Ça n’arrive qu’aux autres

Cette maxime semble de plus en plus à la mode par les temps qui courent. Partout, la canicule s’installe et on semble faire fi des plus élémentaires conseils de santé, pour faire face à cette soudaine chaleur accablante qui passera quelques jours avec nous. On en est à se demander si les gens écoutent l’information diffusée partout. Les cyclistes sont très présents sur les réseaux cyclables et ne se gênent pas pour se défoncer avec des sprints dignes des plus grands tours. Les courts de tennis aussi sont achalandés. Encore là, on y va à fond de train.

Le principal conseil, de ralentir ses activités physiques, s’il est observé par certains, dont les malades chroniques et les personnes âgées, les 25-45 ans semblent invincibles. Il y a des extrémistes dans tout et ces derniers se disent sûrement « ça n’arrive qu’aux autres ». Pourquoi ne pas ralentir quelque peu durant ces journées sommes toutes assez éparses durant nos étés et éviter les sournois coups de chaleur. Ce n’est pas cette petite pause temporaire qui va chambouler leur soi-disant entraînement.

Il y a quelques années, j’ai été témoin de deux adultes aux prises avec ces coups de chaleur et laissez-moi vous dire que c’est paniquant. Les services d’interventions d’urgence ne sont pas toujours à proximité et bien souvent, les cyclistes se promenant en solo, s’exposent et prennent un risque inutile de ne pas obtenir du secours rapidement. Bref, c’est le gros bon sens qui doit primer. S’hydrater, avec de l’eau s’il vous plaît, est le meilleur conseil à observer. Si en plus, on dispose d’un endroit climatisé pour vaquer à ses occupations, ou de se prélasser à la plage ou dans une piscine, c’est le bonheur total. Ne jouez pas les héros ou les faux athlètes parce que même ceux-ci, conditionnés et entraînés à l’effort soutenu, en sont victimes. Malheureusement, force est de constater que ça n’arrive pas qu’aux autres.

 

Une centenaire nous a quittés

Madame Florida Desponts nous a quittés, le 12 juillet dernier, à l’âge très vénérable de 102 ans. Elle est la belle-mère de Francine, la sœur de ma conjointe Louise et nous avons assisté à ses funérailles en matinée aujourd’hui. Nous connaissions très peu cette femme de cœur mais toutes les fois où nous l’avons rencontré, elle dégageait la joie de vivre et même à plus de 90 ans, elle adorait encore danser allègrement les danses de ligne, toujours populaires. Elle ne ratait jamais une occasion de se divertir.

Par les témoignages entendus, cette personne croyante, était très impliquée dans sa communauté chrétienne de Sainte-Catherine-Labouré, à Ville LaSalle. Femme généreuse et de conviction, elle se dévouait à servir les autres et plus particulièrement les plus démunis. Elle était mère de 6 enfants, maintes fois grand-mère, arrière grand-mère et même arrière-arrière grand-maman.

Elle a eu droit à des funérailles dignes de sa personne, grandioses et sobres, où les chants, témoignages et lectures se succédaient respectueusement. Cinq célébrants officiaient la célébration et sa fille, elle-même religieuse et qui l’a accompagné pour les six dernières années de sa vie, lui a rendu un vibrant hommage. Avec son aimable permission, je vous reproduis le texte qui suit, qu’elle a composé pour l’événement et que je trouve fidèle à ce que représentait cette centenaire devenue éternelle, pour aller rejoindre son Wilfrid, qui la précédait auprès du Seigneur, il y a déjà vingt ans. Parfois, des textes de ce genre aident à trouver du réconfort dans ces moments de tristesse. Ça laisse également un souvenir indélébile et heureux de la personne disparue.

Maman, une femme joviale
Maman appartenait à une famille qui aimait se rencontrer. Le souvenir des veillées de famille restait gravé dans son cœur. Sa joie de vivre, sa vivacité d’esprit, son entrain pour chanter et danser, ont fait d’elle une femme agréable, désireuse de propager la bonne humeur autour d’elle. Pour ce charisme de la joie, loué sois-tu Seigneur.

Maman, une femme de foi et de prière
Sa foi solide et rayonnante lui a permis d’être une femme forte devant l’épreuve, convaincue que le Seigneur cheminait avec elle. La messe quotidienne et la prière du chapelet ont été la source de son courage. Pour son témoignage de foi, loué sois-tu Seigneur.

Maman, une mère de famille dévouée
L’amour fidèle qui l’unissait à papa et à nous, ses enfants, s’élargissait pour rejoindre parents et amis et même, toute personne dans le besoin. Pour elle, il n’y avait jamais trop de monde autour de la table. Mine de rien, son accueil inconditionnel nous enseignait la compassion, le pardon et la fraternité. Pour son souci de construire une famille unie, loué sois-tu Seigneur.

