Voyage dans la cheminée

Cyprien voulait en avoir le cœur net. On avait beau lui dire que le père Noël passait par la cheminée pour venir chez lui, il n’y croyait pas. Cela lui paraissait tout à fait impossible : la cheminée était trop étroite, trop noire, trop raide! Aussi, décida-t-il de grimper sur le toit pour aller vérifier lui-même.

Lorsqu’il parvint près de la cheminée, Cyprien accrocha solidement sa corde et se laissa glisser dans le conduit. Mais il fut aussitôt aspiré vers le bas par une force irrésistible qui l’obligea à lâcher la corde.

– AAAaaah! Hurla-t-il en fermant les yeux de peur.

Cyprien ne tombait pas, mais il glissait à vive allure sur un formidable toboggan. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il découvrit autour de lui un spectacle merveilleux. Le conduit de cheminée n’était pas noir et crasseux comme il l’avait imaginé mais, au contraire, il étincelait de mille feux. Des banderoles multicolores s’allumaient sur son passage :

« BONJOUR, PÈRE NOËL! ON VOUS AIME, PÈRE NOËL »

Cyprien n’en croyait pas ses yeux.

Soudain, il ralentit, puis s’arrêta tout à fait. Aussitôt, des dizaines de petits lutins surgirent pour lui offrir des bonbons, des gâteaux et des friandises. Ils s’activaient sans cesser de parler :

– Vous devez avoir faim, père Noël!

– Prenez des forces pour le voyage!

– Goûtez ces macarons à la neige!

Cyprien avait beau leur dire qu’il n’était pas le père Noël, les lutins s’en fichaient.

Lorsqu’il eut bien mangé, sa course folle reprit comme par magie. Un peu plus loin, il s’arrêta de nouveau. Cette fois-ci, des elfes miniatures s’agitèrent autour de lui pour le masser, lui frotter les pieds, le dorloter.

Eux aussi discutaient sans s’arrêter.

– Vous devez être fatigué par ce voyage, père Noël!

– Un petit massage des pieds vous fera du bien!

– Détendez-vous et fermez les yeux!

Cyprien se laissa faire, puis sa course reprit de plus belle. Au dernier arrêt, des fées le coiffèrent et le parfumèrent en gazouillant gaiement.

Le voyage sur le toboggan touchait à sa fin. Cyprien traversa un épais nuage d’étoiles scintillantes et arriva… au milieu du salon de sa maison!

Lorsque ses parents le retrouvèrent, au petit matin, Cyprien était endormi, roulé en boule sur le tapis du salon. Il faisait certainement un rêve formidable, car il souriait en dormant. Mais ce qui étonna sa maman, c’est qu’il avait sur le bout du nez une toute petite tache noire… de suie!

Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration d’Élisabeth Schlossber
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Est-ce qu’on prend nos aînés à cœur ou au portefeuille?

Récemment, notre famille a vécu une situation frustrante avec une résidence privée pour personnes âgées. Je ne sais pas si cette façon d’agir est répandue mais pour nous, c’est inacceptable qu’on abuse des personnes vulnérables que sont les aînés. On soutire leur argent, sans égard à la moindre once de compassion et on se réfugie derrière une loi pour collecter la moindre somme.

Faites votre enquête et vous verrez que certains établissements facturent à outrance, le moindre petit service. Dans certains cas, c’est de l’exploitation pure et exagérée. Les faits qui suivent se sont déroulés entre le 24 novembre et le 2 décembre dernier. C’est pour dénoncer ces abus que je publie cet article. Soyez sans crainte, il sera acheminé à des personnes influentes qui, je l’espère, pourront changer les choses et porter le message…

« Alors que mes parents demandent une surveillance constante ou, du moins avoir accès à de l’assistance immédiate, due à leur âge avancé, nous convenons ensemble que déménager dans une résidence privée pour personnes âgées, serait l’idéal pour eux. Mon père a 82 ans et ma mère 80. Leur condition médicale ne justifie pas l’accès à un CHSLD.

