La longue attente de Noël

Il était une fois un petit garçon et son gros chat qui rêvaient de surprendre le père Noël en train de déposer les cadeaux au pied du sapin.

Chaque année, lorsque le soir de Noël arrivait, Mathieu et Gaspard se cachaient derrière le canapé du salon, en face de la cheminée, pour essayer de l’apercevoir. Hélas, ils finissaient toujours par s’endormir et le père Noël passait pendant leur sommeil.

Cette année-là, Gaspard le chat eut une idée.

– Cache-toi derrière le canapé, miaula-t-il. Moi, je me coucherai devant la fenêtre du grenier. Je verrai le traîneau du père Noël ! Et aussitôt, je te préviendrai.

Mathieu et Gaspard s’installèrent chacun à leur place et l’attente commença.

Quand minuit sonna, Gaspard le chat dormait déjà profondément ! Mathieu lui, commençait à avoir faim. Il quitta sa cachette dans le salon et alla dans la cuisine pour se préparer un goûter.

Mais à ce moment, devinez qui se posa sur le toit enneigé ? Le père Noël bien sûr !

Il descendit par la cheminée du salon et, une fois arrivé dans la pièce, il s’assura qu’il n’y avait personne. Puis, il sortit les cadeaux de sa hotte et il les glissa sous le sapin.

Il allait repartir quand il sentit une bonne odeur de pain grillé et de chocolat qui venait de la cuisine.

– Mmm, se dit le père Noël. Je mangerais bien un petit quelque chose avant de repartir.

Pendant ce temps, les rennes qui piétinaient sur le toit réveillèrent Gaspard. Vite, il appela Mathieu :

– Viens voir, le traîneau du père Noël est sur le toit.

Mathieu abandonna son goûter et grimpa l’escalier en courant. Il regarda par la fenêtre et aperçut le traîneau sur le toit.

– Le père Noël est certainement dans la maison. Vite, descendons le voir.

Les deux amis dévalèrent l’escalier mais, quand ils arrivèrent dans le salon, la pièce était vide. Dans la cuisine, le père Noël avait fini de goûter.

– Mais où est-il ? se demandèrent Mathieu et Gaspard.

– Il est déjà repartit, dit Mathieu.

Ils remontèrent en courant au grenier. Mais ils n’allaient pas assez vite. Le père Noël, lui, était passé par la cheminée et ils virent seulement le traîneau du père Noël s’envoler, suivi d’une poussière d’étoiles et des tintements de grelots.

Mathieu et Gaspard scrutèrent longtemps le ciel étoilé avec l’espoir que le père Noël repasse dans leur quartier mais, au petit matin, ils finirent par s’endormir, épuisés par tant d’émotions. Le lendemain, ils pensaient avoir rêvé mais, dans la cuisine, à la place du chocolat chaud et de la tartine grillée, il y avait un petit mot :

« Merci, Mathieu, je me suis bien régalé.
 Joyeux Noël et à l’année prochaine. Le père Noël. »  
 

 

Histoire de Cédric Glaux
Illustration de Thérèse Bonté
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Le baobab et la forêt de sapins

Un jour, dans un coin reculé d’Afrique, Komi reçut une carte postale avec la photo d’un arbre de Noël merveilleusement décoré.

– Maman, je voudrais le même pour Noël ! demanda-t-il en montrant sa carte.

– Je n’en ai jamais vu d’arbre semblable, répondit-elle. Va voir le chef, peut-être sait-il ce que c’est ?

Komi alla trouver le chef du village.

– Grand chef, demanda-t-il, je voudrais cet arbre pour Noël !

Le chef regarda la carte avec attention et dit :

– Je n’en ai jamais vu par ici. Demande au sorcier, peut-être sait-il ce que c’est ?

Komi vit le sorcier, l’ancien, le guerrier, le postier… Sans succès. Personne ne connaissait cet arbre. Découragé, il s’assit au pied d’un baobab, sa carte postale à la main.

