Bon anniversaire Pierre-Olivier

Salut Pierre-Olivier. Quatorze ans déjà et le 4 février 2004, tu arrivais comme le plus beau des présents. Comme le temps passe… et nous aussi on a vieilli de 14 ans mais à t’observer, ça nous rajeuni. Le petit bonhomme a grandi pour devenir un bel ado fier et déterminé. Mordre dans la vie c’est ce qu’il y a de plus enivrant.

Comme grands-parents, des petits-enfants c’est le plus beau des cadeaux qu’on puisse recevoir. Nous te souhaitons que du bonheur et de beaux moments. L’âge n’est rien, la jeunesse est dans le cœur et dans la douceur des sentiments.

La vie s’ouvre à toi pour que tu puisses réaliser tes rêves les plus fous et à la mesure de tes ambitions. Nous, grand-maman et grand-papa, on le sait ça parce que tu es spécial et que tu fais notre fierté sans aucune réserve.

Pour cette quatorzième occasion de souffler les bougies, nous te souhaitons une belle journée comme tu les aimes, entouré d’amour, de joie et de belles surprises. Mais par-dessus tout ça, sois assuré de notre amour inconditionnel, encore plus gros que ce qu’il y a de plus gros.

Bon anniversaire champion!

Grand-maman et grand-papa XXX

Le fleurdelisé a 70 ans

Le jour du drapeau – 21 janvier

Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place de l’Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l’Assemblée nationale. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de drapeau officiel du Québec. C’est pour souligner cette cérémonie que le 21 janvier a été décrété le jour du Drapeau.

Le drapeau représente l’un des plus puissants moyens de communication d’une nation. De tout temps et dans toutes les civilisations, il a été un élément d’identification permettant de reconnaître les siens, d’attirer l’attention, d’identifier une juridiction. Les gens sont sensibles et intéressés à tout ce qui touche leur drapeau, et c’est aussi vrai pour les Québécois.

À titre d’emblème national, le drapeau du Québec doit être déployé de façon officielle par une institution publique ou un établissement relevant de l’Administration gouvernementale afin de marquer son appartenance à cette dernière.

L’année 2018 correspond au 70ᵉ anniversaire du drapeau du Québec. Célébrons fièrement le jour du Drapeau.

Audrey-Anne célèbre ses onze ans

Roulements de tambours…! Une onzième année qui commence aujourd’hui pour toi, belle Audrey-Anne d’amour. L’enfance te quitte pas à pas pour te tendre lentement les bras de l’adolescence… ne précipitons pas les choses cependant, il te reste encore une grosse année à en profiter. As-tu reçu notre jolie carte? Parce qu’aujourd’hui, c’est une journée toute spéciale, puisque le 28 décembre…

C’EST TON ANNIVERSAIRE !!!

Chanceuse! Tu grandis très bien et quel beau sourire tu as. Ta grand-mère et moi aurions certainement aimé être avec toi, te serrer dans nos bras, te câliner… Hélas, à notre âge, nos vieux os réclament leur dose de chaleur, surtout en hiver. Mais, ce n’est que partie remise.

Tout n’est pas perdu. Il nous reste le bon vieux téléphone… ne t’en éloigne pas trop et attend notre appel. Mais d’ici-là, on peut crier à tout le monde que des petits-enfants comme toi nous ramènent une bonne dose de jeunesse. Est-ce que tu t’ennuies de l’iPad de grand-mère?

On sait ce que peut être l’amour des parents pour leurs enfants, mais pour les grands-parents aussi, ça ne se mesure pas tellement c’est grandiose et immense. Alors que cette belle journée d’anniversaire soit fantastique, joyeuse, à la hauteur de tes attentes et remplie d’amour… et de chocolat. Qu’elle te réserve également de belles surprises.

Avec tout notre amour, nos gros câlins et nos bisous,

Grand-maman Loulou et grand-papa Normand XXX

La Thanksgiving aux États-Unis

Une dinde, une célébration et tellement plus encore.