Notre choix s’est arrêté sur Les Habitats Lafayette, une résidence privée de Longueuil, gérée par la Société de gestion Cogir. Le 24 novembre, le bail était signé pour occupation le 1er décembre. La résidence offrait en promotion, une pénalité réduite à un mois de loyer, en cas d’annulation du bail. Le document ne nous a pas été remis, ni les clefs de l’appartement. Le gestionnaire devant finaliser administrativement le dossier, nous avons convenu de les recevoir le mardi suivant, soit le 29 novembre suite à leur appel téléphonique.

Entretemps, ma mère a fait un AVC le dimanche 27 novembre, a été hospitalisée le même jour. Elle est décédée le 1er décembre. Lorsque mon père a appris que son décès était imminent, selon les médecins, l’idée de devoir déménager et se retrouver seul le hantait. Ma sœur lui a offert de le prendre en permanence à son domicile. Dès le lundi, 28 novembre, j’ai communiqué avec la responsable des locations, afin d’annuler le bail, devant cette fatalité.

Celle-ci m’a annoncé qu’elle annulerait le bail, mais que le premier mois de loyer se devait d’être payé quand même, obligatoirement. Devant ma surprise et argumentant que nous n’avions jamais joui une seule minute du logement, ni même reçu les clefs, je lui ai fait part de mon indignation tout en lui demandant de revoir sa décision. Sur son conseil, j’ai communiqué avec la directrice générale de Cogir, avec le même résultat.

Ironiquement, le jour du décès de ma mère, le chèque, au montant de 1628$ était prélevé sur le compte bancaire de mon père, comme si rien ne s’était passé. »

Vous comprendrez que la famille soit offusquée de cette façon d’agir. En quatre jours, Cogir n’a pas subit de préjudice, selon nous. Nous reconnaissons que le bail stipulait l’obligation de mon père de payer un mois de pénalité mais nous considérons que, dans ces circonstances particulières, un minimum de compassion aurait dû prévaloir et se terminer par une annulation pure et simple du bail, sans pénalité.

À la limite nous aurions pu payer un petit montant en guise de dédommagement, sans plus. Mais ce qui nous désole dans ce dossier, c’est l’intransigeance démontrée par cette compagnie, sans égard à la condition humaine qui nous affligeait et principalement mon père.

Avez-vous idée de ce que peut représenter 1628$ pour des gens âgés, qui ne reçoivent que le minimum des pensions ? Quel trou cela peut faire dans un budget. Ce jour là, mon père, le cœur en bouillie, leur a fait un énorme don bien involontaire.

Nous acceptons très mal cette conclusion et c’est pourquoi nous voulons vous sensibiliser et dénoncer ces comportements abusifs. Ces gens attirent les aînés dans leurs établissements avec de belles paroles et de belles promesses. Dans le fond, leur attachement n’est que pécuniaire, sans plus.

Maintenant, quand je vois leur publicité, le doute s’installe sur leurs intentions profondes d’aider les aînés. Je ne sais pas si c’est devenu la normalité et j’ose croire que non, Je sais qu’il existe encore des gens de cœur, de gros bon sens. Il faut croire que cette fois-ci, nous sommes tombés sur des personnes qui ont tôt fait de dévoiler leurs intérêts.

L’incroyable voyage des figurines de Noël

Le soir du 24 décembre, Papa Tête en l’air, Maman Tête en l’air et leur fils Mathias se préparaient pour le réveillon. Comme c’était une famille très distraite, il restait plein de choses à faire.

Dans la cuisine, Papa Tête en l’air cherchait la dinde qu’il avait oublié de farcir et, dans la bibliothèque, Maman Tête en l’air était au téléphone avec le père Noël, car elle avait oublié de lui poster la liste des cadeaux. Pendant ce temps, Mathias Tête en l’air jouait tranquillement dans sa chambre. Il n’était pas impatient, car il était un petit garçon très étourdi et croyait que Noël n’était que dans une semaine.

