Canneberge… Qu’on s’amuse.

La belle région des bois-francs, réputée pour ses canneberges, est l’hôte cette année du rassemblement de fermeture de la Fédération Québécoise de Camping et Caravaning (FQCC) qui se tient au camping Domaine du lac cristal à Saint Rosaire, près de Victoriaville, toute cette grande fin de semaine. L’association régionale Centre du Québec/Estrie a hérité de l’organisation de l’événement et on peut bénéficier des installations du camping, en occupant des terrains offrant les trois services. À cette période de l’année, où les nuits sont très souvent fraîches, pour ne pas dire froides, c’est amplement apprécié.

Quoi qu’il en soit, c’est pour nous, un retour aux rassemblements puisque notre dernière sortie remontait à l’ouverture de la saison 2011 au camping du Lac des Pins. Comme le temps passe… Pour cette fin de saison, Carole et Marcel sont nos compagnons d’escapade et c’est à la halte routière du kilomètre 118 de l’autoroute Jean-Lesage, que nous nous sommes donnés rendez-vous hier, sous une bruine d’automne.

Après un arrêt au réputé et nouveau Madrid 2.0, histoire de prendre un repas bien mérité, nous arrivons à destination vers 13h30. L’accueil ne fait pas défaut et le comité de stationnement des véhicules récréatif à tôt fait de nous installer. C’est sous la flotte que ça se passe et je croise Hélène et Charles sous leurs parapluies pour faire un brin de causette.

Le camping, qui a clos sa saison à la Fête du travail, est spécialement ouvert pour l’occasion est nous disposons de la salle communautaire et de chapiteaux fraîchement montés pour nos activités. L’endroit est magnifique avec ses flamboyants coloris d’automne, pendant que la bruine s’impose pour nous montrer que la nature s’endort petit à petit pour faire place à l’hiver qui approche.

En soirée, Fred Perreault, un artiste local, y est allé des airs rétro pour animer le plancher de danse noir de monde. Des caravaniers, ça fête en grand et quelques notes d’une musique entraînante suffisent pour libérer les chaises et se branler le popotin, avant le dodo dans le calme absolu d’un terrain de camping endormi.

Tourner la page

Depuis ce midi, notre maison est officiellement vendue. C’est autour d’une petite bouteille de mousseux que nous avons célébré l’événement, Louise et moi, en présence de notre super courtière immobilier, professionnelle et compétente jusqu’au bout des doigts. C’était son idée. Elle nous a dit qu’elle était tombée dedans, étant jeune (l’immobilier, pas le mousseux). La dernière étape pour définitivement tourner la page, sera de légaliser la vente devant notaire, d’ici deux ou trois semaines. Nous pourrons quitter pour nos quartiers d’hiver la conscience tranquille, comme nous l’espérions.

Je dois dire que l’expérience de ces cinq derniers mois, a été assez stressante. Nous en étions à notre deuxième transaction du genre et, depuis les amendements apportés au Code civil au fil des ans, c’est devenu beaucoup plus technique et complexe de vendre une propriété. Une trentaine de visites et deux promesses avortées plus loin, on peut enfin respirer plus à l’aise et se dire que c’est maintenant derrière nous. Le marché d’acheteurs, qui prévaut présentement, n’est pas étranger à toute cette aventure. Heureusement, tout est bien qui finit bien.

En fait, nous avions la promesse d’achat depuis le 18 septembre et ça devenait difficile de ne pas dévoiler notre secret auprès de nos parents et amis, qui nous questionnaient souvent pour connaître l’évolution du dossier. Cette fois, nous nous sommes bien gardés de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, déçus pas les deux derniers désistements. Plusieurs fois, j’ai bien failli m’échapper. Oh la la! Vous n’avez pas idée.

Après 34 années de «propriétariat», nous pourrons maintenant savourer pleinement notre projet longuement planifié, de vivre plusieurs années dans notre véhicule récréatif l’été au Québec, et dans notre nouvelle maison de parc en Floride durant les longs mois d’hiver. Fini la neige et le froid si pénible pour nos vieux os et la raideur de nos muscles d’athlètes. La maudite vie sale quoi…! Dès le 26 octobre.

