Un patient avec une jambe dans le plâtre :
– Après mon accident de moto, le docteur m’a rassuré : il m’a dit que dans un mois je pourrai danser le rock ! C’est un miracle car avant je ne savais pas du tout danser…
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Un retraité rentre chez lui avec son sac de golf, un peu dépité.
– Ça n’a pas été ? lui demande sa femme.
– Ben je n’ai pas de mal à frapper la balle, mais le problème c’est que je n’arrive pas à voir où elle tombe, même avec mes lunettes…
– Tu n’as qu’à emmener mon frère Marcel !
– Mais il a 84 ans, Marcel. Et il ne sait pas jouer au golf.
– Oui mais il voit très bien. Tu joues, et lui te dit où la balle est tombée !
Le jour suivant, notre golfeur emmène son beau-frère de 84 ans, atteint d’Alzheimer, au golf et il tire son premier swing.
– Tu as vu où elle est partie ?
– Marcel. Ouais !
– Alors ? Elle est où ?
– J’ai oublié…
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Une petite fille monte une montagne avec son père :
– Papa, je peux te dire quelque chose ?
– Quand on sera en haut.
Dix minutes plus tard :
– Je peux te le dire maintenant ?
– Tout à l’heure.
Une heure plus tard, le père se tourne vers sa fille :
– Voilà, on y est, que voulais-tu me dire ?
– J’ai oublié mon sac en bas…
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– Chef, chef ! Il y a eu un vol cette nuit au supermarché ! On a volé 2000 cartouches de cigarettes et 1500 carottes.
– Bien, et vous avez des soupçons ?
– Ben ouais, on recherche un lapin qui tousse.
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À 7h45 ce matin, au IGA du coin, il y avait une longue file d’attente à l’épicerie, car elle ouvre à 8h00 pour les gens ayant 70 ans et plus.
Un petit jeune arrive du stationnement et essaie de couper devant la file, mais une vieille dame avec sa canne le frappa et le retourna vers le stationnement.
Il s’est essayé une deuxième fois, et là, c’est un vieil homme qui lui a donné un bon coup de poing et l’envoya au sol.
À son troisième essai, il a du front le p’tit crisse se disent les gens présents sur place, le jeune homme leur dit:
– Si vous ne me laissez pas débarrer la porte, personne ne pourra entrer bande de vieux sacraments !
La vie est beauté, admire-la !
La vie est un rêve, réalise-le !
La vie est un défi, relève-le !
La vie est un devoir, complète-le !
La vie est un jeu, joue-le !
La vie est une promesse, remplis-la !
La vie est souffrance, surmonte-la !
La vie est une chanson, chante-la !
La vie est une lutte, accepte-la !
La vie est une tragédie, fais-y face !
La vie est une aventure, ose-la !
La vie est la chance, saisis-la !
La vie est la vie, lutte pour elle !
Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie ! Malraux
Samedi dernier, confortablement assis sur mon balcon sous un soleil de plomb, j’observais mon environnement. Il faisait beau et chaud, une scène idéale pour jouer dehors.
Le confinement dans la grande agglomération de Montréal était toujours en vigueur, le balcon devenait notre coin extérieur pour en profiter pleinement.
Autour, on pouvait voir les attroupements de personnes souriantes. Très peu de masques, que je préfère à des « couvre-visage » parce que plus explicite, et j’avais l’impression que soudainement, les familles de plus de 10 personnes étaient nombreuses. À un moment donné, trois cyclistes, avec leur « p’tit kit » de compétition se suivaient à grande vitesse carrément dans l’cul, au point où leur nez était brun. Je suis sûr qu’ils venaient probablement d’une autre planète. Ces athlètes sont loin d’être à l’abri de l’ennemi invisible… parlez-en à Georges Laraque.
Et l’été est encore loin ! Nous ne sommes qu’à la mi-printemps. Les consignes ? C’est quoi ça ? On s’en balance parce que ça n’arrive qu’aux autres. Il fait beau, la vie est belle et bla bla bla.
C’est ce manque flagrant de maturité collective qui devrait inciter l’ami François Legault et ses acolytes Horacio et Danielle, à repousser leur projet de déconfinement. Les délinquants irresponsables sont trop nombreux. Beaucoup ne sont pas prêts ! C’est aussi simple que ça et nos agissements méritent le maintien du confinement. Le chat est parti les souris dansent.
Dans le même ordre d’idée, je vous propose aujourd’hui le texte de Josée Legault, publié hier dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. Le dévoilement d’une évidence déplorable.
LES AUTRUCHES NE PORTENT PAS LE MASQUE
Il fallait le voir pour le croire. Ce samedi, sous le soleil, les parcs de Montréal débordaient de monde. On se serait cru au festival de Woodstock. La distanciation était peu respectée. Les attroupements se multipliaient. Le port du masque était rarissime. Le tout débordant sur les rues adjacentes.
En ville, il règne une dangereuse atmosphère d’insouciance béate. Un faux sentiment d’invincibilité face à la COVID-19 crève les yeux.
Je le vois parce que j’habite devant un des grands parcs de la métropole. Samedi, impossible d’y aller en sécurité, je suis allé marcher sur une rue adjacente.
Comme je portais le masque, c’est moi qu’on regardait avec méfiance ! Je me suis même fait dire de rester chez moi si j’ai « trop peur de sortir » !
La veille, ma chronique portait sur l’urgence d’imposer le masque à Montréal. Belle ironie.
LES MAUVAIS MESSAGES
Avec la distanciation et le lavage de mains, le port du masque contribue à se protéger soi-même et les autres du virus, mais rien n’y fait.
