La grande fête de Noël est synonyme de réjouissance. Chez les chrétiens, c’est la naissance de Jésus, une nouvelle vie, un nouvel espoir. C’est une occasion de se retrouver en famille, entre amis, autour d’un bon repas à partager. Les cadeaux font aussi parti du rituel. Mais bien plus que cela, c’est aussi une fête qui expose cruellement la tristesse des autres. C’est bien souvent l’occasion de montrer au monde nos différences tant du côté de la richesse, de l’abondance et de la santé que ceux et celles qui en sont dépourvus.
On passe tantôt de la joie à la désolation. Dans un monde idéal, tous devraient profiter de ces instants d’allégresse pour célébrer généreusement. Hélas, ce n’est pas le cas et les médias nous le rappellent inlassablement dès les premiers jours de décembre; la guignolée, les levées de fonds, les paniers de Noël en sont de beaux exemples. Personne ne voudrait passer Noël dans la solitude et c’est ce qui pousse les gens à être généreux. Même si les besoins sont criants, c’est encore à Noël qu’on s’y sensibilise le plus.
Depuis quelques semaines, des histoires nous sont racontées par les médias. Certaines sont joyeuses et gaies alors que d’autres nous frappent en plein cœur, surtout celles des enfants malades, abandonnés ou abusés. Des histoires à vous serrer le cœur, à mouiller les yeux quand ce n’est pas à faire pleurer. Dans ces moments, on sent réellement un courant de générosité et on se dit qu’il y a encore du bon monde dans cette société ou tout va trop vite sans qu’on ne prenne le temps de s’arrêter, de voir et d’apprécier.
C’est ma période de l’année où j’aime lire ces récits jusqu’au bout même si j’en ai des motons dans la gorge avec un petit papier-mouchoir pas très loin. Cette semaine on a eu droit aux enfants de la DPJ et leurs inexplicables histoires d’horreur. L’avenir de notre société laissé à elle-même. Comment en sommes-nous arrivés là? C’est réconfortant de constater combien de personnes y mettent l’énergie et les sous pour rendre ces enfants heureux et souriants, ne serait-ce que quelque temps. Des personnes qui, devant tant de souffrances, prennent le bâton du pèlerin pour apporter du réconfort à des jeunes qui n’ont pas demandé à être ce qu’ils sont devenus. Ils ont soif d’amour et très souvent envers leurs parents qu’ils ne voient que très rarement et dans certains cas, jamais.
Un qui m’a particulièrement chaviré le cœur hier matin, c’est Réjean Tremblay, auteur et commentateur sportif bien connu, qui a pondu de sa plume magique, un des plus beau conte de Noël dans les pages du Journal de Montréal, qu’il m’ait été donné de lire. L’histoire d’un petit garçon, atteint de leucémie et qui vit ses derniers mois de vie en Floride avec ses parents… Une histoire qui se termine par un miracle et dont j’ai dû relire certains paragraphes parce que ma vue se noyait. C’est à la lecture de récits de cette nature, qu’ils soient véridiques ou de pure fiction, qu’on prend conscience des vraies valeurs qui devraient toujours nous guider; celles de l’entraide, du partage et de l’amour des autres. C’est ce que je nous souhaite en cette veille de Noël.
L’organiste de l’église ne cache pas son excitation. Ce soir, c’est la messe de Noël et tout doit être parfait, de son costume impeccablement repassé à la justesse des notes qu’il va jouer. Il a le temps de répéter et il s’assoit sur son tabouret pour se mettre à jouer. Mais à sa grande surprise, aucun son ne sort de l’instrument !
– Comment est-ce possible ? s’écrit-il, stupéfait.
Et il fait à nouveau courir ses doigts sur les touches. Mais lorsque l’orgue reste aussi muet qu’une carpe !
Il inspecte le clavier, examine la tuyauterie, vérifie la soufflerie… Et là, que voit-il ? De minuscules crottes de souris. Elles ont mangé le soufflet, Quel toupet !
– Une messe de Noël sans musique, c’est comme un Père Noël sans sa hotte ! s’exclame-t-il. Si l’orgue fait le ronchon, tant pis, je vais jouer du violon.
