Cancer : Un diagnostic précoce, et ne rien négliger

Le cancer ! La maladie qui tue ! Rien qu’à entendre ce mot, tout bascule. C’est bien le dernier diagnostic qu’on veut entendre et pourtant, avec l’évolution de la médecine, on n’arrête pas d’en trouver. Bien sûr, en 2019, le taux de rémission a beaucoup progressé et il est permis d’espérer. Mais il y a toujours des cas. Des cas d’exception qui remettent tout en question. Les médecins poussent-ils au maximum les recherches et analyses pour en arriver à un verdict sans équivoque ?

Un médecin est un humain. Mais l’erreur étant aussi humaine, il faut tout faire pour l’éviter; fouiller, examiner plus à fond, analyser, recommencer jusqu’à l’obtention d’un diagnostic hors de tout doute. Un mal persistant devrait toujours être un point de départ, une cloche, une alarme, propice à toute dramatique éventualité. C’est le moins qu’un patient peut espérer. Hélas, ça demeure une réalité et tous n’ont pas cette chance.

Voici un article révélant un témoignage bouleversant sur cette terrible maladie souvent mal diagnostiquée ou, hélas trop tard. Il a été publié dans La Presse+ du 12 janvier dernier, sous la plume de Diane Lamarre. À vous d’en tirer vos propres conclusions.

POUR CEUX QUI VONT SUIVRE Diane Lamarre

En 2012, le mari de mon amie est un homme costaud de 58 ans profitant, depuis quelques années, d’une retraite bien méritée après une longue carrière comme policier.

Des douleurs au dos apparaissent sournoisement. Probablement dues à son nouveau vélo stationnaire… Il les tolère un moment, mais elles sont tenaces, récurrentes. Consultation avec son médecin, ordonnance d’anti-inflammatoires : la douleur persiste. Nouvelles consultations, toujours pas de diagnostic précis, sauf probablement des douleurs musculo-squelettiques dues aux exercices.

Cinq mois plus tard, malgré quelques consultations médicales, cette douleur intermittente, mais vive qui se manifeste comme des « crises aiguës » perdure. Toujours pas plus de précisions. Jusqu’à ce jeudi du mois de février où il a du sang dans ses urines.

Ce fut son cadeau de Saint-Valentin. Il revoit son médecin et enfin, les choses bougent. Quelques jours plus tard, le diagnostic irréversible et foudroyant tombe. Cancer du rein avec métastases. Intraitable, incurable.

Quelques semaines plus tard, le 6 mai 2013, en écoutant les Beatles qu’il adorait, avec ses proches près de lui, il meurt. Pour sa conjointe, douleur, révolte, colère, tristesse. La vie bascule.

VIDÉE ET ÉPUISÉE

Quelques mois plus tard, un diagnostic de cancer du sein frappe mon amie à la suite de sa mammographie de routine. Lésion de quelques millimètres. Tout se contrôle bien. Le pronostic est bon. Chirurgie, radiothérapie et suivi serré pour les cinq prochaines années. Les mammographies suivantes sont normales. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

En mai 2018, par contre, ça ne va pas : elle fait, en pleine nuit, ce qui a toutes les allures d’une crise de foie. Consultation chez le même médecin, qui ne s’alarme pas. En juin, la douleur du côté droit du thorax est toujours là. Elle a maigri. Nouvelle consultation. On accuse sa nouvelle activité, la pétanque, de lui irriter le cartilage entre les côtes. « Appliquez du Voltaren » sera le seul conseil qu’on lui prodiguera.

En juillet, une toux sèche s’installe et perdure. Nouvelle consultation en août. Prescription de pompes. La toux persiste. Début septembre, nouvelle consultation. On soupçonne un effet secondaire de ses médicaments pour la pression, sans plus. Fin septembre, sa pression est basse, elle se sent faible et tousse sans arrêt. Non, elle n’est pas dépressive. Elle se sent vidée, épuisée. Elle sait que quelque chose ne va pas. Elle croise une amie infirmière qui la trouve bien pâle. Anémie ?

Un autre médecin est consulté, et seulement à la voir, il comprend la gravité de la situation.

Elle a perdu beaucoup de poids. C’est visible. Elle a le ventre gonflé. Ascite. On lui retirera huit litres de liquide abdominal en trois ponctions rapprochées. Elle recevra deux transfusions sanguines. Puis, un scan confirme la récidive du cancer du sein et la présence de métastases partout dans son abdomen.

MALCHANCES RÉPÉTÉES ?

Peut-être. Mais peut-être aussi qu’en 2018, quand il y a une perte de poids significative chez une patiente qui a eu un cancer du sein depuis moins de cinq ans, une enquête plus poussée aurait été indiquée. Peut-être qu’un ventre gonflé par l’ascite aurait pu être détecté si on l’avait au moins palpé.

Peut-être qu’un patient de 58 ans qui a des douleurs au dos depuis cinq mois mérite une enquête plus poussée que la prescription à répétition d’anti-inflammatoires ?

En 2018, le cancer frappe une personne sur trois… mais parfois deux sur deux.

Le médecin est le seul à pouvoir poser ce diagnostic. C’est pourquoi nous avons besoin d’un accès rapide et d’une enquête qui tient compte de ce niveau de risque élevé et croissant face à une maladie sournoise qu’il faut débusquer avec perspicacité et rapidité. Chaque journée compte.

BESOIN DE SAVOIR ET DE FAIRE MIEUX ENSEMBLE

Depuis novembre 2018, mon amie est dans une maison de soins palliatifs. Quelques semaines à vivre, tout au plus.

Je suis allée la voir. Elle m’a tout raconté en détail. Elle en avait besoin. Elle décrit chaque étape avec calme et lucidité, mais je sens toute sa douleur. Elle n’a pas besoin d’analgésiques pour l’instant, mais elle a mal. Mal d’injustice, mal du doute sur un diagnostic potentiellement trop tardif qui a bouleversé sa vie deux fois, dont une lui sera fatale.

