Un pan de notre histoire : Le tramway qui nuisait aux autos

La Une

Après presque un siècle de loyaux services, les derniers tramways de Montréal se sont complètement retirés du réseau de transport de la ville.

L’URBANISATION

Entre 1831 et 1861, la population de Montréal triple. Les 90 000 Montréalais ont besoin de se déplacer, parfois sur des dizaines de kilomètres. Le tramway semble être le moyen idéal.

En novembre 1861, un premier service de tramways tirés par des chevaux est inauguré. Au départ, le tramway hippomobile de la métropole assure les déplacements sur la rue Notre-Dame dans l’actuel Vieux-Montréal, entre les rues du Havre et McGill.

Si les premières lignes se déploient tout naturellement en suivant le fleuve, en 1864, une première ligne nord-sud va permettre de circuler par le centre du boulevard Saint-Laurent. Par la suite, les lignes vont se multiplier rapidement et s’étendre sur de milliers de kilomètres partout sur l’île.

Le réseau repose sur la force de 1000 robustes chevaux de traîne et 150 tramways. Durant l’hiver, parce que les rues de la ville ne sont pas encore déneigées à cette époque-là, des traîneaux remplacent les tramways.

TRAMWAYS ÉLECTRIQUES

L’électrification des tramways par la Montreal Street Railways Company commence en 1892 pour se terminer deux ans plus tard en 1894.

Montréal entre dans une nouvelle ère de modernisation, la ville attire des milliers d’immigrants et de Canadiens français qui quittent leur campagne pour trouver des emplois dans les usines de la métropole. Ses premiers tramways alimentés à l’électricité surprennent.

Ils sillonnent les rues à 30 km/h, une vitesse plutôt spectaculaire en cette fin de 19e siècle et qui effraie de nombreux Montréalais.

Les lignes Saint-Denis et Saint-Laurent permettent d’accéder à la campagne du centre et du nord de l’île, dans le secteur Rosemont et Cartierville. La ville s’étend au rythme du développement du réseau de transport électrique qui se déploie aux quatre coins de l’île.

S’il assure les endroits essentiels, le tramway permet aussi aux excursionnistes de découvrit ou tout simplement d’admirer la ville. Pour 50 cents, le tramway observatoire décapotable, spécialement aménagé en gradins pour maximiser la vue, offre des visites panoramiques de deux heures autour du Mont-Royal.

LE CHANT DU CYGNE

Après plus de 100 ans de loyaux services, la popularité des véhicules à essence a raison de nos tramways électriques.

Le retrait progressif des tramways de Montréal s’étale sur une période de huit ans. On achètera alors 1300 autobus propulsés au pétrole pour remplacer les 939 tramways électriques.

La mythique ligne Sainte-Catherine cesse ses activités en 1956. Trois ans plus tard, le 30 août 1959, les Montréalais se déplacent en grand nombre, entre autres sur l’avenue Papineau et sur le boulevard Rosemont pour saluer une dernière fois les conducteurs de tramway de la ville.

DISPARITION DU TRAMWAY

Aux États-Unis, au tournant de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs entreprises comme Firestone, Standard Oil et General Motors, pour ne nommer que celles-là, mettent sur pied une stratégie commune pour faire l’acquisition des réseaux de tramways d’une quarantaine de villes américaines, pour ensuite les démanteler et les remplacer par des autobus.

De grandes villes comme Chicago, New York et Los Angeles sont ciblées. Pour leur stratagème absurde et illégal, ces entreprises seront reconnues coupables devant la justice américaine, mais les amendes sont si basses (ex. : 5000 $) que ces dernières vont littéralement passer le rouleau compresseur sur l’ensemble du réseau de tramways du nord de l’Amérique.

Par contre, il n’a jamais été établi que Montréal et Québec ont subi la stratégie destructrice de ces entreprises. Non, nos tramways à nous ont été négligés, peu entretenus. Ils ont souffert d’un manque d’investissement, puis ont été délaissés par des administrateurs qui se sont laissé tenter par le rêve des fabricants d’autobus au pétrole.

À cette époque, le pétrole coûtait trois fois rien, et la planète semblait être en mesure d’absorber toutes les extravagances de la vie moderne. Ce sont souvent ces mêmes administrateurs qui ont poussé pour qu’on développe notre système routier urbain, connecté par des ponts et des autoroutes pour favoriser les entrées et les sorties de l’île dans nos grosses voitures américaines.

Heureusement, quelques rares villes nord-américaines, comme Toronto, ont su résister à cette vague de transformation.

DES RAILS QUI SORTENT

C’est pratiquement impossible pour les Montréalais de ne pas être nostalgiques de cette époque qui a duré presque 100 ans.

Surtout quand, à l’occasion et particulièrement par temps chaud, certains tronçons de rail du vieux tramway réapparaissent à la surface à travers les nombreux nids-de-poule des rues de la ville.

Aujourd’hui encore, de Québec à Montréal, l’actualité nous rappelle que plusieurs n’ont pas fait le deuil de ce réseau de transport électrique.

Source : Martin Landry, historien, Le Journal de Montréal, cahier Weekend, 2 décembre 2023, p68


345e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA MONTAGNE


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Sylvain RaymondLouis-François PaquinPierrette Lapointe

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 14     NOUVEL AN : 21 


Pensée et citation du jour…

Les gens qui savent faire des efforts, qui s’accrochent à quelque chose de plus grand qu’eux ou qui veulent se dépasser, se sentent plus heureux.

Lise Daignault


Ça s’est passé un 11 décembre…

(1941) L’attaque japonaise de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 pousse l’Allemagne à déclarer la guerre aux États-Unis. Les États-Unis font alors de même et déclarent la guerre à l’Allemagne nazie et à l’Italie fasciste. Leur intervention dans la Seconde Guerre mondiale va faire basculer le cours des choses. Ils libéreront la France aux premières heures du débarquement en Normandie en 1944.

(1946) L’UNICEF a été fondée en 1946 pour faire face aux besoins d’urgence des enfants au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle est la seule organisation des Nations Unies consacrée exclusivement à l’enfance. Depuis sa création en 1946, l’UNICEF agit pour protéger la vie des enfants du monde entier.

Depuis cette époque, l’UNICEF plaide et travaille pour la protection des droits de l’enfant, afin d’aider les jeunes à satisfaire leurs besoins de base et à élargir leurs possibilités de réaliser tout leur potentiel (santé, vaccination, nutrition, éducation, hygiène assainissement et approvisionnement en eau potable…). L’UNICEF est aujourd’hui présente dans 162 pays, zones et territoires. l’UNICEF recevra le prix Nobel de la paix en 1965.

(2004) Un petit garçon de sept ans a eu la vie sauve grâce à l’implantation d’un coeur mécanique à l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal. Le petit Richard avait été admis à l’urgence de l’institution à la mi-octobre souffrant d’essoufflement et de fatigue, situation d’autant plus inquiétante que son petit frère de 10 mois était décédé d’une atteinte cardiaque en juin dernier.


Journal intime d’une femme en croisière…

La Une

BELLE LEÇON DE COURAGE

Que serait le monde, sans de telles femmes ?

Jour 1

Je me prépare pour cette croisière splendide. J’empaquette mes vêtements. Je suis toute excitée !

Jour 2

Toute la journée en mer. Splendide ! J’ai vu défiler dauphins et baleines. Quelles belles vacances ! Aujourd’hui, j’ai rencontré le Capitaine, un bel homme, style Alain Delon 40 ans.

Jour 3

Piscine. J’ai fait un peu de surf et tiré quelques balles de golf. Le Capitaine m’a invitée à sa table pour dîner. C’était un honneur et j’ai passé un bon moment. C’est un homme très attirant et attentionné, il  a des yeux bleus magnifiques.

Jour 4

Le Capitaine m’a invitée à déjeuner dans sa cabine. Repas somptueux avec caviar et champagne. Je lui ai dit que je ne voulais pas être infidèle à mon époux.

 Jour 5

Reste de la journée. Le Capitaine m’a vue et m’a invitée à prendre un verre. Réellement, c’est un homme charmant. Il m’a demandé si je voulais passer à sa cabine cette nuit ; je lui ai dit que non. Il m’a dit que si je ne changeais pas d’avis, il coulerait le bateau.

Jour 6 

La nuit dernière, j’ai sauvé 2600 personnes…  Quatre fois !


344e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA RADIO ET DE LA TÉLÉVISION EN FAVEUR DES ENFANTS

LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LES DROITS DES ANIMAUX


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Nicole LandryClaude Landriault

Bon anniversaire !


On jase là…

À la une, le Journal de Montréal, dans son édition de fin de semaine, rèvèle les salaires des maires au Québec. Si Valérie Plante gagne 211 864 $, comment se fait-il que celui de Varennes soit de 212 046 $, alors que tous les autres sont sous les 200 000 $. Une aberration ou quoi ? Assez surprenant merci, pour une population de 20 000 personnes.


Décompte…

NOËL : 15     NOUVEL AN : 22 


Pensée et citation du jour…

Le plus grand besoin de l’être humain, c’est de quitter la prison de sa solitude.

