En ce début d’année…

Je sais, ce matin, vous écoutez la télé locale pour apprendre qu’on gèle en Floride. Pas de panique! Geler c’est un bien grand mot et même si, au moment de rédiger cet article à 10h30, il fait quinze degrés Celsius sous un beau soleil resplendissant. Les vents sont de 30 kilomètres avec rafales à 40 mais… pas la moindre trace de neige. Les équipement de déneigement rouillent au soleil, abandonnés comme de vulgaires détritus. Tout ça est éphémère et on frisera les 80°F en fin de semaine. On ne se plaint pas.

Si je passe constamment des Celsius aux Fahrenheit, c’est que le thermomètre de la caravane (que je ne veux pas reconfigurer) est en Celsius, contrairement à la culture américaine qui refuse d’imiter le reste de la planète en conservant ses degrés Fahrenheit et, là encore pour être moins précis, les narrateurs météo y vont des low, mid et upper
seventies pour leurs prédictions. C’est un bon moyen de moins se tromper. Je garde mes Celsius!

Ici, les snowbirds arrivent régulièrement. Certains habitués ont changé leur destination cette année, alors qu’on rencontre de nouveaux visages. Des modifications ont aussi été apportées au camping; l’ancien tiki a été refait et toute la piscine à été rénovée en y ajoutant également un grand tiki, pour les nombreuses activités musicales qui s’y déroulent.

On devait nous installer l’internet haute vitesse sur notre site aujourd’hui, mais le circuit filaire où nous sommes est en décrépitude et il doit être complètement refait. On devra attendre quelques heures ou jours avant que le tout soit finalisé. En conséquence, ne soyez pas surpris si mes visites sur le net ou mes mises à jour sur le blogue soient quelque peu déficientes. Je profite d’une connexion internet sans-fils et non sécurisée des alentours et le signal est très faible, mais ça fonctionne pour le moment.

Très bientôt, vous verrez apparaître en marge droite, l’album photos Floride 2012, qui vous permettra de partager quelques-uns de nos souvenirs et coups de cœur du voyage. Allez-y souvent et soyez généreux de vos commentaires.

Je voulais également revenir sur le nouvel An. Avez-vous écouter le Bye-Bye? Probablement, puisque c’est un incontournable. Je ne sais pas pour vous mais pour moi, mis à part le cataclysme d’ouverture, je me suis ennuyer à m’endormir. C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé durant les quinze dernières minutes. Je n’ai même pas ri ou souri. Rien! Niet! Du déjà vu, du réchauffé et cette interminable guerre entre les clans Cloutier-Morrissette et Péladeau qui n’en finit plus. R’venez-en simonac! J’ai de loin apprécié le spectacle de karaoke qui a suivi sur la même chaîne. C’était entrainant et de très bon goût. En tout cas, beaucoup plus festif que le Bye-Bye. Une formule complètement dépassé comme Radio-Canada qu’on finance à même nos poches. Je lis les critiques des journaux du Québec ce matin et l’équipe du Bye-Bye en prend pour son rhume.

Par contre, ici au matin du premier de l’An, on a eu droit au brunch annuel de Gervais et Estelle qui, pour l’occasion, profitaient des installations de Francine et Jean-Guy. Une belle activité où, la quinzaine d’invités ont pu échanger et se souhaiter tout ce qu’on peut espérer. Ça placote une joyeuse bande de retraités! Merci à nos hôtes.

C’est notre deuxième Jour de l’An en sol américain et je dois vous avouer que c’est très différent de chez-nous. C’est comme une autre journée, sans plus. Pas que je m’en ennuie mais je voulais vous en faire part… comme ça. Non, non et non! Pas question de retourner à la maison.

In Memoriam Martine Leroux – 2e anniversaire

Il y a deux an déjà, Martine nous quittait pour un monde qu’on dit meilleur. Continue de veiller sur ta famille du haut de ton nuage et de les éclairer de ta lumière.

Que tous ceux qui t’ont connu aient une pensée pour toi aujourd’hui en ce triste jour d’anniversaire.

Arrivés à bon port

Hier matin, 7 heures, nous reprenions la route avec le lever du soleil. Même si l’air était un peu frais, on se sentait en vacances et la route était belle et invitante. En traversant les Carolines, on constate que la densité de circulation augmente. Je ne sais pas si c’est une pratique répandue, mais les américains ont la fâcheuse habitude de pratiquer le tailgating ou, si vous préférez, suivre de trop près. À trois reprises, nous avons été ralentis par des embouteillages importants causés par cette pratique. Pourtant, on était sur de belles routes droites, dégagées et sur pavé sec. Allez comprendre. J’ai aussi remarqué qu’ils louvoient constamment d’une allée à l’autre et traversent même plusieurs voies sans clignoter. On anticipe cette réaction, des centaines de mètres d’avance.