Les Montréalais sont encore nombreux à se cacher la tête dans le sable.
Les autruches, c’est connu, ne portent pas le masque…
Certains, plus conscients, veulent en porter, mais peinent à s’en trouver.
Vrai, mais on trouve des tutoriels simples sur le web pour en fabriquer. Cette rareté de masques dans les lieux publics est aussi le résultat de semaines de confusion et de mauvais messages lancés par la santé publique jusqu’à tout récemment.
Horacio Arruda a même déjà dit que « le masque n’est pas un moyen de prévention des infections dans la communauté ». Or, dès la mi-mars, le port du masque pour ralentir la contagion communautaire, incluant pour les asymptomatiques, était déjà discuté en Europe dans les cercles médicaux.
MORTS ET SÉQUELLES
Au début mai, le leadership politique sur le sujet manque encore à l’appel.
Pour ne pas continuer à perdre du terrain face au virus, imposer le masque est pourtant une urgence sanitaire. D’autant plus à Montréal. Pourquoi ? La grande région montréalaise est l’épicentre du virus au Québec.
La contagion communautaire est loin d’y être « sous contrôle » et le nombre de cas confirmés est sous-estimé. Le dépistage est insuffisant et se limite surtout aux symptomatiques.
Or, selon une étude de l’Université de Bonn, une personne sur cinq infectée par le virus et contagieuse n’a aucun symptôme.
Pour l’île de Montréal et ses couronnes nord et sud, si cette donnée s’avérait fondée, ça ferait potentiellement beaucoup de monde.
Un jour viendront le déconfinement de la ville, l’ouverture d’écoles et de magasins. Sans le port obligatoire du masque, combien en infecteront encore d’autres ?
Le virus ne frappe que les « vieux », se disent même certains, mais 56 % des cas confirmés ont moins de 60 ans.
Les décès sont concentrés dans les CHSLD et résidences privées pour aînés – un fait révoltant et non pas une « consolation » –, mais combien d’adultes de moins de 60 ans y survivront avec des séquelles majeures ?
Le système hospitalier montréalais est déjà sous tension. Si le nombre de patients augmente trop, il craquera.
Alors, ce masque ? Portez-le.
Vous sauverez des vies et peut-être même la vôtre…
Si j’avais su, début mars, que c’était la dernière fois que j’allais au resto, j’aurais pris un dessert.
Pas évident la vie de couple en confinement. Parait aussi qu’un des symptômes de la COVID est la perte de l’odorat. Je soupçonne ma blonde de l’avoir, car hier, elle m’a dit qu’elle ne pouvait plus me sentir.
Annette : j’ai mis une annonce pour me trouver un homme. J’ai reçu 500 messages disant : « viens chercher le mien » !
L’erreur avec ce virus, c’est de l’avoir appelé Corona. Si on l’avait appelé Canadien de Montréal, il aurait été éliminé en mars.
C’est dommage, tous les gens qui savent comment diriger un pays sont occupés à écrire sur Facebook.
Il y a un mois, je disais toujours chechalchedé, maintenant j’ai appris à dire CHSLD ! J’ai hâte qu’on parle de la sauce Worchestershire…
Est-ce qu’on peut désinstaller et réinstaller 2020 ? Je pense qu’il y a un virus.
Je n’ai pas survécu à toutes mes soirées de beuveries pour me faire abattre par un virus qui porte le nom d’une bière légère.
Le confinement avec mes enfants, c’est comme des vacances au Club Med, sauf que je fais partie du personnel !
Je voudrais surprendre ma femme pendant le confinement et passer l’aspirateur. Mai où on met l’essence ?
Je regardais une série sur Netflix et il y avait des gens qui se faisaient des bises et des accolades. C’est toujours un peu émouvant de regarder des documentaires historiques sur des civilisations anciennes.
Je viens de raconter une blague à mon linge. Il était plié en deux !
Avis aux grands-parents. Vu que vos petits-enfants vous manquent, à la fin du confinement, on vous les laisse deux mois.
Mon chat vient de me demander si je voulais laisser la radio jouer pendant qu’il va se promener dehors. Petit baveux !
Mon gars me dit qu’il s’ennuie de son enseignante. Je lui réponds que moi aussi je m’ennuie de ma maîtresse.
Pour la septième semaine à la maison, le chien me regarde comme pour dire : « Tu vois pourquoi je mange les meubles ? »
L’été approche et je suis mort de rire à l’idée de penser aux moustiques qui vont se demander où on est.
Après la lecture des découvertes qui suivent, vous vous endormirez, ce soir, avec le sentiment d’avoir augmenter vos connaissances. Une satisfaction à partager avec vos amis et proches, lorsque l’occasion se présentera de les faire bénéficier de votre savoir.
Peler une banane à partir du bas et vous n’aurez plus à enlever ces petits filets. C’est comme ça que les primates font.
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Séparez vos bananes quand vous arrivez de l’épicerie. Si vous ne le faites pas, elles vieillissent très vite.
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Entreposez vos morceaux de fromage dans du papier d’aluminium. Il restera frais plus longtemps et sans moisissure.
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Les poivrons avec trois bosses dans son fond sont plus sucrés et de meilleur goût. Ceux qui en ont quatre sont plus fermes et mieux adaptés pour la cuisson.
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Ajoutez une cuillérée d’eau quand vous faites cuire le bœuf haché. Cela aidera à garder le gras loin de la viande pendant la cuisson.
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Pour réchauffer les restants de pizza, placer dans un poêlon antiadhésif sur le dessus de la cuisinière et mettre la chaleur à médium-bas jusqu’à ce que ce soit chaud. La croûte restera plus croustillante.
