Par une température glaciale, voire polaire, nous avons quitté Brossard pour la Floride, à 4 heures du matin. Le mercure indiquait -20°C, sans compter le facteur éolien. Contre mauvaise fortune, j’ai quand même enfilé mes bottes d’hiver et mon chaud manteau, histoire d’être confortable, si un pépin nous arrivait. On connaît ça les pépins, nous autres. Alors aucune chance à prendre.
Finalement tout s’est bien déroulé… enfin presque, puisqu’un camionneur québécois, de la compagnie Trans-West, s’est servi de sa cervelle grosse comme un pois, pour me faire sortir de mes gonds. Je m’explique;
S’il y a une chose que j’ai beaucoup de difficulté à accepter, en conduite automobile, ce sont les conducteurs qui prennent des voies libres pour s’approcher de la file d’attente et se faufiler au tout début… Pus capable! Le sang me fait 25 tours! C’est ce que cet imbécile de chauffeur a fait avec son mastodonte de 53 pieds, sur la US17, 2 kilomètres avant l’embranchement de l’Interstate 95. N’étant sûrement pas intéressé à rester en queue de peloton, il a pris d’assaut la voie de droite pour s’insérer de force, juste devant moi. Je n’étais définitivement pas de taille et j’ai dû, bien malgré moi, lui céder la place, non sans l’avoir agressé d’un retentissant coup de klaxon énergique. Fin de l’histoire!
Mis à part ce fait, pour cette première étape du voyage, le soleil était au rendez-vous une bonne partie de la journée et le thermomètre s’est dégelé rapidement pour atteindre les 4°C en Pennsylvanie. Oh il y a bien eu un petit épisode de neige éparse en Virginie occidentale, mais sans plus de désagrément.
Nous sommes présentement au Days Inn de Petersburg en Virginie, pas très loin de la Caroline du Nord, depuis 21 heures et avec 1321 kilomètres derrière la cravate. On reprend la route ce vendredi matin pour la seconde étape. Je vous laisse apprécier le beau coucher de soleil qu’on a pu admirer, avant que le moule à gaufres de camionneur ne vienne nous emmerder. C’est la photo qui accompagne cet article.
Bonjour Audrey-Anne. Encore ta fête aujourd’hui que tu célébreras comme toujours, avec ta candeur et ton sourire contagieux.
La petite sirène est venue du fond de l’océan, pour te souhaiter beaucoup de plaisir pour tes cinq ans.
Bon anniversaire petite princesse et nous t’offrons, grand-mère et moi, beaucoup de bisous !
XXX
Noël est passé et après les bousculades du boxing day l’heure est au bilan. Qu’est-ce que l’année qui s’achève nous a apporté dans notre quotidien. Les médias en font état à pleine pages et on se rend compte que le temps passe vite, très vite même au point où on a déjà oublié l’actualité des derniers mois.
Essayez de deviner depuis combien de temps, tel ou tel événement est survenu. Vous vous apercevrez rapidement qu’on perd facilement la notion du temps. Ce qui nous apparaît lointain, ne date que de quelques mois, ou vice versa. Le temps passe tellement vite, qu’on à peine à s’arrêter.
Le bilan qu’on en fait nous oriente aussi sur la nouvelle année. Certains prennent des résolutions… pour quelques jours, alors que d’autres rêvent de réaliser leurs projets. Quoi qu’il en soit il faut avoir des ambitions et se répéter que demain sera meilleur : v-i-s-u-a-l-i-s-e-r.
Pour ma part, l’ère est aux changements. À l’aube de la soixantaine, on songe un peu plus aux années qui restent et on veut en profiter au maximum. Louise est maintenant à la retraite et on rêve d’aventures, de découvrir ce qu’on ne connaît pas et qu’on rêvait depuis toujours de concrétiser. Ayant perdu des êtres chers au cours des deux dernières années, on prend plus conscience de la fragilité de la vie et de la volonté d’en profiter pendant que la santé est toujours là. Mieux vaut vivre avec des souvenirs, au moment de nos vieux jours, que de regrets. Malgré ces changements, pas question de faire mourir ce blogue. À l’ère des communications les contacts sont faciles. Je veux vous garder pour moi.
