Je m’excuse…

J’ai toujours perçu la colonie artistique comme du drôle de monde. Je ne mets pas tout les artistes dans le même panier mais les révélations des derniers jours rejoignent ma pensée; certains et certaines personnalités me laissent perplexe.

Sont-ils vraiment dans la vraie vie ce qu’ils projettent à l’écran ou dans le feu de l’action. Observent-ils véritablement ce qu’ils affirment ? Veulent-ils se donner un beau rôle devant leur public, puis dégénérer en privé ?

LES EXCUSES SONT À LA MODE

Quoi qu’il en soit, chaque jour amène de nouvelles déclarations. Nous en sommes à l’ère des excuses, comme si elles pouvaient tout effacer. Soudainement, tous ces agresseurs font leur examen de conscience.

Le dernier en lice; Kevin Parent. Qui l’aurait cru.

Ceux et celles qu’on ne soupçonnait même pas s’amènent pour s’excuser, pour se repentir. C’est la mode. Le pire c’est qu’on revient dans le passé. Ça ne s’est pas passé hier. Dans certains cas, il s’est écoulé beaucoup de temps.

Que se passe-t-il dans leur tête ? Est-ce que la colonie artistique est virée sur le couvert, comme dirait ma grand-mère ? Est-ce que le vedettariat leur monte à la tête au point d’abuser des autres ? En hypocrite, rien n’y paraît.

Après coup, ils voient leur empire s’écrouler rapidement comme un château de cartes. Une réputation pourtant sans tâches révélée dans sa réalité d’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, dépotoir sans fond. Une vie de tordus.

Pour prendre une suggestion de Richard Martineau, on devrait s’intéresser aux confidences des maquilleuses et coiffeurs des artistes. Des heures de plaisir assurées et on en apprendrait de bien drôles d’histoires. Un best-seller assuré.

TI-PET

Les politiciens ne sont pas en reste pour s’excuser. Justin prend cette porte de sortie pour se faire pardonner. On l’a vu cette semaine alors qu’il s’excusait pour le scandale de WE Charity. Il ne savait pas, pauvre petit !

Sa femme, son frère et sa mère faisaient le moton… et il ne savait pas. Ça ne vous rappelle pas un certain Gérald Tremblay ?

Voyons donc, il se fout de notre gueule. Il nous prend pour des imbéciles en pensant qu’on va tout gober.

C’est sans parler des sommes astronomiques que notre Ti-Pet national s’amuse à dilapider. Avec un gouvernement minoritaire, faut-il le rappeler, unilatéralement et sans que la chambre ne siège et décide.

Non, il décide !

Il abuse et profite outrageusement de la pandémie. Celle qui a le dos large.

Ceux de ma génération qui se rappellent du père, diront, avec raison, que la pomme ne tombe pas très loin de l’arbre.

Attendez de voir la présente campagne électorale fédérale, parce qu’il agit comme tel. Il va tellement s’excuser que ça va devenir une farce. C’est déjà commencé.

 Veuillez m’excuser d’abuser de votre temps… je suis rendu à la fin de mon article.

 

Allez savoir pourquoi…

Il existe de ces comportements ou procédures questionnables… en voici quelques-unes.

SEULEMENT AU CANADA

Les pharmacies font marcher les gens malades jusqu’au fond pour avoir leur prescription quand les gens en santé peuvent acheter des cigarettes à l’avant.

Que les gens commandent un double cheeseburger, une grossse frites et un Coke Diet.

Que les banques laissent les portes ouvertes et enchaînent le stylo au comptoir.

Que les gens laissent leur voiture qui vaut plusieurs milliers de dollars dans l’entrée et mettent des trucs sans valeur dans le garage.

Que nous utilisons des afficheurs pour filtrer les appels et utilisons l’appel en attente pour ne pas rater l’appel que nous ne voulions pas avoir.

Que nous achetons des saucisses à hot dog en paquet de 10 et des pains à hot dog en paquet de 8.

Nous avons des distributeurs automatiques < service au volant > avec des inscriptions en Braille. 

QUESTIONNEMENT

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les femmes ne peuvent se mettre du mascara la bouche fermée ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le mot < abréviation > est si long ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le travail des docteurs est appelé < pratique > ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi est-ce que pour arrêter Windows on doit cliquer sur démarrer ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi est-ce que le jus de citron est fait de saveurs artificielles et le liquide à vaisselle est fait de vrais citrons ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de nourriture pour chat à saveur de souris ?