Le vert est à la mode

Depuis hier, les consommateurs se font encore siphonner avec une taxe verte sur les appareils électroniques. Depuis quelques années, certains détaillants acceptaient les appareils désuets et en fin de vie, pour les refiler aux recycleurs. C’était le bon temps… Évidemment nos penseurs ont flairé la bonne affaire pour refiler une autre taxe à ceux qui font vivre leur commerce. Parce que ne nous méprenons pas, même si on trouve un mot savant, comme écofrais, ça demeure une taxe déguisée.

Il y a seulement quelques semaines à peine, nous apprenions que cette taxe approchait et qu’elle entrerait en vigueur le 1er octobre. C’est comme une poule sans tête que les différents intervenants se renvoient la balle, sans savoir comment ils l’appliqueront et surtout comment ils en disposeront. Des questions sans réponses! Qu’est-ce qui a changé depuis qu’on remettait nos vieux appareils hier encore, alors que maintenant il nous faille débourser encore pour le recyclage? Ces nouvelles matières premières, une fois recyclées, rapportent sûrement quelques dollars aux recycleurs, alors pourquoi payer une taxe?

Paradoxalement, dans le cas de nos bouteilles de boissons gazeuses en plastique et nos cannettes, on paie la consigne à l’achat et on est remboursé au retour. C’est un bon incitatif au recyclage et les recycleurs y trouvent leur compte. Alors pourquoi n’a-t-on pas appliqué le même principe pour obtenir le même résultat? Il me semble que ce serait tout aussi juste et sûrement mieux accepté des consommateurs. Finalement, pourquoi faire compliqué, quand c’est simple. Encore une fois, le virage vert est prétexte à toutes sortes de conneries inutiles.

Qu’est-ce qu’un aîné?

Aujourd’hui, 1er octobre, nous célébrons la journée internationale des personnes âgées ou des aînés, pour faire plus au goût du jour. Si nous sommes là, c’est sans conteste que quelqu’un d’autre était là avant nous.

Si vous avez encore la chance d’avoir les vôtres, c’est le temps de leur faire un câlin et de leur dire combien ils sont importants pour vous et combien vous les aimez. Dans le cas contraire, saluez-les avec respect, amabilité et empathie, pour le bien de l’âme.

Alors pour cette occasion, voici un court texte pour nous rappeler tout le chemin qu’ils ont parcouru, en disposant souvent de moyens limités, et à une époque où le travail manuel était roi.

Un aîné, c’est celui ou celle qui existait avant la pilule, les condoms et la vasectomie.

Nous existions avant la télévision, la pénicilline, le stylo à bille, le radar, les lampes fluorescentes, les photocopies, les vitamines et les cartes de crédit.

Nous nous sommes mariés d’abord, et nous avons vécus ensemble après.

C’était avant que les hommes portent des boucles d’oreilles.

Nous étions là avant les couches jetables, la radio FM, les couvertures électriques, les ordinateurs, la radio FM, les cassettes, la musique électronique, la danse disco et les «Face-lifts».

Nous ne connaissions pas les mets congelés, les fours à micro-ondes, le café «instant», les pizzas et les McDonald.

Nous pensions que le «Fast-food» se mangeait pendant le carême.

Dans notre temps, c’était chic de fumer la cigarette, le coke était un breuvage et le pot, un récipient.

Si on nous avait demandé d’expliquer OVNI, CSN, JFK, CIA,CLSC , REER, ETC., nous aurions parlé de soupe à l’alphabet.

Quand on pense à quel point le monde a changé et combien d’ajustements il nous a fallu faire, nous pouvons et devons être fiers de ce que nous avons accompli.

Nous sommes les aînés d’aujourd’hui, un groupe de «surhommes et de surfemmes».

Prédateurs sexuels, l’objectivité s’impose

Doit-on publiciser les détails nominatifs des prédateurs sexuels, diffuser partout leurs lieux de résidences? C’est la question qui est sur toutes les lèvres, depuis que le Journal de Montréal en a publié une enquête dernièrement. Je ne crois pas, du moins en rendant public tous les renseignements à leur sujet. Ce n’est pas parce que c’est permis dans certains états américains, qu’il nous faut faire de même. Avec tous les fous qui se promènent armés, au pays de l’Oncle Sam, ça ne prendrait qu’une tête fêlée, et il y en a, pour se faire justice lui-même. Est-ce qu’on envisage pareil résultat?

