Où est la compassion?

Aînés2Vieillir en bonne santé c’est le souhait de tout le monde, mais dès que la maladie frappe, nous devenons dépendants des autres. Par les temps qui courent les mauvaises nouvelles en provenance des centres d’hébergement font la manchette pour les mauvaises raisons; les aînés sont carrément oubliée, laissés à eux-mêmes comme des bibelots remisés au grenier.

Pourtant ces personnes, ces êtres humains qui ont porté la société actuelle à bout de bras, ne méritaient certainement pas le sort qui leur a été réservé. Ils ont droit à la dignité et la compassion; deux valeurs qui semblent s’estomper à mesure que les années passent.

Trois cas m’ont particulièrement bouleversé cette semaine. Le premier, une dame de 67 ans, autonome est retrouvée morte et en état de putréfaction dans son appartement d’un centre d’hébergement de Montréal. Dix jours s’étaient écoulés avant que quelqu’un s’inquiète de son absence quotidienne à l’heure des repas. Une situation inexplicable et intolérable qui ne devrait jamais se produire dans un établissement où édifice de cette nature. Pourquoi on a mis tant de temps à réagir? Il suffit d’observer un tant soit peu son environnement quotidien pour se rendre compte que quelqu’un manque à l’appel. Évidemment il fallait s’y attendre, personne de ce centre d’hébergement n’a daigné se montrer le visage devant les caméras pour s’expliquer.

Le second cas est tout aussi intrigant. L’hôpital Jean-Talon a perdu la trace d’un homme décédé au printemps, alors que son corps devait être donné à la science. Au moment où la maison funéraire entreprenait le processus des services funéraires en récupérant le corps, l’hôpital ne le trouvait plus. Il avait été oublié à la morgue! C’est finalement l’état civil qui en a fait la découverte. Imaginez le désarroi de la famille devant une telle nouvelle. Là également c’est inquiétant.

Et le dernier en lice est sorti aujourd’hui même alors qu’à la résidence Cook de Trois-Rivières, des résidents tombés de leurs chaises ou leurs lits, n’obtiennent pas l’aide nécessaire pour se relever et demeurent de longues minutes dans des positions plus que précaires. Une dame qui était en visite a pu constater de visu, et même filmer la scène vraiment désolante. Et soudain dans le reportage, un responsable vient nous dire qu’il respecte les normes de personnel pour la surveillance des résidents. Toute une réponse songée. Peut-être que ces normes devraient être révisées pour cette résidence, justement à cause du manque d’autonomie des résidents. Et il affirmait cela le plus sérieusement du monde.

Quand on constate ces horreurs qui, je le rappelle, se produisent dans des endroits spécialisés pour cette clientèle vulnérable, on a raison de poser des questions et en droit d’obtenir des réponses adéquates. Ce qui est alarmant c’est de constater que ces phénomènes s’amplifient. Dans un monde où les services de santé nous coûtent une vraie fortune, avec des ministres qui affirment posséder des solutions miracles qui tardent à se concrétiser, nous sommes en bas du seuil tolérable en matière de service.

Je ne mets pas tous les intervenants dans le même panier parce qu’il y en a qui sont dévoués tout en étant à l’écoute des résidents et patients sous leurs responsabilité. Mais l’autre, celle qui fait son boulot uniquement pour obtenir une rémunération, devrait prendre le dictionnaire et s’enfoncer dans la tête la définition du mot c-o-m-p-a-s-s-i-o-n et de l’appliquer tous les jours afin d’offrir à nos aînés une fin de vie digne, respectueuse et compatissante.

Compassion, (selon Le Robert mobile) : Sentiment qui porte à plaindre autrui et à partager ses souffrances.


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3 commentaires sur “Où est la compassion?

  1. Rien ne change, on coupe le personnel qui sont sur le plancher et on augmente la bureaucratie. On regarde la Grèce et notre administration ne voit rien.

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  2. J’espère mourir en santé, dans la minute qui suit, pour ne pas avoir à vivre avec tout ce qui se passe. C’est désolant.

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  3. Après avoir lu l’article de Floglia, j’ai un bémol face aux travailleurs(euses) dans ce domaine. Personnellement, est-ce que je ferais ce travail? Non. Est-ce que je garderais chez moi mes vieux parents, j’en ai un peu honte mais non, sans savoir jusqu’où et dans quelles conditions la vie de la personne ira. Le problème présentement, c’est que les gens vivent trop vieux. Vieillir en santé c’est une chose mais vieillir en nécessitant mille et un soins et interventions, j’espère sincèrement mourir avant, vraiment! Quand je pense à ma grand-mère qui a vécu jusqu’à 95 ans, aux couches, qu’on la fasse manger, qu’on la lave, etc. pendant au-delà de 10 ans, ce n’est pas ce que je souhaite à ma mère et égoïstement, pas à nous!
    http://www.collabopm.com/PierreFogliaCameraPasCachee.htm

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