Si les deux situations étaient inéluctables, il faudrait que quelqu’un lui explique qu’il n’y avait rien d’autre à faire plus tôt. Mais si c’était évitable, il faudrait que quelqu’un fasse mieux la prochaine fois.

Savoir permet d’atténuer la douleur. La douleur intérieure.

Est-ce qu’un travail en interdisciplinarité aurait pu aider à un diagnostic plus précoce ?

Dans le cas de mon amie, est-ce qu’un suivi par un membre d’une équipe spécialisée en oncologie aurait repéré plus tôt les symptômes ?

Et si c’est trop tard pour elle, elle voudrait donner une meilleure chance au suivant. On ne cherche pas de coupable, on veut le meilleur pour l’avenir.

Je lui ai dit : « Aimerais-tu que je parle publiquement de ce que tu as vécu ? » Sans une seconde d’hésitation, son regard allumé, elle m’a dit : « Oui ! »

NDLR. :
Demain, 4 février, c’est la Journée mondiale contre le cancer, ayons une pensée et une profonde réflexion pour celles et ceux qui doivent lutter pour leur survie, ainsi que celles et ceux qui sont en rémission.

L’importance du don d’organes

Je suis de ceux qui pensent que le prélèvement d’organes devienne une obligation pour le médecin qui constate un décès. Que le consentement de la famille du défunt ne soit pas nécessaire et que ce soit un automatisme. Perdre sa vie est toujours dramatique et triste, mais à l’opposé, la rendre à quelqu’un d’autre est un geste à poser et qui a une valeur inestimable. Paradoxalement, c’est passer de l’immense tristesse à l’allégresse incommensurable en permettant à d’autres de vivre.

Dans son édition du dimanche, 10 décembre dernier, le Journal de Montréal publiait l’histoire d’une mère qui, grâce au don d’organes, a pu passer à travers l’épreuve de la mort de son fils. Ce récit m’a tellement touché que je ne peux m’empêcher de le partager avec vous afin de faire avancer le geste du don d’organes. C’est l’histoire de Sonia Rhéaume, racontée par Sophie Durocher.

La mission d’une mère en deuil de son fils

Après la mort de Félix, Sonia Rhéaume souhaite sensibiliser la population au don d’organes.

Félix Belley, le fils de Sonia Rhéaume, ne deviendra jamais un adulte. Il est mort à 17 ans, à Chicoutimi, dans un accident de voiture sur le boulevard Saguenay. Le 22 avril 2017, la vie de cette mère a basculé.

Sonia Rhéaume est en train de souper avec des amis à Chicoutimi quand son cellulaire sonne. C’est le père de ses deux garçons, dont elle est séparée, qui est au bout du fil. « Félix est à l’hôpital de Chicoutimi. Il a besoin de toi. Il t’attend. » Sonia est dans un état second. Comme si la moitié de son cerveau avait compris que son fils était mort, et que l’autre refusait d’y croire. « J’étais en partie triste, en partie confiante. » À l’hôpital, en voyant un policier dans la salle d’attente, elle comprend qu’il n’y a plus d’espoir. On l’amène dans une petite salle privée. Un médecin lui annonce : « C’est un accident cérébral. Votre fils est maintenu artificiellement en vie. »

Sonia se souvient : « Il n’y avait plus de son, plus d’image. J’ai piqué une crise. Très intense, mais très courte. »

Le frère de Félix, Michael, est effondré en apprenant la mort de son frère. « Il me disait : « Pourquoi c’est pas moi, c’est lui? » Je lui ai répondu : toi tu es vivant, Félix est parti, on avance avec ça », se souvient Sonis Rhéaume, attablée devant moi dans un restaurant de Montréal.

En larme, elle me raconte qu’à l’hôpital, une douzaine d’amis de Félix sont venus le voir alors qu’il était maintenu artificiellement en vie. « Ils parlaient à Félix, comme s’il était encore vivant. C’était tellement beau à voir. J’apprenais des choses sur lui! Un de ses amis racontait à quel point Félix l’avait encouragé en sport. Il lui disait : « Tu m’avais dit que même quand on ne pouvait plus, on pouvait encore… »

Parfois, dans la mort, on accroche à ses détails. Félix est mort en se rendant à un défilé de mode, me raconte Sonia. Je pense qu’il allait peut-être frencher une fille qui était mannequin. Il sera mort puceau. Quel dommage. »

DON D’ORGANES

Si Sonia Rhéaume accepte de me parler alors que son fils est mort il y a à peine six mois, c’est pour sensibiliser la population à l’importance du don d’organes.

Dans les heures qui ont suivi l’accident de son fils, elle a signifié à l’hôpital son intention de sauver la plus de vies possibles en donnant les organes de Félix. « Trois jours avant l’accident, je me souviens que je m’étais demandé comment je survivrais si je perdais un de mes garçons. »

Étrange hasard, Sonia Rhéaume était en train de lire Le Why Café, un livre de croissance personnelle. « À la page 60, l’auteur nous invite à nous demander quelle est notre mission dans la vie. Moi j’ai trouvé la mienne : les greffes pour sauver des vies. »

Alors que Félix a eu son accident le vendredi, dès le dimanche soir une équipe de Transplant Québec est sur place à l’hôpital pour prélever ses organes. À 19h45, Sonia fait ses derniers adieux à son fils. Elle lui glisse : « Félix, tu te prépares à donner le plus beau cadeau de ta vie. J’t’aime mon homme. »

Ce soir-là, six organes (un cœur, deux reins, deux poumons et un pancréas) de même que des tissus seront prélevés sur Félix. « Il n’y a que ses yeux qui n’ont pas pu être donnés », m’explique Sonia.

Le jeudi, Félix est exposé au salon funéraire. « Alors qu’à l’hôpital son corps était chaud parce qu’ils le maintenaient artificiellement en vie, au salon son corps était froid. Ça été un choc. »

Au salon, Sonia prend dans ses bras tous ceux qui viennent la saluer. À ceux qui ne savent pas quoi dire elle répond : « Ne dis rien ».