Je conviens que les actes commis par ces prédateurs sexuels sont horribles et souvent, dépassent l’entendement, mais les jeter dans la fosse aux lions ne règlerait pas la question. Dès qu’une personne est accusée par un tribunal criminel, cela devient du domaine public, et son identité la devient. Il existe présentement un registre des délinquants sexuels réservés au services de police, alors comment rendre l’information plus fluide et disponible, dans un souci de prévention?

Je suis d’avis que les noms et photos de ces prédateurs devraient être connus et diffusés publiquement, en y ajoutant la ville où ils demeurent. Cependant, au-delà de ces informations et afin de prévenir les règlements de comptes d’un parent fou de rage et incontrôlable où d’en venir au lynchage, les données devraient servir aux seuls services de police afin que les patrouilleurs puissent exercer une surveillance accrue et serrée, dans le cadre de leur patrouille quotidienne. Il faudrait aussi que le législateur prévoit imposer une sanction de castration pure et simple, envers les prédateurs sexuels notoires et reconnus incurables.

C’est évident qu’un crime du genre interpelle toute personne normale et ça l’est encore plus quand on est parent. Mais n’oublions pas que comme tel, nous avons une responsabilité de surveiller nos enfants sans relâche, de prévenir leur vulnérabilité, principalement dans les parcs et cours d’école. Ces lieux de prédilection sont des terrains de chasses prisés et fertiles pour tout prédateur sexuel. Malheureusement, je m’interroge encore sur le fait que des enfants de moins de 10 ans, se baladent encore sur leurs vélos dans le crépuscule de la nuit, sans la vigilance des parents occupés ailleurs. C’est une façon de les jeter dans la gueule du loup, d’appâter l’irréparable.

Après les prédateurs sexuels, ce sera qui? Il ne faudrait pas revenir à l’époque du far-west où une corde et un arbre faisaient office de procès et de sentence.

Mieux vaut prendre son temps

Ah les femmes pressées… À Sydney, une station radio paie entre 1 000$ et 5 000$ à la personne qui raconte un fait vécu embarrassant. Voici le fait qui a remporté le gros-lot.

J’avais un rendez-vous chez le gynécologue cette semaine-là. Tôt le matin, je reçois un téléphone de la secrétaire de mon gynécologue m’annonçant que mon rendez-vous était devancé à ce même matin, mais à 9h30.

Je venais juste de terminer de m’occuper de mes enfants et de mon mari et il était déjà 8h45 heures. Il faut 35 minutes pour me rendre au cabinet du médecin, alors je n’avais pas une minute à perdre.

Comme toutes les femmes, j’en suis certaine, j’aime porter une attention particulière à mon hygiène personnelle (faire un petit effort
supplémentaire quoi) lorsque je vais voir mon gynécologue. Mais cette fois, je n’avais vraiment pas le temps de prendre un bain. Ainsi, j’ai monté les escaliers à toute vitesse, enlevé ma robe, mouillé la débarbouillette et lavé ce petit endroit, en faisant bien attention que le tout soit présentable. J’ai jeté la débarbouillette dans la manne à linge, me suis habillée et je me suis dépêchée à me rendre à mon rendez-vous.

Je n’étais dans la salle d’attente que depuis quelques minutes quand on m’a appelée pour l’examen. Installée sur la table d’examen en essayant de m’imaginer très loin, dans les Caraïbes à des milliers de kilomètres de là, j’ai été très surprise quand mon gynécologue m’a dit :

– Ho la la ! On a fait un petit effort supplémentaire ce matin, n’est-ce pas?

À cela, je n’ai pas répondu. J’ai pu enfin prendre un peu plus mon temps en retournant chez moi. Le reste de la journée s’est déroulé normalement, le magasinage, ménage, popote, etc.

Après l’école, ma fille de 6 ans était en train de jouer quand elle m’a appelée de la salle de bain :

– Maman! Où est ma débarbouillette?

Je lui ai répondu d’en prendre une dans l’armoire. Elle me répondit :

– Non, j’ai besoin de celle qui était sur le bord du lavabo; j’avais mis tous mes brillants et scintillants dedans.

Et si on mettait fin aux abus, une bonne fois pour toute!

Le cirque des bouffons bat son plein, même si l’assemblée nationale ne siège pas encore. Le gouvernement Marois fesse dans l’tas en menant une charge à fond de train sur les riches de notre société. Les gaz de schiste, Gentilly 2, c’est le temps de brasser la cabane et de ne pas s’assoir sur ses lauriers parce que l’opposition rêve de prendre le pouvoir dès demain.

