Les dessous sombres de Bombardier

Quand je dis triste, ma réflexion se tourne vers les emplois précaires de cette industrie causés par son déclin. Tant de millions investis au fil des années à même l’argent des CONtribuables québécois qui auront servi à rendre ses administrateurs encore plus millionnaires. Nous, les dindons de la farce.

Ce sont les Bellemare et compagnie qui sortent les grands gagnants de cette débandade. Ces faux messies qui prêchaient sournoisement la relance d’un succès garanti.

Joseph Facal a écrit un article très intéressant sur Bellemare et ses sbires sans scrupules, dans le Journal de Montréal du 15 février dernier. Une opinion que qui me rejoint pleinement que je veux partager avec vous aujourd’hui.

ALAIN BELLEMARE, SYNDIC DE FAILLITE ?

Arrivé en 2015, Alain Bellemare s’était donné un plan de cinq ans pour redresser Bombardier.

Nous sommes en 2020. Voyons voir.

En échange de 600 millions $ et d’une libération de ses obligations, Bombardier vient de quitter complètement l’aviation commerciale, donc les avions qui transportaient du monde ordinaire.

Il lui reste les avions d’affaires – ceux de quelques sièges pour les super-PDG et les vedettes du jet set –, et le ferroviaire.

Euh, pas tout à fait…

LIQUIDATION

Bombardier serait en discussion pour vendre les avions d’affaires à Textron. Alstom serait intéressée à acheter la division ferroviaire.

C’est simple, quand on ne souhaite pas céder, on dit : non, merci. Et ça ne dure pas longtemps.

Bref, M. Bellemare se comporte aujourd’hui comme un syndic de faillite.

Il veut obtenir le meilleur prix possible pour les morceaux qui restent, afin de calmer les créanciers et d’alléger la dette de 10 milliards $.

Il restera quoi ?

Il nous arrive à tous d’échouer, dans tous les domaines de la vie. On ne compte plus les entreprises disparues qu’on croyait aussi inamovibles qu’une montagne dans un paysage.

Dans le cas particulier de Bombardier, mon indignation tient en trois points.

Le premier, c’est cette condamnation outrée qui tombait du ciel dès qu’on ouvrait la bouche.

Comment osez-vous, crétins ?

À genoux devant le « fleuron » !

Qu’est-ce que vous y connaissez, ignare !

« Il faut aimer Bombardier », tranchait Philippe Couillard avec son ton de chanoine.

Deuxièmement, les dirigeants de Bombardier savaient depuis longtemps que le naufrage s’en venait.

Depuis 2006, la famille Beaudoin-Bombardier n’a acheté qu’une fois des actions de sa propre compagnie, en 2015. Belle marque de confiance…

Quand quelqu’un n’est pas prêt à risquer son propre fric dans un projet, ça dit tout.

Pendant ce temps, Laurent Beaudoin et sa femme investissaient des dizaines de millions dans une cimenterie.

Oui, le Laurent Beaudoin qui, lors du référendum de 1995, disait qu’un Québec indépendant ne pourrait soutenir une compagnie de l’envergure de Bombardier. Ben coudonc…

Troisièmement, Bombardier a voulu presser le citron au maximum jusqu’à la fin.

En 2016, les six plus hauts dirigeants avaient voulu augmenter leur rémunération de 48 % par rapport à l’année précédente. Un tollé populaire les avait freinés.

En 2017, M. Bellemare avait tout de même empoché 13,7 millions $.

Pendant ce temps, des milliers de travailleurs étaient congédiés et les contribuables pompaient des milliards dans l’entreprise.

Mais il fallait aimer, disait Philippe Couillard.

MÉPRIS

Puis, fin septembre 2018, la même équipe de direction a empoché autour de 30 millions $ en vendant une partie de ses actions de sa propre compagnie.

Vite, encaissons avant que l’action ne dégringole !

À ce moment-là, si vous aviez sous les yeux les états financiers, vous ne pouviez pas ne pas savoir ce qui s’en viendrait dans à peine 18 mois.

Je ne sais pas s’ils iront ou non se mettre les orteils dans le sable, avec un petit parasol dans leur cocktail, mais je les entends d’ici rire de nous.

Les limites à long terme du régime cétogène

RELAX NEWS | Des médecins américains de l’université de Yale ont étudié les effets d’un régime cétogène chez des souris afin de mesurer les bienfaits de ce régime alimentaire tant plébiscité qui consiste à consommer des lipides au détriment des glucides.

Concrètement, une personne qui suit ce régime va par exemple consommer beaucoup de saumon fumé ou d’avocat, mais va éviter les produits sucrés ainsi que les fruits les plus riches en sucres (raisin, mangue, banane).

En dehors de son effet amaigrissant rapide et efficace, le régime cétogène aurait également des vertus pour protéger contre le diabète, expliquent les chercheurs.

Quand le corps manque de sucre, il puise dans sa réserve de graisse et se met à produire des corps cétogènes, qui constituent une sorte de carburant pour l’organisme. Au cours de ce processus, les lymphocytes T gamma delta se développent dans tout le corps. Ce sont précisément ces cellules du système immunitaire qui permettent de repousser le diabète et le risque d’inflammation, montre l’étude.

