L’hiver dernier, j’ai eu la chance d’avoir Jacques Therrien comme partenaire de golf et je me souviens qu’au moment de prendre notre voiturette pour se rendre au tertre de départ, il me répétait souvent combien il aimait la vie qu’il menait, ici à Fort Myers, tout en appréciant le golf, les activités sociales, et tous les moments agréables que les snowbirds peuvent connaître, dans cet endroit ensoleillé, loin de la neige et du froid québécois.
Au fil des années et plus particulièrement l’hiver dernier, j’ai pu apprécier le chic type qu’il est, le bon vivant et un excellent compagnon de jeu. Il venait également, avec sa conjointe Diane, d’acquérir la première maison qu’on croise, à l’entrée du parc, et qu’ils avaient rénovée, comme tous nouveaux propriétaires, en y mettant du cœur et de l’huile de bras.
Malheureusement, la maladie le retient présentement au Québec et il ne sera pas ici pour continuer nos parties de golf. Il doit penser à lui et tout faire pour retrouver la santé. Toujours souriant, affable et optimiste, ce septilien a la force pour se sortir de cet impasse. C’est toute la chance que je lui souhaite.
Faut pas lâcher, Jacques. Ici toutes les ondes positives de la communauté des snowbirds sont dirigées vers toi et les messages d’encouragement se multiplient. Nous anticipons ton retour et n’oublie jamais que le monde médical regorge de guérisons inexpliquées. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et c’est à quoi il vous faut s’accrocher, Diane et toi. Conservez cet espoir afin de présenter le sourire contagieux qui agrémente cet article. Que la meilleure des chances vous accompagne et, en attendant, ta place dans la voiturette de golf est toujours disponible. Allez mon gagnant… À toi de jouer !
Il était une fois un bonhomme de neige qui adorait son chapeau, son écharpe et son fidèle balai. Mais comme tout le monde à Noël, il voulait revêtir des habits de fête ! Du haut de sa colline, il enviait le sapin qui trônait sur la place du village. Des cheveux d’ange dévalaient ses branches et des boules scintillantes valsaient mystérieusement autour de lui.
– Je voudrais tant briller ainsi ! murmura le bonhomme de neige en rêvant tour haut.
Porté par la brise, un brin de houx se posa alors sur son nez.
– Tu veux briller ? Suis-moi, je peux t’aider !
Le bonhomme de neige suivit aussitôt son guide qui virevoltait au-dessus de lui. Après avoir traversé la forêt et franchi un ruisseau, ils arrivèrent devant un gigantesque igloo.
– Santa-toctoctoc ! dit le brin de houx.
Au son de la formule magique, la porte s’ouvrit.
– Nom d’une petite carotte ! s’extasia le bonhomme de neige.
L’igloo regorgeait de trésors. Il y avait là de quoi parer tous les amis du père Noël : des boules volantes pour les sapins, des chapeaux pour les rennes, des vestes fluorescentes pour les lutins, des ailes de rechange pour les anges… Et au milieu de toutes ces merveilles, un petit homme bleu à l’allure de magicien faisait claquer ses doigts.
– Le Maître des décorations… souffla le brin de houx.
Le bonhomme de neige s’approcha timidement et lui raconta son vœu : briller comme un sapin de Noël !
– Santa-cadabra ! prononça alors le petit homme bleu. Et des fleurs à paillettes poussèrent sur un chapeau.
– Santa-lakabim ! clama-t-il à nouveau. Et une écharpe bariolée se mit à scintiller comme si elle venait d’avaler des étoiles.
– Santa-bougazam ! Et d’un balai jaillit un feu d’artifice !
Tout excité, le bonhomme de neige courut se percher sur la colline avec ses nouveaux accessoires et prononça les formules magiques. Aussitôt les promeneurs s’arrêtèrent, fascinés par ce bonhomme de neige qui brillait comme un astre. Il avait si fière allure que les villageois l’installèrent à côté du sapin. Son vœu se réalisait enfin !
– Magnifique costume ! complimenta le sapin avec un clin d’œil.
