Le cerf aux bois de lumière

La Une

Je me souviens du jour de Noël, en Pologne, dans les petites rues de mon village. Les plaines qui l’encerclaient étaient couvertes d’un tapis blanc. Je voyais les enfants courir dans les petites ruelles et jouer en se lançant des boules de neige. D’autres couraient vite, afin d’aller chercher des chocolats chauds au petit commerce du village. Des stands étaient remplis de fourrure et d’outils pour la chasse d’hiver.

Dans mon village, les hivers étaient durs et froids, nous devions rester au chaud pour ne pas finir malades et fiévreux. Les jours de décembre, il y avait toujours ce mystérieux monsieur avec des vêtements élégants et chers. Il nous demandait de l’appeler monsieur Oliver. Il nous racontait plein d’histoires aussi farfelues les unes que les autres, pleines de magie et d’aventures.

Monsieur Oliver était vieux, et même s’il avait l’air d’un riche, il avait un grand cœur. C’est ce que les gens disaient. Un jour, j’étais allée me promener au petit marché du village et comme d’habitude, je l’ai vu assis sur son petit banc au milieu du marché. Plein d’enfants attendaient qu’il commence son histoire du jour. Je suis allée m’assoir avec les autres et il a commencé à raconter son histoire.

Celle-ci commençait par trois enfants, trois frères. Le plus vieux se nommait Noah, le benjamin se nommait William et le cadet, Oliver. Évidemment les enfants avaient vite compris que le vieillard avait donné son prénom à un des personnages. Les frères étaient âgés de 15, 12 et 9 ans. Le vieil homme avait précisé que cette histoire se déroulait dans ce village.

Les garçons étaient nés dans une grande famille, leur maison était proche du village et était située à proximité d’une forêt, où les enfants allaient souvent jouer. À cette époque, les histoires n’étaient pas comme celles d’aujourd’hui, elles étaient racontées comme des légendes et la légende la plus racontée était celle du « cerf aux bois de lumière. » Leur mère leur racontait tous les soirs, elle leur répétait que le cerf aux bois lumineux était un personnage très distingué, mais qu’il détestait par-dessus tout qu’on brûle des feux proches de sa forêt ou qu’on touche à ses bois lumineux, sans sa permission.

Pour le cerf, la forêt était un cadeau que les ancêtres avaient laissé et lui avaient donné la responsabilité de la garder. Un matin, les frères étaient partis s’amuser dans la forêt en passant à travers le village et en saluant tout le monde. Noah, le plus vieux aimait sculpter des objets dans le bois, il avait trouvé une grosse branche dans laquelle, il avait commencé à sculpter avec son petit couteau suisse. Les deux autres frères cherchaient une occupation. Leur frère aîné avait la responsabilité de les surveiller. William avait eu l’idée de commencer un bonhomme de neige, pendant que le jeune Oliver écrivait dans son petit carnet, les mains gelés par le froid.

Soudain, dans le village, les frères avaient entendu un cri résonner dans les plaines blanches. Les trois frères cessèrent leur occupation pour se précipiter vers le village où une maison brûlait, à cause d’une lumière qui avait éclaté. Cela arrivait de temps en temps, durant l’hiver, que l’une des maisons prenne feu à cause des décorations.

Les frères immobiles regardaient les habitants essayer d’éteindre les flammes. Le cadet, Oliver, s’était retourné d’un air étrange ayant entendu un petit bruit ou son, inconnu. Vers la forêt, à l’orée de celle-ci, des lumières brillaient de toutes les couleurs sur les bois d’un cerf. Il voulait le dire à ses frères, mais le cerf était disparu en un instant.

Le soir, après que la mère eut bordé Noah, William et Oliver, l’un des frères s’était levé, pris la lampe qui était dans la garde-robe, et s’était habillé le plus chaudement possible pour ne pas que le froid de la nuit, lui gèle le corps.

En descendant l’escalier, il était passé par la cuisine qui était juste à côté, pour passer la porte qui menait vers l’extérieur, dans le jardin. Une fois sorti, il avait allumé la lampe et marchait vers la forêt sombre. Il pouvait entendre les bruits du vent à travers les branches et le froid qui tapait son manteau. En s’enfonçant dans la forêt, il regardait autour de lui.

Le frère, le jeune Oliver était un enfant très curieux qui aimait l’aventure. Après avoir entendu le bruit plus tôt, et vu le cerf, il voulait confirmer s’il existait vraiment une telle créature, aux bois de lumière. Sur le chemin, il s’était arrêté près d’une rivière gelée et avait baissé la tête pour voir la glace gelée parfaitement comme un miroir.

Ce qui était étrange, est que normalement la glace se forme de façon… naturelle. Tout à coup, de la lumière apparue sur le reflet de la glace. Oliver avait levé la tête et vu le cerf qui le regardait droit dans les yeux. Dans toute sa jeune vie, il n’avait jamais vu une telle beauté. Des lumières vertes, blanches, rouges, jaunes et bleues étaient accrochées sur les bois du majestueux cerf. Ses yeux sombres détendaient Oliver. On aurait dit que le cerf le charmait.

