Le séjour en images

Album photos1Depuis ce matin, en marge droite du blogue et dans la section Albums photos, apparaît l’album de notre présent séjour sous le lien Floride – Hiver 2013-2014. Plus d’une soixantaine de clichés le compose déjà, commentés pour la plupart, afin de vous permettre de partager notre vie de snowbird, au pays des gougounes et d’oublier, le temps d’un visionnement, vos rigueurs de l’hiver pourquoi pas vous faire rêver.

Ce n’est pas dans le but de vous narguer ou de tourner le fer dans la plaie, comme on dit, mais simplement pour vous donner le goût, le moment venu, de voir et peut être de vous initier à cette belle vie qu’on s’était promis de se donner un jour. De profiter d’un moment qui ne durera pas éternellement. Au fil des semaines, d’autres photos s’ajouteront afin d’immortaliser ces souvenirs.

Pour les abonnés qui ne sont pas tellement familiers avec le blogue, lorsque vous recevez un message vous confirmant la publication d’un article, cliquez sur le titre et cette action vous mènera directement sur le blogue, où vous aurez accès à la marge droite qui renferme des petits trésors, comme des clips vidéos entr’autres. Allez y faire un tour et vous y ferez des découvertes.

Enfin, pour ceux et celles qui visionnent le site à l’aide une tablette iPad, iPod ou d’un iPhone, cette marge de droite se trouve tout en bas du défilement horizontal des articles. Une question d’affichage différent des tablettes androïdes et des ordinateurs portables.

C’est un rendez-vous ! Ah j’oubliais un dernier détail : j’apprécierais que vous ne partagiez pas ces photos à tout vent afin de respecter une certaine confidentialité des personnes qui apparaissent sur les photos, tout en respectant mes droits d’auteur. Je vous remercie de votre compréhension et de votre respect.

Trois étranges visiteurs

Trois étranges visiteursLa veille de Noël, alors que les habitants de Solomé s’apprêtent à se coucher, trois étranges personnages entrent dans le village. Le premier vient du Sud. Très grand, avec la peau noire comme le charbon, il ressemble aux hommes de Solomé, mais son costume coloré indique qu’il n’est pas d’ici. À peine entré dans le village, il frappe à la porte de la première cabane et demande à y passer la nuit.

– Je vous paierai, promet-il en souriant.

– Inutile ! répond le chef de famille. Nous accueillons toujours l’étranger sans rien demander. Vous êtes le bienvenu !

Le deuxième, qui arrive de l’Est, est beaucoup plus petit. Sa peau paraît un peu jaune et ses yeux fendus ressemblent à deux amandes. Il pénètre dans le village, frappe à la porte de la deuxième cabane et demande à y passer la nuit.

– Je vous paierai, promet-il en souriant.

– Inutile ! répond la maîtresse de maison. Nous accueillons toujours l’étranger sans rien demander. C’est la tradition à Solomé.

Le troisième descend du Nord. Sa peau blanche a rougi avec le soleil et ses yeux sont aussi bleus que la mer. En atteignant Solomé, il frappe à la porte de la troisième cabane et demande à y passer la nuit.

– Je vous paierai, promet-il en souriant.

– Inutile ! répond l’enfant venu lui ouvrir. Nous accueillons toujours l’étranger sans rien demander. Entrez !

Peu après, le silence retombe sur le village. Mais tandis que les trois inconnus dorment paisiblement, les habitants se tournent et se retournent dans leur lit. Qui sont ces hommes ? D’où viennent-ils ? Où vont-ils ?

Lorsque les villageois trouvent enfin le sommeil, il fait presque jour. Si bien qu’à leur réveil, les trois inconnus ont déjà disparu. Seul un enfant les a vus repartir ensemble, dans la même direction.

– Ils m’ont donné cela dit-il en tendant trois petits paquets.

Le premier sachet contient une pépite d’or. Le deuxième est rempli d’une poudre grise qui sent divinement bon : de l’encens. Et le troisième renferme un flacon d’huile odorante : la myrrhe.

– T’ont-ils dit quelque chose ? interrogent les adultes avec curiosité.

– Je crois qu’ils suivaient une étoile qui doit les conduire jusqu’à un enfant dans une crèche. Mais ils m’ont juste dit : – Tu donneras ces présents aux villageois de la part de Gaspard, Melchior et Balthazar !

Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustrée par Évelyne Duverne
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008

Semer du bonheur

DonsPour faire suite à mon dernier article, j’ai écouté mon cœur de père et j’ai fait un don aux enfants de la DPJ, pour profiter de ma modeste contribution afin qu’ils vivent un Noël de joie et de bonheur, ne fusse-t-il que passager.

TVA et le Journal de Montréal, de concert avec le Centre jeunesse de Montréal et dans le cadre des reportages sur les enfants de la DPJ, ont mis sur pied une levée de fonds pour procurer à ces enfants, des cadeaux de Noël qu’ils ne peuvent pour le moment qu’espérer. Je vous mets au défi, chers lecteurs et lectrices, de faire de même, pour les même raisons ; semer du bonheur.

Vous composez le numéro 1-855-768-7389 pour faire votre don et les cartes de crédits sont acceptées. Vous en sortirez le cœur léger et vous aurez une pensée très spéciale, au moment de déballer vos cadeaux, pour ces enfants qui ne l’ont pas eu facile et qui ne rêvent qu’a un avenir meilleur.

Pour ceux et celles qui le feront, je vous remercie sincèrement de votre générosité.

Salmigondis

SalmigondisPour changer la routine de décembre, quoi de mieux que de commenter l’actualité. À travers les contes de Noël, dont vous manifestez votre appréciation, la vie continue et les manchettes, bonnes ou mauvaises, valent la peine d’être commentées.

L’affaire Villanueva
Le coroner qui vient de déposer son rapport dans cette affaire, tranche la poire en deux. Ça me fait bien rire quand un sage met des mois à analyser les détails d’un événement qui n’aura duré que quelques secondes. Dès qu’on parle des ethnies, on marche sur des œufs. Pourquoi ? Est-ce que le code criminel fait des exceptions pour les immigrants ? Non ! Absolument pas ! Tous les citoyens sont égaux devant la loi, alors pourquoi porter des gants blancs et modifier nos procédures d’intervention ?

Dans cette triste cause, c’est le facteur humain qui a décidé de tout. Nous ne sommes pas dans un épisode de Robocop, où une machine applique sans discernement ses lignes de programmation. Ce sont des humains qui ont eu à intervenir. Des policiers comme vous et moi qui, même avec une solide formation, se sont sentis menacés. En trente secondes seulement, ils ont eu à analyser la scène et prendre action avec le résultat que l’on connaît. On aurait fait quoi à leur place ? Peut-être beaucoup pire !

Mais à la base, si les belligérants auraient obtempérés aux ordres des policiers, on n’en serait pas là ! Tout le problème est là ! Vous devriez voir les premiers instants d’une intervention musclée de la police américaine. Ça ne niaise pas ! La discussion débute une fois les suspects parfaitement maitrisés et croyez-moi, ils y mettent le paquet pour rétablir l’ordre, peu importe la couleur de la peau ou de l’ethnie. La police est si peu respectée au Québec que des situations comme celle des Villanueva arrivent malheureusement, lorsqu’on remet toujours en question le maintien de l’ordre.

Noël à la DPJ
Depuis le début de la semaine, le Journal de Montréal, publie des témoignages d’enfants et d’adolescents perturbés par des parents inconscients, immatures et violents, qui ont eu l’indécence de les enfanter. Quand c’est le cul qui même le monde, ça met des enfants dans la misère, à qui l’avenir est loin d’être rose et qui n’ont jamais demandé qu’il en soit ainsi. C’est pathétique de constater toute la douleur que ces enfants ont subi. En plus, dans cette période de Noël, ça demeure dramatique. Leur enfance jusqu’à l’adolescence sont teintés de violence, d’abus sexuels, d’abandon quand ce ne sont pas des rejets purs et simples.

Ils ont grandement besoin d’amour, de compréhension, de tendresse et d’estime de soi. Pourquoi on ne fait pas plus ? Pourquoi on adopte des étrangers au lieu de s’occuper de notre monde ? Si on les prenait en bas âge, le résultat pourrait être le même que ceux et celles qu’on importe de l’étranger à coup de milliers de dollars. On laisse quoi à cette génération de demain ? Des candidats au suicide, des sujets aux drogues et des adultes perturbés qu’on jettera aux pâtures dès la majorité venue. C’est triste à mourir ! Heureusement que la DPJ est là jusqu’à l’âge adulte, c’est après qu’ils courent la malchance de frapper un mur.