– Et le tiens donc ! félicita le bonhomme de neige.
– Comme vous êtes beaux… dit alors une petite voix derrière eux.
C’était le lampadaire. Gris et blafard, il avait grand besoin de retrouver des couleurs.
– Tu veux briller ? demandèrent en cœur le sapin et le bonhomme de neige. Suis-nous, on peut t’aider !
Cette année-là, à Noël, le village brilla bien plus que le ciel !
Histoire de Fabienne Onfroy
Illustrée par Claire Legrand
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008
À la fois émouvante et troublante, la confession qu’a livré le hockeyeur professionnel Guillaume Latendresse, victime de sévères commotions cérébrales dans sa courte carrière, lors de l’émission l’Antichambre diffusée ce dernier mercredi à RDS. À l’aube d’une possible retraite forcée, à seulement 26 ans, il a levé le voile sur l’enfer de ce fléau qui est une véritable hécatombe à travers la Ligue Nationale de Hockey. Devant des panelistes sans voix, il a décrit ses symptômes tels qu’il les subit depuis 18 mois; maux de têtes, irritabilité, insomnie, troubles de la vue, toutes corroborés par Sylvain Guimond, spécialiste en la matière.
Une telle déclaration ramène les pendules à l’heure sur les mémérages véhiculés quant à sa carrière et ses changements d’équipes. C’est triste de voir un talent reconnu, mettre fin abruptement à une carrière prometteuse, à cause d’un manque flagrant de respect entre joueurs et dirigeants de cette ligue. Des gestes de violence qui serait condamnables devant une cour de justice criminelle, s’ils étaient portés à l’extérieur d’une patinoire. Dans cette ligue, on ne punit pas le geste de manière significative, voire répressive.
Jadis, les super vedettes de ce sport rapide, pouvaient espérer faire carrière jusqu’à 40 ans et même plus. Aujourd’hui cette limite est reculée à 30 ans pour beaucoup d’entre eux. Ça tombe comme des mouches avec de solides coups portés à la tête dans un dessein de blesser l’adversaire, de le neutraliser sans retenue, souvent dans un scénario de vulnérabilité. La sentence du comité de discipline équivaut à un coup de baguette sur les doigts. Rien de dissuasif ! Pendant ce temps, Gary Bettman se promène, la gueule fendue jusqu’aux oreilles, en répétant que son sport se porte bien. Il est malade ce sport, rongé par un cancer incurable et qui, tôt ou tard, nous livrera une mort en direct à la télé, provoqué par un coup salaud fatal.
La LNH joue à l’autruche et un jour viendra où elle devra rendre des comptes. Si les bagarres entre hommes forts consentants peuvent, à la limite et dans un contexte particulier, pimenter un match électrisant au moment où les esprits s’échauffent, des coups portés directement à la tête dans toutes autres circonstances sont définitivement à bannir. Avec la technologie des vidéos d’aujourd’hui, il est facile et sans équivoque de voir le geste et de porter une sanction sur le champ.
Selon moi, si on veut enrayer ce fléau, il faut imposer un remède de cheval : 40 matchs de suspension pour une première infraction, une saison de suspension pour une récidive et une expulsion à vie pour une troisième infraction. C’est drastique mais c’est le seul moyen de combattre ce parasite, de redonner au hockey ses lettres de noblesse et d’enrayer cette gangrène qui handicape une jeunesse prometteuse. N’a-t-on pas banni à vie Pete Rose du baseball majeur pour une affaire de pari ? C’est un monde de différence et surtout, de conséquences.
Aujourd’hui, au pays du père Noël, c’est la fête des lutins ! Comme tous les ans avant Noël, ils se préparent depuis des semaines à cette assemblée. Chaque atelier va y présenter les derniers jouets qu’il a créés. Tous les lutins ont travaillé avec joie et entrain pour ce grand jour, et chacun rêve à la belle récompense : les félicitations du père Noël et une grande boîte de chocolats pour l’atelier le plus original !