Oliver secoua la tête comme s’il avait l’impression de rêver. Le jeune enfant avait reculé d’un pas et déposé sa lampe. Le cerf s’était mis à faire du bruit comme s’il était paniqué. Sur le coup, Oliver ne comprenait pas trop, puis, il reprit la lampe dans ses mains. Le cerf semblait détester qu’il ait apporté une lampe à l’huile. Oliver s’était souvenu de ce que sa mère lui répétait souvent. Il ferma la lampe et s’assit sur la neige. Oliver, très à l’aise, s’était mis à discuter avec lui. Il le complimentait sur ses bois et lui posait plein de questions, sachant quand même que le cerf ne lui répondrait pas. Il avait fini par s’endormir dans le froid.

Le lendemain, il s’était réveillé, toujours au même endroit. Heureux de ce qu’il avait vu, il avait couru à l’extérieur de la forêt et était rentré dans le salon tout excité. Personne n’était là. Ils étaient tous partis au marché du village pour acheter de la nourriture. Il avait monté dans sa chambre et avait noté tout ce qu’il avait vu.

À la fin de chaque semaine, il faisait la même chose ; il allait dans le bois, près de la rivière, pour retrouver le cerf avec ses bois lumineux. Ce soir-là, le cerf semblait lui aussi plus à l’aise. Oliver pensait que l’animal était plus solitaire, froid et distant, mais il se trompait. Le cerf était un animal doux.

L’homme qui racontait l’histoire disait aux enfants qu’avant de connaître la suite, il devait leur raconter la légende du cerf. Lorsque qu’il était petit, le cerf venait de perdre sa mère à cause des chasseurs. Le maire de notre village était un homme très sociable et courageux, il avait un grand cœur chaleureux. Il avait trouvé le cerf dans la forêt, pendant l’hiver. Il venait le nourrir de temps en temps. Le cerf le considérait un peu comme un ami. Un jour, la forêt était en feu, à cause de bandits qui étaient venus voler dans le village. Le cerf était triste d’avoir perdu son habitat.

Le maire avait fait reconstruire la forêt en faisant venir des sapins et les avait plantés. Les années passèrent et le cerf n’avait pas l’air plus vieux, il avait seulement grandi. C’est comme si Dieu l’avait béni. Les habitants du village disaient que le cerf était immortel et qu’il avait sûrement été choisi pour une mission.

Le maire, rendu vieux, avait attrapé une vilaine grippe qui lui prenait la vie de jour en jour. Un matin, malgré sa mauvaise santé, il était allé près de la forêt et avait déposé une guirlande de lumières en signe d’adieu au jeune cerf. Depuis, le cerf était devenu le gardien de la forêt, nos ancêtres l’ont respecté et adoré.

Dans cette légende, le cerf était immortel, car il choisissait, à chaque 100 ans, un successeur qui le remplacerait en tant que gardien. Il avait le pouvoir de changer les âmes et de les amener dans l’au-delà, voilà le vrai sens de cette légende. C’est ce que monsieur Oliver, celui qui racontait l’histoire, nous avait dit.

L’homme continua de raconter son histoire en nous disant qu’Oliver, cette fameuse nuit, avait été porté disparu. Sa famille ne l’a jamais retrouvé. Oliver serait mort de froid la deuxième fois qu’il était allé voir le cerf. Comme la légende le disait, le cerf avait choisi son successeur.

Les enfants étaient perturbés et, en même temps, émerveillés par l’histoire du vieux monsieur. Moi, ce jour-là, je l’avais regardé et pensé que c’était l’esprit du cerf qui était peut-être venu nous raconter son histoire. Les enfants autour de moi, ne pensaient peut-être pas la même chose que moi, mais mon intuition me l’avait dit. Après cette histoire, j’étais rentré chez moi. La ma maison se trouvant proche des plaines, on pouvait y voir la forêt au loin.

Ce soir-là, les lumières illuminaient les rues et les marchés. Pendant un moment je m’étais sentie coupée du monde. Dans mes oreilles j’entendais une douce chanson, une mélodie. Me retournant vers la forêt, et je le voyais, ses grands bois majestueux, brillants de mille feux. Ce jour-là, je me demandais s’il m’avait vu ? Je lui avais fait un sourire et j’étais rentrée dans ma maison, sans rien dire à mes parents.

Maintenant, je me retrouve à vous raconter cette histoire parce qu’il y a une belle leçon à tirer de celle-ci. Les émotions guident tes actions. La curiosité guide tes pas et ton imagination. Je veux surtout que vous reteniez que le cerf représente ton histoire. Le cerf avait eu une dure vie, mais les épreuves qu’il avait traversées, ont fait de lui le cerf aux bois de lumière.

Les lumières étaient les épreuves, les réussites et les défaites. Le successeur était la suite de ton histoire. Celui qui continuera de parler de toi ou de penser à toi. Même s’il ne pense plus à toi, il continuera de vivre.

Un conte de Jasmine Mailloux, 14 ans


349e jour de l’année

15 décembre 2021

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DU THÉ


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Gaétane Michaud

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour

Le durcissement de l’esprit est beaucoup plus sérieux que celui des artères.

Napoleon Hill


Ça s’est passé un 15 décembre…

(1964) La Chambre des communes adopte l’unifolié en tant que nouveau drapeau du Canada. L’étendard sera hissé pour la première fois le 15 février 1965.

(2008) Les pneus d’hiver deviennent obligatoires au Québec, du 15 décembre au 15 mars. Modifié pour le 1er décembre en 2019.

(2012) Le dernier tronçon de l’autoroute 30, qui contourne l’île de Montréal entre Vaudreuil-Dorion et Sorel-Tracy, est finalement accessible à la circulation.


Merci de votre assiduité. – Passez une excellente journée !

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :