Le bonheur en hausse chez les 55 ans et plus

Démographie

Bonne nouvelle : les 55 ans et plus se sentent plus un peu plus heureux ces jours-ci au Québec.

Selon le plus récent sondage Léger, leur indice du bonheur atteint 76,1 sur 100, une hausse marquée par rapport à 2021, et la plus élevée de tous les groupes d’âge.

Ils sont 27 % à se dire « très heureux », soit près du double des 18-34 ans, et à peine 19 % rapportent une détérioration de leur bien-être dans la dernière année.

Résilience, sécurité financière, liberté retrouvée après la retraite ? Quelles qu’en soit les raisons, ce niveau de bonheur contraste avec les reculs observés chez les 35-54 ans, plus affectés par les pressions de la vie active.

Ce regain reste toutefois en deçà des niveaux prépandémiques. De 2008 à 2020, l’indice oscillait entre 77,9 et 79,8, puis la pandémie a provoqué une chute à 73,2 en 2021. La récente embellie est donc prometteuse, sans marquer un plein retour aux sommets d’autrefois.

Source : Revue Virage, FADOQ, automne 2025, p11


Un pan de notre histoire : Montréal « ville ouverte » sous le règne de la pègre

Histoire

Dans une série de reportages publiés par Le Devoir en 1949-1950, l’avocat Pacifique Plante, ancien directeur adjoint de la police de Montréal, congédié pour insubordination, accuse des policiers de corruption et de complicité avec le monde interlope. Un comité de moralité publique se forme pour réclamer une enquête sur la police. Il retient les services de Pax Plante et d’un jeune avocat, Jean Drapeau.

En 1950, une commission d’enquête présidée par le juge François Caron ouvre ses audiences. Son rapport, publié en 1954, comporte près de 5000 accusations mettant en cause une soixantaine d’individus, dont plusieurs policiers et deux chefs de police, Fernand Dufresne et Albert Langlois.

Chef depuis 1947, Langlois est destitué par le nouveau maire Jean Drapeau, qui vient d’être élu sur la promesse d’en finir avec le « vice commercialisé ». Aussitôt, Pacifique Plante, surnommé Pax Plante, est réinstallé dans ses fonctions.

Le prédécesseur de Drapeau, Camilien Houde, avait des accointances avec la pègre. Coauteur d’une biographie de Houde, Robert Migner écrit que Montréal était, sous son administration, un immense lupanar.

PROSTITUTION, TOURISME ET PROSPÉRITÉ

La prohibition aux États-Unis et dans le reste du Canada donne à Montréal, dans les années 1920, la réputation d’être la ville de tous les plaisirs, la plus ouverte d’Amérique du Nord.

Ses lupanars attirent les touristes, qui découvrent le smoked meat et les bagels.

Le « vice commercialisé » contribue à la prospérité de la ville.

« Il y a beaucoup de gens qui viennent à Montréal et c’est pas toujours pour aller prier à l’oratoire Saint-Joseph ! » avait raillé le premier ministre Maurice Duplessis

En 1944, une épidémie de maladies vénériennes qui ravage les militaires stationnés dans le région de Montréal amène l’armée à obtenir la fermeture – temporaire – des bordels. Entre 1940 et 1943, plus de 4000 soldats ont dû être hospitalisés pour avoir contracté des maladies vénériennes.

Mais la prostitution continue de fleurir. On estime que le fameux quartier Red Light de Montréal (autour des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine) comptait encore, dans les années 1940-1950, une centaine de bordels.

Originaire de la Calabre, dans le sud de l’Italie, la famille Cotroni immigre au Québec en 1924.

Charpentier-menuisier, Vincent Cotroni entame une carrière de lutteur, Dans les années 1940, il acquiert plusieurs cabarets, dont le célèbre Au Faisan doré.

Il s’acoquine avec l’influente famille mafieuse new-yorkaise Bonanno, dont l’homme de main, Carmine Galante, domine le monde interlope montréalais avec l’appui des Cotroni.

Au milieu des années 1950, ils prennent le contrôle de la pègre. Galante sera plus tard assassiné. Vic Cotroni dominera la mafia pendant une trentaine d’années, mourra d’un cancer en 1984, cédant la place aux Rizzuto.

En 1957, dans des élections entachées d’irrégularités, jean Drapeau est remplacé par Sarto Fournier avant de reprendre la mairie trois ans plus tard.

Des menaces de mort forcent Pax Plante en 1958, à s’exiler au Mexique jusqu’à son décès en 1977.

LES CHAUDES NUITS DE MONTRÉAL

Dans les années 1940-1950, le crime organisé s’infiltre partout, des maisons de jeux à la prostitution et aux élections truquées : blind pigs (ventes illégales d’alcool), « barbottes » (jeux de hasard illégaux) bookies (paris illégaux), bordels et trafic de drogue.

« J’aime les nuits de Montréal, ça me rappelle la place Pigalle », chantait Jacques Normand au Faisan doré, le cabaret de Vic Cotroni.

De célèbres artistes français s’y produisent, dont Charles Aznavour, Luis Mariano, Tino Rossi, Bourvil, Charles Trenet, Georges Guétary, Line Renaud, Henri Salvador, Yves Montand, Guy Béart et des artistes d’ici : Aglaé, Estelle Caron, Monique Leyrac, Denise Filiatrault.

