C’est le temps ou jamais

Sylvain GaudreaultLe chef intérimaire Sylvain Gaudreault étant connu et élu, la tâche ardue de trouver le nouveau successeur de PKP devient la priorité numéro 1 au Parti québécois avant l’élection générale de 2018.

Mercredi dernier, la chronique d’opinion de Mathieu Bock-Côté, dans les pages du Journal de Montréal, portait sur le nouveau contexte politique, suite à la démission de Pierre-Karl Péladeau. Son article, reflétant mon opinion sur le futur des souverainistes, je me permets de le partager avec vous, dans son intégralité…

Si les péquistes croyaient encore de temps en temps réaliser la souveraineté rapidement, c’est parce qu’ils prêtaient à Pierre-Karl Péladeau le pouvoir exceptionnel de la faire malgré les tendances lourdes qui jouent contre elle.

Son départ précipité de la chefferie du PQ nous ramène à une vérité désagréable : Le combat souverainiste, aujourd’hui, est désormais un combat de longue haleine.

Les indépendantistes sérieux ne s’imaginent pas qu’ils feront du Québec un pays d’ici quelques années. Ils veulent toutefois conserver cet idéal vivant, pour que nous ne le perdions pas de vue. Dans les circonstances, ne pas désespérer ou capituler, c’est déjà une victoire.

SURVIVRE
Mais une urgence s’impose aujourd’hui aux nationalistes, qu’ils soient souverainistes, qu’ils ne le soient plus ou qu’ils soient réservés devant l’indépendance ; déloger le Parti libéral.

On nous dira que ce n’est pas un projet de société exaltant. Mais le PLQ mène aujourd’hui une politique si ouvertement hostile à l’identité québécoise que le dégager du pouvoir devient une nécessité vitale.

Lorsque la course à la direction s’ouvrira au PQ, il ne faudra pas seulement tester les convictions souverainistes des candidats mais voir ce qu’ils proposent pour en finir avec la division suicidaire des francophones, Des nationalistes, il y en a à gauche. Il y en a à droite. Il y en a au centre. Comment les rassembler ?

Il faut envisager un programme commun. De grands objectifs devraient être identifiés. D’abord, il faut sauver notre langue et notre culture. C’est bête à dire, mais nous passons en ce moment du Québec français au Québec bilingue. Nous régressons.

On devrait s’entendre pour prendre les mesures nécessaires pour stopper l’anglicisation de Montréal. Cela implique à la fois le renforcement de la loi 101 et à la réduction de l’immigration

REDRESSEMENT
On devrait aussi mener une politique économique forte pour éviter que le Québec ne devienne une économie de succursales. Nos grandes entreprises passent trop facilement sous contrôle étranger. Nous perdons la maîtrise de notre destin.

L’héritage de la Révolution tranquille s’effrite. Disons-le franchement : à force d’être indifférent à son identité et ses intérêts, le peuple québécois risque aujourd’hui la dissolution tranquille, avec son confort nord-américain pour lui dissimuler cette réalité.

Une politique économique sérieuse devrait aussi tenir compte des besoins de la classe moyenne, qui étouffe dans une société trop bureaucratisée. Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer aux services publics. Je pense à l’école qu’il nous faut sauver d’un désastre socioculturel. Une société qui laisse son école en ruine ne croit plus en l’avenir.

En gros, on pourrait dire que le Québec a besoin d’une nouvelle Révolution tranquille. Mais on pourrait aussi tristement parler d’une nouvelle survivance adaptée à notre époque. Nous devons en finir avec la petite médiocrité provinciale.

Il y a une forme de paresse collective aujourd’hui qui pourrait nous être fatale. C’est celle d’un peuple qui se laisse lentement mourir. C’est de cette torpeur dont on devra parler dans les prochains mois.

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