– Il est bien joli, ton sapin.

Komi leva les yeux, étonné.

– Eh oui ! C’est moi qui te parle, dit le baobab en riant.

– Vous connaissez tous les arbres ? demanda l’enfant plein d’espoir.

– Je crois que oui, répondit fièrement le baobab. Après tout, nous sommes tous un peu cousins.

– Je voudrais un sapin pour Noël. Où puis-je en trouver un ?

Le baobab réfléchit.

– Les sapins ne poussent pas dans le désert, dit-il. Mais demande au vent. Il pourra sans doute t’aider.

Regaillardi, Komi grimpa dans le baobab et s’adressa au vent :

– Ô toi le vent ! Je voudrais un sapin pour Noël !

– Houhouhouhou ! répondit le vent.

Satisfait, Komi rentra chez lui et attendit.

Peu après, un vent glacial souffla sur le village. Tous les habitants se mirent à claquer des dents de froid. Komi grelottait, lui aussi, mais il souriait : Le vent transportait de minuscules graines qu’il déposa à côté du baobab.

Quelques semaines plus tard, un vent chargé d’humidité souffla sur le village. Tous les habitants dégoulinaient de pluie. Komi ruisselait, lui aussi, mais il souriait : Le vent apportait des nuages qui arrosaient abondamment la terre à côté du baobab.

Puis, le vent s’en alla et les nuages avec lui. Il ne resta plus dans le ciel que le soleil qui chauffait. Komi rentra chez lui et attendit.

Bientôt le baobab vit apparaître à côté de lui des arbres minuscules. À Noël, une forêt de sapins lui tenait compagnie.

Alors, Komi appela tout le village pour que chacun choisisse un sapin. Et comme il n’y avait ni boules ni guirlandes, on inventa mille décorations : Personnages en papier d’aluminium, calebasses peintes, tresses de laine…

Lorsque le vent repassa dans la région, il souffla d’admiration : Jamais il n’avait vu d’aussi beaux sapins de Noël.

Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Évelyne Duverne
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Le fabuleux Noël du sous-marin

À bord du sous-marin, l’équipage s’ennuyait. Que la vie était triste et monotone au fond de l’océan.

– Dire qu’on est en décembre ! Soupira le matelot. Là-haut, sur terre, ils préparent Noël.

– Ma mère a dû faire sa fameuse bûche au chocolat, ajouta son voisin avec gourmandise.

– J’aimerais tant faire du patin sur les lacs gelés, regretta un troisième.

– Nous sommes même privés d’écrire au père Noël. Qui lui porterait notre courrier ? Se lamenta un autre. Oh, les amis, attention ! Une baleine à bâbord !

Les matelots se précipitèrent au hublot. L’animal géant se dirigeait vers le sous-marin. L’équipage songea à tirer. Mais la baleine avait accroché un drapeau blanc à sa queue pour prouver ses intentions pacifiques !

– Que voulez-vous, Madame la baleine ? demandèrent les marins par radio.

– Je viens chercher le courrier du père Noël. Je le remonterai au sec à la surface où un renne passera le récupérer,

Stupéfaits et enchantés, les matelots écrivirent leurs lettres et les confièrent à l’étrange factrice…

Quelques jours plus tard, le radar du sous-marin repéra un scaphandrier à l’approche.

Au lieu de se présenter par le sas d’entrée, sur le côté du sous-marin, le scaphandrier se dirigeait vers le périscope situé au-dessus… Quelle étrange manœuvre !

Il y eut ensuite un bruit de chute sous le périscope. Le père Noël, car c’était lui, était entré par là comme par une cheminée. Empêtré dans son scaphandre, il se débattait les quatre fers en l’air ! Les marins l’entourèrent, lui firent fête, l’aidèrent à se déshabiller.