Vous êtes-vous déjà demandé quand on écrit que la nourriture pour chien est nouvelle avec un goût amélioré, qui la teste ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi est-ce qu’ils stérilisent l’aiguille qui sert à euthanasier ?

Vous connaissez ces boîtes noires indestructibles dans les avions ? Vous êtes-vous déjà demandé Pourquoi est-ce qu’ils ne fabriquent pas l’avion au complet dans ce matériau ?

Vous êtes-vous déjà demandé, si < con > est l’opposé de < pro >, est-ce que congrès est l’opposé de progrès ?

Vous êtes-vous déjà demandé si voler est si sécuritaire, pourquoi l’aéroport s’appelle le < terminal >

Ce texte vous a fait sourire ? Alors passez une belle journée.

Réflexion sur les vélos… et l’économie.

Oh la la, je ne me ferai pas d’amis avec le texte qui suit mais je me risque quand même. Il n’est pas de moi, comme vous pourrez le constater, mais c’est une réflexion sur la reprise de l’économie mondiale. On peut tout de même y réfléchir, parce qu’à certains endroits, les vélos sont aussi en service que les autos.

Le PDG d’Euro Exim Bank Ltd. a fait réfléchir les économistes lorsqu’il a déclaré :

« Un cycliste est un désastre pour l’économie du pays – Il n’achète pas de voiture et ne prend pas de prêt automobile – N’achète pas d’assurance automobile – N’achète pas de carburant – N’envoie pas sa voiture pour l’entretien et les réparations – N’utilise pas de parking payant – Ne cause pas d’accidents majeurs – Ne nécessite pas d’autoroutes à plusieurs voies – Ne devient pas obèse – Oui, et bien, bon sang ! Des gens en bonne santé ne sont pas nécessaires à l’économie. Ils n’achètent pas de médicaments. Ils ne vont pas dans les hôpitaux et les médecins. Ils n’ajoutent rien au PIB du pays. Au contraire, chaque nouveau point de vente McDonald crée au moins 30 emplois – 10 cardiologues, 10 dentistes, 10 experts en perte de poids en dehors des personnes travaillant dans le point de vente McDonald. Choisissez judicieusement : un cycliste ou un McDonald ?

Ça vaut le coup d’y réfléchir.

NB : La marche est encore pire. Ils n’achètent même pas de vélo.

Notre monde, sur le qui-vive

Avec tous les conflits mondiaux qui meubles les bulletins d’informations quotidiennement, il est permis de penser qu’on vit sur une bombe qui peux exploser à tout moment. On a qu’à prendre conscience des menaces à peines voilées des grandes puissances pour être un peu nerveux du déclenchement d’un troisième conflit armé mondial.

À écouter les Donald Trump, Vladimir Poutine, Kim Jong-un et Xi Jinping de ce monde, leur soif de pouvoir absolu menace la planète, laissant les humains perplexes et songeurs. La paix demeure très fragile et ces despotes modernes sont à surveiller sans relâche.

Tout en faisant des parallèles avec la situation mondiale de 1913, à la veille du premier conflit mondial, Lise Ravary en a fait le sujet de son article dans l’édition d’hier du Journal de Montréal. Un papier intéressant qui nous fait réfléchir sur certaines similitudes avec les éléments déclencheurs de ce conflit excessivement meurtrier.

C’est ce texte que je veux partager avec vous et réfléchir à ce que pourrait devenir notre monde à la veille d’une possible Troisième Guerre mondiale…

À LA VEILLE D’UNE GUERRE? Lise Ravary

En 1913, le monde ignorait qu’il se tenait au bord du précipice que fut la Première Guerre mondiale, dans laquelle périrent 40 millions d’humains, dont des millions d’adolescents envoyés au front par des mégalomanes qui ne voyaient en eux que de la chair à canon pour nourrir leurs ambitions.

Dans son histoire magistrale de la Grande Guerre, The First World War, l’historien John Keegan rapporte qu’un major du régiment Blackwatch décrivait ainsi l’objectif du conflit : « l’important, c’est de tuer le plus de Boches avec le moins de pertes possibles pour nous. C’est un jeu super (« a great game ») et nos alliés le jouent à merveille ». Ce qui n’a pas empêché lesdits alliés de perdre six millions de soldats.

