Le jour du drapeau – 21 janvier
Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place de l’Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l’Assemblée nationale. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de drapeau officiel du Québec. C’est pour souligner cette cérémonie que le 21 janvier a été décrété le jour du Drapeau.
Le drapeau représente l’un des plus puissants moyens de communication d’une nation. De tout temps et dans toutes les civilisations, il a été un élément d’identification permettant de reconnaître les siens, d’attirer l’attention, d’identifier une juridiction. Les gens sont sensibles et intéressés à tout ce qui touche leur drapeau, et c’est aussi vrai pour les Québécois.
À titre d’emblème national, le drapeau du Québec doit être déployé de façon officielle par une institution publique ou un établissement relevant de l’Administration gouvernementale afin de marquer son appartenance à cette dernière.
L’année 2018 correspond au 70ᵉ anniversaire du drapeau du Québec. Célébrons fièrement le jour du Drapeau.
Comment améliorer son français écrit… Voici le treizième et dernier volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.
UNE PÉNURIE D’ÉPIPEN
Vous y croyez, vous, à cette pénurie d’ÉpiPen, ce médicament auto-injecteur d’épinéphrine pour les allergies sévères? Est-ce sérieux ou provoqué? La compagnie pharmaceutique Pfizer Canada a annoncé jeudi dernier, qu’elle ne pourrait plus fournir d’ÉpiPen pour adultes jusqu’en mars prochain. Moi je suis sceptique sur les vraies raisons de cette disponibilité. J’ai moi-même ce médicament et s’il est expiré, je le conserverai tant et aussi longtemps que sa disponibilité ne sera pas rétablie.
Il me semble que Pfizer se tire dans le pied avec cette annonce. Ce n’est pas de l’aspirine dont on parle. C’est un médicament à prendre en urgence de vie ou de mort. À cet égard, c’est irresponsable que ce remède se fasse rare, surtout que c’est un médicament unique au Canada. Je comprends très mal que cette multinationale se soit placée dans cette situation. Est-ce une raison pour augmenter substantiellement son prix? J’ai payé mon dernier ÉpiPen 95$ en pharmacie en octobre dernier. J’ai bien hâte de le renouveler en 2018 et de voir son nouveau prix. Ça ne sent pas très bon! Ça sent l’arnaque!
LES VOYAGEURS AMÉRICAINS DOIVENT SE MÉFIER
Comme le rapportait Richard Latendresse dans le Journal de Montréal de dimanche dernier, « Être un touriste américain n’importe où dans le monde comprend sa part de risque. Tout jeune voyageur québécois a croisé un jour un Américain avec un drapeau canadien sur son sac à dos pour être mieux accueilli par les étrangers rencontrés. C’est le prix à payer pour être citoyen d’une superpuissance qui, depuis un siècle, ne s’est pas gênée pour se mêler des affaires des autres comme en Iran dans les années 1950, au Viêtnam dans les années 1960, au Chili dans les années 1970 ou au Nicaragua dans les années 1980 pour ne nommer que ces cas-là. » Ajoutez Donald Trump à l’équation et ça devient critique.
Le Mexique est maintenant classé comme un pays très dangereux et de niveau 2, c’est-à-dire qu’il faut faire preuve d’une prudence accrue. Selon le département d’état américain, outre le Mexique, les pays à ne pas visiter sont dans l’ordre; l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Yémen, la Somalie, le Sud-Soudan, la Lybie, le Mali, la République centrafricaine et la Corée du Nord. Pire encore, voici une liste des homicides, meurtres et morts violentes rapportés en 2017 dans certains de ces pays;
Afghanistan : 2640 entre janvier et octobre.
Yémen : Entre 8670 et 10 000 depuis mars 2015.
Syrie : 10 204.
Irak : 13 187.
Mexique : 23 101 entre janvier et novembre.
Assez alarmant!
DORMIR POUR LIMITER LE SUCRE
RELAXNEWS | Comment réduire ses apports en sucre? Ajouter du temps de sommeil à son compteur est l’habitude la plus saine à adopter pour limiter les fringales, confirme une nouvelle étude de chercheurs du King’s College London publiée mercredi, le 10 janvier dernier. Ainsi, 90 minutes supplémentaires réduiraient de dix grammes l’apport en sucre ajouté.
