Salmigondis

DES GOUVERNEMENTS MOLASSES

C’est, de loin, le qualificatif qui décrit parfaitement Justin Trudeau et François Legault dans la crise des blocages des chemins de fer. Celui dont je veux vous entretenir est celui de St-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal. Dans ce conflit autochtone, de simples citoyens, une poignée pour être plus exact, masqués pour ne pas être reconnus, tiennent le pays en otage en bloquant le réseau ferroviaire.

En plus, une injonction est en vigueur pour démanteler cette barricade. Qu’est-ce que ces gouvernements font ? Ils jasent, jasent et re-jasent ! C’est comme ça qu’ils combattent la désobéissance civile. Imaginez l’image qu’on livre au reste du monde; une société de mous, rien de moins. Il ne faut pas que ça fasse mal.

Tu veux régler le problème pacifiquement ? Tu appelles les pompiers et tu arroses copieusement cette bande d’extrémistes avec de puissants jets d’eau. À -27°C, ils vont geler assez vite qu’ils seront faciles à déplacer… sans oublier de les accuser officiellement. Mais il ne se passera rien. Une poignée de personnes contre 30 millions d’autres, ces derniers ne font pas le poids, c’est connu chez nous.

L’HÉCATOMBE DE L’AUTOROUTE 15

200 véhicules qui se tamponnent et causant la mort de 2 personnes en plus d’en blesser beaucoup d’autres et de mettre ça sur la faute de la température, il faut croire que cette dernière a le dos très large. Malheureusement, et on en parle très peu, le comportement routier des conducteurs y est en grande partie responsable. Ils adaptent rarement leur vitesse et leur façon de conduire en fonction de la météo. « Ça n’arrive qu’aux autres », se disent-ils.

Mais un accident impliquant 200 véhicules, le facteur humain doit forcément y être pour beaucoup. Planter des végétaux c’est bien mais encore faut-il qu’ils poussent. Ériger une clôture est une autre solution mais quand on parle de gouvernement, ça prend une éternité. Comme une tempête de neige est prévisible, reste que dans l’immédiat, les patrouilles de rétention pourraient être une solution. Promenez vous autour du Quartier Dix30, cet immense chantier de construction, et vous y verrez un groupe d’une bonne demi-douzaine de camions, équipés de gyrophares, qui ralentissent substantiellement la circulation pour éviter des accidents.

Pourquoi on n’applique pas la même stratégie dans les endroits réputés pour leur dangerosité lors de tempêtes de neige ? Cette unité forcerait la circulation à ralentir et ainsi éviter de tels drames. De plus. Ces zones devraient être identifiées quelques kilomètres à l’avance par d’immenses panneaux excessivement lumineux pour prévenir ponctuellement les usagers de la route du danger.

LES PANIERS D’ÉPICERIE

C’est malheureux mais les clients des centre-commerciaux et d’épiceries ne les méritent tout simplement pas. Bien que des ilots soient prévus pour en disposer, les utilisateurs les laissent traîner partout. Et c’est un phénomène répandu partout. Une vraie nuisance ! Comble de la stupidité, ils sont parfois laissés à moins de 5 mètres de l’ilot conçu pour les recevoir. Et loin d’avoir un sens civique, ces consommateurs ne pensent qu’à leur petite personne.

On ne devrait plus les fournir et carrément les abolir ! On l’a bien fait pour les sacs de plastique en instaurant les sacs réutilisables, on devrait appliquer la même stratégie pour les paniers d’épicerie. En furetant sur Amazon, on peut en trouver, repliables, pour environ 40 $. Les gens seraient obligés de les mettre dans le coffre de leur véhicule et ainsi se responsabiliser.

Cette réflexion m’est revenue à la suite de la décision de la Ville de Montréal de ne pas renouveler l’expérience des trottinettes électriques que les usagers laissent traîner partout, sans utiliser les espaces prévus pour les stationner. Les utilisateurs inconséquents n’ont qu’à se blâmer eux-mêmes, pour la plupart.

La bataille du français

Titre réaliste même si c’est d’un illogisme avoué, principalement au Québec. Nous sommes encore et toujours à vivre le déclin de la langue française chez nous.

Alors que, textuellement on devrait écrire des anglicismes ou mots anglais en italique dans un écrit français, on peut compter sur les cinq doigts d’une main ceux qui l’appliquent.

Les raisons sociales s’anglicisent, les expressions font aussi de même, bref, dans ce pays supposément bilingue, le bilinguisme est anglais, du pôle Nord au Mexique et de l’océan Atlantique au Pacifique. De quoi accouchera le gouvernement de la CAQ dans son projet de renforcer le français au Québec. Montréal est devenu Toronto dans son langage, comme ville bilingue anglaise.

Mais des défenseurs de la langue française se font de plus en plus rares. Beaucoup ont abdiqué, d’autres ont pris la nouvelle tendance, alors que le reste s’en fout. Mais il en reste un que j’admire; Gilles Proulx ! Son dernier article dans le Journal de Montréal du 6 février dernier exprime très bien ma pensée. C’est ce que je vous propose comme lecture aujourd’hui.