Cet aveuglement s’appelle « brouillard de guerre ».

1913

Dans son ouvrage 1913, le monde avant la Grande Guerre (en anglais), l’historien Charles Emmerson a étudié la vie dans 24 villes du monde un an avant le déclenchement de la guerre.

Je l’ai lu, curieuse de savoir si notre monde ressemble à celui de 1913 qu’Emmerson décrit comme insouciant et optimiste, grâce aux promesses de la technologie.

C’est en 1913 que la première chaîne de montage d’Henry Ford s’est mise en marche et l’Europe était à son apogée en matière de raffinement et de culture : qui aurait pu prédire que le monde serait bientôt à feu et à sang ?

Dans les coulisses des empires – britannique, russe et français d’un côté; allemand, austro-hongrois et italien de l’autre –, la guerre se préparait « en famille » : le roi d’Angleterre était à la fois parent avec l’empereur allemand et le tsar russe : le premier deviendrait son ennemi mortel, l’autre un allié affaibli par les mouvements révolutionnaires.

Quelques semaines avant le déclenchement de la guerre, les impériaux cousins ont même passé des vacances ensemble en mer, sachant que c’était la dernière fois.

Et puis, l’étincelle : le meurtre de l’héritier de l’empire austro-hongrois par un nationaliste serbe à Sarajevo. La guerre qui devait durer quelques mois dura quatre ans et changea le monde à jamais.

2019

2019 n’est pas 1913, mais il faut avoir la tête dans le sable pour ne pas ressentir que tout ne tourne pas rond. La Chine affiche ses ambitions de domination mondiale. La Russie, de nouveau impériale en esprit, menace de déployer ses nouveaux missiles « invincibles » contre l’Occident. L’OTAN est sur les dents. L’Union européenne, vendue comme bouclier contre la guerre, vacille et les nationalismes des Balkans, la mèche en 1914, ne seront jamais complètement apaisés.

Des traités importants sont déchirés comme si c’était du papier de toilette pendant qu’internet alimenta partout haine et colère.

Sans oublier un président américain qui préfère croire Poutine, et non pas ses services de renseignements, au sujet des missiles nord-coréens.

Je ne crois pas qu’on écrira un jour « 2019, le monde avant la Troisième Guerre Mondiale », mais il est difficile de vivre ici et maintenant sans ressentir une certaine anxiété. Qui nous portons au pouvoir est d’importance capitale.

DOSSIER : Tendances sexuelles féminines

On en apprendra tous les jours sur les désirs et fantasmes sexuels des femmes de plus de 35 ans. Sous la plume de Silvia Galipeau, La Presse+ publiait un dossier exhaustif et intéressant sur le sujet dans son édition du 7 juillet, que je partage avec vous

ELLES PAYENT POUR DU SEXE Silvia Galipeau

Elles sont majeures, professionnelles, célibataires ou pas. Et pour toutes sortes de raisons, elles ont décidé de payer pour des caresses, de la tendresse et du sexe. Bref, pour jouir. Portrait d’un phénomène tabou, méconnu et, surtout, sous-estimé.

POURQUOI PAS MOI?

« Dans la vie, je donne, je donne. Là, c’est comme si je décidais non seulement de demander, mais de m’offrir quelque chose à moi. »

Catherine* a 52 ans. Mariée depuis 30 ans, mère de deux enfants, elle vient de se payer un « massage tantrique », orgasmes inclus. Elle a trouvé son « masseur » érotique dans une petite annonce sur internet.

Attablée dans un restaurant à déjeuner de la Rive-Sud, rouge comme une tomate, la coquette quinquagénaire confie qu’elle ne regrette rien. Au contraire. Elle compte même y retourner, pour s’abandonner à nouveau à un total étranger. Revivre cet « abandon » sans « relation » : « J’avais l’impression d’être en vie, allumée. Ça, ça me manque énormément… »

Parce qu’avec son mari, enchaîne-t-elle, ça n’a jamais été « ça ». Une agression sexuelle à l’adolescence lui aurait « jammé la machine », croit-elle. En 30 ans de vie commune avec le père de ses enfants, le sexe avec lui ne l’a d’ailleurs jamais fait « triper ». Le massage érotique ? À cette question, ses yeux se remplissent de larmes.