Une étude menée par des chercheurs de ce Collège en Grande-Bretagne, rappelle que dormir davantage peut aider à avoir une alimentation équilibrée en limitant l’attrait pour les aliments gras et sucrés. En deçà des 7 heures par nuit recommandées pour les adultes, nous nous exposons à plus de déprime, de stress, d’anxiété, de fatigue, de problèmes cardio-vasculaires, de blessures et des comportements alimentaires malsains comme l’ont montré des études précédentes.
Moins de glucides
Sur ce dernier volet, l’étude a regardé précisément les effets de nuits plus longues sur l’apport nutritionnel d’un panel de 21 participants. Les résultats montrent dans le détail que dormir une heure trente de plus entraîne une réduction de dix grammes de l’apport de sucres par rapport aux niveaux de référence. Cette quantité concerne les sucres ajoutés par les fabricants ou en cuisinant à la maison ainsi que la consommation de miel, sirops et jus de fruits.
Les chercheurs ont également remarqué une réduction de la consommation totale de glucides chez les dormeurs. Le seul bémol avancé par l’étude concerne la qualité de ce sommeil prolongé. « Une période d’adaptation à toute nouvelle routine peut être nécessaire », suggèrent les chercheurs.
Comment améliorer son français écrit… Voici le douzième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.
Depuis son élection, Donald Trump est critiqué de toute part sur son comportement assez cavalier merci, et sur son ton irrespectueux envers tout ce qui l’entoure. Finalement, en y regardant de plus près, est-il si différent de nous? Dimanche dernier, Richard Martineau a fait l’analyse qui suit de l’individu et, je dois l’avouer bien honnêtement, celle-ci est venue me chercher, me faire réfléchir et me ranger de son côté. S’est-on vraiment regardé dans le miroir?
« Trump »
Si un extraterrestre me demandait ce que le mot « Trump » veut dire, voici ce que je lui répondrais.
Trump, c’est aller aux toilettes et ne pas fermer la porte. C’est dire tout ce qui te passe par la tête, au moment même où ça te passe par la tête. C’est te foutre totalement des règles de bienséance et de savoir-vivre. C’est roter à table. Te fouiller dans le nez devant les invités. Te gratter les fesses en public.
LE RÈGNE DE LA LAIDEUR
Te pointer dans un gala habillé comme la chienne à Jacques. Te sacrer du décorum. Ne pas faire d’effort. Te montrer sous ton pire jour. Embrasser la vulgarité de l’époque. Ne pas lever la lunette de toilette quand tu pisses. Te foutre des autres.
Parler tout croche. Concevoir la langue comme un simple outil de communication. Préférer ce qui est utile à ce qui est beau. Fuir tout ce qui t’élève, t’inspire, te grandit, t’exalte, te rend meilleur. Dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Tout ramener au plancher des vaches. Viser le dénominateur commun. Faire passer ceux qui coulent. Donner un diplôme de prof à des gens qui ne savent pas écrire.
Enseigner le rap, mais pas la littérature. L’économie, mais pas la philosophie. Abolir le vouvoiement. Engueuler le prof de ton enfant parce qu’il lui a donné une mauvaise note. Lui dire que c’est toi qui paies son salaire. Passer ses journées à regarder des téléréalités. Prendre plaisir à regarder l’homme dans ce qu’il a de plus commun, de plus vil, de plus bas. Se comparer à plus petit que soi.
Préférer le divertissement à l’art. Voir des films pour passer le temps. Juger les gens selon leur salaire, la grosseur de leur maison, la marque de leur auto.
LE DÉCLIN DE L’EMPIRE
Se moquer des gens qui parlent bien. « Non, mais pour qui se prend-il? Des mots à quatre syllabes. Tu parles d’un snob ». Vouloir tout, tout de suite. Ne pas faire d’effort. Café instant. Mets congelés. Justice expéditive. Stars d’un soir. Tweeter plutôt qu’écrire. Apporter son téléphone à la piscine. Prendre ses messages à la table. Intimider. Harceler. Insulter.
Menacer. Inviter une personne à une émission de télé pour l’humilier publiquement. Se mettre à six contre elle. Dire à une jeune fille qu’elle chante comme un pied devant un million de personnes. Se battre en justice pour avoir le droit d’humilier un handicapé. Bitcher. Dénigrer. Calomnier.
