Facturer à tout prix

Il y a de ces jours ou on se demande ce qui se passe pour que des compagnies ajoutent des frais d’honoraires à leurs services. Si quelques-uns sont justifiés, d’autres le sont beaucoup moins et frisent l’aberration. C’est ce qui m’est arrivé dernièrement avec ma compagnie d’assurance-auto et habitation, et je n’en suis pas encore revenu. Je ne mentionnerai pas de nom mais je veux vous en faire part parce que si on ne dit rien ou on ne fait rien, ces sociétés continueront de facturer des honoraires abusifs. C’est contagieux!

Des modifications mineures devaient être apportées à mes polices d’assurances auto et habitations et c’est ce que j’ai fait au cours des dernières semaines. Entre autres, j’ai signalé mon changement d’adresse; une normalité et même une évidence quand on déménage.

Il y a quelques jours, je vérifiais les prélèvements bancaires mensuels de ces polices pour constater qu’en mars, la mensualité était différente des mois précédents. Une douzaine de dollars s’était ajoutée sans autres explications. Pour y voir plus clair, j’ai communiqué avec mon assureur qui m’a confirmé que la hausse de ma prime était due à des honoraires qu’on m’avait facturé pour avoir effectué mon changement d’adresse.

Sidéré, je demande des explications pour apprendre que la compagnie facture ces frais en guise de paiement d’honoraires pour ce service. Je reste bouche bée! On me dit qu’on m’en avait avisé, au moment de changer mon adresse et malheureusement je n’en ai aucun souvenir. C’est le concept que je dénonce… c’est n’importe quoi.

Est-ce que l’employée est rentrée au travail uniquement pour traiter mon changement d’adresse? Non, elle était sur ses heures normales de travail. Alors si je n’appelle pas, elle n’est pas payée? J’en doute. Pourquoi ces frais déguisés? Pour avoir parlé à un humain, on me facture des honoraires bidons. Aurais-je eu les mêmes frais, si j’avais modifié mes données via le site Web de la compagnie? Je ne sais pas.

C’est devenu la mode de facturer pour toutes sortes de niaiseries du genre, partout. Mon interlocutrice, pour se justifier, a comparé ces honoraires à ceux que les pharmaciens appliquent pour des renouvellements de prescriptions… foutaise. C’est ce qui ne paraît pas et qu’on omet volontairement de nous dire lorsqu’on les sollicite. Les petits caractères… ceux que personne ne lit. Les compagnies d’assurances le savent et mettent des milliers de mots dans leurs documents, sachant fort bien que ce soit trop ardu de s’y attarder. Pourtant, on devrait. Ce qui prendrait 20 pages en caractères normaux en prend trois et ils ne fournissent pas la loupe pour pouvoir les lire.

Les honoraires sont devenus des moyens de faire plus d’argent. Des prétextes, des fourre-tout. Les banques en ont à profusions, les médecins aussi et voilà que les courtiers en assurances s’y mettent sans discernement. Et qui paie toujours pour tout ça? Le CONtribuable.

Salmigondis

LE HUARD GLISSERA À 60 CENTS D’ICI LA FIN DE 2019
AGENCE QMI | Le huard glissera considérablement face au dollar américain d’ici la fin de 2019, selon un éminent spécialiste américain des devises, a rapporté Bloomberg, hier.

John R. Taylor, l’ancien président de FXConcepts, prédit que le dollar canadien se transigera à environ 60 cents américains à la fin de l’an prochain, ce qui constituerait un creux jamais atteint depuis 2002.

« Le fort raffermissement du dollar américain depuis le début de février est le début de ce mouvement, et ce cycle durera encore deux ans et trois mois, a-t-il écrit dans son infolettre de la firme Taylor Global Vision qu’il dirige, selon Bloomberg. Nous misons sur 1,60 $ CAN [pour 1 $ US] à la fin de l’an prochain. »

Il prédit que le huard perdra quelques plumes au mois de mai. Il mentionne que le Canada aura de la difficulté à combattre l’isolationnisme prôné par Donald Trump.

« Justin Trudeau et le Canada vont riposter, mais son pays ne représente que 10% de la taille des États-Unis, un décalage typique pour un intimidateur, et la réaction, désirée ou non, sera que le dollar canadien va s’affaiblir face au dollar américain », a-t-il affirmé en analysant ses modèles statistiques.

UN PAS DE PLUS VERS DES PROFESSEURS ARMÉS EN FLORIDE
Miami | (AFP) Le congrès de Floride a approuvé hier une loi qui restreint l’accès aux armes à feu tout en ouvrant la voie à la possibilité d’armer certains enseignants, en réponse à la tuerie récente de l’école secondaire de Parkland.

Après une courte victoire au Sénat lundi, la « loi de sécurité publique Marjory Stoneman Douglas » – du nom du collège de Parkland attaqué le 14 février – a été approuvé par 67 voix contre 50 à la Chambre des représentants de Floride.