Deux jeunes y feront leurs débuts dans le monde de la chanson : Fernand Gignac et un gentil serveur du nom de Raymond Lévesque.

Dans leurs téléromans Montréal PQ et Montréal, ville ouverte, qui ont soulevé la polémique entre eux, Victor Lévy Beaulieu et Lise Payette ont raconté l’époque du Red Light.

L’arrivée de la télévision entraînera le déclin des cabarets et des boîtes de nuit.

LA FORTUNE : PROSTITUTION ET SPAGHETTIS

Membre influent du clan Cotroni, Angelo Bizante possède, rue Sainte-Catherine, l’American Spaghetti House, qui se présente comme le plus grand restaurant de spaghettis au monde, ouvert jour et nuit tous les jours de l’année.

Les clients des boîtes de nuit, dont ceux de son cabaret Casa Loma (où Ginette Reno et Les Jérolas ont commencé leur carrière), viennent y manger à la fin des spectacles.

Bizante, philanthrope, accueille à son restaurant, chaque année, 300 orphelins qui repartent avec des cadeaux-souvenirs. Sa femme, Lucie Delicato, une ex-prostituée, était la « madame » la plus en vue de Montréal, exploitant plusieurs lupanars de luxe.

Elle fut acquittée, en 1944, d’une accusation de proxénétisme en contestant avec succès la validité de mandats de perquisition obtenus contre elle.

Le couple Bizante vivait dans une splendide demeure du Haut-Outremont.

Source : Normand Lester, Journal de Montréal, cahier weekend, 30 août 2025, p72


Le cœur en miettes et une montagne de dettes

Histoire vécue

Après 42 ans de mariage, Sylvie Côté a redécouvert l’amour sur les réseaux sociaux lorsqu’elle a rencontré Richard, un homme séduisant, charmeur, bienveillant et… fabriqué de toutes pièces. Prise dans un piège financier, la sexagénaire a fini par tout perdre, même sa vie.

L’histoire qui suit vous paraîtra peut-être saugrenue. Vous vous direz sans doute : « Moi, je ne tomberai jamais dans un tel piège. » Mais détrompez-vous : personne n’est réellement à l’abri. Le broutage, nom donné à cette stratégie où l’arnaqueur tisse lentement sa toile autour de sa victime, est une mécanique bien huilée qui fait chaque année des milliers de victimes à travers l’Occident.

Ces malfaiteurs, généralement établis en Afrique de l’Ouest ou en Asie du Sud-Est, déploient une panoplie de stratégies pour vous faire croire au grand amour. Pour bien des victimes de broutage, lorsqu’elles réalisent avoir été dupées, il est déjà trop tard.

Sylvie Côté fait partie du lot. Récemment divorcée, cette résidente de Granby est abordée par un certain Richard sur Facebook Rencontres. L’homme affirme habiter à Saint-Jean-sur-Richelieu, mais se trouve actuellement à l’étranger pour un voyage d’affaires. Leur relation reste épistolaire, mais la dame de 68 ans tombe néanmoins rapidement amoureuse.

« Tout ce que mon père ne lui avait jamais dit, parce qu’il était d’une autre génération, Richard le lui disait : « Tu es belle », « Tu es capable », « Tu es forte »… Elle est tombée dans le panneau tout de suite », raconte sa fille Sophie Lacroix, en entrevue avec Virage.

Pourtant, « il n’y avait aucune chance que ce soit un vrai compte », poursuit celle qui a flairé tout de suite le pot aux roses en voyant la photo et le profil de Richard.

DE « MALCHANCE » EN « MALCHANCE »

Tout aussi rapidement que la flamme s’est attisée entre la Granbyenne et son correspondant, les « malchances » de ce dernier ont commencé.

« Un jour, ma mère m’a appelée pendant que j’étais au travail pour me demander comment acheter un billet d’avion en ligne, raconte Sophie Lacroix. Je ne comprenais pas pourquoi, et comme je n’étais pas disponible pour l’aider immédiatement, elle m’a dit qu’elle allait s’arranger. »

Richard se trouvait alors au Brésil et avait « perdu » son billet d’avion. Il a demandé à Mme Côté de lui envoyer l’argent nécessaire pour en acheter un autre.

« Une autre fois, il avait perdu son passeport. Ensuite, il a été hospitalisé et avait besoin d’aide pour payer ses frais médicaux, relate Mme Lacroix. Il était tout le temps mal pris et demandait à ma mère de le dépanner en lui promettant de la rembourser. »

« Et ma mère, avec son grand cœur, n’arrivait pas à voir le mal chez quelqu’un d’autre. Pour elle, c’était impensable de laisser quelqu’un dans le pétrin », renchérit-elle.

Éventuellement, Richard est « décédé ». Des proches de l’homme ont envoyé un faux testament à Mme Côté, désignée comme héritière. « Pourtant, même la notaire de la caisse et moi tentions de lui démontrer qu’il s’agissait d’un faux, mais elle refusait de nous croire, témoigne Sophie Lacroix. Elle était complètement endoctrinée. »

Richard est ensuite « revenu d’entre les morts » pour finalement se retrouver en prison, en Malaisie. Pour l’aider, il a demandé à Sylvie Côté de lui envoyer 5000 $ par jour sous forme de cartes-cadeaux variées. Un rythme insoutenable, qui a mené la femme à se départir de sa résidence et à verser les fruits de la vente à son brouteur, qui lui promettait sans cesse qu’ils seraient un jour réunis.

