Malaise et déception

BilinguismeÉtant un ardent défenseur de la langue française sous toutes ses formes, je déteste qu’on ridiculise ma langue, qu’on n’y attache aucune importance ou qu’on la traite de façon dérisoire. C’est le malaise que j’ai ressenti pour une seconde fois jeudi soir dernier, lors de l’assemblée des propriétaires de maisons, à Pioneer Village. La première fois, lors de la soirée Bingo-Crème glacée, j’avais ressenti le même dérangement. Des traductions inexistantes, voire boiteuses, qui sont de mauvaise foi et de très mauvais goût. On a l’impression que ça devient une corvée tout en étant un irritant pour les anglophones qui ont le plein contrôle des activités. C’est décevant, pathétique et gênant.

Depuis un an, les francophones ont demandé une traduction de certains documents légaux qu’ils doivent signer avec l’administration du parc. Une demande légitime lorsqu’on constate que nous représentons plus de 40% de la clientèle. Ils ont aussi demandé qu’une traduction des explications et consignes soit donnée lors d’activités culturelles ou regroupant les deux communautés, du moins pour une meilleure compréhension des francophones qui ne maîtrisent pas nécessairement la langue.

Si l’administration a accepté de fournir les documents dans les deux langues, c’était un grand pas en avant et probablement que le côté pécuniaire a aidé. Mais pour le reste, soit le comité social et l’association des propriétaires de maisons, il en est tout autre. C’est comme tenter de décrocher la lune. Je ne fais pas partie d’aucun comité et l’opinion que je livre ici, n’implique que moi.

À la lumière de ce qui se passe, il m’apparaît clair que les deux communautés peuvent cohabiter sans problème, en autant que les francophones ne tirent pas la couverture de leur côté. Je perçois des tensions. Les cultures sont différentes, les coutumes également. Ce n’est un secret pour personne que les francophones d’Amérique sont inondés dans une mer d’anglophones et les tensions, si minimes soient-elles entre ces deux communautés, perdurent depuis des siècles. Nous sommes en Floride, aux États-Unis, et la langue officielle est l’anglais, point à la ligne. À nous de s’y conformer!

Alors, pourquoi insister à vouloir avoir des accommodements en français? Pourtant, chez-nous on connaît ça des accommodements raisonnables. Pourquoi mettre des énergies à bilinguiser? On a beau vouloir assigner du personnel bilingue, pour la traduction, rien n’y fait! On regarde les anglophones dans la salle et c’est comme si on tombait de nulle part comme des martiens. Ça les irrite et certains ne comprennent pas. J’ai même entendu quelqu’un dire – In english please, lorsque quelqu’un osait traduire. Et on ne demandera certainement pas aux américains d’apprendre le français. Nous sommes chez eux!

Moi, je n’y crois plus! Au moins, on aura essayé! Je me questionne même sur l’édition anglophone du Village, quand je constate que l’effort ne se fait que d’une seule part et sans que l’ouverture culturelle ne se fasse. Je suis d’avis que les activités organisées par la communauté anglophone devraient se dérouler uniquement en anglais, comme il en a toujours été ainsi. De toute façon et de toute évidence, la majorité francophone comprend très bien la langue de Shakespeare. Par contre, lors d’activités francophones approuvées par le comité social, celles-ci devraient se dérouler uniquement en français. D’ailleurs, la pétanque en est un bel exemple. Ça ne changerait rien, puisque les anglophones en très grande majorité, exception faite du Variety Show, ont boudé tous les autres événements culturels francophones.

Voyez-vous, pour revenir aux deux événements du début, le Ice cream bingo du 5 mars a été un fiasco de traduction et la réunion du HOA de jeudi dernier l’a été tout autant. Guy Martin s’est vu interdire son droit de traduire parce qu’il n’était pas propriétaire d’une maison. C’était n’importe quoi! Je ne sais pas mais j’ai eu l’impression qu’il était persona non grata. Par contre, Pierre Marcotte a impeccablement traduit les derniers instants de l’assemblée, mais hélas, c’était trop peu trop tard et, du côté du président, ça sentait l’improvisation.

En définitive, tant qu’à galvauder la langue française et la traiter sans respect, autant se conformer à la langue du pays et oublier toutes les tentatives qui ont été amorcées depuis l’hiver dernier. C’est un coup d’épée dans l’eau, parce qu’il n’y a aucune volonté des comités de régler la question. Pour conserver l’harmonie, concentrons-nous sur la francophonie entre nous! Je suis ici en vacances et pour oublier les rigueurs de l’hiver québécois et me divertir. C’est connu; les français se regroupent ensemble, les anglophones font de même et c’est la même chose dans toutes les communautés linguistiques mondiales. On n’a pas inventé la roue!

5 réflexions au sujet de « Malaise et déception »

  1. Quoique nous n’étions pas à la réunion, Lise et moi partageons entièrement tes dires. Tu viens de traduire exactement notre ressentiment sur cette cause depuis le début. Nous sommes au pays de l’oncle Sam, et ces événements nous le démontrent encore une fois. Les purs et durs Canadiens francophones du Nord qui viennent se réchauffer en Floride l’hiver et qui ne comprennent que dalle à la langue anglaise feraient mieux de s’instruire (au minimum de Base) sur cette langue avant d’y mettre les pieds. Et si je me rappelle bien, notre propre pays se prétend bilingue. Ami(es) francophone(s), investissez donc vos énergies dans cette avenue plutôt que de venir les dépenser ici, à peine perdue.

    • Il me semble que votre message est loin de l’idée de base de M.Nantel et choquant pour les francophones. Un message comme celui-ci peut même diviser les francophones alors que le but est de rallier les francophones et anglophones.

  2. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Je crois que tout ce qui est demandé, c’est d’avoir un francophone bilingue pour traduire, lors des ‘activités, afin que tous les participants puissent comprendre. Que ce soit de l’anglais au français ou du français à l’anglais. C’est grandement apprécié par les francophones et les anglophones. Ce n’est qu’une petite poignée d’anglophones qui sont contre…il ne faut donc pas baisser les bras. J’encourage grandement nos représentants à continuer à discuter comme ils le font, dans le respect, et ils y arriveront.
    Carole Dumas (non bilingue) mais qui s’investit pour s’améliorer.

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