L’année 2010 appartient déjà au passé. Il faut oublier ses mauvais jours et regarder vers l’avenir et ce que nous apportera la nouvelle année. Le temps passe très vite et il me semble que toute la frénésie du fameux bogue de l’an 2000, c’était à peine hier. Dix années plus tard il faut reconnaître qu’on a fait ce chemin à la vitesse grand V.
C’est le temps de souhaiter la bienvenue à 2011. Que nous réserve-t-elle ? Nul ne peut le prédire. Par contre, nous avons le pouvoir de bien l’amorcer et de la vivre pleinement. Alors quoi se souhaiter ?
D’abord et avant tout, la santé. Avec elle tout est possible et c’est un cadeau d’une valeur inestimable. Si vous l’avez déjà, conservez-la ! Si vous l’avez perdu, recouvrez-la !
Ensuite, avec tous ces embouteillages interminables des heures de pointes, je vous souhaite la plus grande courtoisie. Ne laissez pas les conducteurs pressés gâcher votre existence et faire monter votre pression. Souvent, on gagne un temps fou à prendre son temps. Syntonisez votre poste de radio préféré, écoutez de la bonne musique et relaxez !
Puis, prendre le temps de s’arrêter. D’observer et de voir ce qui se passe autour. Comment on peut apprécier souvent des choses ou des gestes simples tout juste en prenant une pause. Il y a toujours deux côtés à une médaille et il faut bien les saisir.
Je vous souhaite aussi beaucoup d’amour, celui qui nourrit le coeur et l’âme. Donnez de l’amour à ceux qui n’en n’ont pas. Soyez généreux dans vos sourires envers les autres et vos marques de tendresses envers vos êtres chers. Je vous rappelle cette extrait de la prière de l’amour « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. »
Finalement, on a tous des rêves. Je vous souhaite d’en réaliser le plus possible en 2011 et d’en garder quelques-uns en réserve pour les années futures parce qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte sur la fin du monde en 2012.
Si vous lisez cet article c’est que vous avez pris la bonne habitude de venir faire un tour sur mon bloque. Je vous remercie de votre assiduité et vous invite à continuer cette pratique.
Bonne et heureuse année.
Ce matin au réveil, le soleil luisait de tous ses feux même si le temps était frisquet. On a rapidement traversé la Caroline du Nord et en entrant en Caroline du sud, la chaleur a vite fait de nous faire remiser nos manteaux d’hiver et nos bottes… jusqu’à la fin mars. Quel sensation de faire le plein en chandail, autour de onze heures alors que le mercure frise les 18°C.
Plus tard on atteignait la Georgie avec un chaud 22°C et toujours le soleil. J’écris cet article du King George RV Park de Woodbine GA, un autre parc qui profite aux membres de Passport America; 16,25$ pour 30 ampères avec les trois services sur un site à entrée directe.
La journée s’est bien déroulée et Louise s’est tapée quelques petits roupillons éparses. Il faut dire que les Carolines ne sont pas les états les plus divertissants, côté paysages. C’est le calme plat tout comme leur relief sur plus de 376 milles… parce qu’ici c’est toujours en milles. On fait des arrêts régulièrement aux deux heures, deux heures et demi, plein d’essence oblige. Le réservoir sur la camionnette a une capacité de 98 litres alors vous comprendrez pourquoi on est si souvent aux pompes. Pour faire une comparaison, lorsqu’on avait l’autocaravane, on pouvait faire facilement 600 km avant de faire le plein, soit une ou deux fois par jour. Maintenant, c’est trois ou quatre pleins par jour avec notre équipement. Cependant il y a un avantage… On a moins de risque de s’endormir au volant parce qu’on se dégourdis souvent.
Demain, on entame le dernier droit vers notre destination, North Fort Myers, Floride. on devrait y être en milieu d’après-midi. Notre principale corvée les premiers jours, sera de décrotter le camion et la caravane de toute cette saleté que la météo et la route leur aura laissé. D’ici là, on se « reparle »…
Ah oui, j’oubliais deux choses ! Vous pourrez visionner nos photos dans l’album Floride – Hiver 2011, qui sera en marge droite du blogue dans la section Albums photos et pour ce qui concerne le combat extrême avec mes mouches estriennes, c’est maintenant Normand 31, Mouches 0.