Erich Fromm


Ça s’est passé un 10 décembre…

(1948) Déclaration universelle des droits de l’homme par les Nations Unies. Sans véritable portée juridique ce texte n’a que la valeur de proclamation de droits. Cependant, à l’origine seuls deux pays ont refusé de le signer : l’Afrique du Sud de l’apartheid (en raison de l’affirmation du droit à l’égalité sans distinction de naissance ou de race) et l’Arabie saoudite (en raison de l’affirmation à l’égalité homme-femme), les deux ayant rejeté le principe fondamental d’universalité.

(1997) Première du film « Les Boys ». Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Louis Saïa et produit par Richard Goudreau. Parmi les interprètes, on retrouve Marc Messier, Rémy Girard et Patrick Huard. Le film raconte les aventures d’une équipe de hockey (Les Boys) qui fait partie d’une ligue de garage et commanditée par un bar dont Stan (Rémy Girard) est le propriétaire. Les Boys doivent remporter la victoire contre l’équipe de Méo, l’ennemi du propriétaire du bar, sinon Stan devra donner son bar à Méo.

(2003) Le lanceur Éric Gagné, des Dodgers de Los Angeles, est le choix du quotidien The Globe and Mail au titre d’athlète de l’année au Canada. Le journal a préféré l’artilleur de Mascouche au golfeur ontarien Mike Weir et au joueur de basket-ball de la Colombie-Britannique Steve Nash. Pour justifier ce choix, on explique que le releveur des Dodgers a connu une saison tout simplement parfaite dans un rôle très exigeant. L’attribution du trophée Cy Young, le consacrant meilleur lanceur de la Ligue nationale de baseball, n’a fait que confirmer la valeur de la performance d’Éric Gagné.


Une surprise dans ma boîte aux lettres

La Une

Toute une surprise : un carton annonçant le plan de construction et le début des travaux de la ligne d’interconnexion Hertel – New York, de novembre 2023 à la fin de 2025.

Je sais bien qu’on en avait déjà entendu parler, mais là, ça crève les yeux. Est-ce qu’il y a quelque chose que je n’ai pas compris ? On ne cesse de nous rabattre les oreilles que ça prend de nouveaux barrages, que les Québécois doivent faire le lavage la nuit, qu’il faut économiser l’électricité pour répondre à la demande.

La demande de qui ? Des Américains ? Est-ce moi qui fabule ou le gouvernement du Québec ?

Il faut diminuer le chauffage, ne pas allumer les lumières ou du moins, fournir un effort, que l’électricité, une énergie soi-disant renouvelable, ne l’est de moins en moins. C’est le retour de l’éclairage à la chandelle. Au lieu de progresser, on régresse. Il me semble qu’il y a un manque de logique dans tout ça.

L’industrie nous inonde de toutes sortes de gadgets pour nous simplifier la vie et qui, forcément, consomment de l’énergie, mais il faudrait les utiliser en parcimonie.

Allo les Fitzgibbon et Legault de ce monde… la terre appelle la lune !

On dit que charité bien ordonnée commence par soi-même. Hydro Québec ne doit pas être au courant de celle-là. On devrait obligatoirement subvenir à nos besoins selon notre confort et nos attentes, et s’il reste de surplus d’électricité à ne plus savoir qu’en faire, là on peut penser à l’exportation.

Ça me semble simple, non ?

Et n’oubliez pas un point important; cette électricité leur sera livrée à rabais.

Les Américains sont morts de rire !

On est tellement généreux !


343e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LA CORRUPTION


En souvenir de…

JEAN PAGÉ 1946-2019 – Animateur et journaliste sportif québécois


Une année de plus sur le chemin de la vie…

Johanne Jacques

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 16     NOUVEL AN : 23 


Pensée et citation du jour…

Le sourire est un moyen peu coûteux de changer de tête.

Carly


Ça s’est passé un 9 décembre…

(1939) Le gouvernement québécois adopte les armoiries actuelles de la province, suite à une étude de l’héraldiste Maurice Brodeur. Ce changement répond au désir de rendre les armoiries plus conformes aux réalités historiques du Québec. On décrit le nouveau blason comme suit : « Tiercé en fasce : d’azur, à trois fleurs-de-lis d’or; de gueules, à un léopard d’or armé et lampassé d’azur; d’or, à une branche d’érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ. Timbré de la couronne royale. Sous l’écu, un listel d’argent bordé d’azur portant la devise JE ME SOUVIENS ».

(1951) Dans la foulée des activités reliées à l’Organisation des terrains de jeux (OTJ), à Montréal, le Centre Immaculée-Conception ouvre ses portes. Il offre aux jeunes la possibilité de pratiquer toute une panoplie de sports. La direction du centre est confiée au père Marcel de la Sablonnière qui s’implique depuis plusieurs années au sein de l’OTJ. Le père de la Sablonnière, qui n’a que 33 ans, travaillera avec acharnement tout au long de sa carrière afin d’offrir des activités sportives aux jeunes et à leurs familles.

En 1972, le centre comptera 9 000 membres et abritera une piscine, un gymnase, une garderie sportive et une garderie orientée vers l’éducation physique. En fréquentant le Centre Immaculée-Conception, les participants peuvent pratiquer une vingtaine d’activités sportives.

(1961) À peine un an après qu’il se soit retiré du hockey professionnel, Maurice Richard assiste à la première joute disputée dans l’aréna qui porte son nom. Environ 3 000 spectateurs assistent à cette occasion à une joute de hockey junior opposant des équipes de Drummondville et Montréal. Maurice Richard, qui est accompagné de sa famille, est présent pour effectuer la mise au jeu protocolaire. Il n’y a toutefois pas de grandes cérémonies puisque l’ouverture officielle est prévue pour le mois de janvier. L’aréna Maurice-Richard sera témoin de nombreuses rencontres sportives et de plusieurs événements à caractère culturels ou politiques.


Un merveilleux défi

La Une

Voici le deuxième conte de Noël de 2023. Spécialement pour les grands au cœur d’enfant…

Pénitencier Bonsecours, 12 décembre. Le détenu Léopold me rapporte la cassette sur laquelle nous avons déjà fixé quelques-unes de ses interprétations au piano, l’année dernière. Nous y enregistrerons aujourd’hui les quatre œuvres sur lesquelles il travaille sans relâche depuis quelques mois et qu’il a l’intention de présenter aux examens de piano de Noël. Il tente, pour la première fois de sa vie, d’obtenir un diplôme de niveau Supérieur 1 dans l’une des grandes écoles de musique de la ville. Il ne reste plus que trois jours avant les évaluations.

Tout va pour le mieux lors de l’enregistrement et il s’en tire brillamment comme toujours. Bonne concentration, belles nuances, musicalité hors de l’ordinaire. Par contre, il manque un peu de vitesse et a buté, ce matin, sur sa gamme de mi bémol mineur mélodique, mais bon, l’examinatrice ne lui demandera probablement pas celle-là ! Quant à la vélocité insuffisante, l’expressivité et la profondeur compenseront. Quand Léopold joue du piano, il met son âme à nu. Non seulement sa musique chante, mais elle parle ! Et c’est cela qui m’impressionne tant, moi si habituée à entendre interpréter ces airs mécaniquement par des jeunes qui n’ont évidemment pas le même vécu derrière eux.

Une fois l’exécution terminée, il me présente une enveloppe déjà adressée.

– Puis-je te demander une faveur, Françoise ? Mettrais-tu la cassette à la poste pour moi ? Ici, en prison, on risque de prendre trop de temps pour l’envoyer. J’aimerais tellement que ma grand-mère, sur ses derniers jours aux soins palliatifs, m’entende jouer du piano avant de mourir. J’y chante aussi l’Ave Vermum. Je ne pourrais lui faire un plus beau cadeau de Noël. Son dernier Noël ici-bas…

– Mais oui, évidemment ! Veux-tu ajouter un message avant de partir ?

– Non !

Ce « non » solide et déterminé me surprend. À n’en pas douter, cette cassette porte secrètement un message de paix et une tentative de réconciliation avec une grand-mère déçue qui n’a jamais accepté de voir son petit-fils de quarante-cinq ans encore enfermé depuis des années dans une prison.

Bien sûr, une heure après mon départ du pénitencier, l’enveloppe est déjà en route pour le Bas-Saint-Laurent. Quant aux examens de piano, je me sens rassurée, Léopold vient de jouer sur la cassette avec une parfaite maîtrise. Et quelle sonorité ! De quoi obtenir les meilleures notes !

L’autre jour, j’ai bondi de ma chaise quand il m’a raconté sa dernière rencontre avec la psychologue du centre de détention.

– Elle m’a demandé si j’avais envisagé un échec éventuel lors de mes examens de piano.

– Quoi !!! Quand on veut gagner, on ne songe pas à l’échec, voyons donc ! Tu vas réussir, tu dois en être convaincu et avoir confiance. D’ailleurs, tu es prêt et tu as mis tous les efforts pour que ça marche. Faites-lui une grimace de ma part, à ta psy pessimiste.

