Il était une fois Muscade l’ours blanc et Papou l’éléphant rouge, deux vieux jouets abandonnés et malheureux au fond d’une malle. Ils avaient appartenu autrefois à des enfants. Mais ceux-ci avaient grandi, ils avaient préféré de nouveaux jouets, puis ils les avaient oubliés.
Un soir, Papou dit à Muscade :
– Il y a très longtemps, j’ai entendu parler d’un endroit où les vieux jouets sont réparés, dorlotés et aimés comme s’ils étaient neufs.
Muscade qui somnolait se redressa :
– Où est-ce? demanda-t-il.
– C’est loin, au fond d’une forêt, dans un pays où il neige toute l’année, répondit Papou.
Sans hésiter, l’ours et l’éléphant bondirent hors de la malle et s’enfuirent. Les deux jouets trottinèrent toute la nuit. Soudain, une forêt se dressa devant eux, épaisse et menaçante. Papou et Muscade se regardèrent, anxieux, et entrèrent dans les bois. Des flocons de neige se mirent à tomber.
Ils arrivèrent devant une maison aux murs noirs comme la suie. Muscade et Papou, tout excités, frappèrent à la porte. Une sorcière leur ouvrit et se pencha vers eux d’un air mauvais.
– Bonjour Madame, est-ce ici le pays des vieux jouets? demanda poliment Papou.
– Pouah, des jouets! Je déteste les jouets! Filez, sales bestioles, avant que je vous transforme en crapauds! Ouste! Hurla la vieille en saisissant un balai.
Épouvantés, Papou et Muscade détalèrent.
Ils poursuivirent leur chemin dans le froid. Ils arrivèrent devant une maison percée de fenêtres qui ressemblaient à des yeux méchants. Pas très rassurés, ils frappèrent à la porte. Un ogre leur ouvrit et se pencha vers eux d’un air mauvais.
– Bonjour, monsieur, est-ce ici le pays des vieux jouets? demanda Muscade, inquiet.
– Non! Mais vous semblez encore assez dodus pour que je vous dévore tout crus! Miam! Miam! Hurla l’ogre en se saisissant d’une marmite.
Terrifiés, Papou et Muscade prirent la fuite.
Ils marchèrent encore longtemps. Ils étaient fatigués. Enfin, ils arrivèrent devant une petite maison coquette et décorés de guirlandes. De drôles d’animaux avec de grands bois sur la tête dormaient dans un petit enclos. Les deux amis n’osaient pas frapper à la porte.
Soudain celle-ci s’ouvrit. Un vieil homme à barbe blanche, vêtu d’une chaude veste rouge, se tenait sur le seuil. Il se pencha vers eux d’un air gentil.
– Bonsoir mes amis. Vous avez l’air épuisé. Entrez vite vous réchauffer.
Derrière le bonhomme, Muscade et Papou aperçurent des poupées qui jouaient à cache-cache, des petits soldats qui jouaient aux dames, des ours en peluche qui jouaient du tambour et des centaines de vieux jouets en train de rire et s’amuser. Alors l’ours et l’éléphant se regardèrent, heureux. Leur voyage était fini! Ils avaient enfin trouvé le pays des vieux jouets!
Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Marie Quentrec
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Ainsi donc notre bon gouvernement siphonneur a trouvé un autre moyen d’appauvrir l’automobiliste, devenu sa vache à lait préférée, avec le projet de loi sur l’obligation de faire vérifier annuellement son véhicule, vieux de huit ans et plus, pour qu’il soit conforme aux normes antipollution.
Même si ce n’est que pour cette raison présentement, il n’y aura qu’un pas avant que ça devienne nécessaire également pour la mécanique. Et combien vont coûter ces vérifications ? Autour de 60$ d’après leur évaluation préliminaire. Probablement et par expérience, c’est déjà sous-évalué, comme tout projet gouvernemental. Même que ce gouvernement va trouver des mandataires pour faire le travail. On revivra le problème des attentes, comme aux urgences et aux cliniques médicales mais pour l’automobile cette fois-ci.
Je me questionne beaucoup sur le bien-fondé de ce projet, qui sort de je ne sais où. Est-ce que le ministre de l’Environnement Pierre Arcand voulait lui aussi laisser un héritage ? Si on prend pour acquis qu’une voiture a, en moyenne, une durée d’utilisation de 15 ans, ce sera sept vérifications souvent inutiles. Et quand le ministre nous parle d’économie d’essence, on repassera ! Une auto c’est loin d’être économique. C’est plutôt un compte de dépenses.