« C’est comme si j’avais été chercher quelque chose de vital. […] Mais c’est clair que si j’avais tout ce dont j’ai besoin dans ma relation, je n’aurais pas besoin d’aller là… »

— Catherine, 52 ans

Tabou, le phénomène des femmes qui se payent des services sexuels commence tranquillement à faire jaser, notamment depuis la diffusion de la téléréalité américaine Gigolos, laquelle a mis en scène, pendant pas moins de six saisons, des hommes, hétéros, escortes de l’agence Cowboys for Angels, avec leurs nombreuses clientes. Au Royaume-Uni, le Sun rapporte que l’agence d’escortes pour femmes gentlemen4hire.com, la toute première du genre, fondée il y a 10 ans, reçoit aujourd’hui pas moins de 1000 visites par jour. À Montréal, les petites annonces destinées aux femmes uniquement existent, mais demeurent marginales.

Témoignages de clientes

De manière générale, les clientes ne se vantent d’ailleurs pas. Elles restent dans l’ombre. Entre autres parce que l’achat de services sexuels est illégal au Canada, mais aussi de peur d’être jugées.

Au fil du temps, nous avons néanmoins récolté quelques témoignages, qui ont été racontés dans le cadre de la rubrique Derrière la porte. D’abord, il y a eu Jocelyne, une femme dans la quarantaine qui se payait une escorte (une femme cette fois), question d’assouvir un « fantasme » et de ne pas « passer à côté de ça ».

Puis, Hélène, jeune cinquantaine, qui nous a raconté avoir eu recours à un « masseur », en apprenant que son mari se payait des escortes à son insu. « Je voulais essayer ça, moi aussi : tu payes, puis tu as du sexe. » Et finalement Sophie, 50 ans, rencontrée cet hiver : « À un point dans ma vie, je me suis dit : that’s it, j’engage un straight male escort. » Pourquoi ? Parce qu’elle en a les moyens, que les sites de rencontres sont énergivores, qu’elle n’a « jamais pogné » dans les bars et que les jouets, ça manque de « chaleur », nous a-t-elle expliqué. Et puis parce qu’elle a des besoins physiques à combler, surtout.

L’avis de l’escorte

Maxime Durocher a 44 ans. Il est l’un des rares hommes à s’afficher ouvertement comme escorte à Montréal.

Il milite aussi activement pour la reconnaissance des droits des travailleurs du sexe. C’est lui qui a « ouvert » le marché ici en 2011, croit-il. D’après lui, le phénomène serait encore embryonnaire au Québec. Une poignée de femmes seulement s’offriraient de tels services.

« C’est un service entre deux personnes consentantes. »

— Maxime Durocher, escorte pour femmes seulement

Sur son site, il offre aussi des « services » précis : « câlins », « intimité » ou « kink ». Le tout suit généralement une sortie (resto ou autre) pour environ 300 $ l’heure. Qui sont ses clientes ? Des femmes de 35 à 65 ans avec de l’argent, pour la plupart des « régulières » avec un « besoin », dit-il. « Elles sont seules, ou veulent s’offrir un cadeau, explorer ou reprendre contact avec leur sexualité. »

Dans la culture populaire, le personnage d’une femme cliente a été très « peu vu », signale la féministe Martine Delvaux. Hormis Miss Sloane, thriller politique de 2016, dit-elle. « Ça sert le portrait d’une femme autoritaire, de carrière, dans la représentation populaire, je crois. »

Mais Maxime Durocher rejette ce stéréotype. Il est très difficile de tracer un portrait type, fait-il valoir. Tout comme celui des hommes clients d’escortes, d’ailleurs. Chaque client, homme ou femme, a ses motivations. « Les hommes, eux aussi, vont chercher de la compagnie. On est tous des êtres humains. Et on va chercher une chaleur humaine. »

Et c’est aussi comment Catherine perçoit la chose. « J’ai payé pour aller chercher quelque chose qui me manquait, conclut-elle. Parce que c’est un besoin vital. […] Oui, je le recommanderais. Parce que c’est une façon sécuritaire et respectueuse d’obtenir quelque chose qui nous manque. »

* Les prénoms des femmes qui ont accepté de se confier à nous sont fictifs, pour protéger leur anonymat. Rappelons que l’achat de services sexuels est illégal au Canada.