LIMITES TEMPORELLES

Or, l’expérience a également montré que l’effet inverse risque de se produire si le régime cétogène s’étend au-delà d’une semaine : « Lorsque les souris ont continué à suivre le régime riche en graisses et pauvre en glucides au-delà d’une semaine, elles consommaient plus de graisses qu’elles ne pouvaient en brûler, elles perdaient les cellules T gamma delta protectrices de la graisse et développaient un diabète et une obésité », constate Vishwa Deep Dixit, professeur à l’école de médecine de Yale et auteur principal de l’étude.

Si l’étude ne permet pas de déterminer la durée idéale du régime cétogène pour bénéficier de ses vertus sur la santé, les chercheurs en déduisent qu’il est préférable de le suivre « à petites doses » et sur une courte période (moins d’une semaine).

Source : le Journal de Montréal, 3 février 2020

Une petite dose d’humour

Se réveiller, comme ça, un beau matin, et savourer le moment de trouver la vie plus que belle… n’est-ce pas une belle sensation ? Si, en plus, on s’embellit de son plus beau sourire, alors c’est le paroxysme du bonheur. Voici, pour stimuler vos muscles faciès et vous mettre dans cet état, de quoi vous faire sourire.

DIEU… ET ROGER

Il y avait, dans un village, deux hommes qui s’appelaient ROGER. L’un était prêtre et l’autre chauffeur de taxi.

Le destin voulut que tous deux meurent le même jour. Ils arrivent au Ciel et se présentent devant le Seigneur. Roger, le chauffeur de taxi, passe en premier.

Dieu consulte ses registres et lui dit :

– Très bien, mon fils, tu as gagné le Paradis. Tu as droit à une tunique en fils d’or et à un bâton en platine. Tu peux y aller.

Quand passe l’autre Roger, Dieu lui dit :

– Bien, tu as mérité le Paradis. Tu as droit à une tunique de lin et un bâton en chêne.

Le prêtre est surpris :

– Pardon, Seigneur, mais il doit y avoir une erreur. Je suis bien Roger, le prêtre !

– Oui, mon fils, tu as mérité le Paradis avec cette tunique de lin.

– Non ! Ce n’est pas possible ! Je connais l’autre Roger : il vivait dans mon village. C’était une catastrophe comme chauffeur de taxi ! Il avait des accrochages tous les jours, il roulait comme un dingue et conduisait très mal. Et moi, j’ai passé 50 ans de ma vie à prêcher tous les dimanches à la paroisse. Comment est-il possible qu’on lui donne la tunique en fils d’or et à moi celle-ci ?

Et Dieu lui répond :

– Non, mon fils, il n’y a aucune erreur. Nous faisons maintenant des évaluations et des bilans de compétences.

– Comment, comment ? Je ne comprends pas.

– Oui, nous travaillons au résultat et avec des objectifs.

Durant ces derniers 25 ans, chaque fois que tu prêchais, les paroissiens s’endormaient… Mais lui, chaque fois qu’il conduisait, tout le monde priait!

En toute confiance

Voici quelques paroles de sages sur la confiance.

Il ne faut pas craindre d’assumer avec confiance son propre destin. Il y a autant d’honneur et de gloire à cultiver des pommes de terre qu’à gouverner un royaume.
Guy de Larigaudie

La confiance est comme un château de sable. Elle est difficile à construire, mais si facile à détruire.
Antoine de Salins

La confiance en soi consiste à exprimer ses idées, sans hésitation, même si elles diffèrent de celles des autres. Les grandes œuvres naissent toujours dans la pluralité des idées.
Lyauley

On peut, par la confiance et la volonté de caractère, mettre quelqu’un dans l’impossibilité de nous tromper.
Joseph Joubert

Le plus difficile n’est pas d’avoir confiance dans les autres, mais en soi-même.
Guy Thevenot

Les gens proches de la terre comprennent d’instinct avec leur cœur et ils ont confiance en la nature.
Alice Parizeau

Avoir la confiance de quelqu’un est probablement encore plus important que d’être aimé.
George MacDonald

Il y a toujours de la grandeur et du courage dans la confiance que l’on donne à ceux qui nous la demandent, et cela ne peut inspirer que l’estime et la clémence.
Napoléon Bourassa

Être confiant, c’est croire qu’un océan existe parce qu’on a vu un ruisseau.
Saint Exupéry

La fin du monde, c’est lorsqu’on cesse d’avoir confiance.
Madeleine Ouellette-Michalska

Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent, et une confiance inébranlable dans l’avenir.
Jean Jaurès

Lorsqu’on a confiance en soi-même, on inspire confiance aux autres.
Goethe

Source : Florimage

Célébrons l’amour dans son sens le plus large

Mon cœur.

Chacun de tes Je t’aime

Fait battre mon cœur…

Où scintille ton prénom

Gravé de poussière d’étoiles,

Où rayonne ton souvenir

Dans l’azur de mes jours,

Où s’endort ton soleil

À l’orée de mes nuits,

Où brûle ton désir

Consumant mon corps,

Où se meurt ta vie

Pour renaître en moi !

Et chaque battement

Est un Je t’aime pour toi…

Amoureuse St-Valentin, lectrices et lecteurs.

© Véronique Audelon

In Memoriam – Jacques Nantel – 5e anniversaire

Mon papa Jacques, 1929-2015

Déjà cinq années, papa, tu nous quittais subitement, sans prévenir, sans déranger, comme une feuille au vent. Je me rappelle le moment, à des milliers de kilomètres de toi où on célébrait et festoyait… j’ai appris la terrible nouvelle. C’était hier. C’était la détresse.

