Nouvelles
Récemment, je recevais une correspondance de l’Association Canadienne des Snowbirds (CSA) concernant les modalités des retours au Québec par les services frontaliers. En voici la teneur. Évidemment, devant l’humeur changeante de Face de beu, ces modalités pourrait être mnodifiées.

L’Agence des services frontaliers du Canada et l’Association canadienne des « snowbirds » rappellent aux Canadiens qui ont passé l’hiver dans des climats plus chauds de planifier à l’avance leur retour au pays.
En réponse aux droits de douane imposés par les États-Unis sur les produits fabriqués au Canada, le Canada a imposé des droits de douane compensateurs de 25 % sur certains produits américains importés au Canada. L’ASFC perçoit les droits de douane au nom du gouvernement du Canada sous la forme d’une surtaxe.
Cela signifie que vous devrez peut-être payer une surtaxe ( ainsi que les droits et taxes applicables ) sur certains des produits que vous avez achetés aux États-Unis et que vous rapportez au Canada. La liste de ces produits se trouve sur le site Web du ministère des Finances : produits surtaxés à partir du 4 mars et autres à partir du 13 mars. La surtaxe est évaluée par l’ASFC aux points d’entrée et doit être payée avant d’entrer au Canada.
N’oubliez pas que les résidents du Canada bénéficient d’exemptions personnelles qui leur permettent de ramener au Canada des produits, y compris de l’alcool et du tabac (jusqu’à une certaine valeur), sans payer les droits et taxes habituels.
Par exemple, si vous êtes absent depuis 48 heures ou plus, vous pouvez réclamer des produits d’une valeur maximale de 800 $ CAN sans payer de droits ou de taxes, y compris la nouvelle surtaxe. La surtaxe ne s’applique qu’au montant des produits qui dépasse votre exemption personnelle.
Assurez-vous d’avoir vos reçus de caisse ou preuves d’achat à portée de main pour tous les produits que vous apportez avec vous. Pour les produits qui dépassent vos limites d’exemption personnelle, vous devrez peut-être fournir une preuve de l’endroit où les produits ont été manufacturés, fabriqués ou de leur origine (preuve d’origine).
Que vous voyagiez par voie terrestre, aérienne ou maritime, vous pouvez contribuer à accélérer les délais de traitement en ayant vos documents de voyage à portée de main. Nous vous encourageons à lire et à suivre nos conseils de voyage avant d’arriver à la frontière.
LIENS CONNEXES
Planifiez votre passage à la frontière.
Je déclare : un guide pour les résidents du Canada qui reviennent au pays.
Aide-mémoire pour passer la frontière.
Insolite
Si vous êtes, ou connaissez, un adepte de croustilles au goût de sel et vinaigre, cet article vous concerne.

Récemment, lors d’une visite au Dollarama de mon quartier, en circulant dans l’allée des friandises, je suis tombé sur les croustilles de la marque Gourmet, à saveur de sel et vinaigre. J’en mets un sac dans mon panier.
Quelques heures plus tard, en regardant la télé, l’envie de déballer le sac me démange.
C’est effectivement des croustilles au sel et vinaigre. Mais, à mesure que je pige dans le sac, la saveur est de plus en plus intense, au point d’être dérangeante et forte. J’ai une sensation de brûlure en bouche et évidemment sur la langue. Je ferme le sac.
Dès le lendemain, ma nourriture n’a pas le goût normal, comme si mes papilles gustatives étaient dérangées. Deux jours plus tard, je constate que j’ai la bouche et principalement ma langue qui « pleume », un peu comme la brûlure d’un coup de soleil qui s’estompe.
J’ai conclu que la cause était ces croustilles mangées précédemment, comparativement à la marque habituelle que j’achète. L’assaisonnement était irrémédiablement mal dosé.
Vous imaginez ? Se brûler avec des croustilles… ! Peut-être que c’était une erreur du fabricant, ou la norme, allez savoir… Je veux simplement vous mettre en garde si vous êtes tentés, comme moi, d’acheter ce produit.
Gaspillage
C’est si facile de largement dépenser l’argent des autres, sans compter…
Loto-Québec paiera près de 2000 $ de plus chaque mois pour s’approvisionner en frites fraîches et en rondelles d’oignons pour les casinos de Montréal et du Lac Leamy.

