Voici un texte que j’ai reçu, au hasard, par courriel. Il porte grandement à réfléchir sur la maladie d’Alzheimer. Avec toutes les blagues et le plaisir que sont les courriels, quelquefois il y en a un qui apparaît contenant un message important. Celui-ci, j’ai pensé le partager avec vous.
C’était un matin vers 8h30, j’étais très occupée quand un homme d’un certain âge, 80 ans environ, est arrivé pour faire enlever les points de suture de son pouce. Il disait qu’il était pressé car il avait un rendez-vous à 9 h. J’ai pris ses signes vitaux et lui ai dit de s’asseoir sachant que ça prendrait plus d’une heure avant que quelqu’un puisse s’occuper de lui.
Je le voyais regarder sa montre et j’ai décidé puisque je n’étais pas occupée avec un autre patient, d’évaluer sa blessure. En l’examinant, j’ai vu que ça cicatrisait bien, alors j’ai parlé à un des médecins, j’ai pris les choses nécessaires pour enlever ses points et soulager sa blessure.
Pendant que je m’occupais de sa blessure, je lui ai demandé s’il avait un rendez-vous avec un autre médecin ce matin, parce qu’il était pressé. L’homme me dit non, qu’il devait aller dans une maison de santé pour déjeuner avec sa femme. Je me suis informé de sa santé. Il m’a dit qu’elle était là depuis quelque temps et qu’elle était victime de la maladie d’Alzheimer.
Comme nous parlions, j’ai demandé si elle serait contrariée s’il était en retard. Il a répondu qu’elle ne savait plus qui il était, qu’elle ne le reconnaissait plus depuis 5 ans. J’étais surprise et je lui ai demandé :
– Et vous y allez encore tous les matins, même si elle ne sait pas qui vous êtes?
Il souriait en me tapotant la main et dit :
– Elle ne me reconnaît pas, mais je sais encore qui elle est.
J’ai dû retenir mes larmes quand il est parti. J’avais la chair de poule sur les bras et je pensais que c’était le genre d’amour que je veux dans ma vie. Le vrai amour, ni physique ni romantique. Le vrai amour est l’acceptation de tout ce qui est, a été, sera et ne sera pas.
Les gens les plus heureux n’ont pas nécessairement le meilleur de tout, ils s’organisent du mieux qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. La vie n’est pas d’échapper à la tempête mais de danser sous la pluie…!
S’il tombe plus de 250 centimètres de neige cet hiver, les déneigeurs privés vont facturer un dollar pour chaque centimètre qui dépassera cette limite. La raison invoquée; les pertes qu’ils ont subit l’hiver dernier. Seul le gros requin blanc de Jaws était aussi vorace et féroce qu’eux.
On l’avait vu venir celle-là. Ils nous en ont cassé les oreilles le printemps dernier. Beaucoup de contrats, pour ne pas dire la majorité, ont été révisés à la hausse cette année. Par contre, ils ne mentionnent pas les gros profits qu’ils ont réalisés au cours des dix années précédentes, sur le dos des mêmes clients, alors que la neige se faisait beaucoup plus rare. Les années de vaches grasses, on n’en parle pas mais, dès qu’une perte est enregistrée, on sort la calculette et on refile l’augmentation au client.
Ça me fait penser aussi à nos fonctionnaires municipaux et provinciaux. Ils signent des contrats avec les déneigeurs qui se terminent le 15 mars. Bien voyons donc; tout le monde sait qu’on est au Québec et qu’à chaque année il nous tombe une bonne bordée, fin mars début avril. Eux ils l’ignorent ! D’année en année, ils doivent débourser des millions de dollars supplémentaires pour déneiger la tempête tardive, que tout le monde sait qu’elle va arriver. Allo ! Je ne l’ai pas encore compris celle-là !
En plus, dès qu’une tempête est annoncée, on entend partout parler du coût faramineux de l’opération déneigement, avec l’appréhension qu’on va probablement défoncer le budget. Je rêve ou quoi ? On est pas au Mexique, où une simple bordée paralyserait le pays. On est au Québec et au Québec l’hiver “y neige”. Il me semble que c’est la logique même. Nos grand-parents ne cessent de nous raconter leurs hivers où la neige s’amoncelait jusqu’aux corniches des toits. L’équipement de déneigement n’était pas non plus ce qu’il est aujourd’hui et ils s’en sont sortis. De nos jours, nous profitons de la technologie et de l’équipement sophistiqué. Vous allez me faire croire qu’on redoute une bordée de 30 centimètres ? Foutaise.