Je m’ennuie toujours de nos belles conversations avec toute la sagesse que tu dégageais et je ne cesse, quand la situation s’y prête, de te citer en exemple. Je ressens encore un vide sans ta présence.

J’ai pensé à toi aujourd’hui, hier et tous les autres jours d’avant. Je pense à toi en silence. Tout ce que je possède sont des mémoires, des souvenirs indélébiles et des photos. Des cadeaux inestimables qui forgent mon chemin sur terre.

Le ciel t’a dans ses bras, moi je t’ai dans mon cœur.

Un héros ça ne meurt pas. Alors de ton nuage et accompagné de maman, puissiez-vous continuer à guider nos pas dans le chemin qui nous est destiné, comme vous l’avez fait admirablement toute votre vie.

« Ceux que nous avons aimés et que nous avons perdus ne sont pas où ils étaient mais ils sont partout où nous sommes. »

La leçon de français (81)

L’IMPARFAIT ET LES TEMPS COMPOSÉS DU SUBJONCTIF

Règles

L’imparfait du subjonctif s’emploie lorsque le verbe de la proposition principale est à un temps passé de l’indicatif ou au conditionnel.

Il fallait (faudrait) que ce jeune garçon s’endormit. Imparfait du subjonctif.

L’imparfait du subjonctif se forme avec la même voyelle que celle qu’on trouve dans la terminaison du passé simple.

Il faudrait que j’eusse un vêtement plus chaud. (passé simple : j’eus)

Il fallait qu’elle réagît plus rapidement. (passé simple : il réagit)

Remarque ! L’imparfait du subjonctif ne se rencontre que dans les textes littéraires, essentiellement à la 3e personne du singulier.

On emploie le passé du subjonctif si le verbe de la proposition principale est au présent ou au futur et si on veut exprimer un fait passé par rapport à elle ou par rapport à tel moment à venir. Il est formé du présent du subjonctif de l’auxiliaire et du participe passé du verbe conjugué.

Il n’est pas possible que le temps ait changé aussi rapidement.

Je regretterai vivement que mes amis soient partis sans me saluer.

On emploie le plus-que-parfait du subjonctif si le verbe de la proposition principale est au passé et si on veut exprimer un fait passé par rapport à elle. Il est formé de l’imparfait du subjonctif de l’auxiliaire et du participe passé du verbe conjugué.

J’ai vivement regretté que mes amis fussent partis sans me saluer.

Remarque ! Aujourd’hui on peut remplacer l’imparfait du subjonctif par le présent du subjonctif, et le plus-que-parfait par le passé.

Exercices

1- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

Il est possible que Rachel … de fermer le robinet d’eau chaude.

A) ait oublié – B) eut oublié – C) eusse oublié – D) a oublié

2- Complétez la phrase comme il convient.

Quand Olivier … de s’orienter vers le dessin. Ses parents en … .

A) eût décidé / seraient contrariés

B) ait décidé / fussent contrariés

C) a décidé / fussent contrariés

D) eut décidé / furent contrariés

3- À quels temps les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Imagine un instant que tu aies pu choisir ton prénom !

A) présent de l’indicatif / présent du subjonctif

B) présent de l’indicatif / passé composé de l’indicatif

C) futur simple de l’indicatif / passé 1re forme du conditionnel

D) présent de l’impératif / passé du subjonctif

4- Complétez la phrase avec un verbe conjugué au plus-que-parfait du subjonctif.

Le chirurgien attendait que la fièvre … pour opérer le malade.

A) est tombée – B) fût tombée – C) soit tombée – D) ait été tombée

5- Complétez la phrase comme il convient.

Ma tante … que l’air pollué ne … du mal aux poumons de mon oncle.

A) crains / fit – B) craindra / faisait

C) craignait / fit – D) aurait craint / fasses

6- Quels verbes complètent cette phrase ?

Il … que ce jeune garçon s’… tôt.

A) a fallu / endort – B) eut fallu / endormi

C) fallait / endormît – D) aura fallu / endormi

7- Quels verbes complètent cette phrase ?

Voici le dernier film que j’… et j’en … un excellent souvenir.

A) ai vu / ai gardé – B) as vu / ai gardé

C) a vu / ait gardé – D) ai vu / aies gardé

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) A* – 2) D** – 3) D – 4) B*** – 5) C**** – 6) C – 7) A*****
* Les autres formes verbales sont au passé antérieur, au conditionnel passé 2e forme et au passé composé.
** Les deux verbes sont conjugués à l’indicatif; passé antérieur et passé simple du passif.
*** Comme le verbe de la principale est à l’imparfait de l’indicatif, celui de la subordonnée doit être au plus-que-parfait du subjonctif.
**** Le verbe de la principale est à l’imparfait de l’indicatif (3e personne du singulier) et celui de la subordonnée à l’imparfait du subjonctif (3e personne du singulier).
***** Les deux verbes sont au passé composé de l’indicatif (1re personne du singulier).