Encore une fois, ce seront les moins nantis qui devront se serrer la ceinture. Qui croyez-vous roule sa bagnole 15 ans ? En général c’est cette clientèle qui n’a pas les moyens de rouler dernier cri. Encore une dépense de plus. Hier c’était les pneus d’hiver, aujourd’hui les vérifications antipollution et demain, les inspections mécaniques, toutes obligatoires. L’automobiliste paie déjà sa très large part de taxes ne trouvez-vous pas ? À commencer par la taxe de vente qu’on paie et repaie autant de fois que le véhicule change de propriétaire…
Remarquez que je ne suis pas contre la vertu et la sécurité des véhicules routiers est primordiale. Cependant, à l’ère où les voitures sont soumises à de sévères normes antipollution, pourquoi en rajouter. On tape toujours sur le même clou, pendant que des usines, fortement subventionnées à même nos taxes, continuent de polluer l’atmosphère en crachant leurs gaz à effet de serre, sans aucune conséquence.
Grossièrement, un véhicule de plus de huit ans est considéré comme une « minoune ». C’est un qualificatif assez choquant pour une personne qui prend un soin jaloux de sa voiture en respectant son programme d’entretien et en effectuant les réparations requises sur le champ. C’est le lot de la majorité des automobilistes, il me semble.
Au lieu d’imposer l’inspection obligatoire par une taxe déguisée, on aurait pu continuer et mettre l’emphase sur ce qui existe déjà : le Code de la sécurité routière. Il prévoit des sanctions pour quiconque n’entretient pas son véhicule adéquatement. Les policiers sont chargés de son application et il est assez évident de constater de visu, l’état lamentable d’un véhicule, lorsqu’ils patrouillent leur territoire. De plus, le pouvoir des contrôleurs routiers pourrait être élargi pour sanctionner la surveillance de tout le parc routier, en ce qui concerne leur bon état de fonctionnement. Tout ça ne coûte rien, est déjà en place et vise seulement les propriétaires de véhicules fautifs.
Pourquoi diable, compliquer les choses, quand on peut singulièrement les simplifier ?
Il était une fois une petite fée qui vivait seule au fond d’une forêt. Elle ne voyait jamais personne et était très malheureuse de cette solitude. Mais un beau soir…
Un bruit énorme suivi de jurons étouffés la réveilla. Elle sortit en hâte de sa maison et tomba sur un drôle de spectacle.
Un grand traîneau en bois, attelé de huit rennes, se trouvait dans la clairière. Un étrange bonhomme vêtu de rouge se hâtait de ramasser des paquets-cadeaux déchirés et des dizaines de jouets éparpillés dans la neige, la plupart cassés ou trempés.
Quand le bonhomme vit la fée, il devint aussi rouge que son vêtement.
– Oh, bonjour mademoiselle, je suis désolé de…
– Qui êtes-vous ? l’interrompit la fée, curieuse.
– Je suis le père Noël, répondit le bonhomme. Aujourd’hui, c’est le 24 décembre, je distribue des cadeaux à tous les enfants. Mais en survolant la forêt, j’ai heurté la cime d’un sapin et patatras ! Presque tous les jouets sont cassés. C’est une catastrophe !
– Laissez-moi vous aider, s’écria la fée. Ce n’est peut être pas si grave.
Vite, elle se mit au travail. D’un souffle, elle sécha les ours en peluche mouillés, d’un coup de baguette magique, elle leur donna vie :
– Petits ours, écoutez-moi : je vous charge de revisser les têtes de vos amies les poupées.
Et les oursons obéirent.
Pendant que le père Noël réparait le mécanisme des robots qui avaient perdu la parole, la fée recouvrit de mousse et de feuilles tressées les jouets dont le papier cadeau était abîmé.
Elle recolla ensuite avec de la poudre de perlimpinpin les dînettes ébréchées et enfin recousu avec du fil et une aiguille les habits déchirés des poupons. Grâce à elle, le père Noël put repartir.
– Je vous remercie de tout cœur, cria-t-il en s’envolant, je reviendrai vous voir…
Et il disparut avec son traîneau.
La fée écrasa une larme en se disant qu’elle ne le reverrait jamais et rentra chez elle.