UN STRATÈGE BIEN ORGANISÉ

« C’est comme s’il [Richard] avait trois coups d’avance sur nous : il savait ce qu’on allait dire à ma mère, ce que la conseillère financière allait lui dire, et il lui soufflait exactement ce qu’elle devait répondre pour obtenir ce qu’il voulait », déplore Sophie Lacroix.

« Il avait une équipe : lui, sa sœur, sa nièce, un ami, un comptable… Chaque fois que j’essayais de la sortir de là, ils l’attiraient un peu plus vers le fond, et c’est moi qui passait pour la méchante. Ce n’était plus ma mère », ajoute-t-elle. 

Ce constat n’a rien de surprenant pour Alvin, un résident de la Côte-d’Ivoire qui a été brouteur pendant quelques années avant de se repentir.

« On trouve les faiblesses de la personne, on lui dit ce qu’elle veut entendre et on fait tout pour la convaincre que c’est vrai », raconte-t-il.

Pour gagner en crédibilité, les brouteurs utilisent des vidéos et des images publiées par de véritables personnes, qui ignorent tout de cette usurpation.

« Ensuite, ils découpent la vidéo en petites séquences : elle se passe la main dans les cheveux, elle se gratte le nez… Comme ça, lorsqu’on leur demande une preuve, ils n’ont qu’à faire jouer la bonne séquence. »

UN SENTIMENT DE HONTE ET DE DÉTRESSE

Après avoir envoyé près de 800 000 $ à Richard, Sylvie Côté s’est rendu compte qu’il ne lui restait plus de quoi vivre bien longtemps avant de devoir recourir à l’aide sociale. Financièrement ruinée, elle a commis l’irréparable en mars 2024. Elle avait 71 ans.

Beaucoup d’histoires de broutage connaissent une fin tragique comme celle-ci. En avril dernier, plusieurs médias québécois ont fait état d’au moins 25 personnes qui se sont enlevé la vie après avoir été victimes d’une arnaque amoureuse au cours des dix dernières années.

« Malheureusement, [l’arnaque sentimentale] est un phénomène grandissant dans notre société, suscitant un sentiment de détresse et de honte chez les victimes », écrivait récemment la coroner Me Nathalie Lefebvre, dans la foulée du suicide d’un homme de 67 ans.

Dans son rapport d’investigation, la coroner souligne l’importance de la prévention, recommandant aux sites de rencontres et autres réseaux sociaux d’avertir leurs utilisateurs et utilisatrices quant aux risques liés aux arnaques amoureuses, de les sensibiliser aux effets potentiellement dévastateurs de ces escroqueries et de les inciter à demander de l’aide.

En 2023, le Centre antifraude du Canada (CFAC) a géré 1135 plaintes liées à ce type d’arnaque, dont les pertes cumulées par les victimes totalisaient 50,3 M$. Cela vous semble énorme ? En fait, ils ne seraient qu’un pâle reflet de la réalité, car moins de 5 % des victimes font appel aux autorités. La honte et la culpabilité expliquent partiellement ce faible taux.

POUR QUE SA MORT NE SOIT PAS VAINE

À la suite du décès de sa mère, Sophie Lacroix a retrouvé des copies imprimées de tous les messages échangés entre elle et Richard au cours des trois dernières années. Le dossier a ensuite été transmis à Interpol.

Depuis, la Granbyenne attend toujours des nouvelles, mais elle garde espoir.

« Je me suis sentie tellement seule et démunie dans cette histoire-là. Je ne voudrais pas que quelqu’un d’autre vive la même chose, confie-t-elle. Si je peux aider ne serait-ce qu’une personne, une famille, au moins, ma mère ne sera pas morte en vain.

***

Si vous pensez au suicide ou si vous ressentez de l’inquiétude pour un proche, composez le numéro sans frais 1 866 APPELLE (277-3553). Vous pouvez obtenir de l’aide psychologique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

VOUS ÊTES VICTIME ? QUE FAIRE ?

Si vous croyez être victime d’une arnaque amoureuse, ou si c’est le cas pour l’un de vos proches, il est important de réagir rapidement et de dénoncer la situation.

  • Rassemblez les preuves : faites des captures d’écran ou imprimez vos échanges avec la personne que vous soupçonnez. Conservez les relevés de virement bancaire ou toute preuve de paiement;
  • Communiquez avec votre service de police local;
  • Communiquez avec le Centre antifraude du Canada : antifraudcentre-centreantifraude.ca ou au 1 888 495-8501;
  • Vous pouvez également avoir recours aux services du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) : cavac.qc.ca ou 1 866 532-2822;
  • Vous pouvez communiquer avec la Ligne Abus Aînés : 1 888 489-2287.

La FADOQ, en collaboration avec la Sûreté du Québec et le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, offre le programme Aîné-Avisé. Celui-ci propose des séances d’information portant sur la fraude envers les personnes aînées. Pour en savoir plus : aineavise.ca.

Source : Marie-Ève Martel, Revue Virage, FADOQ, automne 2025, p26, photo Alain Dion


Les pistes cyclables

Loisirs

Majoritairement pour les adultes, on conduit son vélo comme son auto. Les règles les plus élémentaires ne sont pas observées, notamment la vitesse et la mauvaise conduite.

