont terminé leur liste et ils ne savent pas trop comment l’envoyer au père Noël. Ils ont beaucoup réfléchi e ont pensé que le facteur pouvait certainement les aider, puisque son métier, c’est justement de distribuer le courrier.

Le jeune homme salue leur maman et s’apprête à enfourcher sa bicyclette. Robin se précipite alors pour l’arrêter. Il lui tend l’enveloppe, l’air très sérieux, en chuchotant :

– Dites, Monsieur, est-ce qu’on peut vous confier ça ?

– Qu’est-ce que c’est ?

– Notre lettre au père Noël, la liste des cadeaux qu’on aimerait bien recevoir. On n’est pas sûr de l’adresse, et de toute façon, on ne sait pas encore écrire !

– Comptez sur moi les enfants, je posterai votre lettre en même temps que la mienne !

– On n’est pas trop en retard, alors ? s’exclame Luce soulagée.

– Pas du tout ! affirme le facteur. En plus, il y a un service très particulier pour ces lettres : elles sont livrées par porteur spécial.

Le jeune homme fait un sourire à maman, puis il glisse l’enveloppe dans sa sacoche avant de s’éloigner en pédalant à toute vitesse vers l’immeuble voisin.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Rapport de « snowbird »

Ça fait maintenant deux semaines que nous sommes en territoire floridien et à la lumière de ce que j’entends, vous apprécieriez avoir de nos nouvelles. Alors je prends quelques instants pour vous mettre au courant.

Nous sommes arrivés dans une chaleur frisant les 30°C et lentement nous nous sommes installés et surtout se familiariser avec notre caravane; se rappeler où on mettait nos choses, vider les valises, en fait, reprendre le beat de camping.

Nous avons également fait l’inventaire de ce qui nous manquait. Seulement faire la première commande d’épicerie, demande une certaine discipline… il manque toujours des items qu’on a oublié. Parlant d’oubli, on a laissé la sauce aux prunes au condo… ils n’ont pas ça ici ! Alors, nos amis Carole et Marcel arrivent demain avec la sauce.

Pour garder un certain confort, des articles nous manquait, dont une laveuse toute mignonne qu’on s’est procuré sur Amazon. Une mini toute menue qui fait parfaitement le travail; la madame est bien contente. Deuxième élément; une remise. Encore là, Amazon a été sollicité pour une remise de toile, 8 x 6, qui fait parfaitement le travail. Il faut garder en mémoire que lors de notre retour au Québec, il faut d’abord tout ranger dans les coffres de la caravane avant l’entreposage. Il faut viser COMPACTE.

Une bonne nouvelle; on dort comme des bébés, d’un sommeil des plus réparateurs. Important vous me direz ? Très important en effet et on se sert d’un cadran pour se réveiller, c’est tout dire. Qui dit sommeil réparateur dit journée productive.

Côté météo, quelques nuits fraîches et beaucoup de soleil. Un tout petit peu de pluie, sans plus et à une seule brève occasion. Par contre, les deux derniers mercredis étaient frais. Je mentionne les mercredis parce que je joue 3 heures de musique avec des musiciens, chanteurs et chanteuses du coin, sous le tiki, ces jours-là. Et bizarrement, les deux derniers se sont avérés froids. 15-18°C avec un vent nordique… mais c’est mieux que la neige.

Louise savoure ses victoires au bingo et ma foi, elle est très chanceuse. Le fric U$ remplit son petit sac à cagnotte. Deux fois par semaine elle est au rendez-vous et savoure ces instants précieux. Les vendredi soir, c’est le Poker Texas Hold-em à la salle de cartes et la chance m’a souri la semaine dernière.

La plage ? N’étant pas très friand, on n’y va pas. D’abord nous sommes sensibles au soleil et je l’avoue franchement, ce n’est pas la principale raison de nos hivers ici. C’est définitivement le froid et la neige qui en est responsable, du moins tant que cela durera. L’été à l’année n’est pas du tout désagréable et il semble que les statistiques prouvent qu’on prolonge notre vie de cette façon. Comme nous voulons vivre vieux et en santé… on en profite.