Les mauvais musulmans

Certains musulmans, parce que ce ne sont pas tous les musulmans qui se sont intégrés aux us et coutumes du Québec, les fanatiques, les endurcis, les extrêmes, les excessifs, ont encore fait des leurs le 7 décembre dernier dans un restaurant de Montréal. Leurs propriétaires ont finalement tranché en leurs faveurs, et les Québécois ont dû quitter. Dans La Presse + du 9 février dernier, Patrick Lagacé en a fait le sujet de son article.

Une situation qu’on ne devrait jamais, et j’insiste sur le mot « jamais » tolérer ici au Québec. J’ajouterai même que s’ils ont des convictions religieuses, qu’ils les gardent entre les quatre murs de leur maison, à défaut de quoi le Québec peut se passer de ces parasites intolérables. À vous d’en tirer vos propres conclusions.

QUATRE BOUTEILLES DE VIN

C’était le 7 décembre dernier. Suzanne A. était enchantée de faire découvrir ce petit restaurant formidable à sa famille. Elle y était allée une dizaine de fois. En famille, ça allait être la première fois. Pour la fête de Danielle, sa petite sœur, c’était parfait.

Ils étaient huit, ce midi-là : ses frères et sœurs ainsi que leurs conjoints respectifs.

Parce que le resto est un « apportez votre vin », ils avaient aussi quatre bouteilles de vin.

C’était aussi un « apportez votre gâteau », ce jour-là : quand Suzanne avait fait la réservation, deux semaines plus tôt, le propriétaire avait accepté qu’ils apportent un gâteau pour la fête de Danielle.

Suzanne est donc parmi les premiers arrivés. C’est l’épouse du propriétaire qui les accueille. Elle reconnaît le propriétaire, qui passe la vadrouille.

Les convives arrivent peu à peu. Il faudrait bien ouvrir les bouteilles, dit quelqu’un, à la table…

L’épouse du propriétaire, qui porte le hijab, ouvre les bouteilles. Mais elle prévient le groupe : à midi et demi, je vais devoir vous enlever les bouteilles et les verres…

Consternation dans la tablée de Suzanne : nous enlever le vin, mais pourquoi ?

Explications de l’épouse du proprio : il y a un groupe qui a fait une réservation, des musulmans très religieux, ils ne veulent pas qu’il y ait de vin dans le restaurant…

« Elle était nerveuse, elle se sentait mal », se souvient Suzanne.

Le groupe s’est rebiffé, pas question d’accepter un tel diktat. Ils ont tenté de parlementer (sans succès), d’avoir des explications du proprio (indisponible, dixit son épouse) et de proposer des compromis (déposer les bouteilles par terre), rien n’y fait.

Jean-Pierre A. : « J’ai vu la table, la table de l’autre groupe. Elle était dans une autre section, loin de la nôtre. Ils ne nous auraient pas vus, d’où ils étaient… »

Suzanne A. : « La discussion avec la femme du proprio se déroulait alors que la table était vide, le groupe n’était pas arrivé. J’ai proposé d’aller les voir quand ils arriveraient pour leur expliquer qu’ils ne verraient pas l’alcool, d’où ils étaient. La femme a dit que s’ils savaient qu’il y a de l’alcool dans le restaurant, ils n’y entreraient pas… »

Rien à faire, donc.

Le clan de Suzanne A. a fini par partir, juste après la soupe qu’ils n’ont pas eu à payer. Pas question de faire ce compromis absurde.

Ils sont allés fêter le 71e anniversaire de Danielle dans un resto italien, pas loin.

J’ai appelé au restaurant. C’est le propriétaire qui m’a répondu. Il se souvenait de l’épisode. Un malentendu, a-t-il plaidé : il croyait que le groupe de Mme A. avait réservé pour 18 h…

« C’est quand même un peu absurde d’interdire l’alcool dans tout un restaurant parce qu’un groupe de clients ne veut pas être en présence d’alcool sous le toit de ce restaurant… », écrit notre chroniqueur.

Alors quand il a accepté ce groupe d’une trentaine de musulmans qui ne voulaient pas voir d’alcool dans ce restaurant, il a accepté, il ne pensait pas que ça poserait problème : « La madame qui était avec un groupe qui avait de l’alcool, on les attendait à 18 h. Ça a causé un petit problème. C’est dommage. Il y a eu une erreur, peut-être de nous, peut-être d’eux… »

Suzanne A. m’a juré qu’il était totalement impossible que l’erreur soit sienne : il n’a jamais été question pour son groupe de réserver en soirée pour fêter Danielle.

J’ai fait remarquer au proprio que c’est quand même un peu absurde d’interdire l’alcool dans tout un restaurant parce qu’un groupe de clients ne veut pas être en présence d’alcool sous le toit de ce restaurant…

— En quoi ça les dérangeait ?

— À cause de leur religion musulmane, m’a-t-il répondu dans un français laborieux, mais clair. Ils ne voulaient pas qu’il y ait de l’alcool dans la place, ils ne voulaient pas voir de l’alcool.

— Vous ne trouvez pas ça exagéré, comme demande ?

— Honnêtement, c’est ma femme qui a fait ça… Moi, je savais juste une chose : on a respecté les deux côtés. Dans cette business, faut respecter tout le monde… »

Dans notre conversation, le propriétaire a beaucoup insisté sur le fait qu’en affaires, « il faut respecter tout le monde ». Sa porte, dit-il, est « ouverte à tout le monde […] parce que tout le monde est égal ».

