Insolite
Certains parents, je ne dis pas tous, ont des enfants et on se demande bien pourquoi. Ont-ils bien réfléchis que c’est pour le vie, et plus précisément jusqu’à l’adolescence, qu’ils ont besoin d’eux dans toutes les expériences de la vie, qu’ils sont l’autorité ?
J’en doute !

Les parents de jadis le savaient et les garderies n’existaient pas. Quand les enfants fréquentaient l’école, c’était le professeur la personne en autorité. Les parents leur faisaient pleinement conscience. À la maison, c’était les parents qui décidaient.
Les enfants avaient des règles à respecter à la maison et d’autres étaient appliquées à l’école.
Si je vous écris là-dessus, c’est qu’en feuilletant le Journal de Montréal en fin de semaine dernière, je suis tombé sur le cul, en prenant connaissance d’un article de Dominique Scali qui traitait des demandes loufoques que les parents adressent aux professeurs, pour leur progéniture.
Jamais un seul instant je ne pouvais imaginer que ça existait ces requêtes. Une farce ? Absolument pas !
En voici quelques-unes, très réelles…
« Pourriez-vous appeler mon fils vers 20h30 tous les soirs afin qu’il lise votre livre ? Notre relation s’est améliorée et je ne veux pas la gâcher en lui imposant de la lecture qu’il n’aime pas… »
« Un courriel de parent un soir à 21h pour me demander d’appeler sa fille pour qu’elle lâche YouTube. »
« Pouvez-vous mettre en place un système de récompenses pour mon enfant s’il est gentil à la maison avec sa sœur ? »
« Pourriez-vous faire brosser les dents de mon enfant à l’école, car à la maison on n’a pas toujours le temps ? »
« Une mère qui demande ‘’ que notre bal des finissants de 6e année […] se tienne le 18 juin plutôt que le 20 juin, car les billets d’avion sont moins chers le 19’’. »
« Une maman a demandé à l’enseignante de couper les raisins qu’il allait manger lors de la collation. Il avait 9 ans. »
« Un parent avait remis à mon élève une noix de coco complète en collation que je devais moi-même préparer. ».
« Au lieu de mettre un sablier pour aider l’élève à visualiser le temps qui lui reste pour s’habiller, le parent m’a demandé de chanter une chanson de style rigodon dans le corridor pour le motiver à aller plus vite. »
« Une maman cette année m’a demandé de venir la chercher pour la rencontre de bulletin parce qu’elle allait manquer d’essence. »
« Un parent m’a demandé de reporter la rencontre de parents un autre soir, car elle aimerait ça aller au cinéma. »
« Une maman […] m’a demandé de surveiller sa fille qui avait de nouvelles extensions d’ongles afin qu’elle ne les brise pas. »
ET CE N’EST PAS TOUT
Plusieurs professeurs répondaient à une demande d’une enseignante qui leur demandait de lui donner des exemples de demandes inusitées de parents. Elle en a reçu plus de 300 !
On trouve de nombreuses requêtes qui témoignent d’un refus d’exercer toute forme d’autorité, par peur de nuire à la « belle relation » avec leur enfant.
Le monde à l’envers. Les condoms et les contraceptifs, ça existe !!!
Histoire
Plus discrète que l’église, l’école de rang fut pendant près de 150 ans l’édifice public le plus présent au Québec. Apprenons-en davantage sur cette époque.
VERS UN SYSTÈME SCOLAIRE DURABLE
L’institution royale, existant de 1801 à 1846, et les écoles de fabrique créées en 1824 donnent des résultats limités. Les écoles de syndics fondées dès 1829 sont un succès, jusqu’à ce que cesse le financement de l’État en 1836.
La loi scolaire de 1841 permet l’établissement d’un système scolaire permanent au Québec. Modifiée à plusieurs reprises, elle en jettera les bases pour plus d’un siècle.
Les commissaires d’école réunis en commissions scolaires gèrent les écoles. Elles seront confessionnelles, financées par une taxe foncière et par des frais de scolarité.
L’État et le clergé supervisent l’éducation avec l’établissement d’une réglementation scolaire et la nomination du surintendant de l’instruction publique. Ce dernier est remplacé en 1867 par de Département de l’instruction publique. S’ajoute en 1860 la Conseil de l’instruction publique.
LES ÉCOLES DE PROXIMITÉ

Les écoles de rang sont seules sur leur terrain, avec pour dépendances un hangar à bois et des latrines. De petites dimensions, leur façade ouest ou sud est très fenestrée. Leur toit, généralement à deux versants, est coiffée de deux cheminées servant au chauffage et à la ventilation.
Les écoles de rang contiennent une seule classe sauf pour les rangs plus populeux où elles en auront deux. Chauffées à l’aide d’un poêle à bois, elles n’ont généralement accès à de l’eau courante qu’après leur électrification.
Les pupitres permettent habituellement d’asseoir deux élèves. La maîtresse dispose d’un bureau installé sur une tribune et un tableau noir. L’ameublement se complète d’une armoire. L’appartement de l’institutrice n’est meublé que du strict nécessaire.

LES INSTITUTRICES RURALES
L’instruction rurale est principalement réalisée par des femmes : le salaire des institutrices est inférieur à celui des instituteurs. Les institutrices devaient être célibataires et posséder une moralité irréprochable.
Les institutrices sont généralement formées dans une école normale. À défaut, elles peuvent obtenir leur brevet d’enseignement si elles réussissent les examens requis.
Les institutrices sont responsables d’un maximum de 60 élèves, de la première à la septième année. Elles enseignent toutes les matières prévues au programme : lecture, écriture, mathématiques, histoire sainte, géographie, bienséance, etc. Elles ont accès à des ressources pédagogiques minimales pour préparer leurs cours.