Et ces deux semaines sont passées en coup de vent, tellement on ne les voit pas passer. Il me semble que nous sommes arrivés hier. Parents et amis qui nous accompagnent vont bien et leur teint prend des couleurs à rendre jaloux. Ici ce n’est pas le dépaysement total. C’est le prolongement de l’été du Québec.

Nous en sommes à notre quinzième hiver au pays de l’Oncle Sam et on se sent comme chez nous… sauf pour le pognon qui nous prend 38 sous par dollar. Que voulez-vous, tout n’est pas parfait et c’est à nous de demeurer sélectif et prudent dans nos dépenses. Et malgré le taux de change, il en coûte moins cher qu’au Québec pour faire le plein d’essence. Ici, la taxe de vente n’est que de 6%.

À la prochaine…

Un petit moineau transi

Gla-gla ! Pendant la nuit, la température est descendue au-dessous de zéro. Ce matin, les arbres sont couverts de givre.

Cette fois, l’hiver est bien là.

Sur le chemin de l’école, on rencontre un moineau tout ébouriffé, perché sur une haie. Il a l’air de ne pas avoir du tout envie de chanter, ni même de s’envoler…

Robin le montre à Luce, inquiet. Mais papa leur explique qu’il ne faut pas se faire de souci, que les oiseaux qui n’aiment pas le froid partent pour les pays chauds. Ceux qui restent sont bien protégés par leur plumage qui s’épaissit dès la fin de l’automne.

Le petit garçon grimace. Il n’est pas sûr que son papa ait raison : on voit bien que ce moineau ne rigole pas du tout !

À midi, la maman tente de le rassurer :

– Tu sais, Robin, mon poussin, la nature a bien fait les choses. Certains animaux, comme les marmottes ou les hérissons, dorment pendant toute la mauvaise saison et ne se réveillent qu’au printemps. On dit qu’ils hibernent.

Robin demande :

– Et pourquoi les oiseaux n’hibernent-ils pas ?

Sa maman ne sait lui répondre. Mais juste avant de repartir pour l’école, elle lui donne une soucoupe avec un peu de beurre pour qu’il la dépose sur le rebord de la fenêtre.

– S’ils en mangent, tes copains les oiseaux auront moins froid ! assure-t-elle.

Le petit garçon se sent beaucoup mieux. Et il se promet de veiller pendant tout l’hiver à ce qu’il y ait toujours du beurre dans la soucoupe. Avec double ration pour le jour de Noël.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

L’hypocrisie des chefs d’États

Vous vous souvenez de Jamal Khashoggi, ce journaliste saoudien qui a été massacré le 2 octobre dernier, avant d’être démembré puis disposé on ne sait où ni comment ? Nos politiciens du Canada et des autres pays ont crié vivement au meurtre ignoble et dénoncé ses assassins.

Puis, plus rien, l’affaire est terminée et les transactions financières avec l’Arabie Saoudite ont recommencé comme si de rien n’était. Une vraie bande d’hypocrites. Dans l’édition du Journal de Montréal du 29 novembre dernier, Joseph Facal en a fait le sujet de son article que je partage avec vous. Un papier très intéressant et révélateur.

KHASHOGGI : C’EST DÉJÀ FINI.

Le nom de Jamal Khashoggi vous est maintenant familier.

Le journaliste saoudien avait rendez-vous au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie, pour des formalités administratives en vue de son mariage. Il était « attendu » par les services secrets saoudiens. On l’a drogué, torturé, tué, démembré et dissous. Son « crime » ? Il critiquait le régime saoudien dans le Washington Post.

LE « CASH »

Tous les signes pointent vers une opération ordonnée par le prince héritier en personne. Riyad a d’abord multiplié les dénégations, toutes les plus absurdes les unes que les autres.

Peut-on imaginer un escadron de tortionnaires et d’assassins, montant à bord d’un avion dans leur pays, pour aller faire ce bulot à l’étranger, sans que l’opération n’ait été autorisée au plus haut niveau ?