Pour entrer en vigueur, la mesure doit désormais être ratifiée par le gouverneur de Floride, Rick Scott, mais le républicain n’a pas encore déclaré s’il s’opposerait à son parti et y mettrait son véto. Rick Scott s’est en effet publiquement opposé à la proposition du président Donald Trump d’armer les enseignants.

JEAN-MARC FOURNIER QUITTE LE PARTI LIBÉRAL
Bon débarras pour ce profiteur en ce qui me concerne. La politique a été très bonne pour ce monsieur qui, en 2008 avait pris une pause… et encaissé une généreuse prime de départ, pour revenir en 2010. Maintenant, il quitte encore avec une autre généreuse prime. À part ça, il a fait quoi au juste. Difficile de cerner n’est-ce pas!

ŒIL POUR ŒIL
Que ce soit pour l’ALENA ou le bois d’œuvre et plus récemment l’aluminium et l’acier, Donald Trump prend son air de « beu » pour imposer des taxes à l’importation. Et nous, qu’est-ce qu’on fait ? On tend l’autre joue? Il faut répliquer avec une substantielle surtaxe sur l’électricité qu’on exporte dans ce pays qui se croit le nombril du monde. On répond à une menace par une autre menace. Mais en y pensant bien c’est prêcher dans le désert pour nos politiciens qui sont plus fort en gueule qu’en action. Attendez de voir ce qui va sortir des négociations pour l’ALENA… nous allons encore perdre des acquis. En dernière heure, on apprend que le président Trump exemptera le Canada et le Mexique de cette taxe sur l’acier et l’aluminium. Ça reste à voir, et on n’en est pas à une surprise près avec ce cher Donald.

Bonne fête Mesdames

Aujourd’hui, 8 mars, on célèbre les femmes et pour l’occasion, je vous offre ce texte que publiait Denise Bombardier dans les pages d’opinions du Journal de Montréal de lundi dernier. Bonne lecture et surtout bonne Journée internationale des femmes.

LA JOURNÉE DES VICTIMES

Depuis des années, j’appréhende le 8 mars décrété Journée de la femme. Cette date n’en est pas une de réjouissances, car les porte-parole de cet événement nous traceront un portrait si noir, déformé et déprimant de la situation des femmes chez nous qu’une chatte n’y retrouverait pas ses chatons.

D’abord, on aura droit à travers les médias à un discours victimaire de la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard, une transgenre devenue femme dans la trentaine, qui viendra nous décrire l’exploitation sexuelle des femmes aux mains des hommes. Elle dénoncera la situation économique catastrophique des femmes et la discrimination québécoise envers les minorités sexuelles féminines.

Les idéologues patentés réciteront leur catéchisme habituel où il sera question de la destruction du patriarcat millénaire, de la révolution du langage sexiste et des entraves à la liberté des femmes, qui malgré les droits reconnus seraient dans nos démocraties des espèces d’esclaves.

PORTRAIT NOIR

Le portrait brossé sera déprimant, sans nuances et exacerbé dans le contexte des mouvements comme #moiaussi.

L’on comprend que les femmes se départagent entre les ultra-militantes, théoriciennes du féminisme, qui s’embarrassent peu de la réalité. Elles constituent une minorité, ce qui n’est pas, en soi, un défaut. Puis, on retrouve la majorité composée de femmes qui n’affichent pas leur féminisme à la manière d’une arme de combat, mais comme une évidence. Quelles sont les femmes, à vrai dire, qui refusent l’égalité des sexes, à part quelques cocotes qui croient qu’en s’affichant antiféministes, elles attirent davantage les mâles?

La Journée de la femme au Québec devrait être à l’image des Québécoises. Fières d’allure, elles parlent dru et sans gnangnan. Elles aiment et apprécient les hommes – c’est le cas de nombre de femmes gaies, soit dit en passant –, elles pratiquent l’humour, adorent se retrouver entre « filles », jeunes ou vieilles, et sont habitées par un sentiment de fierté.

ÉMANCIPATION

En effet, elles savent quel chemin leur mère a parcouru pour accéder à cette émancipation d’elles-mêmes qui fait l’envie des femmes d’ailleurs, les Françaises au premier chef. Ma chère Benoîte Groulx était amoureuse des Québécoises, qui l’épataient et l’émouvaient. Combien de fois me l’a-t-elle répété? Et elle était impressionnée par nos hommes si peu machos comparés à ses propres compatriotes.

Les victimes n’ont pas d’avenir, étant par définition prisonnières d’un bourreau réel ou imaginaire. Dans le contexte de notre émancipation, la Journée de la femme ne se justifie qu’à condition de briser le discours misérabiliste, victimaire er marginal.

Il ne s’agit pas d’oublier les statistiques sur la pauvreté des femmes, les agressions multiples qu’elles subissent, leur aliénation et les inégalités qui les touchent. Mais le 8 mars n’a pas de sens chez nous que s’il permet aux plus démunies d’espérer. De sortir du déterminisme inéluctable qui les emprisonne. Nous avons fait des pas de géant : que cela se sache jeudi prochain. Que cela nous réjouisse et nous réconforte. Ce n’est pas une journée de découragement ou de colère. L’allégresse, n’est-ce pas du genre féminin?

