On savait écrire coquin, sans être vulgaire

Un ami m’a fait parvenir le texte qui suit, une poésie de la Marquise de Grignan, fille de Madame de Sévigné. Apparemment, cet écrit daterait de l’an 1660. Vrai ou faux? Je ne saurais dire et je n’ai pas poussé mes recherches sur son existence. Quoi qu’il en soit, je l’ai trouvé très joli pour l’époque. Il est grivois certes, mais de bon ton. Oreilles chastes, s’abstenir…

poesie-coquineAh ! vous dirais-je Maman

À quoi nous passons le temps

Avec mon cousin Eugène?

Sachez que ce phénomène

Nous a inventé un jeu

Auquel nous jouons tous les deux.

Il m’emmène dans le bois

Et me dit: «déshabille-toi».

Quand je suis nue tout entière,

Il me fait coucher par terre,

Et de peur que je n’aie froid

Il vient se coucher sur moi.

Puis il me dit d’un ton doux :

«Écarte bien tes genoux»

Et la chose va vous faire rire

Il embrasse ma tirelire

Oh! vous conviendrez Maman

Qu’il a des idées vraiment!

Puis il sort, je ne sais d’où

Un petit animal très doux,

Une espèce de rat sans pattes

Qu’il me donne et que je flatte.

Oh! le joli petit rat!

D’ailleurs, il vous le montrera.

Et c’est juste à ce moment

Que le jeu commence vraiment.

Eugène prend sa petite bête

Et la fourre dans une cachette

Qu’il a trouvée, le farceur,

Où vous situez mon honneur.

Mais ce petit rat curieux,

Très souvent devient furieux.

Voilà qu’il sort et qu’il rentre

Et qu’il me court dans le ventre.

Mon cousin a bien du mal

A calmer son animal.

Complètement essoufflé,

Il essaye de le rattraper.

Moi je ris à perdre haleine

Devant les efforts d’Eugène.

Si vous étiez là, Maman

Vous ririez pareillement.

Au bout de quelques instants

Le petit rat sort en pleurant.

Alors Eugène qui a la tremblote

Le remet dans sa redingote.

Et puis tous deux, nous rentrons

Sagement à la maison.

Mon cousin est merveilleux

Il connaît des tas de jeux

Demain soir, sur la carpette

Il doit m’apprendre la levrette

Si vraiment c’est amusant

Je vous l’apprendrai en rentrant.

Voici ma chère Maman

Comment je passe mon temps.

Vous voyez je suis très sage.

Je fuis tous les bavardages

Et j’écoute vos leçons :

Je ne parle pas aux garçons.

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