Elles habitent à l’école pendant la semaine, fournissant leurs effets personnels et leur nourriture. Elles s’impliquent également dans la communauté : quête, veillée au corps, etc.
LES INSPECTEURS
Dès 1852, des inspecteurs ont le mandat de faire la tournée des écoles. Leur visite bisannuelle est appréhendée de tous.
L’inspecteur évalue les apprentissages des élèves, vérifie le travail de l’institutrice, dont le journal d’appel qui contient les notes des élèves. Il examine les documents de la commission scolaire.
Il dresse un rapport de la situation aux commissaires, tant de l’enseignement que de l’état des écoles, en recommandant les améliorations nécessaires. L’inspecteur fournit aussi différentes informations du Département de l’instruction publique.
LE GLAS DES ÉCOLES DE RANG
Les milieux ruraux protestants perdent des effectifs scolaires dès le premier quart du XXe siècle. On transporte les élèves dans une école centrale dès les années 1930.
Pendant les années 1950, les fermetures deviennent plus fréquentes pour les milieux catholiques. C’est le plus souvent la vétusté des écoles qui en est la cause. Le phénomène se termine en 1964. Quelques écoles ont un sursis, le temps de préparer la transition des élèves vers l’école du village.
Source : Journal de Montréal, cahier weekend, 17 mai 2025, p68
Trucs et astuces
Enfin, le beau temps permet de jouer en pleine nature et d’explorer les sentiers ! Il y a belle lurette que nous n’avions pas vu ce type de taches sur nos vêtements. Comme il existe une solution à tout problème… pas question de paniquer, paroles de madame Chasse-Taches.

LA GOMME D’ÉPINETTE ET LA RÉSINE DE SAPIN
Frottez les taches avec un mélange composé de trois parts d’alcool à friction et une part de térébenthine. Ensuite, lavez le vêtement à la machine avec du détersif.
L’ÉCORCE ET LA SÈVE DES ARBRES
Brossez les taches avec de l’alcool à friction avant de laver le vêtement dans une eau savonneuse.
LA GRAISSE DE BICYCLETTE
Frottez les taches avec du savon à vaisselle liquide. Et sachez que le savon en granules pour lave-vaisselle est particulièrement efficace sur les vêtements blancs. Vous pouvez aussi frotter les taches avec de la glycérine ou avec un savon de pays avant la lessive.
LA BOUE
Laissez sécher les vêtements tachés de boue. Il sera plus facile de gratter le surplus de boue avant de brosser les taches avec une eau vinaigrée ou avec du savon à vaisselle dilué dans une cuillerée de jus de citron.
Souvenez-vous que l’eau de Javel est inefficace pour les taches de boue, mais les nettoyants tout usage pour la maison donnent un bon résultat. Il suffit de brosser les taches avec un de ces produits. Si les taches persistent, badigeonnez un jaune d’œuf sur le tissu taché. Laissez sécher, et un lavage avec un bon détersif fera disparaître les dernières taches.
LES CERNES D’EAU
Ils sont souvent causés au bas des pantalons par une eau stagnante. Laissez tremper le vêtement pendant quelques heures dans une eau froide fortement salée avant de procéder au lavage.
L’HERBE
Frottez les taches avec le détergent liquide que vous utilisez pour la lessive. Laissez agir une quinzaine de minutes. Les taches disparaîtront dès le premier lavage.
LES FIENTES D’OISEAUX
Grattez délicatement le dégât avec la lame arrondie d’un couteau. Au besoin, brossez la tache avec du bicarbonate de soude humecté d’eau. Lavez ensuite la tache avec de l’eau tiède salée et faites tremper le vêtement dans une eau savonneuse une trentaine de minutes avant de l’ajouter à votre lessive.
Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 17 mai 2025, p12
Histoire
« Oh ! Cet échafaud-là, malgré son nom brutal / Ne fut pas un gibet, ce fut un piédestal ! » — Louis Fréchette
On revoit l’histoire de ces patriotes qui étaient des visionnaires près de 200 ans avant nous, et qui en ont payé le prix par le sacrifice de leur vie.

Ils ont affronté une des plus grandes puissances militaires de l’histoire. Ils l’ont fait sous la menace de l’excommunication. Leurs armes ne faisaient pas le poids et ils le savaient. Ils espéraient une intervention américaine, elle n’est pas venue. Ils espéraient l’appui des Autochtones, ils ne l’ont pas eu. Ils se sont soulevés quand même. Battus une première fois en 1837, ils se sont soulevés à nouveau en 1838, deux fois, en février, puis en novembre. Battus, encore.
Seuls des convictions profondes, des espoirs immenses, des idées puissantes peuvent faire naître un pareil courage.
L’histoire militaire a retenu leur défaite. La grande Histoire, celle des idées, a consacré leur victoire.
Pour quelles idées se battaient-ils donc avec autant d’acharnement ?
LA DÉMOCRATIE
Pour l’instauration, sur le modèle américain, d’une république où le peuple et non le roi serait souverain.
Pour la séparation de l’Église de l’État.
Pour la protection de la liberté et de l’indépendance de la presse.
Pour la tenue d’élections au scrutin secret.
Pour l’abolition du régime seigneurial.
Pour une constitution par et pour le peuple.
Pour la mise en place du suffrage universel masculin (oui, ils auraient pu faire mieux).
Pour la reconnaissance des mêmes droits civiques aux autochtones qu’aux autres citoyens (cherchez un autre parti politique, à cette époque, qui proposait la même chose !).
LA JUSTICE
Pour l’élimination de la corruption du gouvernement colonial, c’est-à-dire pour une fonction publique honnête, des juges impartiaux, un État au service de l’économie locale.
Pour la fin de l’exclusion économique, sociale, culturelle des Québécois.
Pour l’octroi aux langues française et anglaise du même droit de cité.
Pour l’instauration des procès devant jury.
Pour l’abolition de l’emprisonnement pour dette.
Pour l’abolition de la peine de mort pour tous les crimes, sauf le meurtre.
Pour le transfert des terres de la Couronne et du clergé au domaine public.
Pour la création d’un système bancaire dans lequel l’éthique serait plus importante que le profit.
L’ÉDUCATION
Pour une éducation générale et publique. Au début du XIXe siècle, 93 % des enfants n’avaient pas accès à l’école. En 1829, les patriotes adoptèrent un système d’écoles publiques, quatre ans avant la France et dix ans avant l’Angleterre. Leur système supplanta rapidement les écoles dirigées par l’Église et celles sous contrôle anglais. En 1836, le régime colonial a aboli ce système : 70 % des 1462 écoles existantes durent fermer.
Les valeurs portées par les patriotes, parfois en précurseurs, étaient inspirées des Lumières.
Ces valeurs allaient bouleverser tout le XIXe siècle : éducation publique et obligatoire, laïcité, lutte contre le colonialisme, démocratie, justice pour tous, tolérance linguistique et religieuse, etc. Les idées des patriotes avaient des racines partout sur notre territoire : lors des dernières élections avant les soulèvements, ils ont remporté 77 des 88 sièges en jeu.
Si la rébellion des patriotes avait réussi, notre société aurait été en avance sur son temps dans bien des domaines. Leurs horizons étaient universels.
Ils ont été pendus.

