Notre seconde journée sur la route a bien débuté et nous quittions l’hôtel vers 7h10 sous un ciel nuageux mais sans la présence de Sandy, la tempête annoncée. Je ne sais pas ce que la météo en dit au Québec, mais ici, c’est le sujet de l’heure, dépassant même les élections présidentielles. La bonne nouvelle est qu’on se dirige dans le sens contraire alors, peut-être qu’on en sentira quelque peu les effets. On s’en reparle.
Le nord-est des États Unis ressemble un peu au Québec, en ce sens qu’on a l’impression qu’ils sont à refaire leur réseau routier. Sur l’Interstate 81 cet après-midi, on a perdu une peu plus d’une heure, pare-choc à pare-choc quand ce n’était pas complètement arrêté au point d’arrêter le moteur. L’enfer! Et les conducteurs américains sont aussi impatients que nous. Ils empruntent des voies fermées pour mieux essayer de se faufiler dans la file. Il y a toujours un bon samaritain qui cède sa place sans maugréer. Il faut dire qu’au chapitre de la courtoisie, ils sont une grosse coche au-dessus de nous.
Le reste du déplacement s’est poursuivi sans problème et des carcasses de chevreuil jonchent encore les accotements. Elle sont laissées aux charognards qui s’en font un festin de choix. Pas beau à voir mais c’est la triste conséquence des bêtes qui osent s’aventurer sur les autoroutes. Les chances de survie sont à peu près nulles.
Comme hier, 21h30 c’est notre heure de couvre-feu. Pour se loger à prix plus modique, notre choix s’est porté sur l’Econo Lodge de Fredericksburg, d’où je pond cet article. 45$ la nuit, tout un contraste avec hier. Croyez-moi, la maxime on en a toujours pour l’argent qu’on débourse, est on ne peu plus véridique. Ça fait dur; tapis sale, murs défraîchis, douche qui pisse partout, télé qui fonctionne comme un mal de ventre et pour finir, des carcasse de petite bibites volantes laissées sur le plancher. Pas une tonne, mais quelques-unes, preuve que l’aspirateur a manqué son coup. Par contre la literie est propre. Deux mondes complètements différents.
Je sais, vous vous demandez pourquoi nous n’avons pas exiger de changer de chambre. Et bien on était fourbus et on n’avait pas de temps à perdre pour magasiner, On voulait seulement dormir quelques heures et crisser notre camp, en bon québécois, demain matin, 6h30. Il est barré sur la liste. La photo de cet article n’est pas un reflet de la réalité et prenez-en bonne note; Econo Lodge, Interstate 95, sortie 126 en Virginie… À ÉVITER!
Comme prévu à l’horaire c’est à 18h40 que le départ a été donné. Chemin faisant vers le poste frontalier, on se remémore plein de chose. On passe en revue nos papiers pour s’assurer qu’on a rien oublié. Année après année c’est toujours la même chose et c’est avec un brin de nervosité incontrôlable qu’on s’exprime avec Monsieur l’agent et ce, même si on n’a rien à cacher et que la Commission Charbonneau ne s’intéresse pas à nous. Un face à face entre l’agent et le visiteur. Et bien, ça c’est vraiment bien déroulé. En quelques secondes, tout était dit et le gentil monsieur, que tout le monde craint, nous esquisse un sourire en nous remettant nos papiers. La tension tombe d’un trait.
À 21h30, nous franchissions la porte de notre chambre, au Holiday Inn de Lake George. 129$ la nuit! C’est le prix à payer dans la région, pour la qualité et surtout la propreté. Comme tout bon touriste, on allume le téléviseur en premier pour syntoniser la météo. Horreur! L’ouragan Sandy qui fait présentement rage à Cuba, frôlera la côte est de la Floride demain pour se diriger vers le nord-est dans l’Atlantique, laissant des pluies torrentielles avec de forts vents. Mais le pire est à venir lundi ou mardi prochain, alors qu’elle bifurquera vers les terres pour frapper violemment l’état de New York ainsi que le New Jersey. Ici, on surnomme le phénomène La Tempête sans précédent, un mélange d’ouragan et de tempête tropicale, accompagnés de vents avoisinant les 130 km/h. Selon les météorologues, ce ne sera pas du joli et on spécule même sur la possibilité que les métros soient inondés.