Contrairement à ce que je vous écrivais hier, c’est au RV Resort at Carolina Crossroads que nous nous trouvons, soit 100 km plus au nord. Situé à Roanoke Rapids en Caroline du Nord, ce joli parc est un endroit de prédilection pour les voyageurs, comme nous, qui désirent passer une nuit, avec tous les services, dans un environnement sécuritaire. En plus, à 21,25$ la nuit pour les membres de Passport America, dont nous sommes, c’est toute une aubaine. Drôle de coincidence, on est arrivé juste après quelques campeurs de la Côte Nord qui se dirigent également à Pioneer Village, comme nous. On s’est serré la pince.
J’en ai aussi profité pour vidanger les lignes d’eau de leur antigel, pour se convertir à l’eau potable, puis repartir la pompe et le chauffe-eau. Le réservoir est plein et on peut maintenant prendre une bonne douche à l’eau chaude. Bref, mener une vie normale.
C’est aussi la première fois qu’on chauffe la caravane à une température de 22°C. Pas besoin de vous dire qu’on a eu la surprise de réveiller une bonne douzaine de mouches de Shefford, au ranch, qui avaient décidé d’enkyloser l’automne dernier. Verdict final; Normand 12, mouches 0. Je les ai complètement exterminées, du moins je l’espère. Gare à celles qui oseront dégeler… Elles subiront le même sort. Moi les mouches, je ne suis pas capable… C’est un combat à mort.
On a maintenant parcouru plus de 1400 km et on est à la moitié du voyage. Demain, on espère bien rejoindre la Georgie pour y passer la nuit en cette dernière journée de 2010. Présentement ici, il fait 6°C et le soleil s’est couché avec sa couverte orangée… Il fera beau demain.
On se « reparle »…
C’est d’Allentown en Pennsylvanie que je rédige cet article. Nous sommes confortablement installés au Comfort Inn de l’endroit, après que le WalMart, où nous devions nous arrêter, n’autorisait pas le stationnement de nuit. C’est tout de même un bien pour un mal, puisque c’était notre première option, de dormir à l’hôtel pour la première nuit.
Ce matin, Dame nature nous a réservé une de ses surprises en y allant de sa detestable bruine verglaçante. On aurait pu facilement s’en passer et c’est avec beaucoup de prudence qu’on a traversé la frontière. La chaussée est redevenue normale vers Lake George, NY, puis le soleil est apparu en milieu d’après-midi.
Ici, le mercure affiche un 3° Celsius et on prévoit du beau temps pour ce jeudi. On mettra le cap vers le camping RVacation à Selma, en Caroline du Nord. Tout se passe bien et on constate que la dernière tempête qui a secoué la côte est américaine ne s’est pas étendue jusqu’ici. Présentement, la couverture de neige est négligeable. Un dernier détail; l’essence se vend entre 2,95 $ et 3,59 $ le gallon par ici, du moins entre la frontière québécoise et la Pennsylvanie.
On se « reparle… »
La virtualité se défini comme le caractère de quelque chose d’irréel, d’imaginaire et qui n’occupe qu’une place dans nos pensées. Quelque chose qui n’est qu’en puissance; potentielle, possible. Elle nous empêche souvent de bien voir la réalité qui nous entoure. Voici une petite histoire pour l’illustrer et nous porter à réfléchir sur son sens bien réel…
Un jour, je suis rentré dans un resto et j’avais très faim… J’ai donc choisi une table discrète de manière à rester seul à réfléchir sur mon travail. J’ai commandé du saumon avec salade et de l’eau en essayant de garder mon régime. Dans l’attente, j’ai commencé à travailler avec mon ordinateur portable et au même moment je fus surpris de la voix qui venait de derrière…
– Monsieur, vous me donneriez un petit sou ???
– Je n’en ai pas mon petit…
– Mais seulement un petit sou pour un petit bout de pain…
Ma boîte était pleine de messages électroniques avec une belle musique qui me faisait rêver de Londres.
– Monsieur, demandez SVP qu’on me rajoute du beurre et du fromage sur le bout de mon pain !