Maman, une femme engagée
Active au sein de cette paroisse qui était « sa paroisse », maman s’est dévouée pendant quarante ans pour le vestiaire des pauvres. Non seulement elle les accueillait sur place, mais se déplaçait volontiers pour procurer des chaussures à un enfant dans le besoin. Pour elle, la vie paroissiale venait enrichir la vie familiale. Pour ces exemples concrets de charité, loué sois-tu Seigneur.

Maman, une femme abandonnée à la volonté divine
La grâce qui m’a été de vivre près d’elle pendant presque six ans, m’a permis de découvrir son abandon à la volonté divine. Même si elle avouait qu’il était pénible de vivre avec ses handicaps (cécité, surdité, perte de la mémoire), jamais elle n’a maugrée contre le Seigneur, mais lui demandant la force et le soutien pour vivre un jour à la fois. Pour sa soumission à la volonté de Dieu, loué sois-tu Seigneur.

Maman, une femme de reconnaissance
Tout au long de sa vieillesse, maman a témoigné beaucoup de reconnaissance pour les attentions et les soins reçus à notre infirmerie. Même une cuillérée de miel ou un verre d’eau apporté, recevait son merci en écho. En outre, elle accueillait avec joie chaque visiteur et lui manifestait sa gratitude en ajoutant :

– Merci de votre visite et revenez encore, ça me fait chaud au cœur.

Merci sœur Lucille pour ce merveilleux témoignage.

 

Nos « zamis » les canadiens

Avec des « zamis » comme ça, nul besoin d’avoir d’ennemis. Vous vous souvenez du dernier referendum de 1995 combien ils nous aimaient, agitant leurs drapeaux unifoliés comme de parfaits idiots ? Voilà qu’ils en rajoutent suite au jugement contre Air Canada, d’indemniser de 12 000$, un couple d’Ottawa qui n’a pu être servi en français sur un vol de cette compagnie unilingue. Comme le rapportent les journaux de ce matin, les blogues et réseaux sociaux de nos « zamis » anglos ont craché leur venin sur les québécois de langue française. S’ils avaient la possibilité de nous anéantir d’un seul trait, ce serait déjà fait. Ils n’ont pas à avoir peur de notre petite bourgade parce que, contrairement aux gaulois d’Astérix et d’Obélix, ça fait longtemps qu’on a baissé les bras et abdiqué. Je le dis et je le répète, l’assimilation avance comme prévue.

Quand nos grands penseurs ne cessent de nous dire que le français progresse au Québec, je me demande bien s’ils sont sur une autre planète ou mieux, s’ils sont toujours encabanés dans leurs tours d’ivoire. Personne ne fait rien et c’est un immobilisme contagieux, même chez la jeunesse grandissante qui se complait à converser et à évoluer en anglais. Remarquez que quand nos modèles sont U2, Lady Gaga, Metallica et autres du genre, on ne peut s’en surprendre.

Même chose au niveau des raisons sociales qui s’anglicisent à outrance. Elles se cachent derrière une franchise soi-disant américaine, pour profiter d’un passe-droit. Combien de ces compagnies pourraient aisément franciser leur raison sociale d’un nom tout aussi accrocheur, évocateur et français ? Ils devraient prendre exemple sur Staples, devenu Bureau en gros, ici. Mais, à quoi bon faire l’effort quand il n’y a aucune contrainte ou conséquence.

Hier, je me suis arrêté au Five Guys du Quartier Dix30 à Brossard pour commander des hamburgers. Dès mon arrivée, j’ai été reçu en anglais et servi en franglais. En attendant la commande, je me suis fermé les yeux pour écouter les gens parler… Je me serais cru aux États-Unis. Toutes les conversations, même parmi les employés se déroulaient dans un anglais impeccable. Un préposé au nettoyage m’a accroché le pied au passage en me disant « I’m sorry Sir ! ». En quittant, même constat sur les trottoirs. J’ai alors jeté un coup d’œil aux alentours pour voir si je n’apercevrais pas un drapeau ontarien.

C’est ça la réalité du Québec d’aujourd’hui. Un Québec ouvert sur le monde vous me dites ? Non ! Un Québec qui agonise et qui s’éteint lentement dans une mer anglophone. Un Québec qui abandonne sa culture. Pourtant, le Québec a toujours respecté ses citoyens anglophones sans contraintes et en leur permettant d’avoir leurs propres institutions unilingues, ce dont aucune autre province n’a reconnu à un tel niveau. Quand un québécois anglophone, ici depuis des générations, a peine à dire un seul mot de français, j’ai un problème avec ça, alors que tous les autres francophones hors-Québec ont l’obligation de s’exprimer en anglais, chez nos « zamis » canadiens.