Pour nous, on devrait l’éviter puisqu’au moment où nous traverserons les états de l’est, Sandy se sera éloignée vers l’extrême est laissant cependant ses forts vents et rafales. Lorsqu’elle reviendra frapper les terres du nord-est, nous serons déjà arrivés à destination. Mais j’ai une pensée pour l’ami Mario qui doit quitter le Québec dimanche matin ou lundi. S’il lit ces lignes, qu’il soit vigilant s’il décide de prendre la route quand même sinon, qu’il retarde d’un jour ou deux. Tiens, je vais lui envoyer un courriel.
Alors, à demain pour la suite. On quitte vers 7 heures.
Plus que quelques heures et nous serons sur la route du Sud. Ici au camping, c’est la désolation. Tous les bâtiments sont placardés et les travaux d’hivérisation tirent à leurs fins. Nous sommes parmi la brochette de saisonniers qui tient encore le fort, mais pas pour très longtemps encore.
Mais avant de sillonner les autoroutes américaines, il faut bien que la vie continue et aujourd’hui, la journée a été passablement occupée. Toutes nos affaires meublent présentement le centre du salon, avant de trouver refuge dans la remorque demain matin. On a fait le tour de la caravane pour ne rien laisser de périssable ou, à tout le moins, sujet à geler.
En soirée, nous sommes allés rencontrer les nouveaux propriétaires de notre ancienne maison, pour répondre à quelques-unes de leurs interrogations; fonctionnement du système d’alarme, distribution des clés, travaux d’hivérisation pour l’arrosage et les végétaux bref, le quotidien qu’ils doivent connaître. Ce sont des dominicains charmants et sympathiques qui commencent déjà à s’installer.
Profitant de notre passage, nous nous sommes arrêtés chez nos voisins des quinze dernières années, Diane et Claudio, pour leur exprimer notre reconnaissance et les remercier pour leur bon voisinage. Une excellente façon de quitter sur une bonne note envers ces voisins agréables que nous avons appris à connaître au fil des ans. Nous les avons invité au camping, l’été prochain, On se paiera une bonne bouffe avec quelques bouteilles de vin… italien, bien sûr.
Demain, dès le réveil, ce sera le petit déjeuner et la fébrilité des derniers préparatifs, sans oublier d’hivériser l’unité. Nous terminerons l’après-midi avec notre fils Pascal et notre petite-fille Audrey-Anne, autour d’une bonne table, au restaurant. Pierre-Olivier n’y sera pas, puisqu’il a un rendez-vous galant avec sa blonde, pour une danse à l’école qu’il fréquente. Imaginez, presque neuf ans et déjà son cœur est en pamoison devant sa belle. Je comprends bien que le choix était facile à faire entre la danse et le resto avec grand-papa et grand-maman. Tu es pardonné P.O.
En début de soirée. comme les oies blanches, cap au sud avec un premier dodo au Lake George, en pays amerloque. Vous êtes au bon endroit pour suivre nos péripéties hivernales, en direct du pays des gougounes.
Pour faire suite à mon article d’hier sur la Commission Charbonneau, je suis tombé sur un article de Nathalie Elgrably-Levy, Économiste sénior à l’Institut économique de Montréal, en page 25, de l’édition du 18 octobre dernier du Journal de Montréal. Un article intéressant qui apporte des solutions qui m’apparaissent excellentes, afin de lutter contre la corruption dans la construction au Québec. Elle proposait ce qui suit au législateur;
Par exemple, il pourrait imposer une certaine rotation des fonctionnaires en position de pouvoir afin qu’ils n’aient pas le temps de tisser des liens avec des entrepreneurs. Il pourrait également exiger qu’aucun fonctionnaire ne puisse prendre de décisions importantes sans l’approbation d’une seconde personne qui lui serait affectée chaque fois de manière aléatoire.
