La tradition de la cueillette de l’eau de Pâques

Malgré la difficulté de maintenir une tradition comme celle de la cueillette de l’eau de Pâques, bon nombre de personnes à travers le Québec seront à pied d’œuvre avant l’aube de la présente nuit.

Que ce soit dans un grand cours d’eau, comme la rivière L’Assomption, à l’occasion du 150e anniversaire de Saint-Côme ou dans le ruissellement d’une source souterraine au Lac-Saint-Jean, des gens iront, lampe de poche à la main, puiser l’eau qui présenterait des vertus thérapeutiques, selon certains.

Pour Jean-Marc Tremblay, un dimanche de Pâques ne pourrait pas se passer de ce rituel, lui qui se rend souvent seul à sa source située sur sa terre à bois de 200 acres, dans le secteur de Saint-Henri-de-Taillon, avant de partager sa récolte avec quelques autres personnes. Il l’avait fait il y a une quinzaine d’années avec sa fille et son gendre, qui demeurent à Laval, et il s’est aussi rendu plusieurs fois à Sainte-Monique, où un petit groupe cueille l’eau de Pâques année après année.

Il doit s’agir d’une eau courante à l’année. Dans le cas de grands cours d’eau, elle doit être puisée à contre-courant. Et l’eau de Pâques appartient à ceux qui se lèvent tôt, puisqu’elle doit être cueillie avant les premières lueurs du soleil.

De tradition populaire, les adeptes de cette pratique tentent de la perpétuer pour différentes raisons.

Et ce n’est pas toujours tâche facile, étant donné la pollution de certains cours d’eau et des églises qui cessent leurs activités, laissant derrière elles les réseaux ayant permis de rassembler les gens pour la cueillette de l’eau de Pâques.

– Pour moi, ça une importance, a confié M. Tremblay. Moi je fais partie de la religion catholique, on croit en Dieu, et on croit dans les traditions. J’en prends et j’en laisse, mais j’aime mieux rester là-dedans. Comme on dit, l’homme a besoin de croire en quelque chose, de s’attacher à quelque chose, a-t-il ajouté.

Pour ce qui est des vertus associées à cette eau, qui préviendrait certaines maladies ou guérirait certains maux, ou chasserait même les mauvais esprits, plusieurs y croient de façons plus ou moins marquées.

– Des printemps, c’est arrivé que j’avais mal à l’épaule, j’enlevais ma chemise et je me frictionnais l’épaule avec de l’eau qui coulait de la source. C’est peut-être juste la confiance. Je me figurais que ça me faisait du bien, mais c’est peut-être juste la confiance, a affirmé M. Tremblay, en riant à l’autre bout du fil.

L’homme âgé de 72 ans a dit avoir observé que la tradition a encore cours à plusieurs endroits au Saguenay-Lac-Saint-Jean;

– Dans le coin d’Alma, Jonquière, les gens se déplacent où il y a des sources.

À Sainte-Monique, où il s’est rendu plusieurs années, il devait attendre son tour en raison du nombre de participants, et également de l’ambiance un peu chaotique qui pouvait y régner. Là aussi, il s’agit d’une source souterraine, près d’une montagne de sable.

– L’eau, qui vient d’une montagne de sable, est purifiée par le sable. Il m’arrivait d’avoir à attendre une demi-heure avant de pouvoir aller me chercher de l’eau à mon tour, parce qu’il y a toujours des gens qui (étaient) arrivés avant. Il y a aussi le fait que des gens fêtent toute la nuit à Pâques, ils ne boivent pas juste de l’eau de Pâques, ils boivent de la bière aussi. D’après moi, il se boit plus de bières que d’eau de Pâques, laisse-t-il tomber.

À Saint-Côme, dans Lanaudière, il y avait bien quelques familles qui allaient puiser de l’eau à différents endroits au fil des années, mais l’organisation des fêtes du 150e de la municipalité a décidé d’organiser un rassemblement plus important, cette année.

La coordonnatrice sur le comité du 150e, Fernande Gauthier, a indiqué qu’après avoir lancé l’idée, des gens qui n’avaient jamais assisté à la cueillette l’eau de Pâques ont montré de l’enthousiasme à vivre l’expérience pour une première fois.

Les organisateurs ont préparé des bouteilles et de la nourriture pour une centaine de personnes.

– C’était très courant dans les années 1920, 1930, 1940, cela a cessé un peu en 1960, avec la Révolution tranquille, mais il y a quand même des gens qui ont continué à le faire, et il y en a qui le font tous les ans. J’ai proposé l’idée et les gens ont embarqué, a indiqué la retraitée, qui dit avoir fait du bénévolat sans arrêt depuis 55 ans à Saint-Côme.

Pour cet événement à Saint-Côme, chaque participant ne s’aventurera pas dans la rivière étant donné le haut niveau de la rivière. Ils seront quelques-uns à puiser l’eau à partir du pont du village dans des grandes chaudières.

Pour Mme Gauthier, il s’agit davantage d’une tradition païenne que d’une pratique ancrée dans la religion catholique.

– Au début de tout, ç’a commencé par des cérémonies païennes, alors il n’y avait rien à voir avec la religion catholique comme tel. Au cours du temps, les religions l’employaient beaucoup, et pas seulement la religion catholique. C’est le printemps qui arrive, c’est du renouveau. Ceux qui croyaient beaucoup à ça disaient que le soleil se levait en dansant, a-t-elle expliqué.

Source : La Presse canadienne

Joyeuses Pâques

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