La société d’État vient de signer son « contrat de frites » pour les 11 prochains mois. Le coût : 387 770 $, c’est-à-dire 35 251 $ chaque mois. Cela représente une augmentation de 5,55 % par rapport à l’an dernier, quand Loto-Québec payait mensuellement 33 398 $ pour ses patates.
***
Le forfait de cellulaire que nous payons collectivement pour les fonctionnaires coûtera entre 215 M$ et 291 M$ dans les prochaines années… mais Québec est cachottier et refuse de dévoiler la durée du contrat qu’il entend signer.
Ce montant correspond à la plus récente estimation du gouvernement dans son « plan des acquisitions » (PAG), mais le contrat, qui devait être conclu il y a plusieurs mois déjà, a du sable dans l’engrenage.
Les contrats actuels arrivent à échéance dans les prochains mois, et Québec a décidé d’annuler et de relancer l’appel d’offres pour les remplacer, jugeant que c’était dans l’intérêt public de le faire.
À suivre…
Trucs et astuces
Ces détachants sont à portée de main ! De plus, ils sont efficaces et réduisent le coût du nettoyage. Si vous avez un doute, faites un test sur un endroit moins visible du vêtement pour vous assurer que le produit n’endommage pas les fibres et la coloration du tissu. Suggestions de madame Chasse-Taches.

Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 5 avril 2025, p9
Prévention
Certes, il est contre-intuitif pour la plupart des humains de cohabiter avec des insectes. Mais avant d’écraser une bestiole dans votre sous-sol, pensez-y deux fois : elle peut vous en dire beaucoup sur votre maison.
Voici quelques insectes couramment vus dans les domiciles québécois et ce que leur présence signifie selon Marie-Ève André, préposée aux renseignements entomologiques à l’insectarium de Montréal.
ARAIGNÉES

Ces bestioles peuvent donner froid dans le dos, mais leur statut de prédateur en fait des alliés, et non des ennemis. « Si on a des araignées chez nous, ça veut dire qu’elles ont des choses à manger. Elles peuvent se nourrir d’autres araignées ou d’insectes. Elles sont donc bénéfiques dans la maison et le jardin. »

SCUTIGÈRES
Tout comme les araignées, les scutigères font le ménage dans la population animale de votre maison. Leur présence peut provoquer un malaise, mais ils n’ont aucun impact négatif sur la maison. « Ils peuvent se promener dans la tuyauterie de la salle de bain. Si on apprécie leur présence de prédateur, mais qu’on ne veut pas nécessairement les côtoyer, on peut simplement boucher le bain entre les utilisations. »
LÉPISMES, THERMOBIES (POISSONS D’ARGENT) ET CLOPORTES

Ces petits insectes raffolent de produits contenant de l’amidon, comme des reliures de livre ou des pâtes alimentaires, mais peuvent survivre simplement en mangeant de la poussière. En grand nombre, ils indiquent un problème d’humidité dans une pièce de votre maison.
Il en est de même pour les cloportes, qui sont souvent introduits dans les maisons en se réfugiant dans le bois de foyer. Ces animaux, qui s’apparentent davantage aux crustacés qu’aux insectes, ne peuvent survivre dans les milieux secs.
« Si on veut éviter d’en observer beaucoup, un bon déshumidificateur peut faire le travail », conseille Mme André.
COCCINELLES ASIATIQUES

Introduites en Amérique du Nord il y a presque 40 ans, ces petites bestioles volantes se sont multipliées à la vitesse grand V dans les dernières années. Elles sont utiles dans les jardins pour contrôler les population de pucerons et d’autres petits insectes qui s’attaquent aux plantes. On les voit beaucoup en automne, où elles cherchent un espace où traverser l’hiver.
« Dans la nature, elles s’infiltrent dans des fissures ou des crevasses en pierre pour y passer l’hiver; elles font la même chose dans nos maisons », explique Mme André.
La présence de coccinelles asiatiques dans votre maison devrait vous servir d’avertissement : une fissure sur les fondations, les revêtements extérieurs ou les portes et fenêtres leur permet sans doute de s’introduire.
PERCE-OREILLES (FORFICULE)