Vas pour payer un supplément pour ce qui dépasse les 250 centimètres. Un contrat ça se négocie et se conclut à deux. Alors pour l’hiver prochain, on ne se fera pas jouer le même tour. Pourquoi pas ré-inclure cette clause tout en rajoutant que l’entrepreneur est tenu de rembourser au client, un dollar par centimètre en dessous des 250. Ce qui est bon pour pitou est aussi bon pour minou.
Soignons notre langue
Benoît Aubin signait ce matin, un billet dans les pages d’opinions du Journal de Montréal et je suis entièrement d’accord avec lui. La langue française est malmené constamment et personne ne réagit, à part quelques dinosaures dont je me fais un honneur d’en faire partie. Que ce soit dans l’affichage commercial et principalement sur Internet, c’est une profusion de fautes. En français parlé c’est aussi très décevant; écouter simplement la radio et la télé et vous vous rendrez vite compte de la piètre qualité de notre langue. Les animateurs usent d’un langage anglicisé au maximum et personne pour les ramener à l’ordre.
C’est malheureux d’en être arrivé là. L’éducation en est en partie responsable, de même qu’à la maison. On a qu’a faire un tour sur les sites de clavardages pour constater qu’à vouloir déformer les mots dans le but d’aller plus vite, ça devient carrément illisible et ça prend plus de temps à déchiffrer ce langage codé, que de l’avoir écrit correctement du premier coup. La ponctuation n’existe plus, les caractères accentués ont pris le bord et la syntaxe des phrases fait pitié.
Je vous pose la question; Combien de personnes, pensez-vous, prennent simplement la peine de relire ce qu’ils ont écrit ? À voir les textes, très peu ! Lorsqu’on se rend compte d’une faute, on devrait se plaindre et exiger les corrections. C’est une question de respect culturel et collectif, ici au Québec.
Deux dictionnaires devraient accompagner toute personne qui écrit; un orthographique et un autre grammatical. Déjà, pour ceux qui utilisent l’ordinateur, le logiciel Microsoft Word contient ces deux outils. Sans être infaillibles, ils offrent tout de même une bonne performance pour nous aider à mieux écrire. En 2009, on devrait s’efforcer de s’appliquer à écrire correctement. Il ne s’agit pas d’écrire avec des mots longs et difficiles mais de s’exprimer, par nos plumes et nos claviers de façon impeccable et dans un français sans fautes. On y gagnera le respect de nos lecteurs et notre crédibilité, à ce chapitre, en sera renforcée.
Des contraventions pour grossir les coffres de la ville
Et pourquoi pas ! Toute la journée, les journaux et tribunes téléphoniques ont largement fait état de cette question. C’est une taxe déguisée ? Oui, et après ! Je suis et j’ai toujours été pour le principe de l’utilisateur-payeur et je trouve que c’est en plein le cas, dans ce dossier.
Quelqu’un qui ne respecte pas les lois et règlements doit en subir les conséquences et en payer le prix. À force de recevoir des contraventions, les délinquants vont apprendre à marcher les fesses serrées. Indirectement, cette initiative aura une incidence sur la sécurité routière.
Évidemment, ça rapporte des sommes faramineuses dans les coffres d’une ville et c’est tant mieux. Pendant ce temps là, mes taxes n’augmentent pas. Imaginez si cela en serait autrement. Il faudrait bien que les villes aillent chercher cet argent à quelque part. Je paie déjà pour un un transport en commun que je n’utilise même pas et en plus, je paie une surtaxe sur mon permis de conduire parce mon agglomération est desservie par un tel service. Non merci ! Continuez votre travail messieurs les policiers. Ce n’est pas moi qui va s’en plaindre. Pour une fois, c’est le bon payeur qui paie pour SES fautes…
Certains parlent même de “trappes à tickets”. Je n’ai aucun problème avec ça. Les limites de vitesses sont faites pour êtres respectées et si elles sont imposées ce sont toujours pour des raisons très précises, logiques et défendables. Mais que voulez-vous ! On n’a qu’à regarder la conduite de beaucoup de conducteurs pour qui les panneaux de signalisation sont uniquement là pour meubler le décor. Dans le fond, je les remercie de faire en sorte d’empêcher mes taxes municipales d’augmenter drastiquement.
