Pas facile de recevoir à manger

Repas+de+noel

Décembre c’est le mois des réceptions. Jadis, les repas traditionnels du temps des Fêtes étaient de mise. Mais, la société évoluant, en 2019, les traditions prennent le bord et il est plus difficile de satisfaire tout le monde; allergies, écologie, gaspillage, tout y passe et chacun ayant ses préférences, ça devient difficile de recevoir et surtout, de satisfaire tout le monde.

Le 9 décembre dernier, dans le Journal de Montréal, Richard Martineau, très en forme, parodiait comment ça se passe maintenant, quand vient le temps d’inviter des convives à partager un bon repas. Le texte m’a beaucoup fait sourire et je veux le partager avec vous aujourd’hui.

BON APPÉTIT ! Richard Martineau

« Allo, Martin ! Alors, vous venez toujours souper à la maison demain?

– Oui, oui, sans faute !

– Avez-vous des allergies ? Des intolérances ?

– Jocelyne est allergique aux tomates, c’est tout.

– Ah, OK… On pensait faire des pâtes, mais, bon, on fera autre chose, pas de problème…

– Merci, t’es super gentil… Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié : Ambroise est végane depuis deux mois.

– Ah oui ?

– Ouais, elle a commencé ça depuis qu’elle est au cégep. Les cours de philo, tu sais ce que c’est… Donc, aucun produit animal. Pas de lait, pas d’œufs, pas de miel, pas de bouillon à base de bœuf ou de poulet et pas d’avocat.

– Pas d’avocat ? Mais c’est un fruit, non ? Ou un légume ? J’ai jamais su…

– C’est un fruit, car ça vient d’une fleur. Mais les avocats qui sont vendus au Québec proviennent de Californie. Or, là-bas, il n’y a pas assez d’abeilles pour polliniser les fleurs d’avocats dans les vergers. Il faut donc faire venir des ruches d’abeilles par camions. C’est considéré comme du travail forcé pour les abeilles, car on les sort de leur milieu naturel…

– Tu me niaises ?

– Non, c’est vrai. Même chose pour les amandes, les kiwis et les courges butternuts.

– Pas de courges, donc ?

– Non, pas de courges, désolé… Sinon, elle va te faire un discours sur les différentes méthodes de pollinisation, et tu ne veux pas te taper ça, crois-moi, la dernière fois, ça a duré une heure…

– Oh boy, bon, OK. Ambroise sort toujours avec son guitariste ?

– Non, ils ont cassé le mois dernier. Elle est avec un étudiant en littérature. Oh, merde, il est juif, donc pas de porc ni de fruits de mer ! Et il est cœliaque, en plus…

– Cœliaque ?

– Oui, allergique au gluten.

– OK, attends une minute, je vais aller chercher un crayon pour prendre tout ça en note… (il écrit) C’est tout ?

– Oui.

– Donc, pas de viande, pas de poisson, pas de courge, pas de pain, pas d’amandes, pas de pâtes, et pas de guacamole, car il y a des avocats dans le guacamole…

– Oui, Et si tu as du café, ça serait bien s’il est équitable, parce que Samuel milite dans un groupe qui se bat contre l’exploitation des pays en voie de développement, alors…

– Bof… On lui dira qu’il est équitable, il ne verra pas la différence !

– Es-tu fou ? Il va te demander de voir le sac, il va tout vérifier, non, non, tu ne veux pas te lancer là-dedans…

– Bon, OK… On va préparer une bonne salade, tiens !

– Hmmm, on est en décembre, Jean. C’est pas vraiment des produits de saison. Et c’est pas très local !

– (Fâché) Coudonc, c’est bien compliqué, vous recevoir à manger, vous ! On va vous servir des bols d’eau, tiens ! C’est correct, des bols d’eau ?

– Oui, mais de l’eau en bouteille, pas de l’eau du robinet, car il y a du plomb dedans. Quoique… de l’eau en bouteille, c’est pas très écolo…

– Tu veux manger écolo, Martin ? Ben mange d’la marde ! »

Viande végé : les hauts et les bas

La mode Beyond Meat, envahie toutes les annonces publicitaires sur les burgers notamment. Le mot est sur toutes les lèvres et c’est presque la furie furieuse. Moi, je n’y ai jamais goûté. Mais à voir la liste des ingrédients qui la compose, j’ai mes réserves.

Récemment, je lisais un article sur la question dans la revue de Diabète Québec « Plein soleil – Automne 2019 », sous forme de question réponse, écrite par Julie St-Jean, diététiste-nutritionniste et éducatrice agrée en diabète de cet organisme. Enfin, j’en apprenais un peu plus sur cette mode. Mon altruisme ayant pris le dessus, j’ai décidé de le partager avec vous via ce blogue. À vous d’en tirer vos propres conclusions.