Comme la corruption résulte du pouvoir discrétionnaire, ce n’est qu’en restreignant ce dernier qu’on pourra assainir l’environnement d’affaires. Mais ces mesures n’intéressent pas nos élus. Ils préfèrent feindre l’indignation et nous servir des déclarations ronflantes quant aux mesures qu’ils envisagent : accroître l’imputabilité du secteur privé, créer un registre des entreprises coupables de corruption, enquêter sur les entreprises qui soumissionnent pour des contrats publics afin d’écarter celles dont la probité laisse à désirer, etc. Ils veulent agir, disent-ils. Dans ce cas, pourquoi ne commencent-ils pas par s’assurer de l’application rigoureuse des articles 121 à 123 du Code criminel relativement à la corruption de fonctionnaires? Voilà une initiative qui serait intéressante, surtout que la loi vise autant le corrupteur que le corrompu!
Je partage entièrement cette opinion et je souhaite que notre gouvernement en tienne compte, lorsque le temps sera venu de donner suite au rapport final de cette commission. Pour ceux que ça intéresse, je vous invite à suivre ce lien L’illusion de l’action pour lire l’article dans son intégralité.
Aujourd’hui, j’aurais plein de choses à écrire. Je suis en retard de trois jours dans mes lectures et la pluie fait en sorte que je peux m’y mettre. Qu’à cela ne tienne, j’y vais.
CHSLD
On apprend que plusieurs CHSLD sont insalubres. Ça vous surprend? Pas moi! Il suffit d’aller y faire un tour une seule fois, pour se rendre compte de l’indifférence totale dans laquelle nos aînés sont traités. Les mots qui me viennent à l’esprit sont; respect, dignité, compassion, empathie et propreté. Jadis, on chialait fort contre les religieuses mais leur dévouement et leur travail n’ont jamais été égalé. Je fais le même parallèle avec nos hôpitaux qui sont crasseux.
FRANCAIS
Je suis un téléspectateur assidu de la série télévisée Ça va chauffer et lors de la dernière émission, j’ai été déçu. Les concurrents ont baptisé leur restaurant d’un soir, Backstage. Plus français que ça, tu meurs! Le pire, c’est que les juges leur ont attribué, dans la plus totale indifférence, la note parfaite de 5 sur 5 pour l’ambiance de leur restaurant. Moi, pour cette seule raison, j’aurais donné un 4. L’arrière scène aurais été tout aussi attrayant ne trouvez-vous pas? Écoutez nos artistes ils ne parlent jamais de spectacle, mais de show. C’est là tout le problème. On s’en fout royalement et ça passe comme une lettre à la poste, sauf pour moi… Mais moi, je fais partie des dinosaures en voie d’extinction. Encore un petit pas vers l’assimilation.
CONGESTION
Hier matin, j’ai dû m’aventurer sur le réseau routier en pleine heure de pointe. Toute une escapade au pouce à pouce. Il faut être maso, pour se payer pareille overdose de gaz à effet de serre chaque matin. Mais en observant bien, ça demeure un problème de fluidité et les responsables sont nos brillants «gnégneures», qui tracent des entonnoirs en guise de routes. Je ne peux comprendre que soudainement, ou dans une très courte distance, quatre bretelles se jettent sur deux voies. C’est brillants penseurs n’ont pas encore imaginé des embranchements larges, puis diminuer graduellement le nombre de voies de circulation sur quatre ou cinq kilomètres, suivant l’entonnoir. Trop simple! Ils devraient prendre exemple chez nos voisins du sud avec leur système d’Interstates. Un modèle logique à suivre.