Postes Canada
Enfin, une administration publique a décidé de prendre le virage minceur. Postes Canada doit se mettre au diapason de la réalité d’aujourd’hui et couper son service de livraison du courrier à domicile dans les agglomérations urbaines. Sur une période de cinq ans, ce virage permettra de s’accomplir sans perte d’emploi alors que les mises à la retraite en seront les conséquences. C’était inévitable depuis bien longtemps, soit depuis que chacun d’entre nous a décidé qu’Internet et le courrier électronique allait s’acquitter des mêmes tâches sans qu’on ait à quitter le confort de son foyer, pyjamas et pantoufles incluses. Tôt ou tard, des entreprises de cette taille, devenues des monstres hors de contrôle, sont appelées à subir une cure d’amaigrissement de leurs effectifs pour survivre.

Ça me fait penser au Ministère de la santé au Québec. Un autre monstre tellement gros que le patient ne figure même pas dans son organigramme, tant il est bas et loin. À quand un gros coup de barre pour faire maigrir cette grosse tour de Babel et sortir des bureaux et de l’administration, des médecins et les mettre au service des patients, ce pourquoi ils ont été formés à grands frais. Qui aura le courage politique de donner le coup de barre pour faire bouger les choses. Un médecin c’est sensé soigner des malades, pas de faire de l’administration. Un autre immense bordel où il y a plus de chefs que d’indiens avec un budget sans limite et hors de contrôle.

Le tigre à TVA
Une bombe dans le monde des chaînes sportives : Michel Bergeron, le Tigre, quitte RDS pour joindre les rangs du réseau TVA Sports qui deviendra le diffuseur officiel des matchs de la LNH et du Canadien, la saison prochaine. C’était à prévoir parce que Michel fait un peu beaucoup partie du décor québécois. Il fait partie des grands qui parlent avec leurs tripes. Est-ce que RDS s’en remettra ? L’avenir nous le dira mais mon petit doigt me dit que la purge à ce réseau est loin d’être terminée. TVA Sports est maintenant devenu un gros joueur sur l’échiquier des diffuseurs de sports et je ne sais vraiment pas comment RDS pourrait survivre à ce raz de marée.

Moi, l’Antichambre est une émission que j’adore et justement parce que Michel Bergeron y agissait à titre de capitaine. Dans l’esprit de beaucoup de québécois, Michel fait partie des légendes dans son domaine, au même titre que les Guy Lafleur, jean Béliveau, Maurice Richard et autres grands du hockey. Bouillant, fougueux et fort d’une solide expérience du hockey, sa crédibilité n’en souffrira pas et je le suivrai définitivement à l’antenne où il se trouvera. C’est une triste histoire pour RDS, mais ce sont les lois implacables du marché de la télé sportive francophone, avec notre bassin modeste dans une mer anglophone. Bonne chance à Michel Bergeron.

La bûche de Noël arc-en-ciel

La bûche de Noel arc-en-ciel001Émilie a attendu que tout le monde s’endorme pour se glisser dans la cuisine. Elle meurt d’envie de goûter à la bûche de Noël qu’elle a préparée avec sa maman. Les yeux gourmands, elle ouvre le frigidaire et s’empare de la pâtisserie. Mais le plat lui échappe des mains et, patratras !, s’écrase sur le sol.

– Oh non ! Je vais me faire gronder et en plus, il n’y aura pas de dessert pour Noël ! se lamente Émilie.

C’est alors que dans un tourbillon arc-en-ciel surgissent trois lutins.

– SOS-Dessert à t’on service ! claironne Le Joufflu.

– On t’emmène au marché des lutins ! annonce Le Dodu.

– Il y a tout ce qu’il faut pour préparer une nouvelle bûche ! ajoute Le Goulu.

Et sans plus attendre, ils entraînent Émilie dans leur tourbillon multicolore. Quand elle rouvre les yeux, elle ne sait plus où regarder. Des dizaines de lutins s’activent derrière leurs étals colorés. Ils vendent des choses qu’elle n’a jamais vues : de la gelée verte, de la farine orange, des œufs carrés et une poudre rose qui sent si bon qu’elle plongerait bien le nez dedans.