Ce que dit la loi

D’après la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation, l’achat de services sexuels est une infraction au Canada. « La loi n’est pas différente que ce soit un homme ou une femme », précise Michel Bourque, commandant au module Exploitation sexuelle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Cela dit, des femmes, criminalisées à titre de clientes, « on n’en a pas souvent », ajoute le commandant, qui n’en a « personnellement » jamais vu. De son côté, l’escorte ou le « masseur » n’est pas non plus ciblé. « Il y a immunité pour toute personne qui offre ses propres services ou en fait la publicité, précise-t-il. Nous, ce sur quoi on enquête, c’est l’exploitation sexuelle. »

UNE CLIENTÈLE MÉCONNUE

Le sujet est méconnu et le phénomène, sous-estimé. Pourtant, les femmes qui payent pour du sexe existent, consomment et, de plus en plus, témoignent. Une chercheuse britannique a enquêté. Entrevue.

« L’hypothèse dominante, c’est de toujours considérer les hommes comme les clients, les femmes comme les travailleuses. Or moi, je conteste cette hypothèse dominante. »

Professeure de criminologie à l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni, Sarah Kingston a dirigé l’une des rares enquêtes sur le phénomène des femmes qui s’offrent des escortes, que ce soit pour les accompagner plus ou moins chastement à une soirée ou pour passer une demi-heure de bonheur.

Elle publiera prochainement un article dans la revue scientifique Sexuality, ainsi qu’un livre chez Routledge : Women Who Buy Sex : Intimacy, Companionship, and Pleasure (Les femmes qui payent pour du sexe : Intimité, compagnonnage et plaisir).

D’après une collecte de données qui s’est étirée sur plusieurs années, le nombre de profils d’escortes masculines en ligne au Royaume-Uni aurait explosé. De 2010 à 2015, il aurait triplé, passant de 5000 à 15 000. « La clientèle est donc là ! », dit celle qui se bute toutefois à un stéréotype « culturel » tenace et surtout hétéronormatif (tant dans l’imaginaire populaire qu’en recherche) selon lequel c’est, d’un côté, toujours la femme qui vend les services sexuels et, de l’autre, toujours l’homme qui les achète.

« Nous avons été socialisés culturellement à voir les hommes comme des prédateurs, proactifs sexuellement, avec des mœurs plus légères. Mais ça commence à changer. »

— Sarah Kingston, professeure de criminologie à l’Université de Lancaster

Tranquillement, la chercheuse dit voir apparaître une forme de « reconnaissance » du fait que les femmes, elles aussi, peuvent être proactives en matière de plaisirs et de désirs. En témoigne, notamment, l’apparition de boutiques érotiques ciblant directement les femmes, offrant des jouets exclusivement voués au plaisir féminin, et ce, dans toutes les grandes artères du pays. « Dans une société prude comme la nôtre [le Royaume-Uni], dit-elle, c’est un énorme bouleversement. »

Évidemment, si cette clientèle existe, c’est qu’elle en a les moyens. Or, d’après elle, le phénomène serait loin d’être nouveau. De tout temps, au Royaume-Uni, certaines femmes ont eu une forme ou une autre de pouvoir économique, dit-elle. « On peut penser à l’époque victorienne, où des femmes, dans la société, avaient beaucoup de pouvoir. » Si elles étaient jadis plus subtiles (offrant des cadeaux ou payant des repas à leurs compagnons potentiels, par exemple), ce qui est inusité, depuis l’apparition des petites annonces sur l’internet, notamment, c’est l’aspect « explicite, direct et intentionnel » de la chose.

Une culture de la consommation

Dans le cadre de ses recherches, Sarah Kingston a interrogé 12 « clientes ». Qui sont-elles ? Des femmes « tout à fait ordinaires », souvent aisées, certaines s’offrant une escorte par année, d’autres des services plus réguliers.

Ce qu’elles cherchent ? De tout : certaines ne veulent que du sexe (« c’est tout ce qu’elles veulent »), d’autres cherchent une « boyfriend experience », ou encore un homme avec des « attributs particuliers », ou pourquoi pas une « expérience éducative », en solo ou en couple.

Pourquoi ne vont-elles pas tout simplement dans un bar, ou sur un site de rencontre ? Faute de temps et d’énergie, résume la chercheuse, par souci de discrétion (si elles sont mariées), et puis parce que c’est tout simplement beaucoup plus simple et surtout plus sûr.