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Le papier journal empêche les mauvaises herbes de pousser. Commencez par placer vos plants, ajoutez les nutriments dans votre sol. Mouillez du papier journal. Placez des languettes autour de vos plants et les laissant se chevaucher et oubliez les mauvaises herbes. Les mauvaises herbes passeront à travers la plupart des matériaux à jardinage, mais ne passeront jamais à travers le papier journal mouillé.
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Fini les maringouins ! Placez simplement une feuille d’assouplissant dans votre poche. Cela gardera les maringouins à distance.
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Éloignez les écureuils de vos plantes ! Pour tenir les écureuils à distance de vos plantes, saupoudrez-les avec du poivre de cayenne. Celui-ci n’endommagera pas votre plante mais empêchera les écureuils de s’en approcher.
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Pour aller chercher quelque chose sous le frigo ou autre meuble d’accès restreint, ajoutez un rouleau vide d’essuie-tout au bout de votre balayeuse ou n’importe quel rouleau d’emballage. Ce rouleau peut être plié ou écrasé pour rendre accessibles les endroits difficiles à nettoyer.
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Avant de placer une substance collante dans une tasse à mesurer, remplissez-la d’eau chaude. Videz l’eau mais sans l’assécher. Ensuite, ajoutez vos ingrédients tels que le beurre d’arachides et regardez-les sortir de la tasse facilement.
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Dites adieu aux moustiques à fruits. Prenez un bol et versez-y un centimètre de vinaigre de cidre et deux gouttes de savon à vaisselle liquide. Bien mélanger. Vous verrez ces mouches attirées vers le mélange et parties pour toujours.
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Ces envahissantes fourmis… Placez un petit monticule de farine de maïs (Cornstarch) là où vous avez vu des fourmis. Elles en mangent et en ramènent a la « maison ». Elles ne peuvent le digérer et cela les tue. Le traitement peut prendre une semaine, mais ça marche et vous n’aurez pas à vous soucier de faire du mal aux autres animaux. C’est aussi sans danger pour les enfants.
Il y a de ces décisions qui nous amènent à douter des compétences de certains décideurs. Deux cas récemment : 45 millions de dollars payés à un Brossardois pour des masques jamais livrés et surtout payés à l’avance. 45 millions, c’est pas rien comme arnaque. Il aurait fallu un minimum de vérification avant de dépenser une telle somme.
Puis les 16 millions de dollars déboursés pour l’achat de boîtes magiques qui testent si vous êtes infecté de la COVID-19, en moins de trente minutes… ils sont fiables à seulement 50 %… et Santé Canada les recommandait ! Pas fort !
Qu’est-ce qui se passe chez nos décideurs ? Ils sont tous incompétents en même temps ? Ont-ils fréquenté les mêmes écoles durant leurs cycles scolaires ? Viennent-ils tous de l’époque où un examen réussi avec une note de moins de 60%, valait automatiquement une hausse à 60, sans doubler et être obligé de reprendre son année ?
Vous savez, la génération d’incompétents qui écrivent 50 mots avec 25 fautes minimum et qui ont de la difficulté à trouver combien font 2+2. Ils ont manqué de matières. Mais en musique, ils connaissent toutes les paroles de leurs idoles, dix minutes après en avoir pris connaissance.
C’est à ça que je pense en lisant les journaux. Les carences académiques manquent pitoyablement. Allo… on dort au gaz ! Un vrai cancer généralisé.
Richard Martineau y va également d’une savante réflexion sur le phénomène dans son article paru dans le Journal de Montréal d’hier. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui.
BOF, C’EST JUSTE DE L’ARGENT PUBLIC !
Plus je lis sur ce résident de Brossard qui a reçu 45 millions $ du gouvernement du Québec pour fournir cinq millions de masques (masques qui, oh surprise ! ne sont jamais venus), plus je suis sidéré.
Je comprends que nous sommes dans une situation inédite et que chaque minute compte.
Mais comment le gouvernement a-t-il pu se montrer aussi naïf ?
AUCUNE VÉRIFICATION
À moins de vivre sur la planète Mars, tout le monde sait qu’il y a une grave pénurie de masques N95.
C’est plus rare qu’un ministre fédéral qui parle français.
Et ce gars, dont personne n’avait entendu parler auparavant, pouvait, lui, en faire venir cinq millions, comme ça, en claquant des doigts ?
Je m’excuse, mais s’il y a quelque chose que la vie m’a prouvé, c’est que quand c’est trop beau pour être vrai… c’est pas vrai.
C’est comme la princesse africaine qui t’écrit pour te dire qu’elle va te donner la moitié de son héritage, ou la crème miracle qui te promet de t’allonger de deux pouces.
L’adresse de l’entreprise du bonhomme était la même que son adresse personnelle !
Le document censé prouver qu’il faisait des affaires avec la firme 3M était bourré de fautes !
Le gars était censé être un king de l’import-export… et il louait un petit condo à Brossard !
Youhou ?
Vous ne voyez pas les lumières flasher sur votre tableau de bord ?
C’est comme ces conférenciers qui vous promettent de devenir millionnaires en trois mois et qui conduisent une Honda Civic usagée !
Ou ces astrologues qui prédisent l’avenir… mais qui n’ont jamais gagné une maudite cenne à la loto !
GUICHETS AUTOMATIQUES HUMAINS
Heureusement que la Banque TD et Desjardins ont levé le drapeau rouge, sinon le bonhomme serait encore en train de rigoler dans son salon.