– De la Galigounize, indique Le Joufflu en se frottant le ventre.

– J’en prends deux cents grammes ! dit Émilie, enthousiaste.

Un peu plus loin, un coulis jaune mijote dans une grosse marmite.

– De la Patalanisse, dit Le Dodu en se léchant les babines.

– Donnez-m’en vingt centilitres ! s’écrie Émilie.

Le Goulu arrive alors les bras chargés de gourmandises.

– Voilà des Zoglabouldis, des Blourboules et des Croqlabuzes !

– Et ces graines bleues, on en prend un peu ? demande Émilie.

Les trois lutins se regardent.

– Ça a un goût de céleri.

– Beurk ! grimace Émilie.

Et ils éclatent de rire.

– Il est temps de rentrer préparer le dessert !

Le tourbillon arc-en-ciel les ramène dans la cuisine d’Émilie. Ils s’affairent toute la nuit, font fondre les Croqlabuzes, épluchent les Blourboules et mélangent la Galigounize avec la Patalanisse…

Le lendemain, à l’heure du dessert, Émilie apporte une magnifique bûche rose, saupoudrée de sucre arc-en-ciel. Tout le monde est impressionné.

La bûche de Noel arc-en-ciel002– Mais ce n’est pas ma bûche ! s’étonne la maman d’Émilie. Elle goûte… et la trouve bien meilleure que la sienne !

– Il faudra que tu nous donnes la recette.

– Si je vous la disais, vous ne me croiriez pas ! assure Émilie.

Elle jette un coup d’œil sous la table et aperçoit les lutins s’éclipser dans un tourbillon arc-en-ciel.

Histoire de Fabienne Onfroy
Illustrée par Marie Quentrec
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008

Compliquer ce qui est simple : la réalité d’aujourd’hui

Arche de NoéEn 2012 après Jésus-Christ, Dieu visite Noé et lui dit :

– Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que quelques bons humains. Dans six mois, j’envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout !!!

Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu’une ébauche de construction navale.

– Mais, Noé, tu n’as pratiquement rien fait ! Demain il commence à pleuvoir !

– Pardonne-moi, Tout Puissant, j’ai fait tout mon possible mais les temps ont changé. J’ai essayé de bâtir l’arche mais il faut un permis de construire et l’inspecteur me fait des ennuis au sujet du système d’alarme anti-incendie. Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l’échafaudage, dans ma cour, viole le règlement de copropriété et obstrue leur vue. J’ai dû recourir à un conciliateur pour arriver à un accord.

– L’Urbanisme m’a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l’arche jusqu’à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu’à nous. Ils ont refusé de me croire. La coupe du bois de construction navale s’est heurtée aux multiples associations pour la protection de l’environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par la faune n’avait pas de valeur aux yeux du Ministère de l’environnement, et que cela détruisait l’habitat de plusieurs espèces animales. J’ai pourtant expliqué qu’il s’agissait, au contraire de préserver ces espèces. Rien n’y a fait.

– J’avais à peine commencé à rassembler les couples d’animaux que la SPCA m’est tombée sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux parce que je les soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que je les enfermais dans des pièces trop exiguës. Ensuite, l’agence gouvernementale pour le Développement durable a exigé une étude d’impact sur l’environnement de ce fameux déluge.

– Dans le même temps, je me débattais avec le Ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles. Je les avais embauchés car les syndicats m’avaient interdit d’employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

– Enfin le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m’assigner devant les tribunaux pour Tentative de traverser la frontière en possession d’espèces protégées ou reconnues comme dangereuses. Aussi, pardonne-moi, Tout Puissant, mais j’ai manqué de persévérance et j’ai abandonné ce projet.

Aussitôt les nuages se sont dissipés, un arc-en-ciel est apparu et le soleil a lui.

– Mais tu renonces à détruire le monde ? demanda Noé.

– Inutile, répondit Dieu, le gouvernement s’en charge…! Amen !

Silence dans l’étable !

Silence dans l'étableUne légende raconte que, chaque année pendant la messe de minuit, les animaux se mettent à parler. Passant près d’une étable le soir de Noël, deux frères voulurent en avoir le cœur net.

