Un mystérieux voyageur

Arnault se réveille en frissonnant. Le feu dans l’âtre s’est éteint.

– Vite, ce matin je dois aller répéter les chants de la veillée de Noël, dit-il à sa mère.

Au dehors, son ami Gauthier l’attend déjà. Ensemble, ils entonnent une joyeuse ritournelle. La neige scintille sous le soleil et les sapins croulent sous des grappes d’aiguilles blanches. Là, près de l’église, se tient un homme à la peau couleur de miel, coiffé d’un étonnant turban. Il porte un grand manteau de soie, et chante dans une langue inconnue une mélodie aux notes étranges. Les deux amis s’arrêtent, envoûtés par le timbre sourd de l’étranger.

– Qui êtes-vous, vous n’êtes pas du village? demande Arnault.

– Je me nomme Balthazar, répond l’homme. Je suis un voyageur, poète et musicien, saltimbanque et savant et un peu magicien. Je viens d’un pays où le soleil brille tous les jours de l’année. Je chante des histoires d’autrefois et je connais toutes les étoiles du ciel.

– Mais que venez-vous faire ici? Interroge Arnault.

– Je viens vendre des étoffes soyeuses et des pierres précieuses au seigneur du pays, répond le voyageur.

– Aujourd’hui? Tout le monde est occupé à préparer Noël, explique Arnault. D’ailleurs, nous allons répéter les chants pour la veillée de ce soir. Venez donc avec nous!

Arnault et Gauthier rejoignent le groupe d’enfants et la répétition commence. La nuit tombée, les villageois, flambeaux à la main, se rendent à l’église tout illuminée. Les petits et les grands, le seigneur du château, et toutes les familles du village arrivent de toute part.

Arnault entonne d’une voix claire un hymne de Noël accompagné par la chorale. Sa voix enfantine monte vers les voûtes de l’église.

Mais aussitôt, une voix d’homme puissante et chaleureuse lui répond. Les deux voix se mêlent emplissant l’église de joie et d’émotion. Arnault a reconnu l’étrange voyageur qui vient d’entonner avec lui le plus beau de tous les cantiques de Noël. À la fin de la veillée, tout le monde entoure cet homme venu de loin.

– Chantez-nous encore quelque chose! demande Arnault.

L’homme ferme les yeux. Son chant s’élève alors, qui raconte l’histoire de trois savants guidés par une étoile jusqu’à la crèche d’un enfant roi…

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Stéphane Couillerot
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Est-ce que les anglophones sont vraiment menacés au Québec?

Ça fait longtemps que les anglophones répètent sans cesse que le français menace leur culture. Cette attitude est bien ancrée dans cette communauté et c’est plutôt le contraire… avec l’aide et la bénédiction du gouvernement provincial actuel qui se produit.

Denise Bombardier y allait d’un article intéressant, publié dans les pages du Journal de Montréal du 9 décembre dernier, qui expose très bien le problème. Je partage aujourd’hui avec vous, ce bijou de texte. Bonne lecture.

Les Anglos-Québécois, des victimes?

La communauté anglophone du Québec a maintenant sa protectrice en la personne de Kathleen Weil, nommée depuis le remaniement ministériel de mai dernier responsable du nouveau secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise.

Avec une émotion toute maternelle, la ministre Weil s’inquiète du fait que les Anglos ne ressentent pas un fort sentiment d’appartenance à la société québécoise.

L’on comprend sans explication qu’à un an des élections, le PLQ bichonne les Anglos qui depuis la nuit des temps votent massivement pour les rouges. Devant l’abandon accentué du vote francophone constaté dans les sondages, aucun électeur anglophone ne doit leur échapper.

La réaction de nombre d’anglophones en colère quant à la motion de l’Assemblée nationale sur l’accueil des clients dans les magasins avec un « bonjour! » bien affirmé sans « hi! » à la fin est non seulement indécente, mais elle en dit long sur l’état d’esprit de la minorité anglophone la plus protégée du monde.

DÉCHAÎNEMENT

Dans les médias anglophones, des Anglos se sont déchaînés. Ils se décrivent comme des victimes de la majorité francophone, qu’ils hésitent à peine à qualifier d’exploiteuse à leur endroit.