J’ai regretté ma réponse par la suite, après mûre réflexion. La mise en garde de la psychologue a fait son bout de chemin dans mon esprit. Qui suis-je pour contredire son travail ? Moi, une simple professeure de piano bénévole qui n’y connaît rien en psychologie… Léopold mise énormément sur cet examen, je le sais, et il y va de son estime de soi. S’il fallait qu’il échoue, comment réagirait-il lui, l’être brisé, le prisonnier malheureux, lui, le trop sensible, lui, le vulnérable ? Je ne le montre pas mais, à partir de ce jour, je me sens inquiète. Pourquoi me suis-je embarquée dans cette galère ? Non, il ne doit pas rater l’examen…

Le matin fatidique, une tempête de neige paralyse toutes les routes de banlieue et les artères de la ville. Je pars une demi-heure à l’avance et arrive tout juste à huit heures au pénitencier, tel que prévu. Léopold, le visage blême, m’attend dans le vestibule vitré entre le hall d’entrée et la cour intérieure inaccessible aux visiteurs. Le gardien accompagnateur n’est pas encore arrivé, nous serons sûrement en retard. Je m’empresse d’obtenir du gardien en fonction la permission d’aller m’asseoir auprès de Léopold qui ne cesse de me faire des signes.

– Bonjour toi ! Alors on est prêt ! As-tu bien dormi ?

– Non, pas vraiment. J’ai reçu une mauvaise nouvelle, tard hier soir…

– Ah ! je suis désolée. Mais, ce matin, il faut oublier tout ça, mon ami. Cette journée s’avère importante pour toit et tu dois te concentrer là-dessus.

Léopold tient néanmoins à me préciser de quelle mauvaise nouvelle il s’agit.

– La semaine prochaine, je devais chanter l’Agnus Dei avec un type à la messe de Noël du pénitencier. Hier après-midi, nous avions une répétition avec la chorale. Marc, le gars avec qui je chante en solo, ne s’est pas présenté. On l’a fait appeler au micro mais il n’a pas répondu. Tout le monde a pensé qu’il avait oublié, ou encore qu’il ne se sentait pas bien. À l’heure du souper, toutes les activités ont été curieusement suspendues et on nous a gardé enfermés dans nos cellules toute la soirée. À onze heures, la nouvelle a fait le tour des wings : Marc a été trouvé pendu dans sa cellule au cours de l’après-midi.

– Ah ! mon Dieu ! Quelle horreur et quelle tristesse !

– Ce matin, Françoise, je vais jouer pour lui à l’examen…

Un peu plus et je me mettrais à pleurer. Comme la journée commence mal ! Nous décollons enfin en direction de la ville. Dans la voiture, le gardien et Léopold se montrent peu loquaces. J’essaye en vain de parler de tout et de rien, de m’exclamer sur les paysages féériques, de rire plus fort qu’il ne le faudrait. Une fois à destination avec plus d’une heure de retard, je me sens dans mes petits souliers.

La directrice nous accueille avec gentillesse et nous prête un studio. Comme convenu, afin que Léopold puisse s’adapter pendant quelques minutes au toucher du piano, lui qui travaille depuis des mois sur un petit clavier électronique installé dans sa cellule. Elle reviendra plus tard pour l’examen. Bravement, mon élève s’installe devant l’instrument et attaque son étude d’un mouvement ultra rapide et martelé. Il bute sur les premières mesures, se fourvoie une fois, deux fois, cinq fois, dix fois. Je vois bien que, trop énervé, il est devenu incapable de jouer. Piteusement, j’entrevois la dégringolade. C’est foutu, il n’y arrivera pas. Vers quelle déconfiture ai-je entraîné ce pauvre bonhomme ? Dans ma tête, je devine le regard sarcastique de la psy.

Je pousse un long soupir et, doucement, je pose une main tremblante sur l’épaule du pianiste pendant qu’il s’acharne toujours sur ses quatre doubles croches.

– Léopold, calme-toi. Il ne s’agit pas en ce moment, d’une question de vie ou de mort. Ne pense qu’à la musique. Une musique que tu adores… Oublie le reste de l’existence, imagine-toi seul dans ta cellule et joue ta sonate de Mozart comme tu aimes tant l’entendre. Écoute comme elle est belle sur ce piano. Laisse-toi aller, tu es capable, j’en suis convaincue. Et n’oublie pas : tu joues pour ton ami Marc. Et pour ta grand-mère. Pour toi surtout…

Je n’ose ajouter « et pour moi », car de présenter un détenu à l’école de musique où je suis affiliée représente un puissant défi pour moi. Enfin, les notes se mettent à s’enfiler les unes à la suite des autres comme un merveilleux collier de perles. Porteuses d’émotions, elle deviennent coulantes, chantantes, elles dessinent des arabesques dans le silence étouffant du studio. Je reconnais enfin mon bon élève. En quelques secondes, il réussit à m’emporter dans une autre sphère, plus loin et plus haut que ce studio, là où la musique existe à l’état pur, avec son intensité et les états d’âme qu’elle porte. Bach, Mozart, Chopin… Ils sont ici avec lui, avec nous. Je respire, Léopold va gagner la partie.

Il gagne en effet, quelques instants plus tard, quand je vois la directrice de l’école, qui joue le rôle d’examinatrice ce matin, fermer les yeux et se laisser bercer pendant un long moment sans plus considérer les partitions. C’est ça, Léopold, emporte-la, drogue-la, elle aussi, avec ta musique issue directement de ton cœur !

À la fin, je ne peux m’empêcher de battre des mains tant je suis contente… et soulagée ! L’examinatrice a également repris ses esprits :

– Monsieur, je ne peux vous allouer 100 pour cent ni 90 pour cent à cause d’un peu trop de lenteur mais pour le reste, vous avez fait un excellent travail. Je vous félicite et vous encourage à continuer. Voilà une belle réussite.

Quelqu’un a-t-il remarqué que j’ai des ailes en sortant de l’école de musique ? J’aurais le goût de sauter au cou de Léopold. Jamais je ne l’ai vu aussi souriant et détendu. Quelle belle victoire à savourer !

De retour au pénitencier, mon prisonnier me gratifie d’un baiser sur la joue en me murmurant à l’oreille :

– Tu sais, Françoise, tu n’as pas idée du grand changement que tu as apporté dans ma vie. Tu as fait toute une différence, tu m’as fait connaître la fierté. Rien ne sera jamais plus pareil.

Il ne se doute pas, le coquin, qu’il vient de me donner mon plus beau cadeau de Noël. C’est fou comme j’aurais le goût de m’agenouiller là, dans la neige, et de dire merci à la vie pour une telle joie.

La semaine prochaine, dernier cours avant le congé des Fêtes je vais apporter des duos de Noël. Lui et un autre de mes élèves, lui aussi détenu et lui aussi bon musicien, devraient parvenir à les jouer et y trouver du plaisir. On va rire. Et je vais demander aux autres de chanter. Avec le café qu’ils ne manqueront pas de préparer et les biscuits dissimulés en douce dans mon sac, ça nous fera une belle petite fête de Noël.

Note de l’auteure : Cet événement, que je n’oublierai jamais, a réellement eu lieu et tout s’est passé exactement de cette manière (voir : Mon cri pour toi)

Source : Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012. 


342e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA FÊTE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION (Catholique)


En souvenir de…

JOHN LENNON 1940-1980 – Auteur-compositeur-interprète, guitariste, écrivain, dessinateur, militant pacifiste et fondateur du groupe « The Beatles ».


Une année de plus sur le chemin de la vie…

Jean-Yves Marquis

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 17     NOUVEL AN : 24 


Pensée et citation du jour…

Ceux qui ont le pouvoir, n’ont pas toujours la sagesse de gouverner.

Carly


Ça s’est passé un 8 décembre…

(1969) Charles Manson est inculpé du meurtre de l’actrice Sharon Tate et de quatre autres personnes le 9 août à la Villa Polanski, en même temps que cinq de ses ‘disciples’: Charles Watson, Patricia Krenwinkel, Susan Atkins, Linda Kasabian et Leslie Sankston.

(1980) Alors qu’il s’apprête à entrer dans son appartement de New York en compagnie de son épouse Yoko Ono, John Lennon est blessé mortellement à coups de revolver par un Américain de 25 ans, Mark David Chapman, à qui il a signé un autographe quelques instants auparavant. Idole des années 60, l’ex-Beatles vient d’avoir 40 ans. En 1991, un prix Grammy (équivalent aux Victoires de la musique) lui a été remis à titre d’hommage posthume pour sa carrière exceptionnelle.

(2001) La campagne « Le Train des fêtes » du Chemin de fer Canadien Pacifique s’est amorcée vendredi à Montréal. Le convoi, décoré de 8 000 lumières, effectuera un parcours de 6 000 kilomètres jusqu’en Colombie-Britannique. La population est invitée à venir voir le train et faire des dons aux banques alimentaires. Une nouveauté cette année: deux trains font aussi une tournée aux États-Unis. Il y a deux ans, « le Train des fêtes » a permis de récolter plus de 500 000 dollars et 18 tonnes de nourriture.