– Un bœuf n’est bon qu’à tirer la charrue, sûrement pas à avoir la langue bien pendue ! plaisanta Gildas, l’aîné des deux garçons.

– Tu peux toujours te moquer, répondit Basile. Moi, je te parie dix corvées de bois que ce soir, un bœuf parlera !

– Eh bien, cachons-nous dans l’étable jusqu’à minuit, et nous verrons !

Les deux garçons se glissèrent sans bruit à côté des bœufs et attendirent… Ils ne savaient pas que, par la porte entrebâillée de l’étable, les bœufs avaient entendu leur pari. Les douze coups de minuit sonnèrent bientôt. Dans le silence qui suivit, les frères entendirent des gargouillis.

– Basile, fais taire ton ventre, tu vas effrayer les bœufs, se moqua Gildas.

– Mais ce n’est pas moi ! protesta Basile.

Le silence retomba, suivi quelques instants plus tard de nouveaux gargouillis.

– Tu fais bien plus de bruit que tous ces bœufs réunis, railla Gildas.

– Je te dis que ce n’est pas moi ! insista Basile.

Cette fois, les gargouillis résonnèrent si fort que les murs tremblèrent. Plus de doute : le bruit venait de l’estomac d’un énorme bœuf, tout près de là.

– J’ai faim. Que mangerons-nous demain ? demanda l’animal malicieux.

– Je goûterais bien un peu de Gildas, répondit son voisin.

– Coupé en rondelles avec des carottes ! ajouta un autre.

– Le tout grillé à feu vif ! clama le dernier.

Gildas eut si peur qu’il sortit de l’étable comme s’il avait le feu aux fesses ! Les bœufs rirent jusqu’au matin, contents de ce petit tour qu’ils ne peuvent jouer qu’une fois par an ! Quant à Basile, il abandonna ses corvées de bois à son frère, et se chargea de répandre longtemps encore la légende.

Histoire de Fabienne Onfroy
Illustrée par Bruno Robert
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008

Lâche pas, Jacques !

Jacques TherrienL’hiver dernier, j’ai eu la chance d’avoir Jacques Therrien comme partenaire de golf et je me souviens qu’au moment de prendre notre voiturette pour se rendre au tertre de départ, il me répétait souvent combien il aimait la vie qu’il menait, ici à Fort Myers, tout en appréciant le golf, les activités sociales, et tous les moments agréables que les snowbirds peuvent connaître, dans cet endroit ensoleillé, loin de la neige et du froid québécois.

Au fil des années et plus particulièrement l’hiver dernier, j’ai pu apprécier le chic type qu’il est, le bon vivant et un excellent compagnon de jeu. Il venait également, avec sa conjointe Diane, d’acquérir la première maison qu’on croise, à l’entrée du parc, et qu’ils avaient rénovée, comme tous nouveaux propriétaires, en y mettant du cœur et de l’huile de bras.

Malheureusement, la maladie le retient présentement au Québec et il ne sera pas ici pour continuer nos parties de golf. Il doit penser à lui et tout faire pour retrouver la santé. Toujours souriant, affable et optimiste, ce septilien a la force pour se sortir de cet impasse. C’est toute la chance que je lui souhaite.

Faut pas lâcher, Jacques. Ici toutes les ondes positives de la communauté des snowbirds sont dirigées vers toi et les messages d’encouragement se multiplient. Nous anticipons ton retour et n’oublie jamais que le monde médical regorge de guérisons inexpliquées. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et c’est à quoi il vous faut s’accrocher, Diane et toi. Conservez cet espoir afin de présenter le sourire contagieux qui agrémente cet article. Que la meilleure des chances vous accompagne et, en attendant, ta place dans la voiturette de golf est toujours disponible. Allez mon gagnant… À toi de jouer !

Santa-toctoctoc !

Santa-toctoctoc002Il était une fois un bonhomme de neige qui adorait son chapeau, son écharpe et son fidèle balai. Mais comme tout le monde à Noël, il voulait revêtir des habits de fête ! Du haut de sa colline, il enviait le sapin qui trônait sur la place du village. Des cheveux d’ange dévalaient ses branches et des boules scintillantes valsaient mystérieusement autour de lui.