Enfin, on soulage un petit peu la classe moyenne. Il faut dire que le clou était déjà enfoncé au maximum. Augmentation d’impôts avec rétroaction, pour les mieux nantis et abolition de la taxe santé pour tous les québécois, n’en déplaise au faux chef Fournier et sa bande de taxeux, qui ont attrapé l’arrogance du poodle de jadis. Je ne savais pas que c’était contagieux.

Quoi qu’il en soit, les riches menacent de déguerpir et de tout faire pour payer moins de taxes. La grogne s’installe et on s’en fout pas mal. Un salaire de 130 000$ et plus, c’est un statut social et ceux et celles qui le possède ont un train de vie qu’ils étalent avec une certaine fierté.

Je ne suis pas d’accord avec la rétroactivité de l’augmentation d’impôts que le gouvernement s’apprête à leur imposer et je conviens qu’ils paient généreusement leur large part en impôts. Par contre on aurait pu faire beaucoup mieux, être plus subtils, pour aller chercher des millions de dollars en coupant tout ce qui avantage les grosses rémunérations. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, les riches fréquentent d’autres riches. Un salaire de 130 000$ est souvent multiplié par deux, avec le salaire de la conjointe. Ça permet les gros châteaux, les voitures de luxes, les voyages et les folies. Comme on dit, l’argent ne fait pas le bonheur mais ça rend le malheur moins pénible.

Ce n’est pas une maladie d’être riche, ni une plaie d’Égypte, mais ça permet plein d’avantages et principalement sur la fiscalité. C’est là qu’il faut frapper et couper. Voici quelques exemples; Les garderies à 7$, les CELI, les abris fiscaux, les fiducies familiales, les gains de capital et les crédits d’impôts, pour n’en nommer que quelques-uns.

Par ailleurs, j’ai hâte qu’un gouvernement taxe les gains de loterie dépassant 10 000$. Qu’on abolisse les subventions de toutes sortes et les prêts sans intérêts. Je ne comprends pas pourquoi j’aurais à payer pour un aréna dans une communauté quelconque, pour laquelle je n’ai aucun lien. Les municipalités ont le pouvoir taxer leurs citoyens pour des services ou des installations qu’ils réclament, alors qu’ils les taxent localement.

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Il est temps qu’un gouvernement se regarde le nombril et qu’il réduise ses propres dépenses. Qu’il crée un régime d’austérité dans ses propres services et ministères et qu’il coupe tout ce qui est inutile. Il n’aura aucune difficulté à remplir ses coffres. Mais ça prend une volonté. Hélas, les bouffons n’en n’ont pas et ne servent qu’à faire rire, qu’à divertir et à passer le chapeau, pour augmenter les revenus sans effort.

Alors Madame Marois, vous avez promis des élections à date fixe ainsi qu’un maximum de deux mandats pour un premier ministre. Ça devrait être une priorité durant les 100 premiers jours de votre gouvernance. Faites-le! Ça permettrait peut être de mieux faire des réformes, en enlevant l’intérêt de gouverner pour être réélu.

L’attente qui tue

Le texte qui suit est signé Isabelle Maréchal et a été publié dans les pages d’opinions du Journal de Montréal, édition du 17 septembre 2012. Je veux le partager avec vous, puisqu’à mon avis, il reflète bien ma pensée sur notre système de santé, particulièrement envers les malades atteint de cancer qui vivent un stress incroyable après un diagnostique atterrant. C’est une situation inacceptable aujourd’hui qui mérite d’être dénoncée et tout doit être mis en œuvre pour supprimer les délais d’attente. C’est une question de vie ou de mort.

Jennifer a 24 ans et toute la vie devant elle. Ça s’était avant que son médecin lui annonce une tumeur au cerveau. Depuis, c’est le noir. L’attente.

Pas de nouvelle de l’hôpital pour ce scanner qui va évaluer l’ampleur des dégâts. Une attente infernale qui lui ronge les sangs. Seule avec sa peur, Jennifer se demande pourquoi elle, pourquoi si jeune? Va-t-elle mourir avant même d’avoir commencé à vivre? Là aussi, silence radio. Pas de réponse devant l’inexplicable verdict qui tombe sur une personne sur trois au Québec. Le cancer est une fatalité.