Il se saisit alors de l’instrument dont il n’a pas joué depuis dix ans. Les cordes grincent, et Mon beau sapin tourne vite à Mon beau chagrin…
L’organiste ne se laisse pas décourager. Il revient avec un tuba et, confiant, entonne l’air d’Il est né le divin enfant. Mais de cet instrument, il n’en a pas joué depuis vingt ans. Et le divin enfant tourne vite au divin éléphant : POM POM POM POMPOM…
Bientôt son tintamarre désespéré ameute les souris. Voyant l’organiste désemparé, les fautives sont prises de remords.
– Ne vous inquiétez pas, les chants de Noël sont comme des ritournelles, dit la souris en chef. On les entend chaque année, on va vous accompagner.
Et elle ordonne à toute la troupe de se mettre en rang.
– Mozart, cesse de renifler. Et toi, Berlioz, jette-moi ce chewing-gum !
L’organiste en reste bouche bée.
– Nom d’un petit bonhomme, je dois rêver !
Une des souris se met à siffler un si, puis une autre un ré, une troisième un sol, et ainsi de suite…
– Plus besoin de clavier ! lance l’organiste, émerveillé.
Pendant la messe, cachées dans la tuyauterie, les souris sifflent leurs notes avec entrain. Et l’organiste fait semblant de jouer sur le clavier. L’assemblée, elle, n’a rien remarqué et elle félicite le musicien pour sa virtuosité. Ni lui ni les souris ne soufflent mot de leur duo. Chut, ce sera leur secret. Et, foi de musiciens, ils recommenceront l’an prochain.
Histoire de Fabienne Onfroy
Illustration de Marie Quentrec
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Ce dernier conte de Noël termine la série pour cette année. Merci de votre appréciation et de votre lecture assidue. N’oubliez pas de rester sages parce que si c’est le cas, d’autres contes de Noël vous reviendront en décembre prochain.
C’est un petit sapin tout en haut d’une montagne blanche. Un sapin tellement petit que tout le monde se moque de lui. Un sapin tellement gelé qu’il ne fait qu’éternuer !
– Tu es riquiqui comme un pissenlit, ricane l’épicéa géant.
– Tu es aussi minus qu’une puce, s’esclaffe le mélèze balèze.
– Atchoum ! fait le petit sapin.
En secret, il s’entraîne à grandir : il agite ses aiguilles, il tortille ses branches, il étire son tronc.
– Rien à faire, je suis toujours aussi petit, soupire-t-il en baissant sa tête pointue.
Un jour, cinq petits lutins grimpent sur la montagne. Ils tirent une grande luge en chantant Eh hi ! Eh oh ! Un sapin, il nous faut !… Eh hi ! Eh oh ! C’est là notre boulot !
– C’est sûrement moi qu’ils viennent chercher, dit fièrement l’épicéa géant.
– Non, c’est moi. Tu sais que je suis le plus grand ! se vante le mélèze balèze.
– Atchoum ! fait le petit sapin.
Les cinq lutins s’arrêtent tout net :
– Qui a éternué, c’est toi Léa ? demande Léo, le premier lutin.
– Non, c’est plutôt Noé, répond Zoé, le deuxième lutin.
– Ça venait de ce côté, dit Téo, le dernier lutin.
– Atchoum ! fait le petit sapin.
Les cinq lutins aperçoivent alors le petit sapin :
– Eh hi ! Et ho ! Ce sapin est très beau ! Eh hi ! Eh ho ! Mettons-nous au boulot !
Ils s’arrêtent au pied des trois arbres et sortent des pelles de leurs sacs à dos. Délicatement, ils déterrent le petit sapin, l’installent dans un pot et le fixe sur leur luge. Alors le mélèze balèze et l’épicéa géant lui disent au revoir du bout de leurs branches.
– Et maintenant, en avant pour la grande descente !
Les cinq lutins grimpent sur la luge qui glisse à toute allure sur les pentes de la montagne. Le petit sapin n’a jamais fait cela de sa vie. Comme il va vite !
Lorsqu’il arrive au bout de la grande descente, il est un peu sonné. Tous les lutins de la montagne l’entourent et commencent à le décorer : une pomme de pin par-ci, une orange par-là, puis un joli ruban de satin rouge et tout en haut, une étoile qui brille !