« Elles peuvent avoir ce qu’elles veulent, quand elles le veulent, dans un contexte délimité. »

— Sarah Kingston, professeure de criminologie à l’Université de Lancaster

Une « consommation » qui ressemble à bien des égards à celle des hommes, fait-elle d’ailleurs valoir. « Hommes et femmes, nous vivons dans une culture très similaire : une culture de la consommation. On cherche des trucs spécifiques, des gens précis, des relations particulières. »

Ce qui est particulier, c’est que les travailleurs du sexe (elle en a interrogé 38), eux, voient la clientèle féminine comme plutôt différente (« plus sensuelle, passionnée »). « C’est intéressant, mais on peut se poser la question : est-ce une vraie différence ou une simple perception ? Ou alors, est-ce que les clientes ont été socialisées différemment pour agir ainsi ? Ça mérite d’être discuté. »

Encore une fois, ces femmes ne voudraient-elles pas une « vraie » relation ? Certaines, en effet, disent que oui. « Mais encore une fois : est-ce une attente dictée par notre socialisation ? Peut-être assiste-t-on au contraire à une évolution des attentes des femmes en relation ? »

Quoi qu’il en soit, Sarah Kingston note que les femmes qu’elle a rencontrées se sentent toutes « libérées, et surtout libres de faire ce qu’elles veulent », dit-elle. Comme les hommes ? Non : « Sans se conformer aux normes des hommes », nuance-t-elle.

L’AVIS DE SEXOLOGUES

Trois sexologues analysent pour nous le phénomène.

RENÉE LANCTÔT, sexologue et coach sexuelle à Vancouver.

« Moi, je le recommande ! »

« Définitivement », dit celle qui n’a pas peur de choquer. Parce qu’elles sont trop occupées, n’arrivent pas à trouver de partenaire, parce qu’elles ont des difficultés en matière de socialisation, ont peu d’amis, sont handicapées… Les raisons d’avoir recours à de tels « services » ne manquent pas, commente la coach sexuelle, qui réclame aussi la légalisation du plus vieux métier du monde. « Il y a des gens qui ont un manque extrême de connexion. Pour ces personnes-là, à cent milles à l’heure, c’est un besoin, et elles devraient avoir accès à quelque chose. » Et les autres ? Renée Lanctôt se félicite de voir de plus en plus les femmes prendre ici « leur sexualité en main ». « Pourquoi pas, si ça les fait se sentir bien ? » Un seul conseil, pour conclure : « Ne tombez pas en amour ! Surtout pas. Mais si vous avez un besoin corporel, pourquoi pas ? C’est un problème que vous pouvez régler avec de l’argent ! »

PASCALE ROBITAILLE,
sexologue clinicienne, spécialiste des travailleuses du sexe

« Un service qui peut combler des besoins […], comme chez les hommes. »

La clinicienne voit souvent des clients, mais à ce jour jamais de clientes, de l’industrie du sexe. « Mais j’entends des histoires », dit celle qui côtoie professionnellement plusieurs escortes. D’après elle, des femmes peuvent avoir recours à une escorte (femme) pour « clarifier leur orientation sexuelle, essayer de nouvelles pratiques, explorer ou échanger ». Selon Pascale Robitaille, cette clientèle est aussi « sous-estimée » et certainement en croissance, notamment à cause de la visibilité plus positive des travailleuses du sexe dans les médias, depuis quelques années. Non, elles ne sont pas toutes droguées ou « pimpées », « plusieurs sont des travailleuses indépendantes », dit-elle. Si ça n’est « pas pour tout le monde », notamment si, moralement, votre conscience s’y oppose, le recours à une escorte peut « combler des besoins affectifs et personnels », exactement comme ce qu’on observe chez les hommes, avance la sexologue. On assiste d’ailleurs peut-être ici à une petite « évolution culturelle ».

