Seulement au Québec qu’on peut voir ça

Ordinairement, j’aime commenter l’actualité. Mais sur la décision de Québec de favoriser la compagnie française Alstom, au détriment de Bombardier, dans le futur REM (Réseau Express Métropolitain), je veux partager avec vous l’article que Richard Martineau livrait dans sa chronique de dimanche dernier du Journal de Montréal. Il rejoint entièrement mon opinion sur le sujet.

SCIER LA BRANCHE SUR LAQUELLE ON EST ASSIS

Je ne sais pas vous, mais moi, si j’étais propriétaire d’un restaurant, je dirais à tout le monde que c’est le meilleur restaurant où aller manger.

Et quand j’organiserais un gros souper d’affaires, c’est à mon restaurant que j’amènerais mes invités. En espérant qu’ils apprécient l’expérience, et qu’ils le disent à leurs amis. Ça tombe sous le sens, me semble… Tu veux que tes affaires marchent! « Charité bien ordonnée commence par soi-même », comme le dit le proverbe…

ALLEZ AU RESTO D’EN FACE!

Eh bien, ça a l’air qu’au gouvernement, ce n’est pas comme ça que ça se passe… Non seulement le gouvernement ne va pas manger à son restaurant, mais il dit à tout le monde que celui d’en face est meilleur! Il invite les gens à enrichir la compétition! Faut le faire…

Vous ne savez as de quoi je parle?

Bombardier.

Comme Michel Girard le soulignait hier, la Caisse de dépôt est le principal actionnaire et le principal bailleur de fonds de Bombardier. Or, à qui la Caisse a donné le très lucratif contrat du matériel roulant pour le futur REM de Montréal? Au géant français Alstom! Le compétiteur direct de Bombardier!

T’es propriétaire de MacDo, mais tu fais de la pub pour Burger King! T’es marié à Ginette, mais tu passes la soirée de la Saint-Valentin avec Diane! Allo?

Le message que le gouvernement du Québec a lancé au reste du monde est clair : la prochaine fois que vous recevez une soumission de Bombardier pour un contrat, ne prenez même pas la peine de l’analyser. La preuve que cette entreprise n’est pas digne de confiance : on est son principal actionnaire, et on ne fait même plus affaire avec elle! On préfère travailler avec son principal concurrent! Cibole… Avec des amis comme ça, Bombardier n’a pas besoin d’ennemis.

SE TIRER DANS LE PIED

Vous me direz que le gouvernement se doit d’être objectif, qu’il doit choisir l’entreprise qui dépose la meilleure soumission, qu’elle soit québécoise ou pas. Je veux bien… Mais il ne faut quand même pas se tirer dans le pied!

Bombardier n’est pas une entreprise québécoise comme les autres. C’est une entreprise dans laquelle le gouvernement a investi plus de trois milliards de dollars au cours des deux dernières années! Ce n’est pas la soupe Habitant, il n’y a pas « un peu de nous autres là-dedans ». Il y a « beaucoup de nous autres là-dedans »!

Si on juge que Bombardier n’est pas capable d’honorer ce genre de contrat, voulez-vous me dire pourquoi on a investi autant de fric dans cette entreprise, alors?

D’un côté, tu demandes à ton chum d’engager ton fils comme chauffeur. De l’autre, tu dis à tout le monde que tu ne passerais jamais ton char à ton fils parce que tu juges qu’il conduit comme un pied et qu’il n’est pas responsable! Duh?

SURRÉALISTE

Comment voulez-vous que les autres entreprises fassent confiance à Bombardier alors que le gouvernement du Québec, qui est son principal actionnaire, ne lui fait pas confiance? C’est surréaliste… « Only in Québec. »