COMMISSION CHARBONNEAU
La Commission Charbonneau vous intéresse? Moi beaucoup! Et d’une journée à l’autre, je n’en reviens tout simplement pas comment les décideurs sont corrompus. Certes, on savait qu’il se passait quelque chose, mais étalé comme ça au grand jour, c’est assez saisissant. Imaginez tout cet argent qu’on débourse et que d’autres s’en mettent plein les poches depuis plus de vingt ans. S’ils sont capables de gonfler les prix sans aucune pudeur, il ne faut qu’un pas pour douter de la qualité des travaux. Seulement sur les routes, il n’est pas rare de voir apparaître, après à peine quelques années, des ornières sur les voies de circulation. Que dire aussi des ponts, viaducs et infrastructures qui ne se rendent jamais à la fin de leur cycle de vie normale, qui tombent et se détériorent inexplicablement. C’est une téléréalité qui nous frappe en plein visage et qui vaut la peine qu’on s’y intéresse. Des têtes vont tomber et ne s’en remettront pas, je l’espère.
Étant maintenant caravaniers à plein temps et à mesure que l’automne s’installe en prélude à l’hiver, on voit notre camping prendre ses airs de village abandonné. Dans quelques jours nous quitterons à notre tour, comme des oiseaux migrateurs, vers des cieux plus cléments, où l’été s’étire à longueur d’année.
Le personnel s’affaire à tout ranger. Les arbres morts sont abattus, puis brûlés dans un immense trou fraîchement creusé pour l’occasion. Les sites se vident de leurs véhicules récréatifs, laissant les vestiges d’une belle saison, s’endormir lentement comme pour hiberner. C’est, pour ainsi dire, la toute première fois que nous assistons à ce spectacle qui amène au calme. Il fait plus froid et Louise se charge de conserver l’unité bien au chaud.
Les panneaux indicateurs sont enlevés, laissant pantois les squelettes de leurs armatures, pendant que les saisonniers couvrent les gazébos et les objets qui devront affronter l’hiver, comme pour les protéger des grands froids. Autre signe des temps, le poste d’accueil affiche FERMÉ très tôt en début de soirée. Les visiteurs se font rares et en se promenant aux alentours on y voit de plus en plus loin par temps clair. Le vent glacial fouette un peu, puis prend une pause pour l’été indien de la mi-octobre. Demain ce sera la dernière tonte et le dépouillement de nos ornements de jardin sous un chaud 18° Celcius… Paroles de météorologues.
Je ne suis pas nostalgique parce que l’été a été magnifique au point de mériter le repos qui est maintenant sien, mais c’est la première fois qu’on fait partie des acteurs de ce tableau où les grenouilles et criquets sont partis les premiers. La nature est ainsi faite mais le plus beau de l’histoire est que le printemps la ressuscitera dans toute sa splendeur et le cycle reprendra.
Je dois dire que Louise et moi, même si le froid n’est pas sa tasse de thé, sommes toujours emballés par le choix de vie que nous avons adopté. C’était une décision sagement mûrie et j’en suis plus que satisfait. Au fond de moi-même je sens le renouveau, une nouvelle façon de voir la vie et surtout, de prendre le temps de l’apprécier. Quoi de mieux que vivre en pleine nature, au rythme rural de la campagne et à quelques tous petits kilomètres de la ville. C’est définitivement fait pour nous maintenant et l’automne de notre vie s’annonce serein et calme. C’est sans contredit, le plus beau moment de ma vie de caravanier. Le jour où il faudra nous arrêter, ils restera de merveilleux souvenirs et on pourra toujours dire que nous sommes allés au bout de nos rêves. Il sera alors temps de s’en créer d’autres.
Les années passent sans qu’elles n’effacent les douloureux souvenirs. Ce 13 octobre est toujours présent dans ma mémoire et je prends le temps d’avoir une pensée pour vous, belle-maman.
Aussi longtemps que le cœur se souvient, les souvenirs ne meurent pas. Continuez de veiller sur nous et de guider chacun de nos pas. Ceux qui nous sont chers revivent dans nos mémoires.
Je ne sais pas si vous connaissiez Doris Lussier (1918-1993), alias le Père Gédéon, mais en plus d’être un humoriste typiquement québécois, c’était un excellent écrivain. En feuilletant quelques textes que je conserve pour vous en faire bénéficier, j’ai trouvé celui-ci qui, sorti de sa plume depuis longtemps, compare la vie à un tricot. Une sorte de prière. Je le partage avec vous, pour un moment de réflexion.