VIANDE VÉGÉ : À METTRE DANS LE PANIER ? Julie St-Jean

Question : Cet été, j’ai eu l’occasion de manger un burger à base de galette de « viande végé » et je me demandais si c’était réellement une alternative à la viande qui est aussi extraordinaire que le laissent entendre les publicités. Merci de me donner votre opinion !

Réponse : Depuis quelques années, on entend beaucoup parler des protéines végétales et des bienfaits pour la santé d’en consommer, en remplacement des protéines animales. Cet engouement est encore plus marqué depuis la sortie du nouveau Guide alimentaire canadien en janvier dernier qui a mis de l’avant cette recommandation.

L’industrie a su flairer la bonne affaire et on a vu apparaître sur le marché différents aliments transformés à base de plantes, telles que les galettes Beyond Burger et Vegeat. Le marketing entourant ces nouveaux produits alimentaires est si convaincant que vous avez raison de vous interroger sur les atouts et bienfaits allégués.

VALEUR NUTRITIVE

En tant que nutritionniste, l’un des premiers aspects qui m’interpellent est le profil nutritionnel de ces galettes végé.

Tout d’abord, comparées à une galette faite de viande hachée (bœuf, porc, volaille, etc.) où le seul et unique ingrédient est la viande, les galettes Beyond Burger et Vegeat présentent une longue liste d’ingrédients qui les font se classer dans la catégorie des aliments ultra-transformés. Elles perdent donc un peu de leur « aura santé » qu’on associe habituellement aux aliments d’origine végétale.

Ensuite, si l’on s’attarde aux tableaux de la valeur nutritive, les principales différences observées sont le contenu en sodium qui est environ six fois plus élevé dans les galettes végé (en plus du sodium qui s’ajoute avec le pain et les garnitures), la présence de fibres alimentaires et l’absence de cholestérol (les avantages d’être faites de végétaux !). Le tout pour une quantité semblable de protéine (essentiellement la protéine de pois) et de gras saturés (à cause de l’huile de coco).

Pour ce qui est du fer, les quantités sont variables d’un produit à l’autre, mais n’oubliez pas que le fer hémique (d’origine animale) est mieux absorbé que le fer non hémique (d’origine végétale. Il demeure que de plus en plus d’études scientifiques ont démontré que la consommation régulière de viande rouge était associée à un risque accru de plusieurs maladies chroniques, incluant les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et certains types de cancers, ainsi qu’à un risque accru de mortalité.

Ingrédients d’une galette de Beyond Burger : Eau, Isolat de protéines de pois, Huile de canola extraite par pression, Huile de coco raffinée, Concentré de protéine de riz, Protéine de haricot mungo, Arômes naturels, Méthylcellulose, Fécule de pomme de terre, Huile de tournesol, Sel, Chlorure de potassium, Extrait de pomme, Vinaigre, Concentré de jus de citron, Mélange de couleurs (Glycérine végétale, Maltodextrine, Acide ascorbique, Extrait de jus de betteraves), Lécithine de tournesol, Poudre du fruit de grenadier, Lycopène (pour la couleur), Vitamines et Minéraux (Levure déshydratée, Niacine [Vitamine B3], Chlorhydrate de pyridoxine [Vitamine B6], Chlorhydrate de thiamine [Vitamine B1], Riboflavine [Vitamine B2], Acide folique [Vitamine B9], Cyanocobalamine [Vitamine B12], D-pantothénate de calcium, Biotine, Sulfate de zinc). Peut contenir du soya.

COÛT

Étant faites à base de végétaux, on s’attendrait à ce que les galettes Beyond Burger et Vegeat soient plus abordables que leur équivalentes en viandes, mais ce n’est pas le cas, au contraire. «les galettes végé vendues en portion de 113 g coûtent 3 à 4 $ l’unité, alors qu’une galette de bœuf haché extra-maigre de même poids coûte 1,75 $ à 2,25 $, selon si elle est préformée en galette ou non.

ENVIRONNEMENT

On ne peut passer sous silence l’impact environnemental de consommer un burger fait d’une galette végétale plutôt que du bœuf. En effet, les données publiées en 2018 du Center for Sustainable Systems de l’Université du Michigan nous indiquent que, comparée à la production d’une galette de bœuf, la galette Beyond Burger requiert 99 % moins d’eau, 93 % moins de sols, 46 % moins d’énergie et génère 90 % moins de gaz à effet de serre. Ce sont des chiffres qui font réfléchir.

CONCLUSION

Comme vous pouvez le constater, la galette végé et la galette de viande comportent toutes deux des avantages et des inconvénients. C’est la beauté de la nutrition où il est parfois difficile de trancher et où le message d’adopter une alimentation variée, équilibrée et basée sur ses goûts est encore une fois de mise ! J’espère vous avoir aidé à vous faire une opinion.