Après toutes ces années, le constat de la sauvegarde de la langue française est pathétique. Vous n’avez qu’à faire le tour des réseaux sociaux pour constater combien l’orthographe de cette belle langue est bafoué. Je n’en reviens jamais que les gens soient si illettrés et quand on en fait la remarque, on nous envoie promener en disant que ce n’est pas grave et que les gens comprennent quand même. On nous traite de dinosaures. On ne s’en sort pas. C’est à se demander ce qu’ils ont appris sur les bancs d’école… Probablement d’une génération de professeurs toute aussi illettrée.

C’est un constat d’échec sur toute la ligne et aussi bizarre que cela puisse paraître, on dirait que seule une majorité de baby boomers sait encore écrire correctement. Devant une telle évidence, aucune chance que le français retrouve sa place. Même HarPEUR, dans ses opinions écrites de 2001, nous abaissait et trouvait inutile de parler français. C’est maintenant lui qui dirige majoritairement le Canada. Non ! Nous sommes définitivement un peuple de zombies.

 

Horreur au CHSLD

Quelle triste nouvelle d’apprendre et surtout de voir le traitement infligé à un bénéficiaire du CHSLD Champlain de Beloeil. Un aîné sans défense et affaibli par la maladie qui doit subir un tel traitement est un geste hautement condamnable d’une préposée aux bénéficiaires dont l’empathie et la compassion ne figuraient pas dans ses qualités. Je suis d’accord qu’un tel comportement ne soit pas généralisé mais l’excuse qu’on nous sert, est le manque de ressources. Encore l’argent ! Pourquoi toujours avoir ce dénominateur commun ? Des gens de cœur ça existe et beaucoup plus qu’on ne pense. On n’a qu’à penser aux nombreux mouvements de bénévoles.

Je suis d’avis que le choix des préposés devrait être plus judicieux et surtout, devrait être attribué à du personnel ayant déjà les compétences requises, en plus de recevoir une solide formation ponctuelle. C’est la responsabilité des gestionnaires d’établissements de santé et à ce niveau, tout le monde sait que des gestionnaires en santé, il y en a beaucoup trop. Alors l’excuse de l’argent ne tient pas. Ces aînés qui ont largement contribués à cette société d’aujourd’hui, commandent le plus grand des respects et on devrait plutôt les honorer et les traiter aux petits soins. Un jour, ce sera notre tour et il ne faut jamais l’oublier. S’ils avaient le choix, ils opteraient pour un autre endroit, plus serein, afin apaiser leur dernier segment de vie.

Malheureusement, même si c’est un cas isolé, ça se répète trop souvent. On en entend parler de plus en plus et la tactique de la conjointe d’y dissimuler une caméra cachée était des plus appropriées et devrait se reproduire. De tels gestes déplorables et dégradants doivent être dévoilés au grand jour. On s’offusque d’un traitement similaire envers un chien alors que là on traite des humains. Essayez de convaincre une personne âgée de finir sa vie dans un CHSLD avec ce genre de maltraitance. On a simplement vu un court vox-pop à la télé et les aînés interrogés étaient tous unanimes; Ça fait peur ! Quoi dire de plus… Simplement qu’ils n’ont pas besoin de ce stress supplémentaire.

Le service après-vente

Au moment de conclure une transaction importante, le service après-vente d’une entreprise ne se mesure pas, sans en avoir entendu parler au préalable ou l’avoir expérimenté soi-même. Les vendeurs en font rarement état pour ne pas dire jamais, ou vous disent simplement que vous n’avez pas à vous en faire avec votre nouvelle acquisition toute neuve. Retenez bien ceci; un vendeur c’est comme une putain, il est là pour le cash, point à la ligne. Dans l’euphorie du moment, on pense à autre chose et il y a tellement de paperasse à remplir, qu’on a plutôt hâte que ça finisse. C’est la première chose à laquelle on doit s’attarder lorsqu’on conclut une transaction. N’hésitez pas à poser des questions et exigez des réponses claires, sur le service après-vente parce vous ferez connaissance avec ce dernier qu’une fois après avoir déboursé des milliers de beaux dollars, vous aurez peut être le sentiment d’être laissé pour compte. Des amis ont eu une très douloureuse expérience avec un concessionnaire de véhicules récréatifs de la rive-sud de Montréal, dont je tairai le nom dans cet article seulement, pour ne pas nuire à mes amis. Une caravane à sellette de 33 pieds, flambant neuve et qui a montré ses défauts de fabrication et d’ajustements dès leur première sortie. Probablement qu’elle avait été construite un vendredi mais l’histoire ne le dit pas.