– Atchoum ! fait le petit sapin.
– Ce sapin est vraiment gelé, pensent les lutins qui ont soudain une idée !
Et le 25 décembre, le petit sapin trouve pour son Noël une belle écharpe en laine tricotée par Léa, Léo, Téo, Noé et Zoé ! Une écharpe mauve et argentée qu’il n’a plus jamais quittée.
Si vous partez en montagne, regardez bien, vous verrez peut-être ce petit sapin !
Histoire de Florence Vandermarlière
Illustration de Claire Legrand
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
La témérité au volant
Ainsi donc, l’alcool n’est plus la principale cause des accidents mortels chez les jeunes. Ce serait leur témérité et je crois que c’est en effet le cas. Ils font comme dans leurs jeux vidéos; ils sont invincibles puisqu’ils profitent de nombreuses autres vies pour établir des points records. Le phénomène se répand partout; téméraire un jour, téméraire toujours ! Rendus adultes, certains de ces conducteurs deviendront des routiers; des professionnels de la route.
En feuilletant le journal d’hier, on pouvait y voir des mastodontes en plein champs, victimes de sorties de route. Comment certains de ces conducteurs professionnels peuvent se retrouver en plein champ, n’ayant pas été capable de rester sur la route. J’appelle ça de la témérité aussi. Ils se sentent invincibles dans ces monstres d’acier surdimensionnés et lourds. Pourtant, leur expérience devrait prévoir l’imprévisible. Leur témérité les amène à suivre de trop près et de provoquer l’inévitable. On voyait rarement pareil comportement chez les routiers de jadis. J’aimerais qu’on m’explique.
Manifester en anglais
Hier rue Crescent, La belle Virginia Fort manifestait pour le végétalisme, en sous-vêtements aguichants sous un mercure de -2°C pour inciter les gens à ne pas consommer de viandes, principalement durant les festivités des Fêtes. Les cannes de bonbons qu’elle distribuait portaient un message unilingue anglophone recommandant de devenir végétalien.
C’est clair que ce message visait seulement les anglos du grand Montréal puisque le français était totalement absent des pancartes. En fait, c’était pas très important puisque ce sont plutôt les courbes de la belle qui attiraient l’attention et probablement que personne n’a même pris la peine de lire ce qui était écrit. L’OQLF ??? C’est qui ça ?
Enfin l’abolition des primes de départ
Le ministre Bernard Drainville veut abolir les généreuses primes de départ remises aux députés démissionnaires en cours de mandat. Il était temps que quelqu’un ait seulement eu l’idée. Reste à savoir si l’Assemblée nationale acceptera le projet de loi. En tout cas, il a toute mon admiration pour cette initiative. Bizarre que les commentaires se fassent rares venant des députés. Curieusement, Jean-Marc Fournier se fait discret de même que François Legault. Madame Marois a déjà renoncé à sa future prime de départ. Un fait demeure; c’est rafraîchissant d’entendre cela, alors que la mode est aux retours en politique après avoir bénéficier de généreuses primes de départ pour les aider à encaisser le choc de leurs décisions.
Où est Guy Turcotte ?
Probablement que ce nouveau «livre» fera fureur. C’est plus amusant que Où est Charlie. À l’Épiphanie, c’est le sujet de l’heure depuis que quelqu’un l’a vu rôder dans les parages. C’est la paranoïa ! C’est juste si les internautes ne se servent pas de Google Earth pour le trouver. Les réseaux sociaux continuent de cracher leur venin et leur vengeance verbale dépasse l’entendement. En lisant les propos de certaines personnes, ils sont aussi, sinon plus violents que l’individu lui-même et les pires braves restent ceux qui se cachent derrière un pseudonyme. Ces réseaux sociaux servent à de belles choses mais elle cachent aussi des crapules.
Qu’on le veuille ou non, il faut reconnaître qu’il a été jugé devant ses pairs, selon notre système de justice et qu’en conséquence il est libre de circuler où bon lui semble. Le même système judiciaire qui nous régit tous. Ce n’est pas ce problème qu’il faut régler, mais les lois qui l’ont amené.