Le lendemain, elle fut à nouveau réveillée par un bruit devant sa porte. Sur le seuil se trouvait un petit paquet-cadeau. Il contenait une ravissante bague en pierre des neiges accompagnée d’un mot :
Chère petite fée, je vous aime. Voulez-vous m’épouser ? Signé : le père Noël.
Et c’est ainsi que notre petite fée solitaire devint la mère Noël et la reine du pays des jouets.
Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Evelyne Duverne
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
C’est dans les épreuves que le besoin de réconfort est le plus criant. C’est aussi dans les moments de tristesse et de peine, comme la perte d’un être cher, qu’on apprécie chaque parole, chaque geste et toute la compassion qu’on peut recevoir.
Nous avons besoin de ce temps et de cette sérénité, pour bien amorcer et vivre le deuil dans la plus grande plénitude. C’est un moment dans la vie qui n’est pas facile à vivre mais, avec votre soutien, on peut s’en sortir et passer à travers tout en poursuivant notre chemin.
C’est dans cet esprit que je veux sincèrement remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, nous ont manifesté leur sympathie, lors du décès de ma mère, Lucie. Votre réconfort a été grandement apprécié par toute notre famille.
Nous vous prions de considérer ces remerciements comme vous étant personnellement adressés.
Il était une fois un petit lutin qui vivait tout seul au pôle Sud. Il s’ennuyait terriblement. Un soir, alors qu’il pleurait assis sur son iceberg, la lune apparut dans le ciel :
– Pourquoi pleures-tu, petit lutin?
– Je m’ennuie tout seul. Madame la lune, emmenez-moi.
La lune céda :
– Monte sur mes épaules, je t’emmène dans la savane.
– Merci, s’écria le lutin.
La lune le déposa dans la savane.
– Si tu veux que je revienne, dis mon nom trois fois, petit lutin. Et la lune disparut.
Un vent chaud soufflait et au loin une girafe dormait.
– Oh, je suis sûr que je ne m’ennuierai pas ici, s’écria le lutin.
Mais soudain, il entendit un rire sinistre et vit une énorme hyène prête à bondir sur lui.
– Lune, lune, lune, au secours !
La lune apparut et le petit lutin sauta sur son dos avant de se faire croquer par l’hyène.
– Puisque la savane ne t’a pas plu, je t’emmène dans la jungle. Si tu veux que je revienne, dis mon nom trois fois, petit lutin. Et la lune disparut.
Des gouttes d’eau tombaient des arbres et des singes sautaient de liane en liane.
– Oh, je suis sûr que je ne m’ennuierai pas ici, s’écria le lutin.
Mais soudain, il entendit un sifflement au-dessus de lui. Il leva la tête et vit un énorme serpent prêt à l’engloutir.
– Lune, lune, lune, au secours !
La lune apparut et le petit lutin sauta sur son dos avant de se faire avaler par le serpent.
– Puisque la jungle ne t’a pas plu, je t’emmène à la montagne.
Et ils s’envolèrent. La lune déposa le lutin en haut d’une montagne.
– Si tu veux que je revienne, dis mon nom trois fois, petit lutin. Et la lune disparut.
Il y avait de la neige, partout ! Soudain, le lutin entendit un grondement inquiétant et aperçut un énorme ours affamé.
– Lune, lune… Mais trop tard !
Il trébucha et tomba de la montagne avant d’atterrir, POUF, sur un épais tapis de neige.
Étourdi, il regarda autour de lui : au milieu d’une clairière de sapins se dressait une minuscule maison en bois, décorée de guirlandes et de branches de houx. De la musique et des rires s’échappaient des fenêtres éclairées. Et partout des lutins ! Certains emballaient des jouets, d’autres plus coquins, faisaient de la luge au lieu de travailler et un gros bonhomme habillé de rouge attelait son traîneau déjà chargé de cadeaux.
Trois lutins l’observaient d’un air curieux.
– Où suis-je ? Qui êtes-vous ? demanda le lutin.
– Tu es au pays enchanté du père Noël, expliqua l’un des lutins. Nous l’aidons à fabriquer les cadeaux pour les enfants. Veux-tu nous aider ?
Fou de joie, le petit lutin appela :
– Lune, lune, lune !
Celle-ci apparut, ronde et lumineuse dans le ciel.
– Que veux-tu encore, petit lutin ?
– Vous pouvez continuer sans moi, madame la lune. Ici je serai heureux, merci !