Aujourd’hui, c’est Jennifer. Demain c’est vous et moi.

Ce qui choque avec cette foutue maladie, ce n’est pas tant son côté purement aléatoire que l’incapacité de notre système de santé à l’humaniser.

Pourquoi sommes-nous si lents à traiter ceux qui en souffrent dans un délai raisonnable? Comment ose-t-on leur dire de prendre un ticket et d’attendre au risque de rater le dernier train? Nous devrions tous être pris d’un haut-le-cœur collectif devant ce mauvais traitement qui n’est d’ailleurs pas réservé qu’aux cancéreux.

PRENDRE SON MAL EN PATIENCE

Le Québec est une liste d’attente qui n’en finit plus de s’allonger. On attend pour un médecin de famille, une biopsie ou une opération du genou. On prie pour que la secrétaire nous rappelle, que le spécialiste ne soit pas en vacances, que la salle d’opération soit disponible et qu’on ne nous annule pas la veille.

LA TUMEUR N’ATTEND PAS

Il paraît qu’une tumeur au poumon double de volume en 121 jours. La tumeur n’attend pas, elle! Elle n’a que faire des listes, des procédures et des bureaucrates qui prétendent gérer notre système de santé.

Contrairement à d’autres provinces, le Québec n’a aucune stratégie nationale de lutte contre le cancer. Les cancéreux font les frais d’un manque total d’organisation. C’est inacceptable d’attendre quatre mois pour une biopsie dans un hôpital alors que dans la ville d’à côté, on traite le même cas en un mois.

Combien de « trop » patients sont-ils devenus incurables à cause des délais encourus pour des motifs purement administratifs?

Mon amie Johanne a combattu un cancer du côlon. Douze semaines de chimio, trois chirurgies, à peine un an de répit et revoilà ce putain de cancer! Mauvais joueur, il n’aime pas perdre. Une récidive, ça « fesse » deux fois plus fort. Le cas de Johanne a été transféré dans un autre hôpital. Dans les dédales du système, trois mois se sont écoulés avant qu’elle puisse voir un oncologue qui va l’opérer en février 2013. C’est dans CINQ MOIS ! Johanne veut crier, dire qu’elle ne veut pas mourir. « Prenez un ticket, Mme Fontaine, et calmez- vous! »

« TROP TARD »

La femme de Jean- Guy a attendu neuf mois sur une liste avec son cancer. « C’est drôle, dit Jean- Guy sans rire, le matin de sa mort, l’hôpital a téléphoné pour nous donner sa date de l’opération. J’ai dit que c’était trop tard. »

Jennifer attend toujours son scan. Et nous qu’attendons-nous? À la veille de la nomination d’un autre ministre de la Santé, le 10e en 20 ans, dénonçons ce système qui nous coûte la peau des fesses, qui nous sert mal, qui nous trie à l’urgence comme du bétail, qui nous dit de prendre notre trou alors que la mort rôde.

C’est un système inhumain, indigne de ce que nous sommes.

Regarder sans voir

Soudain, les portes s’ouvrent automatiquement et l’alarme retentit. Un monsieur avec son panier, entre dans le magasin par la porte de sortie. Cette immense porte avec un gros collant SORTIE en plein centre pour indiquer qu’on ne peut entrer par cette porte. À moins d’être aveugle, c’est impossible de ne pas le voir. C’est ça que j’appelle regarder sans voir et c’est de plus en plus troublant de constater le nombre de gens qui ignorent totalement les indications.

Certaines caisses des grands magasins sont réservées aux clients ayant moins de douze articles dans leurs paniers et là encore, il n’est pas rare d’en voir prendre la file sans respecter la consigne affichée. Aux feux de circulation, les piétons traversent la rue sans égard aux signaux lumineux d’instructions. Certains traversent sans regarder, concentrés sur la musique de leurs écouteurs.

Observez aussi les automobilistes. La route est parsemée de toutes sortes de panneaux indicateurs; limites de vitesse, rétrécissement de la chaussée, zones de travaux, détours et même les zones de photos-radars pourtant bien en évidence. À voir les comportements des usagers de la route, là aussi, certains regardent sans voir.

