Est-ce que vous suivez le procès
sur la loi 21 ? Moi, oui, et avec beaucoup d’intérêt. J’en ai même des nausées. Se faire écœurer, au Québec par des avocats étrangers et en anglais par-dessus le marché, c’est ajouter l’insulte à l’injure. Par moment, je deviens hors de moi et j’aurais le goût de foutre un bon coup de pied dans le cul à ces emmerdeurs.
C’est comme ça que nous sommes vus au Canada anglais. Vous vous souvenez des marques d’affection et d’amour de ces hypocrites de bas niveau, en 1995. Le moment où on aurait pu devenir un pays ? Toutes les lois que le Québec se vote, sont contestées par le Canada anglais. Ce rendez-vous manqué de 1995 avec notre autonomie doit se reproduire. Et rapidement. On se doit de devenir maître chez nous.
Je ne serais pas surpris que ces malotrus à toges aient gain de cause. Ce ne serait que répéter les insultes précédentes et principalement celle de la loi 101, qui tarde à être revue.
J’aime bien l’approche de Paul St-Pierre Plamondon, nouveau chef du Parti québécois, d’accéder enfin à notre indépendance et j’espère que ce ne seront pas des paroles en l’air.
Dans l’édition du Journal de Montréal d’hier, Mathieu Bock-Coté, mon idole, rejoint mon opinion sur la question et particulièrement sur sa conclusion. Voici son propos.
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CONDESCENDANCE COLONIALE
La semaine dernière, dans le cadre du procès contre la loi 21, Azim Hussain, un des avocats anti-laïcité, a assimilé le loi 21 aux lois de Nuremberg. Il parlait des lois adoptées par le régime nazi pour persécuter les Juifs. Ces lois annonçaient leur extermination.
Azim Hussain a fait tout cela en anglais, évidemment, parce qu’au Québec, on peut chercher à invalider les lois votées par l’Assemblée nationale sans même daigner parler la langue du peuple qu’elle représente.
HUSSAIN
C’est une marque de condescendance coloniale à l’endroit d’un peuple à qui on explique de plus en plus qu’il est de trop chez lui.
On peut aussi, comme on l’a entendu au tribunal, affirmer qu’un de nos sociologues les plus réputés venu pour témoigner, n’est pas qualifié pour le faire parce qu’il est un homme blanc hétérosexuel de plus de 50 ans ne portant pas de signe religieux. Et c’est au nom de l’antiracisme qu’on le disqualifiait à cause de la couleur de sa peau… Quelle blague !
À ce compte-là, beaucoup de Québécois ne seront plus en droit de se prononcer sur ce qui se passe dans leur pays.
Faut-il vraiment multiplier les arguments historiques pour expliquer que le Québec n’a rien à voir avec l’Allemagne nazie ? La nazification du peuple québécois est odieuse. Ajoutons qu’on piétine aussi de grossière manière la mémoire des victimes de la Shoah, qui voient leur souffrance instrumentalisée de manière indécente.
INDÉPENDANCE
N’espérons rien. Les tribunaux ne sont pas là pour traiter équitablement la loi, mais pour la charcuter d’une manière ou d’une autre. Ce sont des tribunaux au service d’une constitution qui nous est hostile, et qui ne changera pas.
Plus je m’intéresse à ce procès, où c’est notre droit d’exister comme peuple qui est en question, plus je me rappelle à quel point le Québec devrait devenir un pays indépendant.
UN CONTE POUR LES GRANDS AU COEUR D’ENFANT
Voilà trois fois que le feu de circulation vire au vert sans que, pare-chocs à pare-chocs, les voitures avancent d’un centimètre. Quelle tempête ! Moi qui voulais écrire mon conte de Noël, ce soir… Zut ! À l’instar des autres automobilistes, j’éteins mon moteur, tourne le bouton de la radio et me cale profondément dans mon siège. Troisième concerto pour piano de Beethoven. Bof ! Après tout, aussi bien profiter du moment et l’écouter attentivement. Quel génie, tout de même ce compositeur !
– Oui, mais le soliste joue mal. Il ne respecte pas les consignes indiquées sur la partition. Même le tempo de l’orchestre est trop lent.
Je me retourne d’un bloc. Sur le siège de droite, à mes côtés, est assis un personnage dont l’allure me laisse perplexe : cheveux en bataille, chemise de dentelle et veste de soie, souliers à boucles. Le regard perçant sous les sourcils broussailleux a pour moi un air de déjà vu : la ressemblance avec le portrait de Beethoven suspendu au-dessus de mon piano me paraît évidente. Je n’ose y croire… Suis-je en train de perde la tête ?
– Seriez-vous ?…
– Oui, oui, je suis Ludwig van Beethoven !
– Mais… Que faites-vous ici, dans ma voiture ?
– Permission spéciale ! Parce que j’ai inspiré un écrivain à poursuivre son œuvre malgré les difficultés éprouvées, je fais partie du groupe des Élus qui ont reçu, cette année, le privilège du Seigneur d’accomplir un désir fou. J’ai manifesté le vœu de vous rencontrer afin de vous inciter à persévérer dans l’écriture. Alors, me voilà ! On m’a parachuté sur terre à vos côtés pour quelques instants seulement. J’avoue toutefois ne rien connaître de la planète du vingt et unième siècle, sauf pour ma musique que les hommes semblent encore apprécier. D’ailleurs, d’où sort-elle, en ce moment, cette musique ? De cette boîte-là ? J’entends bien mon concerto, mais où sont les musiciens ?
– Mais… ils tournent à la radio ! Ou plutôt, non ! Ils jouent sur un disque. Euh… C’est-à-dire qu’ils se trouvaient là lors de l’enregistrement du disque compact, euh… le CD qui tourne à la radio…
– Radio ? Disque compact ? Et le piano, où l’a-t-on installé ? Quel son extraordinaire, tout de même ! Les hommes de ce siècle ne connaissent pas leur chance. Dites-moi, Micheline, où nous trouvons-nous exactement, en ce moment ?
– Nous sommes assis à l’intérieur de ma voiture, au centre-ville, au milieu d’un embouteillage monstre causé par la tempête de neige du siècle.
– Quelle voiture ? Je ne vois pas de voiture ici, moi ! Il n’y a même pas de cheval !
– De cheval ? Euh… Il y a des chevaux-vapeur, mais pas de cheval.