– Je n’ai pas l’habitude de ce matériel encombrant ! dit le père Noël en riant. Mais j’ai toujours rêvé d’une plongée sous-marine ! Je suis venu vous apporter quelques petits riens…

Il tira de ses poches tous les cadeaux que les marins avaient espérés.

– Ce n’est pas tout, ajouta le père Noël. Je vous réserve maintenant la surprise du chef. Allez voir au hublot !

Un spectacle magique attendait l’équipage. Des millions d’étoiles de mer suspendues dans l’océan s’étaient allumées. Éclairé par leur lueur, le sable du fond scintillait : ses paillettes brillaient comme la neige. De longues algues vertes complétaient le décor. Les profondeurs de la mer s’étaient mises aux couleurs de Noël ! Les matelots étaient émerveillés… et le père Noël était le plus fasciné de tous.

– C’est encore mieux que sur terre, murmura-t-il, rêveur. Je devrais peut-être déménager sous la mer !

Histoire de Charlotte Grossetête
Illustration de Marie Quentrec
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Salmigondis d’un lundi matin

Enfin un petit lundi matin tranquille. La marmaille est à l’école, à la garderie et ça me permet d’écrire cet article. Je dis la marmaille parce que cette semaine nous nous occupons de nos petits enfants à Verchères, pendant que Pascal et Annie passent leur lune de miel sous le chaud soleil de Punta Cana en République Dominicaine. Vous comprendrez alors que la tornade est installée depuis vendredi et que la concentration pour l’écriture fait quelque peu défaut. On a perdu l’habitude des enfants. On se couche tôt et on se lève tôt. Mais les contes de Noël poursuivent leur chemin et, à la lumières des commentaires reçus, ils semblent faire l’unanimité. 

Le hockey demeure bien ancré dans nos mœurs
Samedi matin, Pierre-Olivier avait sa matinale partie de hockey, à l’aréna de Varennes. Comme beaucoup de parents, bien assis dans les banquettes froides ceinturant la patinoire, j’observais le déroulement de la partie en savourant le spectacle.

Des petites frimousses  de six et sept ans, se prenaient soudainement pour un Sidney Crosby ou un Daniel Brière et sa typique réaction après avoir marqué un but. C’est beau de les voir aller, fiers, audacieux et surtout dans un esprit de camaraderie, sans frustration, sans rudesse et sans combat. Un vrai jeu d’enfant.

En les regardant attentivement, je me disais combien ce sport est ancré dans nos mœurs, comment on a ça dans le sang, pour emprunter une expression populaire. Ces garçons et filles s’appliquent, quelque peu maladroitement pour certains, à imiter les grandes vedettes de ce sport. Même à ce jeune âge, ils ont développé un sens du jeu remarquable et une habilité déconcertante. Il suffit de passer une matinée à l’aréna pour voir combien ils sont heureux de s’amuser entre compagnons de classes. Ça vaut le déplacement… même si on doit se lever très tôt quelquefois.

Plaisirs de Noël
Hier soir, Louise et moi, avons assisté au spectacle Plaisirs de Noël de Patrick Norman, à la salle L’Étoile du quartier Dix30 à Brossard. C’était ma première visite à cet endroit et je dois dire que l’acoustique est formidable. Une belle salle moderne qui se configure au gré des spectacles qui y tiennent l’affiche. Des fauteuils très confortables où on ne se sent pas à l’étroit et avec une excellente inclinaison du plancher qui nous permet de bien voir la scène sans que votre voisin avant ne vous gêne.

Pour revenir à Patrick Norman, accompagné de trois autres musiciens, il a livré une performance très touchante où s’entrecroisaient les mélodies populaires de Noël et les succès du chanteur. Excellent guitariste dont la réputation n’est plus à faire, son medley instrumental des plus belles chansons de Noël était particulièrement réussi. Quelques larmes ont coulé lorsqu’il a chanté Souvenir d’un vieillard avec une expression bien émotive et dans un silence profond de la salle. Puis, reprenant son immense succès Quand on est en amour, il a fait plaisir à son public en la chantant parmi les spectateurs, très heureux de lui faire l’accolade ou simplement de lui serrer la main.