Je me rendis compte que le gamin était encore à mes côtés.
– OK! Mais après tu me laisses la paix, j’ai du boulot.
Mon plat arrive et je demande au sommelier d’apporter un sandwich au petit mais le sommelier me demande si je voulais que l’on sorte l’enfant du resto. Ma conscience me disait le contraire et j’ai fini par lui dire :
– Laissez-le et apportez-lui quelque chose de mieux à manger.
Alors le gamin a pris place devant moi et me demanda :
– Monsieur, vous faites quoi ?
– Je lis mes e-mails.
– C’est quoi les e-mails ?
– Ce sont des messages envoyés par une personne via Internet.
Je savais qu’il n’avait pas compris et pour éviter une autre demande je lui ai dit :
– C’est comme si c’était une lettre, mais envoyée par Internet.
– Monsieur, vous avez Internet ?
– Oui, c’est important dans ce monde aujourd’hui.
– Et c’est quoi Internet ?
– C’est une place dans l’ordinateur où on écoute de la musique, on fait des recherches, on apprend à travailler, on partage et beaucoup d’autres choses mais dans un monde virtuel.
– C’est quoi le virtuel ?
Je décide donc de lui donner une réponse sachant qu’il ne comprendrait pas, mais pour qu’il me laisse finir de manger tranquille.
– Virtuel, c’est quelque chose que nous imaginons, quelque chose que nous ne pouvons pas toucher. Un lieu que nous créons au gré de nos fantaisies. On transforme le monde en ce que nous rêvons.
– Chouette… j’aimerais moi aussi !!!
– Tu as compris mon petit ???
– Oui, Monsieur, je vis moi aussi dans ce monde virtuel.
– Et toi tu as un ordinateur ?
– Non, mais mon monde est aussi comme le système virtuel. Ma maman passe la journée dans la ville, elle arrive tard le soir et souvent je ne la vois pas. Moi, je m’occupe de mon petit frère qui pleure toujours, il a faim et je lui donne de l’eau de manière qu’il pense que c’est du bouillon. Ma grande sœur sort toute la journée me disant qu’elle va vendre son corps, mais je ne comprends pas… Le soir elle rentre avec son corps… Mon père est en prison depuis longtemps. Et j’imagine la famille réunie à la maison avec beaucoup de manger et des jeux à Noël et moi qui étudie pour devenir un grand docteur un jour. Ça c’est virtuel, Monsieur ???
J’ai éteint mon portable avant que mes larmes tombent sur le clavier. J’ai attendu que le gamin termine de manger, j’ai payé et laissé le reste pour le petit. Il m’a récompensé avec un très beau sourire et un grand :
– MERCI MONSIEUR vous êtes un Maître.
Là j’ai eu la démonstration de cette virtualité insensée dont on vit chaque jour entouré par une cruelle réalité et souvent faisant semblant de ne pas la voir…
Noël est maintenant derrière nous et l’arbre et ses ornements ont retrouvé leur place dans la boîte. Plus que trois petits dodos et nous migrerons vers le sud pour les grandes vacances. Fini la neige, un mois c’est déjà beaucoup. Au moment où je rédige cet article, le nord-est américain subit une importante tempête de neige et on espère bien que l’accalmie sera là en milieu de semaine au moment où on traversera. J’ai scruté la météo et on ne devrait pas être incommodé par la température. Du soleil et quelques petits nuages sans plus, jusqu’au moment d’entrer en Floride; Thunderstorm… d’est en ouest. On n’a pas le choix et on devra faire avec. Remarquez que, comme le dit souvent notre douce et jolie Colette nationale… « C’est encore loin ».
Les préparatifs achèvent et la caravane est prête à prendre le large. Seulement quelques vêtements chauds pour partir et revenir, en attendant les gougounes et bermudas qui ne sont pas loin. Nous prévoyons mettre quatre jours pour atteindre notre destination mais on y va à notre rythme, sans se stresser ou se fatiguer. On a tout notre temps.