Il était une fois un petit gitan appelé Matéo. Avec ses parents, il vivait sur les routes, parcourant les pays et s’arrêtant ici et là pour donner des spectacles. Un hiver, la neige encombrait tant les chemins que leur roulotte resta bloquée dans un village au nord de l’Italie.
C’était la veille de Noël. Matéo décora son petit sapin et suspendit, à la porte de sa roulotte, la chaussette de laine où le Père Noël viendrait déposer ses cadeaux. Mais quand, au matin, il courut vers sa chaussette, elle était vide ! Matéo se laissa tomber dans la neige en pleurant. Il se sentait si seul. Il n’avait pas d’ami et même le Père Noël l’oubliait !
Il entendit alors une drôle de voix grinçante :
– Pourquoi pleures-tu mon garçon ?
Devant lui se tenait une très vielle dame couverte de haillons noirs, avec un chapeau pointu sur la tête et un gros sac sur le dos. Elle avait un menton crochu, des doigts griffus et une verrue sur le nez. Elle faisait peur à voir ! Pourtant, Matéo ne regarda ni ses haillons, ni ses griffes, ni ses rides, mais juste ses yeux malicieux.
– Je pleure parce que je n’ai pas d’ami. Les autres enfants ne jouent jamais avec moi. Ils me fuient ou se moquent de moi.
Le visage de la vieille dame s’éclaira d’un grand sourire.
– Je t’ai entendu, Matéo, dit-elle, puis elle disparut.
Comment connaissait-elle mon nom ? Pourquoi avait-elle disparu comme par magie ? Ce devait être un rêve !
Matéo partit vers la forêt qui bordait le village. Soudain, une boule de neige atterrit sur son bonnet. Il se retourna et vit une petite fille aux longs cheveux bouclés :
– Je m’appelle Luciana, j’habite seule dans la forêt avec mes parents. Tu veux jouer avec moi ?
Quand, un peu plus tard, Matéo raconta à Luciana que le Père Noël l’avait oublié, la fille éclata de rire :
– C’est normal ! Ici, en Italie, ce n’est pas le Père Noël qui passe, mais la Befana !
– La Befana ?
– Oui, c’est une vieille sorcière. Tout le monde a peur d’elle car elle est très laide. Elle porte un gros sac rempli de charbon qu’elle distribue aux enfants capricieux. Mais moi, je l’aime bien, elle m’apporte toujours de jolis cadeaux.
Matéo sut alors qu’il s’était trompé. Cette année, il avait reçu pour Noël le plus beau cadeau dont il pouvait rêver : une amie. Et de ce jour où il rencontra la Befana, il ne se sentit plus jamais seul au monde.
Histoire d’Emmanuelle Lepetit
Illustration de Stéphanie Ronzon
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Demain matin, c’est Noël. Gaspard est allongé sous sa couette qui, elle, somnole déjà. Dehors, il devrait faire nuit noire, mais des flots de lumière passent au travers des rideaux de la chambre. Des milliers d’étoiles brillantes éclairent le ciel et empêchent Gaspard de s’endormir. Or, sa maman l’a prévenu, le Père Noël ne passe pas pour les enfants réveillés. Il faut absolument que le petit garçon trouve un moyen de faire disparaître toutes ces lumières du ciel…
Il attend que ses parents soient couchés et sort de la maison à pas de loup, bien décidé à éteindre les étoiles. Dehors, il s’assoit sur un petit tronc d’arbre frileux et cherche une idée. Il regarde la lune, ce gros bouton doré posé très haut dans le ciel. C’est forcément le moyen d’éteindre toutes les étoiles d’un seul coup !
Mai debout sur la pointe des pieds, Gaspard est loin de pouvoir l’atteindre. Et même s’il réussissait à grimper sur le plus grand des peupliers, il serait encore trop petit…
Derrière deux maisons assoupies l’une contre l’autre, il aperçoit soudain le Père Noël qui lance des poignées d’étoiles ! Surpris de le voir, Gaspard lui demande :
– Pourquoi est-ce que tu jettes toutes ces étoiles qui m’empêchent de dormir ?
Le Père Noël lui répond doucement :
– Je vais te dire un secret : mes rennes ont peur du noir ! Et puis je dois leur éclairer la route pour qu’ils n’oublient personne !