– Alors Barnabé, interroge Anatole en montant le grand escalier de la salle des spectacles. Quelle trouvaille vas-tu nous présenter aujourd’hui ? Un train parlant, extravagant ?
– Tss tss tss, tu verras bien ! Et toi Anatole, que mijotes-tu ? Ton atelier des avions et objets volants a encore dû faire des merveilles !
Dans un joyeux brouhaha, les lutins s’installent sur les bancs de la salle, décorée de rouge et d’or comme un théâtre. Et le moment tant attendu arrive enfin : Balthazar, le lutin en chef, se lève et frappe trois coups sur son pupitre.
– Mes amis, c’est avec joie que je déclare notre grande assemblée ouverte ! Père Noël, nous vous présentons nos nouveautés !
En une parade enchantée défilent alors les jouets les plus incroyables, les plus charmants et les plus touchants que l’on puisse imaginer. Toute l’assemblée pousse des oh et des ah d’étonnement devant le train cascadeur de Barnabé, l’oiseau-aquarium d’Anatole, les patins mécaniques d’Isidore, les bulles de savon qui n’éclatent jamais d’Albert…
– Et maintenant, pour finir, j’appelle Léonard, chef de l’atelier des poupées ! s’exclame Balthazar.
Devant les lutins fascinés, Léonard fait alors danser une poupée ravissante au son d’une petite flûte.
– Je vous présente Dorothée, la seule poupée qui s’anime et danse au son de cette flûte magique !
Les lutins applaudissent des deux mains, ravis, charmés, éberlués.
– Bravo, hourra ! entend-on de-ci de-là.
– Tout cela est merveilleux, extraordinaire ! s’enthousiasme Balthazar. Père Noël, l’heure est maintenant venue de nous révéler le jouet que vous choisissez entre tous !
– Mes chers lutins, cette année vous vous êtes surpassés ! Toute la magie de Noël est là et je veux vous féliciter ! Je vous déclare tous grands gagnants : chacun de vous recevra un beau calendrier de l’Avent… et des chocolats pour les gourmands !
Histoire d’Anne Lanoë
Illustrée par Evelyne Duverne
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008
Myope comme une taupe, rusé comme un renard, ou serrés comme des sardines, les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout. La preuve:
Que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.
Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là, pas un chat! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.
Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère! C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive. Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi! Et vous, vous êtes fait comme un rat.
Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.
Et puis, c’aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.
Ondeline, la petite sirène, aime passer ses journées à observer les hommes. Ne vous imaginez pas qu’elle ait envie d’avoir des jambes à la place de sa queue de poisson. Ah ça non ! L’une de ses cousines a bien failli mourir pour avoir eu cette mauvaise idée et Ondeline n’a pas du tout l’intention de faire de même. Elle est juste un peu curieuse…
Un jour de décembre, Ondeline revient très excitée de son exploration à la surface.
– Les hommes préparent une grande fête, raconte-t-elle à ses amis.
– Une fête ? l’interrogent-elles.
– Oui ! Ils dressent un drôle d’arbre sur la plage, plein de couleurs, de guirlandes et de lumières.
– C’est Noël ! s’exclame alors une petite sirène blonde.
– Noël ? s’étonnent les autres.
– Souvenez-vous de notre cousine, reprend la sirène. Dans ses lettres jetées à la mer, elle nous en parle. Pendant cette fête, les hommes s’offrent des cadeaux et décorent des…
Elle ne peut terminer sa phrase. Poissons, tritons, hippocampes et sirènes parlent tous en même temps ! Une vraie cacophonie !
– Fêtons Noël !
– Offrons-nous des cadeaux !
– Décorons un arbre ! lance Ondeline avec enthousiasme.
Aussitôt le silence se fait. Un arbre ? Où en trouver quand on habite sous la mer ? Même la vieille murène n’en a jamais vu de toute sa vie malgré son très grand âge.
– Je peux peut-être vous aider, propose timidement le corail.
– Toi ? s’étonne Ondeline. Tu sais où se trouve un arbre ?