Je suis sûr que même lui n’en revenait pas à quel point c’était facile de recevoir 45 millions de dollars de la part du gouvernement !
Tu leur dis que tu vas faire venir des masques, tu leur montres un faux document bourré de fautes… et ils t’envoient le chèque !
Comme ça, sans poser de questions !
Ils n’ont même pas pris la peine d’appeler 3M pour vérifier si c’était vrai qu’ils faisaient affaire avec ce type !
Ils n’ont pas pris deux minutes pour effectuer un simple appel téléphonique !
Bof… c’est juste de l’argent public, après tout, non ?
Et comme on le voit ces temps-ci, l’argent, ça pousse dans les arbres.
Tu appuies sur le nez de Justin Trudeau et de Pierre Fitzgibbon, et ils te crachent une couple de millions.
LE MONDE À L’ENVERS
Et pendant ce temps, si tu es pharmacien et que tu veux changer des couches dans un CHSLD, on te dit : « Oh non, désolé, mais vous n’avez pas la formation médicale requise ! »
Euh…
On se montre super accommodant envers les beaux parleurs qui nous promettent mer et monde, et super méfiant envers ceux qui veulent nous aider !
Alors que ça devrait être le contraire !
J’ai hâte qu’on invente un vaccin capable de nous protéger contre le manque de jugement…
Je ne vous apprends rien sur la pandémie que subie toute la planète présentement. Par conséquent, beaucoup d’entreprises sont fermées et il est difficile de faire ses courses. Partout, on essaie de nous accommoder, sauf ma banque, la CIBC, ou Canadian Imperial Bank of Commerce, dans un français maquillé.
Toujours est-il que lorsqu’on connaît la gourmandise de ces manufactures à dollars on constate qu’ils sont voraces, et n’existent que pour s’emplir les poches de plus en plus. Vous avez vu les accommodements qu’ils ont consenti sur le bout des lèvres ? Ils n’ont rien perdu. Leurs taux d’intérêts n’ont jamais diminué. Ce sont des conciliants… à profits.
Tout ce préambule pour vous raconter ce qui m’arrive. En fait, ce qui m’est arrivé récemment.
Parce que les postes de ventes de billets de Loto-Québec sont rares, voire tous fermés, je décide de m’abonner aux jeux en ligne pour me procurer automatiquement mon billet de 6/49 et Québec49 pour chacun des tirages. Les autres jeux ne m’intéressent pas. Le coût ? 5 $ par tirage et il faut déposer un minimum de 20 $, par carte de crédit, dans notre compte pour que Loto-Québec puisse se payer.
Tout va bien. Les tirages se déroulent et vient le moment où je dois rajouter un autre 20 dollars pour qu’il y ait un minimum de fonds dans mon compte. Je m’exécute !
La surprise arrive ! Au moment de recevoir mon relevé mensuel de carte de crédit Visa, je remarque deux débits très clairement identifiés par cette description sans équivoque et limpide comme de l’eau de roche :
« FS AV ESP/VIR SOL/CHQ PR/VERS » 5,00 $.
Ne comprenant absolument pas cette chinoiserie, je téléphone à CIBC-Visa pour obtenir des précisions pour qu’on m’éclaire.
J’apprends, avec étonnement, que ce sont des frais considérés comme des avances de fonds pour l’achat de loterie, donc facturés comme tel. C’est pas beau ça ?
De la fraude légale !
Pourquoi de tels frais ?
Un cinq piastres, comme ça, dans leurs poches, chaque fois que j’ajoute 20 dollars à mon compte Loto-Québec. De l’argent vite gagnée par ces gros bonzes de la finance qui demandent toujours des taux d’intérêts abusifs frisant les 20 % sur le crédit.
Comme je paie entièrement le solde de ma carte de crédit chaque mois, et que je profite de ce crédit sans intérêts, ils ont trouvé un tour de passe-passe pour se faire du fric sur mon dos. En québécois, j’appelle ça des salauds !
Jamais, autant Loto-Québec que la CIBC, ne m’ont informé d’une telle pratique. Probablement des petits caractères quelque part qui demandent d’être scrutés à la loupe. C’est dégueulasse ! Avez-vous déjà pris la peine de regarder tous les frais de services demandés par les banques. Jamais personne ne s’est mis le nez là-dedans. Non, il ne faudrait pas parce que les surprises nous feraient mourir.
Ne regardez pas trop la caissière parce qu’on pourrait vous demander des frais démesurés. Même là, les caissières sont une espèce en voie de disparition. Aujourd’hui, on discute avec des machines qui imposent de plus en plus de frais de service. Une machine ça n’a pas de cœur… et ça rapporte beaucoup plus. Aucun bénéfice marginal et avantage social à payer.
Inutile de vous dire que je vais mettre fin à mon abonnement avec Loto-Québec. Pour ce qui est de la CIBC, auquel je suis membre depuis 32 ans, ce serait trop compliqué de changer d’institution avec tous les dépôts directs et retraits automatiques instaurés au fil des années, mais pour moi, ce sont des profiteurs, sans aucun scrupule et insatiables.
Ils sont très loin d’avoir une mince sympathie de ma part, et je ne voulais pas étouffer cet abus toléré.