Comme l’hiver dernier, nous célébrerons la nouvelle année avec le beau-frère, la belle-sœur et les québécois campeurs qui s’y trouvent déjà. Justement, Francine et Jean-Guy, pour respecter la tradition, nous accueilleront avec le festin habituel, très apprécié après cette longue randonnée. Ils nous ont bien fait sentir qu’ils étaient impatients de nous retrouver et c’est réciproque.
Pour vous, chers lecteurs et lectrices, vous pourrez suivre notre voyage via le blogue. Comme c’est mon habitude, j’essaierai de vous faire partager virtuellement, ce qui se passe, là où l’été passe l’hiver. Oh je sais bien que certains d’entre-vous se rappelleront l’hiver dernier alors que la Floride s’était beaucoup refroidie mais rassurez-vous, l’important est que le sol soit d’un beau vert. Et puis seulement le fait de voir la neige aux nouvelles télévisées, nous fera apprécier la température. En éternel optimiste, je dirais que cela ne peut pas se produire deux années de suite, alors…
Cet hiver on aura de la belle visite. Lise et Sylvain s’amènent pour huit jours en février, histoire de se remettre d’un automne passablement éprouvant. On va leur faire découvrir notre environnement et les initier aux courses de chiens. On en profitera pour se la couler douce sous les palmiers, à la plage, rendre visite aux chevaux qui séjournent dans un ranch tout près, et leur faire découvrir quelques bons restaurants.
Finalement, nous reviendrons ragaillardis avec le printemps et la saison des impôts, un autre mal nécessaire… Mais ça c’est une autre histoire et on aura bien le temps d’y penser. D’ici là, avant de quitter, on va fêter notre princesse, la belle et pétillante Audrey-Anne, qui soufflera ses quatre chandelles. Hourra ! Encore beaucoup de bizous et de câlins.
En cette belle journée de la Fête de Noël, je vous souhaite beaucoup d’amour, de joie, de bonheur et de partage. Vivez cette journée avec votre coeur d’enfant pour qu’elle soit la plus belle de votre vie. Que le père Noël vous offre le cadeau tant désiré qui vous comblera. Que l’harmonie et la paix s’installe à jamais dans vos familles.
Au moment des réjouissances en agréable compagnie, ayez une pensée pour ceux qui ne mangent pas, qui sont seuls et pour les autres pour qui cette période laisse ou rappelle un mauvais souvenir.
Finalement, un gros merci à vous, chers lecteurs et lectrices pour votre cadeau d’assiduité.
Joyeux Noël !
Au bureau de poste, son travail de postier consistait à traiter le courrier qui était mal adressé ou dont les adresses étaient inexistantes. Un jour, il eut à traiter une lettre adressée d’une main tremblante à Dieu. Comme il ne pouvait la traiter, il pensa trouver une adresse de retour à l’intérieur. Il l’ouvrit et lut :
Cher Dieu,
Je suis une vieille veuve de 93 ans, qui vit sur une très petite pension. Hier quelqu’un m’a volé ma sacoche. Il y avait 100 dollars à l’intérieur, c’était le seul argent qui me restait jusqu’à mon prochain chèque de pension.
Dimanche prochain, ce sera Noël, et j’avais invité deux de mes vieux amis à souper. Sans argent, je suis maintenant incapable d’acheter de la nourriture pour les recevoir. Je n’ai pas de famille qui puisse m’aider, vous êtes maintenant mon seul espoir. S’il vous plait pourriez- vous me venir en aide ?
Sincèrement,
Edna
(En indiquant son adresse)
Le travailleur postal fut très touché. Il montra la lettre à tous ses confrères du bureau de poste. Chacun d’entre eux mit la main à sa poche et donna quelques dollars. Après avoir fait la tournée du bureau, il avait amassé 96 dollars. Fier de son coup, il en mit le contenu dans une enveloppe et la fit livrer à l’adresse de la vieille dame.
Pour le reste de la journée, tous les employés ressentaient un bien être intérieur d’avoir contribué à un beau geste de générosité. Noël vint à passer et quelques jours plus tard, une autre lettre apparut, adressée à Dieu, encore écrite par la vieille. Tous les employés s’attroupèrent autour du bureau de l’homme alors qu’il ouvrait la lettre. Il était écrit :
Cher Dieu,
Comment pourrais-je vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi ? Grâce à votre geste de générosité et d’amour j’ai pu recevoir dignement mes deux amis en leur préparant un magnifique repas de Noël. Ce fut une très belle journée et j’ai avoué à mes amis que si la chose a été rendue possible, c’est grâce à vous et au beau cadeau que vous m’avez fait.