Sa maman passa la tête dans sa chambre et lui demanda :

– Mathias, j’ai sorti la crèche. Peux-tu installer les personnages ? Je dois encore dire quelques mots au père Noël.

Mathias abandonna ses jouets et courut au salon. Il sortit les figurines de leur boîte. Il installa Joseph et Marie bien au chaud entre l’âne et le bœuf, mais il joua avec les bergers et les Rois mages. Il les dispersa un peu partout. Soudain, son papa l’appela :

– Mathias, viens m’aider à préparer le dessert!

Mathias courut à la cuisine et oublia d’installer les petits personnages. Bientôt les Rois mages, chargés de cadeaux, s’impatientèrent. Ils enfourchèrent leurs grands chameaux et partirent au trot à la recherche du bébé de Marie.

Les Rois mages s’égarèrent dans la chambre de Mathias. Ils croisèrent un berger qui faisait paître ses moutons :

Bonjour, ami! Sais-tu où se trouve la maison du petit Jésus?

– Au salon, je crois, répondit le berger. Je dois y emmener mes moutons pour qu’ils se reposent près de la cheminée cette nuit. Laissez-moi vous accompagner.

Après une longue route, les Rois mages arrivèrent aux abords de la cheminée, Ils rencontrèrent un ange qui agitait ses petites ailes de bois :

– Sais-tu où se trouve la maison de Joseph et Marie?

– Suivez l’étoile qui brille au-dessus du sapin, répondit l’ange, elle vous montrera le chemin.

Les Rois mages se remirent en marche. L’étoile de Noël les guida toute la nuit. Au petit matin, ils aperçurent la crèche au pied du sapin. Il leur restait moins d’un mètre à parcourir et ils allaient pouvoir offrir leurs cadeaux à l’enfant qui venait de naître.

Hélas, à cet instant, Mathias et ses parents entrèrent dans le salon pour ouvrir leurs cadeaux.

Maman Tête en l’air était très distraite, mais elle remarqua quand même que les Rois mages étaient en avance. Alors, elle les ramassa et les déposa à l’autre bout de la pièce.

Le lendemain, elle les surprit de nouveau en train de traverser le salon.

– Ce n’est pas le moment, dit-elle en riant. Il faut attendre l’Épiphanie.

Et, une nouvelle fois, elle les replaça à leur point de départ!

C’est pourquoi les Rois mages, malgré tous leurs efforts, n’offrirent leurs cadeaux à l’Enfant Jésus que le 6 janvier, épuisés, mais heureux d’être enfin arrivés.

 
Histoire de Cédric Glaux
Illustration de Evelyne Duverne
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Les vieux jouets

Il était une fois Muscade l’ours blanc et Papou l’éléphant rouge, deux vieux jouets abandonnés et malheureux au fond d’une malle. Ils avaient appartenu autrefois à des enfants. Mais ceux-ci avaient grandi, ils avaient préféré de nouveaux jouets, puis ils les avaient oubliés.

Un soir, Papou dit à Muscade :

– Il y a très longtemps, j’ai entendu parler d’un endroit où les vieux jouets sont réparés, dorlotés et aimés comme s’ils étaient neufs.

Muscade qui somnolait se redressa :

– Où est-ce? demanda-t-il.

– C’est loin, au fond d’une forêt, dans un pays où il neige toute l’année, répondit Papou.

Sans hésiter, l’ours et l’éléphant bondirent hors de la malle et s’enfuirent. Les deux jouets trottinèrent toute la nuit. Soudain, une forêt se dressa devant eux, épaisse et menaçante. Papou et Muscade se regardèrent, anxieux, et entrèrent dans les bois. Des flocons de neige se mirent à tomber.

Ils arrivèrent devant une maison aux murs noirs comme la suie. Muscade et Papou, tout excités, frappèrent à la porte. Une sorcière leur ouvrit et se pencha vers eux d’un air mauvais.