Nous sommes rentrés en Floride sur le coup de 17 heures et notre intention était de s’arrêter deux heures plus tard, prendre une chambre à l’hôtel et faire le reste du trajet ce matin. Mais à partir de ce point, il nous restait 5 heures pour arriver au terrain de camping alors, la décision de continuer n’a pas été trop difficile à prendre, si bien à minuit trente nous roulions notre 1492e kilomètre de la journée pour rentrer dans notre confortable caravane et surtout dans nos affaires. On a dormi comme des bébés!

Ce soir, plusieurs caravanes, véhicules récréatifs et maisons de parc sont décorées pour créer l’ambiance du temps des Fêtes, neige en moins il va s’en dire. Chez Francine et Jean-Guy, l’arbre de Noël, scintille dans un coin de la rallonge-moustiquaire, et une figurine du père Noël, un peu jazzé, y va d’un air de circonstance au saxophone. À quelques heures du nouvel an, on entend des détonations de pétards aux alentours et quelques joyeux lurons défilent dans les rues du camping en fredonnant gaiement.

Les amis Gilles et Lise sont arrivés en milieu d’après-midi, après un périple mémorable de quatre jours, et sont bien installés pour les trois prochains mois. Les prochains jours seront propices à l’arrivée d’autres snowbirds, friands de chaleur et de soleil. Quant à nous, nous sommes reçus pour débuter l’année autour d’un brunch en se souhaitant la bonne année et portant un toast et brandissant un mimosa bien pétillant.

Une première journée bien remplie

Par une température glaciale, voire polaire, nous avons quitté Brossard pour la Floride, à 4 heures du matin. Le mercure indiquait -20°C, sans compter le facteur éolien. Contre mauvaise fortune, j’ai quand même enfilé mes bottes d’hiver et mon chaud manteau, histoire d’être confortable, si un pépin nous arrivait. On connaît ça les pépins, nous autres. Alors aucune chance à prendre.

Finalement tout s’est bien déroulé… enfin presque, puisqu’un camionneur québécois, de la compagnie Trans-West, s’est servi de sa cervelle grosse comme un pois, pour me faire sortir de mes gonds. Je m’explique;

S’il y a une chose que j’ai beaucoup de difficulté à accepter, en conduite automobile, ce sont les conducteurs qui prennent des voies libres pour s’approcher de la file d’attente et se faufiler au tout début… Pus capable! Le sang me fait 25 tours! C’est ce que cet imbécile de chauffeur a fait avec son mastodonte de 53 pieds, sur la US17, 2 kilomètres avant l’embranchement de l’Interstate 95. N’étant sûrement pas intéressé à rester en queue de peloton, il a pris d’assaut la voie de droite pour s’insérer de force, juste devant moi. Je n’étais définitivement pas de taille et j’ai dû, bien malgré moi, lui céder la place, non sans l’avoir agressé d’un retentissant coup de klaxon énergique. Fin de l’histoire!

Mis à part ce fait, pour cette première étape du voyage, le soleil était au rendez-vous une bonne partie de la journée et le thermomètre s’est dégelé rapidement pour atteindre les 4°C en Pennsylvanie. Oh il y a bien eu un petit épisode de neige éparse en Virginie occidentale, mais sans plus de désagrément.

Nous sommes présentement au Days Inn de Petersburg en Virginie, pas très loin de la Caroline du Nord, depuis 21 heures et avec 1321 kilomètres derrière la cravate. On reprend la route ce vendredi matin pour la seconde étape. Je vous laisse apprécier le beau coucher de soleil qu’on a pu admirer, avant que le moule à gaufres de camionneur ne vienne nous emmerder. C’est la photo qui accompagne cet article.

Spécialement pour notre princesse

Bonjour Audrey-Anne. Encore ta fête aujourd’hui que tu célébreras comme toujours, avec ta candeur et ton sourire contagieux.

La petite sirène est venue du fond de l’océan, pour te souhaiter beaucoup de plaisir pour tes cinq ans.