À ceux qui lui disent : « C’est plate », elle répond : « Non, c’est tragique. Plate, c’est quand tu as un flat ou quand tu oublies une chemise dans la sécheuse. » Et à celle qui lui a dit : « Je n’en reviens pas que tu aies donné ses organes, tu l’as tué une deuxième fois », Sonia ne répond rien. Parce qu’il n’y a rien à répondre.

LES RETOMBÉES

Deux jours après le prélèvement des organes, Sonia reçoit un message : le cœur de Félix a été transplanté, l’opération a été un succès. Elle est contente de savoir que quelque part, le cœur de son Félix continue de battre. Mais quelques semaines plus tard, en ouvrant une lettre de Transplant Québec, elle apprend que le receveur est décédé. « J’ai pleuré toutes les larmes de ma vie. J’ai trouvé ça rough. Tant que son cœur battait, c’est comme s’il n’était pas vraiment parti. Mais là, mon Félix était vraiment mort pour de vrai »…

Heureusement, les autres histoires de greffe sont plus heureuses.

Le 26 avril, Sonia reçoit un message Facebook d’une inconnue, Patricia Lauzon. « Mon père a été transplanté des poumons dans la nuit du 24 au 25. Était-ce les poumons de Félix? Les médecins nous ont dit que c’était de jeunes poumons, donc ça nous laisse croire… Juste un oui ou un non, nous aimerions savoir. » Sonia lui a répondu : « Ça ne peut qu’être les beaux poumons du grand champion. » Alors Patricia lui a envoyé une magnifique photo de son père, fraîchement opéré, souriant dans son lit d’hôpital.

Le 27 avril, Patricia Lauzon écrit sur sa page Facebook : « C’est grâce aux poumons de ce jeune homme, Félix, si mon papa peut continuer à vivre. Malgré le tragique accident, Félix a sauvé des vies et il a sauvé celle de l’homme le plus important dans ma vie. Merci du fond du cœur. Mes sympathies à toute la famille, j’aurai toujours et à jamais une énorme pensée pour vous. »

Le 22 mai, un mois jour par jour après l’accident de Félix, Sonia a rencontré Jessica, une jeune enseignante qui l’a elle aussi contactée par Facebook, car elle avait reçu un des reins de Félix. Depuis sa greffe, elle n’a plus besoin de dialyse, elle peut recommencer à vivre et à enseigner et à prendre soin de sa petite fille Alice, deux ans.

« C’était tellement émouvant, tellement positif. Je la regardais et c’est comme si c’était ma fille : un des organes de Félix vivait dans son corps… »

Le 22 juillet 2017, Félix aurait eu 18 ans, l’âge de la majorité. Pour souligner cet anniversaire qu’il n’aura pas pu fêter, Sonia a demandé à Guillaume Lemay Thivierge de la faire sauter en parachute, pour qu’elle se rapproche du ciel et de son fils. « C’était le plus beau jour de ma vie », me raconte Sonia.

Maintenant que Sonia a trouvé sa « mission », elle travaille à la création d’une fondation. Elle voudrait l’appeler « L’étoile de Félix ».

Quand elle était enceinte, Sonia s’était fait dire par une connaissance que Félix serait « un médecin sans frontières ». En sauvant la vie de plus de 6 personnes, Félix a, en quelque sorte, réalisé cette prophétie.

Une histoire touchante; celle de Bryan Bickell

Bryan Bickell

Connu pour ses performances héroïques dans l’uniforme des Blackhawks de Chicago en route vers un triomphe de la coupe Stanley, en 2013 aux dépens des Bruins de Boston, Bickell ne sera pas sur la glace lors de la saison 2017-2018 de la LNH. L’attaquant, atteint de sclérose en plaques, a dû prendre sa retraite à la fin de la saison dernière. Mais Bickell a laissé une trace brillante en comptant un but sur son tout dernier lancer, en tir de barrage avec les Hurricanes de la Caroline.

Dans un article émouvant intitulé «Grinder» publié par The Player’s Tribune, l’Ontarien de 31 ans a raconté son périple dans la LNH et le choc de son diagnostic, puis offert un touchant regard sur la beauté de son avenir, Voici des extraits :

Je ne pouvais pas le nier : quelque chose ne tournait pas rond.

C’était en finale de la coupe Stanley en 2015, à Chicago. Nous venions de perdre le cinquième match de la finale de l’Association de l’Ouest contre les Ducks d’Anaheim et nous tirions de l’arrière 3-2 dans la série.

Les gars ne cherchaient pas d’excuses. […] Nous savions ce que nous devions faire et savions comment y arriver. Tout le monde avait hâte de revenir à Chicago dans un match numéro 7. Tout le monde sauf moi. Je me posais la même question après chaque match depuis deux mois. Pourquoi je ne suis pas bon?

J’avais à peine 30 ans. J’étais dans la LNH depuis seulement cinq ans. Mais pour une raison qui m’échappait, j’étais endolori, mou et vraiment fatigué à n’importe quel moment de la journée. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait.

Le tournant s’est produit lors de ce match numéro 5. J’ai encaissé une mise en échec en troisième période et j’étais incapable de retrouver mon souffle. Je me suis dirigé vers le vestiaire en haletant, puis je me suis évanoui dans l’entrée. Mon visage a cogné le mur en tombant.

Peu importe ce que j’essayais, j’étais en chute libre, physiquement parlant. J’ai commencé à perdre le contrôle de mes bras et jambe gauches. Ils bougeaient de façon aléatoire ou ne répondaient pas aux commandes de mon cerveau. Je perdais le contrôle de mon propre corps et c’était vraiment, vraiment effrayant.

Personne n’était en mesure de me dire ce qui se produisait. Je n’ai pas eu de réponse avant un an et demi. Quand j’ai reçu le diagnostic, je n’y pensais pas trop, mais plutôt comment l’annoncer à mon épouse, Amanda, qui m’attendait dans la voiture, sans la faire pleurer.

«Peux-tu aller parler au docteur?» lui ai-je dit. Elle est sortie de la voiture et je suis resté avec les enfants. C’était un des pires moments de ma vie. Ma femme est revenue dans la voiture, mais aucun de nous deux ne disait grand-chose; il n’y avait pas grand-chose à dire. Que dire?