Mettons quelque chose au clair : « Ce n’est pas vrai qu’ils entrent dans les oreilles ! ». Ces insectes, en quantité limitée, sont utiles dans le jardin. Si vous en trouvez à l’intérieur de votre maison, il s’agit probablement d’un symptôme d’un manque d’hygiène dans la cuisine. « Avec des mesures de prévention simples, comme bien fermer le bac de compost, ne pas laisser traîner la vaisselle sale, ou conserver ses aliments dans des contenants hermétiques, on s’assure que les insectes ne peuvent pas élire domicile à la maison », conclut-elle.
Vous avez aperçu une bestiole mystérieuse dans votre maison ? L’application iNaturalist est une belle ressource pour identifier les insectes. L’insectarium offre aussi un service d’identification à partir de photos, ou carrément d’échantillons envoyés par la poste !
Source : Félix Desjardins, Journal de Montréal, cahier CASA, 5 avril 2025, p9
Histoire
Au salon de l’auto sport de Montréal de 1969, la vedette de l’heure est la Manic GT, une voiture sport dont le design rappelle l’Aston Martin de James Bond. Sa particularité : elle est entièrement conçue et fabriquée au Québec.

Entre 1969 et 1971, pas moins de 168 exemplaires de cette auto sport trouveront preneur chez les concessionnaires à partir de l’usine de Granby.
« Très différentes des véhicules américains que l’on croisait à l’époque, la Manic GT est un petit coupé sport qui se démarquait par ses solutions techniques avant-gardistes et sa grande légèreté grâce à sa carrosserie en fibre de verre », peut-on lire dans le Guide de l’auto 2020, qui revenait sur le modèle québécois dans sa série « Voitures anciennes ».
IDÉE IMPENSABLE
Parmi les personnes qui peuvent le mieux parler de la Manic GT, on trouve le député fédéral Gérard Deltell, qui en a acquis trois en 2019 afin de s’en rafistoler une, qu’il a conduite en 2022 jusqu’à Manic-5, le barrage hydroélectrique qui lui doit son nom. Un périple de 1400 km qui s’est déroulé sans aucun pépin.
Le politicien a été séduit non seulement par les courbes aérodynamiques du bolide, mais aussi par le parcours de son créateur. Cet homme, Jacques About, « est parti d’une feuille blanche et a réussi à produire localement une automobile dans une chaîne de montage, une première canadienne après-guerre », lance M. Deltell par téléphone au Journal.
Prenant une pause dans la campagne électorale qui bat son plein, il souligne qu’on « peut être fier » de cette prouesse technologique qui serait impensable aujourd’hui, compte-tenu de la complexité des composantes électroniques des voitures actuelles.
ENTRE MUSTANG ET CAMARO

Conceptuellement, la Manic GT est née dans un garage de Longueuil où Jacques About, un Français qui avait travaillé pour Renault, nourrit l’idée de doter le Québec d’une auto adaptée à son climat et à sa culture.
Après avoir dessiné le modèle, il assemble un prototype qui intègre de nombreuses pièces mécaniques du fabricant français dont le châssis et le moteur de la R8. Le carnet de commandes ne tarde pas à s’allonger, surtout à partir du Salon de 1969, où la voiture est exposée aux côtés des Mustang et Camaro.
Bombardier, Steinberg et la Banque Nationale injectent plus de 1,5 M$ dans l’aventure. Il ne reste plus qu’à assembler le tout dans une ancienne usine de meubles de Terrebonne, puis à Granby, où on veut relancer l’emploi. Un concessionnaire américain était prêt à en réserver 1000 exemplaires.
Malheureusement, l’aventure sera de courte durée, l’entreprise n’ayant pas les reins assez solides pour concurrencer les majors américaines. En 1971, c’est la fin.
Tout juste une quinzaine d’exemplaires roulent toujours sur nos routes. Gérard Deltell s’apprête à sortir la sienne, la « numéro 104 », qui cumule environ 2000 km par an, dès que le printemps sera bien installé.
Combien vaut cette merveille ? « Impossible à dire. Mais une chose est sûre : elle n’est pas à vendre », affirme-t-il en riant.
Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 5 avril 2025, p68
Histoire
Après Andrew Jackson et William McKinley, Donald Trump semble avoir trouvé un nouveau mentor parmi ses prédécesseurs. Cette fois, il jette son dévolu sur le 11e président, James K. Polk.