Dessin représentant la pendaison de 12 patriotes devant la prison du Pied-du-Courant, à Montréal
La répression britannique fut extrêmement brutale. Emprisonnements par centaines, pendaisons, condamnation à l’exil et aux travaux forcés, églises profanées, maisons brûlées (dont tout le village de Saint-Benoît, un village qui s’était déjà rendu).
Le rapport Durham, publié quatre jours avant que Chevalier de Lorimier ne monte sur l’échafaud, serait qualifié aujourd’hui de pamphlet raciste. Il annonce la mise en place d’une politique féroce d’assimilation et de minorisation des francophones. Le Bas-Canada, puis le Québec, s’enfonceront dans une défaite qui durera, à bien des égards, presqu’un siècle.
Entre 1830 et 1844 seulement, 40 000 Québécois quitteront le Canada pour échapper à la misère, une misère qui n’est pas répartie également : de 1820 à 1850, 850 000 Britanniques y entraient. Il y aura cent ans de loi anti-français. Les Métis et leurs chefs, révoltés eux aussi, subiront le même sort que les Québécois – qui seront d’ailleurs les seuls à pleurer la mort de Louis Riel.
Le sacrifice des patriotes nous donne à tous un devoir de mémoire, mais surtout, une exigence de transmission.
Alors que les Canadiens célèbrent l’anniversaire de la reine Victoria, celle-là même qui régnait sur l’Empire britannique en 1837, relisons les lettres de Chevalier de Lorimier. Le jour précédant sa pendaison, il écrivait ceci à ses enfants : « Le crime de votre père est dans l’irréussite. Si le succès eut accompagné ses tentatives, on eût honoré ses actions d’une mention respectable. Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. »
Transmettons aujourd’hui à nos propres enfants ce que de Lorimier n’a pu transmettre aux siens, c’est-à-dire, le jugement de l’Histoire. Les idéaux pour lesquels de Lorimier et ses compagnons ont été pendus, pour lesquels tant de familles ont souffert, l’ont finalement emporté. C’est ce qui fait des patriotes les vrais vainqueurs de l’Histoire.
Source : Maxime Pedneaud-Jobin, La Presse, 2023
Consommation
Entre ce qui nous semble juste, les pratiques généralement reconnues et l’avènement de nouvelles technologies et de nouveaux services, vous vous demandez peut-être combien donner en pourboire pour ne pas paraître radin, trop généreux… ou carrément commettre un faux pas ? Commenté par une spécialiste de l’étiquette, voici un petit guide pour connaître les montants à offrir, et à qui !

D’entrée de jeu, précisons qu’un pourboire représente une gratification qui vise à remercier une personne qui fournit un service. Dans plusieurs domaines — la restauration par exemple —, le pourboire vient compléter un salaire souvent peu élevé. Il n’existe cependant aucune règle prédéterminée, mais plutôt des recommandations fondées sur l’usage, la courtoisie et l’étiquette. Donner un pourboire n’est pas obligatoire; aucune loi au pays ne nous y contraint.
« Il faut garder en tête que l’étiquette n’est pas statique; elle évolue avec la société, incluant le pourboire. Également, au départ, tous les comportements qui y sont reliés sont culturels. Si on prend le cas de l’Australie, la pratique du pourboire n’est pas usuelle. En Angleterre, si vous allez prendre une bière dans un pub et que vous laissez de l’argent au serveur, vous risquez de l’insulter », relate au passage Julie Blais Comeau, fondatrice de la société de formation et de développement Étiquette Julie (etiquettejulie.com/fr/). La spécialiste nous explique ce qu’il convient d’offrir en pourboire au Québec, selon les produits et services reçus.
AU RESTAURANT
Dans un restaurant avec service aux tables, on calcule 15 % de l’addition, incluant le vin et avant les taxes. Pour un service que l’on juge exceptionnel, on peut se rendre à 20 %, parfois même davantage. Dans un resto « apportez votre vin », on ajoute 2 $ par bouteille ouverte par le serveur.
S’il s’agit d’un buffet, un pourboire équivalant à 10 % de la facture est habituellement de mise.
« On doit se rappeler qu’au Québec, le salaire minimum des employés dans les restaurants et bars est inférieur à celui des autres travailleurs. Pour ces personnes, le pourboire permet d’avoir un revenu décent, commente la spécialiste de l’étiquette. En ne versant pas ce petit supplément, on peut empêcher quelqu’un de joindre les deux bouts. » Qu’il ait été perçu ou non, il est à noter que les serveurs doivent déclarer au fisc un minimum de 8 % de pourboire.
On devrait toutefois s’abstenir de toute gratification en restauration rapide ou quand on achète sa commande au comptoir, et ce, peu importe ce que le terminal de paiement peut nous suggérer.
D’ailleurs, depuis le 7 mai dernier, les options de pourboires sur les terminaux doivent être présentées de façon neutre et uniforme. Ainsi, vous aurez toujours la possibilité de choisir facilement vous-même le montant. Fini, donc, la confusion et le sentiment de culpabilité au moment de payer. En restauration rapide ou pour une commande à emporter, inutile de céder aux suggestions du terminal : aucun pourboire n’est attendu.
Dans un bar, on compte 1 $ par consommation.
Au vestiaire, c’est 1 $ si le service est gratuit, et rien s’il est payant.
SERVICES DE LIVRAISON
Les services de livraison foisonnent. Comment s’y retrouver ? On offre 10 % de l’addition pour les livreurs de restaurant. Concernant les services de type Uber Eats ou DoorDash, il est suggéré d’accorder une rétribution de 15 à 20 % du total de la facture à la personne qui transporte la commande puisque celle-ci ne reçoit aucun salaire ni avantage comme pour l’employé d’un restaurant. Le montant peut varier en fonction de sa rapidité, de la distance qui a été parcourue et des conditions météo.
À L’HÔTEL
Femme ou valet de chambre : pas obligatoire, sinon, 2 $ par jour.
Service aux chambres : 2 $.
Bagagiste : 1 $ par valise.
Guide touristique : 10 $ par personne s’il a répondu aux attentes.
EN RAFALE
Taxi : pas obligatoire, mais on recommande un pourboire correspondant à 10 à 15 % de la course si le chauffeur dispense un service, par exemple placer les bagages dans le coffre.
Soins professionnels : rien aux médecins, dentistes, chiropraticiens, physiothérapeutes, ni aux propriétaires de salons de coiffure, d’esthétique, de manucure ou de massothérapie. On prévoit toutefois un pourboire de 10 à 15 % pour l’employé du salon qui donne les soins.
Caddy de golf : de 15 à 20 % du coût du départ.
Déménageur : 20 à 30 $ en guise de remerciement lorsqu’un effort important a été fourni.
« Les personnes aînées sont susceptibles de recevoir certains services à domicile. Si ceux-ci sont offerts par l’État, une institution ou encore un organisme, il ne devrait jamais y avoir de pourboire ou d’échange d’argent, ajoute Mme Blais Comeau. À ce moment, on se tournera plutôt vers un cadeau telle la fameuse boîte de chocolats. Si on paie de sa poche, on donne, une fois par année, un bonus qui a à peu près la valeur du service obtenu régulièrement. »
La spécialiste de l’étiquette conclut en indiquant que dans le doute, on se renseigne.
« En téléphonant ou en arrivant quelque part, on peut très bien demander ce qui est usuel comme pratique; c’est parfaitement acceptable ! Aussi, lorsqu’on est insatisfait du service, on laisse quand même un pourboire, mais on prend son courage à deux mains et on signifie son mécontentement. Pas nécessairement sur le coup, mais au moins en le faisant après. »
Source : Revue et site Web Virage, été 2025
Histoire
Alors que l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est sur la sellette et meuble les pages de journaux pour sa reconstruction qui tarde depuis des années, à cause de l’inertie politique. Voici l’histoire de cet important hôpital de l’Est de Montréal. Alors que le CHUM et le CUSM sont des réalisations récentes, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont continue d’agonir, par sa vétusté.
***
Pour bien des gens de l’est de Montréal, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), c’est « leur hôpital » : l’endroit où on est né, soigné, parfois sauvé, mais aussi, aujourd’hui, un établissement vieillissant, débordé, souvent en crise. Pourtant, à l’origine, l’HMR était une véritable fierté locale, un projet ambitieux qui a vu le jour grâce à la ténacité de médecins, de politiciens et surtout de religieuses déterminées à offrir à la population de l’est un hôpital à la hauteur de ses besoins.
Dans les années 1930 et 1940, Montréal est en pleine croissance. L’est de la ville se développe rapidement, avec l’industrialisation, mais il reste largement sous-desservi sur le plan hospitalier.