Or, le malaise qu’ils éprouvent à vivre au Québec démontre bien l’idée qu’ils se font des Québécois de souche. D’ailleurs, dès que la majorité québécoise se revendique de la loi 101, les Québécois de souche anglaise se souviennent – c’est peu de le dire – du temps béni où ils ne pouvaient douter qu’ils étaient nos maîtres. La nostalgie reprend alors ses droits et une proportion étonnamment élevée d’anglophones se replie sur elle-même.

Les anglophones – faut-il le rappeler? – ont contribué grandement au progrès et à l’enrichissement du Québec. Nombre d’institutions ont été créées par des Écossais, des Irlandais et des Anglais. Des banques, l’Université McGill, Concordia et des hôpitaux font partie de notre héritage collectif.

Mais après la victoire du PQ en 1976, près de 100 000 Anglos ont quitté le Québec. Pour la petite anecdote, j’ai acheté alors à un prix imbattable une maison appartenant à un universitaire de McGill, qui a préféré quitter la prestigieuse institution pour s’installer à Kingston en Ontario. Lors de la décolonisation en Afrique, les Blancs fuyaient aussi leurs belles demeures que des Noirs rachetaient. Cela s’appelle le transfert de bourgeoisie.

ÉLECTORALISME

Pour parler franchement, il est douloureux de voir les réactions de la minorité anglaise. Et il est aussi choquant et triste de constater les manœuvres électoralistes du PLQ envers la communauté anglophone.

Ils ne sont pas nombreux les Anglos-Québécois qui s’inquiètent de l’érosion progressive de la langue française dans l’espace public. À croire qu’ils se réjouissent secrètement de l’inéluctable victoire de la démographie.

Le Québec officiellement français est en perte de vitesse. Le bilinguisme impose sa loi dans l’espace public à Montréal et dans la langue truffée d’anglicismes des jeunes francophones.

Et, de grâce, que le gouvernement nous épargne ses « inquiétudes » et mette en veilleuse ses projets de protéger les « victimes » que sont censés être les anglophones du Québec plongés dans le ressentiment historique.

Un petit sapin pour Lison

Lison est tout excitée. Aujourd’hui on achète le sapin! Sur la place du marché, des dizaines d’arbres sont installés. Il flotte un parfum de fête! Lison court dans cette drôle de forêt. Elle lève les bras au ciel.

– Moi, je veux un sapin qui chatouille le plafond du salon!

Maman sourit : elle a presque dit oui! Mais Lison n’en finit pas de choisir son arbre préféré… Maman commence à s’impatienter :

– Alors! tu as trouvé?

Lison est bien trop occupée pour répondre! Derrière une montagne de sapins, une branche lui a fait signe. Lison n’en croit pas ses yeux, elle se fraie un passage et découvre un adorable petit sapin vert tendre, écrasé par des arbres dix fois plus gros que lui. Le petit sapin reprend son souffle, secoue ses branches et murmure dans un bruissement d’aiguilles :

– Ouf! merci de m’avoir sorti de là! J’ai cru que j’allais étouffer!

Lison croit rêver :

– Mais… tu parles!

Le petit sapin rit :

– Bien sûr! si tu veux m’écouter!

Lison caresse le petit arbre. Elle ne sait pas pourquoi, elle sent qu’elle l’aime déjà. Elle lui chuchote :

– Mon pauvre! tu dois être triste d’avoir quitté ta forêt!

– Pas du tout! répond le sapin. Regarde dehors, les arbres n’ont plus une feuille, ils tremblent de froid! Moi, je suis vert, même en hiver. Dans les maisons, on me pare de guirlandes. Je brille! Je scintille! Et les enfants dansent autour de moi.

Lison voudrait bien continuer sa conversation, mais voilà sa maman, très étonnée :

– Il n’est pas trop petit celui-là?

Lison a peur que sa maman ne veuille pas de son sapin, alors elle trouve mille idées pour vanter ses qualités :

– Ses épines sont brillantes comme le soleil! Et mes boules neuves lui iront à merveille!

Lison a l’impression que le petit sapin lui fait un signe :

– Bien parlé Lison! Comme ça, je partirai avec toi!

Alors elle insiste :

– On l’installera sur la commode, il touchera le plafond!

Maman sourit : c’est oui!