D’abord avocat, James Knox Polk était depuis son jeune âge passionné par la politique. Orateur habile, il connaît une rapide progression politique grâce à son adhésion aux idées du président Andrew Jackson et à son mariage à Sarah Childress, fille d’un riche propriétaire de plantation.
Appuyé par une épouse influente, rompue aux aléas de la vie publique et des mondanités, Polk se démarque rapidement en étant élu à la Chambre des représentants du Tennessee, avant de devenir gouverneur de l’État en 1839.
UNE CANDIDATURE INATTENDUE
Malgré ses succès, lorsqu’il se présente à la convention démocrate de 1844, personne n’envisage que ce politicien inconnu sur la scène nationale puisse espérer autre chose qu’une candidature à la vice-présidence. Un peu comme ce fut le cas pour Donald Trump, sa candidature n’était pas considérée comme sérieuse.
Pourtant, les partisans des candidats favoris sont si divisés qu’on en vient à accepter une candidature de compromis, celle de Polk.
PROTÉGER EN IMPOSANT LES VALEURS AMÉRICAINES
Confronté pour l’élection générale à l’ancien secrétaire d’État et sénateur du Kentucky Henry Clay, James K. Polk frappe l’imaginaire par son audace et son ambition.
Alors que le pays peine à bien gérer l’expansion territoriale en raison des frictions entre États esclavagistes et États antiesclavagistes, il mise sur l’annexion du Texas (qui pratique l’esclavage).
Il entend aussi régler le différend qui oppose les États-Unis et l’Angleterre au sujet de la frontière entre le Canada et l’Oregon.
Une fois qu’il est élu, ses visées expansionnistes deviennent plus évidentes. Non seulement va-t-il intégrer le Texas et repousser la frontière de l’Oregon vers le nord, mais la guerre contre le Mexique va aussi lui permettre de procéder au plus gain territorial de l’histoire.
Sous sa présidence, les États-Unis ont donc achevé leur marche vers le Pacifique obtenant le territoire dont on va tirer le Nouveau-Mexique, l’Arizona, la Californie, le Nevada, l’Utah ainsi que des portions du Colorado, du Kansas, de l’Oklahoma et du Wyoming.
Alors qu’il repousse les frontières du pays, James K. Polk est aminé par ce qui ressemble à une mission divine, une destinée manifeste, celle de porter les valeurs et les institutions américaines partout en Amérique.
Cette mission s’ajoute à la doctrine de James Monroe élaborée en 1823.
Alors que les colonies espagnoles d’Amérique luttent pour se défaire du joug de la métropole, le président James Monroe affirme que les États-Unis seront les protecteurs des indépendances des anciennes colonies.
Si on jumelle la doctrine de Monroe à la destinée manifeste, vous obtenez un résultat qui ne renierait pas Donald Trump, soit celui de protéger le continent tout en imposant les valeurs américaines.
Pensons-y lorsqu’il reparlera du Panama, du Groenland et du Canada. Dans chaque cas, le président américain justifie de possibles interventions par des motifs de sécurité.
Source : Luc Laliberté, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 22 mars 2025, p75
Actualités
Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de mars, publiées dans le Journal de Montréal.




