Prévenez la fraude

Bien que les stratagèmes de fraude demeurent sensiblement les mêmes depuis plusieurs années, les fraudeurs ont désormais accès à une panoplie de moyens technologiques pour cibler leurs victimes. Grâce à Internet, aux médias sociaux et aux courriels, ils peuvent plus facilement joindre des milliers de victimes potentielles.

LES FRAUDES CLASSIQUES

La combine à la Ponzi consiste à solliciter des investisseurs sur promesse de rendements intéressants. Les sommes obtenues servent à payer des rendements fictifs à d’autres investisseurs ou à rembourser ceux qui souhaitent récupérer leur argent. Les fraudeurs donnent l’impression à leurs victimes que leur investissement est profitable et qu’elles peuvent facilement récupérer leur argent.

L’hameçonnage consiste à faire parvenir de faux courriels ou messages textes paraissant provenir d’entreprises, d’institutions financières ou d’organismes gouvernementaux légitimes pour tromper leurs destinataires afin d’obtenir leurs renseignements personnels et financiers permettant par la suite de les frauder.

Les ventes pyramidales sont un autre stratagème illégal fréquemment utilisé. Les promoteurs vous promettent des rendements exceptionnels si vous investissez votre argent, et bien davantage si vous recrutez de nouveaux investisseurs.

LES DERNIÈRES TENDANCES

Les fraudeurs se servent de plus en plus des tendances financières pour attirer leurs victimes. Ils proposent par exemple des investissements alléchants dans des produits en vogue, notamment dans des devises, des options binaires ou des cryptomonnaies*, et offrent des modes de paiement simples (cartes de crédit, PayPal, etc.). En règle générale, votre argent ne sera pas véritablement investi. Il ira dans les poches des fraudeurs.

RECONNAÎTRE LES SIGNAUX D’UNE POSSIBLE FRAUDE

1-    On vous pousse à investir rapidement dans un placement garanti sans risque offrant des rendements élevés, par exemple 5% ou 6%.

2-    On vous demande de payer avec des cryptomonnaies. Attention, car les cryptomonnaies attirent beaucoup les fraudeurs et les blanchisseurs d’argent.

3-    On vous indique que le placement a été approuvé par l’Autorité des marchés financiers. Sachez que l’Autorité ne se prononce jamais sur la qualité des titres offerts aux investisseurs.

4-    On mentionne que le produit proposé n’est pas réglementé ou qu’il n’est pas nécessaire d’être inscrit auprès de l’Autorité pour en faire la vente.

UTILISER LES BONS OUTILS

Avant d’investir, vérifiez auprès de l’Autorité que la personne ou l’entreprise qui vous offre un produit financier est autorisée à le faire. Les sommes qu’on investit dans des placements sont souvent très importantes. On a tout intérêt à prendre le temps requis pour réfléchir avant d’investir.

COMMENT RÉAGIR À UNE FRAUDE

Vous croyez être victime d’une fraude? Contactez rapidement l’Autorité pour expliquer la situation. Pour plus d’information, consultez le site Web de l’Autorité des marchés financiers ou communiquez avec notre Centre d’information, au 1 (877) 525-0337.

NDLR. : La fraude est une infraction criminelle punissable en vertu de l’article 380 du Code criminel. Si vous en êtes victime, portez plainte sans tarder à la police.

*Cryptomonnaie ou bitcoin : Unité monétaire en usage sur Internet, indépendante des réseaux bancaires et liée à un système de cryptage qui enregistre toutes les transactions effectuées avec chaque unité.

Source : Autorité des marchés financiers JDM2155034

Bouillon de culture

Les inventeurs québécois – Joseph-Armand Bombardier (1907-1964)

L’INVENTION DE LA MOTONEIGE

Joseph-Armand Bombardier, né le 16 avril 1907 à Valcourt, est un mécanicien autodidacte. Il montre durant son adolescence un penchant créatif ainsi que des connaissances techniques. Il fait son entrée au séminaire Charles-Borromée de Sherbrooke, en septembre 1921, à l’âge de 14 ans. Son père l’encourage à devenir prêtre mais le jeune homme persiste à modifier et à créer de nouveaux projets, notamment un mini-canon fonctionnel ainsi qu’un premier engin à ski motorisé à l’âge de 15 ans. Lors d’un de ses retours du séminaire, son père finit par reconnaître ses capacités de mécanicien et l’envoie apprendre le métier avec le meilleur mécanicien de la ville de Valcourt. En 1926, à l’âge de 19 ans, il ouvre son premier garage à Valcourt qui est financé par son père.

DÉVELOPPEMENT DE L’AUTONEIGE

Dans les années 1930, les routes du Québec n’étaient pas déneigées, ce qui isolait ainsi les communautés rurales. La neige rendait les déplacements lents et difficiles, surtout lors de tempêtes. Ce problème pousse alors des inventeurs, comme Joseph-Adalbert Landry de Mont-Joli, à réaliser des prototypes de véhicules pouvant rouler sur la neige. Landry présente son prototype au salon de l’automobile de Montréal en 1924, qui est une Ford équipée de patins et d’une chenille souple.