– Alors c’est moi qui le porte! s’écrie joyeusement Lison. Il est juste à ma taille! Et quand Noël sera passé, nous irons le replanter dans la forêt et nous viendrons lui rendre visite tous les samedis. Je crois que nous sommes devenus de vrais amis.

Le petit sapin a tout entendu : il agite ses aiguilles de bonheur. Il se penche vers l’oreille de Lison, et murmure doucement :

– Je t’aime de tout mon cœur.

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Claire Le Grand
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Le français a ses règles (2 de 13)

Comment améliorer son français écrit… Voici le deuxième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.

Les trésors de la forêt

Margot passe les vacances de Noël chez ses grands-parents, à la campagne. Ses parents et ses frères et sœurs n’arriveront que le 24 décembre.

– Pfff! c’est long d’attendre, soupire Margot.

Dehors, le froid glacial donne une couleur grise au ciel, tandis que dans la maison douillette, un grand poêle laisse planer une chaleur agréable.

Assis dans un fauteuil confortable, Grand-père s’est assoupi pour la sieste. Grand-mère, dans sa cuisine, prépare un gâteau au chocolat. Son odeur sucrée fait envie à Margot, mais il faut attendre demain pour le déguster!

– Grand-père, je ne sais pas quoi faire, murmure Margot à son oreille.

Grand-père, tiré de son sommeil, sursaute et grommelle quelques mots :

– Lis un livre en attendant que Grand-mère ait fini.

Mais Margot n’a pas envie de lire. Elle secoue son grand-père gentiment.

– Allez, Grand-père, tu m’as promis une promenade.

– Bon d’accord, marmonne Grand-père en se levant, emmitoufle-toi bien et va demander un sécateur à Grand-mère.

Margot enroule autour de son nez son écharpe douce, enfile son manteau épais et ses moufles en laine. Son bonnet lui cache bien les oreilles.

– En route vers les bois, dit Grand-père. Nous allons préparer une surprise à tes parents.

Dans la forêt, seuls les sapins ont gardé leur feuillage. Grand-père choisit le plus vert et le plus fourni d’entre eux et en coupe quelques branches avec le sécateur. Margot s’approche d’un petit buisson vert et brillant aux petites boules rouges.

– Je sais ce que c’est, dit-elle fièrement. Du houx! ça pique.

– Oui, répond Grand-père, et on va en couper quelques branches en faisant bien attention.

Margot se demande bien ce que Grand-père a dans la tête : la maison est déjà décorée d’un magnifique sapin de Noël avec des guirlandes argent et or.

– Rentrons maintenant, dit Grand-père. Il va bientôt neiger et nous avons du travail.

Sur la table, Grand-père étale les branchages, prend de la ficelle et des rubans rouges, du carton et des crayons de couleur :

– Nous allons faire une couronne de bienvenue! Je vais lier entre elles les branches de sapin en une forme ronde, comme un soleil. À toi, ensuite, d’y piquer le houx, des pommes de pin, et de la décorer avec des rubans, des boules et des étoiles que tu auras fabriquées.

L’après-midi passe vite pour Margot… Peu à peu, la couronne de bienvenue s’embellit des couleurs de Noël.

– Il est temps de l’accrocher sur la porte en signe d’amitié pour nos invités de Noël, déclare Grand-père.

Alors Margot, de sa plus belle écriture, trace quelques lettres dorées sur un carton :

« Bienvenue à tous! »

– Et que Noël entre dans toutes les maisons! rajoutent d’une même voix Grand-père et Grand-mère.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

La subtilité des marques de commerce

Derrière chaque logo d’une marque de commerce, se cache un message. Une subtilité qu’on découvre à l’observer. Je vous en présente 7 qui vous révéleront leur subtilité propre.

Vous voyez la flèche entre le « E » et le « x » (en blanc)? Elle est bien présente.

Le 2e et le 3e « T » sont deux personnes qui partagent une tortilla et un bol de sauce.

Le « R » de Tour est un cycliste. Le cercle jaune est la roue avant et le « O » est la roue arrière.

La flèche signifie qu’Amazon a tout, de « a à z ».

Il y a un ours qui danse au-dessus du « ble ». Toblerone est fabriqué à Berne en Suisse dont l’emblème est un ours.