Je t’écris quelques mots pour que tu saches que je t’écris. Donc, si tu reçois cette lettre, cela voudra dire qu’elle est bien arrivée. Sinon, préviens-moi, que je te l’envoie une seconde fois…
Je t’écris lentement, car je sais que tu ne lis pas rapidement…
Dernièrement, ton père a lu une enquête disant que la plupart des accidents se produisent à quelques kilomètres de la maison. C’est pour cela que nous avons décidé de déménager un peu plus loin…
La maison est splendide, il y a une machine à laver, mais j’ignore si elle est en service. Hier, j’ai mis le linge, tiré sur la chaînette, et tout a disparu je ne sais où ! Mais je continue à chercher le mode d’emploi…
Le temps n’est pas trop désagréable ici, la semaine dernière, il n’a plu que deux fois. La première pendant trois jours, la seconde, quatre jours…
Au sujet du manteau que tu désirais, ton oncle Pierre a dit que si je l’expédiais avec les boutons, qui sont lourds, cela coûterait très cher; alors je les ai arrachés et te les ai mis dans une des poches…
Une bonne nouvelle; ton père a trouvé du travail. Il a sous lui environ 500 personnes: il fauche les herbes du cimetière…
Ta sœur Julie, qui vient de se marier, attend un heureux événement. Nous ignorons le sexe, c’est pourquoi je ne peux te dire si tu seras oncle ou tante. Si c’est une fille, elle a l’intention de l’appeler comme moi. Cela me fait tout drôle de savoir qu’elle va appeler sa fille « Maman… »
Ton frère Jean a eu un gros problème; il a fermé sa voiture avec les clés à l’intérieur. Il a dû retourner à la maison, 10 kilomètres aller-retour à pied pour récupérer le second jeu de clés et enfin nous sortir du véhicule…
Si tu as l’occasion de rencontrer ta cousine Jeanne, donne-lui le bonjour de ma part. Si tu ne la vois pas, ne lui dis rien c’est plus simple.
Ta Maman,
PS : je voulais te mettre un peu d’argent dans l’enveloppe, mais je l’ai déjà collée…
Acheter de l’étranger doit devenir l’exception, si on veut prospérer et sauver notre économie nationale. Depuis trop longtemps, la mondialisation a changé le portrait et fait profiter les grandes puissances dont la Chine qui, après la seconde guerre mondiale, quémandait nos sous pour sauver les pauvres petits Chinois.
Il faut être de moins en moins dépendants de ces grandes puissances et faire en sorte de faire prospérer notre environnement immédiat, plus sensibilisé à nos besoins et nos valeurs.
Le prix ne doit plus être notre premier critère d’achat. Notre économie ne s’en relèvera que mieux après cette pandémie. La mondialisation, très peu pour moi !
Claude Villeneuve a écrit un article intéressant sur le sujet, dans l’édition du Journal de Montréal du 25 avril dernier. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui. Pensez-y, pour des lendemains profitables pour nous.
L’INTÉRÊT DE LA CHINE ET LE NÔTRE
Quiconque a des parents baby-boomers a déjà entendu la blague. « Quand on était jeunes à l’école, les sœurs nous faisaient acheter des p’tits Chinois. Astheure, c’est eux autres qui nous achètent ! »
L’image, pour caricaturale qu’elle soit, illustre néanmoins l’immense retournement de notre perception de la Chine au cours des 50 dernières années. Aux bandes dessinées nous présentant les Chinois comme des petits êtres courtois aux drôles de chapeaux a succédé l’image, plus réaliste, d’hommes en habit noir rusés qui se promènent avec des valises pleines d’argent.
SI GROS, SI LOIN
La géopolitique, la diplomatie et les relations internationales, ça peut paraître très abstrait et lointain pour les gens du commun que nous sommes. À l’ère Trump plus que jamais, on suit ça presque comme un téléroman. Quand Loïc Tassé nous parle dans notre section spéciale publiée aujourd’hui des nouvelles routes de la soie, de l’alliance circonstancielle de la Chine avec la Russie ou de ses rapports méfiants avec l’Europe, c’est passionnant, mais on se sent un peu comme une fourmi qui regarde des bulldozers se rentrer dedans. C’est si gros que ça a l’air loin.
Sauf qu’en temps de crise, quand on se fait raconter qu’on espère se faire livrer des masques N95 et qu’on a peur de mourir en détresse respiratoire parce qu’on manque de propofol pour faire des sédations, ça devient très concret, la domination économique de la Chine. On lui a sous-traité notre production manufacturière, elle produit 25 % de tous les biens de la planète, dont 40 % des médicaments, et on se surprend ensuite qu’elle soit devenue la première économie au monde et qu’elle émette autant de GES.
Le résultat, néanmoins, c’est que la Chine nous tient par là où c’est sensible. Alors qu’elle nous a contaminés par un virus qu’elle a par ailleurs tenté de nous cacher, elle se promène en sauveuse en distribuant du matériel médical en Italie et on doit la supplier pour qu’elle ne nous oublie pas.
Mais oui, la Chine, c’est gros, c’est loin, et entre la faiblesse de Justin et la folie de Trump, on se demande bien, comme citoyens, qui nous protégera et quelle sorte d’emprise on peut avoir sur tout ça.
LE VRAI COÛT
Pourtant, on en a une, une prise. Et c’en est une méchante grosse, à part de ça.
Ça se passe chaque fois qu’on va sur Wayfair s’acheter des gréements et des cossins, chaque fois qu’on magasine, que ce soit à l’épicerie ou en ligne ces temps-ci et qu’on cherche le meilleur prix.
On pense que notre intérêt, comme consommateur, c’est de trouver le produit dont le nombre précédant le signe de piastre est le plus petit. Moins on paye cher, plus on pense que c’est avantageux.