– Hélas non, avoue le corail. Mais mes branches sont un peu comme celles d’un arbre…
– C’est vrai ! s’écrie Ondeline. Tu ressembles à un arbre !
L’enthousiasme s’empare à nouveau de la petite troupe. Un hippocampe apporte des algues multicolores pour faire des guirlandes. Des anémones s’accrochent aux branches du corail comme des boules de Noël. Une étoile de mer se perche même au sommet de l’arbre improvisé.
– J’aimerais participer, annonce soudain la baudroie venue des grandes profondeurs.
– C’est que… commence Ondeline, un peu gênée.
Il faut dire que la baudroie est un poisson épouvantablement laid, avec un photophore ridicule qui pend de son front.
Ondeline a peur que sa présence ne gâche la fête. Mais tandis qu’elle réfléchit à une manière polie de renvoyer l’importune, la baudroie se place derrière le corail et allume sa petite lumière. Soudain, le corail s’illumine comme par magie.
Le premier arbre de Noël sous-marin est né !
Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustrée par Claire Legrand
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008
Ce temps de l’Avent, amène avec lui cette fébrilité qui précède la grande Fête de Noël. Pioneer Village commence à scintiller de tous ses feux. L’absence de neige ne freine les élans de personnes et on voit de plus en plus, les rues s’animer de lumières multicolores. Chacun y va de son imagination pour se donner des airs de célébrations et créer de l’ambiance.
Ça bouge ! Les réunions autour de la table s’organisent. Souper au restaurant la veille de Noël pendant que d’autres se réunissent à la salle communautaire pour la soirée. Le lendemain, comme au pays du Québec, la coutume se continue et le souper traditionnel avec dinde, tourtières et tout le tra-la-la, embaume quelques chaumières, pour qui Noël ne serait pas Noël sans cette volaille qui rôtie à petit feu en plein centre du four. Je vous le dis, il ne manque que le manteau blanc… qu’on oubli rapidement.
Quelques snowbirds sont arrivés récemment, dont nos gaspésiens Roseline et Jean-Eudes, alors que d’autres retourneront au Québec pour le temps des Fêtes, histoire de festoyer avec les leurs. Attention aux rhumes et grippes parce que c’est courant également, de rapporter en Floride quelques petits virus indésirables, une fois janvier arrivé, et qui ont tôt fait de provoquer des retours inconfortables. Moucher et tousser par 35°C, c’est pas très réjouissant.
Le père Noël ??? Il doit sûrement survoler les environs pour préparer et planifier sa tournée parce que quelques soirs, vers 23h30 si on y tend l’oreille, on entend quelques lointains grelots dans la noirceur du firmament, au-dessus d’ici. Après les enfants, c’est de notoriété publique que ce sont les snowbirds qui sont les plus sages. Et je peux vous le certifier, ayant moi-même, déjà personnifié le légendaire vieillard à barbe blanche. Alors on vit dans l’espoir qu’il ne nous oublie pas.
En attendant le grand jour, continuez votre bonne habitude de venir lire les contes de Noël que je publie depuis de 2 décembre. C’est une belle occasion de les raconter à vos bouts d’choux, au moment où ils se glissent sous leurs draps, avant de s’endormir au pays du rêve et de l’imaginaire.
Jadis vivait, tout en haut d’une montagne, un grand bonhomme de neige solitaire. Il ne fondait jamais, car il habitait le pays des neiges éternelles.
Noël approchait et il se sentait seul :
– Voilà des années que je suis ici; est-ce qu’un jour je fêterai Noël avec des amis ?
Et sous son chapeau noir, tout en fumant sa pipe en bois, le bonhomme de neige se mouchait, essuyant ses yeux de pierre et son nez de carotte.
Un matin, le brouillard se leva et recouvrit la montagne.
– Hou hou ! Où êtes-vous ? Hou hou ! Je ne vous vois plus !
Une petite voix résonnait depuis le sommet. Elle réveilla le bonhomme de neige qui somnolait. C’était une fillette en raquette qui appelait sa famille. Elle était complètement perdue… Elle aperçut alors le bonhomme de neige grâce à son nez orange qui pointait. Fatiguée et rassurée par sa présence, elle s’assit à ses pieds et ne tarda pas à s’endormir contre lui.