Au fait, il manquait 4 dollars sur le montant. J’ai bien peur que cela ait été volé par ces enculés d’employés du bureau de poste.
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La famille au grand complet est réunie pour le repas avant la messe de minuit. La petite fille de 10 ans ne mange pas beaucoup, et elle garde le nez dans son assiette… Au bout d’un moment, elle dit :
– J’ai quelque chose à vous annoncer.
Le silence se fait et tous écoutent.
– Je ne suis plus vierge, et elle se met à pleurer.
De nouveau un long silence… et puis… Le père s’adresse à sa femme :
– C’est de ta faute, toujours habillée et maquillée comme une pute, tu crois que tu es un exemple pour ta fille ? Toujours à te vautrer sur le canapé, la chatte à l’air… C’est lamentable, c’est comme ça que les problèmes arrivent !
À son tour, la femme s’adresse à son mari :
– Et toi, tu crois que tu es un exemple ? À gaspiller ta paie avec des pétasses qui viennent parfois te raccompagner jusque devant la maison, tu crois que tu es un exemple pour ta fille de 10 ans ?
Et le père de continuer :
– Et sa grande sœur, cette bonne à rien, avec son copain chevelu et drogué, toujours en train de se tripoter et de baiser dans tous les recoins de la maison, tu crois que c’est un exemple ?
Et ça continue comme ça… tout le monde y a droit.
La grand-mère prend calmement sa petite fille par les épaules pour la consoler et lui demande :
– Alors ma petite fille, comment cela est-il arrivé ?
Et la petite de répondre en étouffant ses sanglots :
– C’est le curé…
La grand-mère :
– Comment ça le curé ?
– Le curé a choisi une autre fille pour faire la Vierge dans la Crèche de Noël.
Pendant sa tournée, le père Noël a toujours dans sa poche un peu de poudre de Noël.
Il en saupoudre sa hotte, pour qu’elle puisse contenir tous les jouets des enfants. Il en saupoudre les cheminées, pour qu’elles s’élargissent et le laissent passer. Il en saupoudre même le sapin, qui l’accueille alors avec joie et l’aide à disposer des cadeaux.
C’est une poudre magique qui lui rend de grands services. Pourtant, une fois, elle lui joua un drôle de tour !
Le père Noël avait déposé les cadeaux dans le salon de la dernière maison et il lui restait un peu de poudre dans le creux de la main à souffler sur la cheminée.
Comme il était bien enrhumé, il avait hâte de rentrer chez lui pour se mettre au lit et se reposer. Mais…
– Atchoum !
Il éternua et la poudre se dispersa sur les cadeaux.
– Par les bois de mes rennes ! S’écria le père Noël catastrophé, car déjà tous les jouets s’éveillaient.
Ils sortaient des paquets-cadeaux et se mettaient à jouer.
Les poupées défaisaient les rubans pour se les emmêler dans les cheveux et les petits soldats montaient à l’assaut de la commode.
L’avion de bois faisait tourner ses hélices, prêt à décoller, et le cheval à bascule trottait sur le tapis.
Le père Noël était débordé : dès qu’il rangeait un jouet, un autre passait derrière son dos pour le libérer de sa boîte.
Des gares s’étaient installées dans toute la maison et le train électrique ronronnait sur ses rails.
Les jouets riaient et s’amusaient comme des petits fous.
– Cela suffit ! s’écria le père Noël. Retournez dans vos boîtes. Les enfants vont bientôt se réveiller. Soyez sages maintenant.
Le père Noël avait beau tempêter, les jouets ne l’écoutaient pas et, aussitôt, ils recommençaient à se disperser et à jouer.
Le père Noël poursuivit les jouets pour les empêcher de faire des bêtises jusqu’au petit matin.