– Je voudrais tant briller ainsi ! murmura le bonhomme de neige en rêvant tour haut.

Porté par la brise, un brin de houx se posa alors sur son nez.

– Tu veux briller ? Suis-moi, je peux t’aider !

Le bonhomme de neige suivit aussitôt son guide qui virevoltait au-dessus de lui. Après avoir traversé la forêt et franchi un ruisseau, ils arrivèrent devant un gigantesque igloo.

– Santa-toctoctoc ! dit le brin de houx.

Au son de la formule magique, la porte s’ouvrit.

– Nom d’une petite carotte ! s’extasia le bonhomme de neige.

L’igloo regorgeait de trésors. Il y avait là de quoi parer tous les amis du père Noël : des boules volantes pour les sapins, des chapeaux pour les rennes, des vestes fluorescentes pour les lutins, des ailes de rechange pour les anges… Et au milieu de toutes ces merveilles, un petit homme bleu à l’allure de magicien faisait claquer ses doigts.

– Le Maître des décorations… souffla le brin de houx.

Le bonhomme de neige s’approcha timidement et lui raconta son vœu : briller comme un sapin de Noël !

– Santa-cadabra ! prononça alors le petit homme bleu. Et des fleurs à paillettes poussèrent sur un chapeau.

– Santa-lakabim ! clama-t-il à nouveau. Et une écharpe bariolée se mit à scintiller comme si elle venait d’avaler des étoiles.

– Santa-bougazam ! Et d’un balai jaillit un feu d’artifice !

Tout excité, le bonhomme de neige courut se percher sur la colline avec ses nouveaux accessoires et prononça les formules magiques. Aussitôt les promeneurs s’arrêtèrent, fascinés par ce bonhomme de neige qui brillait comme un astre. Il avait si fière allure que les villageois l’installèrent à côté du sapin. Son vœu se réalisait enfin !

– Magnifique costume ! complimenta le sapin avec un clin d’œil.

– Et le tiens donc ! félicita le bonhomme de neige.

– Comme vous êtes beaux… dit alors une petite voix derrière eux.

Santa-toctoctoc001C’était le lampadaire. Gris et blafard, il avait grand besoin de retrouver des couleurs.

– Tu veux briller ? demandèrent en cœur le sapin et le bonhomme de neige. Suis-nous, on peut t’aider !

Cette année-là, à Noël, le village brilla bien plus que le ciel !

Histoire de Fabienne Onfroy
Illustrée par Claire Legrand
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008

Les commotions cérébrales, le cancer incurable du hockey

Guillaume LatendresseÀ la fois émouvante et troublante, la confession qu’a livré le hockeyeur professionnel Guillaume Latendresse, victime de sévères commotions cérébrales dans sa courte carrière, lors de l’émission l’Antichambre diffusée ce dernier mercredi à RDS. À l’aube d’une possible retraite forcée, à seulement 26 ans, il a levé le voile sur l’enfer de ce fléau qui est une véritable hécatombe à travers la Ligue Nationale de Hockey. Devant des panelistes sans voix, il a décrit ses symptômes tels qu’il les subit depuis 18 mois; maux de têtes, irritabilité, insomnie, troubles de la vue, toutes corroborés par Sylvain Guimond, spécialiste en la matière.

Une telle déclaration ramène les pendules à l’heure sur les mémérages véhiculés quant à sa carrière et ses changements d’équipes. C’est triste de voir un talent reconnu, mettre fin abruptement à une carrière prometteuse, à cause d’un manque flagrant de respect entre joueurs et dirigeants de cette ligue. Des gestes de violence qui serait condamnables devant une cour de justice criminelle, s’ils étaient portés à l’extérieur d’une patinoire. Dans cette ligue, on ne punit pas le geste de manière significative, voire répressive.

Jadis, les super vedettes de ce sport rapide, pouvaient espérer faire carrière jusqu’à 40 ans et même plus. Aujourd’hui cette limite est reculée à 30 ans pour beaucoup d’entre eux. Ça tombe comme des mouches avec de solides coups portés à la tête dans un dessein de blesser l’adversaire, de le neutraliser sans retenue, souvent dans un scénario de vulnérabilité. La sentence du comité de discipline équivaut à un coup de baguette sur les doigts. Rien de dissuasif ! Pendant ce temps, Gary Bettman se promène, la gueule fendue jusqu’aux oreilles, en répétant que son sport se porte bien. Il est malade ce sport, rongé par un cancer incurable et qui, tôt ou tard, nous livrera une mort en direct à la télé, provoqué par un coup salaud fatal.