La vie, c’est comme un tricot.
Dieu te donne la laine et les aiguilles et Il te dit :
– Tricote de ton mieux, une maille à la fois!
Une maille, c’est une journée sur l’aiguille du temps. Tu montes 30 ou 31 mailles. Après douze rangs de tricot, tu as 365 mailles.
Quelques-unes sont tricotées à l’endroit, d’autres à l’envers. Il y a aussi des mailles échappées, mais tu peux les reprendre. Tu as peut-être déjà plus de 1 500 mailles et 500 rangs de tricotés! Mais Dieu seul sait, quelle sera la longueur de ta vie!
La laine que le Seigneur te donne pour tricoter ta vie, est de toutes les couleurs :
Rose comme tes joies;
Noire comme tes peines;
Grise comme tes doutes;
Verte comme tes espérances;
Rouge comme tes amours et tes amitiés;
Bleue comme tes désirs;
Blanche comme ton don total au Dieu que tu aimes!
Père, donne-moi le courage de terminer mon tricot, afin qu’un jour, devant mes frères et sœurs, je te l’offre avec toute ma joie.
Dans un monde idéal, on devrait retrouver l’Internet partout. À ce chapitre, les terrains de camping du Québec font, en général, piètre figure et on doit souvent se rabattre sur des réseaux faibles, de très courtes portées, défaillants fréquemment. Sans compter les exploitants qui osent facturer ce service honteusement.
Suite à mon article du 5 octobre dernier, jamais je n’ai réussi à bénéficier d’une connexion Internet et je vous fait grâce du téléphone cellulaire, dont le faible signal disparaissait sans prévenir. Les cellulaires et l’Internet sont essentiels dans notre monde de technologies et j’ai hâte que le Québec se mette à la page.
Alors que je suis de retour à mon port d’attache, voici la suite de notre escapade au pays des canneberges, que j’aurais dû vous livrer depuis samedi…
Vendredi matin, 5 octobre, le soleil est là et on voit arriver les dernier campeurs sur le site qui s’active allègrement. Pour plusieurs, c’est le temps des retrouvailles. Le temps est doux et après quelques courses au village, on prend le dîner chez Carole et Marcel avant de s’installer sous l’auvent.
En après-midi, le vent souffle en rafale pour nous rappeler que l’été est bel et bien terminé. On voit des gens emmitouflés dans leurs lainages, confortablement allongées sur leurs chaises, à profiter des quelques rayons de soleil qui réchauffent timidement.
Curieusement, aucun repas facultatif ou autre n’était offert aujourd’hui, alors pourquoi pas faire une petite visite en ville? Notre choix s’était porté vers les mets chinois, mais le restaurant ne répondant pas vraiment à nos attentes après l’avoir cherché en vain, c’est sur les conseils d’un pompiste du coin que nous nous sommes retrouvés au Buffet du Monde, un vaste restaurant qui, comme son nom l’indique, offre un buffet qui regorge de saveurs mondiales, tant asiatiques, méditerranéennes, qu’américaines. On s’est bien régalé!
En soirée et en présence des dignitaires de la Fédération, le président local et son comité organisateur décrétait solennellement l’ouverture officielle du rassemblement, précédé d’une amusante prestation du magicien Vincent C., qui en a déridé plus d’un, principalement en montrant ses belles petites fesses à l’assistance, pour le bon plaisir à peine voilé, de ces dames. Et pour terminer cette journée, quoi de mieux qu’un bon gros biscuit maison aux canneberges, accompagné d’un café bien chaud, avant de crouler sous l’édredon.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas en ce pays du Québec. Un samedi matin à ne pas sortir le chien dehors, tant il pleut. Plein d’activités devront être carrément annulées parce qu’il tombe des clous; visite de vergers, parties de pétanques et de golf et escapades extérieures, tout est à l’eau, c’est le cas de le dire. Au son des gouttes de pluie, je fais la lecture des journaux et je rédige ces lignes. Pour l’Internet, on oublie ça!