En 1934, Joseph-Armand Bombardier décide de s’investir dans un nouveau prototype d’autoneige après le décès de son fils Yvon, car il n’avait pas pu l’amener à l’hôpital dû aux routes bloquées par la neige. Ses premiers modèles sont faits sur mesure, puis deviennent des variations d’un produit, pour ensuite devenir des produits standardisés. Ses premiers véhicules sont pour des clients riches et professionnels, comme les médecins auxquels l’invention leur sera précieuse pour visiter leurs clients. Par la suite, il crée des modèles plus abordables.

Le 21 décembre 1936, deux ans après la mort de son fils, il enregistre son premier brevet et commence la production de son nouveau véhicule. Ensuite, il crée son premier engin, le B7 doté du barbotin-chenille. Cette technologie est un engrenage recouvert de caoutchouc et de chenilles sur les roues arrière. Puis, c’est ce système de traction partiellement en caoutchouc qui rend tous les véhicules de Bombardier beaucoup plus efficaces sur la neige que tous les autres véhicules à chenilles de métal inventés à l’époque. Le B7 eut un franc succès et en 1939, l’usine de Valcourt ne suffit plus à répondre à la demande. Une nouvelle usine est construite en 1940, avec une capacité de production de 200 véhicules par année. Celle-ci sera inaugurée le 29 janvier 1941 sous le nom de « L’Auto-Neige Bombardier Limitée ».

En cherchant à perfectionner le B7, il remarque l’accumulation de neige dans les roues. Donc, en 1940, il commercialise une nouvelle version du B7 avec des roues pleines. Ensuite, en 1941, Bombardier met au point l’autoneige B12, qui pouvait transporter jusqu’à douze passagers. Ce modèle a un profil plus allongé, lui donnant une allure plus aérodynamique. Puis, le B12 devient la base de ses futurs modèles, par exemple le C18.

SECONDE GUERRE MONDIALE

Les demandes grandissantes seront freinées par la Seconde Guerre mondiale, puis les mesures de rationnement mises en place par le gouvernement canadien. Le ministère des Munitions et des Approvisionnements demande alors à Bombardier de réaliser des modèles de véhicules de transport sur terrains enneigés pour les Forces canadiennes, par exemple pour la Norvège. Le B12 servira de base pour ses véhicules militaires. Cette contribution de véhicules spécialement adaptés pour les divers types de terrain lui permet de développer plusieurs brevets. (ROY, J., 2002) Les Forces canadiennes passant une grande commande dans des délais très restreints, la société doit s’installer à Montréal, puisque l’usine de Valcourt est trop petite pour satisfaire cette demande. Pendant cette période, l’usine de Valcourt produit les pièces pour l’usine de Montréal, ainsi que quelques autoneiges civiles.

APRÈS GUERRE ET MOTONEIGE

Après la guerre, le B12 connait une grande popularité. Il est utilisé dans plusieurs domaines, pour toutes sortes d’usages. Cependant, le gouvernement québécois finit par généraliser le déneigement des chemins ruraux et J.-Armand Bombardier doit élargir son entreprise. Il la diversifie en fabriquant des véhicules tous-terrains. Le Muskeg, véhicule créé pour l’industrie forestière et minière, en est un exemple.

Insatisfait des fournisseurs de caoutchouc, Bombardier commence à fabriquer ses propres chenilles. Ceci rend possible la production de petites motoneiges pour une ou deux personnes lorsque des petits moteurs fiables et légers à quatre temps apparaissent dans les années 1950. Son fils Germain participe aussi à l’élaboration de ces véhicules. Le premier modèle fabriqué en série par Bombardier sort en 1959. Il est fait en acier et a un châssis d’une seule pièce. Sa transmission est manuelle, le moteur léger est à quatre temps et les skis sont en bois. Sa vitesse maximale est de 25 milles par heure (40 km/h).

Durant les années suivantes, Bombardier apporte plusieurs modifications à ces modèles. Après le décès de Joseph-Armand Bombardier en 1964, l’entreprise Bombardier Inc. se développe pour devenir une des multinationales les plus influentes dans l’industrie.

Source Wikipedia

On a tous été jeunes

Immensément triste l’histoire de la jeune Athena Gervais dont le corps a été retrouvé, jeudi dernier, dans un ruisseau de Laval, à l’arrière de son école secondaire. Les autorités ont conclu à une mort accidentelle, probablement causée par une intoxication à l’alcool contenu dans une cochonnerie, la boisson « FCKD UP » vendue en vente libre, alors que des mises en garde contre ce produit, ont déjà été publiées. Parce qu’il y a un décès s’y rattachant, on décide maintenant de les retirer. Pourquoi cette inertie et attendre une tragédie avant d’agir?

Mais l’adolescence étant ce qu’elle est, qui n’a pas dérogé à certaines règles, n’a pas défié l’autorité, ne s’est pas cru invincible en se disant que ça n’arrive qu’aux autres. Mourir à 14 ans, c’est une calamité. Dans les pages d’opinions du Journal de Montréal d’hier, Lise Ravary en a fait le sujet de son article des plus intéressants que je veux partager avec vous…

MOURIR DE JEUNESSE

Je ne la connaissais pas, mais quand j’ai appris qu’Athena Gervais, 14 ans, avait été retrouvée morte au fond d’un ruisseau derrière son école, j’ai eu l’impression de recevoir un coup de poing dans l’estomac.

L’enquête sur les causes de son décès n’est pas terminée, mais tout pointe en direction d’un accident à la suite d’une consommation d’alcool.

Depuis, je pense souvent à ses parents qui lui ont donné un si joli nom. Athena, fille de Zeus, déesse grecque de la sagesse et des arts, mais aussi de la guerre et des armes. Une double personnalité.

CHERCHER LA CAUSE

Les parents d’Athena, version Gervais, savaient-ils que leur belle jeune fille souriante avait un autre visage, celui de la rébellion adolescente, et qu’elle buvait du FCKDUP volé au dépanneur, le midi, à l’école? J’en doute.

Couche-Tard a cessé de vendre cette boisson fortement alcoolisée qui s’adresse aux jeunes, et c’est tout en son honneur, mais si les ados volent des opioïdes dans la pharmacie de grand-maman, qu’est-ce les arrêtera de piquer de la vodka ou de la tequila dans le bar de leurs parents?

Juste à remplacer l’alcool volé par de l’eau, et l’affaire est ketchup. Je le sais, je l’ai fait à l’âge d’Athena. Je ne voulais plus boire le Saint-Georges de mes amis, un « vin » canadien vendu au gallon juste bon à faire du caribou. Et encore.

Ce qu’on peut être nono quand on est jeune. C’est un miracle qu’autant survivent à l’adolescence. C’est mon cas.

J’ai lu sur les réseaux sociaux des commentaires ahurissants de gens qui blâment la jeune fille pour son comportement et ses parents d’avoir été trop permissifs. Taisez-vous, malheureux. Plongez dans vos souvenirs : jeune et insouciant, c’est la norme.

Cohen chantait qu’il n’y a pas de remède contre l’amour. Il n’y a pas de remède contre l’adolescence non plus, outre le temps et des parents aimants qui font de leur mieux. Mais on ne peut pas les attacher, ces jeunes. Ils feront des erreurs. Mais certains, comme Athena, n’y survivront pas. Quelle tragédie.

CHERCHER DES COUPABLES

Ce qui ne veut pas dire que personne n’est à blâmer. La porte de la clôture qui mène au ruisseau devait être fermée en tout temps. La topographie montre clairement que l’endroit était dangereux. Pas besoin d’avoir bu pour tomber, surtout en hiver.

Des élèves ont dit aux journalistes que la porte était pas mal tout le temps ouverte. Un adulte, quelque part, avait la responsabilité de la garder fermée et a peut-être été négligent. Mais qui dit que les ados futés n’avaient pas trouvé le moyen de l’ouvrir pour rentrer plus vite chez eux?

Par contre, toute leur vie, les amis d’Athena auront sur la conscience de l’avoir laissée seule dehors dans son état. De ne pas avoir averti un adulte, sans doute pour ne pas la stooler, un réflexe adolescent normal. Mais au secondaire, un jeune devrait savoir qu’il faut porter assistance à une personne en détresse.

Si on meurt souvent de vieillesse, Athena Gervais, elle, est morte de jeunesse.

Dors, Athena, dors doucement.

Trois gouttes de lumière…

Je te souhaite assez…

Récemment, j’ai surpris un père et sa fille dans leurs derniers moments ensemble à l’aéroport. On avait annoncé le départ. Debout près de la porte de sécurité, ils se sont serrés et le père a dit :

– Je t’aime et je te souhaite assez.

La fille a répondu :

– Papa, notre vie ensemble a été plus qu’assez. Ton amour a été tout ce dont j’avais besoin. Je te souhaite assez, aussi, papa.

Ils se sont embrassés et la fille est partie.

Le père a marché vers la fenêtre où j’étais assise. Je pouvais voir qu’il avait besoin et qu’il voulait pleurer. J’ai essayé de ne pas m’imposer et respecter son intimité, mais il m’a demandé :

– Vous est-il déjà arrivé de dire au revoir à quelqu’un en sachant que vous ne vous reverriez jamais?

– Oui, j’ai répondu. Me permettez-vous de vous demander pourquoi vous croyez que vous ne vous reverrez jamais?

– Je suis vieux et elle vit si loin. J’ai de gros défis devant moi et la réalité est que son prochain voyage sera pour mon enterrement, a-t-il dit.

– Quand vous vous disiez au revoir, je vous ai entendu dire « Je te souhaite assez. » Est-ce que je peux vous demander ce que cela signifie? Il a commencé à sourire.

– C’est un souhait qui nous vient de plusieurs générations qui nous ont précédé. Mes parents avaient l’habitude de le dire à chacun.