– Bonjour Madame, est-ce ici le pays des vieux jouets? demanda poliment Papou.

– Pouah, des jouets! Je déteste les jouets! Filez, sales bestioles, avant que je vous transforme en crapauds! Ouste! Hurla la vieille en saisissant un balai.

Épouvantés, Papou et Muscade détalèrent.

Ils poursuivirent leur chemin dans le froid. Ils arrivèrent devant une maison percée de fenêtres qui ressemblaient à des yeux méchants. Pas très rassurés, ils frappèrent à la porte. Un ogre leur ouvrit et se pencha vers eux d’un air mauvais.

– Bonjour, monsieur, est-ce ici le pays des vieux jouets? demanda Muscade, inquiet.

– Non! Mais vous semblez encore assez dodus pour que je vous dévore tout crus! Miam! Miam! Hurla l’ogre en se saisissant d’une marmite.

Terrifiés, Papou et Muscade prirent la fuite.

Ils marchèrent encore longtemps. Ils étaient fatigués. Enfin, ils arrivèrent devant une petite maison coquette et décorés de guirlandes. De drôles d’animaux avec de grands bois sur la tête dormaient dans un petit enclos. Les deux amis n’osaient pas frapper à la porte.

Soudain celle-ci s’ouvrit. Un vieil homme à barbe blanche, vêtu d’une chaude veste rouge, se tenait sur le seuil. Il se pencha vers eux d’un air gentil.

– Bonsoir mes amis. Vous avez l’air épuisé. Entrez vite vous réchauffer.

Derrière le bonhomme, Muscade et Papou aperçurent des poupées qui jouaient à cache-cache, des petits soldats qui jouaient aux dames, des ours en peluche qui jouaient du tambour et des centaines de vieux jouets en train de rire et s’amuser. Alors l’ours et l’éléphant se regardèrent, heureux. Leur voyage était fini! Ils avaient enfin trouvé le pays des vieux jouets!

Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Marie Quentrec
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

L’automobiliste a le dos large

Ainsi donc notre bon gouvernement siphonneur a trouvé un autre moyen d’appauvrir l’automobiliste, devenu sa vache à lait préférée, avec le projet de loi sur l’obligation de faire vérifier annuellement son véhicule, vieux de huit ans et plus, pour qu’il soit conforme aux normes antipollution.

Même si ce n’est que pour cette raison présentement, il n’y aura qu’un pas avant que ça devienne nécessaire également pour la mécanique. Et combien vont coûter ces vérifications ? Autour de 60$ d’après leur évaluation préliminaire. Probablement et par expérience, c’est déjà sous-évalué, comme tout projet gouvernemental. Même que ce gouvernement va trouver des mandataires pour faire le travail. On revivra le problème des attentes, comme aux urgences et aux cliniques médicales mais pour l’automobile cette fois-ci.

Je me questionne beaucoup sur le bien-fondé de ce projet, qui sort de je ne sais où. Est-ce que le ministre de l’Environnement Pierre Arcand voulait lui aussi laisser un héritage ? Si on prend pour acquis qu’une voiture a, en moyenne, une durée d’utilisation de 15 ans, ce sera sept vérifications souvent inutiles. Et quand le ministre nous parle d’économie d’essence, on repassera ! Une auto c’est loin d’être économique. C’est plutôt un compte de dépenses.

Encore une fois, ce seront les moins nantis qui devront se serrer la ceinture. Qui croyez-vous roule sa bagnole 15 ans ? En général c’est cette clientèle qui n’a pas les moyens de rouler dernier cri. Encore une dépense de plus. Hier c’était les pneus d’hiver, aujourd’hui les vérifications antipollution et demain, les inspections mécaniques, toutes obligatoires. L’automobiliste paie déjà sa très large part de taxes ne trouvez-vous pas ? À commencer par la taxe de vente qu’on paie et repaie autant de fois que le véhicule change de propriétaire…

Remarquez que je ne suis pas contre la vertu et la sécurité des véhicules routiers est primordiale. Cependant, à l’ère où les voitures sont soumises à de sévères normes antipollution, pourquoi en rajouter. On tape toujours sur le même clou, pendant que des usines, fortement subventionnées à même nos taxes, continuent de polluer l’atmosphère en crachant leurs gaz à effet de serre, sans aucune conséquence.