Réflexion
L’AMOUR NE MEURT JAMAIS
UN DÉNOMINATEUR COMMUN

L’amour est ce qui nous relie les uns aux autres. Tous en sont empreints, il fait partie de notre ADN universel. Toute la vie est une lutte pour la recherche de l’amour. Avec, malheureusement, la présence de son contraire et toute la souffrance qui peut en découler : le rejet, l’abandon, l’égocentrisme, la colère, la violence.
Le défi de chacun de nous est d’être capable d’aimer malgré tout, de garder notre cœur de toute amertume, d’apprendre à pardonner et à demander pardon. Tout un mandat, tout un défi : nous existons pour aimer et être aimés. C’est une valeur universelle à laquelle personne ne peut échapper. Elle explique la présence de la souffrance quand elle fait défaut.
L’ATTACHEMENT ET LE DÉTACHEMENT : PERDRE SANS SE PERDRE
C’est l’amour qui fait que nous pouvons tiser des liens, les premiers étant ceux de la famille. À l’entrée dans la vie adulte, nous sommes appelés à quitter ce lien de dépendance afin de voler de nos propres ailes : c’est le détachement.
Dans la mesure où celui-ci se fait de façon saine, nous expérimentons l’épanouissement de notre identité, avec une capacité d’assumer défis et responsabilités. C’est ce qui favorise notre capacité de vivre de sains attachements à d’autres êtres humains.
Lorsque survient la perte d’un être cher, un lien est rompu, le détachement devient source de douleur. Cette douleur sera d’autant plus vive si l’autre était notre seule raison de vivre.
Notre défi est donc de perdre sans se perdre, de vivre notre perte avec douleur, certes, mais sans que notre monde intérieur ne s’effondre. Il est important de ne pas perdre ses points de repère et d’aller chercher les ressources dont nous avons besoin si nous luttons avec la tristesse et la déprime.
Il n’est jamais trop tard pour faire le point et se réaligner vers ce qui est vraiment important et prioritaire dans la vie. Chacun a besoin dans son for intérieur de se sentir utile. Il faut pouvoir larguer les amarres pour aller de l’avant quand on est en deuil. Être prêt à explorer des domaines nouveaux lorsque nécessaire. De poursuivre l’aventure de l’amour, de continuer de se savoir aimé et d’aimer.
L’AMOUR NE MEURT PAS
Tout ce qui est physique peut disparaître. L’amour, lui, fait partie de l’invisible. Il est au-delà du monde matériel. Même si la présence physique de l’être cher n’est plus, l’amour demeure.
L’héritage le plus riche que nous pouvons laisser est un héritage spirituel, où nous léguons aux autres les bénédictions que nous avons reçues. Persévérons donc à aimer, et lorsque viendra le moment de laisser aller notre dernier souffle, nous pourrons aspirer à ce que l’amour qui nous a unis les uns aux autres puisse continuer d’exister hors de ce monde physique, dans l’autre monde, invisible à nos yeux.
Source : René Laframboise, psychologue retraité, revue Profil, Vol. 31, No 1, p17
Histoire
Dans le cadre du vœu arrêté de « Face de beu », d’annexer le Canada, l’historien Martin Landry a publié récemment, dans le cahier weekend du Journal de Montréal, que ce n’est pas d’hier que les États-Unis, veulent en faire un État…
***
Au milieu du XIXe siècle, de plus en plus de politiciens et d’hommes d’affaires font circuler l’idée que l’avenir du Canada-Uni passe par une union avec les autres colonies britanniques d’Amérique du Nord. Cette pensée ne reste qu’un vœu pieux.
Puis, en 1864, le changement d’attitude du président des États-Unis envers nous rend cette idée un peu folle auprès des plus conservateurs tout à fait envisageable.
QUE S’EST-IL PASSÉ ?