Pétasse. Douchebag. Selfie. Botox. Maquillage permanent. Faux seins. Nouveau riche. Grande gueule. Bien-pensant. Curé. Police. Gagner un milliard à la loto. Se doper pour gagner une médaille. Prendre des raccourcis. Fuir le fisc. Tricher. Copier. Contourner les règles. S’habiller mou.
L’ÂGE DES TÉNÈBRES
Ne pas voter. Tous des pourris. Tous des voleurs. Dégage. Préférer l’extrême au centre. La grossièreté à la langue de bois. L’authenticité à la réflexion. Baisser la barre. Diminuer les exigences. Donner aux gens ce qu’ils veulent. Se contenter de peu.
Vouloir un leader qui nous ressemble plutôt qu’une personne exceptionnelle capable de nous amener plus loin. Bref, si un extraterrestre descendait sur Terre et me demandait qui est Trump, je ne me défilerais pas et lui donnerais la seule réponse qui vaille. « Trump, c’est nous. »
Comment améliorer son français écrit… Voici le onzième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.
Le monde est-il assis sur un baril de poudre? Depuis l’accession au pouvoir de Donald Trump, bien malin celui qui pourrait prédire ce que sa venue sur la scène politique pourrait exercer comme bouleversement mondial. Il n’en est pas à une insanité près, ce mégalomane, qui ne se gêne pas pour dire tout haut ce qu’il pense tout bas et ce, sans aucune retenue. Chaque journée amène son lot de surprises et force est de constater que la qualité des chefs d’états démocratiques mondiaux, s’amenuise dans cette poudrière qui peut exploser à tout moment.
Dans La Presse+ du 12 janvier dernier, Gérard Bouchard, sociologue et historien, y allait d’une opinion quelque peu alarmiste sur Donald Trump et ses États-Unis. Je me fais un devoir de vous la partager…
LES ÉTATS-UNIS ME FONT PEUR
C’est étrange, voici que ce pays, qui depuis si longtemps se proclame le champion des droits de la personne, m’inquiète profondément. Il a toujours été controversé, assurément, mélangeant la vertu et le vice – et pas toujours en faveur de la première. Malgré tout, il demeurait, disons, vivable, car la comparaison avec ses rivaux jouait clairement en sa faveur. Aujourd’hui, la donne a changé.
Comme la plupart des Québécois sans doute, le nouveau président m’indispose, Je ne déclinerai pas la litanie de ses avanies, elles sont bien connues. Elles sont aussi de plus en plus troublantes. Mais ce personnage malfaisant a trop monopolisé mon attention, cela m’a empêché de voir qu’en réalité, c’est une grande partie du pays qui est profondément contaminé.
Les institutions, d’abord. On s’étonne de l’immensité des pouvoirs dont dispose le président et de l’étendue des outrances qu’il peut se permettre. J’ignorais que cette fonction pouvait autoriser autant de dérapages. On comprend mal que le fameux système de check and balance dont ce pays s’est toujours vanté puisse être aussi aisément neutralisé. On constate aussi que les institutions judiciaires, qui jouent un rôle si fondamental dans cette société, n’ont pas fait grand-différence jusqu’ici.
Pour ce qui est de la société civile, à part les grands médias comme le New York Times, le Washington Post, CNN et quelques autres, où sont donc passés les grands acteurs sociaux qui devraient normalement porter la contestation?
Je pense aux universités et à la myriade de think tanks, aux centrales syndicales, aux associations de défense des droits, aux innombrables groupes militants. On s’attendait aussi à un courant incessant de manifestations, une vaste offensive de la jeunesse, et des actes de colère, des protestations de la dignité, de la décence, de l’intégrité. Et de la démocratie. On ne voit pas grand-chose de tout cela. Comme si les forces de résistance s’étaient assoupies, s’en tenant à une critique éclairée, certes, et nécessaire, mais répétitive et devenue frustrante tant elle est peu suivie d’effets.
UNE SOCIÉTÉ MAL EN POINT
Si on regarde dans le rétroviseur, on s’aperçoit que tout cela était en bonne partie prévisible, que l’élection du nouveau président n’est pas survenue comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Car l’idée qu’il a été élu par les pauvres, les victimes de la délocalisation, les recalés de l’American Dream dont il aurait fouetté le ressentiment et la haine, est malheureusement inexacte. Ses appuis électoraux, dans des proportions surprenantes, se sont étendus aux citoyens très scolarisés (45% des diplômés universitaires) et aux personnes à haut revenu (48% des gens gagnant entre 100 000 et 249 000$, et 49% de ceux gagnant 250 000 et plus).