Un pan de notre histoire : Redécouvrez la tradition de la Sainte-Catherine

La Une

À une certaine époque, au Québec comme ailleurs en Occident, on soulignait la fête de la Sainte-Catherine tous les 25 novembre. Une coutume toute québécoise est d’y confectionner et de manger la célèbre tire Sainte-Catherine. Retour sur cette fête qui précède l’avent et qu’on a un peu oublié de nos jours…

La fête de Sainte-Catherine, le 25 novembre, renvoie à une sainte des premiers siècles de le chrétienté : Catherine d’Alexandrie, qui serait morte en martyre au début du 4e siècle. Selon la légende, elle aurait accompli de nombreuses études et possédait un savoir érudit qui l’a amenée à se tourner vers Dieu et le christianisme.

Elle aurait réfuté les arguments de nombreux philosophes païens et aurait été tuée par l’empereur Maxence pour son refus de l’épouser. Pour cette raison, elle est considérée par l’Église comme la patronne des jeunes filles et des philosophes.

LES CATHERINETTES

Son culte est célébré en Europe depuis au moins le Moyen Âge, où sainte Catherine est devenue peu à peu la patronne des femmes en âge d’être mariées, mais qui sont toujours célibataires.

En France, nous rapporte un article du Réseau de diffusion des archives du Québec, les filles célibataires, qu’on appelait les Catherinettes, devaient d’abord se coiffer de statues de la sainte patronne à chaque 25 novembre. Peu à peu, la statue a été remplacée par des chapeaux aux teintes de vert et jaune, une pratique qui a depuis été récupérée par le milieu de la mode parisien.

Au Québec, les femmes âgées de 25 ans et plus portaient des chapeaux particuliers pour montrer à d’éventuels prétendants qu’elles étaient disponibles. Des fêtes familiales, communautaires et paroissiales étaient organisées où celles qui étaient appelées des « vieilles filles » pouvaient peut-être trouver un mari…

LA TRADITION DE LA TIRE SAINTE-CATHERINE

Pendant longtemps, au Québec, et ce, depuis l’époque de la Nouvelle-France, la Sainte-Catherine était à la tire de ce que la fête des Rois était à la galette ! On confectionnait des bonbons à base de mélasse, de cassonade et de beurre qu’on étirait, d’où le nom de « tire », pour ensuite les faire durcir et les déguster.

Cette friandise était appréciée par de nombreuses familles, les communautés religieuses féminines et dans plusieurs écoles du Québec avant les années 1960. La Sainte-Catherine était alors l’occasion de se sucrer le bec !

Cette tradition de la tire Sainte-Catherine est spécifique au Québec et aurait été introduite en Nouvelle-France par Marguerite Bourgeoys, la tradition orale au sein de la congrégation Notre-Dame soutient que « Marguerite aurait inventé la tire afin d’attirer les enfants à l’école, tant les jeunes françaises que celles des Premières Nations. »

La fondatrice de la première école montréalaise, dans une ancienne étable concédée par Paul de Chomedey de Maisonneuve, en 1658, aurait donc eu l’idée de cette friandise toute simple pour favoriser l’instruction des enfants. Selon M. Martel, cette version est fidèle à ce que nous connaissons de celle qui a fondé la congrégation de Notre-Dame.

Marguerite était une « femme ingénieuse, à l’esprit pratique, débrouillarde, sensible aux besoins de tous, qui savait s’adapter au contexte colonial, où la vie est difficile. »

Dans tous les cas, poursuit-il, « les sœurs de la congrégation Notre-Dame ont introduit rapidement cette tradition de fabriquer la tire dans leurs écoles pour fêter sainte Catherine d’Alexandrie. » Une tradition qui s’est ensuite répandue dans tout le Québec.

Source : Martin Lavallée, Le Journal de Montréal, cahier Weekend, 25 novembre 2023, p73


341e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’AVIATION CIVILE


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Josée FournierJason Michaud

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 18     NOUVEL AN : 25 


Pensée et citation du jour…

Il est toujours sage de regarder en avant, mais il est difficile de regarder plus loin qu’on ne peut voir.

Winston Churchill


Ça s’est passé un 7 décembre…

(1907) Un soir de tempête en 1903 à Copenhague un facteur du nom de Einar Holboell travaillait tard pour trier les cartes et les paquets de Noël lorsqu’il vit par la fenêtre deux jeunes enfants grelotants de froid. Il se dit: si toutes ces cartes et ces paquets pouvaient aussi être pour eux et alors il eut l’idée d’un timbre qui pourrait aider les enfants pauvres. Le timbre de Noël était né. Lorsqu’est arrivée la tuberculose, le mouvement de l’aide aux tuberculeux s’est saisi de l’occasion pour amasser des fonds pour combattre cette terrible maladie. Au Canada le premier timbre apparut en 1907 et existe depuis ce temps pour aider les Canadiens atteints de maladie pulmonaire, soit plus d’une personne sur cinq.

(1926) Commercialisation du réfrigérateur aux États-Unis. La société américaine Servel dépose un brevet d’invention pour un réfrigérateur ménager qui sera commercialisé à la fin de l’année. Fonctionnant au gaz, « silencieux et fonctionnel », l’appareil fut mis au point par des étudiants suédois: Carl G.Munters et Baltzar Von Platen. En 1939, le premier réfrigérateur à deux compartiments fera son apparition.

(1941) Dans l’archipel des Hawaii, à 7 heures 55, 183 avions nippons frappent par surprise la flotte américaine. À 8 h 45, une seconde vague de 170 appareils attaquent à leur tour déversant bombes et torpilles sur les cuirassés, les terrains d’aviation et les réservoirs de la base militaire. En 1h30 les forces nipponnes détruisent huit grands cuirassés, endommagent 159 avions au sol et provoquent la mort de plus de 2 000 personnes. Ce même jour, les Japonais débarquent en Malaisie et dans les Philippines.

L’objectif des Japonais, en guerre contre la Chine depuis 1937 est de prendre le contrôle de l’Asie du Sud-Est. Le 28 novembre 1941, Hitler assurait l’empereur du Japon de son soutien si celui-ci entrait en guerre contre les États-Unis. Le jour même de l’attaque de Pearl Harbor, le président des États-Unis, F.D.Roosevelt déclare la guerre au Japon. La guerre devient mondiale. Le Canada déclare la guerre au Japon après que la marine nippone ait attaqué la base navale de Pearl Harbour, à Hawaii, ce même jour. Le Canada déclare aussi la guerre à la Roumanie, la Hongrie, la Finlande et le Japon.


Dépannage économique dans la cuisine

La Une

À l’approche des réceptions du temps des Fêtes et aux soupers en famille ou entre amis, voici quelques moyens de dépannage dans la cuisine, que nous propose madame Chasse-Taches…

EN MANQUE DE PLATS DE CUISSON

Prévoyante pour les prochaines semaines, vous avez doublé vos recettes et malheureusement tous vos plats de cuisson se retrouvent au congélateur…

Palliez cette situation en tapissant les plats de cuisson de papier d’aluminium avant de les remplir de la préparation cuisinée. Déposez le plat au congélateur et une fois la préparation bien durcie, soulevez délicatement le papier du plat. Enveloppez le tout hermétiquement d’une deuxième feuille de papier d’aluminium et retournez votre recette au congélateur.

Lorsque viendra le moment de la dégustation, décongelez le plat congelé au réfrigérateur et glissez ensuite la préparation dans votre plat de cuisson pour la réchauffer.

DES CRISTAUX DE GLACE DANS LA CRÈME GLACÉE

Il se forme des cristaux peu invitants sur la crème glacée lorsqu’elle est recongelée après l’ouverture du contenant. Pour empêcher l’altération de la qualité du produit, couvrez la crème glacée d’une feuille de papier ciré ou d’un film alimentaire. Pressez fermement avec la main puisque c’est l’air qui est responsable de la formation des cristaux. Refermez le contenant et remettez-le au congélateur.

UN GÂTEAU QUI DÉBORDE DU MOULE

Une perte désolante ! Vraisemblablement qu’un moule à gâteau rempli plus qu’aux ¾ de la hauteur aura tendance à déborder en cours de cuisson. Pour éviter ce problème, remplissez plutôt quelques moules à muffins avec la pâte à gâteau superflue. Enfournez le tout et puisque la cuisson sera plus rapide, retirez les muffins du four à la mi-temps de la cuisson recommandée pour le gâteau.

RÉCUPÉRATION DES ALIMENTS

1- Le bouillon de cuisson de la fondue chinoise très gouteux permet de préparer une soupe appétissante dès le lendemain du souper entre amis.

2- Évitez de jeter les extrémités d’un fromage fraîchement coupé. Comme ces extrémités durcissent rapidement, appliquez-y une fine couche de beurre avant de ranger le fromage dans le bas du réfrigérateur.