Le cœur du bonhomme de neige se mit à battre très fort !
– Cette petite fille va mourir de froid si elle reste là, pensa-t-il. Elle est si jolie avec ses moufles rayées et son bonnet tricoté.
Dans sa poitrine, le cœur du bonhomme de neige cognait de plus en plus fort. Soudain, une grande chaleur inonda son corps : il frémit de la tête aux pieds, puis ses bras se levèrent, saisirent la fillette, et ses jambes se mirent à marcher. Vite, vite, il descendit la montagne à grandes enjambées vers la vallée. Des voix retentissaient partout dans la nuit.
– Tout le monde te cherche… murmura le bonhomme de neige.
Quand il arriva près d’un chalet, il déposa la fillette endormie contre la porte, sonna et parti se cacher dans le jardin.
Il resta longtemps à regarder par la fenêtre la petite fille qui se réveillait : elle buvait du lait chaud, une grosse couverture sur le dos, entourée de son papa et de sa maman si heureux de L’avoir retrouvée. Personne ne faisait attention à lui, mais à un moment, la fillette le vit : le bonhomme de neige lui fit un petit signe de la main et elle lui sourit.
Tout en haut de la montagne vit désormais un bonhomme de neige joyeux : il a des bras pour porter, des jambes pour marcher et un cœur pour aimer.
Tous les ans, à Noël, il descend dans la vallée. Et le temps d’une nuit, il échange avec la petite fille son chapeau noir, contre un bonnet tricoté !
Histoire de Florence Vandermarlière
Illustrée par Bruno Robert
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008
Il était une fois trois jeunes filles, très belles mais très pauvres. Leur père les aimait tendrement mais avait beaucoup de mal à gagner sa vie pour les nourrir. Un jour de décembre, trois vieux grincheux se présentèrent pour demander la main des jeunes filles. Ils étaient très riches et le père, le cœur serré, accepta. En apprenant la nouvelle, les trois sœurs coururent au jardin en pleurant à chaudes larmes :
– Oh ! mon Dieu, je ne veux pas épouser cet horrible vieillard !
– Je préfère encore rester pauvre et avoir faim !
– Tout ce que nous voulons, c’est être heureuses !
Au même moment, dans la ruelle qui longeait le jardin, un vieil homme passait en clopinant sur son âne. Il était vêtu d’un manteau vert tout râpé, portait une longue barbe blanche et un gros sac sur son dos. Il s’arrêta un instant pour écouter les sanglots des jeunes filles, puis poursuivit son chemin.
Mais le lendemain, au petit matin, les trois sœurs découvrirent dans leur cheminée, trois gros sacs posés au milieu de la cendre. En les ouvrant, elles virent qu’ils étaient remplis de pièces d’or ! Qui leur avait apporté ce splendide cadeau ? Grâce à cet or, elles pourraient vivre avec leur père sans se soucier de l’avenir, et épouser le garçon qui leur plairait.
N’osant encore croire à leur bonheur, elles sortirent pour se renseigner.
Dans les rues, les riches marchands et les bourgeois marchaient d’un air pressé et soucieux, comme d’habitude. Mais dans les yeux des enfants et des mendiants, les trois sœurs remarquèrent une étrange lueur de joie. Alors, quand elles virent une fillette aux mains pleines de friandises, elles lui demandèrent qui lui avait apporté tous ces bonbons.
– Saint Nicolas bien sûr !
– Mais nous n’avons jamais entendu parler de lui !
– C’est un vieux monsieur habillé en vert. Chaque année, le 6 décembre, il donne des cadeaux aux pauvres et des bonbons aux enfants. Personne ne l’a jamais vu car il passe la nuit. Mais moi, je sais qu’il existe !