VINCENT QUESNEL,
sexologue clinicien et psychothérapeute

« Ça ne fait pas partie de mon approche. »

Non, Vincent Quesnel ne recommandera jamais à une femme de payer pour des services sexuels. « Je vais toujours privilégier une démarche où la femme va procéder de façon autre qu’utilitaire pour arriver à combler ses besoins relationnels », dit-il. Tout comme pour un homme, faut-il préciser. Reste que « c’est un choix ». Et qu’il n’est pas non plus « contre ». « Les hommes, de tous les temps, l’ont fait, je ne vois pas pourquoi les femmes ne se le permettraient pas ! » Les femmes risquent en prime bien moins de se faire juger que les hommes, croit-il (parce qu’on ne les accusera jamais « d’exploiter ces hommes-là… »). Il croit d’ailleurs que le phénomène témoigne d’un « changement culturel » en matière de « besoins sexuels et affectifs ». « Les femmes sont de plus en plus indépendantes, et en vieillissant, peut-être que leurs besoins sexuels ne sont pas toujours remplis par les hommes de leur âge. Un service d’escorte permet d’assurer un certain plaisir qu’elles n’ont peut-être jamais eu de leur vie ! » Dans la littérature scientifique, poursuit-il, le fantasme de l’homme pour la putain est très bien documenté. Peut-être y aurait-il aussi un fantasme de la femme pour l’homme « prêt à tout faire » ?

CONFIDENCES D’UN GIGOLO

Il s’appelle Benoît. Il a 46 ans. De beaux yeux clairs. Un sourire doux. Et dans la vie, depuis deux ans, il fait des caresses.

Il dit qu’il donne de la « tendresse », mais dans les faits, il donne surtout de la jouissance. Sa mission : réveiller les sens de celles qui les ont éteints. Pour femmes seulement.

Sur son site internet, aucune ambiguïté : « détente », « excitation », « surprise sensorielle » sont au menu. « C’est un massage sensuel où tout le corps peut être massé », « personnalisé, qui s’adapte à vos besoins et désirs », avec « sélection des parties du corps à privilégier ou à bannir ».

Son « marché cible » : les femmes qui n’ont pas été touchées depuis plus d’un an, dit-il, rencontré dernièrement autour d’un chocolat chaud, dans un restaurant de la Place Versailles. Dans un monde idéal, il offrirait ses services aux femmes battues, pourquoi pas aux mères seules, aux personnes handicapées physiques ou mentales. « Je serais game ! À la base, tout le monde a droit à des caresses et à de la tendresse ! »

À l’inverse, il ne veut rien savoir des femmes mariées qui cherchent à mettre un peu de piquant dans leur couple. « C’est zéro ça, le but ! insiste-t-il. Je ne veux pas être le nouveau vibrateur du mois. »

Benoît a accepté de nous rencontrer pour nous parler de son « sideline » (il a un autre emploi, comme travailleur autonome), mais il ne veut surtout pas qu’on écrive son nom de famille. « Mes parents vont à la messe tous les dimanches ! » Ses amis sont persuadés qu’il est « pervers », et disent de lui qu’il est un « gigolo ». Pervers, non, mais gigolo, peut-être (« oui, un peu »), dit-il en souriant, tout en maintenant qu’il a néanmoins ici une « mission ».

« Je fais du bien au corps et à l’âme ! »

— Benoît

Techniquement, ses clientes (plus d’une centaine depuis qu’il a commencé, âgées de 40 à 65 ans, principalement) prennent donc rendez-vous (pour 60, 90 ou 120 minutes), se couchent nues sur une table et se font « masser » ou caresser doucement, selon les zones entendues. Il se défend ici de les masturber. « C’est plus doux. Il n’y a pas de va-et-vient. »

Entre lui et une masseuse érotique, il y a un monde, croit-il aussi. « L’homme veut venir. La femme, ce n’est pas ça le but. Elles veulent être touchées, caressées. C’est une méchante différence. »

L’argent est pour lui une habile barrière, qui empêche aussi qu’il y ait attachement. Il ne cache pas avoir sauté la clôture et couché quelques « rares » fois avec des clientes, mais toujours hors du lieu de travail. Et toujours sans lendemain, précise-t-il.