Prélart déchiré par une des rallonges escamotables. Loquets de retenue des portes coulissantes de la garde-robe brisés. La rallonge escamotable de la chambre refuse de fonctionner normalement et les moteurs sont fichus; tout ça au moment de l’étrenner. Visite chez le concessionnaire pour réparation où la caravane est laissée deux semaines. À la reprise du véhicule, les moulures internes de la rallonge du côté divertissement sont brisées dans le coin supérieur et rien d’autre n’a été réparé. Ni le prélart, ni le moteur qui sont en commande et l’attente peut durer quelques semaines. Impossible d’ouvrir la rallonge de la chambre, sous peine d’aggraver la situation et de devoir la rentrer manuellement, avec l’aide de trois bons hommes, comme le stipule le manuel d’instructions. Réponses futiles et stupides. Finalement, à leur dernière sortie, le ventilateur de la cuisinière à cessé de fonctionner. Ils ont réservé des vacances sur la côte est américaine pour les deux prochaines semaines et devront se résigner à y séjourner avec cette caravane handicapée. Une situation enrageante qui ferait bondir de rage n’importe qui, même les plus patients. Essayer de commander une pièce de mobilier par exemple, il faut donner les dimensions. C’est à croire que le fabricant n’a pas de liste numérotée de pièces. Aux dires des employés du service, c’est compliqué de commander et on vous les vend à des prix exorbitants.

Après avoir parlé avec les propriétaires du commerce, il n’y a rien à faire que d’attendre que les pièces reviennent. J’ai moi-même téléphoné au concessionnaire, étant client aussi, pour lui exprimer ma déception à donner un service après-vente médiocre, sans succès. Les excuses sont dirigées vers le constructeur ou les fabricants de pièces, bref, on envoie la responsabilité ailleurs. Le propriétaire m’a informé que c’était partout pareil, dans le domaine du VR, peu importe la marque. C’est trop facile et si c’est effectivement le cas, j’en doute fortement, ça dénote une industrie incompétente qui ne respecte pas sa clientèle. L’excuse que ces véhicules viennent de nos voisins du sud ne tient pas la route non plus. Pour mes amis, un service après-vente de qualité et soucieux de sa clientèle aurait signifié à tout le moins, de remplacer le moteur défectueux de l’unité en le remplaçant par un autre pris sur une caravane en inventaire, pour qu’il puisse profiter pleinement de sa caravane. Trop simple… et ça annule la garantie ! Génial comme conclusion.

Nous sommes au Québec et la saison de camping s’étend de juin à septembre. Attendre après une pièce pendant des lunes peut scraper votre été et surtout vos vacances mais ça, ce concessionnaire s’en fout éperdument par ses agissements et son inertie. Quand vous payez un véhicule récréatif neuf, plus de 40 000$, vous êtes en droit d’obtenir un produit de qualité, sans défectuosités majeures et surtout sans aucun souci, comme les vendeurs se plaisent à nous le répéter.

Quant à moi, ce concessionnaire a perdu totalement ma confiance. Quand on ne fait pas l’impossible pour satisfaire sa clientèle, on ne mérite pas sa loyauté… et je reste seul maître de mon portefeuille. J’ose croire, contrairement à ces propriétaires, qu’il existe encore au Québec, des marchands de véhicules récréatifs soucieux d’offrir un service après-vente au-delà des attentes de ses clients. J’espère également qu’il est faux de prétendre que c’est partout pareil.

 

Confiture de fraises

Comme c’est en pleine saison des délicieuses fraises du Québec, voici une recette de confiture tirée d’un hebdomadaire local. Si l’idée vous tente d’économiser sur les produits déjà disponibles au super marché, n’hésitez pas à l’essayer. Au moins vous pourrez dire Goute à mes bonnes confitures maison.

Ingrédients :

800 g de fraises;
800 g de sucre;
Le jus de deux citrons.

Préparation :

Mélanger les fraises et le sucre dans un bol, puis couvrir avec une pellicule transparente et laisser macérer toute la nuit;
Le lendemain, verser le tout dans une casserole. Ajouter le jus de citron. Amener doucement à ébullition et faites cuire 10 à 15 minutes, jusqu’à ce que la confiture atteigne 105°C;
Verser la confiture dans des pots chauds et stérilisés. Ajouter les couvercles et fermez immédiatement les pots.

Note :

Les pots se conservent un an maximum, dans un endroit propre et sec.

Résumé :

Préparation : 15 minutes
Macération : 23 heures
Cuisson : 45 minutes
Donne : 1,5 kg de confiture

Encore une facture en anglais

Il me pousse des boutons chaque fois que ça m’arrive et tout ce qu’on trouve à me dire c’est c’est comme ça ! Et moi je décode ferme ta gueule, ça ne changera rien ! Je veux parler de ma dernière visite chez mon concessionnaire automobile Gravel, pour ne pas le nommer, de l’Île des Sœurs hier matin. Ce doit être probablement la même chose chez les autres également mais personne ne fait rien et on continue de nous servir des factures avec des commentaires pertinents, unilingues anglophones. Je n’accepte pas ça, point à la ligne.