À l’ouest, les grands établissements anglophones dominent (Royal Victoria, Montreal Children, Jewish General), tandis qu’au centre, les francophones peuvent compter sur l’Hôpital Notre-Dame et l’Hôtel-Dieu. Mais à l’est de Papineau ? Rien ou presque. Une petite institution de 60 lits, l’Hôpital de la Providence, fondée en 1926, peine à suffire à la demande.
Les appels se multiplient pour la construction d’un hôpital général dans l’Est. Des pétitions sont envoyées, des pressions exercées. Mais les temps sont durs : la crise économique des années 1930 gèle les budgets, et la guerre mondiale détourne l’attention.
Ce n’est qu’à la fin des années 1940 que la conjoncture change. L’économie redémarre, Ottawa débloque des fonds pour la construction d’établissements hospitaliers et le gouvernement Duplessis, bien heureux de profiter de l’argent fédéral tout en servant sa base francophone, donne enfin son feu vert au projet.

DES CONDITIONS
C’est alors que l’idée prend forme, avec l’appui de figures influentes comme le député du quartier Maisonneuve, le docteur J.-F.-A. Gatien, et le maire Camillien Houde. Mais le gouvernement est clair : pas question de fonder un hôpital d’envergure sans l’implication d’une communauté religieuse. On se tourne alors vers les Sœurs Grises, déjà actives à l’Hôpital Notre-Dame. Le 15 mars 1949, le ministre de la Santé, Albiny Paquette, leur propose de prendre en charge un nouvel établissement de 500 lits dédié à l’est de Montréal.
Les religieuses ne sont pas dupes, elles acceptent, mais à leurs conditions. Elles exigent de choisir leurs médecins, leurs architectes. Elles demandent une gestion autonome et, surtout, qu’on ne leur impose pas les jeux politiques de Québec.
Elles veulent un vrai hôpital général, moderne, tourné vers les soins et l’enseignement. Le projet avance vite : le gouvernement accorde 2 M$ et la Ville de Montréal offre un terrain. Les sœurs, prudentes, mais redoutablement efficaces, envoient deux représentantes visiter des hôpitaux récents aux États-Unis pour s’inspirer des meilleures pratiques.
BOULEVARD ROSEMONT
Le choix du terrain se révèle épineux. Après plusieurs options rejetées, c’est finalement un vaste lot près du boulevard Rosemont qui est choisi. Accessible, assez grand pour permettre des agrandissements futurs, ce site devient le cœur du projet. L’hôpital, qu’on nomme entre autres en l’honneur du fondateur de Montréal, promet d’être moderne et à la fine pointe de l’évolution médicale. On adopte une devise ambitieuse : « Nous sommes les coopérateurs de Dieu. »
FIERTÉ ET DIGNITÉ
En 1954, l’hôpital ouvre enfin ses portes. C’est une fierté collective pour les Canadiens français. Une institution francophone, universitaire, moderne, fondée par et pour les gens de l’est de Montréal. On y installe une école d’infirmières expérimentale, on y forme des médecins, on y tente des premières chirurgicales.
L’établissement deviendra un centre de référence en ophtalmologie, en oncologie et en greffe.
70 ans plus tard, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont porte toujours le poids de son passé glorieux et de ses murs fatigués. Il n’a pas été épargné par les compressions, la vétusté, le manque de vision à long terme.
Mais quand on se rappelle les efforts acharnés qu’il a fallu pour l’ériger, on comprend pourquoi tant de citoyens y tiennent encore. L’histoire de l’HMR, c’est celle d’un quartier qui s’est battu pour sa dignité et pour des soins à sa mesure. Peut-être est-il temps, aujourd’hui, de se battre à nouveau pour sa reconstruction.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 10 mai 2025, p66
Opinion
J’ai lu hier l’histoire de Mehakdeep Sing, qui a reconnu sa culpabilité dans un accident mortel survenu sur l’autoroute 401 en Ontario en 2022 alors qu’il conduisait son camion-remorque en regardant son téléphone.