Je lui ai fait remarquer que son « ouverture à tout le monde » avait eu pour effet d’insulter profondément Suzanne A., une cliente régulière, ainsi que sa famille.

Réponse du propriétaire : « Malheureusement, c’est dommage pour la business. Ils ont mangé la soupe et ils sont partis… »

Je lui ai demandé si ce ne sont pas les clients musulmans fondamentalistes qui auraient dû se faire dire de ne pas venir au restaurant s’ils ne pouvaient pas tolérer la simple vue d’une bouteille de vin…

La réponse du propriétaire, là-dessus, a été confuse. Il a encore plaidé l’erreur de réservations, que tout cela était dommage…

J’ai demandé au proprio s’il pouvait me mettre en contact avec ce groupe de musulmans effrayés de se trouver sous le même toit qu’une bouteille de vin…

Il m’a dit ne pas les connaître.

Aurait-il encore le numéro de téléphone de la personne qui avait réservé ?

Malheureusement non, m’a-t-il répondu.

***

À ce stade de l’histoire, une précision s’impose.

J’ai écrit cette histoire il y a une semaine, après avoir fait les vérifications. Dans la première version, je nommais le restaurant, son propriétaire et le nom de famille de Suzanne A.

J’ai écrit, dans cette première version, que je savais bien que le proprio du resto allait être décoiffé par cette chronique. Sachant le climat face au fait musulman, je savais que ce restaurant allait être la cible de commentaires forcément désobligeants.

Puis, le premier ministre Legault a souligné avec des mots très dignes les trois ans du massacre à la mosquée de Québec. Ces mots ont été accueillis comme on le sait par un horrible tsunami de commentaires indigestes de la bruyante brigade qui déteste les musulmans, tous les musulmans…

Et c’est là que j’ai décidé de ne pas nommer le restaurant.

La paranoïa antimusulmane est tellement brutale que je n’ai pas envie qu’un esprit fin aille fracasser la vitrine du resto… Ou pire.

C’est du cas par cas, mais ce n’est pas la première fois que je décide de ne pas nommer quelqu’un ou une institution pour les soustraire à un inévitable tsunami de réactions brutales, peu importent leurs torts : je l’ai notamment fait dans le cas d’une chargée de cours et dans le cas d’une école de la Rive-Nord.

Suzanne A. était d’accord avec cette décision. Elle est fâchée contre le restaurant, elle trouve qu’il a pris une mauvaise décision, mais elle ne souhaite aucun mal à ce proprio. Je la cite : « Allez-y tout de même doucement, je ne veux pas qu’ils soient obligés de fermer leur restaurant. C’est leur revenu et c’est une entreprise familiale. »

***

J’ai rapporté à Suzanne A. ma conversation avec le propriétaire du restaurant, qui avait un point de vue très « business » sur la situation.

J’ai demandé à Mme A. si le restaurant n’aurait pas – business oblige – lésé son groupe parce qu’ils n’étaient que huit, alors que le groupe de moyenâgeux réfractaires au vin était, selon le propriétaire, entre 30 et 35. À choisir entre huit clients et une trentaine…

Réponse de Mme A. : « Je n’y crois pas. Ils sont allés du bord des musulmans. »

Suzanne A. insiste : face à l’islam, elle n’a aucun problème, absolument aucun. Si elle en avait un, elle n’aurait jamais fréquenté ce restaurant tenu par un couple musulman. « La femme du propriétaire porte un voile, ça ne me dérange pas. Je suis allée plusieurs fois dans ce restaurant. On l’aimait, ce restaurant, sa nourriture… »

Suzanne A. m’a expliqué pourquoi elle a choisi de me raconter sa mésaventure du 7 décembre 2019 : parce qu’elle a 73 ans et qu’elle a vécu dans un autre Québec, un Québec pré-Révolution tranquille. Elle a vécu la chape de plomb de la religion catholique.

« On a mis beaucoup d’années à sortir de ce régime, dit-elle. Et là, dans ce restaurant, on nous impose ça ! Ces fanatiques, ils ne veulent pas voir d’alcool pour des raisons religieuses. Ça va jusqu’à ne pas vouloir être dans un restaurant où on sert de l’alcool aux autres tables ! Si on ne dit pas ces choses-là, ça peut être pire, ça peut prendre de l’expansion. Je n’en veux pas aux gens du restaurant. Je trouve qu’ils sont victimes, ça leur a été imposé. »

***

Les gens de la famille de Suzanne A. à qui j’ai parlé ne m’ont absolument pas semblé être des paranos face à l’islam, absolument pas le genre à écrire des horreurs sur les musulmans sous le statut Facebook de François Legault, disons.

Mais il y a quelque chose qui a changé chez eux, en sortant du restaurant, autour de 12 h 30, le samedi 7 décembre dernier. Un vernis de tolérance qui s’est fissuré.

Prenez Jean-Pierre, le frère de Suzanne A. En franchissant la porte du restaurant, il était ambivalent face à la loi 21 sur la laïcité de l’État. Oh, il avait suivi comme tout le monde le débat. « Mais j’étais entre les deux », m’a-t-il dit.

Or, quand il est sorti du restaurant, le 7 décembre, il était pour la loi 21, tout à fait pour. Je dirais même résolument pour.