À cette époque, on peut dire que le contexte politique et économique est plutôt insécurisant au Canada (Canada-Uni). Sur le plan politique, la vie parlementaire est un peu chaotique, principalement à cause de la multiplication des partis. Par exemple, entre 1854 et 1864, aucune formation politique n’est capable d’obtenir une majorité à la chambre d’Assemblée.
Élection après élection, le Canada est toujours en situation de gouvernement minoritaire. Malgré de nombreuses tentatives de collaborations, dix gouvernements se succéderont pendant cette période de dix ans.
Un de ces gouvernements ne va durer que trois jours. Pouvez-vous imaginer l’instabilité au Parlement ? On est constamment en élection et les gouvernements qui se succèdent sont incapables de mettre en place des stratégies de développement durable.
Ces dix années d’instabilité vont donner l’idée à plusieurs que la Constitution doit être redessinée.
Peut-être inspiré par nos voisins du Sud, le projet de créer une fédération avec les autres colonies britanniques d’Amérique du Nord revient souvent sur le tapis.
Quelles sont ces colonies voisines et combien y en a-t-il ? Cinq : le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve et, depuis 1858, la toute jeune Colombie-Britannique (crée en réponse à la ruée vers l’or du canyon du Fraser).
ENJEUX ET STRATÉGIE
En 1864, les chefs des deux puissants partis politiques du Canada-Ouest, George Brown et John A. Macdonald, se coalisent avec le chef du Parti bleu du Canada-Est, George-Étienne Cartier, pour faire avancer un projet de confédération.
Ils veulent jeter les bases de ce que pourrait être un nouveau système politique plus stable, plus représentatif (Rep by Pop), mais aussi plus autonome économiquement pour être plus indépendant face aux Américains.
Voyez-vous comme l’histoire s’invite souvent dans l’actualité ?
En 1864, les Américains, en pleine guerre civile, nous font sentir qu’au lendemain du conflit, il mettront fin au Traité de réciprocité canado-américain. Ce libre-échange stimule pourtant nos deux économies depuis 1854. Une crainte justifiée, parce que l’accord commercial n’est pas renouvelé en 1866.
Ce projet d’union des colonies britanniques au nord pour créer un vaste marché intérieur va devenir la meilleure option pour contrer le ralentissement des exportations qui nous pend au bout du nez.
INCERTITUDES TERRITORIALES
Le guerre de Sécession aux États-Unis met en lumière une haine viscérale entre les gouvernements de Londres et de Washington.
Des tensions importantes se matérialisent quand les Américains menacent d’envahir le Canada-Uni à la fin de leur guerre civile principalement parce que les Britanniques avaient commercé avec les États rebelles du Sud pendant le conflit.
Les Canadiens se sentent coincés entre deux puissances militaires et la menace d’être encore envahis par l’armée américaine les effraie. Je dis « encore » parce que les habitants de la vallée du Saint-Laurent se souviennent qu’en 1775 et en 1812, Les Étatsuniens ont foulé notre sol avec leurs contingents militaires.
Comme si ce n’était pas assez incertain, c’est l’époque où les Canadiens subissent les attaques répétées des Féniens.
Connaissez-vous ces Féniens ? Ce sont des nationalistes irlandais qui se battent contre la présence britannique en Irlande.
Dans les années 1860, les Féniens nord-américains essayent d’envahir le territoire du Canada-Uni et de faire tomber, par la force, notre gouvernement. Leur stratégie, c’était qu’une fois en possession du Canada, ils l’auraient utilisé comme monnaie d’échange pour négocier la libération de l’Irlande.
C’est aussi l’époque de la conquête de l’Ouest par les Américains, un étalement étatsunien qui ne respecte pas les frontières de la terre de Rupert.
Pour couronner le tout, la Grande-Bretagne coupe dans ses dépenses militaires et la province du Canada doit impérativement se constituer une armée pour protéger sa longue frontière. Une union avec les autres colonies britanniques semble encore une fois une excellente idée pour financer la création de cette armée.
LA CONFÉRENCE DE CHARLOTTETOWN EN 1864
C’est dans ce contexte que la Grande Coalition canadienne de Brown, Macdonald et Cartier se fait inviter à titre d’observatrice à une réunion politique entre les colonies des Maritimes au mois de septembre 1864 à Charlottetown.
L’ordre du jour ? Un projet d’union, mais pas pour tout le monde. Pour les colonies de l’Atlantique seulement.
Les représentants du Canada-Uni embarquent donc sur le bateau à vapeur, le Queen Victoria, en direction de l’Île-du-Prince-Édouard.
Avant de jeter l’ancre, on a bien pris soin de faire mettre à bord du navire de nombreuses caisses du meilleur champagne. Les émissaires du Canada-Uni ont pour stratégie d’intégrer cette union des Maritimes qui se dessine et, pour y arriver, ils vont devoir détendre l’atmosphère.
Arrivés à destination, ils ne resteront pas observateurs bien, bien longtemps. Nos Canadiens vont demander à prendre la parole pour exposer leur propre projet.
Il font comprendre à leurs vis-à-vis qu’une union entre colonies britanniques voisines stimulerait les économies de tous et les rendrait plus forts face au géant américain. Mais pour y arriver rapidement, il faudrait simplement se dessiner un réseau ferroviaire efficace pour raccorder nos territoires.
Après avoir convenu que la possible union serait de type fédéral, on met fin à cette rencontre de Charlottetown. George-Étienne Cartier invite tous les représentants des colonies dans la ville de Québec dans un mois.
Pas de temps à perdre ! Les délégués pourront aussi venir avec leur famille. Même si plusieurs sont réticents, la peur étatsunienne motive de plus en plus de délégués à envisager de se réinventer une nouvelle économie entre nous et sans eux.
Opinion

Regardez la photo qui orne cette chronique.
À droite, le nouveau premier ministre Mark Carney. À gauche, la gouverneure générale Mary Simon.
Le monsieur à droite abolit le poste de ministre des langues officielles. La dame à gauche ne parle qu’une des deux langues officielles.
Il me semble que c’est assez clair comme signal, non ?
En une image, on a un résumé de ce que le Canada 2.0 pense de la place du français. Il s’en fout comme de sa première chaussette !
WHAT THE F(RENCH) ?
Dans le cabinet restreint de Mark Carney, il n’y a plus de portefeuille des langues officielles.
Steven Guilbeault est simplement à la tête d’un nouveau « ministère de la Culture et de l’Identité canadiennes. » C’est clair: Le pays est en crise, il faut revoir ses priorités face au géant américain et… la défense du français n’est PAS une priorité.
Ajoutez à ça que Carney a à peine été capable de baragouiner son texte en français lors de l’assermentation (et qu’il n’avait pas l’air de comprendre un mot de ce qu’il disait) et il a accédé à son poste sous la gouverne d’une GG qui n’est toujours pas capable de parler français, même après avoir dépensé 28 000 $ de l’argent des CONtribuables pour des cours privés.
Carney a beaucoup insisté sur le fait que le portefeuille de Steven Guilbeault incluait… la nature !
« Une des responsabilités de M. Guilbeault, c’est de rassembler toutes nos responsabilités en ce qui concerne la nature, la biodiversité, nos océans, et de les protéger et de les promouvoir. »
Misère ! Il faut protéger la rainette faux-grillon mais pas le français ? La biodiversité mais pas la diversité des cultures ?
Rachel Bendayan, quand elle a été mutée aux Langues officielles en décembre 2024, avait été incapable de dire clairement aux journalistes qui la talonnaient que le français était en déclin au Québec ! Elle vient d’être nommée à l’Immigration.
J’habite dans la circonscription de Madame Bendayan. Elle inonde chaque semaine notre boîte aux lettres de dépliants vantant ses réalisations. Tant d’arbres coupés pour rien ! En décembre, elle nous a même offert un calendrier 2025 avec une photo de son chien sur la couverture. Et depuis plusieurs semaines, sur les abribus, on voit une campagne publicitaire à son effigie.
« Ma priorité, c’est vous ». Si tu placardes ton visage partout, peut-être que ta priorité, c’est toi. En tout cas, le français n’aura pas été sa priorité.
TOKÉBEK ICITTE
Si on trouve que le français est important, il faudrait aussi le parler comme il faut. Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi Radio-Canada a tenu le 5 mars dernier un « camp de jour », « Une initiative pensée pour accompagner les jeunes m’arrêteras dans leur développement », intitulé Média d’icitte ?
Ça va être ça la nouvelle identité de notre diffuseur : « Icitte Radio-Canada » ?
Samedi, il faisait beau, je suis allée marcher à Westmount. Je vois un nouveau café rue Victoria. Les toilettes ne sont annoncées qu’en anglais « Bathroom », le mot de passe n’est annoncé qu’en anglais « password », les boissons ne sont annoncées qu’en anglais « vanilla », « maple », « cinammon ». Pas en bilingue, non, juste en anglais. Le nom du café, c’est Spirulina Health bar.
Moi, quand je vois de l’anglais partout, sans trace de français, ce n’est pas bon pour ma santé !
Source : Sophie Durocher, Journal de Montréal, 17 mars 2025, p31
Histoire
Imposer des tarifs d’exportation au Canada, Trump est dans le champ. L’historien Luc Laliberté a publié récemment, dans le cahier weekend du Journal de Montréal, l’histoire de William McKinley, 25e président des États-Unis, à cet égard…
***
Depuis son arrivée sur la scène politique américaine, Donald Trump a affirmé être inspiré par deux de ses prédécesseurs.