3- Si les guimauves ont durci dans le sac ouvert, ajoutez deux ou trois tranches de pain. Les guimauves retrouveront leur souplesse en quelques jours. Pour éviter ce problème, conservez le sac de guimauves au congélateur. Elles ne sécheront pas, ne durciront pas et ne s’agglutineront pas et ne s’agglutineront pas en un bloc.

Source : Madame Chasse-taches, Le Journal de Montréal, cahier CASA, 2 décembre 2023, p19


340e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE NATIONALE DE COMMÉMORATION ET D’ACTION CONTRE LA VIOLENCE FAITES AUX FEMMES.


En mémoire de…

JOHNNY HALLYDAY 1943-2017 – Chanteur-compositeur-interprète et acteur français.


Une année de plus sur le chemin de la vie…

Pierre Despatie

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 19     NOUVEL AN : 26 


Pensée et citation du jour…

Quand on est allé si loin qu’on ne peut pas faire un pas de plus, on a seulement fait la moitié de ce qu’on est capable de faire.

Proverbe hollandais


Ça s’est passé un 6 décembre…

(1967) La ville souterraine de Montréal s’ouvre sur un parcours de 4,8 km, ce qui fait la plus longue place souterraine au monde. Mais-tenez vous bien, en 2005, à Montréal, la vie souterraine se déploie sur 30 km de couloirs… 2 000 immeubles, autant de magasins, 1 000 bureaux, sept hôtels, deux universités, un collège, 200 restaurants, 40 banques, 30 cinémas, 10 stations de métro… sous les tempêtes de neige, le froid. On peut y vivre 24 heures sur 24, 365 jours par année.

(1989) Marc Lépine (né Gamil Gharbi) entra dans l’École Polytechnique de Montréal, affiliée à l’Université de Montréal, à Montréal (Québec). Il pénétra dans un local où était donné un cours de génie, sépara les hommes des femmes sous la menace d’un fusil, se mit à crier à quel point il haïssait les féministes et commença à tirer sur les femmes. Il continua sa tuerie ailleurs dans l’édifice.

Il tua 14 femmes – 13 étudiantes et une secrétaire – avant de se suicider. Il laissa une note expliquant qu’il blâmait le féminisme pour les échecs de sa vie, dont sa non-admission au programme de génie, bien que les femmes ne constituaient alors que 20 pour cent des étudiants en voie de devenir ingénieur.

(1995) La nouvelle pièce de deux dollars commence à sortir des presses de la Monnaie royale canadienne à Winnipeg. La pièce de deux dollars sera mise en circulation le 19 février 1996 et remplace le billet de deux dollars.


Un pan de notre histoire : Enfin, un 3e lien… pour Montréal !

La Une

À l’automne 1899, les Montréalais aperçoivent une drôle de machine à quatre roues dans les rues de la ville. Ucal-Henri Dandurand conduit fièrement sa voiture, la première à Montréal.

Huit ans plus tard, on en compte 162, puis en 1920, on en dénombre plus de 13 000. Cette croissance est phénoménale. Dix ans plus tard, on parle de 65 000 voitures et, en considérant l’ensemble de l’île de Montréal, il y en aurait 10 000 de plus.

Évidemment, ces automobilistes réclament la construction d’un grand pont pour traverser le fleuve Saint-Laurent.

LA CONSTRUCTION DU 3E LIEN

Ce n’est pas simple de construire un pont pour enjamber un puissant fleuve comme le Saint-Laurent.

À l’époque, les automobilistes n’ont que deux options pour traverser le fleuve de Montréal vers la rive sud : utiliser un bateau traversier ou le pont Victoria.

Saviez-vous que lors de l’inauguration du pont Victoria en 1860, de nombreux journaux parlaient de cette infrastructure comme la 8e merveille du monde moderne ? Ce sont presque 3 km (2790 mètres) de long était à l’époque le plus long pont ferroviaire au monde.

Même si l’on a modifié la structure du pont Victoria pour accueillir des automobiles après 1899, il apparaît évident qu’une nouvelle construction s’impose avant que la congestion automobile bloque les rues de la métropole.

On confie alors cette tâche à la commission du Havre de Montréal. Le 27 janvier 1925, les commissaires font l’annonce du choix de l’emplacement de ce 3e lien. Il sera érigé parallèlement à l’avenue de Lorimier dans le quartier Sainte-Marie,

BUDGET DE 7 M$

Le projet complexe demandera de savants calculs auprès de nombreux ingénieurs canadiens et américains pour arriver à réaliser la puissante structure. Pour faciliter la traversée de l’immense pont, on se servira de l’île Sainte-Hélène comme appui à mi-parcours.

On confie à la Dominion Bridge Company le mandat d’ériger la structure métallique de l’ensemble. Son budget ? On parle de 7 millions de dollars. C’est le plus important contrat de son histoire. Deux autres compagnies se divisent le contrat pour les quais et les approches du pont pour 1,1 million de dollars.

L’envergure du chantier est titanesque, on doit mobiliser des milliers d’ouvriers pour construire ce pont de 3,4 km. Imaginez… en 2019, le pont Samuel-de-Champlain a coûté 3,977 milliards de dollars aux contribuables.

L’ancrage montréalais du nouveau pont se fait à la hauteur du Faubourg à m’lasse. Ses résidents voient évidemment leur quartier se défigurer par l’arrivée des piles de l’infrastructure.

Il faut aussi démolir des logements et exproprier des centaines de familles. Si la majorité accepte sans trop rechigner, l’homme d’affaires Hector Barsalou, propriétaire d’une usine familiale de savon qui a pignon sur rue en pleine zone d’expropriation, au 1600, de Lorimier, refuse catégoriquement.

La ténacité des hommes d’affaires force les ingénieurs à redessiner un tracé différent en y intégrant une courbe bien prononcée à l’extrémité nord de la structure. Ce contournement sera baptisé « courbe de la mort » et donnera rapidement le surnom de « pont croche » à la nouvelle construction. Le nouveau pont (alors à trois voies) est finalement ouvert à la circulation le 14 mai 1930. Il sera inauguré 10 jours plus tard.

QUEL EST SON NOM ?

Au départ, le nom de l’infrastructure n’est pas clair. Durant sa construction, les Québécois ont pris l’habitude de l’appeler le pont de la rive sud, mais on peut aussi lire dans certains documents le pont des Commissaires. Toutefois, lors de son inauguration, le premier ministre du Canada William Lyon Mackenzie King le nomme le pont du Havre dans un discours prononcé au téléphone depuis son bureau d’Ottawa.

Il faut attendre 1934, lors d’une célébration pour marquer le 400e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier au Canada (1534), pour qu’on rebaptise le pont en l’honneur du célèbre explorateur français.

Saviez-vous que, dès son ouverture, le pont est à péage ? Le montant à payer pour le traverser varie. Un prix est fixé pour les véhicules à traction animale, les automobiles à moteur, les piétons et même pour les troupeaux d’animaux qui l’empruntent pour se rendre jusqu’aux abattoirs de l’est de l’île. Le péage n’est aboli qu’en 1962.

TARIFS

Les automobilistes doivent payer 25 cents pour traverser le fleuve, mais le péage n’est pas que pour eux. Les passagers d’une automobile, les cyclistes et les piétons payent 15 cents. Les enfants de moins de 5 ans traversent gratuitement. Le péage pour les animaux se situe entre 3 et 15 cents et les véhicules tirés par une chèvre, 15 cents.

Source : Martin Landry, historien, Le Journal de Montréal, cahier Weekend, 25 novembre 2023, p70


339e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES BÉNÉVOLES


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Kim Angelina Légaré

Bon anniversaire !


On jase là…

Étant un amateur de hockey, et fanatique des Canadiens de Montréal, je reste persuadé que l’avenir est en train de se bâtir de la bonne façon. Mais une chose que j’aimerais voir s’améliorer : ne pas insister et attendre le jeu parfait en attaque, par contre, ils devraient lancer au filet plus souvent en zone offensive. C’est mon souhait pour la nouvelle année.


Décompte…

NOËL : 20     NOUVEL AN : 27 


Pensée et citation du jour…

La politesse est le ciment du couple.

Guy de la Rigaudie


Ça s’est passé un 5 décembre…

(1902) Guglielmo Marconi émet les premiers signaux de radio audibles sur une distance de 3 200 kilomètres par-delà l’Atlantique, depuis son poste de Glace Bay au Cap Breton jusqu’à Poldhu en Angleterre. Un an auparavant, l’ingénieur italien avait transmis un premier signal de test, de Poldhu jusqu’à Signal Hill à Saint-Jean de Terre-Neuve, répétant à de multiples reprises la lettre ‘S’.

(1945) Cinq avions torpilleurs Avenger, formant le vol 19 et équipés d’un matériel de navigation sophistiqué, quittent la base aéronavale de Fort Lauderdale, en Floride, pour une mission de routine. Tout se déroule normalement lorsque, soudainement, au bout d’une heure et demie de vol, le lieutenant Charles G. Taylor informe avec inquiétude la tour de contrôle qu’ils sont perdus et ne peuvent plus distinguer la surface de l’océan.