Depuis deux ans, je me suis remis au vélo. Mieux encore au vélo électrique. La nouvelle mode des cyclistes qui sont des familiers des pistes cyclables et, croyez-moi, ils sont légion. J’ajouterais même que les aînés ont emboîté le pas ou la pédale.

Le Québec est à l’avant-garde avec ses belles pistes cyclables qui ont poussé comme des champignons au cours de la dernière décennie. Et Dieu sait qu’elles sont agréables.

Cependant, la densité de cyclistes augmente les risques d’accident et les règles les plus élémentaires de sécurité prennent le bord.

LA VITESSE

Du moins sur la route verte, qui fait le tour du Québec, la signalisation des limites de vitesse est bien en évidence. Limitée à 20 km/h, elle est rarement observée et principalement par les cyclistes qui se croient au Tour de France. Ils dépassent la limite de beaucoup et font montre d’intolérance lorsqu’ils doivent ralentir devant des usagers moins aguerris.

Généralement, la vitesse observée pour une bonne majorité, tourne entre 15 et 22 km/h. Évidemment, en descendant une côte, si on ne freine pas graduellement durant la descente, on peut atteindre facilement les 30 km/h et plus. Une simple distraction peut vous faire perdre le contrôle et provoquer un accident assez spectaculaire.

LA FILE INDIENNE

En général, les pistes sont multidirectionnelles et dépassent rarement les 2 mètres de largeur. Le partage de la route devient alors un incontournable. Pour se faire, l’idéal est de circuler à la file indienne lorsqu’on se déplace en groupe et qu’on rencontre d’autres cyclistes. C’est une règle élémentaire qui n’est pas beaucoup observée. Les cyclistes qui se présentent côte-à-côte, forcent les autres, en sens inverse, à se déplacer vers la droite et créer de l’instabilité.

LES VÉHICULES INTERDITS

Malgré les consignes, on voit encore circuler des véhicules interdits par la loi, sur les pistes cyclables. Récemment, j’observais les mini-motos qui peuvent atteindre des vitesses supérieures à 32 km/h, circuler rapidement sur les pistes. Même constats pour les scooters.

Quand, en plus des cyclistes, on retrouve des trottinettes, trotinettes électriques, quadriporteurs, monoroues électriques, patins à roulettes et tout autre invention pour se déplacer, la vigilance est de rigueur. Malheureusement, la surveillance est déficiente.

LES AVERTISSEURS

Ou les sonnettes si vous préférez, n’équipent pas beaucoup l’équipement des usagers des pistes cyclables. Offertes partout à des prix dérisoires, elles devraient être obligatoires, comme le sont les casques sur les trottinettes électriques et les vélos. Simple question de sécurité parce que des marcheurs utilisent également les pistes cyclables à certains endroits. Il est toujours prudent de signaler notre présente à l’approche de marcheurs ou autres cyclistes plus lents.

À ce niveau, et par expérience, les plus délinquants à ce chapitre sont les cyclistes « Tour de France », qui vous arrivent dans le dos sans crier gare. Depuis le temps que je fais du vélo, pas un seul cycliste de cet acabit, n’a osé me signaler sa présence. Cependant, j’ai remarqué leur impatience qu’ils soient forcés de ralentir. Je regrette, mais les pistes cyclables ne sont pas des pistes de course.

De bons comportements sécuritaires de tout le monde doivent faire en sorte qu’il soit agréable d’enfourcher son vélo pour faire une randonnée agréable et souvent en pleine nature.


États-Unis : Une société malade

Société

UN COURS OBLIGATOIRE SUR LES ARMES À FEU DÈS CINQ ANS

AFP | Dès leur première rentrée à cinq ans, des élèves américains voient s’ajouter un nouvel enseignement à leur année scolaire : un modèle de sécurité face aux armes à feu, que le Tennessee est le premier à instaurer.

La rentrée scolaire marque l’entrée en vigueur dans les écoles de cet État du sud-est du pays d’une loi adoptée en 2024 par les parlementaires locaux.

Selon une étude pédagogique du département de l’Éducation du Tennessee, les plus jeunes enfants scolarisés, ceux âgés de cinq à huit ans, devront apprendre à « identifier la différence entre des armes à feu réelles et des jouets » ou encore « montrer un comportement responsable face aux armes à feu ».

Outre les règles de sécurité à adopter, il doit aussi leur être enseigné ce qu’est la détente, le canon et la bouche de ce type d’arme.

Obligatoire, ce nouvel enseignement se veut une réponse aux violences liées aux armes à feu, dans un pays tiraillé entre le fléau récurrent des tueries et son attachement profond à ces armes.

Le Tennessee a été le premier État américain à adopter une telle législation. Deux autres, l’Utah et l’Arkansas, ont depuis voté des textes similaires.

NDLR : C’est ce pays qui, il n’y a pas si longtemps, demandait aux professeurs de s’armer pour faire face aux tueries dans les écoles. Mentalité d’attardés !


Entretenir ses instruments de musique

Trucs et astuces

Les instruments de musique peuvent constituer un investissement considérable. Pour assurer leur longévité, madame Chasse-Tache, nous propose d’apprendre à les entretenir adéquatement.

LE PIANO

Passez sur le meuble un linge à peine humide pour enlever la poussière et essuyez ensuite avec un linge sec pour éliminer toute trace d’humidité.

Pour nettoyer les touches en bois, soulevez-les légèrement par groupe de quatre ou de cinq. Tenez-les en place en insérant une bande de carton sous le rebord, puis frottez avec un morceau de coton légèrement humide imbibé de quelques gouttes de savon doux ou de savon de Marseille.