Un très beau spectacle même si le chanteur nous a avoué souffrir d’une labyrinthite présentement. Il a été généreux de sa personne et a convié les spectateurs à le rencontrer après le spectacle.

La neige, la pluie puis la neige encore
Bien triste temps que la météo nous réserve de ce temps là. Une première tempête de 25 centimètres la semaine dernière et voilà que la pluie abondante vient tout faire fondre, ou presque. C’est désagréable pour les amants de l’hiver mais pour le grand snowbird qui sommeille en moi, c’est inespéré. La caravane est prête à quitter l’entrée de garage pour se faire griller en Floride, alors vous comprendrez que moins il y a de neige, plus ça fait mon affaire. La neige pourra tomber après le 1er janvier, je m’en fous pas mal, même si je sympathiserai avec vous… de loin !

L’hécatombe des jeunes sur nos routes
Le journal nous apprend le triste sort des jeunes, décédés tragiquement sur nos routes en 2010. Si les records sont faits pour être battus, il en va tout autrement de celui-ci. Par contre, faut-il s’en étonner quand on offre à nos enfants de 4 ou 5 ans, des petites autos électriques, des cyclomoteurs à 14 ans des motocyclettes et des autos à 16 ans. C’est la mode aujourd’hui. On en fait des adultes à 12 ans avec des responsabilités longues comme le bras.

On ne leur laisse pas le temps de vivre leur enfance, leur adolescence et ils deviennent des adultes trop vite. Après, on se demandera pourquoi ils sont si téméraires, invincibles.

On brûle les étapes. À la campagne, il n’est pas rare de voir des jeunes de 10 ans, conduire le tracteur et un quatre-roues. Avant de conduire une bicyclette à deux roues, on devrait expérimenter le tricycle. Je suis pour l’obtention du permis de conduire probatoire à 18 ans et pour trois années. Un conducteur ne devrait pas conduire seul avant d’avoir 21 ans. On dit que la maturité vient avec l’âge, voilà le bon moment d’appliquer cette théorie.

Bon lundi !

Le père Noël a besoin de lunettes

Chaque année, avant son départ en traîneau, le père Noël passait sa visite médicale…

– Des lunettes ? dit le père Noël surpris.

– Père Noël, vous n’êtes plus tout jeune et vous ne voyez plus aussi bien qu’avant, lui répondit l’oculiste. Rappelez-vous les deux dernières années, vous vous êtes perdus dans le ciel ! Certains enfants ont eu leurs cadeaux très en retard !

– Vous avez raison, j’ai du mal à lire la carte, c’est écrit petit, avoua-t-il à contrecœur.

 Le Noël suivant, des petites lunettes rondes sur le bout du nez, il partit distribuer des cadeaux. Pour la lecture du plan, pas de problème ! Malheureusement, la nuit était si sombre qu’il ne parvenait pas à distinguer les maisons et il en oublia quelques-unes. Sa tournée finie, il revint à l’atelier et pleura à chaudes larmes :

– Ces binocles ne me servent à rien sans lumière ! Il faisait si noir… Je me suis encore perdu.

– J’ai une idée, s’exclama l’oculiste ! Demandons aux habitants d’allumer une bougie devant leur porte. Guidé par la lumière, vous circulerez dans le ciel comme en plein jour et n’oublierez aucune maison.

Le Noël suivant, le père Noël s’envola sur son traîneau et suivit les flammes dansantes. Cette fois-ci, rien ne pourrait gâcher Noël ! Tout se passait à merveille lorsque, soudain, un énorme vent souffla et éteignit d’un seul coup toutes les bougies.

– Oh, non, je ne vois plus rien, gémit le père Noël.