– Des chevaux-vapeur ? C’est quoi ça, des chevaux-vapeur ? Et toutes ces lumières qui ne cessent de bouger autour de nous, quel magnifique feu d’artifice, n’est-ce pas ? Oups ! Attention ! On nous attaque ! Regardez ce monstre, il se dirige droit vers nous ! Quel vacarme ! Ciel ! Nous allons périr ! Prenez garde, Micheline, prenez garde !
J’ai beau tourner la tête de tous les côtés, je ne vois qu’une vulgaire charrue en train de pousser la neige afin de dégager la rue. Je m’empresse de rassurer mon interlocuteur de plus en plus effaré.
– Dieu que la vie sur terre est devenue traumatisante depuis 1827 ! Oh ! regardez là-bas, dans la fenêtre du palais, cet arbre de Noël grandiose. Nous ne sommes que le 20 décembre, pourtant. Pourquoi avoir allumé les bougies dès maintenant ?
– Du palais ? Quel palais ? Et quelles bougies ? Je ne vois de palais nulle part.
– Juste là, devant nous.
– Mais, monsieur Beethoven, il ne s’agit pas d’un palais, c’est seulement un magasin : Le Palais des Sports ! Et les bougies sont des lumières électriques, pas des chandelles, voyons !
– Électriques ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Pauvre monsieur Beethoven, vous voilà vraiment perdu ! Je n’en reviens pas de vous voir là, à mes côtés…
Le musicien se retourne vers moi et me gratifie d’un sourire irrésistible, celui qui me rappelle les plus beaux moments de sa Symphonie Héroïque.
– Un ange m’a raconté que, pendant vos périodes creuses au cours de cette année, vous vous êtes très souvent inspirée de moi en écrivant votre roman avec constance et acharnement. Il semble que ma persévérance d’autrefois à composer de la musique malgré ma surdité vous a maintes fois soutenue et donnée du courage. Cela m’a touché profondément, vous savez. Ce n’est pas parce qu’on a trépassé et qu’on habite le ciel qu’on reste indifférent à ce qui se passe dans le cœur des humains. Alors, j’ai voulu vous remercier et vous offrir un petit présent pour vous encourager à continuer.
Dans l’écrin de velours bleu nuit que le musicien me remet gentiment, brille une magnifique plume d’or. Je me sens tout émue et ne sais trop comment remercier cet homme que j’admire plus que tout.
– Oh ! merci monsieur Beethoven ! Quelle bonne idée et comme c’est gentil à vous !
– Appelez-moi Ludwig, je vous en prie. En fait, je n’ai pas grand mérite, c’est le Saint-Esprit qui m’a glissé cette idée à l’oreille et… ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, eh ! eh ! Depuis que j’habite au ciel, j’entends de nouveau. Savez-vous, Micheline, que vos contes de Noël sont lus jusqu’au fond du paradis et que nous les attendons impatiemment chaque année ? Non seulement les petits Chérubins, mais tous les Bienheureux les adorent. Rappelez-vous de la consigne : « Si vous n’êtes pas comme des enfants, vous n’entrerez pas au paradis. » Puisse cette plume d’or vous inciter à en écrire beaucoup d’autres pendant de nombreuses années. C’est mon cadeau de Noël et celui de tous les Élus.
– Vous tombez pile, monsieur Beethoven, euh… monsieur Ludwig ! J’avais justement prévu, ce soir, de rédiger à la hâte mon conte de Noël de cette année. J’accuse du retard, contrairement à mes habitudes. Pour vous remercier de ce merveilleux cadeau, je vais vous insérer dans ce conte et y donner un rôle de premier ordre, si vous n’y voyez pas d’objection.
– Vous m’en voyez tout honoré, Micheline. Eh bien ! je dois vous quitter maintenant. Au paradis, cette année, on jouera ma Missa Solemnis durant la nuit de Noël, et je dois m’occuper des répétitions avec l’orchestre des Glorieux et le Chœur céleste. Ce n’est pas parce que ces gens sont béatifiés qu’ils ont nécessairement de l’oreille, vous comprenez ! Je dois veiller, sans perdre patience, à ce que les voix et les violons soient parfaitement accordés.
– Au revoir et merci, monsieur Beethoven ! On se reverra sans doute un jour, au paradis. N’oubliez pas d’inscrire mon nom sur la liste d’attente de vos futurs élèves en piano.
L’homme me sert la main chaleureusement.
– J’insiste : appelez-moi donc Ludwig…
Je me penche timidement pour déposer un baiser sur la joue de mon musicien préféré, l’un des plus grands dans l’Histoire de l’humanité, quand les klaxons me font soudainement sursauter. La voie est enfin dégagée, et ma voiture immobilisée semble maintenant entraver la circulation. Je m’empresse de remettre le moteur en marche et de déguerpir, non sans jeter un regard oblique vers le siège du passager. Il est vide.
La chaussée glissante et dangereuse capte toute mon attention, et ce n’est qu’une demi-heure plus tard que j’arrive finalement à m’extirper de la circulation infernale de ce vendredi avant Noël. Enfin, je peux maintenant réfléchir à ce qui vient de m’arriver.
Beethoven dans ma voiture… Quelle farce ! Voyons, Micheline, tu deviens folle ! Comment appelle-t-on cela ? Hallucination ? Schizophrénie ? Paranoïa ? Voilà ce qui arrive, ma vieille, quand on se surmène comme tu le fais depuis des mois : on capote ! Et les maladies mentales finissent par surgir. Oh là là ! Je n’aime pas cela du tout ! Il faudrait que j’en parle de toute urgence à mon médecin, À moins que ce ne soit le commencement de la maladie d’Alzheimer… À mon âge, ce serait vraiment le comble !
Et puis, non ! J’ai dû bêtement m’endormir quand ma voiture s’est trouvée immobilisée. Oui, oui, c’est cela ! Aussi simple que ça : j’ai rêvé que Beethoven venait me visiter. Tu parles ! Il faut croire que j’ai l’imagination fertile. Quel beau rêve, tout de même !
Quelques heures plus tard, je m’installe confortablement devant un feu de cheminée, pantoufles aux pieds, tablette à écrire à la main, un bon café fumant sur ma table. Décidément, voilà une excellente idée d’inclure Beethoven dans mon conte de Noël de cette année. Il est vrai que sa pensée me réconforte depuis longtemps. Oups ! J’ai oublié de prendre un stylo.
À la recherche d’un quelconque crayon, je farfouille dans mon sac à main. Quelle n’est pas ma surprise d’y découvrir, dans un écrin de velours bleu nuit, une ravissante plume d’or. Une minuscule carte l’accompagne :
– De Ludwig, avec tendresse.
Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012.