Et tandis qu’il enfourche son traîneau, le Père Noël ajoute dans un clin d’œil :
– Tu sais, chaque enfant a sa bonne étoile. Tu devrais en adopter une. Elle veillerait sur toi pour que tu t’endormes vite !
De retour dans sa chambre, Gaspard ob serve les étoiles. Il en choisit une toute petite, très discrète, en espérant qu’elle acceptera de l’aider à dormir.
Cette étoile est si minuscule qu’elle pensait ne jamais être choisie. Émue, elle s’approche de la fenêtre, et grossit, grossit, jusqu’à emplir la chambre de sa lumière.
Gaspard sent alors un tout petit bizou sur son nez. C’est sa maman qui le réveille : il fait grand jour. Vite , il se précipite dans le salon pour voir si le Père Noël ne l’a pas oublié. Et près de la cheminée, il découvre des cadeaux recouverts d’étoiles scintillantes. Alors Gaspard leur sourit car il sait maintenant d’où elle viennent : De la poche du Père Noël !
Histoire de Marie Petitcuénot
Illustration de Quentin Gréban
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Encore une fois, la facilité à se procurer des armes aux États-Unis, à travers la folie d’un détraqué, aura fait 27 victimes, dont vingt innocents bambins. Vingt martyrs, à la veille de célébrer des moments magiques avec Noël qui approche. Un tel massacre ne se qualifie pas. Il se vit avec toute son atrocité et son incompréhension, dans une pluie de questions qui, avec toutes les analyses qui seront faites, ne feront jamais la lumière sur le véritable dessein du tueur. Lui-même, âgé de seulement vingt ans, aura décidé de se suicider et d’apporter avec lui ses raisons. Finalement pour constater son carnage et décidé d’en finir, il ne devait pas être si fou.
On aura beau soulever toutes les hypothèses de ce geste diabolique, ça demeure un profond questionnement sur notre Foi chrétienne. Comment le Tout-Puissant, infiniment bon et infiniment aimable peut permettre que la terre s’écroule pour les familles des victimes. C’est une épreuve sans mot, qui anéantie littéralement. Pourquoi ? Dans notre monde mortel, c’est un signal de plus, que le législateur américain doit changer les lois en matière d’armes à feu et faire en sorte d’exercer un contrôle sévère sur celles-ci, n’en déplaise aux puissants lobbyistes. Dans les pays totalitaires, c’est commun de voir des soldats, en pleine rue, porter des armes, mais dans notre société nord américaine nous n’y sommes pas habitué alors imaginez dans une école. Elles sont des cibles de choix pour un malade en soif de vengeance et l’histoire se répète depuis près de quinze ans. Les enfants c’est notre avenir et ces déments nous en privent cruellement.
On nous apprend que la mère de l’ignoble assassin était une passionnée des armes, on se demande bien dans quel but. Comment, des citoyens normaux peuvent courir les foires d’armes qui se tiennent un peu partout chaque fin de semaine, pour se porter acquéreurs de fusils d’assaut ? Il faut être un peu beaucoup dérangé. Dans l’hécatombe de Newtown, l’assassin était autiste, donc une bombe à retardement, équipé d’un tel arsenal. On l’a jeté dans la gueule du loup, on la provoqué, on lui a simplement donné ses outils de destruction massive. Triste réalité !
L’horreur incompréhensible à frappé ce vendredi, comme à Columbine en 1999, Virginia Tech en 2007 et autres institutions d’enseignement. Malheureusement, elle frappera encore tant et aussi longtemps que les armes continueront de circuler librement comme une lettre à la poste. Quant on s’attaque à nos enfants dans nos écoles, ces innocentes victimes qui servent de chair à canon, on a de sérieuses questions à se poser. Le président Obama n’a pu contenir ses larmes devant l’incompréhensible mais il faut plus que ça, parce que la folie des hommes frappera encore et encore.
Je fais le souhait que de là-haut, les vingt nouveaux anges fassent en sorte d’éclairer de leur lumière, ceux et celles qui voudront et feront changer les choses et permettre à nos descendants de jouir d’une vie plus longue que leur passage très éphémère sur cette terre.
Sur l’étendue blanche du Grand Nord, un petit point noir file comme le vent. C’est Kilia, l’Esquimaude sur son traîneau.
– Cours, Flocon ! crie-t-elle à son chien.
Elle pense au mot qu’elle a laissé à ses parents avant de quitter l’igloo : Ne vous inquiétez pas, je pars chercher la maison du Père Noël.
Tous les ans, Kilia veille la nuit du 24 décembre pour rencontrer le Père Noël. Mais chaque fois, elle s’endort. Cette année, ça ne se passera pas comme ça !
Toute la journée, Flocon court à perdre haleine. Kilia scrute l’immensité à la recherche d’un petit toit sombre. En vain. Et peu à peu, la nuit tombe et la tempête se lève.
– Cours Flocon ! encourage la fillette. Mais soudain, le traîneau se renverse et l’attelage se casse.
– Tant pis, continuons à pied !
Kilia se met en marche, ses bottes s’enfoncentdans la poudreuse jusqu’aux cuisses. Elle avance de plus en plus lentement… puis plus du tout. Il y a trop de neige. Elle ne sait même plus où elle s’en va.
– Nous sommes perdus, Flocon ! sanglote-t-elle.
Autour d’elle, des milliers de flocons virevoltent dans la nuit.
– Nous sommes perdus, petits flocons, répète Kilia en pleurant.
Mais tout à coup, il lui semble que les flocons deviennent transparents et qu’ils dansent différemment. Alors la fillette reprend :
– Aidez-nous, petits flocons.
Aussitôt, les étoiles de givre s’arrêtent de tomber et flottent autour d’elle en formant une ronde. Au centre de chaque étoile, Kilia voit surgir une minuscule fée ailée. Et bientôt, la voici entourée de milliers de fées de la neige aux ailes virevoltantes. Qu’elles sont belles !
La ronde des fées se rapproche de Kilia et, tout doucement, la soulève dans les airs. La fillette se laisse porter dans la nuit en tenant son chien serré entre ses bras.
Boum ! D’un seul coup, les fées les ont lâchés. Kilia et Flocon sont tombés sur un gros tas de neige. Au sommet, un trou laisse échapper un léger panache de fumée.
– Mais c’est la maison du Père Noël ! J’avais oublié qu’elle est couverte de neige… La seule entrée, c’est donc la cheminée.
Et aussitôt, Kilia s’engouffre dans le trou.
C’est ainsi que cette nuit là, elle fit la rencontre du Père Noël. Ce qu’ils se sont dit, nul ne le saura jamais. Mais lorsque le Père Noël raccompagna la fillette chez elle sur son traîneau, elle avait de telles étoiles qui dansaient dans les yeux, que ses parents n’eurent pas le cœur de la gronder…
Histoire d’Emmanuelle Lepetit
Illustration de Stéphanie Ronzon
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Pas très loin d’ici, à Bonita Springs, la famille Flesher déploie ses deux millions de lumières scintillantes, sur sa ferme, pour offrir à la population sa féérie de Noël jusqu’à la fin de décembre. Le tableau, qui nécessite plus de 7 000 pieds de câblage, s’anime avec des structures gonflables, des villages miniatures et les personnages de contes et de bandes dessinées, au grand plaisir des petits et grands. La traditionnelle crèche est mise bien en évidence et on peux se promener sur le site en empruntant un circuit pour ne rien manquer. Il n’y manque que la neige finalement pour le rendre plus réaliste. Ça fait tout de même drôle d’y déambuler en gougounes. Par ailleurs, le stationnement adjacent au site, est gratuit et surveillé par une équipe de bénévoles.
Lise, Gilles, Louise et moi sommes allés y faire un tour hier soir à la tombée du jour, pour apprécier le spectacle qui vaut le détour. Il y a tellement de lumières que l’usage d’un flash n’est pas nécessaire. situé à moins de deux kilomètres à l’est de la sortie 116 de l’Interstate 75, plus précisément sur le Bonita Grande Dr. Le site est ouvert du dimanche au jeudi entre 18h et 21h alors que les samedis et dimanches se poursuivent jusqu’à 22h. L’entrée est gratuite et les dons sont acceptés pour ceux et celles qui désirent encourager l’événement.
Enfin, pour vous mettre l’eau à la bouche, voici un court vidéo que j’ai produit pour l’occasion, en espérant qu’il piquera votre curiosité. Bon visionnement !