L’effet de poudre se dissipa enfin et, au premier rayon du jour, les jouets retombèrent, inanimés
Le père Noël se dépêcha de refaire les paquets-cadeaux. Il finissait le nœud du dernier ruban lorsqu’il entendit les enfants arriver.
Il s’engouffra dans la cheminée, mais eut bien du mal à grimper. Sans poudre, elle était très étroite.
Heureusement, les enfants étaient tellement pressés d’ouvrir leurs cadeaux qu’aucun ne fit attention aux nœuds pas très bien faits et aux petits nuages de suie qui tombaient de la cheminée.
Vraiment, Noël n’est pas une période de tout repos pour le père Noël !
Aujourd’hui, mon père de 81 ans, avait besoin de faire une réclamation à son assurance-collective afin de se faire rembourser ses médicaments. Rien de très compliqué, mais il fallait tout de même s’atteler à la tâche; rassembler les reçus et documents pertinents, remplir la formule de demande, additionner les montants, bref, la paperasse. Facile, me direz-vous, mais j’ai passé près de deux heures à « monter » le dossier, si je peux m’exprimer ainsi.
Tout d’abord, il faut deux exemplaires des documents, parce que les compagnies d’assurances ne les retournent pas, s’ils se perdent, tant pis pour nous ! On recommencera ! Ensuite, compléter le formulaire en répétant les mêmes informations. Renommer et donner les coordonnées de sa conjointe qu’il a depuis 60 ans, etc. ! Vous imaginez ?
Je dois dire que je me débrouille très bien avec toute cette bureaucratie mais ma réflexion se pose surtout vers les personnes âgées qui sont confrontées à de telles situations.
Fréquemment, on me demande de remplir des formulaires pour des personnes de mon entourage, qui sont complètement désemparées de devoir remplir des cases qu’ils ne comprennent même pas et je ne parle pas seulement des aînés. C’est de la redondance continuelle et on doit toujours répondre aux mêmes questions… et logiquement donner les mêmes réponses. Ça devient fastidieux.
Je ne vous apprends rien en vous disant que tantôt nous serons tous vieux et nous devrons aussi faire face à cette réalité. Notre vivacité de penser diminuera et la logique des choses aussi. Alors pourquoi on ne s’attarderait pas à simplifier les choses. À rendre les formulaires plus simples. À titre d’exemple, je me réfère au renouvellement de nos immatriculations et permis de conduire. Moi je les trouve simples. Dès la réception des documents, ils contiennent déjà les informations que la SAAQ possède dans ses dossiers. On corrige s’il y a lieu et si tout est exact, on signe et on paie. Voilà ! Simple et rapide !
Alors, je reviens à mon propos du début. Si on appliquait le même principe au moment de remplir notre demande de règlement d’assurance-médicament. On recevrait un formulaire pré-rempli avec nos coordonnées qu’ils possèdent depuis des lunes et il ne nous resterait qu’à faire les corrections requises, ajouter les données manquantes, puis signer et poster. Je sais bien qu’aujourd’hui tout se fait par l’internet, mais c’est souvent la même chose et les aînés ne sont pas très familiers avec cette technologie.
Depuis longtemps, circule une vidéo sur internet où le contribuable déblatère avec véhémence sur la déclaration d’impôt qu’il doit remplir et à chacune des questions, il blasphème en disant à son interlocuteur, qui est un fonctionnaire de l’état, que le gouvernement connaît déjà les réponses puisque c’est lui qui pose les mêmes questions depuis des années. C’est très drôle à entendre mais en même temps, ça démontre la stupidité à toujours répondre aux mêmes questions, à toujours refaire le même exercice.
Petit Louis n’était pas n’importe qui : sa maman s’appelait Cendrillon et son papa, le Prince Charmant. Il habitait dans un château avec ses nombreux frères et sœurs. Louis avait donc beaucoup de chance dans la vie. Pourtant, ce soir là, il s’ennuyait. Accoudé à sa fenêtre, il regardait tomber la neige…
– Bientôt Noël mon chéri ! dit une voix rieuse derrière lui.
Petit Louis se retourna. La bonne fée, marraine de sa maman, était dans sa chambre. Louis était son petit préféré : lorsqu’il s’embêtait, elle apparaissait toujours à point nommé pour le distraire
– Quel cadeau voudrais-tu cette année ? demanda la vieille dame en serrant Louis sur son cœur.