Bien sûr, vous savez que la Thanksgiving est la célébration d’automne qui rend hommage aux pèlerins et leur première récolte dans le Nouveau Monde, en octobre 1621. Évidemment, vous savez aussi que c’est l’occasion de se réunir en famille et de déguster la traditionnelle dinde à la citrouille. Pourtant, un bon nombre d’anecdotes et de chiffres insolites entourent cette date importante pour tous les Américains. On vous en livre quelques-uns.

La minute d’histoire

Une tradition de plusieurs siècles : La première Thanksgiving de l’histoire a eu lieu à l’automne 1621. Il a réuni 50 pèlerins et 90 Indiens Wampanoag et a duré pendant trois jours. Beaucoup d’historiens pensent que 5 femmes seulement étaient présentes à cette première célébration, car beaucoup n’ont pas survécu à cette année difficile sur un territoire encore inconnu.

Quand femme veut… : Si on célèbre la Thanksgiving depuis presque 400 ans, ce jour a été déclaré fête nationale depuis 1863 seulement. Comment? Grâce à la persévérance, pendant 17 ans, de l’écrivain Josepha Hale, le même qui a écrit la chanson classique Mary has a little lamb.

Ce que vous ne savez peut-être pas

Le défilé de la Thanksgiving de Macy’s a débuté en 1924 avec la procession, entre Convent Avenue et la 145th street à New York, de 400 employés et un grand nombre d’animaux du zoo de Central Park. Depuis, le défilé a lieu chaque année. Il rassemble environ 50 millions de téléspectateurs et 5 millions de personnes à Manhattan ce jour-là.

Chaque année, le président des États-Unis accorde sa grâce à une dinde et lui évite d’être dégustée pour le dîner de Thanksgiving. La première cérémonie de grâce de la dinde (Turkey Pardon) a commencé avec le président Truman, en 1947. Plus récemment, Barack Obama a gracié une dinde nommée Courage, qui a servi comme Grand Maréchal lors du défilé de Thanksgiving du parc Disneyland.

ON PASSE À TABLE

On a eu chaud

Initialement, les premiers colons souhaitaient célébrer la Thanksgiving et leur première récolte par la prière et le jeûne jusqu’à ce que les Indiens Wampanoag les rejoignent et transforment cette période d’abstinence en festin de trois jours.

Le dindon de la farce

Les historiens s’accordent à dire que contrairement aux idées reçues, aucune dinde n’a été servie aux premiers Thanksgiving, mais plutôt du chevreuil, du cerf, de l’oie, des huîtres, du homard. De même, les premiers pèlerins ont mangé de la citrouille, mais pas de tarte à la citrouille. Enfin, les fameuses Turduckens (contraction de turkey, duck et chicken – comprenant une dinde farcie d’un canard, lui-même farci d’un poulet), n’existaient probablement pas au 17ème siècle.

On y va avec les doigts?

Presque, car les fourchettes n’étaient absolument pas connues des pèlerins et ne sont devenues populaires qu’à la fin du 18ème siècle.

Et aujourd’hui, au menu, nous avons…

De la dinde, évidemment, mais aussi un gratin de patates douces, une soupe de potiron, une cassolette de haricots verts… Voici pour vous mettre en appétit, pour la suite des réjouissances.

LA DINDE, PARLONS-EN

  • Benjamin Franklin, ancien Président des Etats-Unis, voulait que la dinde symbolise l’oiseau national, pas l’aigle.
  • Il existe 4 villes portant le nom Turkey (dinde) aux Etats-Unis : au Texas, en Louisiane, en Caroline du Nord et en Arizona.
  • Le premier repas de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin dans l’espace, après avoir marché sur la lune, étaient de la dinde rôtie dans des sachets en aluminium.
  • Le poids moyen d’une dinde américaine pour la Thanksgiving est de 7 kilos, mais la plus grosse, répertoriée dans le livre des records, pesait 42 kilos.
  • D’ailleurs, en parlant de kilos, les Américains en prennent environ 1 à l’occasion de cette célébration (c’est une moyenne…).
  • 88% des Américains mangent de la dinde pour la Thanksgiving, ce qui revient à environ 46 millions de dindes consommées chaque année. Et ce sont les Californiens qui en mangent le plus.