Grossièrement, un véhicule de plus de huit ans est considéré comme une « minoune ». C’est un qualificatif assez choquant pour une personne qui prend un soin jaloux de sa voiture en respectant son programme d’entretien et en effectuant les réparations requises sur le champ. C’est le lot de la majorité des automobilistes, il me semble.

Au lieu d’imposer l’inspection obligatoire par une taxe déguisée, on aurait pu continuer et mettre l’emphase sur ce qui existe déjà : le Code de la sécurité routière. Il prévoit des sanctions pour quiconque n’entretient pas son véhicule adéquatement. Les policiers sont chargés de son application et il est assez évident de constater de visu, l’état lamentable d’un véhicule, lorsqu’ils patrouillent leur territoire. De plus, le pouvoir des contrôleurs routiers pourrait être élargi pour sanctionner la surveillance de tout le parc routier, en ce qui concerne leur bon état de fonctionnement. Tout ça ne coûte rien, est déjà en place et vise seulement les propriétaires de véhicules fautifs.

Pourquoi diable, compliquer les choses, quand on peut singulièrement les simplifier ?

La véritable histoire de la mère Noël

Il était une fois une petite fée qui vivait seule au fond d’une forêt. Elle ne voyait jamais personne et était très malheureuse de cette solitude. Mais un beau soir…

Un bruit énorme suivi de jurons étouffés la réveilla. Elle sortit en hâte de sa maison et tomba sur un drôle de spectacle.

Un grand traîneau en bois, attelé de huit rennes, se trouvait dans la clairière. Un étrange bonhomme vêtu de rouge se hâtait de ramasser des paquets-cadeaux déchirés et des dizaines de jouets éparpillés dans la neige, la plupart cassés ou trempés.

Quand le bonhomme vit la fée, il devint aussi rouge que son vêtement.

– Oh, bonjour mademoiselle, je suis désolé de…

– Qui êtes-vous ? l’interrompit la fée, curieuse.

– Je suis le père Noël, répondit le bonhomme. Aujourd’hui, c’est le 24 décembre, je distribue des cadeaux à tous les enfants. Mais en survolant la forêt, j’ai heurté la cime d’un sapin et patatras ! Presque tous les jouets sont cassés. C’est une catastrophe !

– Laissez-moi vous aider, s’écria la fée. Ce n’est peut être pas si grave.

Vite, elle se mit au travail. D’un souffle, elle sécha les ours en peluche mouillés, d’un coup de baguette magique, elle leur donna vie :

– Petits ours, écoutez-moi : je vous charge de revisser les têtes de vos amies les poupées.

Et les oursons obéirent.

Pendant que le père Noël réparait le mécanisme des robots qui avaient perdu la parole, la fée recouvrit de mousse et de feuilles tressées les jouets dont le papier cadeau était abîmé.

Elle recolla ensuite avec de la poudre de perlimpinpin les dînettes ébréchées et enfin recousu avec du fil et une aiguille les habits déchirés des poupons. Grâce à elle, le père Noël put repartir.

– Je vous remercie de tout cœur, cria-t-il en s’envolant, je reviendrai vous voir…

Et il disparut avec son traîneau.

La fée écrasa une larme en se disant qu’elle ne le reverrait jamais et rentra chez elle.

Le lendemain, elle fut à nouveau réveillée par un bruit devant sa porte. Sur le seuil se trouvait un petit paquet-cadeau. Il contenait une ravissante bague en pierre des neiges accompagnée d’un mot :

Chère petite fée, je vous aime. Voulez-vous m’épouser ? Signé : le père Noël.

Et c’est ainsi que notre petite fée solitaire devint la mère Noël et la reine du pays des jouets.

Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Evelyne Duverne
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Sincères remerciements

C’est dans les épreuves que le besoin de réconfort est le plus criant. C’est aussi dans les moments de tristesse et de peine, comme la perte d’un être cher, qu’on apprécie chaque parole, chaque geste et toute la compassion qu’on peut recevoir.

Nous avons besoin de ce temps et de cette sérénité, pour bien amorcer et vivre le deuil dans la plus grande plénitude. C’est un moment dans la vie qui n’est pas facile à vivre mais, avec votre soutien, on peut s’en sortir et passer à travers tout en poursuivant notre chemin.

C’est dans cet esprit que je veux sincèrement remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, nous ont manifesté leur sympathie, lors du décès de ma mère, Lucie. Votre réconfort a été grandement apprécié par toute notre famille.

Nous vous prions de considérer ces remerciements comme vous étant personnellement adressés.

Le petit lutin et la lune en voyage

Il était une fois un petit lutin qui vivait tout seul au pôle Sud. Il s’ennuyait terriblement. Un soir, alors qu’il pleurait assis sur son iceberg, la lune apparut dans le ciel :

– Pourquoi pleures-tu, petit lutin?

– Je m’ennuie tout seul. Madame la lune, emmenez-moi.

La lune céda :

– Monte sur mes épaules, je t’emmène dans la savane.

– Merci, s’écria le lutin.

La lune le déposa dans la savane.

– Si tu veux que je revienne, dis mon nom trois fois, petit lutin. Et la lune disparut.

Un vent chaud soufflait et au loin une girafe dormait.

– Oh, je suis sûr que je ne m’ennuierai pas ici, s’écria le lutin.

Mais soudain, il entendit un rire sinistre et vit une énorme hyène prête à bondir sur lui.

– Lune, lune, lune, au secours !

La lune apparut et le petit lutin sauta sur son dos avant de se faire croquer par l’hyène.

– Puisque la savane ne t’a pas plu, je t’emmène dans la jungle. Si tu veux que je revienne, dis mon nom trois fois, petit lutin. Et la lune disparut.

Des gouttes d’eau tombaient des arbres et des singes sautaient de liane en liane.

– Oh, je suis sûr que je ne m’ennuierai pas ici, s’écria le lutin.

Mais soudain, il entendit un sifflement au-dessus de lui. Il leva la tête et vit un énorme serpent prêt à l’engloutir.

– Lune, lune, lune, au secours !

La lune apparut et le petit lutin sauta sur son dos avant de se faire avaler par le serpent.

– Puisque la jungle ne t’a pas plu, je t’emmène à la montagne.

Et ils s’envolèrent. La lune déposa le lutin en haut d’une montagne.

– Si tu veux que je revienne, dis mon nom trois fois, petit lutin. Et la lune disparut.

Il y avait de la neige, partout ! Soudain, le lutin entendit un grondement inquiétant et aperçut un énorme ours affamé.

– Lune, lune… Mais trop tard !

Il trébucha et tomba de la montagne avant d’atterrir, POUF, sur un épais tapis de neige.

Étourdi, il regarda autour de lui : au milieu d’une clairière de sapins se dressait une minuscule maison en bois, décorée de guirlandes et de branches de houx. De la musique et des rires s’échappaient des fenêtres éclairées. Et partout des lutins ! Certains emballaient des jouets, d’autres plus coquins, faisaient de la luge au lieu de travailler et un gros bonhomme habillé de rouge attelait son traîneau déjà chargé de cadeaux.

Trois lutins l’observaient d’un air curieux.

– Où suis-je ? Qui êtes-vous ? demanda le lutin.

– Tu es au pays enchanté du père Noël, expliqua l’un des lutins. Nous l’aidons à fabriquer les cadeaux pour les enfants. Veux-tu nous aider ?

Fou de joie, le petit lutin appela :

– Lune, lune, lune !

Celle-ci apparut, ronde et lumineuse dans le ciel.