Bon anniversaire petite princesse et nous t’offrons, grand-mère et moi, beaucoup de bisous !
XXX

Le temps des réflexions, le temps des bilans

Noël est passé et après les bousculades du boxing day l’heure est au bilan. Qu’est-ce que l’année qui s’achève nous a apporté dans notre quotidien. Les médias en font état à pleine pages et on se rend compte que le temps passe vite, très vite même au point où on a déjà oublié l’actualité des derniers mois.

Essayez de deviner depuis combien de temps, tel ou tel événement est survenu. Vous vous apercevrez rapidement qu’on perd facilement la notion du temps. Ce qui nous apparaît lointain, ne date que de quelques mois, ou vice versa. Le temps passe tellement vite, qu’on à peine à s’arrêter.

Le bilan qu’on en fait nous oriente aussi sur la nouvelle année. Certains prennent des résolutions… pour quelques jours, alors que d’autres rêvent de réaliser leurs projets. Quoi qu’il en soit il faut avoir des ambitions et se répéter que demain sera meilleur : v-i-s-u-a-l-i-s-e-r.

Pour ma part, l’ère est aux changements. À l’aube de la soixantaine, on songe un peu plus aux années qui restent et on veut en profiter au maximum. Louise est maintenant à la retraite et on rêve d’aventures, de découvrir ce qu’on ne connaît pas et qu’on rêvait depuis toujours de concrétiser. Ayant perdu des êtres chers au cours des deux dernières années, on prend plus conscience de la fragilité de la vie et de la volonté d’en profiter pendant que la santé est toujours là. Mieux vaut vivre avec des souvenirs, au moment de nos vieux jours, que de regrets. Malgré ces changements, pas question de faire mourir ce blogue. À l’ère des communications les contacts sont faciles. Je veux vous garder pour moi.

Probablement que nous allons renoncer à la maison pour vivre quelques années en nomades, depuis le temps qu’on rêve de vivre cette expérience. Pas question de s’éloigner de nos proches cependant et des amis, mais les hivers ne sont plus pour nous ce qu’ils étaient et on se doit de protéger nos vieux os. Comme la vie use un peu le body, autant mettre les chances de notre côté et éviter les grandes vagues de froid. On a soif de soleil et de chaleur. Nous faisons partie des snowbirds, comme nos parents l’ont expérimenté auparavant et que nos descendants profiteront peut être, qui sait. C’est la grâce que je leur souhaite.

Et finalement que sera 2012? Peut être la fin de l’existence? Le scénario apocalyptique annoncé pour le 12 décembre prochain? Je n’y crois pas plus que le bogue de l’an 2000, qui devait radicalement changer nos vies. Vous vous rappelez? C’était hier et pourtant, ça fait onze ans! Il faut prendre la vie au jour le jour, profiter pleinement du moment présent et continuer d’entretenir nos rêves. C’est ce que je nous souhaite, tous et toutes.

Une nuit bien agitée

Quelle agitation! La petite étoile n’a jamais vu ça!

À des milliers de kilomètres en dessous d’elle, il semble se préparer quelque chose de merveilleux. Elle a d’abord aperçu un homme qui aidait sa femme enceinte à s’installer dans une étable. Un peu plus tard, elle a vu des anges sonner de la trompette pour réveiller les bergers. Plus loin, une caravane de trois rois s’est mise en route. Tous se dirigent vers la minuscule étable.

La petite étoile voudrait bien savoir ce qui se passe en bas. Mais de là où elle est, elle ne voit rien. Plusieurs fois, elle change de place dans le ciel pour se rapprocher de la Terre. Rien n’y fait : elle est toujours trop haute! Alors, la petite étoile se penche. Elle se penche, se penche et… Elle a beau battre de tous ses rayons pour tenter de s’accrocher au ciel, elle tombe… jusqu’à la Terre.

La petite étoile a de la chance. Elle atterrit en douceur, sur le dos d’un mouton.

– Que tu es jolie! lui dit une voix douce qui la fait sursauter.

Un jeune berger s’est approché d’elle. Il vient de la voir tomber du ciel.

– Merci, répond-elle en rougissant. Je suis curieuse. J’ai voulu savoir pourquoi il y avait tant d’agitation sur Terre et je suis tombée la tête la première.

– Je suis curieux moi aussi, lui dit le berger. Partons ensemble, tu m’éclaireras.

Le berger et l’étoile se dirigent vers l’étable. Doucement, ils frappent à la porte et entrent. La petite étoile ouvre bien grands ses yeux pour ne rien perdre du spectacle. Là se trouve un adorable bébé qui vient de naître. Il paraît si petit dans la mangeoire où sa maman l’a couché.

