Est-ce que les anglophones sont vraiment menacés au Québec?

Ça fait longtemps que les anglophones répètent sans cesse que le français menace leur culture. Cette attitude est bien ancrée dans cette communauté et c’est plutôt le contraire… avec l’aide et la bénédiction du gouvernement provincial actuel qui se produit.

Denise Bombardier y allait d’un article intéressant, publié dans les pages du Journal de Montréal du 9 décembre dernier, qui expose très bien le problème. Je partage aujourd’hui avec vous, ce bijou de texte. Bonne lecture.

Les Anglos-Québécois, des victimes?

La communauté anglophone du Québec a maintenant sa protectrice en la personne de Kathleen Weil, nommée depuis le remaniement ministériel de mai dernier responsable du nouveau secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise.

Avec une émotion toute maternelle, la ministre Weil s’inquiète du fait que les Anglos ne ressentent pas un fort sentiment d’appartenance à la société québécoise.

L’on comprend sans explication qu’à un an des élections, le PLQ bichonne les Anglos qui depuis la nuit des temps votent massivement pour les rouges. Devant l’abandon accentué du vote francophone constaté dans les sondages, aucun électeur anglophone ne doit leur échapper.

La réaction de nombre d’anglophones en colère quant à la motion de l’Assemblée nationale sur l’accueil des clients dans les magasins avec un « bonjour! » bien affirmé sans « hi! » à la fin est non seulement indécente, mais elle en dit long sur l’état d’esprit de la minorité anglophone la plus protégée du monde.

DÉCHAÎNEMENT

Dans les médias anglophones, des Anglos se sont déchaînés. Ils se décrivent comme des victimes de la majorité francophone, qu’ils hésitent à peine à qualifier d’exploiteuse à leur endroit.

Or, le malaise qu’ils éprouvent à vivre au Québec démontre bien l’idée qu’ils se font des Québécois de souche. D’ailleurs, dès que la majorité québécoise se revendique de la loi 101, les Québécois de souche anglaise se souviennent – c’est peu de le dire – du temps béni où ils ne pouvaient douter qu’ils étaient nos maîtres. La nostalgie reprend alors ses droits et une proportion étonnamment élevée d’anglophones se replie sur elle-même.

Les anglophones – faut-il le rappeler? – ont contribué grandement au progrès et à l’enrichissement du Québec. Nombre d’institutions ont été créées par des Écossais, des Irlandais et des Anglais. Des banques, l’Université McGill, Concordia et des hôpitaux font partie de notre héritage collectif.

Mais après la victoire du PQ en 1976, près de 100 000 Anglos ont quitté le Québec. Pour la petite anecdote, j’ai acheté alors à un prix imbattable une maison appartenant à un universitaire de McGill, qui a préféré quitter la prestigieuse institution pour s’installer à Kingston en Ontario. Lors de la décolonisation en Afrique, les Blancs fuyaient aussi leurs belles demeures que des Noirs rachetaient. Cela s’appelle le transfert de bourgeoisie.

ÉLECTORALISME

Pour parler franchement, il est douloureux de voir les réactions de la minorité anglaise. Et il est aussi choquant et triste de constater les manœuvres électoralistes du PLQ envers la communauté anglophone.

Ils ne sont pas nombreux les Anglos-Québécois qui s’inquiètent de l’érosion progressive de la langue française dans l’espace public. À croire qu’ils se réjouissent secrètement de l’inéluctable victoire de la démographie.

Le Québec officiellement français est en perte de vitesse. Le bilinguisme impose sa loi dans l’espace public à Montréal et dans la langue truffée d’anglicismes des jeunes francophones.

Et, de grâce, que le gouvernement nous épargne ses « inquiétudes » et mette en veilleuse ses projets de protéger les « victimes » que sont censés être les anglophones du Québec plongés dans le ressentiment historique.

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