La semaine suivante était comme une mauvaise montagne russe. Pour chaque brin d’espoir que nous trouvions, un million de mauvaises choses suivaient : les effets secondaires d’un médicament incluaient une leuco-encéphalopathie multifocale, une maladie cérébrale virale qui peut provoquer des attaques, de la détérioration mentale et un coma.

Ni moi ni ma femme ne voulions que ce soit la fin. Nous avons commencé à parler plus souvent aux médecins pour parler d’options de traitement. Nous avons tout fait en notre pouvoir pour ravoir nos vies normales. Pour moi, cela signifiait une chose : jouer au hockey.

Quand j’ai reçu le diagnostic de sclérose en plaques, je savais que mon temps était compté. Après l’avoir annoncé aux Hurricanes de la Caroline (à qui les Blackhawks de Chicago avaient échangé Bickell, NDLR), je l’ai annoncé publiquement. J’ai dit à tout le monde que je reviendrais.

J’ai reçu un soutien incroyable de la part de mes coéquipiers et du personnel des Blackhawks et des Hurricanes, tout comme celui des partisans.

Pendant les deux premiers mois de mon traitement, je ne pouvais pas patiner ni courir. […] Je n’aimais pas que ma femme et mes enfants me voient dans un tel état. Je pourrissais de l’intérieur, mais je devais quand même être un époux et un père. Certains jours, j’avais du mal simplement à me tirer du lit, mais je savais que j’avais la responsabilité d’être fort pour ma famille.

Plus le temps avançait, mieux je me sentais, je savais que je pourrais, à un moment donné, enfiler mon équipement et jouer au hockey à nouveau. J’ai joué 11 matchs avant la fin de la saison. Un but, quatre minutes de pénalité.

Le 9 avril 2017, c’était le dernier match de la saison. Nous jouions à Philadelphie et, dans un deuxième match de suite, nous étions à égalité à la fin de la prolongation. Lors du match précédent, l’entraîneur-chef (Bill) Peters s’était excusé de ne pas m’avoir envoyé en tirs de barrage. Il savait que c’était mes derniers instants, notre équipe était exclue des séries, alors il se sentait mal.

Nous y étions à nouveau, Coach a regardé vers le banc mais, cette fois, il s’est arrêté à moi et a souri. «Bickell, Tolchinski, McGinn. Let’s go.» C’était le tout dernier moment de ma carrière dans la LNH.

Avant d’aller sur la glace pour effectuer mon lancer, j’ai regardé autour de moi. J’étais soulagé. Je m’étais battu pour retourner sur la glace dans la LNH. […] J’ai pensé à toutes ces années de travail depuis le junior; aux trois années et demie dans les ligues mineures; à Chicago; à mon premier but à Détroit et à notre fameux match numéro 6 contre les Bruins de Boston en finale de la coupe Stanley.

C’était la dernière fois que je sautais par-dessus la bande et la dernière fois que des partisans de Philadelphie m’insultaient. «You suck, Bickell!»

Pendant cinq secondes, les choses allaient être exactement comme elles avaient toujours été pendant toute ma vie. J’ai marqué. Mes premiers et derniers tirs dans la Ligue nationale furent des buts. Même les fans de «Philly» célébraient.

Peu importe ce que le futur me réserve, je sais que j’affronte avec du positif. Je suis dans ma meilleure santé depuis longtemps et j’ai une épouse incroyable avec deux beaux enfants qui me soutiennent dans mes épreuves.

Faites-moi une dernière faveur.

Quand vous vous souviendrez de la carrière de Bryan Bickell, ne pensez pas au gars qui avait la sclérose en plaques. Je veux que vous pensiez au gars qui aimait tant son sport qu’il a volé une attelle puante à Marian Hossa pour jouer malgré une déchirure ligamentaire à un genou; au gars qui a travaillé et gagné; au gars qui a pris sa retraite selon ses propres conditions, puis vécu sa trentaine, sa quarantaine, sa cinquantaine, sa soixantaine, ses 70 ans et ses 80 ans comme quand il patinait dans sa vingtaine…

En se battant, un jour à la foi.

TVA Sports

La tradition de la cueillette de l’eau de Pâques

Malgré la difficulté de maintenir une tradition comme celle de la cueillette de l’eau de Pâques, bon nombre de personnes à travers le Québec seront à pied d’œuvre avant l’aube de la présente nuit.

Que ce soit dans un grand cours d’eau, comme la rivière L’Assomption, à l’occasion du 150e anniversaire de Saint-Côme ou dans le ruissellement d’une source souterraine au Lac-Saint-Jean, des gens iront, lampe de poche à la main, puiser l’eau qui présenterait des vertus thérapeutiques, selon certains.

Pour Jean-Marc Tremblay, un dimanche de Pâques ne pourrait pas se passer de ce rituel, lui qui se rend souvent seul à sa source située sur sa terre à bois de 200 acres, dans le secteur de Saint-Henri-de-Taillon, avant de partager sa récolte avec quelques autres personnes. Il l’avait fait il y a une quinzaine d’années avec sa fille et son gendre, qui demeurent à Laval, et il s’est aussi rendu plusieurs fois à Sainte-Monique, où un petit groupe cueille l’eau de Pâques année après année.

Il doit s’agir d’une eau courante à l’année. Dans le cas de grands cours d’eau, elle doit être puisée à contre-courant. Et l’eau de Pâques appartient à ceux qui se lèvent tôt, puisqu’elle doit être cueillie avant les premières lueurs du soleil.

De tradition populaire, les adeptes de cette pratique tentent de la perpétuer pour différentes raisons.

Et ce n’est pas toujours tâche facile, étant donné la pollution de certains cours d’eau et des églises qui cessent leurs activités, laissant derrière elles les réseaux ayant permis de rassembler les gens pour la cueillette de l’eau de Pâques.