Happy Thanksgiving!

Source : French District

Dix ans… et toujours là!

Ce blogue célèbre aujourd’hui sa dixième année d’existence grâce à votre assiduité. Il continue de grandir. Parti d’un simple essai, il est devenu ma drogue au fil des années, mon moyen de m’exprimer sur tout ce qui pique ma curiosité. Et comme je me plais à répéter, « Il n’existe pas meilleure thérapie. »

Ces dix années d’écriture variée et enrichie m’ont permis de pondre au-delà de 2 300 articles lus régulièrement par beaucoup d’entre vous et la barrière des 300 000 visiteurs sera bientôt franchie. Plusieurs de ces écrits demeurent toujours d’actualité et peuvent être consultés via la section « Archives », en marge droite du blogue.

Quotidiennement, ces textes sont partagés sur Facebook, Twitter et Google+, et vous m’en voyez ravi. C’est vous qui en faites le succès qui dépasse mes espérances et pour cela je veux vous remercier du plus profond de mon cœur. Vous me fournissez l’énergie nécessaire pour continuer. Vos commentaires sont toujours pertinents et nourrissent ma réflexion. Tant que la vie me permettra d’écrire pour vous, j’en profiterai au maximum et la retraite est loin dans mes projets.

En débutant ma carrière de blogueur en 2007, j’étais bien loin de me douter de cette longévité qui ne s’épuise pas. On dit que l’appétit vient en mangeant alors je peux affirmer sans me tromper que l’écriture vient en écrivant! Je vous remercie également pour vos remarques motivantes au hasard des rencontres et conversations mondaines. Vous n’avez pas idée combien je l’apprécie.

En terminant, je vous annonce que la série des Contes de Noël reprendra le 2 décembre prochain, à raison d’une histoire tous les deux jours, jusqu’à la grande fête. Plein de belles histoires à lire à vos petits avant de s’endormir. On me dit que ça intéresse aussi les grands et leur cœur d’enfant. C’est un rendez-vous.

Merci d’être là, et en route pour la onzième année.

40e anniversaire de la Charte de la langue française

La loi 101 a 40 ans aujourd’hui. Est-ce qu’on peut fêter? A-t-on l’esprit à la fête quand on constate combien cette loi a été charcutée de toutes parts. Le 31 juillet dernier, Mathieu Bock-Côté en a fait le sujet de son article dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. Un papier très intéressant qui vaut la peine que je le partage avec vous en cette journée commémorative pour se rappeler de la belle période des années 1970, alors que le peuple québécois était en effervescence avec un gouvernement péquiste décidé de faire du français la SEULE langue officielle publique.

Et si on parlait du français?

2017 est une année riche en commémorations pour les Québécois.

Dans le cadre des célébrations pour marquer le 50e anniversaire de la visite du Général de Gaulle, ils ont pu se demander : qu’en est-il aujourd’hui du Québec libre? Avons-nous, comme peuple, gagné en autonomie politique depuis 50 ans?

De même, dans les prochaines semaines, les Québécois pourront se poser des questions sur leur rapport au français. Fin août, nous commémorerons les 40 ans de la Charte de la langue française ou, si l’on préfère, de la loi 101.

LIBÉRATION

Il faut revenir à la Révolution tranquille des années 1960 pour bien comprendre son importance. Pour les Québécois, c’était une époque de libération. Ils ne voulaient plus vivre en étrangers chez eux. Ils voulaient vivre dans leur propre langue et avec leur propre culture.

Après quelques tentatives ratées ou insuffisantes, comme le Bill 63 du gouvernement Bertrand et la loi 22 du gouvernement Bourassa, la loi 101 du gouvernement Lévesque, en 1977, viendra enfin donner le cadre politique permettant cette affirmation identitaire.