Ne vaporisez pas les touches avec un produit nettoyant, car il pourrait couler entre elles. Asséchez avec une peau de chamois. L’intérieur du piano doit être nettoyé par un professionnel.

LA GUITARE

Passez régulièrement un chiffon doux ou en flanelle sur toutes les parties de la guitare afin d’éliminer la poussière. Quelques gouttes d’huile de citron ou d’huile de lin sur un chiffon polissent et nourrissent le bois de la guitare.

Sur le bois verni, un chiffon imbibé légèrement d’eau chaude et quelques gouttes de savon à vaisselle suffiront à faire reluire la guitare. Manipulez avec soin et n’utilisez pas de produits abrasifs.

Glissez une poignée de riz cru dans la caisse de la guitare pour la nettoyer. Agitez celle-ci dans tous les sens. Le riz deviendra rapidement noir. Jetez les grains et répétez l’opération jusqu’à ce que le riz ressorte immaculé.

COMMENT NETTOYER LES VIEUX VINYLES

Il ne faut jamais utiliser l’eau du robinet pour nettoyez des vinyles, car les minéraux iront se déposer entre les sillons. Utilisez une eau distillée tiède, quelques gouttes de savon à vaisselle et un chiffon doux en microfibre.

Glissez le disque nettoyé dans une enveloppe plastifiée neuve pour éviter que la poussière et les impuretés présentes dans l’ancienne pochette salissent à nouveau le vinyle.

ET LES CD

Délogez la poussière des CD avec un linge en microfibre, sans eau. N’utilisez pas de papier mouchoir ou d’essuie-tout qui pourrait les égratigner. Évitez les mouvement circulaires et passez le linge en ligne droite depuis le centre vers le contour du CD.

Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 30 août 2025, p11


Un pan de notre histoire : Quand Churchill et Roosevelt ont fait de Québec le centre du monde

Histoire

Nous sommes au cœur de l’été 1943 et Québec est le théâtre d’un spectacle inédit. Franklin D. Roosevelt (président des États-Unis d’Amérique), Winston Churchill (premier ministre britannique) et William Lyon Mackenzie King (premier ministre du Canada) sont accueillis par des Québécois conscients d’assister à un moment historique. On échange des sourires, des poignées de main, on réclame des autographes. Et malgré la ferveur, l’atmosphère demeure étonnamment paisible dans les rues de Québec.

UNE CONFÉTENCE HAUTEMENT SECRÈTE

Du 17 au 24 août 1943, la Citadelle et le Château Frontenac accueillent la première Conférence de Québec (nom de code : QUADRANT). Churchill er Roosevelt y tiennent conseil, sous l’égide de leur hôte canadien.

Le choix de Québec n’a rien d’anodin, la ville est loin des combats, elle est facile à sécuriser, et symboliquement idéale pour une rencontre anglo-américaine en terre nord-américaine.

Malgré les efforts de Churchill pour inclure Mackenzie King dans toutes les discussions, Roosevelt s’y oppose âprement. Le président américain ne veut pas créer de précédent qui forcerait par la suite l’inclusion d’autres nations. Le Canada sera donc en 1943, l’hôte discret d’un rendez-vous décisif.

MOSCOU ET CHONGQING

En 1943, la guerre est mondiale et les Alliés doivent préserver une unité fragile. Les États-Unis et le Royaume-Uni savent qu’ils ne peuvent vaincre l’Allemagne et le Japon sans l’appui de l’Union soviétique de Staline (qui affronte seule l’essentiel de l’armée allemande sur le front de l’Est) et la Chine nationaliste de Tchang Kaï-chek.

C’est pourquoi, même si ni Staline ni Tchang Kaï-chek ne participent à la conférence, Roosevelt et Churchill jugent essentiel de leur transmettre les décisions prises à Québec. Les résolutions stratégiques sont donc officiellement communiquées à Moscou et à Chongqing (la capitale provisoire de la Chine).

La rencontre de Québec s’inscrit ainsi dans une vaste chorégraphie de pourparlers visant à maintenir la cohésion alliée et à redessiner l’équilibre militaire mondial.

PAS QUE DES DISCUSSIONS À HUIS CLOS À QUÉBEC

Entre deux séances statutaires de travail, Roosevelt, Churchill et leurs proches s’échappent pour pêcher. Imaginez-les lancer leurs lignes à l’eau, discuter de stratégies pour faire tomber le régime d’Adolf Hitler en fumant des cigares ou en cuisinant des truites fraîchement pêchées. On raconte qu’après la conférence, Churchill est resté quelques jours pour se reposer dans un de ces camps de pêche.

À LA CITADELLE, UN PACTE SECRET OUVRE L’ÈRE NUCLÉAIRE

Dans les couloirs de la conférence, le dossier nucléaire est abordé à l’abri des regards. Le 19 août 1943, Churchill et Roosevelt signent le Québec Agreement, une entente qui concrétise la fusion du programme nucléaire britannique avec le projet Manhattan (nom de code donné au programme des États-Unis pour mettre au point la première bombe atomique). Le Canada n’est pas signataire, mais jouera un rôle clé entre autres dans l’approvisionnement d’uranium.