REGAGNER MONTRÉAL OU MOURIR

À Montréal, la langue commune n’existe plus. Ou plutôt, oui, elle existe. Ce n’est toutefois plus le français…

La CAQ a beaucoup parlé d’identité. Ça été payant pour elle avec 60 % d’appuis, selon les derniers sondages. En se faisant frileuse avec la langue, elle donne toutefois à ses adversaires antinationaux l’occasion d’une Renaissance. Ceux-ci misent sur toute la pourriture du fait français et sur le grand effondrement culturel des francophones… que la CAQ ne semble pas en voie d’empêcher.

La « grosse pointure » Nathalie Roy n’a rien fait pendant un an avec ce dossier; son remplaçant, Simon Jolin-Barrette, paraît tout aussi inerte.

Si l’anglicisation continue dans les raisons sociales, dans les sociétés d’État qui bafouent la loi 101, dans la musique de 95 % des commerces et jusque dans les cégeps gaspésiens qui ouvrent un campus à Montréal pour angliciser le cœur du Québec, la CAQ perdra le pouvoir dans trois ans, sinon dans sept ans, quand sa base électorale se sera « dissoute ».

RÉSIGNATION

Dimanche matin dernier, je vais au supermarché près de chez moi. J’y suis accueilli par de la musique anglo-américaine avec une chanteuse qui lyre… Les boîtes sont placées sur les étagères de manière à exposer leur côté anglais.

Les employés gênés m’expliquent qu’ils n’y peuvent rien. Ils se sont fait dire d’exposer les mots anglais parce que beaucoup de clients ne parlent pas le français. Quant à la musique, c’est une transmission centrale pour les succursales de leur chaîne. Ils se résignent : on est à Montréal.

AU-DELÀ DE LA LAÏCITÉ

Je veux bien que la laïcité soit importante, mais la vraie valeur fondatrice du Québec, celle qui peut tout rassembler, le passé et le futur, les générations et les identités, c’est le français !

La CAQ ne le sait peut-être pas, mais avec ce dossier, elle tient l’avenir du Québec dans ses mains… Elle va probablement le laisser tomber par terre et le briser.

Trois gouttes de lumière…

RETROUVER SA DIGNITÉ

Ne laisse plus personne te dire ce que tu as à faire.

Connecte-toi le plus souvent possible avec les personnes qui t’encouragent et t’aident à surmonter tes expériences de vie.

Quitte ceux qui te rendent triste, te font pleurer, te diminuent et te font douter de toi, sabotent ton moral et sont satisfaits de te voir affligé/e.

Le temps est venu pour toi, comme pour nous tous, de te reconnecter à ton essence profonde.

Tes anciennes mémoires sont en train de remonter en ce moment à la surface afin que tu leur dises « Merci pour tout et au revoir ».

Laisse tes émotions sortir, trouve une personne qui sache t’écouter avec son cœur.

Les autres sont là pour te montrer où tu en es avec toi-même. Sers-toi d’eux pour travailler par l’effet-miroir et ensuite fais du tri sur ce que tu sens, qui sape ton intégrité vitale, physique, émotionnelle ou mentale.

Tout est en place pour que tu apprennes à t’aimer, à t’accueillir tel/le que tu es. Rien n’est l’effet du hasard et au plus profond de toi tu le sais.

Redresse ta colonne, fixe tes yeux sur ton but, chasses tes peurs et avances le cœur libre et l’esprit heureux d’aller vers le chemin de ton Âme.

Tout est maintenant en place pour que tu retrouves ta dignité, ta fierté de femme et d’homme libre, et que tu montres au monde toute ta splendeur, toute ta lumière et toute ta Divinité.

La leçon de français (82)

PARTICULARITÉS DE VERBES DU 1ER GROUPE : VERBES EN « -ELER » ET « -ETER »

Règles

La plupart des verbes en « -eler » et « -eter » doublent le « l » ou le « t » devant les terminaisons débutant par un « e » muet.

– présent de l’indicatif : Cette musique vous ensorcelle.

– futur simple de l’indicatif : Tu jetteras tes vieux jouets.

– présent du conditionnel : Nous feuilletterions ce journal.

– présent du subjonctif : Il faut que tu étiquettes tes cahiers.

– présent de l’impératif : Épelle tous les mots.

Quelques verbes en « -eler » et « -eter » prennent un accent grave sur le « e » qui précède le « l » ou le « t ».

– Présent de l’indicatif : Je pèle les pommes.

– futur simple de l’indicatif : Il gèlera cette nuit.

– présent du conditionnel : Vous achèteriez volontiers ce bijou.

– présent du subjonctif : Il faut qu’on démantèle cette cabane.

– présent de l’impératif : Ne furète pas partout.

Liste des principaux verbes qui prennent un accent grave : peler – geler (et ses composés) – écarteler – marteler – celer (et ses composés) – modeler – démanteler – acheter – crocheter – ciseler – haleter – fureter.