– Pour moi, ça une importance, a confié M. Tremblay. Moi je fais partie de la religion catholique, on croit en Dieu, et on croit dans les traditions. J’en prends et j’en laisse, mais j’aime mieux rester là-dedans. Comme on dit, l’homme a besoin de croire en quelque chose, de s’attacher à quelque chose, a-t-il ajouté.

Pour ce qui est des vertus associées à cette eau, qui préviendrait certaines maladies ou guérirait certains maux, ou chasserait même les mauvais esprits, plusieurs y croient de façons plus ou moins marquées.

– Des printemps, c’est arrivé que j’avais mal à l’épaule, j’enlevais ma chemise et je me frictionnais l’épaule avec de l’eau qui coulait de la source. C’est peut-être juste la confiance. Je me figurais que ça me faisait du bien, mais c’est peut-être juste la confiance, a affirmé M. Tremblay, en riant à l’autre bout du fil.

L’homme âgé de 72 ans a dit avoir observé que la tradition a encore cours à plusieurs endroits au Saguenay-Lac-Saint-Jean;

– Dans le coin d’Alma, Jonquière, les gens se déplacent où il y a des sources.

À Sainte-Monique, où il s’est rendu plusieurs années, il devait attendre son tour en raison du nombre de participants, et également de l’ambiance un peu chaotique qui pouvait y régner. Là aussi, il s’agit d’une source souterraine, près d’une montagne de sable.

– L’eau, qui vient d’une montagne de sable, est purifiée par le sable. Il m’arrivait d’avoir à attendre une demi-heure avant de pouvoir aller me chercher de l’eau à mon tour, parce qu’il y a toujours des gens qui (étaient) arrivés avant. Il y a aussi le fait que des gens fêtent toute la nuit à Pâques, ils ne boivent pas juste de l’eau de Pâques, ils boivent de la bière aussi. D’après moi, il se boit plus de bières que d’eau de Pâques, laisse-t-il tomber.

À Saint-Côme, dans Lanaudière, il y avait bien quelques familles qui allaient puiser de l’eau à différents endroits au fil des années, mais l’organisation des fêtes du 150e de la municipalité a décidé d’organiser un rassemblement plus important, cette année.

La coordonnatrice sur le comité du 150e, Fernande Gauthier, a indiqué qu’après avoir lancé l’idée, des gens qui n’avaient jamais assisté à la cueillette l’eau de Pâques ont montré de l’enthousiasme à vivre l’expérience pour une première fois.

Les organisateurs ont préparé des bouteilles et de la nourriture pour une centaine de personnes.

– C’était très courant dans les années 1920, 1930, 1940, cela a cessé un peu en 1960, avec la Révolution tranquille, mais il y a quand même des gens qui ont continué à le faire, et il y en a qui le font tous les ans. J’ai proposé l’idée et les gens ont embarqué, a indiqué la retraitée, qui dit avoir fait du bénévolat sans arrêt depuis 55 ans à Saint-Côme.

Pour cet événement à Saint-Côme, chaque participant ne s’aventurera pas dans la rivière étant donné le haut niveau de la rivière. Ils seront quelques-uns à puiser l’eau à partir du pont du village dans des grandes chaudières.

Pour Mme Gauthier, il s’agit davantage d’une tradition païenne que d’une pratique ancrée dans la religion catholique.

– Au début de tout, ç’a commencé par des cérémonies païennes, alors il n’y avait rien à voir avec la religion catholique comme tel. Au cours du temps, les religions l’employaient beaucoup, et pas seulement la religion catholique. C’est le printemps qui arrive, c’est du renouveau. Ceux qui croyaient beaucoup à ça disaient que le soleil se levait en dansant, a-t-elle expliqué.

Source : La Presse canadienne

Joyeuses Pâques

Sans mots, sans voix, mais tristement cruel

SérénitéCe matin à l’émission de Paul Arcand au FM 98,5, nous avons eu droit à un témoignage poignant et bouleversant de l’homme qui, il y a à peine trois semaines, découvrait toute l’atrocité d’avoir oublié son bébé de moins d’un an dans son auto durant toute la journée avec la fin tragique qu’on connaît.

On ne peut rester insensible à un tel aveu de culpabilité qu’un père peut vivre et qu’il devra traîner toute sa vie comme un boulet. À entendre son témoignage, les larmes nous inondent les yeux. On a beau se dire que ça n’arrive qu’aux autres, mais personne n’est à l’abri d’un tel drame qu’on ne souhaite, même à son pire ennemi, vivre.

Franchement, je ne sais pas où il a pu puiser la force de seulement en parler. Sa confession, parsemée de pleurs et de cris du cœur, était poignante à écouter. On pouvait sentir toute sa souffrance. Sa conjointe et ses proches lui ont évidemment pardonné, mais imaginez tout le poids insoutenable que ça peut engendrer. On dit que souvent les plus dures épreuves arrivent à ceux et celles qui ont la force de passer au travers. Devant cette troublante déclaration, je suis porté à le croire.

Peut-on mesurer la force qu’il faut pour surmonter pareil drame? En tout cas, l’entrevue diffusée était une bombe d’émotions et après avoir écouté le père démoli, on ne peut que lui souhaiter la force et la sérénité de se relever d’une telle catastrophe et de continuer son chemin avec sa jeune famille. Même si les policiers sont encore à l’étude du dossier pour la suite des choses, mes pensées les plus profondes accompagnent cette famille et que ce petit ange, disparu trop tôt, les aide et les guide à chaque moment dans cette épreuve. Le papa a suffisamment payé cette sentence à vie que celle-ci lui a rendu, sans que le tribunal des hommes se prononce. Qu’il chemine maintenant dans la paix et la sérénité avec les siens.

Le triomphe d’une miraculée

Maude PoirierCette année, j’ai décidé de faire un beau et émouvant cadeau à mes fidèles lecteurs et lectrices ; celui d’une miraculée qui a gagné sa bataille contre le cancer. Vous l’avez peut-être remarqué dans les pages du Journal de Montréal du mercredi 30 décembre dernier, sous la plume d’Héloïse Archambault. Je veux parler de Maude Poirier, maintenant âgée de 15 ans, et déterminée comme pas une à vaincre cette terrible maladie qui bouleverse et choque, seulement à l’entendre.