Regardez autour de vous et observez bien. C’est fascinant rien qu’à les regarder agir et on se surprend à deviner ce qu’ils vont faire. Quelque fois c’en est même drôle et je me suis demandé pourquoi ça se passe ainsi. Comment il se fait qu’on ne voit pas ce qui crève les yeux? Nous sommes trop stressés ou préoccupés par la vie toujours plus rapide? Pourquoi faut-il toujours rouler à 200 à l’heure? On ne peut pas mettre la faute sur la langue parce que, de plus en plus, on fait usage de pictogrammes universels facile à décoder. Mis à part les profiteurs, très conscients de leurs gestes, il faut se rendre à l’évidence qu’on peut être perdu dans ses pensées, au point de ne plus voir, de se déplacer comme un automate.

Une fois, je marchais et je vois au loin, une personne que je connais très bien. Il s’approche, s’approche et me regarde droit dans les yeux. Au moment de le croiser, je m’apprête à le saluer mais j’hésite sans savoir pourquoi. Une fois passé, je me retourne et lui dit :

-Salut, en ajoutant son prénom.

Il se retourne et me salue aussi en disant :

– Tiens bonjour… Je ne t’avais pas vu!

Je sais, vous aller dire qu’il ne voulait sans doute pas me parler, mais prenez-en ma parole, j’ai eu la nette impression qu’il disait vrai. On a bavardé un peu et je me suis demandé comment il avait pu me croiser en me regardant et sans me voir. Avouez que c’est assez intrigant.

Bienvenu dans le club

Le 20 septembre 1962, un joli poupon tout rose voyait le jour, une tornade pour ainsi dire. On découvrait ma p’tite sœur Josée. Six ans la séparait de mon frère Sylvain qui perdait alors son titre de cadet. Les années qui suivirent nous obligeaient à ranger nos affaires parce qu’elle venait constamment y mettre ses pattes. Une vraie téquaine, comme on disait.

Les années ont passées et elle se retrouve aujourd’hui à fêter son cinquantenaire. C’est pas rien! Cinquante ans c’est un demi siècle, c’est dix fois l’âge de la maternelle, c’est presque trois fois l’âge de la majorité et c’est aussi le début d’une cinquième décennie. Bref, du millage.

Cinquante ans c’est aussi la découverte de la glucosamine, pour ses articulations, le myoflex pour ses muscles, les tylénols pour ses courbatures, les lendemains de veilles un peu plus ardus et aux petites tasses d’eau chaude pour sa digestion.

Soudainement, on s’intéresse à la pétanque, à la FADOQ et on s’attarde aux rayons des pharmacies pas pour les cosmétiques, mais les médicaments en vente libre. On écoute du Michel Louvain et on regarde avec un peu de nostalgie, ses vielles photos de jeunesse. On trempe le gros orteil dans l’âge d’or et on envie les aînés qui profitent de réductions de toutes sortes. On commence à s’intéresser au cannes, au cas où.

Si je suis un peu malicieux, c’est que cette gentille personne, un certain matin du 4 septembre 2001, me téléphonait pour me dire combien elle était triste de constater qu’elle avait un vieux frère de 50 ans. La revanche est douce au cœur de l’indien, alors si c’est à son tour de se laisser parler d’amour, c’est au mien de remettre les pendules à l’heure.

Alors ma p’tite sœur, pour cette belle étape de ta vie et que tu découvriras à compter d’aujourd’hui, je te souhaite la santé de vivre longtemps, de t’envelopper de beaucoup d’amour, de t’entourer de personnes optimistes comme moi et de rester toi-même; belle, le coeur jeune et qui mord dans la vie. Bienvenu dans le club! Tu vas voir, cinquante ans, c’est loin d’être une maladie, c’est une renaissance.

Je t’aime, je te fais la bise et bon anniversaire.

Paroles d’hypocrites et vierges offensées

Aujourd’hui, nous avons vu une belle mascarade lors de l’assermentation des députés du Parti Libéral et de la Coalition pour l’avenir du Québec. Les chefs ont promis du bout des lèvres, leur collaboration au nouveau gouvernement du Parti québécois mais… il y avait un mais, des conditions…

Dans leur fort intérieur, ils ne collaboreront pas. Ils vont tout faire en leur pouvoir pour que cette législature sont perturbée à l’extrême. Jean-Marc Fournier, en bon libéral, sort l’épouvantail à moineaux sur l’identité nationale en se pétant les bretelles avec ses cinquante députés. C’est du réchauffé et c’est tout ce qu’ils savent dire. Quand à François Legault, avec sa bande de transfuges, il se proclame déjà la réponse économique du Québec. Ouais pas trop fort. Avec sa députation concentrée à Montréal et Québec, il serait mieux de revoir son organisation. Il oublie qu’il est la deuxième opposition.