Si la vague #metoo l’a interpellé ? Tout à fait, dit-il. Mais il n’a aucune crainte de son côté. « Ça se fait à 800 % dans le respect. »

Il ne se considère d’ailleurs pas comme un « travailleur du sexe », mais trouve que son travail devrait être légal. Parce qu’il n’y a pas de proxénète ni aucune exploitation dans le décor, et surtout parce qu’à quelques détails près, il fait un travail de massothérapie. « Un massage, c’est légal, mais si on touche les seins, c’est illégal ? »

Et maintenant, la grande question : comment et surtout pourquoi devient-on ainsi « masseur » dans la vie ? Benoît nous explique en toute franchise qu’il est célibataire, qu’il attend le grand amour, et que la minute où il va le rencontrer, il va cesser ses activités. Mais en attendant, comme il a toujours beaucoup aimé « donner », il a trouvé ce moyen de « combler [s]on besoin ». Lucide, il éclate de rire : « Non, ça n’a pas de bon sens, je suis payé pour faire ça ! »

Une première journée bien remplie

VFMLID=33264724Partis de Pioneer Village à 7h30, nous voilà confortablement installés, 1 148 kilomètres plus au nord, au Holiday Inn de Lumberton en Caroline du Nord, depuis 21h00.

Dès 6h00 ce matin, nous avons terminé les dernières vérifications avant de mettre la clé dans la porte de nos quartiers d’hiver. Petit déjeuner au Wendy’s du Love’s, voisin de chez-nous, avant de bouffer les premiers kilomètres sur l’Interstate 75.

Au départ, le mercure indiquait 23°C pour atteindre 32°C en traversant Jacksonville. Au moment de rédiger cet article, il fait 16°C à Lumberton.

La journée s’est bien déroulée mis à part deux accidents qui nous ont ralenti d’une trentaine de minutes chacune. Le premier à Sarasota, où une remorque format géant était requise pour sortir un véhicule de sa fâcheuse position, probablement dans un fossé. On n’a pu le voir puisque l’accident est survenu en direction sud. En direction Nord, ce sont les ouaireux d’amérique qui retardaient la circulation.

Le second, c’était à Jacksonville. La belle voiture neuve, côté conducteur, est entrée en collision avec les roues de la remorque d’un poids lourd, au point de faire gonfler les air bags latéraux. On pouvait voir le caoutchouc brûlé et collé sur tout le côté conducteur de la voiture.

Dans la partie septentrionale de la Géorgie, la pluie s’est mise de la partie, sous un ciel très sombre. Dès lors, la conséquence a été de faire tomber la température subitement de 13°C.

Je peux vous dire que les américains n’ont rien à envier aux québécois, en matière de cônes oranges. Eux aussi font vivre le marché en décorant tout ce qu’il y a de routes. Les Interstates 4, 75 et 95 sont de vastes chantiers qui me rappellent toute la région de Fort Myers, au milieu des années 2000, alors que les infrastructures étaient en chantiers pour donner les belles routes d’aujourd’hui.

Agrandissement des voies sur la 75, alors que la région de Disney aura des échangeurs à faire rêver à très court terme. Même constat du côté de Jacksonville. On a qu’à regarder le magnifique pont de l’Interstate 75 et qui surplombe la Caloosahatchee River sur cinq voies, tout près de Pioneer Village. Magnifique ! On était heureux de constater les résultats à notre retour, l’automne dernier. Le portrait changera assurément dans ces autres secteurs.

Aussi, contrairement au Québec, les chantiers ne sont pas les pires entraves à la circulation et la planification qui fait tant défaut chez-nous, est efficace au pays de l’Oncle Sam.

Demain, on repart à l’aube, direction l’état de New York pour notre deuxième halte. Mais pour le moment, le lit remplira très bien son rôle cette nuit. Bonne nuit !

Enfin à la maison

2015-04-16 001Excusez mon retard à publier la fin de notre retour à la maison, mais de sérieux problèmes d’ordinateur en sont la cause. Soudainement, mon bidule est terriblement au ralenti et je devrai voir de quoi il en retourne.

Pour le moment, je peux vous dire que nous sommes rentrés au Québec en début d’après-midi hier sain et sauf sous une douce température avec un soleil radieux.

Qui dit retour à la maison dit repartir la caravane après son inactivité d’hiver avec tout ce que cela suppose de procédures. En plus l’eau de notre site est encore gelée. Donc, nous sommes branchés chez le voisin.

Après une petite commande à l’épicerie, Linda et Benoît nous offraient le souper qu’ils ont partagé avec nous dans leur caravane. Une délicate attention que nous avons grandement apprécié Louise et moi.

L’important est que nous soyons rentrés et pour le reste, je vais tenter de régler mes problèmes d’ordi, une priorité dans mon cas.

Ah, ordi quand tu nous tiens!