Sigrid était de loin la petite fille la plus maladroite de tout le Grand Nord. À un an, en se rattrapant à la nappe de la salle à manger, elle fit tomber tout le couvert. Ce fut sa première maladresse… et la première d’une très, très longue série ! Tant et si bien qu’on la surnomma « Miss Catastrophe ».
Chaque 13 décembre, dans le Grand Nord, les enfants apportent des bougies et des friandises à leurs parents pour fêter la Sainte-Lucie. Hélas ! quand on s’appelle Miss Catastrophe, il est impossible de porter à la fois des bougies et des gâteaux sans faire de bêtise.
Une année, Sigrid brûla les friandises avec les bougies. Une autre fois, elle s’étala de tout son long dans les petits gâteaux. Mais le jour où elle faillit mettre le feu à la maison en faisant tomber la bougie qu’elle portait, ses parents décidèrent de ne plus fêter la Sainte-Lucie. C’était beaucoup trop dangereux ! La maison de Sigrid était donc la seule où personne ne s’amusait ce jour-là.
C’était si triste qu’à l’âge de six ans, Sigrid décida de faire quelque chose. La veille de la fête, elle s’enferma dans sa chambre et réfléchit, réfléchit, réfléchit… jusqu’à ce qu’elle trouve enfin une idée.
Le lendemain, ses parents étaient assis dans le salon lorsque Sigrid apparut.
– Joyeuse Sainte-Lucie ! leur cria-t-elle.
Aussitôt, sa maman se leva, prête à intervenir en cas de malheur. Mais à sa grande surprise, Sigrid s’en sortait à merveille. La fillette portait sans difficulté trois bougies et un plateau de friandises.
Sigrid était-elle enfin devenue moins maladroite ? Sans doute un peu. Mais. surtout, elle avait eu une idée de génie : elle avait fixé ses trois bougies sur une couronne de sapins qu’elle portai sur la tête ! Ainsi coiffée elle gardait les mains libres pour porter les gâteaux sans provoquer le moindre désastre !
Depuis, on ne l’appela plus jamais « Miss Catastrophe ».
Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Quentin Gréban
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Il est vrai que toute bonne chose à une fin et voilà que le beau temps qui perdurait depuis la fin du mois d’octobre s’est changé en pluie ces derniers jours. Dame nature, qui ne fait pas les choses à moitié, a décidé de saturer sa végétation assoiffée, par des pluies abondantes. La nuit dernière, il a plu des clous tant l’ondée était violente, je parle bien sûr d’une bonne grosse pluie forte. Ceux et celles qui sont familiers avec la Floride le savent; ici, quand il pleut, c’est assez soudain et dru.
Toujours est-il que depuis lundi, la météo fait des siennes et nous prive de ce beau soleil. En contrepartie, l’humidité est accablante et se maintien au-dessus des 90%. On a dû remettre le golf à jeudi et s’adonner à des sports violents comme la pétanque vous fait suer à grosses gouttes. Mais, nous n’avons pas de neige et comme le dit l’adage, après la pluie le beau temps. Ça recommence demain. Galarneau s’en vient !
Louise assiste toujours à ses soirées de bingo, deux fois par semaine, et ses gains se chiffrent à 91$. Je vais la cueillir avec la voiturette de golf chaque fois, pour sa sécurité. On ne sait jamais… Il n’est jamais prudent de se promener tard le soir, avec de faramineuses sommes d’argent, gagnées aux jeux de hasard.
Présentement, le terrain de camping s’anime aux lumières de Noël. De plus en plus, les gens ornent leur site de belles lumières et certains y mettent le paquet. Franchement, j’en suis le premier surpris de voir comment tout le monde embarque dans le mouvement. C’est probablement parce que la forte majorité des saisonniers viennent du nord et conservent leurs traditions, pour fuir la nostalgie de la famille laissée derrière. Je vous le dit, il ne manque que la neige pour recréer toute la féérie du temps des Fêtes. Tiens, voilà que je fabule. Loin de m’ennuyer des cette substance blanchâtre, tout le reste nous donne quand même l’ambiance et la fébrilité de Noël.