Probablement que nous allons renoncer à la maison pour vivre quelques années en nomades, depuis le temps qu’on rêve de vivre cette expérience. Pas question de s’éloigner de nos proches cependant et des amis, mais les hivers ne sont plus pour nous ce qu’ils étaient et on se doit de protéger nos vieux os. Comme la vie use un peu le body, autant mettre les chances de notre côté et éviter les grandes vagues de froid. On a soif de soleil et de chaleur. Nous faisons partie des snowbirds, comme nos parents l’ont expérimenté auparavant et que nos descendants profiteront peut être, qui sait. C’est la grâce que je leur souhaite.
Et finalement que sera 2012? Peut être la fin de l’existence? Le scénario apocalyptique annoncé pour le 12 décembre prochain? Je n’y crois pas plus que le bogue de l’an 2000, qui devait radicalement changer nos vies. Vous vous rappelez? C’était hier et pourtant, ça fait onze ans! Il faut prendre la vie au jour le jour, profiter pleinement du moment présent et continuer d’entretenir nos rêves. C’est ce que je nous souhaite, tous et toutes.
Quelle agitation! La petite étoile n’a jamais vu ça!
À des milliers de kilomètres en dessous d’elle, il semble se préparer quelque chose de merveilleux. Elle a d’abord aperçu un homme qui aidait sa femme enceinte à s’installer dans une étable. Un peu plus tard, elle a vu des anges sonner de la trompette pour réveiller les bergers. Plus loin, une caravane de trois rois s’est mise en route. Tous se dirigent vers la minuscule étable.
La petite étoile voudrait bien savoir ce qui se passe en bas. Mais de là où elle est, elle ne voit rien. Plusieurs fois, elle change de place dans le ciel pour se rapprocher de la Terre. Rien n’y fait : elle est toujours trop haute! Alors, la petite étoile se penche. Elle se penche, se penche et… Elle a beau battre de tous ses rayons pour tenter de s’accrocher au ciel, elle tombe… jusqu’à la Terre.
La petite étoile a de la chance. Elle atterrit en douceur, sur le dos d’un mouton.
– Que tu es jolie! lui dit une voix douce qui la fait sursauter.
Un jeune berger s’est approché d’elle. Il vient de la voir tomber du ciel.
– Merci, répond-elle en rougissant. Je suis curieuse. J’ai voulu savoir pourquoi il y avait tant d’agitation sur Terre et je suis tombée la tête la première.
– Je suis curieux moi aussi, lui dit le berger. Partons ensemble, tu m’éclaireras.
Le berger et l’étoile se dirigent vers l’étable. Doucement, ils frappent à la porte et entrent. La petite étoile ouvre bien grands ses yeux pour ne rien perdre du spectacle. Là se trouve un adorable bébé qui vient de naître. Il paraît si petit dans la mangeoire où sa maman l’a couché.
– Qu’il est beau! murmure la petite étoile à l’oreille du berger.
– Il s’appelle Jésus, dit le papa.
– Aaah! s’émerveille l’étoile.
Quand le berger et la petite étoile sortent de l’étable, ils se sentent très heureux.
– Merci, dit l’étoile à son nouvel ami. Je n’oublierai jamais cette nuit-là. Mais maintenant, je voudrais rentrer chez moi. Peux-tu me lancer vers les étoiles? Et quand je serai là-haut, je brillerai très fort, rien que pour toi!
Le berger prend son élan et lance de toutes ses forces la petite étoile vers le ciel.
La nuit suivante, lorsque le berger chercha des yeux la petite étoile, elle avait tenu promesse; elle brillait plus que toutes les autres.
C’est depuis cette nuit merveilleuse qu’on l’appelle l’Étoile du berger.
Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Chantal Cazin
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
NDLR: Ce conte de Noël est le dernier de la série pour cette année, rendez-vous en décembre 2012 pour d’autres contes magiques en attendant Noël.
Déjà le 23 décembre et la neige tarde à recouvrir le paysage. Sans être un fanatique de la neige, un Noël vert, n’est pas ce que je préfère le plus. On n’a qu’à se promener aux alentours pour apercevoir les lumières multicolores arriver à peine à éclairer la nuit d’encre. C’est si beau lorsque les lumières scintillent dans une belle poudreuse. C’est presque comme en plein jour! On peut voir très loin! Ça me manque! Je n’en demande pas un pied, seulement quelques pouces pour agrémenter le décor.
Même le père Noël aura beaucoup de difficulté à trouver le toit des chaumières. Comment fera-t-il pour s’y retrouver dans cette noirceur? Sans tapis blanc, il manque cette magie qui crée l’ambiance du temps des Fêtes. Je prie pour que le ciel exauce mon vœu d’un Noël blanc, ne serais-ce que pour nous rappeler nos souvenirs d’enfance. Je me rappelle lorsque nous allions réveillonner à Sainte Agathe, chez Francine et Gaston, dès qu’on se rendait à la messe de minuit, une douce chute de neige avec ses gros flocons, nous remplissait le cœur de joie. C’était magique! L’un n’allait pas sans l’autre et ça donnait le coup d’envoi à toute une nuit de célébration. Heureusement, nous avons pu en profiter quelques années.
Cependant, une fois cette Fête passée, je passe au vert. Dans six jours, nous mettrons le cap vers nos quartiers d’hiver, où l’été règne en roi et maître toute l’année. Je peux tolérer la neige une couple de jours, sans plus. Mes vieux os réclament à grand cris leur part de chaleur et maintenant que Louise et moi sommes à la retraite, autant en profiter parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Comme le dit la chanson La vie est si fragile.
Noël blanc : oui ! Mais après, vive le vert… avec un brin de bleu ciel!
Ce matin de Noël, Thomas ne trouva pas de cadeau sous le sapin. Il crut que le père Noël l’avait oublié. Ses parents essayèrent de le consoler, mais rien ne put adoucir sa peine. En début d’après-midi, Thomas alla tristement faire sa sieste en serrant contre lui son doudou Nono, un petit ours noir avec une tache blanche sur le ventre. Nono attendit que Thomas soit endormi, puis il se faufila hors de la maison. Pas question de laisser Thomas aussi malheureux. Nono trottina jusqu’à la maison du facteur et frappa à sa porte.
– Qui est là? demanda une voix bourrue. Je fais ma sieste. On n’est jamais tranquille!
Et le facteur ouvrit la porte. Il regarda d’un œil noir le petit ours.
– Qui es-tu, toi? Un jouet abandonné? Déjà?
– Je suis Nono, le doudou de Thomas. Thomas a écrit une lettre au père Noël, mais il n’a pas eu de cadeau pour Noël. Vous êtes le facteur qui apporte les lettres des enfants au père Noël. Aidez-moi!
Étonné, le facteur réfléchit. Oui, il avait bien donné un grand sac de lettres au père Noël quelques semaines avant Noël, comme chaque année, mais… pas la lettre de Thomas! Celle-ci était arrivée très en retard et le facteur l’avait glissée sous la porte du père Noël!
– Viens avec moi, Nono, courons chez le père Noël avant son départ en vacances.
Le facteur déposa Nono dans sa sacoche, enfourcha son vélo et pédala de toutes ses forces vers la maison du père Noël.
– Qui est là? demanda une voix bourrue. Je fais mes valises. On n’est jamais tranquille!
Et le père Noël ouvrit la porte. Stupéfait, il regarda Nono et le facteur.
– Qu’est-ce que…
– Père Noël. Le petit Thomas n’a pas eu de cadeau! Vous n’avez donc pas eu sa lettre?
– Sapristi! Mais non! s’étrangla le père Noël.
Le facteur et Nono lui racontèrent toute l’histoire.
Le père Noël baissa alors les yeux vers le lourd paillasson du vestibule, en souleva un coin… La lettre était là! Vite, il n’y avait pas de temps à perdre. Il l’ouvrit, la lut et courut vers son atelier en appelant les lutins à la rescousse.
– Que se passe-t-il? demandèrent les lutins en maugréant. Nous sommes en train de goûter. On n’est jamais tranquille!
Le père Noël leur expliqua la situation et les lutins abandonnèrent leurs tartines. Ouf! Il leur restait des petits trains électriques!
Nono, le facteur et le père Noël repartirent alors chez Thomas. La maison était calme. Le père Noël et Nono entrèrent dans la chambre de Thomas sans faire de bruit. Nono grimpa dans le lit du petit garçon, tandis que le père Noël déposait son cadeau au pied du lit. Puis il s’éclipsa.
Thomas s’éveilla, vit son cadeau et, fou de joie, il bondit de son lit, son Nono dans les bras.
– Mon cadeau, mon cadeau, papa, maman, le père Noël est venu!
Thomas, Nono et ses parents purent alors fêter Noël, le facteur, finir sa sieste, le père Noël, partir en vacances et les lutins, prendre leur goûter!
Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Thérèse Bonté
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Ainsi donc, les maires ont décidé de suivre Saint-Régis-de-Québec et de faire la guerre aux syndicats pour revoir les fonds de retraite de leurs employés, surtout syndiqués, et ainsi éviter aux contribuables de subir des augmentations substantielles de leurs comptes de taxes. Les régimes de retraites à prestations déterminées de jadis, légalement négociées d’un commun accord, faut-il le préciser, feront place à d’autres formes de prestations de retraites, notamment dites à cotisations déterminées. Une grosse différence.
Ils voudraient aussi voir reporter l’âge de la retraite pour éviter que ces chers employés municipaux ne puissent être retraités plus longtemps que salariés. Ils martèlent dur comme fer, que leurs concitoyens n’ont pas à payer seuls ce fardeau. Plusieurs de ces municipalités ont des gestionnaires qui traînent leurs pénates depuis belle lurette et ces soi-disant experts sont loin de démontrer leur capacité de visionnaires. Comme tout le monde, ils ne pouvaient prévoir la conjoncture économique des années 2000, même s’ils affirmaient le contraire à l’époque.
Mais au fond de tout ça, ces administrateurs n’ont pas la même conscience sociale lorsque vient le temps de statuer sur leurs propres rémunérations et avantages, ou de négocier leurs contrats de travail. Quand ils se votent des augmentations salariales supérieures à celles de leurs syndiqués, tiennent-ils compte de la capacité de payer de leurs citoyens?
Lorsqu’ils bénéficient de généreuses allocations de dépenses non-imposables, tiennent-ils compte de la capacité de payer de leurs vaches à lait?
Lorsqu’ils se déplacent avec une voiture fournie par leur municipalité avec l’entretien, l’essence et les assurances qui ne leur coûtent pas un seul dollar, tiennent-ils compte de la capacité de payer des suckers de concitoyens?
Lorsqu’ils bénéficient de généreuses pensions de retraite, qu’ils regroupent toujours de la manière la plus avantageuse lorsqu’ils occupent d’autres fonctions ou qu’ils décident de quitter, tiennent-ils compte de la capacité de payer des CON-tribuables surtaxés?
Et lorsque blasés, ils décident de plier bagage pour exercer d’autres fonctions ailleurs, avec une prime de départ plus que généreuse et envieuse, tiennent-ils compte de la capacité de payer des indigènes qui paient cette note salée sans droit de regard?
Poser toutes ces questions, c’est y répondre!
Tout en étant conscient que la situation économique actuelle impose des ajustements, le sacrifice doit être fait à tous les niveaux hiérarchiques sans distinction. Au lieu de démolir le passé, il faut analyser le présent et organiser l’avenir. Les employés municipaux n’ont pas à recevoir de leçon de personne, encore moins des élus et de leurs gestionnaires municipaux.