Il a fait une pause un moment et regarda au plafond, comme s’il essayait de se rappeler en détail, et il a souri encore plus.

– Quand nous disons « Je te souhaite assez », nous souhaitons que l’autre personne ait une vie remplie de juste assez de bonnes choses pour les garder heureux.

Alors, se tournant vers moi, il a partagé ce qui suit comme s’il récitait un texte mémorisé :

– Je te souhaite assez de soleil pour maintenir ton attitude lumineuse peu importe que la journée soit grise et moche.

Je te souhaite assez de pluie pour apprécier le soleil encore plus.

Je te souhaite assez de bonheur pour maintenir ton esprit vivant et éternel.

Je te souhaite assez de douleur de sorte que même la plus petite des joies dans la vie puisse te sembler grande.

Je te souhaite assez de gain pour satisfaire tes besoins.

Je te souhaite assez de perte pour apprécier tout ce que tu possèdes.

Je te souhaite assez d’Au revoir pour te permettre de bien te rendre à l’Au revoir final.

Il a alors commencé à pleurer et il s’est éloigné…

On dit que ça prend une minute pour trouver une personne spéciale, une heure pour l’apprécier, un jour pour l’aimer, mais que ça prend une vie entière pour l’oublier.

PRENDS LE TEMPS DE VIVRE…

Source: Anonyme…www.lespasseurs.com

L’art de la réplique pas toujours agréable

Depuis que le monde est monde, dans une relation homme-femme, Monsieur a toujours joué les séducteurs. C’est lui qui fait les premiers pas, l’approche, avec sa confiance inébranlable.

Mais au fil du temps, Madame a su développer quelques répliques assez directes et savoureuses, sans équivoques, pour témoigner son absence totale d’intérêt. Pour votre bon plaisir mesdames, en voici quelques-unes…

Lui : – On ne s’est pas déjà rencontrés ?
Elle : – Probablement car je suis infirmière au service des maladies vénériennes.

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Lui : – Vous, je vous ai déjà vue quelque part…
Elle : – Oui et c’est d’ailleurs pour ça que je n’y vais plus.

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Lui : – J’aimerais bien vous appeler, c’est quoi votre Numéro de téléphone?
Elle : – C’est dans l’annuaire!
Lui : – Mais je ne connais pas votre nom!
Elle : – Dans l’annuaire aussi!

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Lui : – Je suis photographe et je cherchais justement un visage comme le vôtre!
Elle : – Je suis chirurgien esthétique et moi aussi je cherchais justement un visage comme le vôtre!

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Lui : – Salut! On n’est pas sorti ensemble déjà une fois, ou deux?
Elle : – C’est possible mais alors une fois seulement, car je ne fais jamais deux fois la même bêtise.

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Lui : – Comment avez-vous fait pour être si belle?
Elle : – On a dû me donner votre part j’imagine!

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Lui : – Est-ce que vous sortiriez avec moi samedi prochain?
Elle : – Désolée, j’ai prévu d’avoir une migraine ce week-end!

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Lui : – Je crois que je pourrais vous rendre très heureuse.
Elle : – Pourquoi? vous partez?

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Lui : – Puis-je avoir votre nom?
Elle : – Pourquoi? vous n’en avez pas?

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Lui : – Ça vous dirait d’aller voir un film avec moi?
Elle : – Non merci, je l’ai déjà vu!

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Lui : – Croyez-vous que ce soit le destin qui nous a fait nous rencontrer?
Elle : – Non, juste la malchance!

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Lui : – Comment aimez-vous vos œufs le matin?
Elle : – Non-fécondés.

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Lui : – Où étiez-vous durant toute ma vie?
Elle : – Là où je serai certainement pour le reste de vos jours : dans vos rêves.

Une nuit blanche pour un petit lopin de terre

Qu’on le veuille ou non, la saison des Snowbirds se dirige lentement vers sa fin, dans une quarantaine de jours, tout au plus, les terrains de camping floridiens seront désertés. C’est aussi le temps de décider si on veut renouveler nos emplacements pour l’hiver prochain ou, procéder à des changements de sites pour quelque chose de plus convivial.

Au préalable, on circule sur le complexe, rue par rue, pour trouver la perle rare; soleil du bon côté, absence d’arbre qui pourrait nuire, salir ou endommager le véhicule récréatif, est-ce que le patio de béton est de bonne dimension et l’espace gazonné bien fourni… bref, on cherche le spot! Une fois trouvé, ça devient un secret bien gardé jusqu’au moment de réserver en évitant de se le faire chiper par d’autres caravaniers.

Ce moment tant attendu se tenait hier matin, sur le coup de 9h00 au bureau du complexe. La stratégie pour pouvoir choisir en premier, était d’arriver tôt, pour ne pas rater son coup. Alors dès minuit, j’étais à la porte du bureau, seul, bien assis dans mon automobile, et décidé à passer la nuit à la belle étoile, avec ma tablette pour lire ou écouter de la musique. Je venais d’atteindre mon premier objectif; être là, bien campé au début de la ligne.