Cette sportive aguerrie, victime atteinte d’un cancer du système nerveux à 14 ans, allait puiser dans toutes ses forces et sa détermination pour combattre et finalement triompher. Et pour y arriver, quoi de mieux que livrer son combat en canalisant une partie de ses énergies dans l’écriture.

L’article donnait le lien de son blogue et la curiosité m’a poussé à y faire un tour, à essayer de découvrir ce qui peut bien passer dans la tête d’une victime. Comment elle a abordé son destin. Où a-t-elle puisé la force de combattre. J’ai parcouru avec avidité tout son cheminement jusqu’à son heureux dénouement. Les états d’âme de sa famille et de ses amis, ses émotions à fleur de peau et surtout son secret pour arriver à ses fins ; le sourire et sa dérision.

En une heure, j’étais passé à travers les récits de sa bataille sous tous ses angles. J’ai surtout été conquis par sa façon d’affronter ce mal avec la candeur de ses quatorze ans et la volonté qu’elle y a mis. Un exemple de courage sans limite et d’espoir.

Je vous invite fortement et avec insistance à lire son histoire en cliquant sur le lien suivant http://maudepoirier.simplesite.com/ : un baume pour le cœur et un récit qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout.

Bonne chance Maude et que la santé t’accompagne pour très longtemps, afin de réaliser tes rêves.

Mettre du soleil dans une journée

Merci4Il y a de ces jours où tout va pour le mieux. On se sent en plein contrôle et on mord dans la vie à pleine dent. Si en plus, on reçoit une forte dose d’amour, d’appréciation et d’attention, on est comblé. Aujourd’hui c’était mon cas. Dès le dernier coup de minuit sonné, ma Loulou s’avançait vers moi, fière d’être la première personne à me souhaiter le meilleur en ce jour de mes 64 ans. Dès lors, je savais que mon cellulaire allait jouer sa douce musique d’un appel, d’un texto, d’un courriel, reçus durant toute la journée. Et je ne m’étais pas trompé. À un point tel que j’ai dû recharger mon téléphone en début d’après-midi.

Évidemment, mon blogue et les réseaux sociaux y sont pour quelque chose dans cette soudaine popularité mais, j’ai toujours été impressionné par ces gens qui prennent la peine de s’arrêter quelques instants pour prendre le clavier et exprimer leurs souhaits spontanément à d’autres qui célèbrent un anniversaire. Vous n’avez pas idée combien ça met du soleil dans une journée. Moi, je suis un maniaque en la matière puisque j’ai cette manie de noter dans ma liste de contacts, chacun de leur anniversaire, pour leur écrire un petit mot le jour venu et mettre à mon tour du soleil dans cette journée et leur souhaiter ce qu’il y a de meilleur.

Un anniversaire c’est propre à chacun et c’est beaucoup plus qu’un chiffre. C’est un moment qu’il faut célébrer chaque année et apprécier. Le moment de prendre un temps d’arrêt et se laisser bercer par l’amour, sous toutes ses formes, que les gens peuvent nous témoigner car, comme le dit la chanson; «Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien».

C’est dans cet esprit que j’ai vécu ce jour d’anniversaire et même si j’ai répondu à chacun de vous, je veux vous remercier sincèrement, haut et fort, d’avoir pris la peine de m’adresser un petit mot de circonstance. C’est définitivement le plus beau cadeau qu’on peut espérer recevoir et qui reste toujours une valeur inestimable, une nourriture pour le cœur et l’âme.

MERCI!

1,20$ pour un simple chèque

Utilisez-vous encore des chèques? Moi non, et depuis belle lurette. Je préfère payer par Internet ou par virement Interac. Bref, les nouvelles formes de paiements à la mode des années 2000. Technologies obligent! Mais, comme c’est toujours pratique d’avoir quelques chèques en réserve, je vérifie mon chéquier pour vérifier ma provision au cas où. Il ne m’en restait plus!

Alors j’en prends note et quelques jours plus tard, je me présente à ma banque :

– J’aimerais commander quelques chèques, dis-je au caissier. C’est combien, disons pour un seul livret?

– 52$ pour 50 chèques minimum, taxes en sus!

– 60$!!! Ça va me durer 30 ans, 50 chèques. Vous ne pourriez pas me donner un chèque en blanc pour me dépanner?

– Monsieur, ça fait des années que nous n’en tenons plus.

– Oubliez ça! Je vais payer comptant et le déplacement ne me coûtera pas beaucoup d’essence (J’ai une voiture électrique).

Imaginez, ça fait 1,20$ par chèque. Une autre arnaque de voleurs sans scrupules. Avec les profits faramineux des banques, ils ne sont même pas foutus de nous donner des chèques à des prix raisonnables et abordables. Fini les chèques qu’ils nous donnaient jadis. Après tout, on leur donne nos économies et tout est prétexte à nous faire payer le moindre petit service.

En bout de ligne, le caissier m’a proposé une traite bancaire. C’est comme un chèque sans en être un mais à 7,50$ pièce. J’ai refusé et quitté les lieux très déçu. Alors fini les chèques pour moi. Dorénavant, je paierai par virement Interac. Une vraie petite merveille efficace et sécuritaire. L’avez-vous déjà essayé? Une merveille de simplicité, d’efficacité et de rapidité, accessible à toute personne possédant une simple adresse courriel. Renseignez-vous parce que l’essayer c’est l’adopter.

Histoire vraie…

L’histoire qui suit est véridique et est un bel exemple de ce que l’humain est capable de réaliser pour continuer à vivre pleinement, malgré la maladie. Le courage de se battre. Je veux la partager avec vous pour vous montrer que la volonté et l’amour sont capables de grandes choses. Ce texte d’Emmanuelle Tassé, est reproduit intégralement avec la permission de Diabète-Québec et est présentement publié dans le numéro Printemps 2015 de la revue Plein Soleil, périodique officiel de cet organisme.