LE MONDE EST AUX AGUETS

Si cette conférence de 1943 est secrète, son écho deviendra viral. L’année suivante, le deuxième rendez-vous se fera encore à Québec (septembre 1944). Cette fois-ci, plus de 150 correspondants vont se donner rendez-vous à la Citadelle.

POURQUOI LA PREMIÈRE CONFÉRENCE DE QUÉBEC EST-ELLE SI IMPORTANTE

Les alliés verrouillent plusieurs choix structurants :

  • On y dessine les grandes lignes de l’opération Overload (débarquement de Normandie);
  • La campagne d’Italie devient la pièce maîtresse pour affaiblir l’Axe en Europe;
  • On renforce l’effort de guerre dans le Pacifique pour battre le Japon;
  • On signe un pacte nucléaire secret qui scelle la coopération scientifique américano-britannique, avec l’appui du Canada.
  • Qui aurait cru que le sort de l’humanité se déciderait chez-nous : à la Citadelle de Québec, dans un simple camp de pêche ou sous le matelas d’un jeune sergent-major ?

ANECDOTE

Fait inusité, on raconte qu’un jeune sous-officier, le sergent-major Émile Couture, qui avait pour tâche de nettoyer après le départ des délégations, aurait trouvé un portefeuille en cuir marqué « Churchill-Roosevelt, Quebec Conference, 1943 ». Il aurait découvert à l’intérieur des documents extrêmement sensibles sur l’opération Overload.

Pris de panique, Couture aurait caché le dossier sous son matelas avant de le remettre le lendemain à ses supérieurs. Un peu plus tard, le jeune québécois recevra en toute discrétion la British Empire Medal.

À L’ORDRE DU JOUR, L’INVASION DE L’EUROPE OCCUPÉE

Au cœur des échanges, l’opération Overload, le nom de code donné au plan des Alliés pour libérer l’Europe de l’occupation nazie. C’est à Québec que les Alliés se fixent pour objectif de débarquer en Normandie autour du 1er mai 1944 (la date glissera finalement au 6 juin)

Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 30 août 2025, p70


Ygreck, et ses perles d’août

Actualités

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles d’août, publiées dans le Journal de Montréal.



Une autre année scolaire

Opinions

C’est la rentrée et on parle de vouvoiement, de règles à observer, de discipline à se faire imposer, du cellulaire à mettre de côté et même d’arriver à l’école le ventre vide. Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi les parents ne jouent pas leur rôle ? Le vouvoiement doit s’apprendre dès que l’enfant peut s’exprimer.

L’école, en complément, devrait revenir à l’enseignement de la bienséance, comment se comporter en société et toujours user de respect envers les autres. Mais la base de ces éléments doit obligatoirement venir des parents. À mon époque, les parents préparaient les déjeuner. On ne quittais jamais la maison le ventre vide. Pourquoi tout ça a changer ?

Je vous propose aujourd’hui le texte qui suit.

***

VOTRE ENFANT VOUS EN REMERCIERA POUR LA DISCIPLINE

Un texte de Joseph Facal, publié dans les pages d’opinions du Journal de Montréal du 26 août dernier.

La rentrée scolaire est à nos portes avec son lot d’enjeux : vouvoiement, cellulaires, intelligence artificielle, pertinence des devoirs, compressions budgétaires, pénuroe de personnel, radicalisation religieuse, etc.

Après des décennies d’enseignements, après avoir vu des enfants, après avoir vu passé d’innombrables modes édicatives et parentales, j’ai acquis une conviction qui tient en deux points.

RÈGLES

Le premier est qu’un enfant a certes besoin d’amour, mais aussi besoin de limites, de règles claires, appliquées vraiment, peu nombreuses, portant sur des sujets fondamentaux, et les parents doivent donner l’exemple per leur propre comportement.

Si les parents sont eux-mêmes accros à leur cellulaire…

S’ils sont toujours en retard, toujours en train de repousser à demain, toujours désorganisés, s’ils priorisent toujours le plaisir instantané…

Le second est que l’enfant, même s’il ne l’admettra pas, même s’il pourra rouspéter, veut ces limites, veut savoir où elles sont, veut un encadrement, veut une direction, et il en sera reconnaissant aux parente qui les auront fixées et fait respecter.

Rien de cela n’implique un autoritarisme bête et méchant ou une privation d’autonomie.

Rien de cela n’exclut des tonnes d’amour et de câlins.

Qu’il y ait mille exceptions et que rien ne soit garanti d’avance ne suffit pas à infirmer ce que je viens de dire.

Je me fous complètement que l’éducation « progressiste », des livres à la mode et des « influenceurs » disent le contraire.

Un lecteur m’envoie les résultats d’une fascinante étude menée récemment en Grande-Bretagne, qui établit que les enfants élevés per des parents stricts obtiennent de meilleurs résultats scolaires, qui sont, on en conviendra, un tremplin puissant pour une vie future réussie. De 2013 à 2023, le National Centre for Social Research a suivi 6000 enfants à partir de l’âge de deux ans.

Pour schématiser, il y a trois grandes catégories de style parental.

Vous avez le style permissif, avec des parents aimants, mais sans discipline.

Vous avez le style autoritaire, avec des règles claires et des conséquences, mais avec peu de chaleur.

Et vous avez le style qui impose des attentes élevées et des limites strictes, mais avec des relations chaleureuses.

C’est le troisième qui débouche sur les meilleurs résultats scolaires en lecture, écriture et mathématiques à la fin du primaire, même après avoir tenu compte d’une variable lourde comme le niveau d’éducation des parents.