Exercices

1- Quelle terminaison complète le verbe en gras ?

Lorsqu’il fait un discours, le maire mar… ses mots pour mieux convaincre.

A) telais – B) tèle – C) telle – D) tèleras

2- Complétez les verbes en gras comme il convient.

Si cette revue me donn… satisfaction, je renou… mon abonnement.

A) ait / vellait – B) eras / velais – C) e / vellerai – D) es / velais

3- Quelle terminaison complète le verbe en gras ?

En quelques minutes, le mécanicien dé… la panne.

A) cèles – B) celles – C) cellais – D) cèlera

4- Complétez les verbes en gras comme il convient.

Si je le pou…, je n’ach… que des produits sans pesticides.

A) rrai / etterais – B) vais / èterais – C) rait / etais

5- À quel temps le verbe en gras est-il conjugué ?

À la remise de son prix, des larmes de joie ruisselleront sur les joues de l’actrice.

A) présent de l’indicatif – B) présent du conditionnel

C) futur simple de l’indicatif – D) présent du subjonctif

6- Complétez le verbe en gras comme il convient.

Autrefois, les cochers att… les chevaux aux fiacres, les ancêtres des taxis !

A) elait – B) elaient – C) ellaient – D) èlaient

7- Quelle terminaison complète le verbe en gras ?

Dans les contes, la méchante fée ensor… les enfants désobéissants.

A) celles – B) celle – C) celais – D) cèleras

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B* – 2) C** – 3) D*** – 4) B**** – 5) C – 6) B***** – 7) B
* Il faut se référer à la liste des verbes qui prennent un accent grave au lieu de doubler la consonne.
** Le second verbe doit être conjugué à la 1re personne du singulier; la seule réponse qui convienne respecte la concordance des temps : présent de l’indicatif dans la subordonnée et futur simple dans la principale.
*** RETENEZ : le verbe « déceler » prend un accent grave.
**** Le verbe, très courant, « acheter » prend un accent grave.
***** La terminaison de l’imparfait ne débute pas par un « e » muet; on ne double pas la consonne.

 

Les dessous sombres de Bombardier

Quand je dis triste, ma réflexion se tourne vers les emplois précaires de cette industrie causés par son déclin. Tant de millions investis au fil des années à même l’argent des CONtribuables québécois qui auront servi à rendre ses administrateurs encore plus millionnaires. Nous, les dindons de la farce.

Ce sont les Bellemare et compagnie qui sortent les grands gagnants de cette débandade. Ces faux messies qui prêchaient sournoisement la relance d’un succès garanti.

Joseph Facal a écrit un article très intéressant sur Bellemare et ses sbires sans scrupules, dans le Journal de Montréal du 15 février dernier. Une opinion que qui me rejoint pleinement que je veux partager avec vous aujourd’hui.

ALAIN BELLEMARE, SYNDIC DE FAILLITE ?

Arrivé en 2015, Alain Bellemare s’était donné un plan de cinq ans pour redresser Bombardier.

Nous sommes en 2020. Voyons voir.

En échange de 600 millions $ et d’une libération de ses obligations, Bombardier vient de quitter complètement l’aviation commerciale, donc les avions qui transportaient du monde ordinaire.

Il lui reste les avions d’affaires – ceux de quelques sièges pour les super-PDG et les vedettes du jet set –, et le ferroviaire.

Euh, pas tout à fait…

LIQUIDATION

Bombardier serait en discussion pour vendre les avions d’affaires à Textron. Alstom serait intéressée à acheter la division ferroviaire.

C’est simple, quand on ne souhaite pas céder, on dit : non, merci. Et ça ne dure pas longtemps.

Bref, M. Bellemare se comporte aujourd’hui comme un syndic de faillite.

Il veut obtenir le meilleur prix possible pour les morceaux qui restent, afin de calmer les créanciers et d’alléger la dette de 10 milliards $.

Il restera quoi ?

Il nous arrive à tous d’échouer, dans tous les domaines de la vie. On ne compte plus les entreprises disparues qu’on croyait aussi inamovibles qu’une montagne dans un paysage.

Dans le cas particulier de Bombardier, mon indignation tient en trois points.

Le premier, c’est cette condamnation outrée qui tombait du ciel dès qu’on ouvrait la bouche.

Comment osez-vous, crétins ?

À genoux devant le « fleuron » !

Qu’est-ce que vous y connaissez, ignare !

« Il faut aimer Bombardier », tranchait Philippe Couillard avec son ton de chanoine.

Deuxièmement, les dirigeants de Bombardier savaient depuis longtemps que le naufrage s’en venait.

Depuis 2006, la famille Beaudoin-Bombardier n’a acheté qu’une fois des actions de sa propre compagnie, en 2015. Belle marque de confiance…

Quand quelqu’un n’est pas prêt à risquer son propre fric dans un projet, ça dit tout.

Pendant ce temps, Laurent Beaudoin et sa femme investissaient des dizaines de millions dans une cimenterie.