S’il a rapidement mentionné le nom d’Andrew Jackson (1829-1837) depuis le début de son second mandat, c’est plutôt William McKinley (1897-1911) qui occupe le devant de la scène.
Qu’il s’inspire de l’un ou l’autre, le 47e président devrait s’adjoindre les services d’un bon historien. En ce qui concerne McKinley, Donald Trump n’a retenu qu’une version tronquée de la réalité.
DÉVELOPPER L’ÉCONOMIE
Né en 1843, le 25e président des États-Unis est le dernier président à avoir combattu pendant la guerre de Sécession, conflit pendant lequel il va se démarquer.
Après la guerre, il étudie et pratique le droit. Il commence son implication en soutenant un ancien compagnon d’armes, Rutherford B. Hayes, lui aussi futur président des États-Unis.
Son ascension politique est rapide et elle est vite marquée par sa défense des tarifs douaniers, son protectionnisme et l’expansionnisme américain.
Si sous sa gouverne les États-Unis ont livré une guerre à l’Espagne, qui a mené au contrôle de Porto Rico, Guam, des Philippines et à un protectorat à Cuba, sa politique tarifaire sera par la suite révisée.
La logique de McKinley était relativement simple. En imposant des tarifs sur les produits d’importation qui pouvaient atteindre les 50 %, les Américains consommeraient des produits fabriqués aux États-Unis.
Tout en favorisant le développement des entreprises américaines, McKinley souhaitait protéger les travailleurs américains de la compétition internationale.
Autre argument de McKinley, et non le moindre, les tarifs augmentaient les revenus du gouvernement américain.
À la fin du 19e siècle, l’impôt sur le revenu n’existe pas (ça se fera en 1913) et les sources de revenus du gouvernement ne sont pas légion.
PRENDRE SES DISTANCES AVEC LES TARIFS
Ce que l’administration Trump oublie ou ignore en affirmant s’inspirer du 25e président, c’est que McKinley lui-même en viendra à prendre ses distances avec la stratégie des tarifs.
Avant d’être assassiné en septembre 1901, le président avait inversé sa position, devenant plutôt le promoteur d’une politique plus près du libre-échange.
Il imaginait alors que le potentiel manufacturier de son pays permettrait de pénétrer de nouveaux marchés et d’acheminer la production américaine partout dans le monde.
Angles morts de la politique tarifaire d’abord préconisée par McKinley : la réaction des partenaires commerciaux et les coûts importants assumés par les consommateurs aux États-Unis.
Si les tarifs de McKinley ont créé de la richesse, elle a été répartie de manière bien inégale. Ce sont les industriels qui ont engrangé des profits pendant que le consommateur payait ses produits de plus en plus cher, sans voir son pouvoir d’achat suivre la courbe ascendante des prix.
Une autre retombée néfaste des tarifs constatée à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle réside dans le fait d’isoler l’économie américaine.
Donald Trump et son administration ne sont pas férus d’histoire. S’ils l’étaient, ils auraient retenu les leçons de McKinley.