Louise Thibault (5 mai 2015)Vainqueure

Louise Thibault, 52 ans, sait ce qu’est un parcours de combattant. Éducatrice spécialisée pour les jeunes affectés par des problèmes de santé mentale à l’Hôpital de Sept-Îles, elle a dû elle-même faire face à une succession de difficultés avec un courage et un sang-froid qui touchent le cœur. Elle en est venue à accepter un diagnostic de diabète, puis de sclérose en plaques, et même la greffe d’un rein pour continuer à aller de l’avant.

«Je côtoie des jeunes de 0 à 18 ans qui ont du mal à cohabiter avec leur famille, sont placés dans une autre ou qui sont suicidaires, tous les cas de figures sont possibles. Ce sont des jeunes qui ne passent pas bien en société et qui ont besoin d’être compris, qui ont surtout besoin d’être orientés pour espérer s’en sortir», explique Louise Thibault qui travaille avec des pédopsychiatres, des parents, les écoles et les centres jeunesse «par amour des enfants».

La vie de Louise était plutôt calme jusqu’à 30 ans. Puis, enceinte de Simon, elle a vu un diabète de grossesse se déclarer étonnamment tôt, à huit semaines, ce qui peut laisser penser qu’il était déjà présent avant le bébé. De type 1 ou 2, ce n’était pas clair car, d’un côté, il s’est déclaré à un âge avancé mais, de l’autre, il ne s’est pas accompagné de surpoids. Une tentative de diète n’en est pas venue à bout. Il a fallu dominer la peur des aiguilles et apprendre à se piquer car la médication par voie orale ne suffisait pas. «J’ai fait beaucoup d’exercice et, heureusement, j’ai vécu une très belle grossesse et un bel accouchement quand même», se souvient-elle. En contrepartie, le diabète a refusé de s’en aller et le traitement à l’insuline a perduré, à raison de quatre injections par jour, sans compter le calcul des glucides au quotidien.

À 34 ans, Louise est rentrée à l’hôpital. Soudainement, elle avait perdu la vision de son œil gauche. Tumeur au cerveau ou sclérose en plaques, les médecins ne savaient pas encore ce qu’il en était. «J’étais en état de choc. Je pensais à Simon qui n’étaient même pas encore en âge d’entrer à l’école», se rappelle-t-elle. Il aura fallu huit mois d’angoisse pour aller passer un scanner à Québec et finalement en revenir avec un diagnostic de sclérose en plaques. «J’avais peur mais le neurologue m’a prescrit un médicament injectable tous les deux jours pour empêcher la maladie d’évoluer. Je n’ai jamais eu d’autres périodes de crise par la suite», dit Louise. Malgré la séparation d’avec le père de Simon et une santé fragile, elle s’est adaptée à la situation. À partir de 40 ans, une pompe à insuline a facilité son quotidien.

Greffe d’amour
À 48 ans, un matin, Louise a vomi du sang et a été envoyée d’urgence à Québec en avion. On lui a alors enlevé le lobe moyen droit pour remédier à ce que les médecins ont cru être une pneumonie mal traitée. Il a fallu retourner à Québec une seconde fois et reprendre l’opération qui n’a pas eu les résultats escomptés. C’est à cette époque que Louise a débuté l’hémodialyse car ses reins montraient des signes de faiblesse. Elle a passé quatre mois à l’hôpital à cette époque.

Deux ans plus tard, il a fallu songer à une greffe de rein car l’hémodialyse, même trois fois par jour, ne suffisais plus. «J’ai passé trois ans en tout sans travailler, j’étais très fatiguée», dit Louise. C’est son frère Guy, de 10 ans son aîné, qui a pris la décision de lui donner son propre rein et qui a entamé des démarches et mené son initiative jusqu’au bout. «J’attendais un donneur et mon frère n’en pouvait plus de me voir malade, Il a été très généreux. C’est mon idole. Je l’ai toujours aimé, mais maintenant c’est comme mon jumeau. Je n’ai pas de mot pour dire ce que je ressens face à ce don», raconte Louise qui a reçu avec beaucoup d’émotion ce cadeau pour ses 50 ans.

«Après la greffe, j’étais surexcitée, mais il a fallu réopérer à cause d’une hémorragie. Mon médecin, le Dr Caumartin, a été formidable», dit Louise, encore ravie. Elle est restée trois mois à Québec pour l’opération, les échographies et les prises de sang, pour s’éviter les allers-retours en avion et la fatigue. «À Québec, j’ai vécu chez ma sœur et j’ai eu de bons amis, j’ai été bien entourée», dit Louise qui apprécie beaucoup sa nouvelle condition. «C’est complètement une nouvelle vie. Mes proches me disent que je suis redevenue la même qu’avant la maladie», ajoute-t-elle. Le Dr Annie Lebel, généraliste à Sept-Îles et le Dr Whittom, endocrinologue à Québec, l’ont énormément soutenue pendant ces années si difficiles.

La sclérose en plaques ne se manifeste toujours pas, on touche du bois. Un retour progressif au travail a permis à Louise de reprendre son poste d’éducatrice spécialisée à temps plein, qu’elle aime sincèrement. Elle s’offre des loisirs et de petits voyages. Simon, quant à lui, a terminé sa technique policière à Nicolet et fait la fierté de sa mère. Ils ont fêté sa deuxième année de greffe et la graduation de Simon en même temps en faisant un bilan ému des épreuves traversées ensemble. «Je crois vraiment que c’est par amour pour lui que j’ai fait preuve d’autant de résilience», confie Louise qui, espère-t-elle, a encore de beaux jours devant elle.

Un militaire vétéran de 95 ans, toujours hanté par les atrocités d’une guerre

J’adore les histoires vraies. Elles racontent la vie, quelque chose de véridique qui s’est déroulé dans le temps. Les témoignages qu’on y découvre sont authentiques et rendent les faits d’une époque, dans ce temps.

Hier, comme je l’indiquais dans les éphémérides du blogue, les américains célébraient une triste histoire, celle de l’attaque sournoise et sauvage des japonais sur Pearl Harbor, au matin du 7 décembre 1941. Et ici, les vétérans des grandes guerres sont élevés au rang de héros et partout, lorsque l’occasion se présente, on salue leur courage.