Pourtant, en 2020, le coût d’un produit, on ne devrait pas le mesurer seulement à son prix de vente. Dans le coût, il faudrait aussi évaluer ce que ça va générer comme pollution de le produire à l’étranger et de le transporter jusqu’ici. Il faudrait aussi tenir compte de ce que le voisin qui produit le même bien et qui vend plus cher ne viendra plus dépenser ensuite dans nos propres commerces. On devrait calculer ce que ça coûte de nous nuire à nous-mêmes.
L’argent qu’on dépense chez nous, il circule et il nous revient. L’argent qu’on dépense en Chine, il s’en va là-bas et ne revient jamais.
ACHETER CHEZ NOUS
Nous ne pourrons pas, humbles citoyens, influencer le volontarisme de la Chine à implanter ses nouvelles routes de la soie et les sautes d’humeur de Trump à son égard. On peut toutefois ne pas opter pour un téléphone cellulaire Huawei pour éviter d’être surveillé et préférer l’ail du Québec à celui de Chine, qui est moins cher, mais qui fait davantage roter, selon Fabien Cloutier.
À la fin, la Chine a ses intérêts. Qui n’en a pas ? Il faut juste prendre conscience que ce n’est pas le même que le nôtre, ni comme citoyen, ni comme consommateur, ni comme Québécois, ni comme Nord-Américain.
Notre intérêt, à nous, c’est d’acheter chez nous, comme nous le suggère l’initiative du Panier Bleu. De rebâtir nos chaînes d’approvisionnement autour de biens manufacturés localement. De recommencer à produire nous-mêmes notre matériel médical, nos médicaments et tout ce qui est nécessaire en contexte d’urgence.
De faire travailler notre monde. De contrôler nous-mêmes l’empreinte environnementale de notre industrie.
La Chine fera ce qu’elle veut, selon son intérêt. Nous, faisons ce que nous avons à faire, selon le nôtre.
Il y a de ces histoires qu’on ne peut passer sous silence. Des histoires qui font une différence dans la tragédie des CHSLD. Des gens qui s’impliquent et pour qui aucun défi est insurmontable.
Des personnes qui méritent qu’on les dévoilent au grand jour pour donner à d’autres le goût de faire une immense différence. Voici l’histoire d’Anouk, qu’elle a pris la peine de rédiger.
Anouk aurait très bien pu continuer, comme bien du monde, à sauver des vies en se lavant les mains et en regardant des séries dans le confort de son sofa.
Elle est allée prêter main-forte dans un CHSLD.
Un de ceux où ça va mal.
« À force d’entendre les appels à venir aider, j’ai eu une écœurantite de ne rien faire, de voir d’un côté des gens qui sont acharnés à aider et de l’autre, des gens qui se trouvent des hobbies. J’étais une lionne en cage, j’avais besoin d’être du côté de ceux qui aident. Ce n’est pas dans ma personnalité de rester là à ne rien faire. »
Elle s’est inscrite sur le site du gouvernement, elle a attendu qu’on la contacte, elle a fini par faire ses propres démarches en passant par une amie qui connaît le directeur d’un CHSLD en banlieue de Montréal, avec environ 150 résidents.
« Je lui ai parlé au téléphone le soir du 14 mars et le lendemain matin, je commençais… »
Anouk n’avait jamais mis les pieds dans un CHSLD, elle est architecte, travaille à la rénovation de condos.
Elle était dans le sud quand la crise a éclaté.
La femme de 50 ans s’est informée du mieux qu’elle a pu sur le travail qui l’attendait, sur les façons sécuritaires pour se changer en arrivant au travail et surtout en finissant.
« Je m’attendais à une situation grave, pas facile, j’étais prête. Mais être prête et le vivre, c’est autre chose… »
Et elle est débarquée là, à 7h, le mercredi matin.
« Il y avait tellement de choses à faire, je courais tout le temps. J’aime être efficace dans la vie, mais là, j’avais l’impression d’être une poule pas de tête.
La préposée me disait : – va chercher le cabaret dans la cuisine. Je ne savais pas où était la cuisine… »
Ce qui l’a frappée en arrivant ?
« Ce qui m’a frappée, c’est la saleté, les draps sales, les planchers sales… »
Après ses trois premiers shifts de huit heures, elle s’est assise pour écrire ce qu’elle a vécu, elle a partagé ça sur Facebook. D’abord, ses premières impressions.
« Dans un vestiaire de fortune, une employée ou peut-être une bénévole, me demande d’enfiler jaquette, masque, visière et gants. On me conduit à l’aile des Oubliés, sans formation. Dès que je franchis la porte du vestiaire, l’odeur d’urine, de désinfectant et d’excréments me pogne au nez, même avec le masque. Certains patients demandent de l’aide, mais on ne s’arrête pas. La préposée que j’assiste m’explique qu’on a 22 patients et qu’il n’y a qu’elle et moi pour faire le travail. Deux préposées ne sont pas rentrées car elles ont obtenu un résultat positif au test du COVID-19 la veille. Ainsi commence cette aventure. C’est un champ de bataille. »
On imagine l’horreur.
Mais ce qu’on n’imagine pas, c’est l’humanité.
Anouk aurait pu raconter tout ce qui est allé tout croche, elle a décidé de parler de ces hommes et de ces femmes qu’elle a aidés.
Des humains.
Elle a donné des petits noms à ses patients, madame Petite « toute chétive et semi-consciente » à qui elle a donné du jus d’orange, du gruau et du yogourt, monsieur Hiha qui lui demande d’aller chercher ses dents. « Le dentier […] est sale, plein de nourriture séchée, croutée, durcie. Je propose de le nettoyer.
Il me dit en l’enfilant : « Oh, il tient bien, vous l’avez réparé ! »
Madame Filiforme a dormi avec ses souliers dans les pieds.