Oui, le Laurent Beaudoin qui, lors du référendum de 1995, disait qu’un Québec indépendant ne pourrait soutenir une compagnie de l’envergure de Bombardier. Ben coudonc…

Troisièmement, Bombardier a voulu presser le citron au maximum jusqu’à la fin.

En 2016, les six plus hauts dirigeants avaient voulu augmenter leur rémunération de 48 % par rapport à l’année précédente. Un tollé populaire les avait freinés.

En 2017, M. Bellemare avait tout de même empoché 13,7 millions $.

Pendant ce temps, des milliers de travailleurs étaient congédiés et les contribuables pompaient des milliards dans l’entreprise.

Mais il fallait aimer, disait Philippe Couillard.

MÉPRIS

Puis, fin septembre 2018, la même équipe de direction a empoché autour de 30 millions $ en vendant une partie de ses actions de sa propre compagnie.

Vite, encaissons avant que l’action ne dégringole !

À ce moment-là, si vous aviez sous les yeux les états financiers, vous ne pouviez pas ne pas savoir ce qui s’en viendrait dans à peine 18 mois.

Je ne sais pas s’ils iront ou non se mettre les orteils dans le sable, avec un petit parasol dans leur cocktail, mais je les entends d’ici rire de nous.

Les limites à long terme du régime cétogène

RELAX NEWS | Des médecins américains de l’université de Yale ont étudié les effets d’un régime cétogène chez des souris afin de mesurer les bienfaits de ce régime alimentaire tant plébiscité qui consiste à consommer des lipides au détriment des glucides.

Concrètement, une personne qui suit ce régime va par exemple consommer beaucoup de saumon fumé ou d’avocat, mais va éviter les produits sucrés ainsi que les fruits les plus riches en sucres (raisin, mangue, banane).

En dehors de son effet amaigrissant rapide et efficace, le régime cétogène aurait également des vertus pour protéger contre le diabète, expliquent les chercheurs.

Quand le corps manque de sucre, il puise dans sa réserve de graisse et se met à produire des corps cétogènes, qui constituent une sorte de carburant pour l’organisme. Au cours de ce processus, les lymphocytes T gamma delta se développent dans tout le corps. Ce sont précisément ces cellules du système immunitaire qui permettent de repousser le diabète et le risque d’inflammation, montre l’étude.

LIMITES TEMPORELLES

Or, l’expérience a également montré que l’effet inverse risque de se produire si le régime cétogène s’étend au-delà d’une semaine : « Lorsque les souris ont continué à suivre le régime riche en graisses et pauvre en glucides au-delà d’une semaine, elles consommaient plus de graisses qu’elles ne pouvaient en brûler, elles perdaient les cellules T gamma delta protectrices de la graisse et développaient un diabète et une obésité », constate Vishwa Deep Dixit, professeur à l’école de médecine de Yale et auteur principal de l’étude.

Si l’étude ne permet pas de déterminer la durée idéale du régime cétogène pour bénéficier de ses vertus sur la santé, les chercheurs en déduisent qu’il est préférable de le suivre « à petites doses » et sur une courte période (moins d’une semaine).

Source : le Journal de Montréal, 3 février 2020

Une petite dose d’humour

Se réveiller, comme ça, un beau matin, et savourer le moment de trouver la vie plus que belle… n’est-ce pas une belle sensation ? Si, en plus, on s’embellit de son plus beau sourire, alors c’est le paroxysme du bonheur. Voici, pour stimuler vos muscles faciès et vous mettre dans cet état, de quoi vous faire sourire.

DIEU… ET ROGER

Il y avait, dans un village, deux hommes qui s’appelaient ROGER. L’un était prêtre et l’autre chauffeur de taxi.

Le destin voulut que tous deux meurent le même jour. Ils arrivent au Ciel et se présentent devant le Seigneur. Roger, le chauffeur de taxi, passe en premier.

Dieu consulte ses registres et lui dit :

– Très bien, mon fils, tu as gagné le Paradis. Tu as droit à une tunique en fils d’or et à un bâton en platine. Tu peux y aller.

Quand passe l’autre Roger, Dieu lui dit :

– Bien, tu as mérité le Paradis. Tu as droit à une tunique de lin et un bâton en chêne.

Le prêtre est surpris :

– Pardon, Seigneur, mais il doit y avoir une erreur. Je suis bien Roger, le prêtre !

– Oui, mon fils, tu as mérité le Paradis avec cette tunique de lin.

– Non ! Ce n’est pas possible ! Je connais l’autre Roger : il vivait dans mon village. C’était une catastrophe comme chauffeur de taxi ! Il avait des accrochages tous les jours, il roulait comme un dingue et conduisait très mal. Et moi, j’ai passé 50 ans de ma vie à prêcher tous les dimanches à la paroisse. Comment est-il possible qu’on lui donne la tunique en fils d’or et à moi celle-ci ?

Et Dieu lui répond :

– Non, mon fils, il n’y a aucune erreur. Nous faisons maintenant des évaluations et des bilans de compétences.

– Comment, comment ? Je ne comprends pas.

– Oui, nous travaillons au résultat et avec des objectifs.

Durant ces derniers 25 ans, chaque fois que tu prêchais, les paroissiens s’endormaient… Mais lui, chaque fois qu’il conduisait, tout le monde priait!

En toute confiance

Voici quelques paroles de sages sur la confiance.

Il ne faut pas craindre d’assumer avec confiance son propre destin. Il y a autant d’honneur et de gloire à cultiver des pommes de terre qu’à gouverner un royaume.
Guy de Larigaudie

La confiance est comme un château de sable. Elle est difficile à construire, mais si facile à détruire.
Antoine de Salins

La confiance en soi consiste à exprimer ses idées, sans hésitation, même si elles diffèrent de celles des autres. Les grandes œuvres naissent toujours dans la pluralité des idées.
Lyauley

On peut, par la confiance et la volonté de caractère, mettre quelqu’un dans l’impossibilité de nous tromper.
Joseph Joubert

Le plus difficile n’est pas d’avoir confiance dans les autres, mais en soi-même.
Guy Thevenot

Les gens proches de la terre comprennent d’instinct avec leur cœur et ils ont confiance en la nature.
Alice Parizeau

Avoir la confiance de quelqu’un est probablement encore plus important que d’être aimé.
George MacDonald

Il y a toujours de la grandeur et du courage dans la confiance que l’on donne à ceux qui nous la demandent, et cela ne peut inspirer que l’estime et la clémence.
Napoléon Bourassa

Être confiant, c’est croire qu’un océan existe parce qu’on a vu un ruisseau.
Saint Exupéry

La fin du monde, c’est lorsqu’on cesse d’avoir confiance.
Madeleine Ouellette-Michalska

Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent, et une confiance inébranlable dans l’avenir.
Jean Jaurès

Lorsqu’on a confiance en soi-même, on inspire confiance aux autres.
Goethe

Source : Florimage

Célébrons l’amour dans son sens le plus large

Mon cœur.

Chacun de tes Je t’aime

Fait battre mon cœur…

Où scintille ton prénom

Gravé de poussière d’étoiles,

Où rayonne ton souvenir

Dans l’azur de mes jours,

Où s’endort ton soleil

À l’orée de mes nuits,

Où brûle ton désir

Consumant mon corps,

Où se meurt ta vie

Pour renaître en moi !

Et chaque battement

Est un Je t’aime pour toi…

Amoureuse St-Valentin, lectrices et lecteurs.

© Véronique Audelon

In Memoriam – Jacques Nantel – 5e anniversaire

Mon papa Jacques, 1929-2015

Déjà cinq années, papa, tu nous quittais subitement, sans prévenir, sans déranger, comme une feuille au vent. Je me rappelle le moment, à des milliers de kilomètres de toi où on célébrait et festoyait… j’ai appris la terrible nouvelle. C’était hier. C’était la détresse.

Je m’ennuie toujours de nos belles conversations avec toute la sagesse que tu dégageais et je ne cesse, quand la situation s’y prête, de te citer en exemple. Je ressens encore un vide sans ta présence.

J’ai pensé à toi aujourd’hui, hier et tous les autres jours d’avant. Je pense à toi en silence. Tout ce que je possède sont des mémoires, des souvenirs indélébiles et des photos. Des cadeaux inestimables qui forgent mon chemin sur terre.

Le ciel t’a dans ses bras, moi je t’ai dans mon cœur.

Un héros ça ne meurt pas. Alors de ton nuage et accompagné de maman, puissiez-vous continuer à guider nos pas dans le chemin qui nous est destiné, comme vous l’avez fait admirablement toute votre vie.

« Ceux que nous avons aimés et que nous avons perdus ne sont pas où ils étaient mais ils sont partout où nous sommes. »

La leçon de français (81)

L’IMPARFAIT ET LES TEMPS COMPOSÉS DU SUBJONCTIF

Règles

L’imparfait du subjonctif s’emploie lorsque le verbe de la proposition principale est à un temps passé de l’indicatif ou au conditionnel.

Il fallait (faudrait) que ce jeune garçon s’endormit. Imparfait du subjonctif.

L’imparfait du subjonctif se forme avec la même voyelle que celle qu’on trouve dans la terminaison du passé simple.

Il faudrait que j’eusse un vêtement plus chaud. (passé simple : j’eus)

Il fallait qu’elle réagît plus rapidement. (passé simple : il réagit)

Remarque ! L’imparfait du subjonctif ne se rencontre que dans les textes littéraires, essentiellement à la 3e personne du singulier.

On emploie le passé du subjonctif si le verbe de la proposition principale est au présent ou au futur et si on veut exprimer un fait passé par rapport à elle ou par rapport à tel moment à venir. Il est formé du présent du subjonctif de l’auxiliaire et du participe passé du verbe conjugué.

Il n’est pas possible que le temps ait changé aussi rapidement.

Je regretterai vivement que mes amis soient partis sans me saluer.

On emploie le plus-que-parfait du subjonctif si le verbe de la proposition principale est au passé et si on veut exprimer un fait passé par rapport à elle. Il est formé de l’imparfait du subjonctif de l’auxiliaire et du participe passé du verbe conjugué.

J’ai vivement regretté que mes amis fussent partis sans me saluer.

Remarque ! Aujourd’hui on peut remplacer l’imparfait du subjonctif par le présent du subjonctif, et le plus-que-parfait par le passé.

Exercices

1- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

Il est possible que Rachel … de fermer le robinet d’eau chaude.

A) ait oublié – B) eut oublié – C) eusse oublié – D) a oublié

2- Complétez la phrase comme il convient.

Quand Olivier … de s’orienter vers le dessin. Ses parents en … .

A) eût décidé / seraient contrariés

B) ait décidé / fussent contrariés

C) a décidé / fussent contrariés

D) eut décidé / furent contrariés

3- À quels temps les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Imagine un instant que tu aies pu choisir ton prénom !

A) présent de l’indicatif / présent du subjonctif

B) présent de l’indicatif / passé composé de l’indicatif

C) futur simple de l’indicatif / passé 1re forme du conditionnel

D) présent de l’impératif / passé du subjonctif

4- Complétez la phrase avec un verbe conjugué au plus-que-parfait du subjonctif.

Le chirurgien attendait que la fièvre … pour opérer le malade.

A) est tombée – B) fût tombée – C) soit tombée – D) ait été tombée

5- Complétez la phrase comme il convient.

Ma tante … que l’air pollué ne … du mal aux poumons de mon oncle.

A) crains / fit – B) craindra / faisait

C) craignait / fit – D) aurait craint / fasses

6- Quels verbes complètent cette phrase ?

Il … que ce jeune garçon s’… tôt.

A) a fallu / endort – B) eut fallu / endormi

C) fallait / endormît – D) aura fallu / endormi

7- Quels verbes complètent cette phrase ?

Voici le dernier film que j’… et j’en … un excellent souvenir.

A) ai vu / ai gardé – B) as vu / ai gardé

C) a vu / ait gardé – D) ai vu / aies gardé

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) A* – 2) D** – 3) D – 4) B*** – 5) C**** – 6) C – 7) A*****
* Les autres formes verbales sont au passé antérieur, au conditionnel passé 2e forme et au passé composé.
** Les deux verbes sont conjugués à l’indicatif; passé antérieur et passé simple du passif.
*** Comme le verbe de la principale est à l’imparfait de l’indicatif, celui de la subordonnée doit être au plus-que-parfait du subjonctif.
**** Le verbe de la principale est à l’imparfait de l’indicatif (3e personne du singulier) et celui de la subordonnée à l’imparfait du subjonctif (3e personne du singulier).
***** Les deux verbes sont au passé composé de l’indicatif (1re personne du singulier).

Les mauvais musulmans

Certains musulmans, parce que ce ne sont pas tous les musulmans qui se sont intégrés aux us et coutumes du Québec, les fanatiques, les endurcis, les extrêmes, les excessifs, ont encore fait des leurs le 7 décembre dernier dans un restaurant de Montréal. Leurs propriétaires ont finalement tranché en leurs faveurs, et les Québécois ont dû quitter. Dans La Presse + du 9 février dernier, Patrick Lagacé en a fait le sujet de son article.

Une situation qu’on ne devrait jamais, et j’insiste sur le mot « jamais » tolérer ici au Québec. J’ajouterai même que s’ils ont des convictions religieuses, qu’ils les gardent entre les quatre murs de leur maison, à défaut de quoi le Québec peut se passer de ces parasites intolérables. À vous d’en tirer vos propres conclusions.

QUATRE BOUTEILLES DE VIN

C’était le 7 décembre dernier. Suzanne A. était enchantée de faire découvrir ce petit restaurant formidable à sa famille. Elle y était allée une dizaine de fois. En famille, ça allait être la première fois. Pour la fête de Danielle, sa petite sœur, c’était parfait.

Ils étaient huit, ce midi-là : ses frères et sœurs ainsi que leurs conjoints respectifs.

Parce que le resto est un « apportez votre vin », ils avaient aussi quatre bouteilles de vin.

C’était aussi un « apportez votre gâteau », ce jour-là : quand Suzanne avait fait la réservation, deux semaines plus tôt, le propriétaire avait accepté qu’ils apportent un gâteau pour la fête de Danielle.

Suzanne est donc parmi les premiers arrivés. C’est l’épouse du propriétaire qui les accueille. Elle reconnaît le propriétaire, qui passe la vadrouille.

Les convives arrivent peu à peu. Il faudrait bien ouvrir les bouteilles, dit quelqu’un, à la table…

L’épouse du propriétaire, qui porte le hijab, ouvre les bouteilles. Mais elle prévient le groupe : à midi et demi, je vais devoir vous enlever les bouteilles et les verres…

Consternation dans la tablée de Suzanne : nous enlever le vin, mais pourquoi ?