Il me semble qu’au Québec, il existe un règlement à l’effet que les logiciels doivent aussi exister en version française. Une fois l’entretien effectué, on me présente une facture détaillée du travail, bilingue, où les données codées sont uniquement imprimées en anglais, ainsi que les dates et le mode de paiement. Le travail du mécanicien est totalement expliqué et élaboré en anglais. Ce n’est pas parce que c’est codé qu’il ne peut pas y avoir une version française. On fait quoi du client francophone qui ne connaît rien de la langue anglaise ? L’excuse est trop facile et pour le respect, on repassera.

Voyez-vous, c’est exactement ça qui se passe au Québec. On nous endort à petites doses, comme sur ma facture, sachant fort bien qu’on accepte tout. Et on doit gober ça sans dire un mot, sans se plaindre. Et bien c’est loin d’être mon cas. Je me plains et il en sera ainsi jusqu’à mon dernier souffle. À l’étranger je m’en accommode mais chez-nous, c’est impardonnable. Ça vient me chercher comme c’est pas possible. MOI je dois faire l’effort de traduire alors que l’anglophone qui demeure ici depuis huit générations, sans connaître un traître mot de français, obtient tout rôti dans le bec. Inacceptable ! Je paie le même montant pour le même service et je n’ai pas le droit de le recevoir dans MA langue.

Même si nous sommes une petite communauté dans une Amérique anglophone, nous ne sommes pas le seul endroit au monde où le français est la langue de la majorité. Que fait GM lorsqu’il fait l’entretien de ses voitures en France ? Il remet aux français une facture détaillée en anglais ? Je ne le sais pas mais j’en doute. Que faire alors ? Seulement exiger et dénoncer mais ça ne donne rien parce que personne ne porte le flambeau du respect, ni les gouvernements, encore moins l’Office de la langue française, ni personne. On doit s’en retourner avec notre petit bonheur jusqu’au moment où les dinosaures de mon espèce auront disparu de la terre. C’est ça l’assimilation… Endormir à petites doses.

 

Le verdict est tombé

Le procès le plus médiatisé, celui du cardiologue Guy Turcotte, a connu son dénouement aujourd’hui en fin de matinée. Un dénouement choc qui a alimenté et alimente encore toutes les tribunes, les lignes ouvertes et les réseaux sociaux. Comment froidement analyser ce jugement hautement émotif et essayer de voir comment onze citoyens ordinaires ont pu en arriver à une telle conclusion. Curieusement, après les premiers jours du procès, j’avais affirmé à des proches, la possibilité d’un verdict de non criminellement responsable pour troubles mentaux. Probablement l’expérience passée lors de mes années de travail à la liaison judiciaire.

Quoi qu’il en soit, je ne suis donc pas surpris du résultat et même si l’accusé avait eu une sentence d’emprisonnement à vie, cela n’aurait rien changé, parce que deux vies volontairement fauchées, ça ne s’évalue pas en terme de sentence. J’ai toujours soutenu que ça prenait un cerveau excessivement malade, ne fut-ce que temporairement, pour poser un tel geste sur le fruit de son sang et de sa chair. Il est plausible de penser que les circonstances entourant l’événement ont pu mener à un tel geste. Le couple vivait une dure séparation et, comme dans toute union, il y a toujours un des deux partenaires qui accepte plus durement l’échec de la relation. Évidemment, les conséquences ne sont pas toujours aussi dramatique mais ça provoque toujours une profonde blessure qui, jumelée à un état mental déjà perturbé, peut provoquer une telle déchéance.

On aura beau retourner la question sous tous ses angles, seul Guy Turcotte peut revivre sa démence. Il devra vivre avec le film des événements pour tout le temps qu’il lui reste sur cette terre et cette sentence demeure implacable. Quant à la mère, je ne sais pas où elle a trouvé la force de s’adresser aux journalistes sur ses états d’âme, mais même si elle a démontré beaucoup de force et décidé de tourner la page, elle aura besoin de beaucoup d’aide et de soutien pour finalement passer au travers, si c’est possible de le faire. Son aplomb devant les caméras m’a impressionné et je lui souhaite beaucoup de sérénité pour l’avenir.

On ne pourra blâmer la justice puisque ce sont des citoyens ordinaires qui, après avoir suivi tout le procès durant trois mois et écoutés de nombreux témoignages, étaient les seuls à pouvoir en arriver avec un verdict unanime. Ils avaient ce devoir et cette responsabilité et on ne peut douter de leur implication et de leur impartialité dans ce procès.