– Qu’il est beau! murmure la petite étoile à l’oreille du berger.

– Il s’appelle Jésus, dit le papa.

– Aaah! s’émerveille l’étoile.

Quand le berger et la petite étoile sortent de l’étable, ils se sentent très heureux.

– Merci, dit l’étoile à son nouvel ami. Je n’oublierai jamais cette nuit-là. Mais maintenant, je voudrais rentrer chez moi. Peux-tu me lancer vers les étoiles? Et quand je serai là-haut, je brillerai très fort, rien que pour toi!

Le berger prend son élan et lance de toutes ses forces la petite étoile vers le ciel.

La nuit suivante, lorsque le berger chercha des yeux la petite étoile, elle avait tenu promesse; elle brillait plus que toutes les autres.

C’est depuis cette nuit merveilleuse qu’on l’appelle l’Étoile du berger.

 
Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Chantal Cazin
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

NDLR: Ce conte de Noël est le dernier de la série pour cette année, rendez-vous en décembre 2012 pour d’autres contes magiques en attendant Noël.

Noël blanc ou Noël vert

Déjà le 23 décembre et la neige tarde à recouvrir le paysage. Sans être un fanatique de la neige, un Noël vert, n’est pas ce que je préfère le plus. On n’a qu’à se promener aux alentours pour apercevoir les lumières multicolores arriver à peine à éclairer la nuit d’encre. C’est si beau lorsque les lumières scintillent dans une belle poudreuse. C’est presque comme en plein jour! On peut voir très loin! Ça me manque! Je n’en demande pas un pied, seulement quelques pouces pour agrémenter le décor.

Même le père Noël aura beaucoup de difficulté à trouver le toit des chaumières. Comment fera-t-il pour s’y retrouver dans cette noirceur? Sans tapis blanc, il manque cette magie qui crée l’ambiance du temps des Fêtes. Je prie pour que le ciel exauce mon vœu d’un Noël blanc, ne serais-ce que pour nous rappeler nos souvenirs d’enfance. Je me rappelle lorsque nous allions réveillonner à Sainte Agathe, chez Francine et Gaston, dès qu’on se rendait à la messe de minuit, une douce chute de neige avec ses gros flocons, nous remplissait le cœur de joie. C’était magique! L’un n’allait pas sans l’autre et ça donnait le coup d’envoi à toute une nuit de célébration. Heureusement, nous avons pu en profiter quelques années.

Cependant, une fois cette Fête passée, je passe au vert. Dans six jours, nous mettrons le cap vers nos quartiers d’hiver, où l’été règne en roi et maître toute l’année. Je peux tolérer la neige une couple de jours, sans plus. Mes vieux os réclament à grand cris leur part de chaleur et maintenant que Louise et moi sommes à la retraite, autant en profiter parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Comme le dit la chanson La vie est si fragile.

Noël blanc : oui ! Mais après, vive le vert… avec un brin de bleu ciel!

La lettre égarée

Ce matin de Noël, Thomas ne trouva pas de cadeau sous le sapin. Il crut que le père Noël l’avait oublié. Ses parents essayèrent de le consoler, mais rien ne put adoucir sa peine. En début d’après-midi, Thomas alla tristement faire sa sieste en serrant contre lui son doudou Nono, un petit ours noir avec une tache blanche sur le ventre. Nono attendit que Thomas soit endormi, puis il se faufila hors de la maison. Pas question de laisser Thomas aussi malheureux. Nono trottina jusqu’à la maison du facteur et frappa à sa porte.

– Qui est là? demanda une voix bourrue. Je fais ma sieste. On n’est jamais tranquille!

Et le facteur ouvrit la porte. Il regarda d’un œil noir le petit ours.

– Qui es-tu, toi? Un jouet abandonné? Déjà?

– Je suis Nono, le doudou de Thomas. Thomas a écrit une lettre au père Noël, mais il n’a pas eu de cadeau pour Noël. Vous êtes le facteur qui apporte les lettres des enfants au père Noël. Aidez-moi!

Étonné, le facteur réfléchit. Oui, il avait bien donné un grand sac de lettres au père Noël quelques semaines avant Noël, comme chaque année, mais… pas la lettre de Thomas! Celle-ci était arrivée très en retard et le facteur l’avait glissée sous la porte du père Noël!

– Viens avec moi, Nono, courons chez le père Noël avant son départ en vacances.

Le facteur déposa Nono dans sa sacoche, enfourcha son vélo et pédala de toutes ses forces vers la maison du père Noël.

