Le Noël des oiseaux

le-noel-des-oiseauxSur la branche du vieux chêne, trois mésanges, blotties les unes contre les autres pour se réchauffer, regardent les gros flocons recouvrir le sol.

– Plus la moindre graine, ni le moindre vermisseau à se mettre dans le bec, se lamente une des mésanges.

– J’ai faim, dit la plus jeune.

– Nous n’avons plus rien dans le garde-manger. Allons près du village voir s’il reste quelques miettes.

Les trois oiseaux s’élancent dans le crépuscule.

– Ce soir, c’est Noël, dit l’une des mésanges. Regardez comme le village est en fête.

Des rubans de fumée s’échappent des cheminées. Un brouhaha de voix claires et joyeuses transperce l’air glacé. Martin se dépêche : il veut rejoindre ses amis pour terminer son bonhomme de neige. Mais avant, il prend un morceau de lard dans la cuisine et des grains de blé dans la cabane du jardin et court déposer son trésor sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. Il fait si froid cette année qu’il faut penser aux oiseaux.

– Joyeux Noël, s’écrie-t-il en regardant le ciel.

Le cœur léger, il court rejoindre ses amis. Les trois mésanges rasent le sol et se posent dans la cour d’une ferme. Peut-être les poules ont-elles oublié quelques graines ? Mais leurs becs se cognent sur le sol gelé.

– Repartons un peu plus loin, suggère l’une d’entre elles. Il ne faut pas se décourager, et elles reprennent leur voyage.

– La-bas, dans le jardin de Martin ! s’écrie la plus jeune. Regardez, il a pensé à nous. Hourra !

Les trois mésanges se posent dans un bruissement de plumes sur le rebord de la fenêtre de Martin. Avec gourmandise, elles se régalent de lard et de blé. Bientôt les rejoignent deux bouvreuils, un rossignol et une tourterelle, tous affamés, alertés par les pépiements joyeux de leurs amis.

– C’est un régal, dit l’un des bouvreuils.

– Un véritable repas de fête, ajoute la tourterelle.

– Comment remercier Martin ? demande le rossignol.

Les oiseaux se regroupent et chacun émet un avis. Dans le jardin s’élève un concert de pépiements.

– Je crois savoir ce qui lui ferait plaisir, dit la plus jeune des mésanges. Écoutez…

Martin rentre chez lui pour le dîner. Quand il monte dans sa chambre pour enfiler ses chaussons, des coups aux carreaux attirent son attention. Il ouvre grand la fenêtre, tous les oiseaux lui offrent les plus beaux chants de leur répertoire. C’est un véritable récital ! La plus jeune des mésanges se pose sur son épaule. Dans son bec, elle tient une petite branche de houx qui semble dire: « Joyeux Noël Martin ! »

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Myriam Mollier
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Une réflexion au sujet de « Le Noël des oiseaux »

  1. En ce temps de festivités, il faut penser au plus démunis. Que ce soit les humains ou les animaux plusieurs n’auront rien à ce mettre sous la dent, et encore moins des cadeaux. Alors soyez généreux et penser à tous ceux dans le besoin souvent il suffit de petits gestes pour rendre heureux quelqu’un. Bravo Martin un beau geste beaucoup apprécié. Merci Normand.

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