Hier, nous avons redonné au salon son air habituel et familier. Les décorations de Noël sont remisées jusqu’en novembre prochain. Les pièces de la maison sont plus grandes. Après deux grosses semaines où on ne pouvait faire la différence entre les journées, c’est le retour à la normale. Le train train quotidien reprend sa routine.
Ce n’est pas une mauvaise chose. Fini les copieux repas pris souvent à des heures irrégulières, les petites coches sur le régime et les p’tites-sandwichs-pas-de-croûtes. On s’en est bien permis durant ce temps d’arrêt, mais toute bonne chose a une fin. Imaginez si c’était comme ça à l’année. Non, c’est une bonne chose.
Même la neige, qui avait fait une petite trêve de quelques jours, reprend du boulot. Et pas à peu près. Selon Météo Média, le ciel va nous tomber sur la tête mercredi. C’est un peu loin, mais les prévisions parlent d’une bordée de 15 à 20 centimètres. Un dur retour à la réalité.
Les jeunes reprennent le chemin de l’école et les travailleurs celui du boulot. Il est encore temps de se souhaiter la bonne année, pour certains sans se faire la bise parce qu’enrhumés. C’est fou comme il y en avait du monde ces derniers temps, au prise avec cette calamité. Les microbes se promènent rapidement quand le mercure valse entre les moins vingt et plus dix, et que les baisers butinent.
Pour les plus patients, qui ont retardé leurs achats, les journaux et annonces vous inviteront à profiter d’offres mirobolantes à ne pas manquer. Les aubaines du siècle, comme les ventes du “boxing day” une semaine avant Noël. Les écoulements d’inventaires et la désertion des centres commerciaux auront pour effet de vous attirer. Vous pourrez en profiter, à condition de ne pas avoir chargé votre carte de crédit le mois dernier. Ça aussi c’est comme la grippe… Ça vous jette par terre, dès la réception du compte.
Finalement, les globetrotteurs fuiront nos cieux enneigés pour le chaud soleil du sud. Ça fait du bien au moral de couper l’hiver en deux. Un bon verre, sur le bord de la mer, bien calé dans une chaise de plage par une belle journée à 30°C, c’est pas désagréable. Même que quand on est là, on se pince pour savoir si on ne rêve pas et on se dit: « C’est pas croyable, faire si beau, à seulement quelques heures de chez-nous ». C’est pour vous faire rêver, les yeux fermés, que j’ai ajouté cette magnifique photos sur ce billet.
Bon, je divague… Je vois ma pelle et ma souffleuse qui me font un sourire narquois… Elles, elles savent pour mercredi !
Regarde dehors, par la fenêtre, toi l’amant de la nature. Devant l’amoncellement de neige sur ton Estrie d’adoption, quelques mésanges vont et viennent se gaver dans tes mangeoires. On est le 4 janvier et ton calendrier de vie marque une année de plus. Une journée qu’on n’oublie pas quand c’est notre fête. Le téléphone ne dérougit pas et on reçoit plein d’ondes positives, d’affection et d’amour.
Louise se joint à moi pour te souhaiter, mon cher André, une merveilleuse journée d’anniversaire. Ta générosité et ton hospitalité nous touche beaucoup et c’est maintenant ton tour de te faire parler d’amour. Tu ne fais pas ton âge. Continue de rester jeune et de t’émerveiller devant la toile que la nature te peint… Je pense que c’est un gage de longévité.
BON ANNIVERSAIRE ANDRÉ
L’orthographe est en version intégrale… pour faire plus drôle !
« J’ai été blessé par une dent de râteau qui m’est tombée sur le pied. La dent était accompagnée du râteau. »
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« Je suivais la voiture qui me précédait qui après que je l’ai dépassé m’a suivie, c’est alors qu’elle m’a choquée en plein derrière et m’a forcé par la choquer moi aussi le derrière de celle qui était devant. »
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« Circonstances de l’accident : est passé à travers une porte vitrée lors de l’opération "portes ouvertes" de l’entreprise. »
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« En avançant, j’ai cassé le feu arrière de la voiture qui me précédait. J’ai donc reculé, mais en reculant j’ai cabossé le pare-chocs de la voiture qui me suivait. C’est alors que je suis sorti pour remplir les constats, mais en sortant j’ai renversé un cycliste avec ma portière. C’est tout ce que j’ai à déclarer aujourd’hui. »
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« Je vous demanderais de ne tenir aucun compte du constat amiable. Vous comprendrez en effet que je fus brusquement pris d’une émotion subite : arrière défoncé, présence de la police, choc psychologique, tout concourrait à ce que je mette des croix au hasard. »
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« Vous savez que mon taxi est transformé en corbillard et que je n’y transporte que des morts. Mes clients ne risquant plus rien, est-il bien nécessaire que vous me fassiez payer une prime pour le cas ou ils seraient victimes d’un accident? »
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« Depuis ma chute, je ne peux plus me déplacer. Veuillez m’indiquer la marche à suivre. »
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« J’ai heurté brutalement l’arrière de la voiture qui me précédait. Mais grâce à mon casque, ma blessure au poignet est sans gravité? »
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« Chacun des conducteurs conduisait sa voiture. »
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« Vous m’écrivez que le vol n’existe pas entre époux. On voit que vous ne connaissez pas ma femme. »
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« Le camion s’est sauvé précipitamment sans montrer ses papiers. »
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« Je suis étonné que vous me refusiez de payer cet accident sous prétexte que je ne portais pas mes lunettes comme indiqué sur mon permis. Je vous assure que ce n’est pas ma faute si j’ai renversé ce cycliste : je ne l’avais pas vu. »
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« Le cycliste zigzaguait sur la route, tantôt à gauche, tantôt à droite, avant que je puisse le télescoper. »
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« Je vous ai fait remarquer que ce croisement est très dangereux vu qu’il y a deux routes qui se coupent juste à cette place là. »
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« Je n’avais pas vu la voiture arriver et quand je l’ai vue je n’ai plus rien vu. »
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« Je rentrai dans ma cariol sur la route de Gray. j’avais bu a cause de la chaleur deux blanc cassice a l’onseice. J’ai donc eu besoin de satisfaire une grande envie d’urine. Jé arraité la voiture sur le baur de la route prais d’un ta de pierres et de materiau rapport aux travois eczécuté mintenant pour l’élaictricitai.
Jé commencé a uriné et en fesan ce besoin, jé en maniaire d’amuzement dirigai mon jai en zigue saque a l’entours. Alors mon jai a rencontrai un bou de fille électrique qui etait par terre au lieu d’etre accroché au poto. Une grosse étincelle a soté sur moi et un grand coup m’a raipondu dans le fondement et des les partis que lotre medecin y appelle tete y cul. Je me suis évanouillé et quand je sui revenu dans la connaissance, jé vu que ma chemise et mon pantalon été tout brulé a la braguette. Je sui assuré par votre maison et je voufrai etre un demnisé. Jé droit a ce Con m’a dit et je vous demande votre opinion. Mais dommage son de 93 francs o plus juste.
Depuis le sinistre, jé les burnes toutes noires et ratatinés. ma verge est tuméfié, gonfle et violace. Le medecin a dit devant du monde qui peut répété : avec les faits nomaines électrics, on ne sait jamais. »
Sans vouloir faire de rétrospective de l’année qui s’achève, elle fut belle pour certains, ordinaire pour certains autres et carrément à oublier pour les autres. Un fait demeure; elle est à l’agonie et nous offre ses dernières heures.
La vie continue cependant et nous apporte 2009, qu’il faut voir avec optimiste. Comme un vêtement tout neuf, ça nous regaillardit ! On prend plein de résolutions, qu’on ne tient pas longtemps, mais qui nous donnent ce coup de pouce pour aller vers l’avant. On jette au recyclage les vieux calendriers et on en repart un qu’on a choisi et qu’on étale avec soin. C’est un vent de renouveau.