Il tenta de poursuivre son chemin, mais se perdit au milieu d’une forêt. Tout à coup, parmi les arbres, il aperçut des lumières bouger. Il écarta quelques branches et… Incroyable !

Des milliers de lucioles dansaient et chantaient. Il s’approcha sans faire de bruit, mais son pied heurta une racine et il tomba dans un grand BOUM !

– Qui êtes-vous ? demanda la reine des lucioles.

– Euh… Je suis le père Noël.

– Le père Noël ! Impossible ! En ce moment même, il distribue les cadeaux aux enfants.

– Bien, c’est-à-dire que je me suis perdu. J’ai quelques problèmes de vue et, sans lumière, je ne vois rien. Je suis désespéré, les enfants vont être si tristes de ne pas trouver leur cadeau sous le sapin !

– J’aimerais tellement vous aider… Peut être que nous pourrions vous éclairer !

Le père Noël, ravi, s’élança dans le ciel.

Toutes les lucioles formèrent une grande chaîne de lumière et l’accompagnèrent dans sa tournée. Les enfants virent le ciel scintiller de mille feux : ce fut la plus magique des nuits de Noël.

Histoire de Kathie Fagundez
Illustration de Thérèse Bonté
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Un cadeau original

Justin était un adorable petit garçon qui avait un seul défaut : il chantait très faux. La pluie se mettait à tomber dès qu’il entonnait le moindre refrain !

Ce matin de décembre, la maîtresse voulait apprendre à sa classe un chant sur le père Noël. Très flatté que l’on chante en son honneur, le père Noël s’était assis au-dessus de l’école sur un nuage confortable, pour profiter du concert. Un sourire éclairait à l’avance sa barbe soyeuse.

La maîtresse donna le signal du départ. Aux premières notes, le père Noël sentit ses oreilles vibrer. Le nuage qui lui servait de fauteuil creva dans une grosse averse. Pour ne pas tomber, le père Noël dut se retenir à une corde de pluie !

Dans la classe, la maîtresse se mit à rire. Elle savait bien qui provoquait cette tempête. Elle dit :

– Mon petit Justin, il va falloir que tu laisses les autres chanter…

Justin obéit de bon cœur et le chant recommença.

Cette fois, la musique monta harmonieusement jusqu’au père Noël. Mais celui-ci était triste. Il n’aimait pas savoir Justin à l’écart ! Il eut soudain une idée :

– Je vais faire un cadeau original à ce petit bonhomme. Je vais réparer ses cordes vocales !

Pendant ce temps là, Justin regardait distraitement la partition du chant. En bas de la page, le père Noël était dessiné sur son traîneau. Et voici que l’image s’anima : le père Noël s’était glissé dans le dessin !

Il fit signe à Justin de prendre place sur son traîneau. Occupés à chanter, les autres élèves n’avaient rien remarqué.

Ravi, Justin sauta sur le banc de bois et les rennes partirent au galop. Le traîneau s’éleva dans les airs, fit des loopings extraordinaires.

Justin riait à gorge déployée. Discrètement, le père Noël appela son lutin musicien qui était toujours à bord du traîneau pour accorder le tintement des grelots. Le lutin se glissa dans la gorge déployée de Justin et régla finalement ses cordes vocales !

Le travail terminé, le père Noël se fit transparent pour atterrir de nouveau sur la partition. Justin se retrouva donc dans la classe comme si de rien n’était. Sous l’effet du tournis, il se mit à chanter seul alors que tout le monde s’était tu… et sa voix s’éleva, pure comme du cristal !

À la fin du chant, la maîtresse murmura :

– Je ne comprends rien à ce qui vient de se passer, Justin… mais je n’ai jamais entendu une voix aussi parfaite.

Le père Noël, qui avait repris place sur son nuage pour écouter la fin du chant, hocha la tête d’un air heureux.