Aujourd’hui, j’ai choisi de vous partager un témoignage « à l’eau de rose » à vrai dire, associé à la fête de Noël, et en prélude à un heureux événement. Le tout suivi de réflexions et conseils. Spécialement pour vous, chères lectrices… les messieurs n’en sont cependant pas exemptés.
NOËL LE CŒUR LÉGER
En 2018, mon plus beau cadeau ne se trouvait pas dans une boîte sous le sapin, mais dans mon ventre.
En fait, c’est en voyant les deux petites barres roses s’afficher sur le bâton que j’ai compris que mon cadeau se trouvait à l’intérieur de moi.
Quelques jours avant Noël, j’avais pourtant fait un test qui s’était révélé négatif. Mais comme je suis d’ordinaire réglée comme une horloge et que je n’étais toujours pas menstruée, j’avais le sentiment qu’une boule de vie prenait forme dans mes entrailles.
Le 24 au soir, ma mère, un peu sorcière, m’a d’ailleurs fait un commentaire sur mon teint radieux. Je n’avais pourtant rien fait de spécial.
J’agissais comme si la vie suivait son cours, mais je savourais mon verre de vin, sachant que le prochain irait dans neuf mois ou plus encore ! J’avais l’œil pétillant (peut-être à cause du mousseux ?) en regardant mon petit loup déballer ses cadeaux. J’avais le sentiment que, l’an prochain, un autre mini serait parmi nous.
Le lendemain matin, je me suis ruée à la pharmacie pour m’acheter un second test. Et cette fois-ci a été la bonne. J’ai fondu en larmes (de joie, bien sûr !) et je suis sortie annoncer la bonne nouvelle.
Mon petit bonhomme de trois ans ne comprenait pas trop pourquoi maman pleurait et encore moins où se trouvait le bébé dont on lui parlait, mais il était heureux. C’est donc sur notre petit nuage de bonheur que nous avons filé vers la maison de la belle-famille pour notre deuxième soirée de célébration. Là-bas, notre sourire étampé sur le visage nous a trahis.
Impossible de cacher cette heureuse nouvelle qui a fait grimper l’indice de bonheur d’un cran.
Pour Dominique Grenier, c’est plutôt une demande en mariage inattendue qui est venu saupoudrer encore plus de magie sur un Noël déjà bien rempli. « D’ordinaire, on ouvre les cadeaux le matin, mais en revenant de chez ses parents, le 24 au soir, mon chum a insisté pour qu’on déballe d’autres cadeaux, raconte-t-elle. Quand j’ai ouvert l’écrin, il s’est mis à genoux. Je me suis mise à rire et à pleurer en même temps. C’était maladroit, mais tellement parfait. Ça nous ressemblait. »
Même si le couple s’est couché le cœur léger, la nuit a été courte.
Selon la psychologue Rose-Marie Charest, on associe aisément Noël au bonheur. Et comme on a souvent envie d’en faire plus pour être en phase avec la frénésie et l’effervescence ambiante (davantage de paillettes, de clinquant et d’alcool !) il n’est pas surprenant que nos émotions s’emballent et s’exacerbent aussi.
« Cette période de l’année a tendance à jouer sur l’intensité des émotions, explique Mme Charest. Si la demande en mariage avait été faite un 8 novembre, probablement que, des années plus tard, on ne se serait pas souvenu de la date, alors que Noël est un jour important. L’ambiance est déjà à la fête. »
Mais une fois la bonne nouvelle absorbée, on l’annonce comment ? Est-ce que notre euphorie pourrait paraître ostentatoire aux yeux de ceux qui traversent une zone de turbulence ?
« C’est sûr que si notre belle-sœur vient de faire une fausse couche, elle n’accueillera peut-être pas la nouvelle de notre grossesse avec grand bonheur, convient Mme Charest. Or il faut être authentique et être capable de dire ce qui nous arrive. On n’est pas obligé de s’épancher et d’en parler toute la soirée. »
Pour ma part, la gestation de notre mini a fort heureusement été soulignée dans la joie et l’allégresse. Idem pour Dominique qui n’a pu garder son secret bien longtemps. « Je voulais attendre que tout le monde soit là avant de le dire, alors j’ai tenté de camoufler mon jonc au milieu d’autres bagues, se remémore-t-elle en riant. Mon stratagème n’a pas fonctionné bien longtemps ! »
Source : Joelle Bergeron, Revue Coup de Pouce, décembre 2020, p39
Ce soir-là, il se faisait très tard et personne n’avait encore éteint les lumières de l’arbre de Noël installé au milieu du salon familial. Tout paraissait calme dans la maison à part les ronflements de monsieur Roupillon endormi sur le divan, son journal sur son nez.
Le sapin brillait de mille feux. Au-dessous, sur une couverture blanche évoquant la neige, une clarté dorée émanait des fenêtres des petites maisons d’un village de carton. Au milieu trônait une jolie crèche dans laquelle rien ne bougeait. Les personnages de plâtre restaient immobiles et silencieux. Pourtant, une petite voix s’éleva soudain.
– Dis donc, Flanelle, si on sortait de la crèche pour aller se dégourdir les pattes au village ?
– Oh ! non, notre berger ne serait pas content.
– Tu sais bien que Samuel ne bronchera pas du temps des Fêtes. Il va se contenter de contempler le petit Jésus à perpétuité, appuyé sur sa canne ! Il ne s’apercevra même pas de notre promenade. On mérite bien une petite sortie, après tout ! Une année dans les boules à mites, juchés sur une tablette du sous-sol, c’est long pour des petits moutons comme nous ! On a bien droit à quelques heures de vacances, non ? J’en ai assez, moi, de rester sans bouger au fond de la crèche.
– Non, Coton ! Notre place se trouve à gauche du petit Jésus, du côté de l’âne, exactement là où madame Roupillon nous a placés.
– Allons, viens ! Personne ne remarquera notre absence. Toute la famille est sortie ce soir à part monsieur Roupillon qui dort à poings fermés sur le canapé. C’est le temps ou jamais !
Flanelle se laissa finalement convaincre et suivi Coton, un peu à regret. Mais elle oublia vite son sens du devoir dès qu’elle eut sauté la clôture. Ah ! quelle joie de gambader sous le sapin de Noël et de jouer à cache-cache derrière les maisons du village illuminé. Les deux agneaux dévalaient les pentes à toute vitesse ou se laissaient glisser sur le miroir figurant une patinoire, au grand plaisir du bonhomme de neige de peluche qui les regardait s’amuser en riant de bon cœur.
Les petits moutons arrivèrent bientôt devant un étrange objet constitué de plusieurs chariots sur roues, attachés les uns aux autres.