Presque deux heures plus tard, deux autres braves se joignaient à moi pour les mêmes raisons et on sortait les chaises pour s’installer confortablement et faire connaissance, sous un mercure de 21°C et une légère brise. Une nuit comme je les aime; douce, agréable et à peine fraîche. Graduellement, d’autres se sont amenés et nous étions engagés dans une belle discussion, pour découvrir que nos choix de terrains n’étaient pas source de conflit entre nous. Nous avions chacun nos préférences. Intéressant et ça commençait bien.

Vers 2 heures, voilà que mon ami Marcel vient me surprendre avec sa bouteille thermale de café. Comme ça, en pleine nuit! Quel beau geste! « Qu’est-ce que tu fais là… tu souffres d’insomnie ou quoi? » Il avait réglé son cadran pour ne pas rater son coup. Puis un peu plus tard, vers 5 heures, voilà que l’ami Gilles arrive avec un sac du McDonald du coin et m’offre de partager un déjeuner comme je les aime… je suis comblé et Gilles a fait des jaloux. Mais derrière tout ça, c’était un coup monté auquel nos épouses étaient au courant. Je n’y ai vu que du feu. Deux instants appréciés, soyez-en certains.

Puis, vers 6h00, le groupe avait atteint la quinzaine de snowbirds. Les curieux ne se gênaient pas pour venir constater de visu, la joyeuse bande d’oiseaux des neiges, attendre l’ouverture des portes pour finaliser leur emplacement 2018-19. Assis, comme ça, à la belle étoile, avec en prime, un magnifique coucher de lune à s’émerveiller. L’instant m’a rappelé quelques escapades de camping où on passait des nuits à observer les étoiles éclatantes dans un ciel ébène. La nature dans ce qu’elle a de mieux.

Enfin, à 9h00, les portes du bureau se sont ouvertes pour marquer la fin de notre siège et remplir notre mission; choisir le petit lopin de terre E5-13 qui nous faisait envie, puis, finir dans les bras de Morphée, pour profiter du sommeil du juste… qui est venu dans mon cas, une quinzaine d’heures plus tard. En fait, lorsque j’ai terminé cet article à minuit trente exactement. Merci à Guy Martin pour la photo prise au petit matin.

La minute d’humour…

LA GREFFE

Un homme, maniaque du golf, est impliqué dans un terrible accident de voiture et on le transporte immédiatement à l’hôpital où il sera opéré d’urgence. Avant de procéder, le médecin va lui parler et lui dit :

– J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise c’est que je dois vous amputer le bras droit.

– Ah non, dit le blessé, je ne pourrai plus jouer au golf. Docteur, quelle-est la bonne nouvelle?

– La bonne nouvelle c’est que je peux le remplacer par un bras de femme mais je dois avoir votre permission.

– Parfait, docteur, tant que je pourrai à nouveau jouer au golf…

La chirurgie fonctionne très bien et, un an plus tard, le médecin rencontre son patient sur le terrain de golf. Le médecin demande :

– Et comment fonctionne le nouveau bras?

L’homme d’affaires lui dit :

– Je joue le meilleur golf de ma vie. Et, pas seulement ça, mon écriture s’est améliorée, j’ai appris à coudre mes propres vêtements et j’ai commencé à peindre des aquarelles.

Le médecin de répliquer :

– Wow, je n’en reviens pas. Un grand succès comme greffe. Par contre, avez-vous des effets secondaires?

– Seulement deux. J’ai de la difficulté à stationner la voiture et, chaque fois que j’ai une érection, j’ai un mal de tête.

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LES PÉPINS

Un juif et un arabe déjeunent à la cantine de leur société. Au dessert, le premier, après avoir épluché sa poire, en aligne les pépins sur la table. L’arabe s’en étonne, alors le juif lui explique :

– Tu ne sais pas que les pépins mangés à part rendent intelligent?

– Non! je ne savais pas… Je veux essayer!

D’accord! Ça te coûtera 5 $ le pépin et il y en 8, ça fait 40 $ …

L’arabe paie et mange les pépins. Soudain, il fait une remarque :

– Tout de même… Tu me prends pour un idiot! Pour 40 $, j’aurais pu acheter quelques kilos de poires!

– Tu vois, les pépins commencent à faire de l’effet…!

Ygreck, et ses perles de février

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… voici ses meilleures perles de février.

La RAMQ en crise. On réclame la démission de Barrette

On aura beau avoir deux médecins à la tête de la province, la santé au Québec dépérit. Les manifestations publiques se multiplient pour que Gaétan Barrette démissionne. L’écoeurement est généralisé. On ne voit pas le jour où on redonnera ses lettres de noblesse à la Régie de l’Assurance Maladie du Québec. Qui de mieux que Claude Castonguay, le père de la RAMQ, est placé pour faire l’analyse de son bébé qui a vu le jour le 13 juin 1969 pour entrer en vigueur le une année plus tard.