Son grand promoteur sera Camille Laurin, qui y voyait aussi une manière de renforcer l’estime de soi des Québécois en les décolonisant mentalement. Les Québécois devaient reprendre le contrôle de leur destin. La loi étaie ambitieuse. Elle faisait du français la seule langue publique commune. Son principe c’était l’unilinguisme.

Elle imposait un affichage unilingue français. Elle obligeait les francophones et les immigrés à envoyer leurs enfants à l’école française. Elle entendait faire du français la langue de travail. En gros, il s’agissait de faire du Québec une société française à part entière, ce qui n’était pas contradictoire avec le respect des droits de la minorité historique anglaise.

Ce n’est pas sans raison qu’on a vu dans la loi 101 l’expression la plus ambitieuse de notre volonté de conserver et d’affirmer notre identité collective en Amérique. Mais que reste-t-il de la loi 101? On sait que les tribunaux d’Ottawa l’ont attaquée à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, elle est pleine de trous. Elle a perdu de son efficacité. Adhérons-nous encore aux objectifs de la loi 101?

OFFENSIVE

Demandons-nous d’abord ce qu’il reste de son idéal. En 40 ans, nous sommes passés du rêve d’un Québec français au Québec bilingue. On maquille cette régression en adaptation à la mondialisation. Dans les faits, le français perd du terrain. On le voit sur le marché du travail.

On constate aussi qu’il est bien moins attrayant qu’on ne le souhaiterait pour un trop grand nombre d’immigrés, qui passent massivement dans le système scolaire anglophone lorsqu’ils arrivent au cégep, c’est-à-dire dès qu’ils en ont l’occasion.

Mais il se pourrait bien qu’on assiste à un début de réveil linguistique. Tout doucement, on entend une inquiétude monter. Comme si les Québécois commençaient à comprendre enfin que s’ils perdent leur langue, ils perdront l’essentiel de ce qu’ils sont. Quarante ans après la loi 101, il faut lancer une nouvelle offensive linguistique.

Le Canada d’aujourd’hui a 150 ans

C’est le Canada qui est en fête aujourd’hui, pas le Québec qui n’a vraiment rien pour se réjouir et festoyer. Le 27 avril dernier, Gilles Proulx, communicateur et spécialiste de l’histoire, écrivait le texte qui suit. Se questionnant sur les pertes que le Québec a connu durant les 150 premières années de la confédération canadienne, il traçait un sombre portrait que je partage. Un portrait définitivement perdant, à l’aube de ce triste anniversaire pour la francophonie.

Sommes-nous un peuple de perdants?

À l’heure du 150e de la confédération canadienne, le Québec est cerné par le mépris. On lui reproche d’être une minorité insignifiante à l’échelle de l’Amérique du Nord. On l’accuse en même temps d’être une méchante majorité dominatrice.

Sommes-nous un peuple de perdants? Pensez-y. Que n’avons-nous pas perdu? Le Canadien ne perd pas tous ses matchs, mais nous avons quand même perdu l’équipe. Nous avions l’Amérique du Nord, mais nous l’avons perdu. Nous avions également le Canada; nous l’avons perdu… et le conquérant nous a volé notre nom, nos symboles et notre hymne!

Nous avions le Labrador; nous l’avons perdu. Nous avions Montréal; nous sommes en train de la perdre. Nous avions une langue officielle qui s’efface devant l’anglais. Nous avions une religion que nous avons perdue. Nous avions une histoire nationale et une fierté; nous les avons perdues. Ce que nous avons gardé précieusement, c’est notre naïveté nationale.

SUCCESSION DE DÉFAITES

Depuis la conquête, notre histoire a des défaites pour fait saillant. Défaite en 1839; on nous punit par l’Acte d’union en 1840. Même après 1867, le Canada anglais bafoue les droits élémentaires des francophones hors Québec et, en bons perdants, nous laissons faire.