Puis, c’est au tour de madame Coquette.
« Ses cheveux sont fins et doux. Sales aussi. Elle m’explique que ça fait cinq semaines qu’elle n’a pas pris de bain. Je vérifie plus tard auprès d’une préposée et c’est vrai. Seul le nettoyage à la mitaine est permis. Donner un bain à une personne en perte d’autonomie et le décontaminer ensuite est impensable en temps de pandémie. Comme les cheveux sales sont malléables, je les lisse vers l’arrière et elle trouve que ça manque de volume. Elle est ricaneuse alors je décide de lui donner un look punk en lui remontant les cheveux en pointes. Elle prend son miroir et on pouffe de rire comme deux gamines. »
Monsieur Don Juan, 94 ans, lui a fait les yeux doux.
Dans une chambre de l’unité, deux patients sont atteints de la maladie.
« Monsieur Respirateur a bu un peu d’eau. Sa bouche est remplie de sécrétions séchées et je ne suis pas certaine que l’eau que je lui donne le soulage tant ces sécrétions doivent être inconfortables. Monsieur SOS est plus conscient. Il répète sans arrêt « aidez-moi, aidez-moi ! » Il boit avec mon aide et beaucoup de temps tout un verre d’eau. »
C’est tout ce qu’elle peut faire.
« Je me suis liée d’amitié avec madame Gentille. Elle me confie que ça fait six semaines qu’elle n’a pas parlé à sa fille. En effet, elle n’a pas de téléphone dans sa chambre. […] Je vais chercher mon cellulaire (qui implique tout un processus de désinfection), signale le numéro et remets le téléphone à madame Gentille. Elle ne sait pas comment tenir dans ces mains tremblantes mon iPhone trop petit, trop mince. Je mets le téléphone sur « speaker » et je suis témoin de leurs retrouvailles. La mère et la fille pleurent, se racontent le dernier mois, rigolent aussi. Je parle ensuite à la fille et je m’arrangerai pour apporter à madame Gentille un téléphone fourni par sa fille. »
Anouk écrit : « de tous les soins, c’est l’amour des proches qui apaise le plus ».
Puis, elle va dans une autre chambre. « Madame Attente est assise dans sa chaise roulante, un peu penchée par en avant à un bras de distance de son téléphone.
– Madame Attente, depuis 9h que vous êtes ainsi, voulez-vous que je vous déplace devant la fenêtre ?
– Non, j’attends l’appel de mon fils. Il me téléphone tous les dimanches.
– Mais on est mercredi !
– Ha… ben je suis un peu mêlée avec les jours, alors je ne veux pas prendre de chance. »
En fin de semaine, après ces trois journées passées à aider ces gens, Anouk a « pleuré toutes les larmes de mon corps ». Je lui ai parlé hier, elle revenait tout juste de finir son premier shift de cette semaine.
Ça va mieux, les renforts sont arrivés, des bénévoles, des gens de l’armée « très bien formés ».
C’est moins sale, Anouk peut passer plus de temps avec « ses » patients, elle peut leur parler, les réconforter. « Là, j’ai le temps de mieux les nourrir, je peux établir une connexion avec eux. » Elle passe environ les deux tiers de son temps dans la même unité, le tiers ailleurs où elle est appelée en urgence.
Dans son unité, il y a encore des chambres où il y a la COVID, d’autres où il n’y en a pas, avec tout ce que ça implique de procédures pour y entrer.
Comme avec madame Gentille, Anouk a prêté son téléphone quelques fois.
« J’ai vu la différence que ça fait, ça changeait même leur appétit, ils mangeaient plus après avoir parlé à leurs enfants, et pourtant ce n’était pas meilleur… »
Elle veut établir un système pour que les gens puissent appeler plus.
« Les bénévoles, que j’appelle les « préposés au bonheur », si elles ne sont pas capables de coucher les patients, elles peuvent leur brosser les cheveux, parler, et ça rend les soins plus agréables pour eux. J’espère que ça va rester, ça. »
Pendant les pauses, Anouk a eu le temps de parler à des préposés. « Pour la première fois, elles se sentent considérées pour le travail qu’elles font, ce sont un peu les héros. Mais elles ont peur que ça change, qu’après ça revienne comme avant, de perdre ce qu’elles ont gagné. » Pas juste l’argent, la reconnaissance aussi. « Ce que j’entends souvent c’est « enfin », « enfin », ils vont enfin comprendre. Les préposés ont de l’espoir, je vois de l’espoir.
Récemment, dans La Presse+, Stéphane Laporte publiait sa réflexion sur les vieux. Une pensée pleine de sens en cette période où ces vieux sont le sujet de discussion de l’heure dans l’opinion publique.
Aurions-nous oublié que c’est grâce à eux que nous sommes là, et que si nous nous dépassons plus des deux tiers d’un siècle, nous serons leur sosie ?
C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.
VIVE LES VIEUX !
On a tout faux. Les aînés ne sont pas derrière nous. Ils sont devant nous. Les aînés ne sont pas notre passé. Ils sont notre avenir. Ils sont déjà rendus là où l’on s’en va. Ils nous ont devancés. Ils ont marché avant nous. Parlé avant nous. Dansé, chanté, aimé, volé, gagné, avant nous. Trahi, chuté, perdu avant nous, aussi.
Ce ne sont pas les derniers. Ce sont les premiers. Ce sont nos Neil Armstrong. Nos découvreurs. Nos pionniers. Ce que l’on sait, ils nous l’ont appris. Lire, compter, s’intéresser, donner. Ignorer, blesser et prendre, aussi. Selon qui ils étaient sur notre chemin, on peut tout leur devoir ou leur en vouloir pour tout. Ils sont bons ou cons, comme nous. Ou, plutôt, on est cons ou bons, comme eux.