Cette triste affaire aura été le dénouement tragique d’une relation impossible entre deux êtres intelligents, comme on en voit beaucoup autour de nous, sans les mêmes conséquences cependant. Selon ce que les journaux ont rapporté de l’affaire, c’était une relation houleuse sur dix ans et ce sont les enfants qui en ont payé le prix. Pourquoi alors avoir des enfants dans une relation instable ? Plusieurs couples s’imaginent que les enfants relanceront leur relation familiale et ce n’est souvent pas le cas. Heureusement, la séparation atteint rarement un tel paroxysme. Aucun savant n’a encore percé et résolu toute la complexité d’un cerveau humain. Ça obéit et réagit à toutes sortes de situations. Nous en avons eu une implacable preuve aujourd’hui. Sans provoquer l’irréparable, qui n’a pas à un moment donné, perdu le contrôle l’espace d’un court instant, dans un moment de colère ou de dépression ? Poser la question c’est y répondre.

Ici Bell, directement de… Tunisie !

Encore des problèmes avec mon installation Bell Télé sur la caravane. Quand ce n’est pas la perte de signal, c’est le décodeur qui fait des siennes. Je dois dire que je suis très déçu du soutien technique de Bell. Pour une compagnie de cette envergure, elle aurait intérêt à améliorer ce service et bien d’autres. Lors de mon dernier appel de service, pas plus tard qu’hier, je discutais avec le technicien et il me semblait qu’il ne me comprenait pas très bien ma requête. Même qu’à chacune des fois où j’ai téléphoné, c’était toujours une voix étrangère qui me répondait.

Après m’avoir posé mille questions et m’avoir fait faire quelques manipulations sur le décodeur, il m’a informé qu’il devait envoyer un technicien sur place pour réparer l’installation. Voyant qu’il avait beaucoup de difficulté à saisir mon adresse et même la ville où j’habite, quelque chose me disait que je ne parlais pas avec quelqu’un du Québec. Alors je tente l’ultime question : Où êtes-vous présentement ? Il me répond candidement… En Tunisie ! Quoi ! En Tunisie… Alors là, je comprends tout. Je raccroche et j’ai réglé le problème moi-même. Lorsque l’écoeurantite aiguë me reviendra, je changerai de fournisseur. Point à la ligne.

Et voilà pour le soutien technique de Bell. Des préposés parfaitement ignorants de notre Québec et qui proposent des solutions insignifiantes prises dans des livres de procédures. Du travail à rabais pour une grosse compagnie multimillionnaire. Décidément, plus rien ne me surprend de cette compagnie jadis prospère et à l’écoute de ses clients. Ce doit être la même chose du côté du service à la clientèle puisque neuf fois sur dix, c’est toujours une voix étrangère qui nous répond. C’est malheureux mais je songe sérieusement à laisser tomber tous mes services de Bell, une fois les ententes arrivées à échéance et me tourner vers Vidéotron. Au moins, Québécor est un fleuron québécois qui semble respecter sa clientèle.

Mettre sa patience à l’épreuve

Qu’y a-t’il de plus extraordinaire pour mettre sa patience à l’épreuve qu’une salle d’urgence d’un hôpital ? Rien, absolument rien d’autre ! C’est dans ce merveilleux environnement qu’on a terminé notre soirée, hier, après une belle fête en l’honneur de Francine et Gaston, pour souligner leur noce d’émeraude. La sœur de Louise ne se sentant pas très bien, nous avons fait un détour vers l’hôpital Charles LeMoyne. Sitôt introduit dans la salle des pas perdus, la machine distributrice nous remet notre billet numéroté et dès lors, débute l’interminable attente.

Heureusement, la salle de l’urgence n’est pas bondée et ça semble une soirée calme. Tout le monde doit être aux feux d’artifices de La Ronde, dont on entend les pétarades au loin. Curieusement, il y a plusieurs écrans de télévision suspendus qui sont tous éteints, peut être pour ne pas nous divertir et faire en sorte qu’on apprécie l’attente. Finalement, au bout d’une longue demi-heure, nous passons au triage (quel vilain mot qui relève plus du bétail que de l’humain), puis à l’inscription avant de revenir à la salle d’attente, pour attendre encore.

On voit le personnel défiler, machinalement, et vaquer à leur travail sans un sourire, comme si tous les patients présents étaient des statues. En fait, voilà pourquoi on les appelle patients… Il faut en avoir beaucoup. En tout cas, j’ai passé mon temps à observer le va et vient du personnel pour voir si je pouvais y trouver un semblant d’indice pour essayer de percer leur identité ou leur occupation. De toute façon, j’avais tout mon temps, alors autant en profiter.