Chez-nous, il suffit d’écouter les anciens combattants raconter les atrocités dont ils ont été victimes aux champs d’honneur, pour découvrir à travers leurs larmes et sanglots, toute l’horreur que cet enfer leur a laissé en héritage et ce, bien des années plus tard.

En feuilletant le journal local ce matin, j’ai découvert l’histoire suivante que je veux partager avec vous. Un épisode dramatique de Pearl Harbor, vécu par un vétéran, aujourd’hui âgé de 95 ans, et qui vit près d’ici, à Lehigh Acres. Voici donc la traduction que j’ai réalisé, sur l’histoire de ce héros; Orva Glass…

Pearl Harbor2« Pour le soldat de l’armée américaine de 22 ans, Orva Glass, c’était une autre belle journée au paradis; mercure de 25°C, frémissement des palmiers sous une brise de 15-20 km/h, quelques nuages et une légère vague sur le rivage de la baie.

Son déjeuner avalé et sa toilette terminée, il se dit : Je suis fin prêt pour pendre l’autobus pour aller en ville.
Au même moment, «bam, bang, boum, boum», ils ont pulvérisé la place de balles. Je pouvais entendre les «bing, bing» des projectiles frappant des objets dans la cuisine. Je devinais que quelque chose n’allait pas.

Effectivement quelque chose se produisait. Nous étions le 7 décembre 1941, à Oahu, Hawaii et les avions japonais attaquaient la flotte navale américaine, ancrée au port de Pearl Harbor, de même que l’armée, l’aviation, l’aéroport et la garnison de Schofield, à l’endroit même où Orva s’était rasé.

À 6h00 ce jour-là, 6 porte-avions japonais, naviguant à 320 kilomètres au nord d’Oahu, procédaient au décollage de 183 avions – Chasseurs, bombardiers et avions-torpilleurs – comme première vague d’attaque avec l’objectif de détruire la flotte navale américaine du pacifique, afin de permettre au Japon de développer son empire.

L’attaque a débuté à 7h55 alors que les avions japonais mitraillaient leurs objectifs de destruction au bombardement des avions américains cloués au sol des aéroports Wheeler Field, Hickam Field, Barbers Point et Kaneohe, en plus des bateaux dans le port.

Alors que la garnison de Schofiels était attaquée, Glass, un natif d’Alliance, Ohio, demeurant maintenant à Lehigh Acres en Floride, accompagné d’autres membres de la 97th Coast Artillery, montèrent dans les camions pour rejoindre leurs batteries anti-aériennes au sud-est du port.

D’après le livre Attack on Pearl Harbor : Strategy, Combats, Myths, Deceptions, de Alan Zimm, les batteries anti-aériennes souffraient d’un manque d’effectifs et n’étaient pas préparées pour une attaque du genre.

Entre 8h15 et 9h00, les hommes de la 97th Coast Artillery ont ouvert le feu avec des armes légères et ont utilisé 27 cartouches de 3 pouces. Nous n’étions pas organisés pour attaquer. Glass rajoute : Nous n’avions que quelques cartouches et on a fait pour le mieux avec ce qu’on avait.

J’avais à manipuler les munitions. Je n’avais pas le temps de réfléchir. Tout le monde était trop occupé. Des gens hurlaient «prenez les munitions là-haut!»

Dans Attack on Pearl Harbor, Zimm déclarait que la 55th Coast Artillery a été créditée d’avoir abattu deux avions japonais, alors que la 97th n’en n’avait descendu aucun.

Tout le monde tirait et tout le monde réclamait avoir atteint l’ennemi. Glass de rajouter : Mais qui a vraiment frappé, c’est difficile à dire.

À 8h40, la deuxième vague japonaise de 171 avions, attaquait Oahu, pour poursuivre sa destruction.

De son point de vue, Glass ne pouvait voir ce qui se passait dans le port. On pouvait voir voler les avions à distance; ils effectuaient des sorties. Ils survolaient le port et laissaient tomber leurs bombes. Quelquefois, ils nous survolaient également.

Un groupe d’avions s’amenait et mitraillait à profusion, puis un autre groupe faisait de même. Nous ne savions pas ce qui arrivait. Nous n’étions pas en guerre. Tout ce que nous savions, c’était d’ouvrir le feu en réplique.

À 9h45, l’attaque était terminée.

Les pertes américaines faisaient état de 2,335 militaires tués, incluant 1,104 membres de l’équipage du cuirassé Arizona, et 1,143 blessés; 68 civils ont également trouvé la mort et 35 autres ont été blessés.

Trois navires, les cuirassés Oklahoma et Arizona ainsi que le bateau d’entraînement Utah ont été totalement perdus et n’ont jamais combattu par la suite. Cinq bateaux ont été coulés, puis renfloués et réparés afin de rejoindre la flotte. 13 bateaux endommagés ont pu reprendre du service une fois réparés.

L’aviation américaine a perdu 188 contre-torpilleurs et 159 furent endommagés.

Du côté japonais, on dénombra 64 décès et un soldat fut fait prisonnier. 29 avions furent détruits ainsi que 5 sous-marins Midget.

Le lendemain, 8 décembre, les États-Unis déclaraient la guerre au Japon. Trois jours plus tard, l’Allemagne et l’Italie déclaraient la guerre aux États-Unis.

Glass demeura en devoir à Oahu, où il étudia l’électronique, avant d’être démobilisé en 1945, avant la fin de la guerre.

De retour à Alliance, il travailla 30 ans pour un concessionnaire de produits RCA et souffre toujours de troubles associés au stress post-traumatique.

J’ai traversé l’enfer, déclare-t-il. Beaucoup de personnes ne sont pas passés par là. J’ai été chanceux. Une balle aurait pu m’atteindre autant que n’importe qui d’autre et je suis ici, à 95 ans, et toujours en vie.

Dans mon esprit, c’est comme si c’est arrivé hier. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas oublier.»

Source : The News-Press, dimanche 7 décembre 2014 – Pearl Harbor – Day of infamy