Avant de s’éloigner, la lune sourit et souffla :
– Joyeux Noël, petit lutin.
Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Élizabeth Schlossberg
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Peu avant Noël, en Alsace, saint Nicolas allait toujours faire un tour du côté de l’usine à pain d’épices du petit village de Miam. C’est là qu’on fabriquait les gâteaux de Noël qu’il distribuait aux enfants. Saint Nicolas se rendait à l’usine de Miam pour surveiller la production des pains d’épices mais également, et surtout, pour en croquer un ou deux. Car saint Nicolas était un gourmand.
Or une année, en regardant la gigantesque malaxeuse qui mélangeait la pâte à pain d’épices, saint Nicolas eut soudain envie de goûter à l’appétissante mixture qui tournait sous ses yeux. Profitant de ce que le lutin qui l’accompagnait pour faire la visite ne le regardait pas, il se pencha vers la cuve, le doigt tendu, pour tenter d’en attraper un peu. Il se pencha, se pencha, se pencha en avant… et disparut !
Lorsque le lutin se retourna, saint Nicolas n’était plus avec lui. Il chercha sous les machines, entre les machines, dans les machines… Il n’était nulle part !
– Aïe ! Aïe ! Aïe ! J’ai perdu saint Nicolas ! se lamenta-t-il. Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé !
C’est alors que les machines de l’usine se mirent à clignoter comme des guirlandes. Peu après, les moteurs commencèrent à ronronner comme s’ils fredonnaient des chants de Noël. Les pistons claquèrent de plus belle, la malaxeuse accéléra d’un seul coup. Toute l’usine fumait et crachait des airs de Noël.
Paniqué, le lutin courait dans tous les sens pour tenter d’arrêter ce tintamarre. Et puis, soudain, ce fut le silence. Les machines s’arrêtèrent à l’exception du tapis roulant sur lequel arrivaient d’ordinaire les sujets en pain d’épices. En s’approchant, le lutin ouvrit de grands yeux étonnés.
– Oh ! la, la ! se lamenta-t-il. La machine a transformé saint Nicolas en gâteau !
En effet, des milliers de petits saint Nicolas en pain d’épices défilaient sur le tapis.
– Qu’en penses-tu ? dit une grosse voix dans le dos du lutin.
Le petit bonhomme se retourna et tomba nez à nez avec… saint Nicolas ! Il souriait de toutes ses dents, un petit bout de pâte à pain d’épices accroché dans sa barbe.
– J’ai trouvé que j’avais une tête à croquer ! dit-il en riant. Tu n’es pas d’accord ? Ça méritait bien un petit miracle ! ajouta-t-il.
En disant cela, saint Nicolas attrapa l’un de ses portraits en pain d’épices et croqua dedans.
– Mmm ! Délicieux ! Les enfants seront ravis.
Depuis ce jour, tous les enfants d’Alsace trouvent dans leurs chaussures, un petit saint Nicolas… en pain d’épices.
Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Carine Sanson
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Les funérailles de maman seront célébrées ce jeudi, 8 décembre, à la Coopérative funéraire de la Rive-Sud de Montréal, 635 boulevard Curé-Poirier ouest, Longueuil.
La famille y recevra vos condoléances entre 13h00 et 17h00 en présence des cendres, suivi d’une liturgie de la Parole, à la chapelle de la maison funéraire.
Des dons peuvent être faits à sa mémoire, à la Société canadienne du cancer, à la Société d’Arthrite ainsi qu’à la Société d’Alzheimer.
Seules au pied du grand sapin, les bottes marron s’ennuient. Mais soudain…
– Salut !
Les bottes marron n’en croient pas leurs oreilles. Les bottes du père Noël qui leur parlent !
– Pourquoi êtes-vous si tristes, demandent les bottes du père Noël.
– On s’ennuie à mourir, répondent les bottes marron. Mais vous non plus vous n’avez pas l’air très en forme.
– Nous sommes épuisées, avouent les bottes du père Noël. Cette tournée nous fatigue.
Les deux paires de bottes se regardent. Elles viennent d’avoir une idée. Pourvu que le père Noël soit d’accord…
Heureusement, le père Noël est un brave homme : il n’y voit aucun inconvénient. Alors, en moins d’une seconde. Les bottes échangent leur place. Le père Noël enfile les bottes marron, tandis que les bottes noires se glissent sous le sapin pour faire une bonne sieste !