Référendum de 1980; perdu. On nous inflige la constitution de 1982. Meech; raté. Référendum de 1995; perdu. On nous impose la «loi sur la clarté» de Stéphane Dion. La Cour suprême édente la loi 101 et permet le «kirpan». La crise des accommodements; peine perdue. Le projet de charte des valeurs; nouvelle déconfiture.

COUILLARD L’ACCUSATEUR

Ayant perdu, nous sommes méprisés, non seulement comme des perdants, mais comme si nous étions aussi, en vertu de la couleur de notre peau et de notre culture occidentale, de méchants conquérants!

Bref, nous perdons sur les deux tableaux. Couillard le sait, lui qui nous intente le procès truqué du «racisme systémique». Et vous savez quoi? Il va gagner!

Les noces de topaze… et ça continue

Quarante-quatre ans déjà, qu’on parcours le même chemin, la même route, dans les mêmes sillons, main dans la main. Je t’aime parce que tu es toi, je t’aime parce que depuis toi mes jours sont auréolés de sourires, je t’aime parce que tu es ma première et ma dernière femme, je t’aime parce que sans toi j’ai le sentiment que je ne serais plus rien. J’ai le goût de le crier au monde entier.

Je t’aime… Une courte phrase qui demande trois secondes pour le dire, trois heures pour l’expliquer et une vie entière pour le prouver. Tu es la diablesse qui a mis à feu mon cœur, et qui entretient cette flamme au fond de moi depuis toutes ces années… comment ne pas t’aimer, t’adorer.

Ma Loulou d’amour, je t’aime et je t’aimerai toujours. Je n’ai jamais été si heureux qu’auprès de toi : Tu es la femme de ma vie. Sache que mon cœur ne vit et ne bat que pour toi. Dans le ciel il y a des nuages, dans le désert il y a des mirages, et dans mon cœur il y a ton visage. Merci d’être là depuis le premier jour.

Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai…

Bonne fête nationale, Québec

En cette grande fête du Québec, je vous invite à lire le discours patriotique qui suit et toujours d’actualité.

Il a été livré par feu le comédien Jean Duceppe le soir du 25 juin 1990, au lendemain de l’échec du lac Meech.

On n’a rien vu du Québec qui s’en vient.

Mes chers amis, à mesure que les jours passent, à mesure que les semaines passent, une évidence s’impose à nos esprits, avec une clarté lumineuse : le Québec est NOTRE SEUL PAYS !

C’est le seul endroit au monde où l’on peut travailler tous ensemble à notre bonheur collectif dans la paix et l’harmonie, loin des compromis mesquins et des ententes conclues dans le secret et la confusion.

Ce Québec, ce pays à faire rêver, je l’aime de tout mon cœur et depuis longtemps. Et je sais que, vous tous aussi, vous l’aimez.

Il faut maintenant travailler tous très fort pour qu’il assume son destin dans la liberté. Une chose est certaine : à partir de maintenant, l’avenir du Québec ne se décidera plus à Terre-Neuve, au Manitoba ou ailleurs, mais au QUÉBEC, par les QUÉBÉCOIS et les QUÉBÉCOISES !

VIVE LE QUÉBEC !

J’ai une pensée toute spéciale pour René Lévesque, un visionnaire parti trop tôt.

La fête des patriotes

Aujourd’hui, ce lundi 22 mai, le Québec célèbre la journée nationale des patriotes pour « honorer la mémoire des hommes et des femmes qui, depuis l’implantation des institutions parlementaires en 1791, ont milité pour les droits de la majorité, dont celui du peuple à se gouverner lui-même. » Cette fête en est une de l’histoire et de la mémoire pour se rappeler notre devoir de vigilance pour protéger nos droits juridiques et nationaux.

Cette année, le Mouvement national des Québécoises et Québécois publie une brochure pédagogique gratuite permettant de comprendre en quoi les rébellions de 1837-1838 constituent un moment charnière de l’histoire du Québec.