Explications de l’épouse du proprio : il y a un groupe qui a fait une réservation, des musulmans très religieux, ils ne veulent pas qu’il y ait de vin dans le restaurant…

« Elle était nerveuse, elle se sentait mal », se souvient Suzanne.

Le groupe s’est rebiffé, pas question d’accepter un tel diktat. Ils ont tenté de parlementer (sans succès), d’avoir des explications du proprio (indisponible, dixit son épouse) et de proposer des compromis (déposer les bouteilles par terre), rien n’y fait.

Jean-Pierre A. : « J’ai vu la table, la table de l’autre groupe. Elle était dans une autre section, loin de la nôtre. Ils ne nous auraient pas vus, d’où ils étaient… »

Suzanne A. : « La discussion avec la femme du proprio se déroulait alors que la table était vide, le groupe n’était pas arrivé. J’ai proposé d’aller les voir quand ils arriveraient pour leur expliquer qu’ils ne verraient pas l’alcool, d’où ils étaient. La femme a dit que s’ils savaient qu’il y a de l’alcool dans le restaurant, ils n’y entreraient pas… »

Rien à faire, donc.

Le clan de Suzanne A. a fini par partir, juste après la soupe qu’ils n’ont pas eu à payer. Pas question de faire ce compromis absurde.

Ils sont allés fêter le 71e anniversaire de Danielle dans un resto italien, pas loin.

J’ai appelé au restaurant. C’est le propriétaire qui m’a répondu. Il se souvenait de l’épisode. Un malentendu, a-t-il plaidé : il croyait que le groupe de Mme A. avait réservé pour 18 h…

« C’est quand même un peu absurde d’interdire l’alcool dans tout un restaurant parce qu’un groupe de clients ne veut pas être en présence d’alcool sous le toit de ce restaurant… », écrit notre chroniqueur.

Alors quand il a accepté ce groupe d’une trentaine de musulmans qui ne voulaient pas voir d’alcool dans ce restaurant, il a accepté, il ne pensait pas que ça poserait problème : « La madame qui était avec un groupe qui avait de l’alcool, on les attendait à 18 h. Ça a causé un petit problème. C’est dommage. Il y a eu une erreur, peut-être de nous, peut-être d’eux… »

Suzanne A. m’a juré qu’il était totalement impossible que l’erreur soit sienne : il n’a jamais été question pour son groupe de réserver en soirée pour fêter Danielle.

J’ai fait remarquer au proprio que c’est quand même un peu absurde d’interdire l’alcool dans tout un restaurant parce qu’un groupe de clients ne veut pas être en présence d’alcool sous le toit de ce restaurant…

— En quoi ça les dérangeait ?

— À cause de leur religion musulmane, m’a-t-il répondu dans un français laborieux, mais clair. Ils ne voulaient pas qu’il y ait de l’alcool dans la place, ils ne voulaient pas voir de l’alcool.

— Vous ne trouvez pas ça exagéré, comme demande ?

— Honnêtement, c’est ma femme qui a fait ça… Moi, je savais juste une chose : on a respecté les deux côtés. Dans cette business, faut respecter tout le monde… »

Dans notre conversation, le propriétaire a beaucoup insisté sur le fait qu’en affaires, « il faut respecter tout le monde ». Sa porte, dit-il, est « ouverte à tout le monde […] parce que tout le monde est égal ».

Je lui ai fait remarquer que son « ouverture à tout le monde » avait eu pour effet d’insulter profondément Suzanne A., une cliente régulière, ainsi que sa famille.

Réponse du propriétaire : « Malheureusement, c’est dommage pour la business. Ils ont mangé la soupe et ils sont partis… »

Je lui ai demandé si ce ne sont pas les clients musulmans fondamentalistes qui auraient dû se faire dire de ne pas venir au restaurant s’ils ne pouvaient pas tolérer la simple vue d’une bouteille de vin…

La réponse du propriétaire, là-dessus, a été confuse. Il a encore plaidé l’erreur de réservations, que tout cela était dommage…

J’ai demandé au proprio s’il pouvait me mettre en contact avec ce groupe de musulmans effrayés de se trouver sous le même toit qu’une bouteille de vin…

Il m’a dit ne pas les connaître.

Aurait-il encore le numéro de téléphone de la personne qui avait réservé ?

Malheureusement non, m’a-t-il répondu.

***

À ce stade de l’histoire, une précision s’impose.

J’ai écrit cette histoire il y a une semaine, après avoir fait les vérifications. Dans la première version, je nommais le restaurant, son propriétaire et le nom de famille de Suzanne A.

J’ai écrit, dans cette première version, que je savais bien que le proprio du resto allait être décoiffé par cette chronique. Sachant le climat face au fait musulman, je savais que ce restaurant allait être la cible de commentaires forcément désobligeants.

Puis, le premier ministre Legault a souligné avec des mots très dignes les trois ans du massacre à la mosquée de Québec. Ces mots ont été accueillis comme on le sait par un horrible tsunami de commentaires indigestes de la bruyante brigade qui déteste les musulmans, tous les musulmans…

Et c’est là que j’ai décidé de ne pas nommer le restaurant.