Dans cette allégresse, je veux vous souhaiter que 2009 soit pour vous la plus belle et la plus stimulante des années. Qu’elle vous apporte joie, bonheur, prospérité et surtout la santé pour accomplir tout ce dont vous êtes capable.
Soyez vous même, sensible et généreux. Même si ce n’est pas évident, efforcez-vous de toujours voir le bon côté des choses. Nos problèmes nous paraissent beaucoup moins grands et moins difficiles quand on regarde positivement leurs solutions. Rien n’arrive pour rien dans la vie. Il faut vous rappeler de ça.
Que feriez-vous si on vous apprenait que notre planète cessera d’exister le 31 décembre 2009 ? Moi je m’attaquerais à l’essentiel en laissant de côté le superflu et je vivrais au maximum afin de connaître et voir tout ce qui m’a échappé au fil du temps. C’est ce que je vous souhaite chers lecteurs et lectrices. Vivez l’année 2009 comme si c’était votre dernière; dans l’harmonie, l’amour et la paix. Bonne et Heureuse Année.
Par une nuit glaciale d’hiver, une petite fille marchait dans les rues, regardant les vitrines illuminées. C’était la veille du Jour de l’An. Les bras chargés de cadeaux, les passants se dépêchaient de faire leurs derniers achats. Mais cette petite fille-là n’attendait aucun cadeau. Elle vivait toute seule avec son père. Et malheureusement, il ne l’aimait guère.
Elle serrait un paquet d’allumettes dans ses petites mains bleuies de froid. Sa robe était déchirée. Le vent la faisait frissonner, et la neige sur les pavés brûlait ses pieds nus. Les lumières des vitrines allaient bientôt s’éteindre. Les passants rentraient chez eux. Elle était seule dans la rue.
« Je n’oserai jamais revenir à la maison, pensait la petite fille. Je ne pourrai pas dire à mon père que je n’ai pas vendu d’allumettes. Vraiment, je ne peux pas rentrer ! »
Entre deux maisons de pierre grise, la petite fille s’assit dans un recoin. Comme elle avait froid! Les flocons de neige mouillaient ses cheveux blonds.
« Je vais craquer une de mes allumettes, se dit-elle, ce la me réchauffera les mains. »
La flamme chaude et claire brilla dans l’obscurité. La petite fille s’imagina qu’elle était assise devant un bon feu, dans une salle à manger éclatante de lumière. Mais l’allumette s’éteignit, et la vision disparut.
Lorsqu’elle frotta une deuxième allumette, le mur gris devint transparent. Elle vit la table de la salle à manger, chargée de plats délicieux : une dinde rôtie, une bûche glacée décorée de fruits confits. Tant de bonnes choses qu’on ne savait par laquelle commencer. Mais lorsqu’elle étendit la main, la vision s’évanouit.
La petite fille fit craquer une troisième allumette. Elle se vit au pied d’un magnifique arbre de Noël. Une centaine de bougies étincelaient sur ses branches vertes. Enveloppés de papier d’or et d’argent, des cadeaux étaient entassés autour du sapin, et la petite fille savait qu’ils étaient tous pour elle. En haut de l’arbre scintillait une splendide étoile qui, soudain, tomba à terre. On aurait cru voir une étoile filante dans le ciel. Et la petite fille se souvint de sa grand-mère, la seule personne qui l’ait aimée vraiment. Avant de mourir, elle lui avait appris que les étoiles filantes montent vers le paradis.
« Comme je serais heureuse de revoir grand-mère ! » pensa la petite fille en craquant une quatrième allumette. Et voilà que sa grand-mère apparut, encore plus belle et plus souriante que lorsqu’elle était en vie.
« Ne me quitte pas, grand-mère ! murmura la petite fille. Je sais bien que tu partiras quand l’allumette s’éteindra. Emmène-moi avec toi, je t’en pris. » Elle frotta en hâte toutes les allumettes qui restaient dans le paquet. Il faisait plus clair qu’en plein soleil. Lorsque la dernière allumette s’enflamma, la grand-mère ouvrit les bras et prit sa petite fille avec elle. Et elles s’envolèrent ensemble.