– Bon voyage, disent les bottes noires en bâillant, les yeux déjà lourds de sommeil.
– Reposez-vous bien, répondent les bottes marron toutes excitées.
Les bottes noires n’ont rien entendu. Épuisées, elles ronflent déjà doucement ! Pour les bottes marron, en revanche, c’est le début de l’aventure !
Aux pieds du père Noël, les voilà qui grimpent dans la cheminée et arrivent sur le toit.
– Aaaah, hurlent-elles, car elles ont un peu le vertige.
Heureusement, le père Noël les rassure et, dès qu’elles sont dans le traîneau, les bottes marron oublient aussitôt leur peur. Là, en dessous d’elles, tout est si beau ! Les toits sont recouverts de neige. Les guirlandes scintillent dans les maisons et les jardins. Les sapins sont magnifiquement décorés. Quel spectacle ! Et quel fou rire aussi ! Car à l’arrêt suivant, les bottes marron font leur premier tour de toboggan dans la cheminée immense d’une maison. C’est si rigolo de glisser dans le noir. Elles ont l’impression d’être à la fête foraine !
Tout est si nouveau et si amusant que les bottes marron ne voient pas le temps passer. Elles ne sentent pas non plus la fatigue. Au petit matin, lorsque le père Noël revient les déposer au pied du sapin et récupère ses vraies chaussures, les bottes marron, fourbues, s’endorment aussitôt !
Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Marie Quentrec
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Un policier de Bromont a payé de sa vie, une simple intervention de routine, lorsqu’il a été mortellement par un camion cube qui doublait les voitures immobilisées en bordure de la route. Même si la fatalité a accompli son tragique destin, avec un peu de prévoyance de notre législateur, l’accident aurait pu être évité. Pourquoi faut-il toujours attendre qu’il y ait des victimes pour agir et prévenir le danger, au Québec ?
Depuis longtemps, dans plusieurs états américains et quelques provinces canadiennes, lorsqu’un véhicule de service ou d’urgence intervient sur l’accotement d’une route ou d’une voie publique, les automobilistes doivent obligatoirement ralentir et se déplacer d’une voie de circulation, afin de laisser tout l’espace nécessaire pour que l’intervention se déroule de façon sécuritaire. C’est une simple question de logique et encore plus dans des zones où la vitesse est élevée.
Maintenant qu’il y a eu mort d’homme, on se penchera sur les causes et la façon de prévenir que cela ne se reproduise. Peut-être en viendra-t-on à la conclusion que j’énonçais plus haut. Mais en bout de compte, le tribut est lourd à porter. À l’ère où la santé et la sécurité au travail alimente les campagnes préventives, on avait oublié celle-là. C’est un geste que nos policiers posent et répètent des milliers de fois par jour sur leurs territoires et je suis persuadé qu’ils se sont sûrement questionnés sur leur propre sécurité. Les gestes routiniers nous font baisser la garde et c’est pourquoi il faut prévoir l’imprévisible.
Alors automobilistes je vous le dis, soyez vigilants et lorsque vous doublerez une voiture de police ou de service sur le bord d’une route, gyrophares activés, ralentissez, changez de voie et laissez-lui de l’espace… Avant même que cela devienne une obligation !
Ce matin-là, à quelques jours de Noël, le père Noël reçut une drôle de lettre :
« Cher père Noël,
Je t’ai déjà écrit une lettre avec ma liste de cadeaux, mais aujourd’hui, il est arrivé une catastrophe : Ma petite sœur Camille a perdu son doudou Lapinou et le cherche partout. Elle est très triste ! Alors, s’il te plaît, père Noël, peux-tu essayer de le retrouver et le lui apporter pour Noël ?
Merci beaucoup,
Tristan. »
Au début, le père Noël rouspéta un peu !
– Oh, ces enfants exagèrent ! À cette époque de l’année, j’ai autre chose à faire que me jeter à la poursuite de doudous égarés…
Mais, ému par le chagrin de Camille, il n’hésita pas longtemps. Il lança un grand avis de recherche de Lapinou et il envoya deux lutins détectives pour enquêter sur sa disparition.
Les lutins interrogèrent les témoins : Piaf le moineau et Gaston le chat du quartier. Ces deux-là savaient toujours tout ce qui se passait.
– J’ai vu Lapinou tomber du sac de Camille, chanta Piaf.
