Le ciel nous était tombé sur la tête

Tempête du siècle 1971Vous souvenez-vous du 4 mars 1971? Le ciel nous était tombé sur la tête. La tempête du siècle, comme on l’appelait, s’amenait en matinée. En moins de 24 heures, 50 centimètres de neige paralysaient le Québec. J’avais 20 ans!

Je m’en souviens comme hier. Je travaillais en plein centre-ville de Montréal et devant la neige abondante qui couvrait rapidement les rues, nos patrons décidaient de fermer le bureau et de retourner tout le monde chez eux. Imaginez la cohue de voir des milliers de travailleurs rentrer à la maison en même temps, ou du moins, essayer de regagner leurs demeures.

Tout était paralysé! Le transport en commun, exception faite du métro, ne fonctionnait plus. Les autobus abandonnées et enlisées un peu partout obstruaient le passage et il devenait hasardeux d’essayer de passer à travers les monticules de neige, sans savoir ce qui se trouvait en dessous.

Les autorités avaient autorisé les motoneiges à arpenter les rues de la ville et des banlieues afin de prêter secours aux personnes restées prisonnières de leurs véhicules, avant qu’ils ne soient ensevelis. Dans un élan de générosité sans précédent, les stations de services fournissaient gratuitement, l’essence pour faire rouler les motoneiges dont certaines faisaient la navette entre les stations de métro pour transporter le plus de gens possible vers leurs maisons. Il était courant de voir des personnes très peu vêtues enfourcher la motoneige d’un bon samaritain pour se faire conduire chez eux.

En quittant mon bureau, avec quelques compagnons de travail, nous nous sommes arrêtés dans une taverne du coin pour dîner, le temps que l’affluence se tasse. Une heure trente plus tard, je m’engouffrais dans la première bouche de métro, espérant rentrer à la maison au plus sacrant. Il y avait du monde partout au point où j’ai dû attendre quelques rames avant d’aboutir à la station Longueuil où j’habitais.

La situation était hors de contrôle et les médias exhortaient les gens à rester à la maison pour ne pas nuire aux véhicules d’urgence qui auraient à se déplacer. C’était aussi la vogue des 4×4 et heureusement, ces véhicules étaient les seuls à pouvoir circuler partout. J’ai dû marcher près de 3 milles dans la poudrerie, calé jusqu’aux genoux, pour me rendre à pied chez moi. Le paysage urbain avait pris des allures de désert avec tous ces monticules de neige provoqués par des autos ensevelies.

En fin de soirée, les équipes de déneigement débutaient leur travail afin de dégager les artères principales des nombreux autobus, camions et véhicules abandonnés. La tempête aura laissé un immense manteau blanc qui allait prendre des jours et des nuits entières à enlever et ramasser. Dans son passage destructeur, 17 personnes auront payé de leur vie, le déchaînement des éléments. Et même si 44 ans se sont écoulés depuis, chaque 4 mars que le calendrier amène me replonge dans mes souvenirs de cette mémorable tempête du siècle. Vous étiez là?

3 réflexions au sujet de « Le ciel nous était tombé sur la tête »

  1. Bien sûr que j’étais là; nous demeurions sur la rue Clark en face au stationnement de Steinberg, non loin du rond-point St-Laurent/Crémazie. La neige s’était accumulée dans mon allée de stationnement face à la porte de garage pour environ 8′ de hauteur. Pour me sortir du trou je n’avais comme outil qu’une petite souffleuse électrique Sunbeam sans traction et une pelle de bois. Bien du plaisir!

  2. M’en souviens également. Dans mon souvenir c’était le 5. C’était ma première année d’enseignement, ma première année à la campagne. À l’école, nous n’avions pas eu une semaine complète du 5 janvier au 5 mars: grippe, tempête, verglas, re-tempête.
    Mais, dès le début, j’ai découvert qu’il était beaucoup plus agréable de rester à la campagne en hiver: les chemins sont toujours déblayés et pas d’autos stationnées dans les rues, chaque maison ayant son entrée.

  3. Oui Norm j’étais là mais m’en rappelle pas, j’avais 9 ans et me souviens encore moins si j’avais manqué l’école, lol. C’est sur sur….. Cet été je compte sur toi pour me donner un ti cours de « refresh » en français, comment écrire sans fautes….. Bisous à vous 2 xx xx

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