Riyad va sans doute exécuter quelques-uns de ces sbires pour blanchir le jeune tyran. Que feront nos dirigeants ? Des bulles. Ils se diront « préoccupés ». On votera des motions indignées.

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros importateur d’armes au monde. Son premier fournisseur ? Les États-Unis. L’an dernier, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont annoncé des accords commerciaux d’une valeur de 380 milliards US sur 10 ans, dont 110 milliards d’armement américain.

Son second fournisseur ? La France. Ses contrats d’armement avec Riyad ont totalisé 11 milliards d’euros entre 208 et 2017. Emmanuel Macron a donc estimé que toute remise en question de ce pactole serait faire prévaloir « l’emportement, l’émotion, la confusion ».

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros acheteur de matériel militaire canadien. Notre beau Justin trouvera moins compliqué d’aller pleurer devant un pensionnat autochtone.

Les gros pays ne feront rien parce que des contrats valant des milliards sont en jeu. Les petits pays ne feront rien parce qu’ils ont l’espoir de ramasser quelques miettes.

Ce sera « business as usual »: nous continuerons à vendre des armes au régime pour qu’il réprime sa population, liquide ses opposants et poursuive ses bombardements au Yémen. Nous fermerons les yeux sur les décapitations, les droits bafoués et l’infantilisation des femmes.

La puissance saoudienne ne tient pas seulement aux contrats militaires et au pétrole, mais aussi à ce qu’on appelle, en science politique, son « soft power ».

Quand Ottawa s’est excité, au mois d’août, à la suite de l’arrestation de militantes des droits de la personne dans ce charmant pays, Riyad a menacé de rapatrier tous les étudiants saoudiens au Canada. Parmi eux, 229 étudient la médecine à McGill, et Riyad paie les 100 000$ par année que coûte leur formation.

Leur départ, confiait David Eidelman, doyen de la faculté de médecine, provoquerait « un manque de liquidité massif », Il avouait piteusement : « Nous dépendons désormais d’eux. »

FRANCHISE

Avec sa subtilité coutumière, Trump ‘est réjoui de la vigueur du commerce américain avec les Saoudiens et de la baisse des prix à la pompe. Amazing !

Reconnaissons-lui le « mérite » d’avoir dit tout haut ce que les autres chefs d’État chuchotent.

Le menu de Noël

– … Eh bien… De la dinde ! s’exclame maman en écartant les bras comme si c’était une évidence.

La nuit est tombée. Les parents ont fait la liste des invités au repas de Noël et discutent maintenant du menu.

Papa se gratte le menton. Il fronce les sourcils. Il se racle la gorge. Enfin il murmure :

– Chérie, mille pardons, mais ta dinde, franchement, est toujours abominable.

– Oui, c’est vrai, approuve maman en souriant, je suis une cuisinière épouvantable. Mais un vrai dîner de Noël, c’est un repas où l’on mange de la dinde aux marrons. C’est comme ça. C’est la tradition !

Papa pousse un gros soupir.

– Et pourquoi ne pas la changer, la tradition ? Et si on faisait une raclette ? Ou alors des croque-monsieur ?

– Tu es fou ! Pourquoi pas des crêpes ou une pizza tant qu’on y est ?

À cet instant, les jumeaux surgissent dans la cuisine.

– Oui ! Des crêpes ! Avec de la confiture ! s’exclame Luce.

– Plutôt de la pizza ! renchérit Robin.

– Ou jambon-purée pour tout le monde !

– On pourrait essayer des tartines de nouilles…

Maman fait la grimace. Papa essaye de ne pas rire. Soudain, il propose :

– Cette année, ma chérie, tu ne t’occuperas de rien. Les enfants et moi, nous préparerons le dîner tout seuls. Nous ferons même la vaisselle !

Maman a retrouvé le sourire. Elle se tourne vers papa :

– Et que prévois-tu pour le menu ? demande-t-elle.