– Un train ! s’écria Coton. Il y a des années qu’on n’en avait pas installé sous l’arbre des Roupillon. Allez ! monte, Flanelle, tu vas faire un tour de train. Tu verras comme ça peut aller vite.
– Jamais de la vie ! J’ai bien trop peur !
– Ah ! ce que les filles sont poules mouillées ! Il n’y a pas de danger, voyons ! Un train d’arbre de Noël, ça ne fait que tourner en rond !
Flanelle accepta de mauvaise grâce et finit par monter, en hésitant, dans un wagon de marchandises dont la porte était ouverte. Coton dut sauter à plusieurs reprises, à pattes jointes, sur le bouton rouge de l’interrupteur déniché derrière l’arbre, avant que le convoi ne se mette enfin en branle. À chacun des tournants, l’engin lançait des tchous-tchous sonores auxquels se mêlaient les cris effrayés de Flanelle, ce qui faisait rire Coton chaque fois que le train défilait devant lui.
C’est à ce moment précis que monsieur Roupillon se réveilla à moitié, sans doute à cause du vacarme. Tout ensommeillé, il s’en fut éteindre l’arbre de Noël et toutes les lumières de la maison pour monter ensuite se coucher dans sa chambre, sans même se demander ce qui avait pu actionner le train électrique sous le sapin. Non seulement l’arbre de Noël et le village, mais tout le salon, se trouvèrent aussitôt plongés dans l’obscurité totale. Bien sûr, le train cessa immédiatement son excursion.
Seuls les cris de panique de Flanelle résonnant au loin et les bêlements affolés de Coton brisaient le silence effroyable. « Ma pauvre Flanelle, comment vais-je la retrouver par cette noirceur ? » Il se mit à courir le long de la voie ferrée en se disant qu’il finirait bien par rejoindre le train quelque part. En brave petit mouton, il ramènerait son amie dans la crèche et nul ne saurait avec quelle imprudence il l’avait lui-même entraînée dans cette mésaventure. Hélas ! lorsqu’il parvint à grimper dans les wagons arrêtés au milieu d’un tunnel, Flanelle ne s’y trouvait plus. Rien ! Pas un bruit, pas un cri, pas un agneau, absolument rien ne bougeait. Morte de peur, Flanelle avait dû quitter le train et s’enfuir à toutes pattes dans n’importe quelle direction. Dieu sait où…
« Pourvu qu’il ne lui arrive rien ! On ne sait jamais quels dangers guettent une naïve brebis comme elle ! » songeait Coton. Il se rassura quelque peu en pensant qu’on ne rencontre jamais de loup ou de bandit sous les arbres de Noël. Il continua à crier de toutes ses forces, mais Flanelle ne répondait toujours pas.
Pendant ce temps, dans l’étable disposée sur le devant de l’arbre, saint Joseph remarqua que Marie grelottait.
– Quelle nuit fraîche ! Depuis qu’on a éteint les lumières du sapin, on dirait qu’un vent frais tourne au-dessus de nous. Même le petit Jésus a les mains gelées ! Il faudrait faire quelque chose, mon mari.
– Ne t’inquiète pas, Marie, je vais faire venir nos deux petits moutons. L’un se couchera avec Jésus et l’autre te réchauffera les pieds.
Marie se mit à sourire. Elle aimait bien ces deux adorables agnelets de laine blanche qui revenaient invariablement égayer la crèche, chaque année. Oh ! de temps en temps, ils donnaient un peu de fil à retorde à leur berger Samuel, mais ils se montraient tellement joyeux et pleins de vie !
Joseph revint bredouille en compagnie d’un Samuel passablement énervé.
– Mes moutons ont disparu ! Oh ! bonne Sainte Vierge, me pardonnerez-vous jamais de les avoir perdus ?
– Allons, mon bon Samuel, ne vous inquiétez pas. Je vais envoyer mes anges à leur recherche.
Au même moment, un grand miracle se produisit : l’étoile suspendue au-dessus de la crèche commença à briller comme un soleil. Les anges fouillèrent alors le sapin, du haut jusqu’en bas, volant de branche en branche, frôlant de leurs ailes les glaçons d’argent et les babioles multicolores. Ils survolèrent le village étalé au pied de l’arbre comme de grands oiseaux furetant dans tous les coins et recoins. Ils dénichèrent d’abord Coton, recroquevillé derrière une butte de neige, épuisé d’avoir tant cherché son amie. Il pleurait à chaudes larmes, désolé d’avoir causé la perte de Flanelle. Samuel le ramena à lui avec sa canne mais il le gronda à peine, trop content d’avoir retrouvé au moins un des agneaux.
De Flanelle, on ne trouva nulle trace. On commença à se demander si l’un des méchants casse-noisettes accrochés dans l’arbre ne s’était pas emparé d’elle pour la croquer. Ou une boule géante l’aurait-elle écrasée en tombant ? On en verrait alors des traces… Et si une souris affamée, longtemps dissimulée entre les murs de la maison, avait croqué cette proie facile en rêvant à un gigot d’agneau ? Ce serait bien la première fois qu’un tel drame se produirait sous le sapin des Roupillon. Les plus vieux ornements de l’arbre certifièrent que jamais ni chat, ni chien, ni souris n’avait habité cette maison. Tout le monde revint à la crèche la mine basse. Même la Vierge Marie s’énerva un peu.
– Il n’est pas question de passer la nuit sans retrouver Flanelle. Je vais devoir faire un autre miracle.
Aussitôt, non seulement les maisons du village sous l’arbre de Noël s’éclairèrent de nouveau, mais on put déceler de l’animation derrière les fenêtres de chacune d’elles. Ici, on dansait la gigue au son d’un violon, là, on disposait des cadeaux sous un arbre décoré. Un peu plus loin, une odeur de dinde rôtie commença à se répandre. On voyait partout des passants se diriger vers la grande église de carton toute illuminée, parmi les carrioles aux grelots joyeux. Ô sainte nuit, ô nuit de paix… Les chants envahissaient le village, et Coton sentait son cœur battre à tout rompre. Comment se réjouir sans sa Flanelle bien-aimée ? Jamais il ne pourrait redevenir heureux.