 
Histoire de Charlotte Grossetête
Illustration de Carine Sanson
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Bolduc sème du vent

Comme un gouvernement qui s’essouffle le ministre Bolduc y va de ses objectifs de réduction de dépenses de plus de 700 millions de dollars sur une période de trois ans. Encore des paroles en l’air, un écran de fumée de pelleteux de boucane. Avez-vous remarqué que lorsqu’un gouvernement a besoin de revenus, la mesure prend effet immédiatement et lorsqu’il est question de sabrer dans ses propres dépenses, c’est toujours échelonné sur plusieurs années.

Le poodle et son équipe ont pris le pouvoir en 2003 avec la promesse formelle d’éliminer complètement les listes d’attente. Où en sommes-nous ?  Même s’ils se disaient prêts, la situation n’a fait qu’empirer.

Les histoires d’horreur ne cessent de se multiplier. Il est de plus en plus difficile d’obtenir un simple rendez-vous avec un médecin en dedans d’un mois, une éternité pour les médecins spécialistes et une quasi impossibilité de dénicher un médecin de famille. Après ça, les médecins nous suggèrent de CONSULTER, lorsqu’une maladie ou un dérèglement survient. On veut bien, mais nos administrations de santé ne sont pas là.

C’est un constat d’échec sur toute la ligne et après ça le ministre Bolduc nous demande de le croire tout en promettant qu’il n’y aura aucune diminution de service. C’est ça que j’appelle semer du vent. Encore une intervention pour justifier son poste absolument inutile.

Au lieu de faire cette insignifiante annonce, il aurait dû se taire et continuer de ne rien faire. Moi, je ne suis plus capable de seulement le regarder. Vite, du balai !

Je rêve encore du jour où un gouvernement aura la volonté politique de réformer en profondeur notre système de santé, de mettre les priorités au bon endroit et d’éliminer complètement les listes d’attente. D’ici là, c’est le quotidien de toute la population qui est en péril.

Une montgolfière pas comme les autres

Le grand magasin brillait de mille feux. Les passants s’arrêtaient pour admirer les automates qui s’agitaient dans les vitrines de Noël. Il y avait des pères Noël qui escaladaient les cheminées, des étoiles baladeuses, des poupées qui ouvraient des cadeaux…

Il y avait aussi un ourson coiffé d’un bonnet rouge. Assis sur une montgolfière, il montait jusqu’à un croissant de lune scintillant. Chaque fois que l’ourson atteignait la lune, il la touchait et sa montgolfière redescendait.

Une petite fille qui regarda la scène pensa :

– On dirait que cette peluche s’ennuie !

Soudain, l’ourson cligna de l’œil, comme pour dire :

-C’est vrai, j’en ai assez de répéter les mêmes gestes. Cette fois, je vais monter jusqu’à la vraie lune !

Sa montgolfière se libéra du fil transparent qui la retenait et traversa la vitrine sans briser le verre.

La petite fille cria à l’ourson :

– Emmène-moi !

Elle sauta à bord de la nacelle.

La montgolfière s’éleva lentement au-dessus des lumières de la ville, traversa les nuages et pénétra dans l’espace. La flamme qui servait à gonfler le ballon se transforma alors en réacteur de fusée, et la montgolfière fut propulsée à la vitesse d’une comète.

Dans sa course, elle bouscule cent mille étoiles !

À l’approche de la lune, la montgolfière ralentit et se posa en douceur sur une plaine où régnait une étrange animation. Une foule de bonshommes couraient en tous sens, armés de ciseaux et de gros rouleaux de papier cadeau. Leur peau était très pâle ; ils portaient tous la même tunique blanche à boutons noirs.

– Qui êtes-vous ? demanda la fillette. Sa voix résonna dans le silence spatial car, malgré leur va-et-vient, les bonshommes ne faisaient aucun bruit.

– Nous sommes les Pierrots-la-Lune, chuchota l’un d’eux. Toute l’année, nous rêvons sans rien faire sur le sable lunaire. Mais à Noël, quel travail !

Le père Noël nous embauche pour emballer les cadeaux destinés aux petits enfants de la terre. Regardez ces tas de jouets, là-bas, si hauts qu’on dirait des montagnes ! Ils attendent d’êtres cachés dans des paquets étincelants.

– C’est magique ! s’exclama la fillette.

Elle ferma les yeux… et entendit un brouhaha de voix et de musiques.

– Tu es dans la lune ou quoi ? dit une voix bien connue derrière elle.

La petite fille se retourna, stupéfaite. Sa maman lui souriait. Elles étaient toutes les deux devant les vitrines du magasin !

La fillette se frotta les yeux pour sortir de son rêve. Avant de suivre sa maman, elle jeta un dernier regard à la vitrine. L’ourson, qui touchait la lune, lui fit un clin d’œil amical…

 
Histoire de Charlotte Grossetête
Illustration de Marie Quentrec
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

L’Atelier de la Neige

Un matin, une petite fée blanche frappe à la porte de l’Atelier de la Neige.

– Qu’est-ce que c’est ? demande le gardien d’un air sévère.

– Je viens pour travailler, répond timidement la petite fée. J’aimerais bien fabriquer de la neige.

Le gardien lui demande :

– Que sais-tu faire ?

– Je sais coudre, peindre, sculpter, dessiner…

– Mais, grommelle le gardien, nous ne cherchons pas d’artistes, mais nous avons besoin d’aide pour pousser des nuages ou remplir des arrosoirs de cristal.

– Mais je sais faire cela aussi, s’exclame la jolie fée.

– Alors, entre par ici, dit le gardien en lui ouvrant la porte.

Ce qu’elle voit alors l’émerveille : sur un énorme nuage, des milliers de fées et de petits lutins blancs volent en portant de tout petits arrosoirs taillés dans la glace pour remplir d’eau la centrineigeuse, une drôle de machine qui crache de la neige.

Des petits lutins blancs chargent la neige fraîche sur de minuscules nuages qu’ils poussent jusqu’aux limites de l’Atelier. Là, ils soufflent dessus et les nuages envahissent le ciel, déversant sur la Terre leur réserve de flocons.

Un lutin interpelle la petite fée :

– Dépêche-toi. C’est bientôt Noël, toute la vallée doit être recouverte de neige avant ce soir !

La petite fée travaille toute la journée en compagnie du lutin. Puis, quand arrive le moment de se reposer, elle s’assied dans un coin, fait des petits tas de neige et commence à les sculpter pour s’amuser.

– Oh, ces étoiles sculptées dans la neige sont très jolies ! s’exclame le chef de l’Atelier. Apporte-les vite à la centrineigeuse, elle prendra tes étoiles comme modèles pour fabriquer ses flocons.

Nous allons faire une belle surprise à tout le monde…

C’est ainsi que l’Atelier de la Neige se mit à fabriquer des flocons de neige étoilés. Et sur la terre, les hommes trouvèrent cela si beau que l’Atelier continua pendant des années, et continue encore…

Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Chantal Cazin
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

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La sorcière et le vendeur de sapins

Il était une fois un vendeur de sapins de Noël qui était un peu magicien. Chez lui, on n’achetait pas d’arbres en pots. Les gens repartaient de sa boutique avec une graine à planter chez eux : le lendemain, un sapin magnifique avait poussé dans leur salon.

Un jour, une sorcière se rendit au magasin pour acheter son sapin de Noël. Il y avait une queue. La sorcière bouscula tout le monde avec son balai :

– Ouste, laissez passer. Je déteste attendre ! Vendeur, je veux un sapin et que ça saute.

Avec un sourire moqueur, le vendeur alla chercher une graine dans ses sacs. La sorcière l’empocha et dit :

-Je ne vous paie pas, évidemment. Je déteste payer !