– Je ne sais pas encore, mais pas de la dinde ! J’aurais trop peur que tu te moques de moi si par malheur je la ratais…

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La leçon de français (21)

LE FUTUR SIMPLE DE L’INDICATIF : verbes du 3e groupe en « -ir »

Règles

S’ils ont tous les mêmes terminaisons, les verbes du 3e groupe en « -ir » subissent parfois des modifications du radical.

Verbes comme sentir, dormir, bouillir, ouvrir, fuir, tressaillir, etc. (pas de modifications du radical) :

Je sentirai, tu dormiras, elle bouillira, nous ouvrirons, vous fuirez, ils tressailliront.

Verbes comme tenir et venir, etc. :

Je tiendrai, tu retiendras, elle parviendra, nous viendrons, vous détiendrez, ils se souviendront.

Verbes comme courir, mourir, etc. :

Je courrai, tu accourras, elle mourra, nous secourrons, vous parcourrez, ils concourront.

Verbes comme conquérir, acquérir, etc. :

Je conquerrai, tu acquerras, elle conquerra, nous acquerrons, vous acquerrez, ils requerront.

Attention ! Le verbe cueillir remplace le « i » par un « e » au futur simple : je cueillerai, nous cueillerons, ils cueilleront.

Exercices

1- Quel verbe complète la phrase ?

Lucas se … longtemps de sa visite au Mont-Saint-Michel.

A) souviendras – B) souviendra – C) souvenais

2- Quel est le seul verbe qui n’est pas conjugué au futur simple ?

A) Tu reviendras dans une heure.
B) Nous obtiendrons notre brevet.
C) Je retiendrai mon souffle.
D) Vous tenez vos promesses.

3- À quel temps de l’indicatif les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Si on te présente une assiette de frites, tu te serviras copieusement.

A) présent / futur simple – B) futur simple / présent

4- Quel est l’infinitif du verbe en gras conjugué au futur simple ?

Cet objet appartiendra à celui qui l’a trouvé dans un an et un jour.

A) appareiller – B) apparaître – C) apparenter – D) appartenir

5- Quel est le seul verbe conjugué au futur simple?

A) Tu parcourais les premières lignes du paragraphe.
B) Nous parcourrons les premières lignes du paragraphe.
C) Vous parcourez les premières lignes du paragraphe.

6- À quel groupe appartient le verbe « assaillir » ?

A) 1er groupe – B) 2e groupe – C) 3e groupe

7- Complétez la phrase comme il convient.

Si nous … la partie, nous ne … pas notre joie.

A) gagnons / contiendrons – B) gagneront / contiendrons
C) gagnons / contiendront – D) gagnions / contiendrez

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B – 2) D* – 3) A – 4) D** – 5) B*** – 6) C – 7) A
* Le verbe « tenir » est conjugué au présent de l’indicatif.
** RAPPEL : les verbes des familles de « tenir » et « venir » transforment leurs radicaux au futur simple.
*** Le premier verbe est conjugué à l’imparfait de l’indicatif et le 3e au présent de l’indicatif.

La commande au père Noël

Chut ! Luce est très concentrée. Elle est agenouillée devant la table basse du salon et disparaît presque derrière une énorme pile de catalogues. Quand son papa entre dans la pièce, elle sursaute. Il s’approche, lui pince la joue en riant et demande :

– Dis-moi, Luce, ma puce, je t’ai fait peur ? Tu étais en train de faire une bêtise ?

– Pas du tout, pas du tout… Je suis en train de préparer une liste pour le père Noël. Je crois que je suis déjà un peu en retard.

– Évidemment, répond papa.

– Le problème, c’est que moi, je ne sais pas encore écrire…

– Effectivement, répond papa.

– Alors j’ai découpé les photos de tout ce que je veux commander pour les coller sur une feuille de papier. Ce sera ma liste, une liste en images. Tu crois que le père Noël comprendra ?

– Certainement, répond papa. C’est même une excellente idée. Je peux voir ?

– Surtout pas ! C’est secret !