Hypocritement, on voit bien leurs jeux. Leurs campagnes en vue du prochain scrutin est déjà en branle tout en se foutant bien du coût d’un tel exercice. Ils pourraient au moins demander à leur organisation respective, d’enlever les pancartes de leurs candidats, laissée en place depuis le 5 septembre et qui polluent le paysage. Chez les libéraux, ils en sont à se trouver un chef. Remplacer le poodle, ce sont de grosses bottines à chausser. Pour le moment la brochette de candidats potentiels ne fait pas le poids.

Du côté du Canal Rideau, ce n’est guère reluisant. Tout le monde joue les vierges offensées parce que l’unifolié a été remisé lors de l’assermentation des députés du Parti québécois. Ont-ils oublié que c’est une coutume que les souverainistes répètent à chacune des fois où ils ont formé le gouvernement. Le geste a au moins l’avantage d’être conséquent aux fondements mêmes de ce parti. Et qui jouent les vierges offensées? Des bons députés fédéraux québécois! Édifiant!

En tout cas, une chose est certaine, avec la Commission Charbonneau et un nouveau gouvernement à Québec, l’automne sera haut en couleurs. Des heures de plaisirs… De quoi nous faire oublier quelque peu le lock-out dans la Ligue Nationale de Hockey.

Encore les amateurs, les grands perdants

Depuis minuit hier, on assiste à une bataille de millions dans la ligue nationale de hockey; des propriétaires multimilliardaires contre des joueurs multimillionnaires. Une lutte à finir entre riches, financée par les amateurs qui remplissent les arénas ou encouragent ces entreprises en achetant leurs produits dérivés.

Dans un circuit où la majorité des équipes ont peine à être rentables, l’homme de dix millions Gary Bettman, en est à son troisième conflit de travail et tient tête à l’association des joueurs et Donald Fehr, le même qui avait saboté le championnat des défunts Expos de Montréal. Deux égos surdimensionnés qui font fi de l’amateur qui paie leurs salaires astronomiques.

Les propriétaires, putains de leur propre système, se sont empressés de signer des contrats qui ne respectent même pas leurs revendications, pendant que les joueurs ne veulent pas céder un seul centime. On est dans l’irréel et l’irrationnel de ce monde imbu de lui même et complètement déconnecté de la réalité de leur clientèle qui leur permet de vivre pareil train de vie. Ils n’ont pas la faveur populaire. Plus on en a, plus on en veut, dit l’adage.

Bien malin qui pourrait prédire la fin de ce conflit. Est-ce que cette fois, lors du retour au travail, l’amateur se précipitera encore dans les gradins des amphithéâtres? Probablement! Mais le mal aura été fait pour les concessions moribondes qui s’entêtent à vouloir présenter et vendre un produit que leur communauté ne veut pas. Il y a des limites à bourrer des dindes. Elles continueront de présenter des match avec les gradins vides et finiront par déménager ailleurs aux États Unis, parce que l’homme de 10 millions déteste le Canada.

Pourquoi avoir attendu la fin du calendrier régulier, pour tenter de régler la nouvelle convention collective? Ça démontre la mauvaise volonté du clan Bettman à vouloir éviter un conflit. Des négociations de deux mois pour en venir à une entente, ça ne fait pas sérieux. Il faut beaucoup plus de temps et de discussions, à moins que la volonté de règlement soit là de part et d’autre.

Qui abdiquera le premier? Les joueurs, lorsque les milliers de dollars ne gonfleront plus leurs comptes en banque? Les propriétaires, lorsqu’ils reprendront leurs anciennes habitudes d’encaisser les profits? Je ne sais pas mais une réalité demeure que dans cette épopée de gens riches et célèbres, ce sont encore les amateurs et travailleurs indirects qui en font les frais. Quand on ne respecte pas la main qui nous nourrit, il y a des conséquences et j’espère que, le conflit terminé, les amateurs boycotterons les produits dérivés et bébelles insignifiantes qui ne font que garnir les coffres de sans scrupules.