Hier, le Journal de Montréal publiait une entrevue que Monsieur Castonguay donnait à Madame Fatima Houda-Pépin en février dernier, et que je trouve très révélatrice. Claude Castonguay, ministre libéral de l’époque, donnait son diagnostic de la situation actuelle de la RAMQ. En voici le constat…

LE DIAGNOSTIC DU PÈRE DE L’ASSURANCE MALADIE

La centralisation est l’une des principales causes de la crise qui afflige le système de santé québécois, affirme l’ancien ministre libéral Claude Castonguay. Rares sont les libéraux qui ont occupé des fonctions gouvernementales ou parlementaires qui osent critiquer les incohérences de leur parti ou de leur gouvernement.

Ils sont nombreux à étaler leurs frustrations, en privé, et montrer une façade d’unité en public. Claude Castonguay, le « père » de l’assurance maladie, fait exception.

BILAN PEU RELUISANT

Le 23 avril 2016, à mi-mandat du gouvernement Couillard, je l’avais invité à donner une conférence, à un groupe de réflexion que j’anime sur la Rive-Sud de Montréal. Il avait impressionné par sa rigueur intellectuelle et sa perspicacité.

Son constat était sans appel : « Le Parti libéral du Québec est arrivé au pouvoir depuis une quinzaine d’années sans prendre le temps de se renouveler. Il n’a ni vision ni orientation claire. » Les dégâts de son régime d’austérité vont se faire sentir sur les services aux citoyens « pour longtemps. »

Il avait dressé un bilan chirurgical du gouvernement Couillard et de la détérioration de notre système de santé. Un verdict annonciateur de la crise que nous vivons aujourd’hui et qui est loin de se résorber.

Après avoir entendu les cris du cœur des infirmières épuisées par leurs propres conditions de travail, j’ai décidé de reprendre cette conversation, en profondeur, avec lui.

C’est ainsi que je l’ai rencontré, le 13 février dernier, à Brossard. Claude Castonguay était l’un des premiers à sonner l’alarme et à dénoncer l’acharnement du ministre de la Santé à vouloir tout contrôler dans le système de santé.

« Le contrôle excessif du Dr Barrette l’a poussé à faire adopter des lois punitives comme la loi 20 et la loi 30, avec des mesures coercitives qui menacent les médecins de poursuites judiciaires. Or, ces lois à peine adoptées, le gouvernement a été obligé de les écarter et les mandats qui relevaient de lui ont été confiés au président du Conseil du trésor », a-t-il déclaré.

Pourtant, le système de santé est un réseau fort complexe qui fonctionne 365 jours par année. Pour être efficace et performant, il faut qu’il soit autonome dans sa gestion afin de donner des services qui répondent aux besoins spécifiques de la population dans chacune des régions du Québec.

Il précise : « Le fait que les conseils d’administration des établissements n’aient pratiquement plus de rôle est très dommageable pour le réseau. Il faut rééquilibrer le système, défaire ces grands ensembles qu’on appelle les CIUSSS et rendre aux hôpitaux et aux CHSLD leur autonomie. »

DIAGNOSTIC PERCUTANT

Pourquoi notre système de santé est-il rendu en crise? Sans hésitation, Claude Castonguay pointe vers la centralisation, comme l’une des principales causes.

« Le gouvernement actuel ne se limite plus au contrôle des coûts. Il en est venu à vouloir tout contrôler dans le réseau de la santé. On est rendus à un niveau ultime où le ministre actuel de la Santé s’est emparé d’à peu près tous les pouvoirs, et agit par-dessus tous les conseils d’administration, sans se préoccuper de quoi que ce soit. »

Il nous avait aussi alertés sur les dérives prévisibles de ce qu’il appelle « la médecine organisée », celle des corporations des médecins qui ont accaparé le système de santé et qui bloquent son évolution. Dans son entrevue, il va plus loin et parle carrément de monopole.

« Les fédérations des médecins ont réussi à s’accaparer le monopole de la négociation des conditions de travail des médecins. Elles se sont octroyé un monopole de cette négociation et veulent contrôler tout changement dans la pratique médicale et dans l’organisation des soins de santé. Ça dépasse le cadre de la simple négociation des conditions de travail, c’est un monopole. »

COLÈRE JUSTIFIÉE

Claude Castonguay trouve justifiée la colère des citoyens face aux privilèges octroyés par les Drs Couillard et Barrette à leurs homologues médecins spécialistes, à qui ils ont consenti une rémunération supplémentaire de 2 milliards $, au détriment des infirmières et des contribuables québécois, durement éprouvés par le régime d’austérité.

« Au Québec, dû à la présence de Dr Barrette, ça a pris des dimensions qui dépassent l’entendement, d’autant plus qu’on a toujours eu, ces dernières années, des médecins comme ministres de la Santé. Donc, le ministre de la Santé voit toujours la profession médicale de façon particulière, car lui-même étant médecin, il est presque en conflit d’intérêts. »

Voilà, c’est dit. Il ne faut donc pas s’étonner que l’insatisfaction à l’égard du gouvernement soit quasi généralisée.