L’allumette s’éteignit, et tomba des mains froides et sans vie de la petite fille. On la trouva morte le matin du Jour de l’An, assise entre les deux maisons grises. Elle souriait et paraissait heureuse. Personne ne savait que sa grand-mère était venue la chercher pour la mener au ciel.
Déjà deux ans de passés, ce 28 décembre. Je sais bien que tu es trop jeune pour me lire, mais ce billet sera encore sur ce blogue lorsque tu en aura la capacité. Pour l’instant profite de ta journée pour te faire dorloter et gâter.
Ce soir, tout le monde sera là pour souligner ton anniversaire et gonfler la récolte de cadeaux que le Père Noël vient à peine de te laisser. Tu es chanceuse, deux fois dans la même semaine à recevoir des surprises.
Alors, petit rayon de soleil, irrésistible enjôleuse, celle qui fait déjà chavirer les cœurs à deux ans, je te souhaite beaucoup d’amour et profites-en donc pour te barbouiller le minois avec le délicieux glaçage de ton gâteau d’anniversaire. Ça fait de superbes photos et tu feras décrocher un sourire à ceux et celles qui les verront. Je te fais la bise en pincette, petite princesse.
BON ANNIVERSAIRE AUDREY-ANNE.
Cette recette vous est proposée parce que je l’ai déjà expérimenté et je peux vous assurer qu’elle est tout simplement délicieuse. Essayez-la!
1 tasse d’eau chaude ;
1 paquet (120 g) de mélange à farce Stove Top plus faible en sodium, pour poulet ;
1 livre (454 g) de poitrines de poulet désossées et sans peau, coupées en bouchées ;
1 boîte (10 oz liq. Ou 284 ml) de soupe crème de poulet concentrée ;
1/3 de tasse de crème sûre ;
3 tasses de légumes mélangés surgelés dégelés et égouttés (je suggère la macédoine de légumes Artic Garden) ;
Sel et poivre au goût.
Préparation :
Chauffer le four à 400°F. Ajouter l’eau chaude au mélange à farce ; remuer jusqu’à ce que le mélange soit à peine humide. Réserver ;
Mélanger le poulet, la soupe, la crème sûre, le sel, le poivre et les légumes dans un plat à cuisson de 9 x 13 pouces ; garnir de farce.
Cuisson :
Cuire 30 minutes ou jusqu’à ce que le poulet soit entièrement cuit ;
Saupoudrer de fromage râpé pour les 10 dernières minutes de cuisson.
Donne 4 à 6 portions
Source : http://www.kraftcanada.com/
L’un des auteurs québécois parmi les plus connus, Claude Jasmin est (ou a été) céramiste, acteur, marionnettiste, critique d’art, professeur d’histoire de l’art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc. En parcourant son blogue, je suis tombé sur ce conte de Noël, diffusé sur les ondes du 98,5 FM en 2001, dans le cadre de l’émission matinale de Paul Arcand. Il me fait grand plaisir de vous le faire partager intégralement, avec l’aimable permission de l’auteur.
À chaque année, à Noël, nous allions chez mémeille Jasmin, à trois coins de rue de chez nous.
Elle était ” la riche ” de la famille. Elle avait un arbre de Noël géant avec un assortiment de boules compliquées, des guirlandes d’or et d’argent, des lumières multicolores clignotantes. Chez nous, juste une crèche, papa le pieux, papa le peureux craignait trop les incendies.
Chez mémeille Jasmin, au 7453 St-Denis, la maison nous semblait luxueuse, tapis de Turquie dans le couloir, au boudoir, au salon, dans cette salle à manger avec beau buffet, ” side board “, argentier, vaisselier de bois sculpté. Les murs de sa demeure était en relief, du ” graphtexe “, disions-nous. Il y avait vitraux colorés au dessus des fenêtres, ” foyer ” artificiel avec et une machine lumineuse rotative, faisant rougeoyer les charbons de vitre noire.
Oh, que nous aimions cette visite de Noël ! Mémeille-la-riche veuve, nous donnait à chacun un gros cadeau, étrennes rares. Le matin de Noël, nous avions dans nos bas suspendus, une orange, une banane, deux bonbons, deux flûtes de papier.