Durant l’après-midi, la pluie a cessé et quelques rayons ont réussi à percer la couche nuageuse. La vie reprend son cours sur le site et les associations régionales reçoivent leurs membres pour le traditionnel Temps des régions, autour d’un verre de vin, sous l’auvent d’un administrateur. C’est le moment choisi pour échanger et connaître les dernières nouvelles en provenance des associations.
Le temps se rafraîchit rapidement et le vent s’élève pendant le souper communautaire. Cinq cent personnes s’entassent dans la salle communautaire puis, l’humoriste François Massicotte y va de sa prestation en dent de scie et j’avais la nette impression qu’à certains moments, il improvisait carrément et ses punchs tombaient à plat. Probablement du rodage en vue d’un prochain one man show. Pendant que la disco se préparait à prendre la relève, plusieurs sont retournés à leur chaumière. Il faudra utiliser le chauffage parce que la nuit s’annonce froide avec ses cinq petits degrés Celsius.
Dimanche matin, dès 6h30, c’est le saut du lit pour se préparer au déjeuner facultatif servi à la salle communautaire à 7h30. C’est frisquet et humide et on peut entendre et observer les groupes d’outardes ou d’oies blanches, déployer leur chorégraphie en formation delta, vers des cieux plus cléments. C’est toujours avec admiration qu’on observe le phénomène qui est propre aux automnes et printemps.
Pour le déjeuner, une poignée de braves se sont déplacés alors que d’autres, confortablement bordés dans leur lit, faisaient la grasse matinée. Après tout, nous sommes en camping, donc relaxes. Œufs, saucisses, jambon, fèves au lard et rôties sont à l’honneur sans oublier le délicieux café servi bien chaud. Il n’en faut pas plus pour débuter cette quatrième journée du rassemblement du bon pied.
Quelques campeurs reprennent les activités de golf, pétanque et visites, annulés la veille, malgré le froid. Quant à nous, le confort de nos unités nous inspirait beaucoup plus et nous avons passé l’après-midi avec Carole et Marcel, à jaser de tout et de rien, mais bien au chaud, avec un petit café alcoolisé.
Dès 18 heures, un sublime porc braisé, avec ses accompagnements, faisait les délices des convives dans la grande salle et cette fois-ci, la logistique n’a pas fait défaut en réorganisant simplement les voies de circulation pour se rendre au buffet et y revenir.
Mais le clou de la soirée fut le spectacle Hommage à Charles Aznavour, interprété par Gaétan Bélanger, accompagné au piano par son bon ami Jean-Pierre Lambert. Un duo de qualité qui nous a ramené à la belle époque de la chanson française, avec des pièces choisies dans le prolifique répertoire du grand Aznavour. Deux rappels ont été nécessaires pour terminer le spectacle. Ce fut sans contredit, mon coup de cœur, côté divertissement.
Déjà le 8 octobre. Le soleil brille de tous ses feux, dans la fraicheur du matin, en ce jour de l’Action de Grâces. C’est la dernière journée d’une belle saison de camping pour les membres de la FQCC. Dès neuf heures, on s’active à remballer l’équipement pour préparer le départ, vidanger les réservoirs, puis nous nous rendons à la salle communautaire pour l’encan chinois, le dîner et les cérémonies de clôture, précédés des nombreux tirages de prix.
Prévue pour 14 heures, le démembrement a été devancé d’un précieux quart d’heure, qui a profité surtout à ceux et celles qui devaient parcourir une longue route pour rentrer chez-eux. Ce fut un beau rassemblement et les administrateurs de l’ARCC Centre du Québec/Estrie peuvent dire mission accomplie. Ils y ont mis toute leur énergie pour que les
caravaniers repartent satisfaits en se disant, à l’année prochaine. Merci également à nos amis Carole et Marcel, pour leur agréable compagnie.
Pour terminé sur une touche humoristique, la photo ci-contre, a été prise sur le pare-chocs avant d’une autocaravane lors de ce rassemblement… L’histoire ne dit pas si le monsieur est encore en couple, mais on l’a tout de même trouvée très drôle. Sans rancunes mesdames.
