Pourquoi dit-on…? (Partie 7)

La Une

Voici quelques expressions du quotidien, mais qu’en est-il de leur histoire ?

BAYER AUX CORNEILLES

Une personne qui contemple en l’air quelque chose d’insignifiant peut « bayer aux corneilles ».

Cette expression est née au XVIe siècle. Le verbe « bayer » tire son sens de « béer » qui signifie « avoir la bouche ouverte » et est souvent confondu avec « baîller ». Quant aux corneilles, elles désignaient des objets insignifiants, sans importance.

Bayer aux corneilles voulait donc dire « rester bouche ouverte à regarder en l’air, contempler ou désirer des choses sans intérêts ».

AVOIR LE BÉGUIN

Lorsqu’une personne est séduite par les charmes d’une autre, elle peut « avoir le béguin » pour elle, c’est-à-dire tomber amoureuse.

Cette expression née au XVIe siècle tire ses origines des chapeaux des bonnes sœurs. Le mot « béguin » désignait alors la coiffe en toile blanche que portaient les religieuses du couvent des béguines.

Son nom vient du prêtre Lambert le Bègue, qui a fondé cet ordre à Liège, en Belgique. Or, à la même époque, le terme « s’embéguiner », c’est-à-dire mettre un béguin, s’est mêlé à l’expression déjà existante « se coiffer de quelqu’un », signifiait en être épris.

Cette référence à la coiffe a donné naissance à plusieurs expressions comme « avoir le béguin » ou encore « être la coqueluche », la coqueluche désignait alors le capuchon porté par les nouveau-nés.

FAIRE CHOU BLANC

On dit d’une personne qui a manqué son coup qu’elle a fait « chou blanc ».

Au jeu de quilles, très en vogue au XVIe siècle, on disait d’un joueur qui n’avait pas marqué un seul point qu’il avait fait « coup blanc » Or, dans le Berrichon, le mot « coup » se prononçait « choup ».

L’expression est restée et est toujours employée de nos jours.

RENTRER BREDOUILLE

Longtemps utilisée par les chasseurs qui revenaient chez eux sans gibier, l’expression « rentrer bredouille » est aujourd’hui tombé dans le langage commun.

Elle ne trouve pourtant pas son origine dans le vocabulaire de la chasse. Au départ, elle n’était employée que pendant une partie de Trictrac, un jeu de poches de Backgammon très apprécié du XVIIe au XIXe siècle. Joué à l’aide de petits pions appelés les « bredouilles » celui qui perdant la partie sans avoir remporté un seul.

Au XIXe siècle, la forme de l’expression s’est progressivement transformée pour s’appliquer à une femme rentrant d’un bal sans y avoir trouvé de cavalier puis plus généralement à toute tentative marquée par l’échec.

UNE BÊTE DE SOMME

Lorsqu’un travail pénible est réalisé par une personne, on dit parfois de cette dernière qu’elle est une « bête de somme ».

Cette expression serait née au XIIe siècle. À cette époque, la « somme » désignait la charge que l’on mettait sur le dos des animaux pour voyager ou transporter des denrées d’un lieu à un autre.

Un fardeau qui pouvait s’avérer très lourd et que seuls certains animaux comme les ânes, les bœufs ou les chevaux pouvaient transporter. Ceux-ci ont donc par extension été nommés des « bêtes de somme ».

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que l’expression commencera à être employée familièrement avec le sens figuré que l’on connaît.

TOMBER À PIC

On dit d’une personne qui arrive à point nommé qu’elle « tombe à pic ».

Cette expression tire ses origines du jeu de paume. Un point particulier à ce jeu s’appelle la « chasse pic », lorsque la balle tombe à un endroit précis du terrain.

Le fait de réaliser ce point, à certains moments décisifs de la partie, assure un avantage au joueur qui le marque. Quand la balle « tombe à pic », elle permet de marquer le bon point au bon moment.

PAYER EN MONNAIE DE SINGE

Toutes les personnes qui règlent leurs dettes avec de belles paroles sans verser l’argent escompté le font « en monnaie de singe ».

Cette expression populaire remonte au XIIIe siècle, lorsque le rois Louis IX a décidé d’instaurer un péage à l’entrée du pont qui enjambait la Seine entre Paris et l’Île de la Cité.

Les habitants de la capitale devaient alors s’acquitter de quatre deniers pour pouvoir le traverser. Mais une exception était tolérée par le monarque. Elle concernait les forains et les montreurs d’animaux et en particulier ceux qui avaient un singe.

Plutôt que de payer en monnaie sonnante et trébuchante, ils pouvaient réaliser un spectacle avec leur animal afin de distraire et amadouer les gardes.

À suivre…


3 septembre 2021

À la douce mémoire de… (médium 20 gras)

Stéphane Lizotte (2001), famille.

Pauline Geoffrion (1951-2011), famille.

Pierre Nadeau (1936-2019), journaliste et animateur québécois.


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Jean-Marc MalenfantYves Laquerre

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour

L’optimiste est l’homme qui regarde vos yeux. Le pessimiste est l’homme qui regarde vos pieds.

Gilbert K. Chesterton


Ça s’est passé un 3 septembre…

(1928) Découverte de la pénicilline par le savant écossais Alexander Fleming.

(1971) Explosion chez Bell. Une bombe endommage gravement la centrale de communication de Bell Canada, à Dorion. Elle ne fait aucun blessé mais cause des dégâts évalués à 300 000 $.

(1981) Entrée en vigueur de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.


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