Trois morts dans cet accident; deux enfants de 3 et 7 ans ainsi que leur grand-mère de 68 ans. Résident de Laval, ils revenaient paisiblement d’une fin de semaine à Toronto.
Depuis l’automne 2023, il purge une peine de cinq ans de détention.
Il n’a pas purgé plus du tiers de la peine que déjà il est prêt à retourner dans la collectivité.
Renversant !
Encore plus renversant, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) lui a donc permis depuis vendredi dernier de sortir de prison, jugeant que son risque de récidive est plutôt faible.
Il ira terminer sa peine dans une maison de transition pour lui permettre d’avoir le soutien nécessaire pour les moments difficiles à venir.
Il faut être assez fort pour accepter un tel laisser-aller, un tel passe-droit.
L’ACCUSÉ CONSIDÉRÉ SEULEMENT
Je ne connais pas l’histoire de ce triste accident, et je n’ai pas assisté à la comparution. Mes premières pensées ont été vers la famille des victimes. Quel type de soutien a-t-elle reçu des autorités ? Leur vie s’est arrêté ce jour fatidique où tout ce qu’ils espéraient réaliser en famille s’est envolé. À cause d’une personne qui utilisait, inconsciemment, son cellulaire au volant, comme malheureusement plusieurs font encore.
Je ne m’explique pas qu’un criminel, condamné par un juge à cinq ans de détention, puisse obtenir une forme de clémence pour sortir des murs et se réhabiliter. C’est à ce moment que la justice devient trop laxiste en lui permettant de quitter la prison. Il sera suivi et entouré. Il vit encore, mais le fait reste qu’il a fait trois innocentes victimes.
Pourquoi imposer une sentence de 5 ans de prison alors que, peu de temps après avoir purgé 20 mois, il bénéficie maintenant des largesses de la CLCC ? Pourquoi ne purge-t-il les 5 années en totalité ?
Il est urgent de modifier nos lois pour que les peines soient purgées totalement dans un pénitencier. Par la suite, l’accusé pourra espérer reprendre sa vie.
La famille des victimes aura les désastreuses conséquences de leur départ. Une situation à laquelle les tribunaux prêtent plus ou moins d’importance. On le voit d’ailleurs présentement, envers les meurtriers qui sont déclarés non criminellement responsables.
C’est seulement au Canada qu’on voit ça. Comment peut-on contrôler un individu qui ne prend pas régulièrement sa médication ? Il ne se fait aucun suivi et aucune prévention à l’égard de ces personnes dérangées. Il faut toujours un bain de sang pour agir.
Jadis, les asiles existaient ! Plus maintenant !
Histoire
De 1975 à la fin des années 1980, on estime qu’environ 1,5 million de Vietnamiens ont fui leur pays, principalement par la mer. Ils étaient entassés sur de petites embarcations de fortune, sans moteur fiable ni nourriture suffisante. Leur destination pouvait être n’importe quel pays voisin : la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, Hong Kong, etc.

Ces boat people, comme on les appelle communément, fuyaient la terreur qui s’abattait sur leur pays. Leur exil sera largement médiatisé et attirera l’attention des Québécois.
Tout commence à la fin de la guerre du Vietnam, au printemps de 1975, quand Saïgon tombe aux mains des troupes communistes du Nord. La république du Vietnam s’effondre.
Très vite, le nouveau régime met en place des camps de rééducation. Des centaines de milliers de personnes, comme d’anciens fonctionnaires, des militaires ou des professeurs, sont jugées ennemies du peuple et sont arrêtées, certaines torturées.
Pour survivre à cette répression, des familles entières s’enfuient par la mer. Dans des embarcations de fortune, surchargées, ils défient la mer, la famine et les pirates.
Il n’est pas rare de voir 4000 personnes sur un navire conçu pour 400.

On pense qu’au moins un million de réfugiés auraient fui le Vietnam par la mer à bord de ces rafiots. Ce chiffre ne prend pas en compte les noyés, ceux qui ont été capturés, violés ou tués en mer.
Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, de 200 000 à 400 000 boat people auraient trouvé la mort durant leur fuite.
Souvent, ceux qui survivent ont eu la chance de croiser la route d’un navire marchand étranger. Ils sont alors conduits vers des camps de réfugiés.
ATTENTE DANS LES CAMPS
Après avoir survécu à la traversée commence une autre épreuve : celle de l’attente interminable dans les camps.
En Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines, à Hong Kong ou en Malaisie, les réfugiés s’entassent dans des abris de fortune, Il manque de nourriture, d’espace et les maladies sont nombreuses. Certains y passeront des années.
Les camps débordent, mais personne ne semble trouver de solution jusqu’au jour où le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés décide d’intervenir, quand l’Indonésie refuse un cargo (le Hai Hong) d’accoster sur ses côtes en 1978. Les 2500 migrants sont alors escortés dans les eaux internationales.
L’intransigeance indonésienne force la communauté internationale à trouver des solutions à cette catastrophe pour l’humanité. Soixante-cinq pays participent à une grande conférence internationale et mettent enfin en place un plan pour trouver une terre d’accueil à ces gens.
Dès la fin des années 1970, des émissaires de nombreux pays occidentaux dont le Canada, viennent y sélectionner des réfugiés.
ÉLAN DE SOLIDARITÉ DES QUÉBÉCOIS
La crise des réfugiés d’Indochine survient au moment où le gouvernement du Québec est en pleine négociation avec le gouvernement fédéral pour récupérer des pouvoirs en matière d’immigration.
En 1978, une entente entre Ottawa et Québec (Cullen-Couture) permet à la province d’avoir son mot à dire dans le choix des réfugiés qu’elle recevra.