Ce qu’ils sont aujourd’hui, c’est ce que nous serons demain. Les crèmes, la chirurgie esthétique et les filtres Instagram n’y changeront rien. On ne rajeunit pas. On vieillit. Tous autant que nous sommes. Les jeunes, aussi. Le temps d’une virgule, ils sont déjà moins jeunes. On vieillit. Chaque seconde de notre vie. Parce que vieillir, c’est vivre. Et mourir, c’est ne plus vieillir.
Alors, voulez-vous bien me dire pourquoi, nous qui sommes si remplis de promesses pour l’avenir, sommes si peu préoccupés du sort des aînés ? Ce que nous leur faisons, c’est ce qu’on nous fera. Ce que nous ne leur faisons pas, c’est ce qu’on ne nous fera pas. Si on n’agit pas envers eux par altruisme, agissons, au moins, envers eux par égoïsme.
Vous pouvez même le faire pour vos enfants. Parce que, je vous le souhaite, vos enfants seront vieux un jour. Pourquoi tant de sacrifices pour qu’ils aient une belle vie, si leur fin est triste et malheureuse ? Tous les vieux sont les enfants de quelqu’un.
La société a laissé de côté les personnes âgées. Pas juste depuis le virus. Depuis une éternité. Parce qu’on ne veut pas se voir en eux. La société vit bien dans le déni. La société croit qu’elle a 18 ans et se fait croire qu’elle s’amuse tout le temps.
Le plus dérangeant dans cette histoire, c’est lorsqu’on lit le chiffre des décès, et que ça nous rassure de constater que les victimes sont surtout des gens de 70 ans et plus. Comme si c’était moins grave. Honte à nous. Une vie est une vie. Un être humain n’est pas un char. Il ne perd pas de la valeur avec le temps.
Je sais que la mort d’un enfant nous brise le cœur. La mort d’un vieil enfant devrait le briser aussi. On comptera en combien de morceaux après. On part toujours trop tôt quand on aurait pu partir plus tard.
On se console trop rapidement de la mort des aînés. Ça explique pourquoi leur existence n’est pas notre priorité. Ça explique leurs destins de délaissés.
Ce n’est pas juste en disant « ça va bien aller » que ça va bien aller. C’est en se faisant aller. Il faut changer notre rapport avec la vieillesse. Permettre de vieillir dans la dignité. Cesser d’écarter les gens plus âgés. Tout le monde fait partie de la gang. De 0 à 200 ans.
L’âge n’est pas une défaite. L’âge est un exploit. On peut en être fier. J’ai 40 ans, ça fait 40 ans que je suis là ! J’ai 50 ans, ça fait 50 ans que je suis résistant ! J’ai 60 ans, ça fait 60 ans que je passe au travers. J’ai 70 ans, ça fait 70 ans que j’aime ce monde-là !
Ça passe vite comme ça. Hier, tu regardais Pierre Elliott Trudeau dire « finies les folies » dans ta commune. Un claquement de doigts et tu regardes son fils te dire de ne pas sortir de ton centre d’accueil.
La vie est trop courte. Chaque seconde compte. Autant celles du début que celles de la conclusion. Il y a des débuts interrompus et des conclusions interminables ; peu importe où on est rendu dans le livre, c’est la page du présent qui compte le plus. Et le présent appartient aux vivants. À tous les vivants. De toutes les origines, de tous les sexes et de tous les âges.
Il a fallu trop d’horreurs pour éveiller les consciences au racisme, espérons que cette horreur éveillera nos consciences à l’âgisme.
On a toujours tort quand on catégorise les gens. On est tous nés à la même place, sur la terre. Et on est tous de la même époque. Tous des contemporains. Le reste, ce ne sont que des milliards de différences. Les aînés ne sont pas tous pareils. Pas plus que les jeunes. Voilà pourquoi on ne peut pas dire « les aînés sont comme ci, les aînés sont comme ça ».
Ça n’existe pas, le bloc des aînés. Ce qui existe c’est ton père, ta mère, le grand-père de ton ami, la grand-mère de la voisine. Bref, des êtres humains.
Vous vous demandez alors pourquoi mon titre « Vive les vieux ! ». Parce que ça rassemble tout le monde. Nous sommes tous des vieux. Quand j’avais 5 ans, mon frère en avait 12, et je le trouvais tellement vieux. On est tous les vieux de quelqu’un, qu’on soit vieux d’un jour ou vieux de douze mille jours.
Assumons-le. Surtout que l’âge ne mesure rien. Parce que ce qui nous identifie en est à l’abri. Ce n’est pas l’âge qui fait qui nous sommes, mais c’est un mot qui lui ressemble. Changez le g pour un m. L’âme. La petite voix en nous. Qui nous fait rire, pleurer, réfléchir et frémir. Invisible et omniprésente. Sans âge.
C’est pour ça qu’on est toujours étonné quand on inscrit sa date de naissance en remplissant un formulaire. Je ne suis pas vraiment rendu là ! Notre âme a toujours l’impression qu’elle vient tout juste d’arriver. Elle reste intemporelle jusqu’au jour où il faut la rendre.
Si on veut la garder le plus longtemps possible, il faut se soucier de celles et ceux qui nous ont permis d’en avoir une.
Car, tant qu’à jouer au Scrabble, remplaçons le v de vieux par un d, et nous ne serons pas loin de la vérité. Ce sont eux qui nous ont créés.