C’était le grand soir de la cueillette des rêves. Comme chaque année, les Driz, des petits elfes multicolores et ailés, étaient chargés d’une importante mission : cueillir les rêves des enfants pour y trouver leur cadeau de Noël.
Biz était tout excité : il venait juste d’obtenir son diplôme et s’apprêtait à partir pour la première fois. Il vérifia qu’il avait bien mis de la poudre de sommeil et son pipeau. Il répéta une dernière fois le chant mélodieux qui dévoile les rêves.
– Bonne cueillette et pas de fausses notes! leur cria le père Noël, alors que les Driz s’éparpillaient joyeusement dans l’obscurité.
Biz volait de chambre en chambre, jetais un peu de poudre magique sur les paupières des enfants et attendait qu’ils plongent dans un sommeil profond. Puis, avec beaucoup de concentration, il jouait de son pipeau : une portée se dessinait dans le ciel, transportant les rêves jusqu’à son atelier.
Il était tellement fasciné par les désirs des enfants, et tous les jouets plus rigolos les uns que les autres, qu’il ne fit pas attention et se cogna contre un cheval à bascule.
Il perdit l’équilibre et, en tombant, il se trompa dans les notes du morceau.
– Oh! Ce ne doit pas être si grave! pensa-t-il insouciant.
Mais lorsqu’il voulut fabriquer les cadeaux, il eut une horrible surprise.
– C’est une catastrophe, les rêves ont été complètement transformés par les fausses notes et les cadeaux n’ont ni queue ni tête… Un pistolet à eau qui tire des confettis et des bonbons, des maracas qui chantent lorsqu’on les secoue, un train électrique qui vole…
Alors, Biz alla trouver le père Noël et lui raconta l’accident. En voyant tous ces jouets étranges, le père Noël éclata de rire.
– Nous n’avons plus le temps de remettre tout en ordre. C’est la nuit de Noël et je dois partir. Tu es un drôle de compositeur, un peu tête en l’air, mais de toute ma vie, je n’ai jamais vu des cadeaux aussi originaux.
Cette année là, les enfants furent émerveillés de découvrir sous le sapin, des cadeaux encore plus fous que dans leurs rêves.
Histoire de Kathie Fagundez
Illustration de Evelyne Duverne
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Il n’y a pas de qualificatif assez fort pour condamner le geste que la direction des Canadiens de Montréal vient de poser en nommant Randy Cunneyworth, en remplacement de l’instructeur Jacques Martin, limogé samedi dernier. En 1955, la suspension du Rocket avait soulevé tout un peuple, déclenchant les plus violentes émeutes, reliées à ce sport. C’était plus qu’un affront! C’était mépriser la communauté québécoise francophone.
Sans mettre en cause sa compétence d’instructeur, ça dénote le manque de respect de la clientèle à majorité francophone et l’histoire se répète depuis 1995 alors que Serge Savard, digne directeur général de la trempe d’un certain Sam Pollock, s’était aussi fait montrer la porte. Depuis, c’est la débandade d’un club qui a perdu tout son lustre au fils des ans. On a jeté la tradition par-dessus bord.
Les Canadiens de Montréal sont connus de la planète toute entière et même les journaux européens et asiatiques ont soulevé le problème de l’unilinguisme. Ça dépasse nos frontières.
Rien ne nous surprend au Québec quand il est question de la langue française. On n’a qu’à constater son net recul à tous les niveaux. C’est même rendu un fait divers, tant on se confond, sans même lever le petit doigt et rouspéter.
Geoff Molson aujourd’hui, affirmait que cette nomination était temporaire, uniquement pour terminer la saison, et que le réel changement d’entraîneur aurait lieu l’été prochain, tout en insistant sur la priorisation du bilinguisme pour le prochain candidat retenu. Pourquoi le croirait-on? Même le directeur général « Monsieur » Gauthier, vit au Vermont, bien loin de la réalité de Montréal.