Le ministre de l’Immigration du Québec de l’époque, Jacques Couture, est convaincu que nous avons l’obligation de venir en aide à ces gens frappés par l’infortune. Il met alors sur pied, en un temps record, un programme de parrainage unique au pays, basé sur la solidarité, pour faciliter l’accueil et l’intégration des Vietnamiens.
Résultat : plus de 10 000 réfugiés des camps d’Asie du Sud-Est seront dirigés vers le Québec. En fait, entre 1979 et 1982, les Québécois accueilleront près de 22 % de tous les réfugiés vietnamiens au pays.
Des communautés religieuses, des familles, des groupes citoyens se mobilisent pour les accueillir. Pour chaque personne parrainée par un Québécois, le gouvernement s’engage à en accueillir une autre.
Cette solidarité permet à des milliers de familles brisées de reconstruire leur vie au Québec.
À leur arrivée à l’aéroport de Dorval, ils sont évidemment frappés par le contraste climatique. Ils passent d’un climat tropical à un pays où il fait -20°C en hiver. Ils découvrent la neige, les manteaux d’hiver, les bottes, les vitres qui gèlent et les pelles à neige.
Plusieurs racontent encore leur premier Noël blanc comme un moment magique, mais aussi comme une épreuve. Ils découvrent la chaleur humaine et la générosité de Québécois ordinaires qui les aident à se loger, à apprendre le français, à chercher un emploi ou à inscrire leurs enfants à l’école. Cette solidarité marque profondément les Vietnamiens.
Tout semble différent. Par exemple, ils découvrent qu’au Québec l’école est gratuite, obligatoire et qu’il existe des ressources pour apprendre le français. Les enfants s’adaptent vite, souvent plus vite que leurs parents. Les supermarchés québécois regorgent de fromages, de pain tranché, de lait en sac – des produits complètement inconnus pour eux – mais ils peinent à trouver du riz ou de la sauce de poisson.
Tout est à apprendre : la plupart ne parlent ni le français ni l’anglais. Beaucoup n’ont ni famille ni contact ici. Et pourtant, grâce aux associations vietnamiennes, aux groupes religieux et à la bienveillance de citoyens ordinaires, ils entament un nouveau chapitre.
INTÉGRATION COURAGEUSE
S’adapter au climat, apprendre une nouvelle langue, trouver un emploi… les défis sont immenses. Pourtant, en quelques années, la communauté vietnamienne commence à s’épanouir. Dès 1986, on compte de nombreux restaurants vietnamiens à Montréal. La cuisine devient un pont entre deux cultures, un moyen de survivre et de partager.
Pour les jeunes nés ici ou arrivés très tôt dans leur vie, la réussite scolaire devient une mission sacrée. Ils veulent honorer les sacrifices de leurs parents.
Selon le dernier recensement, on compte actuellement environ 46 000 personnes d’origine vietnamienne au Québec, dont 39 000 à Montréal. Nombre d’entre elles sont les enfants ou petits-enfants de ces boat people. Leurs histoires sont parfois racontées, mais souvent gardées sous silence. Pourtant, elle témoignent d’un courage inouï et d’une capacité d’adaptation extraordinaire.
On ne peut pas comprendre la communauté vietnamienne du Québec sans se souvenir de cette grande migration.
DEVOIR DE MÉMOIRE
Le rôle du Québec dans cet accueil est remarquable. Porté par des figures politiques comme Jacques Couture mais aussi par des milliers de citoyens ordinaires, le mouvement de solidarité envers les réfugiés vietnamiens reste un modèle d’hospitalité et d’humanité important dans notre histoire collective.
Cet accueil massif n’avait pas pour but d’augmenter la démographie ou de stimuler notre économie. Non, c’était simplement un élan de solidarité des Québécois envers la détresse humaine de ces réfugiés.
Quarante ans plus tard, des familles syriennes ont vécu une épreuve similaire. Et ce sont, entre autres, des Vietnamiens devenus pleinement québécois qui ont été parmi les premiers à leur tendre la main.
C’est peut-être ça, la plus belle leçon de cette histoire : en tendant la main à l’autre, on construit non seulement une société plus juste, mais aussi plus riche.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 3 mai 2025, p67
Histoire
Ce 8 mai marque le 80e anniversaire du jour de la Victoire en Europe, soulignant la victoire des forces alliées sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale sur le continent européen. Bien que ce conflit se soit déroulé à des milliers de kilomètres de la ville de Québec, il a laissé des traces visibles dans son paysage urbain, qu’il s’agisse de sa toponymie ou de ses monuments commémoratifs.
La Seconde Guerre mondiale n’est toutefois pas le seul conflit international qui a modifié le visage de la ville au cours de ses quatre siècles d’histoire. Dans cet article, nous vous invitons à la découverte de l’impact de cinq conflits internationaux sur l’aménagement urbain et la toponymie québécoise. Nous espérons éveiller votre curiosité et vous inviter à porter un regard différent sur la ville de Québec.
LES REMPARTS

La guerre de Sept Ans, mieux connue au Québec sous le nom de guerre de la Conquête, a opposé les empires français et britannique de 1756 à 1763. Cette guerre s’est portée sur la presque entièreté des continents dans le monde ce qui a amené plusieurs historiens et historiennes à désigner ce conflit comme étant la « première guerre mondiale ».
Évidemment, cette perspective, encore très débattue entre les chercheurs, peut se défendre si on adopte un regard centré sur l’Europe et ses zones d’influences.
Au contraire des deux conflits mondiaux traditionnels, bon nombre de puissances importantes n’ont pas été concernées par cette guerre.
Cette guerre a eu un impact considérable sur le visage de la ville, notamment par la présence des remparts. Bien que plusieurs segments aient été modifiés, enlevés ou ajoutés au fil des époques, certaines parties ont servi au cours de ce conflit.
La partie entre la falaise au-dessus du palais de l’intendant et le bastion Saint-Louis reprend d’ailleurs le tracé français de 1745-1759.
Ces fortifications ont contribué à faire de Québec un exemple exceptionnel de ville coloniale fortifiée, ce qui a d’ailleurs permis d’inscrire l’arrondissement historique du Vieux-Québec sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous fêtons cette année le 40e anniversaire de cet événement.