– Bon, dit papa. Je te laisse terminer tranquillement. J’ai des tas de choses à faire.

Il ébouriffe la tête de sa fille et sort du salon.

Luce reprend ses petits ciseaux et continue son ouvrage en s’appliquant bien. Elle a déjà découpé une grosse moto, un écran de télé géant, une guitare électrique et un ordinateur.

Robin arrive en courant.

– T’as vu ? papa est rentré plus tôt du travail !

– Oui, j’ai eu chaud, mais il n’a rien remarqué !

– Ouf. Tu as terminé sa liste ?

– Presque, Et toi ? Tu as fini celle de maman ?

– Oui. J’ai mis du parfum, des jolis meubles, des belles robes, des tas de bijoux et une montre en or.

– Super ! Maintenant, on va enfin pouvoir s’occuper de nos cadeaux à nous.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
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llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Salmigondis

C’EST ANORMALEMENT LONG

Quand le gouvernement met sur pied un comité, ou un groupe de travail, pour encadrer une pratique, c’est long pas à peu près. La preuve; « En 1999, après une série d’accidents survenus lors de poursuites policières, le ministère de la Sécurité publique a créé un groupe de travail pour encadrer la pratique. Revue trois fois depuis, ses recommandations sont en cours de révision, selon une demande d’accès à l’information datant de juillet. » Journal de Montréal, 20 novembre 2019.

Comment expliquer pareille éternité à aboutir d’une telle commande. À quelque part, il y a quelqu’un qui dort au gaz… rémunéré en plus !

CON UN JOUR, CON TOUJOURS

C’est cette vidéo que Radio-Canada a présenté récemment et qui montre un employé de Postes Canada, en uniforme, sortir d’une succursale de la SAQ avec deux bouteilles sous le bras et devant les grévistes de cette même SAQ qui faisaient du piquetage pour obtenir une nouvelle convention collective échue depuis mars 2017. Pas très fort comme solidarité, dans le contexte ou les employés de Postes Canada sont également en grèves rotatives. Il y en a qui résonnent avec une cervelle d’oiseau. En conséquence, la présidente du syndicat de Postes Canada s’est excusée auprès du syndicat de la SAQ… voilà un geste de solidarité.

HYDRO-QUÉBEC ET SA FACTURATION ANGLAISE

Pas beau ça ? Le français est la langue officielle du Québec et si vous voulez votre facture d’électricité en anglais, grand bien vous fasse. Demandez et vous recevrez. Un autre pas vers l’assimilation. Contrairement à Ford en Ontario qui a bûché sur les franco-ontariens avec une masse, nous on est plus subtils, plus hypocrites. Hydro a demandé aux Québécois ce qu’ils pensaient de fournir une facture unilingue anglaise aux citoyens qui le demandent. 52% des répondants, probablement déjà assimilés, ont trouvé ça logique. Que voulez-vous que ça leur fasse. C’est la mode au Québec francophone… tu maîtrises l’anglais ? Fuck le français !

Alors, les asiatiques, russes, et autres dialectes, demandez à Hydro-Québec d’avoir une facture dans votre langue. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Demandez et vous recevrez. Le client à raison. Tant qu’à beurrer épais. Et comme l’affirmait récemment Richard Martineau : « C’est que finalement, tu peux faire affaire seulement en anglais au Québec. Tu peux venir au monde, tu peux aller à l’école, tu peux te faire soigner, tu peux travailler, tu peux recevoir tes factures, tu peux mourir, en anglais seulement. » La réalité en pleine face… au Québec !

Bonne nouvelle de dernière heure : la ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy, a pris position; « Oubliez les factures d’Hydro-Québec unilingues anglaise ». À suivre…

REVOIR UN SYSTÈME CORROMPU

Comme le dit l’adage « plus tu en as et plus tu en veux ». C’est ce à quoi me fait penser le train de vie de certains médecins, déjà grassement payés, et qui se font rembourser avec des fonds publics, leurs visites dans des centres de santé en pleine nature, pour des ressourcements. Une activité qui leur est propre et réservée, pour mieux faire face au stress quotidien. Je suis outré que mes sous servent à ça dans ce système corrompu à l’os. Si j’étais un infirmier, je le serais encore plus parce que leur dose de stress est encore plus importante. Une chasse gardée réservée aux toubibs. C’est pas merveilleux ça…?