Jamais les trois sœurs n’oublièrent Saint Nicolas. Grâce à lui, elles vécurent heureuses et se marièrent avec le garçon qu’elles aimaient. Quant au vieil homme, personne ne sait ce qu’il est devenu. Mais certains racontent qu’il a déménagé au pôle Nord et troqué son manteau vert contre une veste rouge…
Histoire d’Emmanuelle Lepetit
Illustrée par Évelyne Duverne
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008
Quel bel hommage a été rendu, hier à l’Assemblée nationale, à l’auteur-compositeur et interprète Martin Deschamps, dans le cadre de la Journée internationale des personnes handicapées. Il s’est vu remettre la Médaille de l’Assemblée nationale, des mains de la ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Véronique Hivon.
Il est la preuve vivante que les personnes handicapées ont leur place au grand jour dans cette société qui abaisse de plus en plus les barrières de l’isolement. J’ai toujours trouvé qu’il avait un immense talent, malgré son handicap important, pour jouer si bien d’un instrument de musique. Un peu comme les personnes aveugles, ces personnes développent des habiletés et des aptitudes qui frisent l’exploit, pour se démarquer dans des domaines où leur handicap pose souvent problème.
Dans ma propre famille, ma nièce, handicapée depuis sa naissance, demeure une personne adorable et très épanouie dans son univers à elle. Comme personne « normale », on a beaucoup de leçon de persévérance et de détermination à recevoir de ces personnes qui donnent tout ce qu’elles ont pour vous aimer sans conditions. Elles ont le cœur gros comme ça ! Elles méritent toute notre admiration et notre dévouement envers elles. Cette journée internationale qui leur est dédiée, chaque 3 décembre, est le bon moment pour nous rappeler qu’elles ont leur place à part entière dans cette société comme vous et moi.
Félicitations Martin Deschamps.
Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Gaston. Il habitait une tour immense avec plein d’appartements et un gigantesque mur de boîtes aux lettres dans l’entrée : deux cent soixante-dix-huit exactement !
– Dis donc, mon garçon, tu voudrais bien m’aider ? demanda un jour le facteur. J’ai une livraison spéciale.
Et il sort de sa sacoche des catalogues de jouets : deux cent soixante-dix-huit exactement !
Gaston aime bien le facteur avec son vélo jaune, son ventre rond et ses bottes rouge foncé. Alors il l’aide à remplir toutes les boîtes aux lettres.
– Pour te remercier, je te donne un catalogue supplémentaire, un catalogue pas ordinaire ! déclare le facteur.
Gaston feuillette le catalogue : il n’a vraiment rien de spécial… Ce facteur, quel farceur !
Rentré chez-lui, il entoure au crayon rouge les cadeaux qui le font rêver : une fusée, de la peinture, une canne à pêche…
– J’aimerais tellement tout avoir ! pense Gaston
Lorsqu’il a fini d’entourer tous les jouets du catalogue, il le glisse sous son oreiller. Et chaque soir, avant de dormir, il le regarde en rêvant.
Au milieu de la nuit du 24 décembre, Gaston se réveille : son oreiller fait une grosse bosse, et en dessous, et partout tout autour, il y a… tous les jouets du catalogue ! Incroyable !
Gaston est fou de joie ! Il se lève pour prévenir ses parents, mais il trouve devant sa porte une paire de bottes rouge foncé avec un petit mot à l’intérieur !
« Gaston, je suis débordé, j’ai besoin de ton aide. Signé : P.N. »
– Zut, ces jouets ne sont pas pour moi, pense Gaston, déçu.
En boudant, il enfile la paire de bottes. Ça alors, elles rapetissent juste à sa pointure… et deux rennes et un traîneau étincelant apparaissent à la fenêtre !
– Génial, cette nuit, c’est moi le père Noël, sourit Gaston.
Il charge tous les jouets dans l’attelage, puis il commence sa tournée.
– Hue ! J’ai beaucoup de cadeaux à distribuer : deux cent soixante-dix-huit exactement !
Le lendemain matin, sa maman vient le réveiller :
– Gaston, quelle idée d’avoir dormi avec tes bottes ! Viens voir, le père Noël est passé !