L’idée lui vint tout à coup de pénétrer dans l’église remplie de monde alors que minuit sonnait tout juste à la grande horloge du clocher. Il se faufila discrètement entre les deux portes et se dirigea à petits pas vers l’avant, en longeant le mur. Il y découvrit une grande crèche qui occupait tout le côté. Instinctivement, il scruta les personnages. Autour du petit Jésus, il remarqua de nombreux moutons sommeillant sur la paille. Sans doute des cousins lointains qu’il ne connaissait pas… Soudain, il se frotta les yeux. Non ! il ne rêvait pas, il s’agissait bel et bien de Flanelle, là, complètement endormie, le museau entre les pattes. Il s’empressa de la réveiller d’un coup de langue sur le bout de l’oreille.
– Ah ! Flanelle ! Te voilà enfin ! Mais que fais-tu ici ?
– Je… je ne sais pas. Il faisait si noir et j’avais si peur. Quand je me suis approchée de cette église de carton coloré, elle s’est éclairée tout à coup et j’ai entendu des chants si doux qu’ils m’ont attirée. Je suis entrée et j’ai reconnu le petit Jésus dans la mangeoire. Il m’a souri et je suis demeurée près de lui, bien en sécurité.
– Viens ! C’est le temps de rentrer chez nous, maintenant, l’aventure a assez duré.
Un ange ramena les agneaux à la crèche à pleine volée, après les avoir déposés dans un panier d’or, au grand bonheur des chœurs de chant qui entonnèrent des alléluias plus fort que jamais. Puis, la nuit et le silence redescendirent tranquillement au pied de l’arbre de Noël.
On choisit Flanelle pour dormir auprès de Jésus. Épuisée, elle se rendormit aussitôt en même temps que l’Enfant. Saint Joseph et Samuel reprirent leur canne et s’agenouillèrent à nouveau devant le berceau. Quant à Coton, s’il eut à subir le regard réprobateur de Samuel, il se consola bien vite sous les caresses que la Vierge ne manqua pas de lui prodiguer jusqu’à ce qu’il parte lui aussi au pays des rêves, aux premières heures du matin.
Tout se figea alors et un grand silence envahit le grand salon des Roupillon.
Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012.
LE TEXTE DE CET ARTICLE A ÉTÉ SUPPRIMÉ À LA DEMANDE DE PROTÉGEZ-VOUS QUI EN ARRIVE À LA CONCLUSION QU’IL CONTREVIENT AUX DROITS D’AUTEURS ET CE, MÊME SI LA SOURCE ÉTAIT CLAIREMENT IDENTIFIÉE.
VOUS M’EN VOYEZ DÉSOLÉ.
Raiponce est un conte écrit par les frères Grimm et figure dans leur recueil Contes de l’enfance et du foyer écrit en 1812. Ce conte séduira toutes les petites filles pendant la période des Fêtes.
Il était une fois un mari et sa femme qui désirait depuis longtemps avoir un enfant, quand enfin le Bon Dieu avait entendu leur prière et avait accompli leur vœu le plus cher.
Depuis leur maison il pouvait voir un magnifique jardin où poussaient les plantes et les fleurs les plus belles ; mais il était entouré d’un haut mur, et personne n’osait s’y aventurer car il appartenait à une sorcière que tout le monde craignait.
Un jour la femme se tenait à sa fenêtre et admirait le jardin, elle vit de superbes raiponces avec des rosettes de feuilles si vertes et si luisantes, si fraîches et si appétissantes, que l’eau lui en vint à la bouche. Cette envie grandissait de jour en jour ; mais comme elle savait aussi qu’elle ne pouvait pas en avoir, elle se rendit malade et commença à dépérir chaque jour un peu plus. En la voyant dans un tel état, son mari s’inquiéta et lui demanda :
– Mais que t’arrive-t-il donc ?
– Ah ! Je vais mourir si je ne peux pas manger de raiponce !
Le mari aimait sa femme et était prêt à tout pour son bonheur. Au crépuscule, il escalada le mur du jardin de la sorcière, et prit une pleine main de raiponces qu’il rapporta à son épouse. La femme s’en prépara immédiatement une salade, qu’elle mangea sans attendre. Mais c’était si bon et cela lui avait tellement plu que son envie avait triplé. Et pour la calmer, son mari retournât encore une fois dans le jardin. Il fit donc comme la veille, mais quand il sauta dans le jardin, il se figea d’effroi car il était nez à nez avec la sorcière !
– Tu devrais avoir honte de t’introduire dans mon jardin comme un voleur, lui dit-elle, et de venir me voler mes raiponces ! Tu vas voir ce qu’il va-t’en coûter !
– Par pitié, ne voulez-vous pas user de clémence et préférer miséricorde à justice ? Si je me suis décidé à le faire, c’est que ma femme a vu vos raiponces par notre petite fenêtre, et elle a été prise d’une telle envie d’en manger qu’elle serait morte si elle n’en avait pas eu.
La sorcière fit taire sa fureur et lui dit :
– Si ce que tu racontes est exact, je veux bien te permettre d’emporter autant de raiponces que tu voudras, mais à une condition : c’est que tu me donnes l’enfant que ta femme va mettre au monde.
Le mari paniqué, accepta sans discuter. Quelques semaines plus tard, quand sa femme accoucha, la sorcière arriva aussitôt, donna à l’enfant le nom de Raiponce et l’emporta avec elle.
Raiponce était la plus belle fille de tout le royaume et lorsqu’elle eut douze ans, la sorcière l’enferma dans une haute tour sans escalier ni porte, au milieu d’une forêt. Et comme la tour n’avait pas d’autre ouverture qu’une minuscule fenêtre tout en haut, quand la sorcière voulait y entrer, elle appelait sous la fenêtre :
– Raiponce, Raiponce, descends-moi tes longs cheveux.
Raiponce avait de longs et merveilleux cheveux blonds. En entendant la voix de la sorcière, Raiponce détacha ses cheveux et les laissa se dérouler jusqu’en bas, si bien que la sorcière pouvait se hisser et entrer.
Quelques années plus tard, un prince chevauchait dans la forêt et passa près de la tour, il entendit un chant si adorable qu’il s’arrêta pour l’écouter. C’était Raiponce qui chantait avec la plus belle des voix. Le prince, qui voulait monter vers elle, chercha la porte de la tour mais n’en trouva aucune. Il finit par rentrer chez lui ; mais le chant l’avait bouleversé qu’il ne pouvait plus laisser passer un jour sans revenir à la tour et écouter.
Un jour, alors qu’il était caché derrière des buissons, il vit apparaitre la sorcière et l’entendit appeler Raiponce :
– Raiponce, Raiponce, descends-moi tes longs cheveux.
Raiponce laissa alors tomber ses cheveux et la sorcière grimpa. Le prince ayant comprit comment rejoindre la belle Raiponce, tenta sa chance le lendemain et, arrivé au pied de la tour, il l’appela :
– Raiponce, Raiponce, descends-moi tes longs cheveux.