– Que veux-tu encore, petit lutin ?

– Vous pouvez continuer sans moi, madame la lune. Ici je serai heureux, merci !

Avant de s’éloigner, la lune sourit et souffla :

– Joyeux Noël, petit lutin.

Histoire de Raphaële Glaux
Illustration de Élizabeth Schlossberg
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Les petits pains de saint Nicolas

Peu avant Noël, en Alsace, saint Nicolas allait toujours faire un tour du côté de l’usine à pain d’épices du petit village de Miam. C’est là qu’on fabriquait les gâteaux de Noël qu’il distribuait aux enfants. Saint Nicolas se rendait à l’usine de Miam pour surveiller la production des pains d’épices mais également, et surtout, pour en croquer un ou deux. Car saint Nicolas était un gourmand.

Or une année, en regardant la gigantesque malaxeuse qui mélangeait la pâte à pain d’épices, saint Nicolas eut soudain envie de goûter à l’appétissante mixture qui tournait sous ses yeux. Profitant de ce que le lutin qui l’accompagnait pour faire la visite ne le regardait pas, il se pencha vers la cuve, le doigt tendu, pour tenter d’en attraper un peu. Il se pencha, se pencha, se pencha en avant… et disparut !

Lorsque le lutin se retourna, saint Nicolas n’était plus avec lui. Il chercha sous les machines, entre les machines, dans les machines… Il n’était nulle part !

– Aïe ! Aïe ! Aïe ! J’ai perdu saint Nicolas ! se lamenta-t-il. Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé !

C’est alors que les machines de l’usine se mirent à clignoter comme des guirlandes. Peu après, les moteurs commencèrent à ronronner comme s’ils fredonnaient des chants de Noël. Les pistons claquèrent de plus belle, la malaxeuse accéléra d’un seul coup. Toute l’usine fumait et crachait des airs de Noël.

Paniqué, le lutin courait dans tous les sens pour tenter d’arrêter ce tintamarre. Et puis, soudain, ce fut le silence. Les machines s’arrêtèrent à l’exception du tapis roulant sur lequel arrivaient d’ordinaire les sujets en pain d’épices. En s’approchant, le lutin ouvrit de grands yeux étonnés.

– Oh ! la, la ! se lamenta-t-il. La machine a transformé saint Nicolas en gâteau !

En effet, des milliers de petits saint Nicolas en pain d’épices défilaient sur le tapis.

– Qu’en penses-tu ? dit une grosse voix dans le dos du lutin.

Le petit bonhomme se retourna et tomba nez à nez avec… saint Nicolas ! Il souriait de toutes ses dents, un petit bout de pâte à pain d’épices accroché dans sa barbe.

– J’ai trouvé que j’avais une tête à croquer ! dit-il en riant. Tu n’es pas d’accord ? Ça méritait bien un petit miracle ! ajouta-t-il.

En disant cela, saint Nicolas attrapa l’un de ses portraits en pain d’épices et croqua dedans.

– Mmm ! Délicieux ! Les enfants seront ravis.

Depuis ce jour, tous les enfants d’Alsace trouvent dans leurs chaussures, un petit saint Nicolas… en pain d’épices.

Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Carine Sanson
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Funérailles de maman

Les funérailles de maman seront célébrées ce jeudi, 8 décembre, à la Coopérative funéraire de la Rive-Sud de Montréal, 635 boulevard Curé-Poirier ouest, Longueuil.

La famille y recevra vos condoléances entre 13h00 et 17h00 en présence des cendres, suivi d’une liturgie de la Parole, à la chapelle de la maison funéraire.

Des dons peuvent être faits à sa mémoire, à la Société canadienne du cancer, à la Société d’Arthrite ainsi qu’à la Société d’Alzheimer.

Noël du bon pied !

Seules au pied du grand sapin, les bottes marron s’ennuient. Mais soudain…

– Salut !

Les bottes marron n’en croient pas leurs oreilles. Les bottes du père Noël qui leur parlent !