Gaston bâille : il a volé toute la nuit dans le traîneau du père Noël. Mais il ne racontera rien aux grands… Et il regarde ses bottes en souriant !
Histoire de Florence Vandermarlière
Illustrée par Bruno Robert
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008
Ce sont les deux mots qui me viennent en tête suite à la lecture du journal ce matin; les cinq chantiers majeurs de la région métropolitaine génèrent des dépassements de coûts de 45 M$. Le gouvernement, c’est-à-dire les suckers de CONtribuables, vont fouiller dans leurs poches pour réparer l’incompétence. Parce que c’est de ça qu’on parle. C’est toujours plus facile de dépenser l’argent des autres que le sien et c’est une politique que nos pseudo-experts appliquent sans compter et sans aucune gêne.
Ces spécialistes des grands chantiers routiers, pour obtenir des contrats, soumissionnent des prix très bas pour obtenir les contrats, et nous siphonnent encore plus après les avoir obtenus. Si ces experts incompétents géraient leur propre argent comme ils font des soumissions, ils ne seraient même plus en affaire. Une chance qu’il y a le bon peuple pour les enrichir avec la bénédiction des politiciens, qui n’ont d’autres intérêts que se faire réélire ou se magouiller d’indécentes primes de départ.
Ça prouve l’incompétence de ces dirigeants qui ne sont même pas capable d’évaluer un projet, en tenant compte des impondérables. Lorsqu’ils affirment pouvoir faire un travail pour un montant X, ils se basent sur leur expérience puisque ce sont des spécialistes, alors pourquoi ne pas tout prévoir, dans ses moindres détails et possibilités ? Dans cette optique, tout dépassement de coût devrait leur être imputable – un mot que personne ne semble connaître. On aurait certes des projets plus onéreux, mais on saurait à quoi s’en tenir, et surtout la facture qu’on devra assumer. Il me semble que l’équation est claire !
Depuis deux ans, tout ce qu’on entend c’est magouille, corruption, abus de toute sorte et la Commission Charbonneau est là pour nous offrir toute l’horreur qu’on nous impose. Des personnages en qui la population a mis toute sa confiance et qui nous font défaut à la première occasion. Des voleurs, des tricheurs, des magouilleurs et des profiteurs, dévoilés au grand jour et qui pigeaient allègrement dans le plat de bonbons depuis des années, quand va-t-on y mettre un terme et parler de transparence, de franchise, de respect de ceux et celles qui font vivre l’état par leurs taxes.
Un autre bel exemple de tourner en rond est celle du pont Champlain duquel on nous casse les oreilles depuis dix ans sur son usure prématurée et sa fin de vie utile actuellement. Du niaisage ! Alors qu’il est sur le point de tomber en ruine, le ministre Lebel annonce en grande pompe qu’ils vont le terminer trois ans plus tôt, soit en 2018. Ils ont décidé, dans leur grande sagesse, de ne pas sonder l’international, pour soumettre des projets de ponts. Aïe les incompétents, c’est URGENT d’agir ! Il faut quoi de plus ? Grouillez vos fesses, ça prend un pont neuf… pour hier ! Il me semble que c’est clair. Oubliez la dentelle, ça prend un pont !
Depuis des lunes on nous chante qu’une fois l’autoroute 30 complétée, ça désengorgerait justement le pont Champlain. Bizarre qu’on en entende plus parler. Elle est terminée l’autoroute 30, servez-vous en pour dévier la circulation lourde qui retarde le traffic le matin sur les ponts. Il me semble qu’entre attendre 3 heures aux abords d’un pont, faire un détour de 30 ou 40 kilomètres de plus, ce serait une économie de temps, moins de pollution et moins de stress pour un pont qui agonise. Attendez-vous l’hécatombe ? Quand on est incompétent et qu’en plus, celle-ci est sans aucune conséquence sur les résultats, on obtient une Tour de Babel comme on voit présentement.
Pendant ce temps-là, on se chicane à Québec et à Ottawa comme des gamins, et on a hâte aux prochaines élections, pour gouverner sans rien régler. C’est désolant de voir ça !