Les yeux du prince se mirent à scintiller :
– J’ai un rêve un peu fou… J’aimerais me transformer en père Noël pour faire moi-même la distribution des cadeaux.
La fée éclata d’un rire léger :
– Je vais t’aider à réaliser cette extravagance. C’est bien parce que tu es le fils de Cendrillon !
D’un coup de baguette magique, la fée fit apparaître une tomate, qu’elle transforma sur-le-champ en un splendide traîneau rouge à grelots. Elle demanda ensuite à Louis d’aller chercher huit libellules, car le prince en faisait un élevage dont il était très fier.
En un clin d’œil, les gracieuses créatures furent changées en rennes. Louis poussa un cri d’émerveillement. Leurs bois étaient translucides comme des ailes de libellules, leur pelage soyeux avait des reflets bleutés !
– J’ai presque fini, dit la fée. Il manque ton costume… Voilà. Ta barbe… Voilà. Et surtout n’oublions pas les cadeaux. Pourrais-tu me donner ta collection de billes ?
Abracadabra ! Les billes devinrent des paquets étincelants qui se rangèrent à l’arrière du traîneau.
– Amuse-toi bien, Louis. Évite de te tordre une cheville en glissant dans les cheminées ! Mais gare : au douzième coup de minuit…
– Je dois être rentré ! interrompit le petit père Noël en riant. Sinon, mon traîneau redeviendra une tomate.
Louis fila dans la nuit, galopa dans le ciel, visita toutes les maisons. Il s’amusait tant, qu’il ne voyait pas passer le temps ! Soudain, au bout du monde, en posant des cadeaux sous un sapin, il entendit sonner le premier coup de minuit. Il bondit vers la cheminée et remonta si vite qu’il perdit une botte ! Au deuxième coup, il sauta dans son traîneau. Les rennes démarrèrent à fond de train. Quelle course ! Au douzième coup, l’équipage était en vue du château. Louis eut juste le temps d’atterrir en catastrophe dans sa chambre. Le traîneau s’écrasa sur le parquet dans une flaque de jus rouge…
– Mmmmm ! Appétissante, la sauce tomate ! s’exclama la fée amusée. Ah, Louis, petit imprévoyant, tu es bien le fils de ta maman…

Une très triste nouvelle nous a frappés en plein visage ce matin. Sylvain a découvert notre jeune poulain Xilo mort, dans un coin de sa stalle au Ranch Kaymas, victime probablement d’une colique. Ce malaise est souvent mortel puisque le système digestif de l’animal est très fragile. Il venait à peine d’avoir 8 mois.
J’en suis très peiné puisque j’avais fondé beaucoup d’espoir dans ce cheval, tout noir comme je les préfère. Il était de la race des chevaux d’ici, un fier canadien, solide, robuste et bien adapté à notre climat.
J’anticipais aussi son entraînement, avec Lise, tout en apprenant les rudiments et la technique de la tâche. Je me disais que l’hiver passé, on pourrait s’y mettre sérieusement dès l’arrivée du printemps. L’été dernier, on avait aménagé la piste d’entraînement spécialement pour lui et on avait soigneusement préparé sa stalle pour qu’il y soit confortable. Le destin en aura décidé autrement.
Il faut dire qu’il n’a pas eu une courte vie facile. Dès son sevrage chez l’éleveur, il s’infligeait de sérieuses coupures sur tout le corps, en passant au travers d’une fenêtre pour tenter de retrouver sa mère. Après une convalescence de deux semaines, il était de nouveau sur pied, prêt pour son arrivée au ranch.
Après le cambriolage de l’automne, c’est une autre tuile qui s’abat sur le ranch et qui vient terminer 2010 sur une triste note. C’est aussi le premier cheval à mourir au ranch… Une autre fatalité qu’il faut apprivoiser.
Xilo aura marqué son court passage de belle façon, en démontrant de belles aptitudes à l’apprentissage. Je l’aimais beaucoup. Il n’aura fait que passer, mais son souvenir restera gravé dans ma mémoire à jamais.