La tour demande alors aux appareils d’aller vers l’Ouest, mais la réponse de l’officier est encore plus surprenante que la première: « Nous ne savons pas où est l’Ouest. Tout est faux, étrange. Nous ne sommes sûrs d’aucune direction. Même l’océan ne semble pas comme d’habitude ». Le contact radio ayant été rompu, un gros hydravion bimoteur « Martin Mariner » est envoyé au secours des appareils, mais il disparaît à son tour, tout aussi mystérieusement. Six avions et 27 hommes se sont ainsi évanouis en quelques heures sans qu’aucune explication rationnelle soit apportée par la commission d’enquête de la Marine ni par diverses’ révélations’ ultérieures.

(2008) L’ancien joueur de football O.J. Simpson a été condamné à 15 ans de prison ferme à Las Vegas pour vol à main armée et enlèvement, 13 ans après un acquittement très controversé dans une affaire de double meurtre.


Message des conducteurs de chasse-neige

La Une

À l’approche des chutes et des tempêtes de neige, voici des conseils d’experts. Il est important que chaque usager de la route prenne quelques minutes pour lire ceci, peut-être apprendrez-vous quelque chose et ainsi sauverez-vous bien des frustrations, accidents et même, des vies.

  • Un chasse-neige peut mesurer jusqu’à 16 pieds de largeur avec son aile déployée, une ampleur de 3 voitures.

  • Il peut peser jusqu’à 34 000 kg (75 000 lbs), c’est le poids de 30 voitures.

  • La visibilité du conducteur est grandement réduite à cause des équipements.

  • La vitesse d’épandage optimale est de 40 km/h.

  • La vitesse maximale de déblayage est de 50 km/h.

  • Nous devons ralentir de beaucoup notre vitesse pour bien effectuer notre travail, entre autres, à l’approche des glissières de sécurité (garde-fous), bordures de béton, trottoirs et tout autres obstacles.

  • La gratte avant doit dépasser la ligne jaune médiane lors du déneigement et l’épandage doit se faire sur la ligne médiane pour de meilleures résultats.

  • Aux intersections, nous devons faire plusieurs manœuvres de reculs pour bien faire notre travail, rappelez-vous que notre visibilité est très mauvaise, surtout du côté droit.

  • Nos virages à droite sont extrêmement larges.

Donc en résumé, nous sommes gros, nous sommes lents, nous ne sommes pas très manœuvrables, nous empiétons sur l’autre voie et nous ne voyons pas très bien. Alors aidez-nous à vous aider.

CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE, OU DEVRIEZ FAIRE

  • Gardez une distance sécuritaire à l’arrière. Cela évitera que vous soyez aveuglé par les rafales de neige et ça nous permet de mieux vous voir.

  • Soyez visible. Gardez vos phares allumés, ne pas seulement vous fiez sur vos lumières de jour.

  • Quand vous croisez un chasse-neige à sens inverse, collez votre droite et ralentissez. Nous empiétons sur votre voie et nous y resterons.

  • Si vous nous dépassez, faites-le prudemment mais sans vous attarder à côté de nous.

  • NE JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS passer à notre droite. JAMAIS !

  • Aux intersections, laissez-nous de l’espace pour manœuvrer. Si nous sommes immobiles, prenez le temps de juger si votre passage est sécuritaire, si nous sommes en mouvement, immobilisez-vous et soyez certain d’être visible.

  • Ne dépassez pas dans les courbes ou les pentes, ou si vous ne voyez pas bien. Une rafale de neige peut se produire à tout moment et vous faire perdre la route.

  • Rappelez-vous que nous ne voyons pas très bien et nous sommes constamment aveuglé par la neige et l’eau qui remonte sur nos vitres.

ET POUR TERMINER

  • Nous sommes sur la route lors des pires conditions avec le plus gros des véhicules possibles, qui n’est pas très rapide et qui offre une très mauvaise visibilité, avec lequel nous effectuons une course à obstacle sans fin.

Nous travaillons souvent de longues heures et le faisons pour vous.

Aidez-nous à vous aider. Ne soyez pas un obstacle de plus.

Source : Facebook


338e jour de l’année

On jase là…

Dans tout travail, profession, spécialité, et médecine, il en existe des bons, des moins bons, des médiocres et carrément des incompétents. Le Journal de Montréal révélait hier des cas de grossophobie, où les médecins disent n’importe quoi. Par exemple, cette femme obèse à qui le médecin a dit : Ça ne se peut pas qu’une fille grosse comme toi n’ait pas de diabète de grossesse. C’est impossible. Cette médecin, en plus d’être incompétente et grossière a dû sécher des cours pour en arriver là !


Décompte…

NOËL : 21     NOUVEL AN : 28 


Pensée et citation du jour…

Il y a deux choix de base dans la vie : accepter les choses telles qu’elles sont ou accepter la responsabilité de les changer.

Denis Waitley


Ça s’est passé un 4 décembre…

(1909) L’équipe de hockey Les Canadiens de Montréal voit le jour. Jean-Baptiste Laviolette a été le premier joueur du Canadien de Montréal. Hockeyeur, joueur de crosse, aviateur et pilote automobile, Jack Laviolette fut pendant 15 ans l’athlète le plus populaire à Montréal. Trois faits d’armes qui assurent sa pérennité dans les encyclopédies du hockey. Mais l’histoire a oublié qu’il a aussi été l’athlète le plus casse-cou, le plus populaire et le plus progressiste de sa génération. Pour avoir une idée de la grandeur du personnage, imaginez Guy Lafleur et Gilles Villeneuve dans un seul corps.

(1954) Le premier restaurant de la chaîne est ouvert cette date, à Miami sous le nom d’Insta Burger King par James McLamore et David Edgerton, deux étudiants de la School of Hotel Administration de l’Université Cornell. McLamore avait visité le restaurant appartenant aux frères Mc Donald à San Bernardino en Californie et, comprenant le potentiel d’un tel service de restauration, décidé d’en créer sa propre version.

(1980) Deux mois après la mort du batteur John Bonham, les membres restant de Led Zeppelin annoncent la fin du groupe phare du rock des années 1970. Led Zeppelin est un groupe de rock britannique fondé en 1968 à Londres par Jimmy Page (guitare), avec Robert Plant (chant), John Paul Jones (basse, claviers) et John Bonham (batterie), et dissous à la suite de la mort de ce dernier, en 1980.

À travers un son dominé par la virtuosité et les riffs de son guitariste, la voix puissante de son chanteur pouvant aller jusqu’à des octaves très élevées, par l’excellence de son bassiste/claviériste/arrangeur ainsi que par la technique, le groove et l’inimitable et si souvent samplée « force de frappe » de son batteur, Led Zeppelin est toujours considéré, plus de trente ans après sa séparation, comme l’un des plus grands groupes de rock tant pour sa réussite artistique, son succès commercial que pour son influence et son prestige.


Les mésaventures de la famille Titite

La Une

Voici le premier conte de Noël de 2023. Spécialement pour les petits au cœur d’ange…

Au commencement de cet hiver-là, madame Titite et son mari avaient réussi à s’introduire, pendant la nuit, à l’intérieur d’une école par une porte donnant dans la cour de récréation. Le concierge l’avait par mégarde laissée entrouverte. Le papa et la maman souris étaient bien contents d’avoir enfin trouvé un abri pour leurs petits qui allaient naître bientôt. L’hiver arrivait à grands pas, et madame Titite ne se voyait pas mettre ses bébés au monde dehors, à la belle étoile, par un soir de grand froid ou de tempête.

Certains de ne pas être dérangés, ils s’installèrent donc au sous-sol de l’école, bien au chaud parmi les boîtes de carton vidées de leurs décorations de Noël et entassées dans un coin. Monsieur Titite grugea un grand trou dans l’une des boîtes tandis que madame Titite mâchouilla du papier pour l’entasser au fond afin de former un nid douillet.

Six petites souris vinrent au monde quelques semaines plus tard. Elles étaient adorables avec leurs museaux blancs comme celui de leur mère et leur petite queue en forme de virgule comme celle de leur père. Leurs parents s’en montraient très fiers et prenaient grand soin de ces mignonnes petites bêtes déjà grouillantes et pleines de vie.

Chaque jour après quatre heures, une fois que les élèves avaient quitté l’école et que la directrice avait fermé à clé la grande porte d’entrée, toute la famille de souris montait se nourrir à la cafétéria. Les petits bébés souris aimaient bien téter leur mère, mail ils adoraient aussi les restes de repas que les enfants laissaient sous les tables et les chaises après l’heure du midi.

Monsieur le concierge ne venant balayer et faire le ménage qu’en soirée, les souris avaient tout leur temps pour avaler les miettes et les morceaux de sandwiches tombés par terre. Les poubelles aussi regorgeaient de fruits et de légumes scrupuleusement emballés par les mamans et délaissés par les enfants. Les souris s’en délectaient. Miam ! Miam ! Que c’était bon, les bouts de carottes, les concombres et les poivrons verts dont les élèves n’avaient pas voulu ! Après son festin, la petite famille Titite redescendait au sous-sol à la première alerte et au premier bruit.