LA RUE DES ZOUAVES
Entre 1868 et 1870, dans le contexte de l’unification politique de la péninsule italienne, un peu plus de 500 Canadiens français traversèrent l’Atlantique afin de s’engager dans la petite armée pontificale. Leur mission consistait à défendre les États de l’Église contre leur effacement au profit du jeune royaume d’Italie.
En dépit de leur bonne volonté, les zouaves canadiens ne purent empêcher la chute de Rome en septembre 1870 et, avec elle, la fin des États pontificaux.
En 1899, craignant que le souvenir de l’épopée italienne s’efface avec ses derniers survivants, le vétéran Charles-Edmond Rouleau fonda l’Association des zouaves de Québec.
Cette nouvelle association, à la fois militaire et religieuse, avait pour objectif de perpétuer l’esprit du régiment des zouaves pontificaux et de former la jeunesse masculine à l’art militaire en vue de défendre à nouveau l’Église en cas de besoin.
Lors de leur première sortie officielle le 24 juin 1901, les zouaves de Québec comptaient déjà 58 membres, dont 23 vétérans. L’Association perdura jusqu’en 1993.
Le quartier général de l’Association fut établi à l’étage supérieur de la halle du marché Berthelot, où se trouve l’actuel parc Berthelot. La rue qui y fait face a porté le nom de rue Jupiter de 1818 à 1908, jusqu’à ce que les zouaves de Québec en fassent changer le toponyme pour celui de rue des Zouaves.

LE MONUMENT POUR LA GUERRE DES BOERS
À deux pas de la porte Saint-Louis, au bord de l’Esplanade, située au coin des rues Saint-Louis et D’Auteuil, on retrouve un monument qui commémore les soldats qui ont participé à la Guerre des Boers.
En plus de nous rappeler le passé colonial du Canada, cette statue souligne l’implication et le sacrifice de plusieurs Québécois et même de résidents de Québec dans un conflit qui s’est déroulé à plusieurs milliers de kilomètres, sur un continent qui leur était totalement étranger.
Sur les 60 000 hommes tombés au combat, 270 étaient des Canadiens et 11 d’entre eux étaient originaires de la province de Québec.
Pour souligner le sacrifice de ces 11 soldats francophones, le journal Chronicle a organisé une souscription afin d’ériger un monument en leur honneur. Le dévoilement se fit en grande pompe le 15 août 1905.
L’emplacement du monument avait une forte signification pour les partisans de cette entreprise coloniale, puisque c’est à cet endroit que les soldats se sont rassemblés avant de descendre en basse-ville pour prendre le bateau vers Cape Town.
Malgré l’engouement plutôt modéré des francophones devant les ambitions coloniales britanniques, ce monument rappelle que certains habitants de Québec ont participé à cette guerre, que ce soit pour répondre à des sentiments patriotiques, ou tout simplement par goût de l’aventure.

AVANT HENRI-BOURASSA, LE BOULEVARD CHURCHILL-ROOSEVELT
Ouvert officiellement en 1936, l’actuel boulevard Henri-Bourassa portait jadis le nom de la route Québec-Charlesbourg puisqu’il s’agissait à cette époque d’une voie rapide entre les deux localités.
En septembre 1943, à la suite de la Conférence de Québec, la route prit le nom de boulevard Churchill-Roosevelt en l’honneur des deux chefs d’État qui ont participé à cette réunion qui s’est déroulée durant la Seconde Guerre mondiale.
Au cours de ce conflit, les dirigeants des forces alliées belligérantes ont tenu une série d’importantes réunions stratégiques. Deux d’entre elles se sont tenues à Québec : du 10 au 24 août 1943 et du 11 au 16 septembre 1944.
Lors de la première visite des dirigeants étrangers en août 1943, le maire de Québec, Lucien Borne, annonça que le boulevard qui partait du chemin de la Canardière et qui se rendait jusqu’à Charlesbourg allait désormais porter le nom de boulevard Churchill-Roosevelt pour souligner la sixième conférence interalliée.
Le toponyme Churchill-Roosevelt a été maintenu jusqu’en juillet 1953. On change alors son nom brièvement pour boulevard Desroches avant que le boulevard soit rebaptisé au nom d’Henri-Bourassa quelques mois plus tard, après la mort de ce dernier.

LA CROIX DU SACRIFICE
On retrouve à l’entrée principale des plaines d’Abraham, près de la Grande-Allée, une grande croix commémorant les soldats qui ont contribué à quatre conflits internationaux : la Première et la Seconde Guerre mondiale, la Guerre de Corée et, plus récemment, la Guerre d’Afghanistan.
Premier monument de ce genre au Canada, la Croix du Sacrifice a été dévoilée le 1er juillet 1924, lors des fêtes de la Confédération.
À l’automne 1947, il fut décidé d’accorder une place aux morts de la Seconde Guerre mondiale sur le monument.
Le 9 novembre, on enfouit même de la terre en provenance de France sous le tertre sur lequel se trouve la croix.
La décennie suivante, c’est le sacrifice des soldats de la Guerre de Corée (1950-1953) qui fut commémoré.
Plus récemment, le 11 novembre 2022, à la suite d’un processus de réfection qui a duré plus d’un an, le Comité de la Croix du Sacrifice à choisi d’inscrire la guerre d’Afghanistan sur le monument.
Cette dernière inscription montre comment un élément patrimonial peut demeurer vivant et évoluer au sein d’un contexte mondial en constante évolution.
Source : Éric Légaré Roussin, avec la collaboration des historiens Mathieu Bouchard-Tremblay et Michel Thévenin, Journal de Montréal, cahier weekend, 3 mai 2025, p70
Opinion
Saviez-vous que le coût des repas dans les établissements carcéraux du Québec a grimpé de 60 %.
J’ai appris cette « terrible » nouvelle en feuilletant le journal d’hier. Et pourquoi cette augmentation ? Parce que les prisonniers, privés de leur liberté, on droit à des repas spéciaux, alors qu’en dehors des murs, certaines personnes fouillent dans les poubelles pour trouver un restant qu’elles pourraient consommer.
C’est choquant !