Et elle enfourcha son balai pour aller planter la graine dans son salon. Le lendemain matin, surprise !  Au lieu du sapin attendu, se dressait un cactus ! À ses piquants étaient accrochés des guirlandes dorées.

Tout en haut, à la place de l’étoile traditionnelle, se tenait un perroquet jaune qui salua la sorcière en ces termes :

– Bonjour repoussante sorcière ! Ce cactus piquant est ton portrait tout craché, Jacquot est content !

Furieuse, la sorcière fonça vers la boutique. De nouveau, elle bouscula toute la queue, pinça les joues des enfants au passage, et se planta devant le vendeur en disant d’une voix aigre :

– Je déteste les farceurs ! Si tu ne me donnes pas une vraie graine de sapin, je te transforme en crapaud !

Le vendeur se confondit en excuses :

– Comment ais-je pu, honorable dame, comment ais-je pu me tromper de sac ?

Et la sorcière repartit avec une autre graine.

Le lendemain, elle se trouva devant… un saule pleureur. Le long de ses branches étaient fixés des boules scintillantes et des lumignons.

Le saule se mit à sangloter :

– Bouh ouh, comment peut-on être d’une telle méchanceté ?

Ses larmes coulaient à flot, éteignant les bougies l’une après l’autre. La sorcière rêvait d’exploser de colère. Mais elle sentait une inexplicable gentillesse l’envahir ! C’est que le saule était magique : ses larmes étaient capables d’amollir les cœurs les plus endurcis…

Lorsque la sorcière retourna chez le vendeur, elle fit la queue comme tout le monde. En attendant, elle distribua des bonbons aux enfants et leur raconta de fabuleuses histoires de Noël. Le vendeur l’examina de loin.

Lorsque vint son tour, il lui fit un grand sourire :

– Bonsoir Madame ! J’ai pour vous une graine dont vous serez contente.

La sorcière le remercia avec une exquise politesse… sans oublier de le payer.

Le lendemain, dans son salon, elle trouva un sapin de Noël superbe, le plus beau qu’elle ait jamais vu.

Histoire de Charlotte Grossetête
Illustration de Thérèse Bonté
Source : 24 histoires magiques pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008

Papa se retrouve encore à l’hôpital

Décidément, l’année 2010 nous aura réservée son lot de visites en milieu hospitalier. Déjà qu’on s’y rend trois fois la semaine pour les traitements d’hémodialyse de mon père, voilà que sa condition médicale nécessite une chirurgie d’urgence. Ce qui me désole dans tout ça, c’est que cet épisode aurait pu être facilement évité.

Depuis qu’il a terminé ses traitements de dialyse péritonéale à la maison, le cathéter qu’il portait se trouvait désuet, donc il devait être enlevé au plus tard au début octobre. Après deux rendez-vous infructueux en clinique externe, le cathéter est toujours en place et on ne sait pas quand la chirurgie aura lieu.

Ce matin, pris de violents maux au bas ventre, il nous a fallu l’hospitaliser d’urgence et par ambulance. Après consultation auprès du personnel médical, il s’est avéré que le cathéter a provoqué une forte inflammation et infection de la région abdominale. Il sera opéré demain enfin ! Avec ce que comporte une chirurgie, si mineure soit-elle et dans sa condition médicale, nous souhaitons que tout se passe bien.

C’est malheureusement le sombre reflet de notre médecine de république de bananes. Les listes d’attente s’allonge dans toutes les spécialités de la médecine, sans que rien, absolument rien ne bouge. C’est décidément loin d’être facile.

Par contre, je dois féliciter le personnel médical qui s’est occupé de lui ce matin, de même que les ambulanciers qui ont procédé au transport. Ils étaient compatissants et à l’écoute des souffrances que mon père endurait. Il faut souligner leur travail exemplaire lorsque cela se produit. Voilà qui est fait !