La LNH joue à l’autruche et un jour viendra où elle devra rendre des comptes. Si les bagarres entre hommes forts consentants peuvent, à la limite et dans un contexte particulier, pimenter un match électrisant au moment où les esprits s’échauffent, des coups portés directement à la tête dans toutes autres circonstances sont définitivement à bannir. Avec la technologie des vidéos d’aujourd’hui, il est facile et sans équivoque de voir le geste et de porter une sanction sur le champ.

Selon moi, si on veut enrayer ce fléau, il faut imposer un remède de cheval : 40 matchs de suspension pour une première infraction, une saison de suspension pour une récidive et une expulsion à vie pour une troisième infraction. C’est drastique mais c’est le seul moyen de combattre ce parasite, de redonner au hockey ses lettres de noblesse et d’enrayer cette gangrène qui handicape une jeunesse prometteuse. N’a-t-on pas banni à vie Pete Rose du baseball majeur pour une affaire de pari ? C’est un monde de différence et surtout, de conséquences.

La grande parade des jouets

La grande parade des jouetsAujourd’hui, au pays du père Noël, c’est la fête des lutins ! Comme tous les ans avant Noël, ils se préparent depuis des semaines à cette assemblée. Chaque atelier va y présenter les derniers jouets qu’il a créés. Tous les lutins ont travaillé avec joie et entrain pour ce grand jour, et chacun rêve à la belle récompense : les félicitations du père Noël et une grande boîte de chocolats pour l’atelier le plus original !

– Alors Barnabé, interroge Anatole en montant le grand escalier de la salle des spectacles. Quelle trouvaille vas-tu nous présenter aujourd’hui ? Un train parlant, extravagant ?

– Tss tss tss, tu verras bien ! Et toi Anatole, que mijotes-tu ? Ton atelier des avions et objets volants a encore dû faire des merveilles !

Dans un joyeux brouhaha, les lutins s’installent sur les bancs de la salle, décorée de rouge et d’or comme un théâtre. Et le moment tant attendu arrive enfin : Balthazar, le lutin en chef, se lève et frappe trois coups sur son pupitre.

– Mes amis, c’est avec joie que je déclare notre grande assemblée ouverte ! Père Noël, nous vous présentons nos nouveautés !

En une parade enchantée défilent alors les jouets les plus incroyables, les plus charmants et les plus touchants que l’on puisse imaginer. Toute l’assemblée pousse des oh et des ah d’étonnement devant le train cascadeur de Barnabé, l’oiseau-aquarium d’Anatole, les patins mécaniques d’Isidore, les bulles de savon qui n’éclatent jamais d’Albert…

– Et maintenant, pour finir, j’appelle Léonard, chef de l’atelier des poupées ! s’exclame Balthazar.

Devant les lutins fascinés, Léonard fait alors danser une poupée ravissante au son d’une petite flûte.

– Je vous présente Dorothée, la seule poupée qui s’anime et danse au son de cette flûte magique !

Les lutins applaudissent des deux mains, ravis, charmés, éberlués.

– Bravo, hourra ! entend-on de-ci de-là.

– Tout cela est merveilleux, extraordinaire ! s’enthousiasme Balthazar. Père Noël, l’heure est maintenant venue de nous révéler le jouet que vous choisissez entre tous !

– Mes chers lutins, cette année vous vous êtes surpassés ! Toute la magie de Noël est là et je veux vous féliciter ! Je vous déclare tous grands gagnants : chacun de vous recevra un beau calendrier de l’Avent… et des chocolats pour les gourmands !

Histoire d’Anne Lanoë
Illustrée par Evelyne Duverne
24 histoires merveilleuses pour attendre Noël – Éditions Fleurus – 2008

Le français…? Une langue animale !

Myope comme une taupe, rusé comme un renard, ou serrés comme des sardines, les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout. La preuve:

Langue francaise2Que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là, pas un chat! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.

Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère! C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive. Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi! Et vous, vous êtes fait comme un rat.

Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.

Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, c’aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.