La paranoïa antimusulmane est tellement brutale que je n’ai pas envie qu’un esprit fin aille fracasser la vitrine du resto… Ou pire.

C’est du cas par cas, mais ce n’est pas la première fois que je décide de ne pas nommer quelqu’un ou une institution pour les soustraire à un inévitable tsunami de réactions brutales, peu importent leurs torts : je l’ai notamment fait dans le cas d’une chargée de cours et dans le cas d’une école de la Rive-Nord.

Suzanne A. était d’accord avec cette décision. Elle est fâchée contre le restaurant, elle trouve qu’il a pris une mauvaise décision, mais elle ne souhaite aucun mal à ce proprio. Je la cite : « Allez-y tout de même doucement, je ne veux pas qu’ils soient obligés de fermer leur restaurant. C’est leur revenu et c’est une entreprise familiale. »

***

J’ai rapporté à Suzanne A. ma conversation avec le propriétaire du restaurant, qui avait un point de vue très « business » sur la situation.

J’ai demandé à Mme A. si le restaurant n’aurait pas – business oblige – lésé son groupe parce qu’ils n’étaient que huit, alors que le groupe de moyenâgeux réfractaires au vin était, selon le propriétaire, entre 30 et 35. À choisir entre huit clients et une trentaine…

Réponse de Mme A. : « Je n’y crois pas. Ils sont allés du bord des musulmans. »

Suzanne A. insiste : face à l’islam, elle n’a aucun problème, absolument aucun. Si elle en avait un, elle n’aurait jamais fréquenté ce restaurant tenu par un couple musulman. « La femme du propriétaire porte un voile, ça ne me dérange pas. Je suis allée plusieurs fois dans ce restaurant. On l’aimait, ce restaurant, sa nourriture… »

Suzanne A. m’a expliqué pourquoi elle a choisi de me raconter sa mésaventure du 7 décembre 2019 : parce qu’elle a 73 ans et qu’elle a vécu dans un autre Québec, un Québec pré-Révolution tranquille. Elle a vécu la chape de plomb de la religion catholique.

« On a mis beaucoup d’années à sortir de ce régime, dit-elle. Et là, dans ce restaurant, on nous impose ça ! Ces fanatiques, ils ne veulent pas voir d’alcool pour des raisons religieuses. Ça va jusqu’à ne pas vouloir être dans un restaurant où on sert de l’alcool aux autres tables ! Si on ne dit pas ces choses-là, ça peut être pire, ça peut prendre de l’expansion. Je n’en veux pas aux gens du restaurant. Je trouve qu’ils sont victimes, ça leur a été imposé. »

***

Les gens de la famille de Suzanne A. à qui j’ai parlé ne m’ont absolument pas semblé être des paranos face à l’islam, absolument pas le genre à écrire des horreurs sur les musulmans sous le statut Facebook de François Legault, disons.

Mais il y a quelque chose qui a changé chez eux, en sortant du restaurant, autour de 12 h 30, le samedi 7 décembre dernier. Un vernis de tolérance qui s’est fissuré.

Prenez Jean-Pierre, le frère de Suzanne A. En franchissant la porte du restaurant, il était ambivalent face à la loi 21 sur la laïcité de l’État. Oh, il avait suivi comme tout le monde le débat. « Mais j’étais entre les deux », m’a-t-il dit.

Or, quand il est sorti du restaurant, le 7 décembre, il était pour la loi 21, tout à fait pour. Je dirais même résolument pour.

Oui, Jean-Pierre A. sait très bien que la loi 21 vise les employés de l’État, pas les décisions d’entreprises privées…

« Je sais que la loi 21 ne changerait rien à ce qui s’est passé au restaurant. Je le sais. Mais là, j’ai vu comment certains musulmans peuvent être fanatiques. »

Je note le mot : « certains ». Il n’a pas dit « tous ».

Suzanne A. a eu la même réaction que son frère Jean-Pierre. Je la cite : « Je sais que la loi 21 n’aurait jamais changé quoi que ce soit à mon expérience. Ça n’aurait rien changé. Mais ça envoie un message… »

***

L’injure faite à la famille de Suzanne A. illustre bien à quel point certaines exigences divorcées du réel peuvent braquer des gens de bonne foi.

Ensuite, cette affaire illustre bien l’importance d’un mot très simple qui pourrait tuer dans l’œuf bien des controverses qui mettent le feu aux manchettes…

Ce mot, c’est « non ».

Mon exemple préféré : quand un homme très proche de son dieu préféré demande qu’un évaluateur plutôt qu’une évaluatrice lui fasse passer son examen de conduite à la SAAQ, on n’a qu’à lui dire « non » et à lui suggérer de prendre un autre numéro en espérant qu’un examinateur se libère d’ici la fermeture…

Ici, entre un groupe de clients fondamentalistes et le groupe de Mme A., le restaurant a choisi de dire « non » à ceux qui n’emmerdaient absolument personne.

C’est un mauvais choix, le genre de choix qui braque les gens de bonne foi.