Les nattes se déroulèrent aussitôt et prince monta. C’est alors que Raiponce prit peur en voyant qu’un homme était entré chez elle, un homme comme elle n’en avait jamais vu ; mais il se mit à lui parler gentiment et à lui raconter combien son cœur avait été touché quand il l’avait entendue chanter, qu’elle l’avait ensorcelé. Alors Raiponce perdit son effroi, et quand il lui demanda si elle voulait de lui comme époux, elle répondit qu’elle le voulait bien, en mettant sa main dans la sienne. Elle ajouta aussitôt :
– Je voudrais bien partir avec toi, mais je ne sais pas comment descendre d’ici. A chacune de tes visites, apporte-moi un cordon de soie : j’en ferai une échelle, et quand elle sera finie, je descendrai et nous partirons ensemble.
La sorcière ne se doutait de rien jusqu’au jour où Raiponce la questionna :
– Dites-moi, marraine, comment se fait-il que vous soyez si lourde à monter, alors que mon chère prince est en haut en un clin d’œil ?
– Ah ! Qu’est-ce que j’entends ? s’exclama la sorcière. Moi qui croyais t’avoir isolée du monde entier !
La sorcière était furieuse et dans sa colère, elle empoigna les beaux cheveux de Raiponce et les serra dans sa main en les tournant, puis elle, attrapa des ciseaux de l’autre main et les coupa. Elle s’en alla ensuite déposer Raiponce dans une solitude désertique, où elle l’abandonna à une existence misérable et pleine de détresse.
Ce même jour encore, elle revint attacher solidement les nattes au crochet de la fenêtre, et vers le soir, quand le prince arriva et appela :
– Raiponce, Raiponce, descends-moi tes longs cheveux.
La sorcière laissa dérouler les cheveux jusqu’en bas et le prince y monta, mais ce ne fut pas Raiponce qu’il trouva en haut mais la vieille sorcière qui le fixait.
– Mouhaha ! Ricana-t-elle, tu viens chercher ta douce, mais le bel oiseau n’est plus au nid et il ne chante plus : le chat l’a emporté loin très loin et il va maintenant te crever les yeux. Pour toi, Raiponce est perdue et tu ne la retrouveras jamais !
Déchiré de douleur et de désespoir, le prince sauta par la fenêtre du haut de la tour :il sauva sa vie mais il perdit les yeux en tombant au milieu des épines. Il erra, désormais aveugle, dans la forêt, pleurant sans cesse sur la perte de sa douce Raiponce.
Le malheureux erra ainsi pendant quelques années, aveugle et misérable, jusqu’au jour où ses pas l’amenèrent dans la solitude où Raiponce vivait avec les deux jumeaux qu’elle avait mis au monde. Il avait entendu une voix qu’il lui sembla connaître, et tout en tâtonnant, la voix de Raiponce la guidait vers elle.
Raiponce le reconnut immédiatement et lui sauta au cou en pleurant. Deux de ses larmes ayant touché ses yeux, le prince recouvra la vue, et il ramena sa bien-aimée dans son royaume, où ils furent accueillis avec joie et vécurent à tout jamais heureux
Aujourd’hui, c’est la Journée internationale des personnes handicapées.
Malgré leur handicap, elles demeurent des personnes à part entière dans notre société.
De plus en plus intégrées, elles sont charmantes et attachantes.
Profitons de cette journée spéciale pour leur témoigner notre amour inconditionnel et toute l’importance qu’elles représentent dans nos vies.
Pour souligner cet événement, l’image qui suit est tout simplement éloquente et magique.
NDLR.: En ce 2 décembre, voici le retour des contes de Noël. Cette année 2020, ayant été très éprouvante, ces histoires arrivent à point pour jeter un baume sur ces mauvais moments et se remettre dans l’ambiance de Noël. Avec la générosité de Micheline Duff, auteure de contes de Noël et son éditeur, Québec-Amérique, je veux les remercier de leur autorisation d’en publier cinq pour cette année; trois pour les petits au cœur d’ange et deux pour les grands au cœur d’enfant. Je suis heureux de profiter de cette belle plume; de beaux contes, à raconter et apprécier, en attendant Noël la tête pleine de rêves.
Et si vous voulez en lire et raconter d’autres, ce blogue en compte déjà 134 dans ses archives. Vous n’avez qu’à les trouver en interrogeant la catégorie « Contes de Noël » en marge droite. Allez y faire un tour pour vous rappeler avec émotions, ces belles histoires toujours fantastiques. C’est aussi l’occasion de réveiller votre cœur d’enfant au pays enchanté qui, jadis, vous remplissait le cœur d’émerveillement. Jusqu’au 24 décembre inclusivement, vous trouverez sur ce blogue, tous les deux jours, la cuvée des contes de Noël 2020. À vous de venir y faire un tour. Bonne lecture.
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L’histoire ci-dessous est assurément la véritable histoire du Père Noël et, petits et grands, n’en doutez pas une seule seconde. Racontez aux enfants… et leurs yeux seront ébahis.
Il y a bien longtemps, le Père Noël s’installait en Laponie. Il rêvait de calme et de verdure. Et surtout, il rêvait d’un lieu agréable pour ses nombreux rennes. La Laponie semblait être le lieu rêvé.
Après discussion avec Mère Noël, le Père Noël s’est écrié :
– C’est décidé, nous allons nous installer ici.
Et c’est dans cette nature bienveillante que le Père Noël a élu domicile avec ses lutins et ses rennes.
La Laponie du Père Noël se trouve très loin de chez nous, là-haut au Nord, dans des contrées toutes enneigées l’hiver. Ce que le Père Noël aime en Laponie, ce sont ces belles étendues à perte de vue. Pas de voitures, pas de bus, juste des sapins de Noël, des rennes et quelques renards blancs…
Chut, l’adresse précise de la maison du Père Noël est « top secret ». Si l’on sait qu’il habite la montagne Korvatunturi (la Montagne de l’Oreille), personne n’a jamais réussi à percer le mystère du lieu exact de sa maison. Lui et Mère Noël vivent heureux et cachés, bien au chaud quelque part dans cette montagne qui a la capacité d’entendre, selon la légende, les enfants méchants.
Ce que l’on sait en revanche, c’est que chaque jour le Père Noël quitte sa maison à traineau pour se rendre à son bureau du Village du Père Noël, situé sur le Cercle Polaire.
