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Histoire
LA CIRCONSCRIPTION DE CHRISTINE FRÉCHETTE PERPÉTUE LE SOUVENIR DE DEUX FRÈRES EXÉCUTÉS POUR HAUTE TRAHISON
Pendus le 18 janvier 1839, les frères Sanguinet incarnent le prix payé par ceux qui ont défié l’ordre colonial britannique.
L’ancêtre, Simon Sanguinet, fut notaire royal à Varennes de 1734 à 1748. Franc-maçon, c’est un loyaliste proche du gouverneur Guy Carleton (Lord Dorchester).

Après l’arrivée des Américains à Montréal, en mars 1776, il s’en prend à la tiédeur de ses compatriotes « peuple ingrat » qu’il invite à chasser les « brigands » américains, selon l’archiviste Yves-Jean Tremblay. Mais il stigmatise aussi l’attentisme de Carleton et son absence de réactions face aux exactions commises par les troupes britanniques.
L’UNIVERSITÉ QUI NE FUT JAMAIS
Le 14 mars 1790, Simon Sanguinet meurt à 57 ans sans enfant. Son testament comporte un legs important pour la création d’une université à Montréal. Mais, dans un long et coûteux procès en annulation de testament, ses héritiers, dirigés par son frère Christophe invoquent son esprit troublé et l’incohérence de certaines dispositions du testament pour obtenir gain de cause.
Il faudra attendre que James McGill, alors l’homme le plus riche de Montréal, fasse un don testamentaire pour la création en 1821 de l’université qui porte son nom.
Ce n’est qu’en 1878, que l’Université Laval ouvrira une succursale à Montréal.
Déjà en 1787, dans un Québec marqué par un analphabétisme affligeant chez les Canadiens français, une commission d’enquête sur l’éducation avait recommandé l’école primaire obligatoire et la fondation d’une université publique, neutre sur le plan religieux, pour servir anglophones et francophones.
Le projet se heurta à une vive opposition de l’Église catholique et ne sera jamais réalisé. L’épiscopat refuse catégoriquement l’idée d’une université neutre.
La longue lutte entre l’État et l’Église pour le contrôle de l’enseignement au Québec se prolongera jusqu’à la Révolution tranquille des années 1960.
LES SANGUINET REJOIGNENT LES PATRIOTES
Les petits-fils de Christophe Sanguinet et fils d’Ambroise Sanguinet seigneur de La Salle, Christophe-Ambroise et Charles-Amable, furent condamnés à mort et exécuté par pendaison à Montréal le 18 janvier 1839 pour haute trahison.
La circonscription de Sanguinet sur la Rive-Sud de Montréal, actuellement représentée par la première ministre Christine Fréchette, est nommée en l’honneur des deux frères.
Propriétaire de la seigneurie de La Salle dans la région de La Prairie, la famille Sanguinet en fût dépouillé du cinquième le mieux développé par les autorités britanniques.
Leur grand-père, Christophe Sanguinet, est décédé en 1809 sans avoir pu reprendre cette partie de la seigneurie.
À la mort de leur père, Ambroise, en 1819, les deux fils, qui avaient à peine 20 ans, en sont devenus les coseigneurs. Ils n’ont jamais récupéré les 20 % de territoire et avaient beaucoup de ressentiment envers les autorités coloniales britanniques.
En 1820, Charles-Amable participe à une assemblée qui réclame le rappel du gouverneur George Ramsay qui refuse l’élection de Louis-Joseph Papineau comme orateur de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada.
Le 3 novembre 1838, Charles-Amable et Charles-Ambroise font partie d’un groupe de patriotes impliqués à Saint-Constant dans une fusillade avec des loyalistes qui entraîne la mort d’un Anglais, Aaron Walker qu’ils voulaient désarmer.
Condamnés à mort par une Cour martiale, ils seront pendus le 18 janvier 1839 à la prison du Pied-du-Courant. Charles-Ambroise demeurait à Saint-Constant, Charles-Amable habitait Saint-Philippe.
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