Oui, Jean-Pierre A. sait très bien que la loi 21 vise les employés de l’État, pas les décisions d’entreprises privées…

« Je sais que la loi 21 ne changerait rien à ce qui s’est passé au restaurant. Je le sais. Mais là, j’ai vu comment certains musulmans peuvent être fanatiques. »

Je note le mot : « certains ». Il n’a pas dit « tous ».

Suzanne A. a eu la même réaction que son frère Jean-Pierre. Je la cite : « Je sais que la loi 21 n’aurait jamais changé quoi que ce soit à mon expérience. Ça n’aurait rien changé. Mais ça envoie un message… »

***

L’injure faite à la famille de Suzanne A. illustre bien à quel point certaines exigences divorcées du réel peuvent braquer des gens de bonne foi.

Ensuite, cette affaire illustre bien l’importance d’un mot très simple qui pourrait tuer dans l’œuf bien des controverses qui mettent le feu aux manchettes…

Ce mot, c’est « non ».

Mon exemple préféré : quand un homme très proche de son dieu préféré demande qu’un évaluateur plutôt qu’une évaluatrice lui fasse passer son examen de conduite à la SAAQ, on n’a qu’à lui dire « non » et à lui suggérer de prendre un autre numéro en espérant qu’un examinateur se libère d’ici la fermeture…

Ici, entre un groupe de clients fondamentalistes et le groupe de Mme A., le restaurant a choisi de dire « non » à ceux qui n’emmerdaient absolument personne.

C’est un mauvais choix, le genre de choix qui braque les gens de bonne foi.

Conduire différemment en hiver

On l’a vu vendredi dernier, comment la neige peut nous tomber sur la tête. Nous sommes habitués au Québec à ces tempêtes. Cependant, on ne modifie pas notre façon de conduire et en résultent de nombreux accrochages. Pas seulement d’automobiles mais aussi des poids lourds. Le bordel !

Les messages diffusés à la radio et à la télé demandent aux gens de ne pas sortir, à moins d’en être obligé. Aussi, de ralentir. Deux logiques à respecter et certains se croient plus fins que d’autres et se sentent invincibles. Ce n’est pas nouveau de la neige au Québec… on a vu neiger depuis belle lurette, ne trouvez-vous pas ? Alors, c’est quoi le problème ?

Beaucoup ne comprennent rien. Alors il faut y aller avec des fermetures de routes drastiques et des ralentissements volontaires. Ce n’est pas normal qu’il y ait tant de sorties de route chez des conducteurs d’expérience. Ils refusent de lever le pied avec les résultats qu’on connait.

Et là, il faut maintenant déneiger. Voici donc du matériel pour vous renouveler la mémoire, surtout devant les gros camions, stationnés ici et là durant cette période très active. À suivre à la lettre, si vous voulez vivre vieux.

Trois gouttes de lumière…

Francine Christophe

Une histoire touchante et vraie d’un épisode de la vie des prisonniers des camps de concentration nazis, lors de la dernière guerre mondiale.

Preuve vivante que les miracles existent vraiment. Ancienne déportée, Francine Christophe raconte l’extraordinaire histoire d’un bébé né dans un camp de concentration.

ENFANT DES CAMPS

Il s’est passé dans mon camp de Bergen-Belsen quelque chose d’extraordinaire.

Je rappelle que nous étions des enfants prisonniers de guerre, donc privilégiés. Nous avions eu le droit d’emporter de France un petit sac avec deux, trois petites choses. Une femme, un bout de chocolat. Une femme, un morceau de sucre. Une femme, une poignée de riz.

Maman avait emporté deux petits morceaux de chocolat. Elle me disait :

– On garde ça pour le jour où je te verrai vraiment, complètement par terre, fichue. Je te donnerai ce chocolat. Il t’aidera à remonter.

Il y avait parmi nous une femme déportée alors qu’elle était enceinte. Ça ne se voyait pas, elle était si maigre. Mais le jour de l’accouchement est arrivé. Elle est partie au revier (NDLR : quartier des malades, dans un camp de concentration) avec ma mère qui était notre chef de baraque. Avant de partir, ma mère me dit :

– Tu te souviens, je garde un morceau de chocolat ?

– Oui, maman.

– Comment te sens-tu ?

– Bien, maman. Ça peut aller.

– Alors, si tu me le permets, ce morceau de chocolat, je l’apporterai à notre amie Hélène. Un accouchement ici… elle va peut-être mourir. Et si je lui donne le chocolat, ça l’aidera peut-être.

– Oui, maman. Tu le prends.

Hélène a accouché. Elle a accouché d’un bébé… Une toute petite chose malingre. Elle a mangé le chocolat. Elle n’est pas morte. Elle est revenue dans la baraque.

Il fallait nourrir l’enfant. Hélène n’avait pas de lait. On a payé une autre déportée. Dans un camp, tout se paye, tout est passible de la peine de mort immédiate.

Comment paye-t-on dans un camp ? En donnant son pain ou sa soupe. Donc, à plusieurs, nous avons payé une femme avec un peu de soupe ou de pain, qui devait nettoyer le bureau des SS, les chefs de camp, pour qu’elle aille voler du lait en poudre dans la cuisine des SS. Ce qu’elle a fait.

Nous avons donné ce lait en poudre au petit bébé.

Quand il n’y a plus de lait en poudre, Hélène mâchait… du rutabaga, l’horrible navet de la soupe, dont elle faisait une bouillie qu’elle mettait dans le bec de son bébé.

Ça semble incroyable, mais cette histoire a duré 6 mois. 6 mois après, nous étions libérés. Le bébé a tenu jusqu’à la libération avec ce régime-là.

Pour l’habiller, on n’avait rien. Nous avons toutes donné un bout de chiffon, qui sa poche, qui sa ceinture, qui l’ourlet de sa blouse… On l’a attaché comme on a pu. On l’a attaché sur la poitrine de sa mère, qui avait une poitrine si maigre…, en mettant la blouse par-dessus. Elle allait travailler. Le chef ne voyait pas qu’il y avait un bébé.

Le bébé n’a jamais pleuré. Jamais ! Pas même geint.

Au bout de six mois, la libération est arrivée. On a défait tous ces chiffons. Le bébé a crié. C’était là, sa naissance.

Nous l’avons ramené en France. Un tout petit truc de 6 mois, minuscule.

Il y a quelques années, ma fille me dit :

– Maman, si vous aviez eu des psychologues ou des psychiatres à votre retour, ça se serait mieux passé pour vous.

Je lui dis :

– Sûrement, mais il n’y en avait pas. Personne n’y aurait pensé, s’il y en avait eu. Mais tu me donnes une bonne idée. On va faire une conférence là-dessus.

J’ai organisé une conférence sur le thème : « Et s’il y avait eu des psys en 1945, à notre retour des camps, comment cela se serait passé ? »

J’ai eu beaucoup de monde. Des anciens, des survivants, des curieux et puis beaucoup de psychologues, psychiatres, psychothérapeutes… Très intéressant. Chacun avait son idée. C’était très bien.

Puis il y a eu une femme qui est arrivée et qui a dit :

– Moi, j’habite Marseille. Je suis médecin psychiatre. Et avant de vous faire ma communication, j’ai quelque chose à donner à Francine Christophe.

C’est-à-dire à moi.

Elle fouille dans sa poche. Elle sort un morceau de chocolat. Elle me le donne. Et elle me dit :

– Je suis le bébé !

On nous inonde de tous les qualificatifs sociaux négatifs

Depuis des lunes, les Québécois passent pour des racistes, des sexistes, des égoïstes, et j’en passe… Je tombe en bas de ma chaise. S’il est une société tolérante dans l’univers, c’est bien celle des Québécois et Québécoises. Nous n’avons plus à en faire la preuve, tant c’est l’évidence même. Pourtant, certains médias sèment le contraire…

Richard Martineau a écrit un texte récemment sur le sujet en nommant son Québécois « Joe ». Vous ne l’avez pas lu ? Moi si, et il m’a bien fait sourire. Tellement sourire que je veux le partager avec vous aujourd’hui.

JOE

Joe a 46 ans, travaille dans un magasin de meubles et vit en banlieue, de l’autre côté du pont.

Il a un bungalow avec un BBQ, une cour qu’il entretient régulièrement et une piscine hors terre.

RACISTE

L’autre jour, à Radio-Canada, Joe a vu un rappeur dire que le Québec est raciste.

Joe s’est dit : « Ah oui ? »

Pourtant, il a un ami haïtien et un beau-frère maghrébin, il fait partie d’un club de hockey de garage composé de gars de toutes origines, la ville où il habite compte une importante communauté asiatique et il travaille avec un Italien et un Marocain, et tout se passe bien.

Et chaque fois qu’une tragédie frappe une partie du monde, il voit ses compatriotes et son gouvernement mettre l’épaule à la roue et sortir leur portefeuille pour aider les victimes.

Mais, bon, si une personnalité publique dit que le Québec est raciste sur les ondes de la télé publique nationale, c’est que ça doit être vrai, non ?

SEXISTE

L’autre jour, dans Le Devoir, Joe a lu que le Québec était misogyne.

Joe s’est dit : « Ah oui ? »

Pourtant, la moitié de ses clients sont des femmes, son épouse qui travaille comme comptable dans une grosse firme vient d’avoir une promotion et sa fille étudiante est dans sa troisième année de médecine.

En fait, c’est pour son fils qu’il s’inquiète. Il a 17 ans, glande, coule la moitié de ses examens, manque de motivation.

Il faut dire qu’un de ses amis s’est suicidé, l’an dernier.

Mais, bon, si Le Devoir, un quotidien lu par des intellectuels, dit que le Québec discrimine les femmes, c’est que ça doit être vrai, non ?

ÉGOÏSTE

L’autre jour, dans La Presse, Joe a lu que les banlieusards sont des égoïstes qui mettent en danger les futures générations, car ils polluent avec leurs gros 4X4.

Joe s’est dit : « ah oui ? »

Pourtant, son beau-frère qui est concessionnaire vend de plus en plus d’autos électriques, il fait du covoiturage avec son voisin chinois et il a changé sa vieille Mustang qu’il aimait bien pour une hybride moins flamboyante.

De plus, il recycle, composte et chauffe moins l’hiver, comme le conseille Hydro-Québec.

Joe aurait bien aimé vivre dans le centre-ville près de son travail, mais le prix des loyers là-bas est prohibitif, et on n’y trouve que des condos pour jeunes couples sans enfant…

Mais, bon, si La Presse dit qu’il est égoïste parce qu’il a décidé de s’installer en banlieue et qu’il va chaque hiver passer une semaine dans le Sud, c’est que ça doit être vrai, non ?

DES PAS DE GÉANTS

Joe est un bon gars, ses chums sont des bons gars qui parlent toujours de leur blonde avec respect, il s’occupe bien de ses enfants, il est honnête, un bon mari, un bon père, un bon fils, un bon ami et un bon voisin.

Il n’est pas parfait, mais comparé à son père, il a fait des pas de géants.

Pourtant, régulièrement, Joe se fait dire par certains médias que les hommes comme lui sont mauvais, mêmes toxiques.

Chaque fois, il regarde autour de lui et dit : « Ah oui ? Ah bon ! »

Le burn-out

Personne n’est à l’abri d’un burn-out, et encore plus par les temps qui courent à travers une vie et des obligations qui se déroulent toujours plus rapidement.

On ne prend pas assez le temps de s’arrêter, de prendre conscience, de s’auto-évaluer par rapport à nos responsabilités et nos ambitions.

Voici un texte pour meubler la réflexion et peut-être trouver des solutions à cette grande faiblesse.

QUAND LE BOULOT MÈNE AU BOUT DU ROULEAU

Si on parle de plus en plus du burn-out, véritable enjeu dans tous les milieux de travail, l’épuisement professionnel n’a pourtant rien d’une invention nouvelle, encore moins d’une mode.

Cette expression est apparue à la fin des années 1960, utilisée pour la toute première fois afin de décrire un stress particulier lié au monde du travail. À l’époque, le phénomène était perçu comme touchant surtout ceux et celles exerçant une profession d’aide : médecins, ambulanciers, infirmières, bénévoles.

Si les chercheurs ont pu mieux comprendre et documenter le phénomène du burn-out à compter des années 1970, c’est plutôt au cours des années 1980 qu’il a été approfondi, permettant de mettre en lumière trois aspects fondamentaux :

  1. Le burn-out s’accompagne d’un épuisement émotionnel.
  2. S’accompagne d’un syndrome du vide.
  3. Provoque une réduction ou une abolition du sentiment d’accomplissement au travail.

PARTICULARITÉS DU BURN-OUT

Malgré ces premières constatations, et bon nombre de recherches subséquentes, le burn-out n’est toujours pas un diagnostic reconnu dans la catégorisation des troubles mentaux. D’ailleurs, comme les symptômes se ressemblent beaucoup, certains confondent le burn-out avec la dépression, que l’on associe davantage à une « panne de courant » généralisée qui engendre une souffrance psychologique importante.

Une personne souffrant d’un burn-out vivra elle aussi de l’épuisement, de la tristesse, du négativisme, et un manque de confiance en l’avenir, sans compter une perte d’empathie face aux autres, générant beaucoup de cynisme. Toutefois, ces sentiments tirent leur origine d’un contexte bien distinct : le milieu de travail.

Par ailleurs, il serait faux de croire que l’on passe instantanément d’employé productif à victime du burn-out. On se doit donc d’être attentif aux signes avant-coureurs : un burn-out ne survient qu’après une période donnée et pour diverses raisons, allant de la surcharge de travail, d’attentes irréalistes ou de la pression infligée par les patrons ou collègues, aux déceptions, à l’absence de moyens, ou encore à la difficulté à trouver un sens à votre fonction.

BURN-OUT OU BORE-OUT

Certains employés peuvent pour leur part éprouver le bore-out, soit un sentiment d’ennui et de perte de motivation lorsque l’emploi offre peu de stimulations ou suscite une forme de dépréciation par rapport à nos valeurs.

DES SOLUTIONS CONCRÈTES

Souffrir d’un épuisement professionnel n’est jamais facile, mais de nombreux moyens sont à portée de main pour s’en sortir. En parler s’avère primordial, et surtout en parler aux bonnes personnes : d’abord à son supérieur immédiat, si une relation de confiance est établie, et si on a une écoute attentive. Ensuite, aux responsables du programme d’aide aux employés, s’il permet aux employés de mieux faire face à ce type de situations, ou encore à un professionnel qualifié, à nos amis, ainsi qu’à notre famille.

Et si on ne travaille pas au sein d’une organisation en crise, que l’entente est cordiale avec nos gestionnaires, réclamer des changements, comme de nouvelles tâches par exemple, peut s’avérer bénéfique. Ultimement, le soutien d’un professionnel de la santé mentale peut s’avérer nécessaire pour nous aider à mettre en place des stratégies d’adaptations efficaces ou envisager un changement de carrière.

UN DRAPEAU ROUGE

Vivre un burn-out peut aussi constituer un révélateur de notre rapport au travail. Quand certaines tâches ne semblent plus avoir de sens, il apparaît vital d’aller chercher du sens… ailleurs. Garder un équilibre de vie permet de ne pas mettre toutes nos énergies uniquement dans notre emploi. En plus d’être notre gagne-pain, notre emploi permet de répondre à notre besoin légitime de gratification, mais sans doute faut-il aussi retrouver cette gratification dans plusieurs lieux. Développer ou entreprendre de nouvelles activités, faire autre chose, ou tout simplement faire… quelque chose et cultiver nos relations : tout cela est salutaire aux victimes du burn-out, qui ont trop souvent tendance à s’isoler.

Source : Dre Christine Grou, Journal de Montréal, 2 février 2020