Vous voyez le « 31 » dans « BR »? Pour 31 parfums délicieux.

Vous voyez le gorille et la lionne face à face (en blanc)?

Vous voilà érudit en matière de logos.

Le chevalier au grand cœur

Il était une fois un beau chevalier, un ours en peluche et une poupée de chiffon qui habitaient chez un marchand de jouets. Monté sur son cheval, le chevalier brandissait un drapeau, comme s’il partait à la guerre! Il était fier, et parlait peu à sa voisine, la poupée qui somnolait toute la journée.

L’ours était le plus vieux jouet de la boutique. Il était arrivé ici bien avant tout le monde et il savait tout, ou presque! Un jour, il annonça d’une voix forte :

– Ce soir, grande toilette pour tout le monde! Demain c’est Noël!

– Noël?

La plupart de ses compagnons n’avaient jamais entendu ce mot-là! Et tous les jouets voulaient en savoir plus! Pour une fois, la poupée était réveillée et c’est elle qui dit de sa toute petite voix :

– Noël, c’est la fête! C’est un jour extraordinaire où chacun veut faire plaisir aux autres pour leur montrer qu’il les aime. C’est pour cela que les enfants reçoivent de jolis jouets comme nous en cadeau.

Les jouets, tout étonnés, commencèrent à bavarder. Mais…

– Taisez-vous, quelqu’un arrive! dit brusquement l’ours en peluche.

Le chevalier sursauta : une main venait d’attraper l’ours!

– Adieu mes amis! souffla celui-ci en partant.

Le chevalier se demandait si, lui aussi, il serait pris pour être offert en cadeau. Il serait tellement fier d’être choisi pour faire plaisir à un enfant! À ce moment-là, il entendit la poupée de chiffon pleurer doucement à côté de lui :

– Moi, disait-elle, personne ne me remarquera jamais… Pourtant, j’aimerais tellement faire des câlins à un bébé…

De nouveau, une main s’approcha, et une voix demanda :

– Crois-tu que ce chevalier ferait plaisir à Baptiste?

Le chevalier senti son cœur battre de bonheur. Mais il se souvint aussi de sa pauvre voisine, la poupée de chiffon. Alors il essaya de se reculer, pour lui laisser plus de place.

– Très bien, dit alors la voix d’une maman. Et pour notre petite Noëmi?

– Oh, regarde! à côté du chevalier, il y a une jolie poupée! Elle a un sourire de fée, et elle est si douce… C’est parfait pour un bébé, prends-la donc!

Quand le chevalier vit le sourire qui illuminait le visage de la poupée, il se sentit très fier et très heureux. Vraiment, Noël était un jour extraordinaire!

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Chantal Cazin
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Berné par des médecins

Inadmissible, indécent, incompréhensible, inacceptable et scandaleux, tels sont les qualificatifs employés pour décrire l’arnaque des médecins envers les CONtribuables du Québec; leur prime pour ne pas être en retard au travail. La population est unanime pour la dénoncer haut et fort. Personne, aucun travailleur, ne possède une telle prime au Québec. C’est même le contraire puisqu’un employé en retard fait face à des sanctions.

Les anesthésiologistes en bénéficient depuis 2008, alors que ceux-ci sont sous le seuil de la pauvreté avec une rémunération annuelle moyenne de 490 000$ chacun. Les chirurgiens ont aussi leur part du gâteau en ayant une prime de 105$ pour ne pas être en retard en salle d’opération. Comme si ce n’était pas assez, on leur alloue 21$ le quart d’heure, si leur présence en salle dépasse 15h00 l’après-midi jusqu’à 19h00, pour une surprime supplémentaire possible de 336$. Si ce n’est pas écœurant, je me demande bien quel qualificatif est plus éloquent. Le coût de l’opération depuis ce temps est de 41 millions de dollars, pris DANS NOS POCHES! Et les abus sont fréquents et sans aucun contrôle.