Je me suis toujours demandé à quoi servaient tous ces sarraus que le personnel porte. Hormis les employés d’entretien, avec leurs chariots de produits nettoyants et leurs gants qui sont facile à identifier, les autres portent des sarraus de différentes couleurs; des gris, des verts, des bleus, des plus pâles, des plus foncés, bref, impossible de trouver leur occupation. Ils ont cependant un point en commun; aucun signe de compassion ne se lit sur leur visage. Des automates qui accomplissent une tâche routinière dans un certain sens et rien ne semblent les émouvoir. Je peux facilement comprendre qu’ils sont habitués mais un sourire, une attention ferait sûrement plaisir à une personne malade qui n’est pas équipée pour le camping mais qui est restreinte à en faire bien malgré elle.

En regardant tout autour, on peut lire sur les visages l’exaspération, la souffrance et la résignation des patients devant la lourdeur de cette grosse machine qu’est la santé. Il suffit de se rendre aux toilettes pour constater la malpropreté des lieux. Le papier qui traîne par terre, quelques gants d’examen, des souillures sur le plancher. Même si l’entretien se fait régulièrement, il devrait l’être plus souvent.

Dès qu’un patient se retrouve en cabine d’examen, débute un long processus où plusieurs employés se succèderont pour vérifier vos signes vitaux, examens et branchement quelconques avant l’arrivée du toubib. Encore là, très peu de compassion. Ils font leur travail poliment, sans plus. Il y a tellement d’intervenants que ce n’est même pas assuré que vous allez les revoir. Enfin, lorsque le médecin arrive, même s’il a votre dossier bien en main, il faut de nouveau raconter votre histoire. C’est à se demander s’ils parcourent votre dossier avant de vous voir. Après son examen, il repart sans mot dire. Si vous ne posez pas toutes les questions, tant pis pour vous parce qu’après ça, il est très difficile à trouver, surtout s’il a terminé son quart de garde et qu’il a transféré le dossier à un confrère.

J’ai vu, à un certain moment, une partie d’un pansement oublié sur le plancher de la cabine, sans que personne ne se penche pour le ramasser et le mettre aux poubelles. C’est tout dire. Pire encore, j’ai vu un médecin dire à un patient qu’il ne pouvait le garder à l’hôpital parce qu’il y avait un risque de contamination et qu’il vaudrait mieux qu’il revienne en clinique externe. Wow! On est dans un hôpital, je vous le rappelle…

Justement sur ce dernier point, j’observais les employés du quart de nuit qui arrivaient au travail. Ils venaient du stationnement et était déjà costumés avec leurs vêtements de travail, leur grosse bouteille isolante de café et leur sac à lunch. Est-ce qu’ils venaient d’un endroit aseptisé ? Propre ? Non contaminé ? Pourquoi ne les oblige-t-on pas à se changer dans un vestiaire de l’hôpital pour éviter d’apporter toutes sortes de cochonneries, de parasites et de microbes. Certains portent des espadrilles tellement crasseuses qu’on serait porté à les jeter aux ordures. C’est un hôpital, pas une shop ! La plus élémentaire des règles d’hygiène doit être appliquée rigoureusement.

Loin de moi l’idée de dénigrer le personnel de l’urgence mais, au prix que nous coûtent les soins de santé et surtout la promptitude de la médecine privée, on est en doit d’obtenir un service de haute qualité, dans un environnement agréable, avec du personnel dévoué et compatissant qui a à cœur le service aux patients. Sans en avoir la preuve, je suis à penser qu’il y a une énorme perte de temps et d’organisation du travail aux urgences des hôpitaux. Les patients sont laissés sans réponses, sauf s’ils osent poser des questions. Il faut que le personnel soignant qualifié comprenne la situation des malades en les traitants comme ils voudraient l’être eux-mêmes. Curieusement, mon expérience m’a montré que seuls les ambulanciers, ou paramédics comme on les appelle, affichent une chaleureuse compassion au moment et tout au long de leur intervention. Ils agissent avec diligence, sans perte de temps. Le reste des soins devrait suivre le même empressement.

Lorsqu’on quitte finalement après plusieurs heures à bailler aux corneilles et à ne plus savoir comment s’asseoir sur une chaise, on se dit que c’est terminé en souhaitant que notre prochaine visite ne se produise jamais, à moins que ça ne change pour le mieux.

On n’a plus les appareils de jadis

Je me souviens qu’au début de notre mariage Louise et moi, nous nous sommes meublés tout en neuf. Le mobilier et tout et tout, sans compter les bons vieux appareils ménagers ou les électros, si vous préférez. Ces derniers étaient robustes et quasi indestructibles. Ils pouvaient durer la vie, même lorsqu’on avait un ardent désir de changement, parce qu’à l’époque la couleur or moisson était à la mode, ils trouvaient volontiers une seconde vie paisible au sous-sol. Un peu comme une vie de retraité, mais toujours actif.