ÉPOQUE

On voit pourtant tous les jours des parents souriants et attendris quand l’enfant sème le chaos à l’épicerie, grimpe sur les meubles ou lance de la nourriture.

Ces parents ne connaissent pas le mot « non », veulent être des « amis » de leur enfant, et voient systématiquement sa mauvaise conduite comme une expression de détresse.

Nadeine Asbali, enseignante à Londres, dit : « Lorsque nous donnons aux jeunes enfants l’impression que leurs propres sentiments sont supérieurs, nous créons des adolescents et des jeunes adultes égoïstes et repliés sur eux-mêmes, qui pensent qu’ils sont des exceptions aux règles. »

Toute notre époque est dans cette phrase.


Air Canada : Grosses augmentations pour les patrons, des pinottes pour les agents de bord

Finances

Un texte de Michel Girard, publié dans la section ARGENT du Journal de Montréal du 25 août

Air Canada n’avait plus le choix : après avoir octroyé des hausses salariales faramineuses de 50 à 70 % depuis 2015 à ses dirigeants, sa haute direction devait bonifier l’offre aux agents de bord, dont la convention collective est échue depuis mars.

Pendant que les dirigeants s’enrichissaient, les agents de bord, quant à eux, ont vu leur salaire horaire grimper de seulement 19,5 % en neuf ans – bien en dessous de l’inflation, qui a atteint 27,3 % sur la même période,

Une iniquité devenue impossible à ignorer.

10 M$ DE PLUS POUR LES CINQ BOSS

Lors de cette même période de neuf ans, la rémunération globale des cinq membres de la haute direction d’Air Canada a explosé de 62,1 %. Elle a bondi de 10 M$, passant de 16,1 M$ en 2015 à 26,1 M$ en 2024.

À elle seule, la rémunération annuelle du président et chef de la direction a bondi de 5,24 millions de dollars, soit de 73 %.

En effet, l’actuel PDG, Michael Rousseau, a reçu en 2024 une rémunération totale de 12,43 millions $, tandis que ce fut une rémunération de 7,19 millions $ pour l’ancien PDG Calin Rovinescu en 2015.

54 % DE PLUS POUR LE CA

Au cours de cette période de neuf ans, les membres du conseil d’administration d’Air Canada ont vu leurs honoraires de base grimper de 54 %, passant de 168 750 $ (en 2015) à 260 000 $ (en 2024).

On parle donc ici d’une appréciable hausse annuelle de 91 250 $ par tête d’administrateur pour assister aux réunions du conseil d’administration de la société.

L’agent de bord à temps plein (75 heures garanties par mois) gagne à sa première année de service 30,02 $ l’heure depuis le 1er avril 2024, alors que c’était 25,13 $ pour l’agent de bord qui a commencé sa carrière en avril 2015.

Cela lui procure un salaire annuel minimum d’environ 27 018 $, soit 4401 $ de plus qu’en 2015 (+19,5 %).

SEULEMENT DURANT LES VOLS

Fait important à noter : à première vue, le taux horaire peut sembler élevé. Mais il faut savoir que ce taux horaire s’applique uniquement pour les heures de travail en vol.

Les agents de bord, sauf exception, ne sont pas payés en dehors desdites heures de vol, même s’ils effectuent des tâches en préparation du vol.

Les agents de bord en ont ras le bol de ce travail de bénévolat qu’ils effectuent dans le cadre de leur travail chez Air Canada.

Voilà pourquoi ils tiennent, à juste raison, à se faire rémunérer convenablement pour toutes les heures forcément effectuées lorsqu’ils sont au boulot.

Par ailleurs, à l’instar du gouvernement Legault, qui s’était tiré dans le pied en augmentant de 30 % le salaire des députés juste avant le début des négociations en vue du renouvellement des conventions collectives dans le secteur public, la direction d’Air Canada, de son côté, a trouvé le moyen de sortir des coffres de la compagnie 1,3 milliard de dollars pour racheter en 2024 et 2025 quelque 62,4 millions d’actions de la compagnie, afin de les annuler et ainsi les retirer du marché boursier.

LES ACTIONNAIRES

Le but de cette vaste opération d’offre publique de rachat : redonner de la valeur à l’action d’Air Canada en vue de lui permettre de s’apprécier.

Le hic ? En sortant une telle somme des coffres de la compagnie, la haute direction laissait clairement entendre que la compagnie avait les reins solides et qu’elle était très rentable.

C’était écrit dans le ciel que les agents d’Air Canada allaient sauter sur l’occasion pour réclamer, à juste titre, une meilleure rémunération.

D’autant plus que durent les neuf dernières années, ils avaient subi une solide perte de pouvoir d’achat.

BILAN FINANCIER D’AIR CANADA DE 2015 à 2024

Revenus : 22,3 milliards $ (+60,4%)

Bénéfice net : 1,7 milliard $ (+452 %)

Effectifs (temps plein) : 37 100 (+49 %)

Valeur boursière : 5,7 milliards (+74,2 %)

Dette nette : 4,9 milliards $ (-22,2 %)


Les girouettes

Opinion

Aujourd’hui, je veux vous faire profiter de l’article de Richard Martineau, publié dans les pages d’opinions du Journal de Montréal de jeudi dernier, et qui traite de la mentalité des électeurs francophones québécois. Du bonbon !

***

ENTREVUE AVEC UN ÉLECTEUR QUÉBÉCOIS

« Bonjour, électeur québécois ! Nous aimerions vous poser quelques questions au sujet de vos intentions de vote. Acceptez-vous ?

– Awèye, shoot !

– Pour qui allez-vous voter aux prochaines élections provinciales ?

– Pour le PQ !

– Pourquoi ?

– Du changement ! On veut du changement !

– Et qu’est-ce que le PQ incarne pour vous ?

– Le changement !

– Qu’est-ce que vous voudriez changer ?

– Toutte ! On veut toutte changer !

– Mais encore…?

– Le temps du changement est arrivé ! Y’est temps qu’on change !

– OK. Êtes-vous pour la souveraineté du Québec ?

– Non !

– Pourquoi ?

– C’est un trop gros changement !

– Vous voulez changer sans que ça change trop ?

– C’est ça !

– Est-ce que le PQ est un parti souverainiste ?

– Oui !

– Êtes-vous pour la souveraineté ?

– Non !

– Mais vous allez voter PQ ?

– Oui !

– Mais vous savez que le PQ va organiser un référendum sur la souveraineté lors de son premier mandat ?

– Oui, mais ça ne me dérange pas, car je vais voter contre !

– OK, d’accord… Aimeriez-vous que le parti d’Éric Duhaime entre à l’Assemblée nationale ?

– Oui !

– Voteriez-vous pour le parti d’Éric Duhaime ?

– Non !

– Politique fédérale, maintenant. Êtes-vous satisfait de la performance de Mark Carney ?

– Oui, très !

– Avez-vous voté pour Mark Carney ?

– Certainement !

– Pourquoi ?

– Parce qu’il était le seul qui était capable de faire plier Donald Trump !

– A-t-il fait plier Donald Trump ?

– Non !

– Mais vous êtes quand même satisfait de son travail ?

– Oui, beaucoup !

– Pourquoi ?

– Parce qu’il protège l’indépendance du Canada !

– C’est important, pour vous, que le Canada soit indépendant ?

– Oui ! Le Canada n’est pas les États-Unis !

– Je vois… Et est-ce que le Québec est le Canada ?

– Non ! Le Québec c’est le Québec !

– Donc, vous êtes pour l’indépendance du Québec ?

– Non ! Ça ne donne rien de diviser le pays !

– Pour qui avez-vous voté lors des élection provinciales de 2018 ?

– Pour François Legault !

– Pourquoi ?

– Parce qu’on avait besoin de changement !

– Et pourquoi vous ne voterez pas pour M. Legault aux prochaines élections ?

– Parce qu’il a changé !

– Dernière question : où habitez-vous ?

– Montréal !

– Pour qui avez-vous voté aux dernières élections municipales ?

– Valérie Plante !

– Qu’est-ce que Mme Plante avait promis ?

– Construire des pistes cyclables !

– Voteriez-vous encore pour elle ?

– Non !

– Pourquoi ?

– Trop de pistes cyclables !

– Merci beaucoup, monsieur.

– De rien… Cela dit, j’aime pas beaucoup les politiciens…

– Ah non ? Pourquoi ?

– Ils ne sont pas clairs. Ils disent toujours une chose et son contraire… »

NDLR : Outch !!! Triste réalité !


Un départ sans retour

Nécrologie

J’aurai bientôt 74 ans et, mois après mois, année après année, la pensée de quitter cette terre m’habite souvent à mon réveil. « Combien me reste-t-il de temps ? » Telle est la question !

N’ayez crainte, je ne suis pas pressé de traverser de l’autre côté et je n’en ai aucun contrôle. La mort, c’est la seule évidence dans une vie et Il me reste tant de choses à vivre.

Malgré tout, être septuagénaire c’est un cadeau du ciel dont certains n’ont jamais connu. Je vois partir des êtres chers, des amis, des personnes célèbres, des artistes que j’ai adulés et avec qui j’ai grandi. Quand on a la chance de passer les soixante-dix ans, on pense à ces choses-là. On est sur le décompte.

Une amie nous a quitté hier matin. Victime en début d’été d’un bête accident à la maison, elle ne put reprendre ses forces pour poursuivre le reste de sa route. Carole est maintenant parmi les étoiles.

Elle avait 75 ans.

On a fait sa connaissance et celle de son mari Marcel, en camping, il y a une quinzaine d’années. C’était une femme charmante qui n’élevait jamais la voix. Elle était mystérieuse, souriante et réservée, et souvent perdue dans ses pensées. Le genre de personne qui ne s’impose pas, qui écoute.

Jeudi dernier, je suis allé lui rendre une dernière visite à l’hôpital. Elle était sereine et en paix. Au moment de quitter, je lui ai souhaité un beau voyage. Celui dont on ne revient jamais et qui nous est présenté comme un jardin d’Éden. Le pays des immortels.

Désormais, l’éternité lui permettra de veiller sur sa famille, ses proches et amis et de retrouver sa fille Karine, qui l’a précédé depuis longtemps.

Louise et moi, offrons à Marcel, Annie, Pierre et Thomas, la famille, parents et amis, nos plus sincères condoléances en ces moments difficiles. Que Carole, de là-haut, puisse vous guider et vous éclairer. Elle n’est plus là, mais ses souvenirs resteront gravés dans nos cœurs, comme un baume, jusqu’au moment des retrouvailles célestes.

Bon voyage Carole ! Repose en paix !