On nous donne des exemples de leurs repas :
Au déjeuner, céréales, rôties, biscuit, jus et café;
Au dîner, une omelette;
Au souper, jus, spaghetti à la viande et compote de pomme.
On évalue ces repas standards à 2,71 $.
Là où c’est carrément indécent, les détenus de confession juive se font servir des mets casher coûtant en moyenne 7,24 $. Du côté de la diète halal, les repas servis coûtent 1,3 fois plus cher que les repas conventionnels.
C’est quoi ce « spécial » attaché à la religion ? Ils sont incarcérés parce que ces criminels ont commis des crimes. Ils sont privés de leur liberté et on les traite avec des petit spéciaux propres à leur religion, pendant que la population elle-même ne peut même pas espérer un seul repas par jour.
Parce que tout ça, est payé à même les impôts des CONtribuables. Les détenus devraient bouffer tous la même nourriture point fina! Lorsque ta vie se déroule normalement dans la société, tu as tous les droits. La prison te prive de tes droits jusqu’à ce que tu redeviennes un actif pour la société.
Et nos politiciens dans tout ça ? Ils continuent de dépenser NOTRE argent sans gêne. C’est toujours plus facile avec l’argent des autres.
Des privilèges ne doivent pas s’adresser aux prisonniers encore moins sur la bouffe.
Au Québec, on a foutu dehors la religion, alors pourquoi on ne le fait pas pour les prisonniers religieux ? Soyons conséquent !
Trucs et astuces
Lessive grisâtre, taches après le nettoyage, odeurs persistantes… Madame Chasse-Taches nous indique comment régler quelques problèmes qui surviennent parfois avec la lessive.

DES TACHES D’ASSOUPLISSANT LIQUIDE
DES TACHES GRISES OU MÊME NOIRES SUR LES VÊTEMENTS
UNE LESSIVE GRISÂTRE
DES ODEURS TENACES DE FRITURE, DE FUMÉE ET D’URINE
Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 3 mai 2025, p23
Histoire
En raison de la guerre tarifaire déclenchée par Donald Trump, le monde s’apprête possiblement à entrer en récession, un ralentissement temporaire de l’économie. Peut-être même en crise économique, un événement qui touche plus profondément et plus durablement les pays.

Le Journal a retracé les crises et récessions qui ont touché le Québec depuis un siècle.
« La façon la plus simple d’identifier les récessions au Canada est de suivre l’évolution du taux de chômage », explique Pierre Fortin, professeur émérite de sciences économiques à l’UQAM.
Le chômage grimpe lorsque l’économie plonge; il atteint un sommet autant plus élevé que la récession est sévère, puis il redescend à mesure que l’économie remonte.
À son avis, les récessions de 1982 et de 1990 ont été les pires essuyées par le Canada depuis la Grande Dépression des années 1930, qu’il qualifie de « mère de toutes les récessions modernes ».
En plus d’entraîner des pertes économiques, le chômage « vient toujours avec son lot de pathologies personnelles, familiales et sociales », ajoute l’expert.
LA GRANDE DÉPRESSION – 1929-1939
Cette crise économique a été provoquée par le krach boursier de Wall Street le 24 octobre 1929, le « jeudi noir ».
En une seule journée, la panique des investisseurs a entraîné une cascade d’événements. Le lundi et le mardi suivants, 28 et 29 octobre, « noirs » eux aussi, ont provoqué une chute de la production industrielle et une montée du chômage à l’échelle mondiale.
Au Canada, on a mis 10 ans à retrouver le rythme d’avant cet événement.
Avec des taux de chômage atteignant chez nous les 25 %, cette crise a été « épouvantable pour nos arrière-grands-parents, d’autant plus que l’assurance chômage n’existait pas à l’époque », commente Pierre Fortin.
LA RÉCESSION DE L’APRÈS-GUERRE – 1956-1961
Même si l’après-guerre est associé à une période de prospérité, elle n’a pas été épargnée par les soubresauts de l’économie. En 1956, une hausse soudaine du chômage au Canada fait dire à l’économiste Pierre Fortin que le pays a bel et bien traversé une récession.
Le plein emploi n’est revenu qu’au milieu des années 1960. C’est la première des récessions de ce siècle à être causée par les banques centrales, qui ont voulu combattre l’inflation en haussant les taux d’intérêts.
LA RÉCESSION DES BANQUES CENTRALES – 1982
L’explosion de l’inflation au cours des décennies 1970 et 1980, avec des pics à 11 % en 1974 et à 12,5 % en 1981, a surpris les dirigeants politiques, rappelle Pierre Fortin. La Banque du Canada a répondu en haussant les taux d’intérêt « à des niveaux astronomiques », ce qui a provoqué un effondrement des dépenses des ménages pour l’achat de nouvelles maisons, d’automobiles et d’autres biens durables de consommation.
« L’économie n’a pas tardé à dégringoler et le chômage à exploser. » Au Québec, les jeunes ont eu beaucoup de mal à se trouver du travail. Le taux des 15-24 ans sans emploi à atteint 26 %, deux fois celui des aînés.
LA RÉCESSION DU DÉBUT DES ANNÉES 1990-1992
En raison de divers déséquilibres économiques entre les grandes puissances, le Canada entre en récession en avril 1990 et n’en sort que deux ans plus tard, en avril 1992.
Touchant plus durement le Canada que son voisin du sud, cette récession provoque la perte de 70 000 emplois au Québec en 1991. Les petites et moyennes entreprises mais aussi de grandes entreprises en subissent les contrecoups.
LA CRISE FINANCIÈRE MONDIALE – 2007-2009
Déclenchée par l’effondrement du marché immobilier américain et la faillite de grandes institutions financières, elle a entraîné une récession mondiale majeure. Comme la Grande Dépression, elle résulte de « dérapages majeurs du système financier induits par des bulles spéculatives et des ruées bancaires qu’une réglementation insuffisante a laissé se produire », signale Pierre Fortin.
Au Québec, elle s’est traduite par une hausse du taux de chômage, une baisse des investissements et un ralentissement économique.
LA RÉCESSION DE LA COVID-19 – 2020
La pandémie de COVID-19 a entraîné une récession mondiale en 2020. L’économie globale s’est contractée de 3,5 % cette année-là, et de nombreux pays ont enregistré des baisses significatives de leur PIB. Au Québec, l’impact a été particulièrement marqué avec une diminution du PIB de 5,3 % en 2020.
Le taux de chômage a remonté significativement, mais les effets de la pandémie ont été de courte durée.
Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 12 avril 2025, p68