Le Père Noël est toujours très occupé dans son village : il doit trier les très nombreuses lettres qu’il reçoit du monde entier. Il doit accueillir les petits chanceux qui lui rendent visite dans sa chambre secrète et bien sûr il doit s’afférer à la fabrication des cadeaux qu’il distribuera autour du monde le soir du 24 décembre.
Après une longue journée de travail, le Père Noël rentre à la maison. Il est toujours très content de retrouver Mère Noël qui lui prépare souvent de délicieux gâteaux à la cannelle. Les valeureux rennes ont eux aussi droit à une petite douceur : un bon bol de lait !
Le Village du Père Noël est un lieu enchanté situé dans la petite ville de Rovaniemi sur le Cercle Polaire Arctique. C’est ici, dans ce lieu plein de magie, entouré de nature, de rennes et de mystère que le Père Noël a décidé d’installer son Village/bureau.
– Je suis enchanté, s’esclaffe le Père Noël. Toute l’année, des enfants du monde entier viennent me rendre visite ici. J’aime quand ils s’assoient sur mes genoux pour me chuchoter à l’oreille ce qu’ils veulent pour Noël.
Le gentil bonhomme prend toujours le temps de faire une photo avec ses petits visiteurs. Même quand Noël approche et qu’avec ses Lutins il ne sait plus où donner de la tête, le Père Noël aime toujours aller discuter avec les enfants, leur demander s’ils ont été bien sages et surtout ce qu’ils ont demandé pour Noël.
– Tu sais Mère Noël, les années passent, mais les enfants me demandent toujours les mêmes cadeaux.
– Je sais Père Noël, les petits chéris te demandent très souvent des voitures, des poupées, des jeux vidéo… s’amuse Mère Noël, le soir au coin du feu.
Le Père Noël adore Noël et les fêtes de fin d’année. A cette période de l’année, la Laponie a revêtu son beau manteau blanc de neige et à l’heure de la récré, le Père Noël aime regarder les Lutins s’amuser comme des petits fous lors de batailles de boules de neige.
C’est dans son bureau au village, que le Père Noël reçoit des milliers de lettres. Il est toujours touché par tous ces messages d’amour et d’affection, par toutes ces preuves de gentillesse et par les souhaits de tout petits.
Mais comme le Père Noël raconte souvent à Mère Noël, il n’y a pas que les enfants souhaitent contacter le Père Noël. Parfois, certains adultes lui écrivent aussi pour lui demander un service ou un cadeau.
Papa Noël est une véritable star, et chaque année les Lutins lui demandent combien de lettres il pense recevoir :
– Des milliers et des milliers mon cher petit Barbelu le Lutin. Cette année encore, il vous faudra m’aider pour ouvrir et lire toutes ces merveilleuses lettres.
– Pendant 3 mois ?
– Oui, pendant 3 mois. C’est le temps nécessaire pour ouvrir toutes les lettres au Père Noël, tu le sais bien mon petit.
Même si les Lutins préfèreraient s’amuser dans la neige, ou partir en balade avec les rennes, ils aiment aider le Père Noël à lire et à répondre à toutes ses lettres.
Rudolph est le meilleur ami du Père Noël. Il est toujours partant pour un tour du monde dans le ciel. Mais le Père Noël possède également de nombreux autres rennes qui l’accompagnent dans son voyage le soir sur 24 décembre pour distribuer jouets et cadeaux.
– Père Noël, cette année je veux vous accompagner, toi, Rudolph et les autres. Je ne veux pas rester à la maison, supplie Etoile des Neiges, le bébé renne de 6 mois.
– L’année prochaine Etoile des Neiges. Tu sais bien que cette année tu es encore trop jeune. Et puis, tu n’as pas encore fini ton entrainement. Ne sois pas impatient. Être le renne du Père Noël demande du temps et du travail. Il te faut aller à l’école des rennes encore quelques temps.
Bonjour maman. Neuf années se sont écoulées depuis ton départ vers un monde de délivrance. Si le temps arrange les choses, chaque premier jour de décembre, le souvenir de cette triste nuit occupe toujours mes pensées et mes yeux soudainement se noient.
Mes émotions sont ambivalentes, passant de la tristesse de ton absence, à la sérénité de te sentir heureuse de ta vie éternelle.
Les années passent mais les souvenirs demeurent présents et j’aime me les remémorer.
Là-haut sur ton étoile, tu n’es plus seule depuis que papa t’accompagne dans l’éternité. Puissiez-vous, tous les deux, continuer de veiller sur nous et guider nos pas sur le chemin qui nous est destiné.
Je t’aime…
« Une mère, c’est si beau que même Dieu en a voulu une. »
La reconnaissance du français est une bataille de tous les instants au Québec. Une invraisemblance ! Est-ce qu’on va se réveiller comme peuple ? Est-ce qu’on va se laisser faire ? Est-ce qu’on veut donner aux générations futures une image de conquis ?
J’attends avec impatience la nouvelle loi 101 du ministre Jolin-Barrette. Elle doit frapper fort, avec les dents acérées pour montrer à la communauté anglophone que nous sommes maîtres chez nous et que s’ils ne sont pas satisfaits, il reste 9 autres provinces pour leur éviter les contraintes linguistiques.
Ce ne sont pas les politiciens qui le disent, qui le crient, qui vous parlent… c’est moi, un simple CONtribuable intolérant et radical qui en a assez, même si vous êtes incapable de me lire.
J’ai bien aimé l’article de Josée Legault, publié dans le Journal de Montréal du 17 novembre dernier. Cette personne cosignait en 1996 le premier rapport sur la situation de la langue française au Québec depuis l’adoption de la loi 101. C’est son article que je veux vous partager aujourd’hui.
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SORRY, I WON’T SPEAK FRENCH
« Sorry, I don’t speak French. » Née à Montréal avec la Révolution tranquille, j’ai passé mes deux premières décennies à entendre cette phrase dans les commerces du centre-ville. Du mépris à l’état pur.
Pour que ça change, il aura fallu des manifs et des luttes politiques. Surtout, l’adoption en 1977 de la loi 101 par le gouvernement Lévesque. Dès les années 90, le français recommencerait néanmoins à reculer.
Affaiblie par les tribunaux au fil des ans, la loi 101 perdait déjà son tonus. À de rares exceptions près, les gouvernements successifs ont cependant refusé de la renforcer. Une grave erreur.
Je le sais d’expérience. Spécialisée sur la question linguistique, je cosignais en 1996 le premier rapport sur la situation de la langue française au Québec depuis l’adoption de la loi 101.