Le Québec dans l’Âge des révolutions

La lutte patriote pour la démocratie se déroule durant une période particulièrement troublée de l’histoire occidentale. Cette période s’ouvre sur la Révolution américaine de 1775 et se conclut avec le Printemps des peuples de 1848, quand plusieurs nations européennes entrent simultanément en révolution. L’affrontement entre les monarchies absolues, qui se réclament un droit divin des rois, et les républicains, qui revendiquent la souveraineté du peuple, domine cet âge des révolutions. On pense bien sûr à la Révolution française de 1789, qui s’étend ensuite à travers l’Europe par les conquêtes de Napoléon. On pense aussi aux révolutions qui, partout en Amérique latine et dans les Caraïbes, font subitement chavirer tout un continent dans les régimes républicains, ne laissant guère, et jusqu’à nos jours, que l’Amérique britannique sous la coupe d’une monarchie européenne.

Si l’Âge des révolutions est aussi ponctué par des crises sociales et des grèves ouvrières en France et en Angleterre, il demeure surtout marqué par des luttes nationales contre des empires despotiques. Ces révolutions nationales sont pour la plupart animées par les milieux libéraux et progressistes, qui trouvent dans l’histoire de leur patrie et dans l’esprit romantique du temps, les motifs pour nourrir leurs rêves d’indépendance.

L’actualité internationale des années 1830 est donc dominée par la lutte du peuple grec qui se défait peu à peu de l’emprise de l’Empire ottoman, par la Belgique qui se détache des Pays-Bas, par l’Italie, secouée par des révoltes contre la domination de l’Autriche, et où on parle d’unir tous ces petits royaumes italiens en une grande république. Le sort de la malheureuse Pologne émeut alors beaucoup la communauté internationale. Le peuple polonais mène en 1830 une révolte désespérée contre l’Empire russe. Qui l’écrase brutalement sans qu’aucun autre pays ne se porte à son secours. De son côté, le peuple irlandais a entrepris une longue requête de ses droits, suite à une révolte sauvagement réprimée par le Royaume-Uni en 1798 (avec des moyens qu’on retrouvera plus tard appliqués au Bas-Canada). L’abolition du Serment du test en 1829 permet désormais aux députés catholiques irlandais de siéger au Parlement de Westminster. Partisan du compromis face à Londres, le leader irlandais Daniel O’Connell est alors sûr de faire abroger l’humiliant Acte d’Union de 1801.

Les grands empires continuent néanmoins de dominer l’échiquier mondial. Lors du congrès de Vienne en 1815, le Royaume-Uni, la Russie et l’Autriche s’entendent pour maintenir solidement les nations sous la domination de monarchies conservatrices. De son côté, la France a perdu beaucoup de son influence, elle-même secouée par une révolution en 1830 et de plus en plus à la remorque de son allié anglais. Elle tente bien de se redonner une gloire coloniale en Algérie, mais ne compte nullement se mêler des affaires du Canada, en dépit des appels pressants de Papineau.

La puissance du Royaume-Uni n’a alors pas d’égale dans le monde. Déjà carrefour international du commerce des produits coloniaux, il est aussi en passe de devenir «l’atelier du Monde», grâce à sa formidable révolution industrielle. La suprématie navale du Royaume-Uni est alors telle qu’elle lui permet d’intervenir sur n’importe quel point du globe, partout en somme où les intérêts commerciaux britanniques pourraient être menacés : dans l’Atlantique Sud (Falkland, 1833), au Proche-Orient (Aden, 1839; Beyrouth, 1840), en Extrême-Orient (Hong Kong, 1841), en Afghanistan (Gandamak, 1842) ou en mer Noire (guerre de Crimée, 1853).

C’est dire combien nos patriotes s’en prenaient à plus fort qu’eux en 1837…

Bonne fête des patriotes.

Source : Journal de Montréal, 20 mai 2017, p. 14