Ce président est le produit d’une société mal en point et, pour l’instant, l’espoir d’une vigoureuse reprise paraît lointain, même si les prochaines élections redonnaient aux démocrates la majorité au Congrès.
Au-delà du personnage principal de la pièce, on découvre en effet que le scénario a été en grande partie écrit par la société elle-même.
Une société violente, minée par les inégalités, gangrenée par le racisme, où la démocratie est viciée par les lobbies trop puissants, où les excès de l’individualisme ont compromis la moralité publique, où des Églises sectaires sont en expansion. Arthur Miller et d’autres, qui établissaient un pronostic de ce genre il y a bien longtemps, avaient vu juste.
Quant à la protestation internationale, on ne l’entend guère. Même l’OTAN et l’ONU se sont laissé humilier sans rouspéter. Et aussi l’Union européenne, ce grand corps malade qui, fort de ses 27 pays membres et bien que représentant le continent le plus riche et le plus scolarisé, n’arrive toujours pas à faire entendre une voix forte.
Et voici qu’on assiste maintenant, dans l’effroi, à une joute infantile qui pourrait entraîner la destruction d’une partie de la planète, comme si le spectre des deux guerres mondiales et celui de la guerre du Viêtnam, avec leurs cortèges d’horreurs, s’étaient effacés. Dans ce contexte, on se demande s’il existe encore à notre époque une instance crédible qui pourrait incarner la sagesse et se faire entendre avec autorité.
J’admets que ce portrait est noir. Trop noir? Peut-être. En fait, j’apprécierais qu’on me corrige. J’en aurais bien besoin, car, en l’état présent, je ne voudrais pas vivre dans l’univers dont nos descendants risquent d’hériter.
Comment améliorer son français écrit… Voici le dixième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.
Un groupe d’avocats discutent de golf. Une jeune femme assise à une table plus loin entend leur conversation. Elle leur dit qu’elle est nouvelle dans cette ville, qu’elle jouait très bien au golf au collège et leur demande si elle peut se joindre à eux.
Sans enthousiasme, ils dirent oui.
– Soyez présente à 6h30 précises, disent-ils.
La femme répond :
– je vais être là à 6h30 précises mais il se peut que je sois en retard de 30 minutes.
Les avocats réaffirment l’heure, 6h30 pile!
Le lendemain, la femme se présente à 6h30 précises avec des bâtons de golf droitier. Elle les bat à plate couture.
Déconfits, ils lui donnent rendez-vous la semaine suivante.
La semaine suivante, la jeune femme arrive avec des bâtons de golf gaucher.
Espérant un gain facile, les avocats s’alignent, pour se faire encore battre sans problème.
La semaine d’après, la jeune femme arrive 30 minutes en retard, ce qui fait maugréer les avocats. Encore une fois, Elle les bat à plate couture. Au Club House, les avocats discutent et, ne pouvant résoudre le dilemme de la jeune femme, décident d’aller lui demander.
– Comment décidez-vous si vous allez jouer droitière ou gauchère?
– Mon mari couche nu. Et le matin, en me levant, je retire les draps et si son « bâton » est tourné vers la droite, je joue droitière. S’il est tourné vers la gauche, je joue gauchère.
Les avocats rétorquent :
– Et s’il est pointé vers le haut?
– Alors, j’arrive 30 minutes en retard!
Comment améliorer son français écrit… Voici le neuvième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.
Vieillir, c’est chiant. J’aurais pu dire : vieillir c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif rigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant, invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j’ai vu dans le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. « Avec respect », « En hommage respectueux ». Avec mes sentiments très respectueux. Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus.
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que… »
Moi aussitôt : « Vous pensiez que…?
– Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir.
– Parce que j’ai les cheveux blancs?
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça été un réflexe, je me suis levée…
– Je parais beaucoup, beaucoup plus âgé que vous?
– Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge…
– Une question de quoi alors? Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois… »
J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni à la sexualité, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto no. 23 en « la-majeur » de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no. 21 en « ut-majeur », musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas mêmes étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours?… Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge?… Non.
Bernard Pivot, 2011
Comment améliorer son français écrit… Voici le huitième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.