Le drame débuta le 21 décembre, au moment où le concierge ferma définitivement l’école toute propre pour les vacances de Noël. Finis le brouhaha dans les corridors, le va-et-vient des élèves, le glissement des chaises sur les planchers. Plus de craquements, plus de sacs d’école qu’on laisse tomber par terre, plus d’enfants dans le vestiaire qui s’habillent pour aller jouer dehors. Et… plus de restes de repas ni de miettes à la cafétéria pour les souris ! Rien ! Il ne restait plus rien que le silence effrayant, dans toute la bâtisse.

Monsieur et madame Titite ne comprenaient pas ce qui se passait, ni pourquoi personne ne venait plus à l’école. Les bébés souris braillaient toute la journée, ils allaient sûrement mourir de faim… Un bon matin, monsieur Titite, désespéré, partit à la recherche de nourriture.

– Je vous promets de trouver quelque chose, mes amours. Ne vous inquiétez pas.

À vrai dire, il n’y croyait guère. Il commença par faire le tour des portes de l’édifice : toutes étaient fermées à clé. Il pensa aux soupiraux et aux bouches d’aération. Tout était fermé ou bloqué par des bancs de neige. Pas moyen de sortir de cette satanée d’école ! Il se dirigea alors vers le bureau de la secrétaire. Il savait qu’elle gardait des chocolats dans un tiroir de son bureau, car elle en offrait parfois au professeur d’éducation physique, en fin d’après-midi, quand tout le monde était parti. Peut-être monsieur Titite pourrait-il atteindre le tiroir en grimpant à l’arrière du bureau ? Hélas ! la boîte de chocolats avait disparu.

Il alla ensuite fouiner dans la salle des professeurs, dans la bibliothèque, dans le local de l’infirmière, de la psychologue, de l’orthopédagogue. Il fouilla dans toutes les remises, les armoires, les fonds de vestiaire. Mais il ne dénicha aucune trace de nourriture.

Le pauvre papa souris ne put s’empêcher de se frotter les moustaches en retenant ses larmes. Sa famille allait mourir de faim dans peu de temps s’il ne trouvait pas de solution… Triste et découragé, il tournait en rond dans le corridor du deuxième étage, n’ayant pas le courage de redescendre au sous-sol annoncer la mauvaise nouvelle à sa femme.

Soudain, il s’arrêta net, le souffle coupé, devant la porte d’une classe légèrement entrouverte. Ah ! Quelqu’un avait-il oublié de refermer la porte de la troisième année ? Il avança prudemment, à petits pas. C’était là sa dernière chance. Qui sait si un élève n’avait pas laissé traîner un peu de nourriture dans son pupitre ? Une tablette de chocolat ou un sac de biscuits, peut-être ? Ce serait mieux que rien. Silencieusement, il fit une prière, le cœur serré : « Mon Dieu, aide-moi ! Sauve mes enfants ! »

Il fit le tour de chacun des pupitres et de chaque siège, il examina attentivement le bureau de l’institutrice, chacune des armoires, chaque rayon de l’étagère. Il longea le tableau, scruta la bibliothèque, mais en vain. Monsieur Titite ne trouva rien.

Il allait quitter les lieux, la tête basse, lorsqu’il aperçut, dans un coin de la classe, monté sur une petite table, un magnifique, un mirifique, un merveilleux sapin de Noël tout décoré. L’institutrice et ses élèves y avaient placé dessous des bonbons des toutes les formes. Des bonbons ! Le papa souris se mit à rire en se frottant les oreilles.

– Sapristi ! s’écria-t-il, j’avais oublié que c’était Noël !

Émerveillé, il découvrit sous l’arbre des guirlandes de réglisse, des cannes de bonbons, des clochettes en pâte d’amande, des étoiles en pain d’épices, des boules de sucre. Monsieur Titite n’en croyait pas ses yeux. Son museau et ses babines se mirent à trembler de soulagement et de bonheur. Sa famille était sauvée !

Il tomba sur le dos et remercia le ciel. « Ah ! merci, mon Dieu, merci ! Mes enfants vont survivre ! » Trop pressé d’aller chercher sa famille endormie au sous-sol, il ne vit pas le sourire du petit Jésus de la crèche placée sous l’arbre et il ne devina jamais que c’était lui qui avait miraculeusement entrouvert la porte de la classe. Une fois en bas, le papa souris réveilla toute la famille.

– Venez vite, c’est Noël, c’est Noël ! Un miracle est arrivé ! J’ai trouvé de quoi manger !

Les bébés se jetèrent sur la nourriture comme des affamés. Enfin, enfin ! Ils avaient quelque chose à se mettre sous la dent ! Et pas n’importe quoi ! Que des friandises ! Miam ! Miam ! Ils n’arrêtaient pas de se lécher les babines.

À la fin des vacances de Noël, quand les élèves revinrent à l’école, on se demanda bien qui avait pu grignoter ainsi toutes les décorations du sapin dans la classe de mademoiselle L’Espérance. Puis, on défit l’arbre et on l’oublia.

Le concierge descendit les autres décorations de Noël au sous-sol, et par un pur hasard, il rangea le petit Jésus de cire dans la boîte qui servait de nid à la famille Titite. Cachées derrière une poutre, les souris se gardèrent bien de bouger et de montrer le bout du museau tant que l’homme ne fut pas remonté à l’étage.

C’est ainsi que, sans que personne ne s’en doute dans l’école, les bébés de la famille Titite continuèrent de grandir en allant se nourrir des miettes tombées sur le plancher de la cafétéria et en dormant bien au chaud, blottis contre le petit Jésus de cire de la crèche de Noël.

Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012. 


337e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES


En mémoire de…

ANDRÉ GAGNON 1936-2020 – Pianiste québécois de réputation internationale.


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Diane Fleury

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 22     NOUVEL AN : 29 


Pensée et citation du jour…

Le malheur peut être transformé en bonheur tonique en changeant notre attitude mentale.

William James


Ça s’est passé un 3 décembre…

(1917) Un premier train traverse sans encombre la structure dont la construction avait débuté en 1900, et qui a été la scène de deux effondrements en 1907 et en 1916. Il s’agit du plus long pont de ce genre au monde et il l’est toujours. Le pont était terminé depuis le 20 septembre. Une fois le travail exécuté, des bateaux situés à proximité de ce que les journalistes appellent la «huitième merveille du monde» font entendre leurs sifflets.

Un premier train à marchandises, propriété du Transcontinental, passera sur le pont de Québec le 3 décembre 1917. On prévoit que d’ici quelques semaines ce sera au tour d’un train à passagers de circuler sur la nouvelle structure. Il faudra toutefois attendre le 22 septembre 1929 avant que le pont de Québec ne soit finalement ouvert aux automobiles.

(1936) La première caisse populaire francophone à voir le jour au Nouveau-Brunswick a été fondée au village de Richibouctou en août 1916, mais l’entreprise a connu peu de succès. C’est en décembre 1936 qu’a été fondée la plus ancienne caisse populaire à faire partie de la Fédération des caisses populaires acadiennes, soit la Caisse populaire de Petit-Rocher.

(1995) Une bombe ébranle le vénérable Forum, alors que le directeur général du Canadien, Réjean Houle annonce que Patrick Roy est suspendu et qu’il tentera d’échanger le gardien de buts dans les plus brefs délais. Lors d’une désastreuse défaite de 11 à 1 contre Detroit la veille, Roy s’était adressé au président Ronald Corey, en passant devant l’entraîneur Mario Tremblay, pour lui annoncer qu’il venait de jouer son dernier match à Montréal.


Ygreck, et ses perles de novembre

La Une

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de novembre, publiées dans le Journal de Montréal.


336e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE


En mémoire de…

JEAN BÉLIVEAU 1931-2014 – Joueur, capitaine, vice-président et embassadeur des Canadiens de Montréal.


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Jean-Guy Carrier

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 23     NOUVEL AN : 30 


Pensée et citation du jour…

L’amour est avant tout le don de soi-même.

Jean Anouilh


Ça s’est passé un 2 décembre…

(1893) L’Hôpital Royal Victoria a été construit au sommet de ce qui est maintenant la rue University, sur le versant du mont Royal, où il est encore aujourd’hui. Tout comme l’Université McGill, l’hôpital était alors situé en zone rurale. L’accessibilité pour les étudiants de McGill et les bénéfices de l’air frais pour la santé sont les deux raisons qui influencèrent le choix de l’emplacement. Conçu dans le style écossais par l’architecte londonien Henry Saxon Snell, l’hôpital avait pour mission de soigner tous les malades, quelle que soit leur race ou leur croyance. Très moderne pour son époque, le HRV a été salué comme le meilleur et le mieux équipé sur le grand continent américain.

(1969) Un brasier d’une puissance inouïe détruisait complètement la résidence Le Repos du vieillard, à Notre-Dame-du-Lac, tuant 39 de ses occupants. L’élément destructeur, allumé d’une main criminelle, s’était déclaré aux alentours de 6h ce jour-là. En 10 minutes, les flammes avaient rayé de la carte l’immeuble de bois et tué tous ces gens, alors qu’une trentaine de personnes avaient pu évacuer les lieux à temps.