5 bons conseils pour grignoter sans culpabiliser

Comment grignoter sans se culpabiliser. Voilà un titre éloquent quand vient le temps de courir à l’épicerie, faire ses emplètes, et qui pique notre curiosité.

Un bon moyen de ne pas résister à la tentation, sauf si on a pas pris certaines mesures pour bien se conditionner à ne pas faire d’excès. Alors, sans plus tarder, voici cinq conseils trouvés dans l’édition d’octobre 2019, du magazine Protégez-vous.

1- DÉJOUER LES FRINGALES… AVEC DE L’EAU

Quand une envie de vous mettre quelque chose sous la dent se fait sentir, buvez d’abord un grand verre d’eau. Bien souvent, la faim est confondue avec la soif. Si votre estomac crie encore famine, il y a fort à parier que votre en-cas sera tout de même de taille plus raisonnable grâce à l’eau bue.

D’ailleurs, n’hésitez pas à ajouter à votre eau des feuilles de menthe ou des quartiers d’agrumes pour lui donner du goût, et ainsi atteindre la consommation de deux à trois litres recommandés par jour (incluant l’eau contenue dans les aliments).

2- N’AYEZ PAS PEUR DES COLLATIONS

Il n’y a pas de mal à manger entre les repas si vous avez faim, bien au contraire ! Consommer de moins grandes portions de nourriture, mais plus souvent, se révèle la clé pour apprendre à reconnaître les signes de satiété. Prévoyez donc des collations nutritives et favorisez les fruits et légumes entiers ainsi que les sources de fibres et de protéines, comme les noix ou les légumineuses (en tartinades ou grillées, par exemple).

Ces collations vous aideront à entamer le repas qui suit avec moins d’empressement. D’ailleurs, lors des repas, servez-vous plus de petites portions et prenez le temps d’évaluer si vous avec encore faim après celle-ci.

3- UN PETIT POP-CORN AVEC ÇA ?

Il n’y a rien à faire : pour vous, un bon film le vendredi soir rime avec grignotines. Le maïs soufflé – une bonne source de fibres – constitue un choix raisonnable, mais sous certaines conditions. Choisissez-le nature, en grains à faire éclater dans une machine prévue à cet effet ou dans une casserole sur la cuisinière (le choix le plus nutritif et le plus économique), ou encore en sac pour le micro-ondes.

Et si vos papilles le trouvent un peu fade, ajoutez-y des assaisonnements pour ainsi limiter l’apport en gras et en sodium sans perdre de saveur. Des suggestions ? Paprika fumé, cumin, cari, parmesan, levure alimentaire, etc. Soyez inventif, mais servez-vous une portion modérée !

4- LE GUIDE DU MORDU DU CHOCOLAT

Difficile de se passer de chocolat ! Vous serez donc heureux de savoir que le cacao renferme de bons nutriments. Il représente une bonne source de magnésium, de phosphore, de fer, de manganèse et de zinc, en plus de fournir des vitamines du complexe B et d’être riche en antioxydants. Et, bien évidemment, plus le chocolat est pur en cacao, plus il présente de bienfaits.

D’ailleurs, le chocolat blanc, fabriqué à partir de beurre de cacao seulement, ne contient aucun des nutriments associés au cacao. N’empêche, même noir, le chocolat est une source de gras : il contient de 30 à 35% de lipides. C’est comme si un morceau sur trois que vous dégustiez ne fournissait que du gras.

Savourez-le donc avec parcimonie en privilégiant le chocolat noir qui contient au moins 56% de cacao. Et, idéalement, pour profiter de toutes ses vertus, évitez de boire du lait en même temps ! En effet, le lait peut inhiber l’absorption de certains antioxydants (flavonoïdes) dans l’intestin et ainsi diminuer les capacités antioxydantes du cacao, révèlent certaines études.

5- EN PLEINE FORME À L’ÉPICERIE !

Vous avez décidé de limiter les grignotines et les sucreries ? Pour vous aider à tenir votre engagement, n’allez surtout pas au supermarché quand la faim vous tenaille ! La coupable : la ghréline, une hormone sécrétée quand l’estomac est vide. En plus de déclencher la faim – qui est déjà reconnue pour favoriser les achats impulsifs –, cette hormone agit sur la partie du cerveau responsable du plaisir et motiverait à acheter des aliments « récompenses ».

Mais il y a plus : la fatigue ressentie après une longue journée de travail pousserait aussi à choisir des aliments réconfortants et des plats préparés, souvent plus riches en gras, en sel et en sucre, avancent plusieurs études. Bref, avant d’agripper votre panier d’épicerie, assurez-vous d’être reposé, d’avoir pris une collation et être bien hydraté.

Source : Amélie Cléroux, Protégez-vous, octobre 2019