La belle région des bois-francs, réputée pour ses canneberges, est l’hôte cette année du rassemblement de fermeture de la Fédération Québécoise de Camping et Caravaning (FQCC) qui se tient au camping Domaine du lac cristal à Saint Rosaire, près de Victoriaville, toute cette grande fin de semaine. L’association régionale Centre du Québec/Estrie a hérité de l’organisation de l’événement et on peut bénéficier des installations du camping, en occupant des terrains offrant les trois services. À cette période de l’année, où les nuits sont très souvent fraîches, pour ne pas dire froides, c’est amplement apprécié.
Quoi qu’il en soit, c’est pour nous, un retour aux rassemblements puisque notre dernière sortie remontait à l’ouverture de la saison 2011 au camping du Lac des Pins. Comme le temps passe… Pour cette fin de saison, Carole et Marcel sont nos compagnons d’escapade et c’est à la halte routière du kilomètre 118 de l’autoroute Jean-Lesage, que nous nous sommes donnés rendez-vous hier, sous une bruine d’automne.
Après un arrêt au réputé et nouveau Madrid 2.0, histoire de prendre un repas bien mérité, nous arrivons à destination vers 13h30. L’accueil ne fait pas défaut et le comité de stationnement des véhicules récréatif à tôt fait de nous installer. C’est sous la flotte que ça se passe et je croise Hélène et Charles sous leurs parapluies pour faire un brin de causette.
Le camping, qui a clos sa saison à la Fête du travail, est spécialement ouvert pour l’occasion est nous disposons de la salle communautaire et de chapiteaux fraîchement montés pour nos activités. L’endroit est magnifique avec ses flamboyants coloris d’automne, pendant que la bruine s’impose pour nous montrer que la nature s’endort petit à petit pour faire place à l’hiver qui approche.
En soirée, Fred Perreault, un artiste local, y est allé des airs rétro pour animer le plancher de danse noir de monde. Des caravaniers, ça fête en grand et quelques notes d’une musique entraînante suffisent pour libérer les chaises et se branler le popotin, avant le dodo dans le calme absolu d’un terrain de camping endormi.
Depuis ce midi, notre maison est officiellement vendue. C’est autour d’une petite bouteille de mousseux que nous avons célébré l’événement, Louise et moi, en présence de notre super courtière immobilier, professionnelle et compétente jusqu’au bout des doigts. C’était son idée. Elle nous a dit qu’elle était tombée dedans, étant jeune (l’immobilier, pas le mousseux). La dernière étape pour définitivement tourner la page, sera de légaliser la vente devant notaire, d’ici deux ou trois semaines. Nous pourrons quitter pour nos quartiers d’hiver la conscience tranquille, comme nous l’espérions.
Je dois dire que l’expérience de ces cinq derniers mois, a été assez stressante. Nous en étions à notre deuxième transaction du genre et, depuis les amendements apportés au Code civil au fil des ans, c’est devenu beaucoup plus technique et complexe de vendre une propriété. Une trentaine de visites et deux promesses avortées plus loin, on peut enfin respirer plus à l’aise et se dire que c’est maintenant derrière nous. Le marché d’acheteurs, qui prévaut présentement, n’est pas étranger à toute cette aventure. Heureusement, tout est bien qui finit bien.
En fait, nous avions la promesse d’achat depuis le 18 septembre et ça devenait difficile de ne pas dévoiler notre secret auprès de nos parents et amis, qui nous questionnaient souvent pour connaître l’évolution du dossier. Cette fois, nous nous sommes bien gardés de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, déçus pas les deux derniers désistements. Plusieurs fois, j’ai bien failli m’échapper. Oh la la! Vous n’avez pas idée.
Après 34 années de «propriétariat», nous pourrons maintenant savourer pleinement notre projet longuement planifié, de vivre plusieurs années dans notre véhicule récréatif l’été au Québec, et dans notre nouvelle maison de parc en Floride durant les longs mois d’hiver. Fini la neige et le froid si pénible pour nos vieux os et la raideur de nos muscles d’athlètes. La maudite vie sale quoi…! Dès le 26 octobre.