Et qui avait négocié cette indécente prime : les sbires Barrette et Bolduc eux-mêmes en 2010; dégueulasse! Barrette le démagogue est rendu de l’autre côté de la clôture, Bolduc a fourré le système il n’y a pas si longtemps en haussant son nombre de patients pour toucher un gros magot et Couillon, excusez Couillard, ne dit mot et approuve. Mais la pire déclaration vient de Gaétan Barrette lui-même, qui se dit scandalisé par cette arnaque des médecins. Non mais faut-il nous prendre pour des imbéciles pour faire une déclaration mesquine de la sorte? Il mériterait d’être démis de ses fonctions sur le champ. J’espère qu’au prochaines élections provinciales, les CONtribuables vont lui botter le cul pour le sortir de l’assemblée nationale.

L’autre risée de cette « fraude légale » est l’affirmation du président de l’association des anesthésiologistes Jean-François Courval, qui dit, sourire en coin, que cette prime se veut incitative. Frappez-moi quelqu’un!

La vérité de ces primes est que la hausse des chirurgies n’est que d’un insignifiant 1%, entre 2012 et 2017. Malgré cela, plus de 2000 patients attendent toujours depuis une année, pour être opérés. C’est ça que le gouvernement fait avec NOTRE fric; le gaspiller sans compter et le dilapider envers les plus choyés de la société. Une aberration pour ce gouvernement qui dit se soucier de notre économie. Il est là uniquement pour se faire réélire, point à la ligne. Le reste n’est que magouille et tergiversation.

La crèche patatras!

Le dernier dimanche avant Noël, toute la famille fait la crèche chez Théo et Léa. Cela se passe toujours comme ça depuis que leur mamie est toute petite et, sûrement, depuis plus longtemps encore! Avec papa, Léa descend à la cave chercher la boîte qui contient le papier rocher, les santons et l’étable en bois.

Tout est sorti sur la table basse du salon, quand Théo s’emmêle les pieds et… patatras! les santons volent, le papier rocher se déchire! Papa et Léa crient :

– Attention Théo!

Mais, il est trop tard, les santons sont cassés en mille morceaux. Léa est furieuse :

– La crèche est fichue, et c’est à cause de toi! Regarde papa! Joseph a perdu ses jambes! Et l’âne n’a plus d’oreilles! Même le petit Jésus est cassé!

Léa se met à pleurer.

Papa prend ses deux enfants sur ses genoux et il réfléchit tout haut :

– Crois-tu Léa, que tu saurais refaire de la pâte à sel comme pour la fête des Mères?

– Bien sûr! répond Léa, qui retrouve soudain le sourire.

– Alors nous pourrions fabriquer un nouveau Joseph, un petit Jésus et un âne, qu’en dis-tu?

À ce moment-là Maman arrive, les bras chargés d’un grand carton :

– Regardez ce que j’ai retrouvé, tous vos trésors de l’été…

– Mes galets! s’écrie Léa tout heureuse.

– Mes bouts de bois! Nos bocaux remplis de sable! continue Théo.

– Avec toutes ces merveilles, dit Maman, nous pourrions construire une nouvelle crèche!

En quelques minutes, la cuisine devient un véritable atelier. Léa pétrit la pâte à sel. Sous ses doigts apparaissent Joseph, puis l’âne avec ses grandes oreilles. Léa s’applique pour faire l’enfant Jésus : c’est fragile un bébé! Théo, lui, installe tous ses galets pour faire un vrai décor, Maman étale le sable avec précaution et dépose de la mousse du jardin tout autour. Il ne manque plus que les santons tout neufs! Quelle merveille! Cette année, la crèche est vraiment superbe!

– Et chaque soir jusqu’à Noël, dit maman, nous allumerons une bougie pour l’illuminer.

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Myriam Mollier
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Trois gouttes de lumière…

Le bonheur…

Il est important de rendre quelqu’un heureux, en commençant par soi-même.

Faire ce qu’on aime, c’est la liberté. Aimer ce qu’on fait, c’est le bonheur.

Chaque geste que je pose pour améliorer ma vie est une part de bonheur que je me donne et pour lequel je ne serai redevable à personne.

On croit souvent que le bonheur est pour demain. Mais s’il est possible demain, il l’est également aujourd’hui.

Tu ne trouveras pas ton bonheur en exploitant ton passé mais en réalisant qu’il t’appartient de créer l’avenir comme bon te semble.

Le bonheur n’a pas d’unité de mesure. Aussi, il ne sert à rien de se comparer aux autres.

Le bonheur c’est comme se laisser glisser sur une longue pente enneigée. Le chagrin, c’est de remonter la même pente à pied.