– Qui est là? demanda une voix bourrue. Je fais mes valises. On n’est jamais tranquille!

Et le père Noël ouvrit la porte. Stupéfait, il regarda Nono et le facteur.

– Qu’est-ce que…

– Père Noël. Le petit Thomas n’a pas eu de cadeau! Vous n’avez donc pas eu sa lettre?

– Sapristi! Mais non! s’étrangla le père Noël.

Le facteur et Nono lui racontèrent toute l’histoire.

Le père Noël baissa alors les yeux vers le lourd paillasson du vestibule, en souleva un coin… La lettre était là! Vite, il n’y avait pas de temps à perdre. Il l’ouvrit, la lut et courut vers son atelier en appelant les lutins à la rescousse.

– Que se passe-t-il? demandèrent les lutins en maugréant. Nous sommes en train de goûter. On n’est jamais tranquille!

Le père Noël leur expliqua la situation et les lutins abandonnèrent leurs tartines. Ouf! Il leur restait des petits trains électriques!

Nono, le facteur et le père Noël repartirent alors chez Thomas. La maison était calme. Le père Noël et Nono entrèrent dans la chambre de Thomas sans faire de bruit. Nono grimpa dans le lit du petit garçon, tandis que le père Noël déposait son cadeau au pied du lit. Puis il s’éclipsa.

Thomas s’éveilla, vit son cadeau et, fou de joie, il bondit de son lit, son Nono dans les bras.

– Mon cadeau, mon cadeau, papa, maman, le père Noël est venu!

Thomas, Nono et ses parents purent alors fêter Noël, le facteur, finir sa sieste, le père Noël, partir en vacances et les lutins, prendre leur goûter!

Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Thérèse Bonté
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Cordonniers mal chaussés…

Ainsi donc, les maires ont décidé de suivre Saint-Régis-de-Québec et de faire la guerre aux syndicats pour revoir les fonds de retraite de leurs employés, surtout syndiqués, et ainsi éviter aux contribuables de subir des augmentations substantielles de leurs comptes de taxes. Les régimes de retraites à prestations déterminées de jadis, légalement négociées d’un commun accord, faut-il le préciser, feront place à d’autres formes de prestations de retraites, notamment dites à cotisations déterminées. Une grosse différence.

Ils voudraient aussi voir reporter l’âge de la retraite pour éviter que ces chers employés municipaux ne puissent être retraités plus longtemps que salariés. Ils martèlent dur comme fer, que leurs concitoyens n’ont pas à payer seuls ce fardeau. Plusieurs de ces municipalités ont des gestionnaires qui traînent leurs pénates depuis belle lurette et ces soi-disant experts sont loin de démontrer leur capacité de visionnaires. Comme tout le monde, ils ne pouvaient prévoir la conjoncture économique des années 2000, même s’ils affirmaient le contraire à l’époque.

Mais au fond de tout ça, ces administrateurs n’ont pas la même conscience sociale lorsque vient le temps de statuer sur leurs propres rémunérations et avantages, ou de négocier leurs contrats de travail. Quand ils se votent des augmentations salariales supérieures à celles de leurs syndiqués, tiennent-ils compte de la capacité de payer de leurs citoyens?

Lorsqu’ils bénéficient de généreuses allocations de dépenses non-imposables, tiennent-ils compte de la capacité de payer de leurs vaches à lait?

Lorsqu’ils se déplacent avec une voiture fournie par leur municipalité avec l’entretien, l’essence et les assurances qui ne leur coûtent pas un seul dollar, tiennent-ils compte de la capacité de payer des suckers de concitoyens?

Lorsqu’ils bénéficient de généreuses pensions de retraite, qu’ils regroupent toujours de la manière la plus avantageuse lorsqu’ils occupent d’autres fonctions ou qu’ils décident de quitter, tiennent-ils compte de la capacité de payer des CON-tribuables surtaxés?

Et lorsque blasés, ils décident de plier bagage pour exercer d’autres fonctions ailleurs, avec une prime de départ plus que généreuse et envieuse, tiennent-ils compte de la capacité de payer des indigènes qui paient cette note salée sans droit de regard?

Poser toutes ces questions, c’est y répondre!

Tout en étant conscient que la situation économique actuelle impose des ajustements, le sacrifice doit être fait à tous les niveaux hiérarchiques sans distinction. Au lieu de démolir le passé, il faut analyser le présent et organiser l’avenir. Les employés municipaux n’ont pas à recevoir de leçon de personne, encore moins des élus et de leurs gestionnaires municipaux.