Le chroniqueur Michel Beaudry, rappelait que lors de sa dernière conquête de la coupe Stanley, une douzaine de joueurs francophones étaient de l’alignement. Une réplique des glorieuses années où le précieux trophée a aussi été gagné. Ça prendra un sérieux coup de balai, pour revenir à cette époque. J’endosse cette théorie cent milles à l’heure!
Si la déclaration de Geoff Molson est vraie, alors pourquoi congédier Jacques Martin? Il est encore sous contrat pour deux autres années. Où était l’urgence? On aurait du continuer avec lui et passer le bulldozer à la fin de la saison, en n’oubliant pas de tasser également « Monsieur » Gauthier. Bref, faire comme les puissances actuelles de la ligue; croupir dans les bas fonds pour récolter les super vedettes francophones montantes qui brûlent les ligues inférieures, comme la LHJMQ trop longtemps boudée. Si c’est le prix à payer et bien allons-y!
Dans le salon, Manon tourne en rond comme un tourbillon :
– C’est trop long! Il reste sept jours avant Noël, sept jours d’attente interminable… Pourquoi donc le père Noël n’arrive-t-il pas dès aujourd’hui? Il ne comprend pas que les enfants sont impatients?
Soudain, aux pieds de Manon, dans une fente du parquet, apparaît un petit lutin souriant…
– Bonjour, Manon, je m’appelle Patience. J’aide les enfants trop pressés à attendre Noël. Je vais te montrer pourquoi le père Noël a besoin de quelques jours encore pour se préparer!
Le lutin Patience jette en l’air une poignée de poudre d’or.
Dans un nuage doré, Manon voit le père Noël assis à son bureau, penché sur de lourds dictionnaires…
– Que fait-il? Demande Manon.
– Il finit de traduire les lettres des enfants. Il ne faut pas qu’il se trompe de cadeau!
– Il en a pour longtemps?
– Il a presque fini, répond Patience. Mais ensuite, il fabriquera les cadeaux. Regarde!
Le lutin lance une nouvelle poignée d’or.
Le père Noël a enfilé un joli tablier. Il rabote du bois, sculpte du plastique, fond du métal, coud des vêtements…
– Oh! S’exclame Manon. Il fabrique tout lui-même?
– Bien sûr, répond Patience.
– Et après?
Une nouvelle pincée de poudre dorée.
Cette fois le père Noël est en train d’emballer les jouets. Manon fronce les sourcils :
– Les paquets ne sont pas très utiles! On pourrait gagner du temps!
– Comment? S’exclame Patience. Sans papiers ni rubans, il n’y aurait pas de jolis cadeaux! Ce ne serait pas Noël! Regarde plutôt la suite…
Un nouveau nuage de poudre fine, voici le père Noël en train de nettoyer son atelier : il balaie le plancher, range ses rouleaux de papier cadeau, aligne ses outils sur l’établi, pour retrouver chaque objet à sa place l’année prochaine…
– Il part maintenant? Demande Manon.
– Pas encore, il faut qu’il se repose. Il va dormir une journée entière, parce que pendant toute la nuit de Noël il va voyager et escalader les cheminées. Et il n’est plus très jeune! Et maintenant, une dernière poignée de poudre…
Dans la pluie d’or, Manon voit le père Noël nourrir ses rennes avant de les atteler à son traîneau.
– Oh, Patience, s’il te plaît, montre-moi la suite! J’aimerais tant voir l’arrivée du père Noël chez moi!
Dans un éclat de rire, le lutin jette en l’air une autre poudre, noire comme de la suie, obscure comme de la cendre… Manon a beau écarquiller les yeux, elle ne voit pas le père Noël à travers ce nuage là.
– Le père Noël est dans ta cheminée, Manon, mais il fait très sombre! De toute façon, je ne peux pas te montrer les cadeaux que le père Noël t’apporte. Tu les découvriras dans sept jours. Sois patiente, je ne m’appelle pas Patience pour rien!