Plusieurs personnes manquent leur part de bonheur, non parce qu’elles ne l’ont pas trouvée mais parce qu’elles ne s’arrêtent pas pour en profiter.

Le bonheur, c’est un oiseau qui s’enfuit quand on veut l’attraper mais qui se pose sur notre main quand on l’attend calmement.

Certains courent après le bonheur, d’autres le créent.

Quand on essaie d’apporter du bonheur aux autres, on ne peut l’empêcher de l’attirer vers nous également.

Les gens les plus heureux au monde ne sont pas ceux qui n’ont aucun problème mais ceux qui apprennent à vivre avec des choses qui sont loin d’être parfaites.

Le bonheur n’a pas de date d’expiration.

N’importe qui peut te faire sourire mais seules certaines personnes peuvent te rendre heureux.

Chaque moment difficile est un rappel d’apprécier chaque moment de bonheur que tu as reçu.

Je suis heureux. Ça ne veut pas dire que j’ai trouvé la perfection, mais que je vois enfin au-delà des défauts.

Le bonheur c’est de vivre chaque jour comme si c’était le premier jour de ta lune de miel et le dernier jour de tes vacances.

Le bonheur est l’endroit qui se trouve entre trop peu et beaucoup trop.

Être heureux ne veut pas dire que tout est parfait; ça signifie qu’on ne tient pas compte des imperfections.

Une des plus belles choses de la vie est de réaliser que tu es parfaitement heureux sans les choses dont tu pensais avoir le plus besoin.

Personne n’est responsable de ton bonheur, sauf toi.

La surprise de saint Nicolas

Ce soir, le vent souffle en longues rafales d’air glacé. Courbés en avant, pour mieux se protéger du vent, Jeanne et Thomas vont chercher du bois pour la cheminée. Soudain, Jeanne s’arrête et demande à son grand frère :

– Tu penses qu’il va passer cette année?

– Saint Nicolas? Mais il n’existe pas! rétorque le grand garçon. Ce sont des histoires de bébé!

– Mais si, il existe! Il a ressuscité trois petits enfants qui s’étaient perdus dans la forêt et qu’un boucher avait enfermés dans son saloir pendant sept ans! raconte Jeanne.

– Ce sont des contes pour les petits comme toi! répond Thomas. Allez, en avant maintenant!

– Eh bien, moi j’y crois! répond Jeanne d’un air buté. Et le père Fouettard, il existe, lui?

– Mais non! c’est une histoire pour nous faire peur! De toutes les façons, le père Fouettard vient pour les enfants désobéissants! Nous, on est toujours sages!

Peu à peu, la lumière du jour baise et bientôt la nuit s’installe. Au loin, les arbres noirs de la forêt dessinent des formes inquiétantes. En traversant le grand bois sombre, Jeanne serre la main de son grand frère. Soudain, derrière un buisson, elle aperçoit une espèce de grand bonhomme qui brandit un bâton menaçant. Jeanne pousse un cri et se cache derrière Thomas. L’ombre s’immobilise, semble écouter, puis s’éloigne en dressant un poing inquiétant…

– Tu penses que c’est le père Fouettard? demande Thomas tremblant de peur.

– Oui! Tu vois bien qu’il existe! dit Jeanne en claquant des dents.

Thomas attrape la main de Jeanne et vite ils courent dans la neige.

– Saint Nicolas, saint Nicolas, crie Thomas, vient nous protéger!

Au loin, une lumière brille dans la nuit. C’est la maison! Tout à coup, Thomas s’arrête net : une silhouette majestueuse approche.

– Regarde! s’écrie Jeanne, c’est saint Nicolas avec son âne!

Jeanne et Thomas n’osent plus bouger, ils sont éblouis par l’éclat lumineux du manteau en fil d’or que porte le grand saint.

– J’espère que maman a pensé au verre de lait et aux carottes pour l’âne! dit Thomas.

Lentement, le grand personnage de lumière s’éloigne dans la nuit. Les enfants s’approchent doucement de la maison et, sur le pas de leur porte, ils découvrent, oh! merveille, des sucres d’orge et des oranges que le bon saint Nicolas a déposés pour les enfants sages.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Stéphane Couillerot
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012