– Et moi, miaula Gaston, je l’ai vu se faire emporter jusqu’à la bouche d’égout.
Vite, vite, les lutins coururent jusqu’à la bouche d’égout. Pas de Lapinou !
– Saperlipopette, s’écrièrent les lutins, comment le retrouver maintenant ?
Heureusement, la lune avait lu l’avis de recherche du père Noël. Elle appela les lutins :
– Lutins, j’ai vu le lapin que vous cherchez : il voguait sur la rivière pas plus tard qu’hier !
Vite, vite, les lutins coururent au bord de la rivière. Pas de Lapinou !
Les lutins interrogèrent la rivière qui leur répondit :
– Oui, je me souviens de ce lapin. Il s’est échoué un peu plus loin, là-bas, près des arbres.
Vite, vite, les lutins coururent… Et trouvèrent Lapinou, mais dans quel état ! Il était tout mouillé, tout déchiré et tremblant de froid. Ile le ramenèrent chez le père Noël le soir de Noël.
Quand ce dernier vit le doudou, il s’écria :
– Mais je ne peux pas l’apporter comme ça à Camille !
Alors, la mère Noël le gronda gentiment :
– Laisse-moi faire et va finir de te préparer !
Elle fit prendre un bon bain chaud à Lapinou qui claquait des dents et le frictionna entre les oreilles pour le réchauffer et bien le nettoyer. Puis elle l’enveloppa dans une grosse couverture et lui prépara une bonne soupe de carottes. Ensuite, elle répara tous ses accrocs, et elle posa une petite pièce sur sa patte. Lapinou était prêt ! Il sentait bon le savon de Noël et il était flambant neuf ! La mère Noël le déposa dans la botte du père Noël et celui-ci le glissa sous le sapin de Tristan et Camille dans la nuit. Quelques jours plus tard, le père Noël reçut une nouvelle lettre :
« Cher père Noël,
Je te remercie de tous les beaux cadeaux et pour avoir retrouvé le doudou de ma sœur. Camille était très heureuse.
Elle ne l’a plus quitté et l’a traîné dans toute la maison.
Maintenant, il est tout poussiéreux et Camille l’aime comme avant !
Tristan.»
Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Élizabeth Schlossberg
Source :24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Maman a rendu son dernier souffle cette nuit, à 3h55, en douceur et endormie dans un profond coma. La maladie aura eu raison de ses dernières forces. Pour la famille c’est une délivrance que le Seigneur nous ait écouté afin d’arrêter ses souffrances et l’accueillir auprès de lui dans une nouvelle vie éternelle qu’elle croyait.
Elle crée déjà un immense vide dans nos cœurs mais, de là-haut, elle pourra nous guider dans la poursuite de notre chemin avant de la rejoindre. Bon voyage maman et profite de ta nouvelle vie que tu mérites amplement. Tu ne seras pas seule puisque tu retrouveras tous ceux et celles qui t’ont précédé auprès du Père et qui t’attendaient avec impatience. Jette un coup d’œil sur papa et on fera le reste de notre côté. Je t’aime encore plus maman, maintenant que tu es parmi les anges.
Maman nous dirait sûrement…
« Ne pleurez pas. Ne pleurez pas si vous m’aimez, je suis seulement passée dans la pièce à côté. Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné, et parlez moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi. Que mon nom soit prononcé comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié. Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée ? Simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends. Je ne suis pas loin. Juste à la croisée des chemins. Vous voyez, tout va bien. »
P.S. : Le détail des obsèques vous sera diffusé sur ce blogue lorsqu’ils seront connus.
De plus en plus affaiblie par le cancer qui a évolué malicieusement au cours des dernières semaines, maman se retrouve à l’hôpital depuis dimanche, en soins palliatifs. Elle ne s’alimente presque plus et sa médication a été interrompue. Nous la veillons constamment et à tour de rôle pour qu’elle puisse voir et sentir notre présence à ses côtés. Elle est toujours consciente même si les périodes de confusion et de sommeil se multiplient. Elle reçoit de bons soins afin de lui permettre d’atténuer ses douleurs.
Les émotions se vivent chacun à sa manière et même si on ne s’y habitue jamais, c’est péniblement dur de constater les dommages que cette implacable maladie peut laisser. Nul ne connaît son destin et même si c’est sans issue, il faut garder espoir et demander que son Créateur la libère de ses souffrances. C’est ce que je lui souhaite de tout mon cœur.