Et quel gouvernement osera bannir tous ces abus, considérés en plus, comme de la formation en continu. Faites-moi rire. Nous sommes dans une société où c’est au plus fort la poche. Le dernier rapport de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc, présenté dernièrement, est assez éloquent entre autre, sur la surfacturation des médecins en 2016, qui s’élève à 10 M$. Et qui a payé tout ça ? Le CONtribuable !

Le bonne résolution

Voici le retour des contes de Noël. Cette année encore, les histoires seront dédiées aux petits pour que vous puissiez leur raconter avant qu’ils ne tombent dans les bras de Morphée. De beaux contes, courts mais combien fertiles pour le bonheur de ces mignons chérubins en attendant Noël la tête pleine de rêves.

Et si vous voulez en raconter d’autres, ce blogue en compte déjà 109 dans ses archives. Vous n’avez qu’à les trouver en interrogeant la catégorie « Contes de Noël » en marge droite. Avec décembre qui s’amène, réveillez votre cœur d’enfant avec ces histoires merveilleuses… Voici le premier conte et les autres suivront à tous les deux jours, jusqu’à la grande Fête.

Aïe, Robin a été infernal toute la journée. Ce soir, sa maman lui a dit :

– Si j’étais toi, mon chéri, je m’inquiéterais. Aurais-tu oublié que le père Noël ne gâte que les enfants sages ?

Et sans un mot de plus, elle a quitté la pièce.

Robin est inquiet. Le père Noël a sûrement vu toutes ses bêtises.

Comment il a refusé de mettre ses chaussures ce matin.

Comment il a embêté sa sœur Luce à la récré.

Comment il a tiré la langue à la boulangère en rentrant de l’école.

Et s’il avait tout noté dans son grand cahier ? Et s’il inscrivait le nom de Robin sur la liste des enfants affreux ?

Ce serait terrible. Luce trouverait un tas de paquets sous le sapin : des livres, des poupées, peut-être le vélo rouge dont elle rêve depuis longtemps. Et lui ne recevrait… RIEN ! Ou alors, que des cadeaux très nuls. Un pull qui gratte, un jeu idiot pour les bébés, un puzzle de cent mille pièces…

Heureusement, Robin a une idée pour tout arranger. Désormais, il fera tous les jours quelque chose de gentil pour les autres. Le petit garçon saute sur ses pieds et court à la cuisine :

– Ce soir, c’est moi qui mets le couvert !

Sa maman se penche vers lui pour l’embrasser et murmure :

– Merci !

Quand tout est prêt, elle lui demande avec un petit sourire :

– Dis-moi, Robin, mon poussin, c’est seulement pour me faire plaisir que tu m’as aidée ou bien tu as peur de ne rien avoir pour Noël cette année ?

Il sourit aussi mais ne répond pas et ajoute deux belles bougies sur la table, parce que comme ça, c’est plus joli.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

In Memoriam – Lucie Nantel – 7e anniversaire

Bonjour maman. Sept années se sont écoulées depuis ton départ vers un monde de délivrance. Si le temps arrange les choses, chaque premier jour de décembre, le souvenir de cette triste nuit occupe toujours mes pensées et mes yeux soudainement se noient.

Mes émotions sont ambivalentes, passant de la tristesse de ton départ, à la sérénité de te sentir heureuse de ta nouvelle vie absente de douleurs.

Là-haut sur ton nuage, tu n’es plus seule depuis que papa t’a maintenant rejoint. Puissiez-vous, tous les deux, continuer de veiller sur nous et guider nos pas sur le chemin qui nous est destiné.

Je t’aime…

« Une mère, c’est si beau que même Dieu en a voulu une. »