(1982) À Salt Lake City, Barney Clark, un dentiste âgé de 61 ans, devient le premier être humain à recevoir un cœur artificiel. La pompe de polyuréthanne le gardera en vie jusqu’au 24 mars 1983.


In Memoriam – Lucie Nantel 1931-2011

La Une

Bonjour maman. Douze années se sont écoulées depuis ton départ vers un monde de délivrance. Si le temps adouci la peine, chaque premier jour de décembre, le souvenir de cette triste nuit occupe toujours mes pensées.

Mes émotions sont ambivalentes, passant de la tristesse de ton absence, à la sérénité de te sentir heureuse pour l’éternité.

Les années passent mais les souvenirs demeurent présents et je pense souvent à toi.

Là-haut sur ton étoile, avec papa qui t’a rejoint depuis quelques années, je suis sûr que vous avez repris vos parties de cartes. Mon plus grand désir est que tous les deux, puissiez continuer de veiller sur nous et guider nos pas sur le chemin qui nous est destiné, jusqu’au jour des retrouvailles au paradis.

Je t’aime…

« Une mère, c’est si beau que même Dieu en a voulu une. »


335e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA FÊTE NATIONALE DE LA ROUMANIE

LA JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

André Stock

Bon anniversaire !


Décompte…

NOËL : 24     NOUVEL AN : 31 


Pensée et citation du jour…

Garde d’abord la paix en toi, ensuite tu pourras l’apporter aux autres.

Thomas Grandpré


Ça s’est passé un 1er décembre…

(1899) À Montréal, le pont Victoria est ouvert à la circulation pour les voitures et les piétons. À la suite de travaux qui ont duré deux ans, le pont inauguré en 1859 est muni d’une nouvelle structure à poutres d’acier. Il comporte deux voies de chemin de fer, une pour les voitures et une autre pour les tramways, de même qu’un trottoir pour piétons.

(1929) Un vendeur de jouets à la faillite découvre par hasard dans un carnaval que des gens jouent à un jeu qu’ils appellent beano. Un préposé tire des petits disques sur lesquels est écrits un numéro et les participants posent une fève (bean) sur un carton. Le joueur qui complète une rangée horizontalement ou verticalement crie beano.

Par malheur pour Edwin S. Lowe, il n’y a plus de place et il doit se contenter de regarder et ainsi d’apprendre les modalités du jeu. De retour chez lui, il organise une soirée, invite des amis, des connaissances et leur fait découvrir ce jeu de beano. Au cours de la soirée, un gagnant tout excité se trompe et crie… BINGO. Un nouveau jeu vient de naître et un millionnaire aussi.

(1982) Lancement de l’album Thriller de Michael Jackson, qui deviendra le plus vendu de tous les temps, avec plus de 40 millions d’exemplaires. On en tirera des 45-tours également vendus à des millions de copies. L’album resta 173 semaines, dans les palmarès britanniques.


À deux mains dans le plat de bonbons

La Une

Mais, quelle mouche a piqué certains dirigeants d’institutions et présidents de mouvements collectifs en profitant de l’argent des autres pour se payer du bon temps.

Après les frasques monétaires répétées des lieutenants gouverneurs canadiens, de Rumina Velshi, présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, voilà que Magalie Picard, présidente de la FTQ décide de visiter Dubaï dans le cadre de la COP28.

Des voyages à l’étranger pour toutes sortes de causes bidon qui, souvent sont très loin de leur champ de compétences. Hôtels luxueux, voyages en première classe et restaurants renommés et avec des prix exorbitants, on y met le paquet sans débourser un seul dollar de leurs propres poches.

Récemment c’était le scandale de l’Office de consultation publique de Montréal qui pigeaient dans le plat de bonbons sans retenue aucune depuis des lunes. Rien de trop beau. Le prestige n’a pas de prix. On les a foutus à la porte, mais si le chat n’était pas sorti du sac, ils seraient encore là, pour en profiter odieusement !

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg !

DUBAÏ

Lorsque j’ai pris connaissance du séjour de la présidente de la FTQ à Dubaï, qui n’est pas le Nunavut en novembre soit dit en passant, j’ai eu une réaction instantanée. « Que fait-elle là-bas, alors que son monde se fait geler le cul sur les lignes de piquetage, sans salaire ? Sa place est au Québec, en plein conflit avec les travailleurs de la santé et de l’éducation. »

La COP28, quel est l’intérêt qu’une présidente de la FTQ soit présente à l’autre bout du monde pour une conférence mondiale sur les changements climatiques ? Une belle visite sur le bras. Un non-sens et une erreur majeure qui devrait provoquer sa destitution.

Elle a carrément manqué de jugement, celle qui, récemment, qualifiait les offres patronales de « marde ». Vous n’êtes pas digne d’occuper votre poste. Allez-y sur les lignes de piquetage, c’est votre devoir de vivre ce que vous membres vivent, salaires en moins.

Les officiers syndicaux, ces motivateurs, encouragent les grévistes avec des paroles provocantes, les motivent à continuer les moyens de pressions, à se battre. C’est tellement facile quand tu as toujours ton salaire de motiver les troupes qui elles, doivent se contenter d’un fond de grève qui n’arrive même pas à permettre de faire son épicerie.

Dans ma vie, j’ai été officier syndical et connu une grève de six semaines sans salaires et croyez-moi, ça prend des mois avant de reprendre le dessus une fois le conflit terminé. Je pense que les grèves sont dépassées de nos jours, on est plus dans les années ’70 parce que souvent, même si c’est légitime de vouloir améliorer son sort, ces syndiqués, à la base, ont tout de même de bonnes conditions de travail acquises au fil des années. Il faut être plus subtils.

PROBLÈMES GÉNÉRALISÉS

Abuser de ses pouvoirs c’est une maladie qui se répand de plus en plus par ces dirigeants, tant du côté privé que gouvernemental et public. Ils ont de gros salaires avec des primes de départ souvent faramineuses dans des contrats de travail odieusement avantageux et ne se privent de rien pour représenter leurs institutions.

Certains ont même mis sur leur compte de dépenses, une boîte de gomme. C’est carrément de l’exagération et du vol impuni. C’est insultant !

Si on pouvait voir et lire le contenu de leurs conditions de travail, on serait enragé pendant 20 ans; des avantages fiscaux, des actions à profusions et d’autres conditions farfelues mais à leur avantage.

On le constate chaque année; les PDG de partout, même avec une baisse de revenu de leur société ou des rendements négatifs, se donnent des bonis et des primes au rendement indécents. La misère des riches.

Par contre, ils demandent à leurs subalternes de performer, sous peine de congédiement.

Définitivement, plus tu en as, plus tu en veux. C’est sans limite !

Alors des abus comme on en apprend depuis quelques temps devraient être remboursés sur le champ. Oubliez ça ! Quand tu es dans cette classe de la société, tu peux tout te permettre et parler des deux côtés de la bouche. Souvent ces dirigeants ne font pas ce qu’ils prêchent. Un seul mot les qualifie : des profiteurs de tout acabit.


334e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LE DÉBUT DE L’AVENT (religion catholique)


On jase là…

Le salaire moyen d’un enseignant au Québec est de 62 800 $. Selon la présidente de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Mélanie Hubert, s’ils n’obtiennent ce qu’ils demandent dans une nouvelle convention collective, elle annonce, convaincue, que beaucoup vont quitter la profession. On nous prend vraiment pour des imbéciles quand on affirme qu’un salaire de cet ordre poussera les professeurs vers la sortie et s’orienter ailleurs. Bien oui madame Chose… ils vont tous cracher sur 1200 $ par semaine…


Pensée et citation du jour…

L’esprit s’enrichit de ce qu’il reçoit, le cœur, de ce qu’il donne.

Victor Hugo


Ça s’est passé un 30 novembre…

(1900) Commercialisation du Meccano, un jeu de construction à base d’éléments à l’origine entièrement métalliques. Les modules standard préfabriqués étaient des lames métalliques perforées au pas de ½ pouce (1,27 cm) : dès le début, la collection d’éléments très étendue comportait des cornières, des plaques, des axes, des roues et des engrenages en laiton car le but initial était l’initiation à la mécanique. Bien entendu, l’originalité de l’invention est le pas constant des trous d’assemblage qui se fait au moyen de vis et d’écrous.

(1987) Naissance de RDS, le Réseau des Sports et première chaîne de télé française entièrement consacrée aux sports au Québec. Elle diffuse 24 heures par jour des événements sportifs ainsi que des nouvelles du monde du sport. Elle figure comme étant la première station francophone au monde du genre. RDS fut inaugurée le 1er septembre 1989. Elle a deux stations jumelle sur la télé numérique, soit la chaîne RDS2 ainsi que RDS Info. Elles sont les équivalents francophones du canal canadien-anglais The Sports Network (TSN).

(1992) Anne Hébert remporte pour la troisième fois un des grands prix littéraires du Gouverneur général, alors que le jury couronne son plus récent roman, « L’Enfant chargé de songes ».