Avec la technologie d’aujourd’hui, les frontières n’existent plus et il est très facile de communiquer avec nos proches. Que ce soit avec Skype, Tango et FaceTime, les jolis minois se racontent comme si nous étions à côté. Chacun son tour. Louise et moi, nous répétons ce que mes parents ont vécu vingt ans plus tôt et dans trente ans, nos enfants voudront peut être emprunter le même chemin et revivre pareille expérience. Qui sait !
Si des compatriotes sont déjà en route pour visiter la parenté au Québec, ou sont sur le point de partir, le contraire est aussi vrai. Nous attendons nos amis québécois qui ont débuté leur compte à rebours, pour venir nous rejoindre et remiser leurs habits d’hiver pour quelques semaines ou quelques mois. On a hâte de les revoir et dans cette attente, nous organisons quelques activités pour célébrer, à travers les palmiers et les poinsettias, notre temps des Fêtes; Souper au restaurant le 24, souper à la salle communautaire le 25 et soirée festive pour enterrer la présente année le 31, toujours à la salle communautaire. Un autre groupe organise un réveillon de partage. Non, on ne s’ennuie pas à Pioneer Village, même que quelques fois il faut s’arrêter pour reprendre son souffle.
Qui a dit que la retraite c’était ennuyeux…? Sûrement pas nous ! Nous sommes privilégiés, tout en étant conscient que ce n’est pas pour la vie. On profite abondamment du temps qui passe. Il n’y a pas meilleure philosophie de vie.
La princesse Cristalline vit au pôle Nord dans un palais de cristal. Comme beaucoup de princesses, elle est adorable mais assez coquine. Et ce jour là, désobéissant à sa mère, la reine des Glaces, elle quitte le palais pour explorer la banquise.
– La glace se casse parfois, lui a souvent dit la reine. Et tu pourrais tomber dans le souterrain maudit de Mégère, la sorcière des mers !
Mais sur son petit traîneau argenté, Cristalline a oublié les avertissements de sa mère.
Tout à coup, CRAAAC, la banquise casse et Cristalline tombe dans un tunnel. C’est affreux, elle est dans le souterrain maudit de Mégère la sorcière ! Et les parois sont si lisses qu’elle glisse de plus en plus vite, pendant longtemps, longtemps…
Terrorisée, Cristalline s’arrête enfin dans une petite pièce blanche. Une vitre pleine de buée laisse entrevoir une ombre et un chaudron. C’est sûrement Mégère. Elle est déjà au courant de la chute de la princesse et elle prépare un bouillon bien chaud pour la manger.
Cristalline se fait toute petite. Elle entend la sorcière grommeler d’une voix grave :
– Pas beaucoup de temps… Humm… Les enfants… Humm Je les aime tant.
Mégère doit avoir grand-faim. Cristalline se recroqueville autant qu’elle peut, mais soudain, catastrophe, elle éternue :
– Atchoum ! Aussitôt Mégère lève une main et mille petites ombres jaillissent de partout.
– Quelqu’un traîne par là. Cherchez donc…
Cristalline ferme les yeux, tremblant de peur. Mais tout près d’elle, une voix chantonne :
– Qu’elle est mignonne ! Tu crois qu’une poupée lui ferait plaisir ? Elle a l’air si effrayée.
Cristalline ouvre les yeux. Dix lutins la contemple avant de détaler en criant :
– Père Noël, on a trouvé une petite fille. Elle est tombée dans le tunnel enchanté !
Le Père Noël arrive aussitôt en souriant :
– Tiens, mais c’est la princesse Cristalline qui a découvert le secret de mon atelier !
Cristalline se frotte les yeux :
– Vous n’êtes pas Mégère ? Vous n’allez pas me manger ?
– Ah, ah, ah !
Le vieil homme rit si fort que les murs de glace s’entrechoquent.
– Il n’y a aucune sorcière ici, foi de Père Noël ! C’est moi qui ai tout inventé pour que personne ne cherche mon atelier. Mais puisque tu l’as trouvé, je t’emmène faire ma grande tournée dans mon traîneau !
Quel merveilleux Noël pour la princesse des Glaces même si, il faut l’avouer, elle a eu ce jour-là la plus grande peur de sa vie !
Histoire de Laurence de Batz
Illustration de Stéphanie Ronzon
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008