– Pourquoi êtes-vous si tristes, demandent les bottes du père Noël.

– On s’ennuie à mourir, répondent les bottes marron. Mais vous non plus vous n’avez pas l’air très en forme.

– Nous sommes épuisées, avouent les bottes du père Noël. Cette tournée nous fatigue.

Les deux paires de bottes se regardent. Elles viennent d’avoir une idée. Pourvu que le père Noël soit d’accord…

Heureusement, le père Noël est un brave homme : il n’y voit aucun inconvénient. Alors, en moins d’une seconde. Les bottes échangent leur place. Le père Noël enfile les bottes marron, tandis que les bottes noires se glissent sous le sapin pour faire une bonne sieste !

– Bon voyage, disent les bottes noires en bâillant, les yeux déjà lourds de sommeil.

– Reposez-vous bien, répondent les bottes marron toutes excitées.

Les bottes noires n’ont rien entendu. Épuisées, elles ronflent déjà doucement ! Pour les bottes marron, en revanche, c’est le début de l’aventure !

Aux pieds du père Noël, les voilà qui grimpent dans la cheminée et arrivent sur le toit.

– Aaaah, hurlent-elles, car elles ont un peu le vertige.

Heureusement, le père Noël les rassure et, dès qu’elles sont dans le traîneau, les bottes marron oublient aussitôt leur peur. Là, en dessous d’elles, tout est si beau ! Les toits sont recouverts de neige. Les guirlandes scintillent dans les maisons et les jardins. Les sapins sont magnifiquement décorés. Quel spectacle ! Et quel fou rire aussi ! Car à l’arrêt suivant, les bottes marron font leur premier tour de toboggan dans la cheminée immense d’une maison. C’est si rigolo de glisser dans le noir. Elles ont l’impression d’être à la fête foraine !

Tout est si nouveau et si amusant que les bottes marron ne voient pas le temps passer. Elles ne sentent pas non plus la fatigue. Au petit matin, lorsque le père Noël revient les déposer au pied du sapin et récupère ses vraies chaussures, les bottes marron, fourbues, s’endorment aussitôt !

Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Marie Quentrec
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Pourquoi faut-il attendre qu’il y ait des victimes ?

Un policier de Bromont a payé de sa vie, une simple intervention de routine, lorsqu’il a été mortellement par un camion cube qui doublait les voitures immobilisées en bordure de la route. Même si la fatalité a accompli son tragique destin, avec un peu de prévoyance de notre législateur, l’accident aurait pu être évité. Pourquoi faut-il toujours attendre qu’il y ait des victimes pour agir et prévenir le danger, au Québec ?

Depuis longtemps, dans plusieurs états américains et quelques provinces canadiennes, lorsqu’un véhicule de service ou d’urgence intervient sur l’accotement d’une route ou d’une voie publique, les automobilistes doivent obligatoirement ralentir et se déplacer d’une voie de circulation, afin de laisser tout l’espace nécessaire pour que l’intervention se déroule de façon sécuritaire. C’est une simple question de logique et encore plus dans des zones où la vitesse est élevée.

Maintenant qu’il y a eu mort d’homme, on se penchera sur les causes et la façon de prévenir que cela ne se reproduise. Peut-être en viendra-t-on à la conclusion que j’énonçais plus haut. Mais en bout de compte, le tribut est lourd à porter. À l’ère où la santé et la sécurité au travail alimente les campagnes préventives, on avait oublié celle-là. C’est un geste que nos policiers posent et répètent des milliers de fois par jour sur leurs territoires et je suis persuadé qu’ils se sont sûrement questionnés sur leur propre sécurité. Les gestes routiniers nous font baisser la garde et c’est pourquoi il faut prévoir l’imprévisible.

Alors automobilistes je vous le dis, soyez vigilants et lorsque vous doublerez une voiture de police ou de service sur le bord d’une route, gyrophares activés, ralentissez, changez de voie et laissez-lui de l’espace… Avant même que cela devienne une obligation !