VOYANTS JAUNES
Il avait été commandé en 1995 par Jacques Parizeau. Le premier ministre désirait avoir l’« heure juste ». Ce rapport avait documenté certains reculs du français qui, dans plusieurs domaines, s’installaient déjà. Or, dans la classe politique du jour et des médias, on l’a qualifié d’« alarmiste ». La suite des choses montrerait qu’il avait pourtant signalé d’importants voyants jaunes, qu’on aurait mieux fait de ne pas ignorer.
Un quart de siècle plus tard, l’état des lieux le confirme. Samedi, notre bureau d’enquête en donnait une énième illustration. Sur 31 commerces visités au centre-ville de Montréal, 16 proposaient un accueil unilingue en anglais. Cette fois-ci, on croirait entendre « Sorry, I won’t speak french ».
On nous dit que c’est passager – la faute de pénurie de main-d’œuvre crée par la pandémie. C’est lui faire le dos bien large.
Si le français est accessoire dans autant de commerces, c’est que l’accueil en français seulement a pris le bord depuis longtemps. Et qu’on s’y habitue. Le « Bonjour-Hi », c’est ça.
Selon un sondage Léger/Le Journal, 58 % des répondants montréalais de 18 à 34 ans jugent en effet que d’être accueilli en français n’est PAS important. Chez les francophones du même âge, ce chiffre baisse toutefois à 26 %.
Le quart des jeunes francophones, c’est néanmoins inquiétant pour l’avenir. Car plus le temps passera, plus cette indifférence au français risque d’augmenter si rien n’est fait pour renverser la tendance.
Chez les non-francophones de 18-34 ans, c’est encore pire. Malgré qu’ils soient des « enfants de la loi 101 », 84 % jugent qu’il n’est PAS important d’être accueilli en français. La régression est monumentale.
HÂTE DE VOIR ÇA
Étonnant ? Non. Depuis le référendum de 1995, l’effervescence des grands débats nationaux s’est éteinte. Les moins de 35 ans en sont les premiers orphelins politiques. Leur désintérêt gagne inévitablement du terrain.
Le fait est qu’à la fin des années 90, un fossé intergénérationnel s’est ouvert sur les questions nationale et linguistique. Il se creuse depuis. Inutile, par contre, de blâmer les nouvelles générations d’être rendues « ailleurs ».
Si une part importante d’entre elles ne sait pas distinguer le multilinguisme individuel, hautement souhaitable, d’un bilinguisme institutionnel néfaste pour la pérennité du français, c’est qu’on ne leur a jamais appris la différence. Étonnant ? Non. Les gouvernements sous lesquels elles ont grandi ont oublié leur propre devoir de protéger activement le français. Le gouvernement Legault promet maintenant un plan « costaud » pour lui redonner du muscle. Bien hâte de voir ça.
Olivier Primeau, ce Québécois pure laine qui, malgré ce qu’il prétend, fait beaucoup de tort à la langue française au Québec tout en faisant fi de le loi 101.
Propriétaire du Beach Club de Pointe-Calumet, il prend plaisir à défier la loi 101 en anglicisant ses repas, et ses comptes sur les réseaux sociaux.
Dans le dossier pour préserver le français au Québec, c’est inacceptable qu’un Québécois francophone, soit délinquant comme lui.
Dans son article du 18 novembre, publié dans le Journal de Montréal, Sophie Durocher ne se gêne pas pour le ramasser d’aplomb. Article que j’endosse complètement et que je vous propose aujourd’hui.
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OLIVIER PRIMEAU : THINK BIG, STI !
Quand j’ai vu Olivier Primeau défendre ses noms de commerce en anglais, en disant : « C’est 100 % du marketing », la première chose qui m’est venue en tête, c’est la réplique célèbre d’Alexis Martin dans Les Boys 3 sur le « marke TTT ting ».
Puis j’ai pensé à Elvis Gratton et sa fameuse réplique « Ils l’ont-tu l’affaire, les Américains ! », mais surtout son célèbre « Think big, sti ».
LE KING DES KINGS
C’est parce qu’il « think big » qu’Olivier Primeau appelle sa chaîne de pizzérias « Slice Gang Pizza » avec le slogan « Slice to meet you », qu’il appelle ses mets congelés : « Poutine time » et « Burger Every day », qu’il appelle « Beach Peach » sa nouvelle boisson alcoolisée de la série « Beach day every day » et que son site internet s’intitule « Beach news everyday ».
Mais il a l’audace de nous dire sur son site : « Je suis à 100 % pour la préservation du français au Québec ».
Interviewé hier dans Le Journal, Olivier Primeau avait ceci à dire au sujet des gens offusqués par ses marques en anglais : « Le monde qui chiale fait 12 fautes par phrase en français ».
Je suis allé faire un petit tour sur son compte Twitter.
Voici ce qu’il écrivait le 18 octobre : « Pour le fun je fais un podcast à toutes les semaines avec mes chum (sic) pour les prédictions NFL… on es (sic) pourri mais on a ben du fun ».
Le 12 octobre : « C’est nice tu peux pas aller chez personne mais tu peux caller un Party au carrefour Laval dans le line up du Starbucks ».
Le 6 octobre : « Petit tweet comme ça on the side… vous croyez que le CH va faire un trade aujourd’hui ? ».
Le 7 août : « J’ai rêvé que le CH allait peu être (sic) éliminé (sic) Pittsburgh ».
Le 7 juillet, il parlait des « retombé économique (sic) » du Beachclub.
Je suis allée faire un tour sur son compte Instagram, où il se décrit en anglais seulement : « Doing everything well and new meme god ».
Son compte est rempli de : « Follow, like la photo et tag un(e) ami(e) ».
Pour annoncer son futur burger congelé, il écrit : « Tag une personne et si elle te répond pas en 5 minutes elle te dois (sic) un Burger. Après ma poutine congelé (sic), mon burger congelé arrive très bientôt. Nouveau format familiale (sic) ».
Oh, est-ce que quelqu’un pourrait dire à Olivier Primeau que sur sa page olivierprimeau.com il y a une grosse faute ?
On n’écrit pas « M’abonnez » mais plutôt « M’abonner ».
Monsieur Primeau haït bien ça, les gens qui font des fautes…
DE KESSÉ
Sur son site, Olivier Primeau a écrit hier un texte pour clarifier sa position sur les marques de commerce en anglais.
« Pour ce qui est de la bannière Slice gang pizza et de tous mes autres produits, je vois plus ça comme un slogan, et il se doit d’être à l’image de ce qu’il représente ».
Vous comprenez quelque chose là-dedans, vous ?