Histoire de Charlotte Grossetête
Illustration de Chantal Cazin
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
À huit jours de la grande Fête de Noël et ce, même si c’est une fête joyeuse et solennelle, certaines personnes la vivront dans la solitude. Il ne faut pas qu’il en soit ainsi et l’histoire qui suit est signée Claudette Morin. Je l’ai trouvé dans l’édition de décembre 2011 – Janvier 2012, du Journal du bel âge, feuilleté au hasard d’une visite dans une résidence pour personnes âgées. Comme ce sont souvent ces personnes qui vivent seules, je voulais la partager avec vous, dans ces moments de réjouissances. Ayons une pensée de partage pour eux. Partager un peu de leur temps, c’est le plus beau cadeau qu’on peut leur offrir…
Seule dans mon 3½, je songe au Noël que j’aimerais bien passer en compagnie de mes enfants et petits-enfants. Il est plus de 22h et, m’allongeant sur mon lit, je tombe dans un profond sommeil.
Je suis heureuse… Je vis dans une maison ni trop grande ni trop petite. Suffisamment grande pour y accueillir tous mes enfants et petits-enfants pour Noël.
Je suis heureuse… En ce 24 décembre au soir, ma maison sent la cannelle, le girofle et plein d’odeurs qui mettent l’eau à la bouche.
Je suis heureuse… J’ai décoré avec mes petits-enfants un sapin naturel, coupé dans un boisé près de chez moi. Je sais, il lui manque des branches, mais ça ne fait rien. Il est unique ainsi. Mes petits-enfants et moi y avons placé les ornements que nous avons fabriqués quelques jours plus tôt. Carton, papier, crayons à colorier et bouts de ficelle nous ont aidés à le rendre attrayant.
Je suis heureuse… Au pied du sapin, il y a une crèche. Et oui ! Je crois encore à la naissance de Jésus en ce monde. Mes petits-enfants, agenouillés tout près, me demandent :
– C’est qui le bébé dans la crèche ? C’est qui sa maman ?
Je donne une foule de réponses à leur foule de questions. Mes réponses ne sont en rien compliquées, ce sont celles que j’ai retenues alors que j’étais enfant.
Je suis heureuse… De voir les cadeaux placés sous cet arbre, des cadeaux faits main avec patience, créativité et amour. Et de surcroît utiles ! Ma fille aînée m’a offert un tablier, elle sait que j’adore cuisiner. Ma cadette m’a offert une magnifique toile que j’ai accrochée au mur, question de penser à elle chaque fois que j’apercevrai son œuvre.
Je suis heureuse… Mes enfants et petits-enfants ont hâte de goûter ce que j’ai préparé pour souper : dinde, pommes de terre en purée, légumes, tourtière. Et pour dessert, carrés aux dattes et tarte au sucre. J’ai utilisé les recettes de ma grand-mère, question de conserver la tradition familiale.
Je suis heureuse… De voir tout mon petit monde autour de moi si heureux et si comblé. Il est 22h passé et mes petits-enfants baillent déjà. Ils sont épuisés d’avoir joué à la chaise musicale, d’avoir chanté et dansé. C’est déjà l’heure du départ. Ils me donnent mille et un bisous, me font de grosses caresses, puis agitent leurs petites mains en disant :
– À bientôt Mamie !
Je suis heureuse… J’entends sonner les cloches de l’église et j’assiste à la messe, où l’on chante le « Minuit Chrétiens ».
J’entends des cris et m’éveille en sursaut. Des voisins festoient. Je réalise que mon rêve ne se réalisera pas en cette veille de Noël. Je sais, je ne peux changer les choses. Je ne peux changer le passé. La vie est ainsi faite. Je me console, car je sais que je ne suis pas seule à être seule et à me sentir si seule. Une idée me frappe tout à coup comme l’éclair. Je m’enveloppe chaudement et, dans la froidure hivernale, me dirige vers l’église où j’ai été baptisée 60 ans plus tôt.
Je suis heureuse… Car cette nuit, l’un de mes souhaits sera exaucé : je pourrai entendre chanter le « Minuit Chrétiens ».