Économiquement parlant, c’était vraiment un bon investissement pour nous, mais pas pour les marchands. Ces derniers l’on vite comprit et les manufacturiers on commencé à vendre leur modèles de plus en plus chers, sans compter qu’ils sont plus costauds. C’est assez paradoxal ne trouvez-vous pas, alors que les familles sont de taille réduite. Quoi qu’il en soit, il fallait que le consommateur renouvelle ses appareils fréquemment alors, des réfrigérateurs lourds de jadis ont fait place à de nouveaux appareils plus légers et fragiles. Le plastique y est pour quelque chose, sans compter l’électronique et ses modules Made in Taiwan ou China, qu’il faut remplacer souvent.

C’est cette réflexion que j’avais en tête cette semaine, lorsque notre réfrigérateur moderne d’à peine sept ans, a soudainement décidé qu’on avait près de deux cent dollars de trop à dépenser pour remplacer son module d’évaporation. Le technicien a mis à peine dix minutes à réparer le problème. Décidément, on est loin de l’époque où un coup de pied sur le compresseur suffisait à tout redémarrer. Non, on n’a plus les appareils de jadis.

Je t’en prie mon Dieu, je n’ai que dix-sept ans.

La belle saison est arrivée et avec elle, les ballades en automobile. Depuis quelques semaines, le débat porte sur les solutions à trouver pour réduire l’hécatombe des jeunes qui laissent leur vie sur nos routes. Même s’ils ne représentent qu’une faible partie des conducteurs, ils sont impliqués dans plus de 25% des accidents mortels annuellement. Certes la témérité des jeunes y est pour quelque chose mais avant tout, ils doivent prendre conscience des conséquences de leurs gestes audacieux et surtout, être responsables, éviter l’irréparable. C’est dans ce contexte que je veux partager avec vous, l’histoire qui suit.

La journée où je suis mort était une journée comme les autres. J’aurais donc dû prendre l’autobus. Mais j’avais si hâte de conduire l’auto de maman pour me rendre à l’école. Je l’ai supplié :

– Tous les autres le font, je t’en prie.

À quinze heures, j’ai ramassé tous mes livres et j’ai couru au terrain de stationnement. J’étais tout excité d’être enfin libre de voler de mes propres ailes, enfin !

Ça n’a pas d’importance comment l’accident est arrivé. Je faisais le fou… Je roulais beaucoup trop vite, je prenais de grosse chance. Mais je savourais ma liberté et je m’amusais. La dernière chose dont je me souvienne, je dépassais une vieille dame qui semblait rouler très lentement. J’ai entendu un fracas terrible de vitre et de métal, et j’ai senti tout mon corps se briser en morceaux. Je me suis entendu crier.

Soudain je me suis réveillé. Tout était calme. Un agent de police se tenait près de moi. À côté de lui, il y avait un médecin. Mon corps était déchiré et couvert de sang. Il y avait des morceaux de vitre partout dans ma chair. C’est étrange, mais je ne sentais absolument rien.

– Hé ! Ne tirez pas de draps par-dessus ma tête. Je ne peux pas être mort ! Je n’ai que dix-sept ans, je dois sortir ce soir. Je dois grandir et avoir une vie extraordinaire. Je n’ai même pas encore vécu. Je ne peux pas être mort.

Plus tard, j’ai été placé dans un grand tiroir. Mes parents ont dû m’identifier. Pourquoi ont-ils dû me voir dans cet état ? Pourquoi ai-je regardé maman alors qu’elle voyait la pire atrocité de sa vie ? Papa avait soudain l’air d’un vieillard. Il a dit au préposé :

– Oui, c’est mon fils !

Le salon funéraire a été une expérience troublante. J’ai vu tous mes parents et amis défiler devant moi, un par un, en me regardant avec des yeux remplis de tristesse. Certains de mes copains pleuraient. Certaines jeunes filles me touchaient la main et sanglotaient…

– Je vous en prie… quelqu’un, réveillez-moi ! Sortez-moi d’ici ! Je ne peux plus supporter de voir mes parents si abattus. Mes grands-parents éprouvent une douleur si grande qu’ils peuvent à peine marcher. Mes frères et sœurs sont comme des robots. Tout le monde semble égaré. Personne ne peut le croire et moi non plus !!!

– Ne m’enterrez pas. Je ne suis pas mort. J’ai encore beaucoup d’avenir devant moi, je veux rire et courir. Je veux danser et chanter. Ne me mettez pas en terre. JE TE PROMETS. MON DIEU, QUE SI TU ME DONNES UNE AUTRE CHANCE, JE SERAI LE CONDUCTEUR LE PLUS PRUDENT AU MONDE. TOUT CE QUE JE VEUX, C’EST UNE AUTRE CHANCE.

– Je t’en prie, mon Dieu, je n’ai que dix-sept ans…