Habitait chez mémeille, le frère de papa, mon oncl’Cléo, Léo de son vrai nom. Le benjamin de mémeille était cantinier du CiPi Ar, Montréal-Québec, Québec-Montréal. Il me prenait comme ” helper ” parfois. Je l’aidais, avec un harnachement lourd pendu au cou, à vendre ses sandwiches, ses eaux gazeuses. À Québec, nous couchions dans une petite chambre mansardée, rue St-Louis. Je me pensais à Paris chaque fois. Je voyageais, moi ! Je voyais du monde, j’avais vu le Château Frontenac avant mon frère et mes sœurs ! J’avais déjà rencontré Monsieur Duplessis, en personne dans ce train. Il fumait son cigare, avait bu de mon jus d’orange, m’avait donné un dix sous de pourboire avant de reprendre ses palabres avec ses sbires au fond de son wagon.
Mon oncle ” Cléo ” aimait rigoler, pas comme mon père faux franciscain à la triste figure du Tiers-Ordre L’oncle Léo était le parent le plus joyeux de notre tribu. A chaque fête de Noël chez mémeille, mon oncle Cléo invitait Vila, son homme à tout faire, son grand ami ” Vila “, qui se nommait Ovila. Ce Ovila me fascinait. Il jouait des claquettes avec des os de cochon, de son harmonica, véritable ruine babines, aussi de la guimbarde qu’on appelait une ” bombarde “. Ovila, bout en train excentrique, nous faisait danser des gigues, nous entraînait, les enfants dans des chansons à répondre ” envoyeille , envoyeille, la tite jument! ou : ” y a des hommes de riens qui y viennent et qui y viennent! “. Un animateur d’une énergie rare l’ami de Léo.
Chaque Noël, on avait hâte, les enfants, de revoir ce bout en train pourtant décharné, au visage osseux, blanc comme un drap mais si plein de vie. Je vous raconte une découverte à ne jamais oublier en cette veille de Noël de 1940. J’avais 9 ans. Oncle Léo me téléphonait : Mon p’tit Claude, cette année , mon Vila veut pas venir fêter. Y dit qu’il y a de la maladie chez lui, son plus vieux, Amédée. Quoi ? Je découvrais que notre saltimbanque annuel avait une famille et un enfant malade ? Il était donc un papa comme j’en avais un ! J’étais tout surpris. On s’imaginait, l’égocentrisme des enfants, que le joyeux drille Ovila, était une sorte de bouffon sorti de nulle part. Un clown descendu du ciel pour le bonheur de la famille chez mémeille Jasmin.
Oncle Léo ajouta : ” Vila t’aime bien. Tu vas venir avec moi et on va aller le convaincre, on va y secouer les puces, un Noël sans lui, ce serait pas un vrai Noël. ” J’étais d’accord. Mon oncle s’amena dans sa Ford rouge vin et en voiture !
” Où est-ce qu’il habite, votre ami Ovila ?
” Je sais pas, j’y suis jamais allé. Regarde, j’ai griffonné son adresse sur mon paquet de Players, c’est de l’autre coté du fleuve. Rive Sud. Près de Longueuil. Derrière la banquette de la Ford, il y avait des tas de sacs remplis de vieux journaux.
” Pourquoi tous ces sacs, mon oncle ?
” Ah ça, c’est lui qui me demande ça. Mon Vila dit que ça y fait du calfeutrage, mes vieilles gazettes. Il est pas riche, tu sais.
Cela aussi m’étonnait. Non pas qu’il soit pauvre! mais que cet artiste puisse avoir des besoins si réels. Oui, ce grand désossé n’avait eu jusqu’ici aucune réalité vraie. J’allais rencontrer chez lui le bouffon de nos Noëls rituels, dans un autre cadre, dans sa maison. On traversa le Pont Jacques-Cartier.
Mon oncle Cléo stoppa à une garage pour demander où se trouvait l’adresse fournie. Le garagiste, la fumée lui sortait de la bouche, se pencha à notre portière:
” Oh, ça, là, c’est en bas, en arrière de Longueuil, c’est un trou de misère, c’est Jacques-Cartier. Les chômeurs de la ville s’installent là, sans permis ni rien. B’en souvent : y z’ont pas d’égout et pis pas toujours d’aqueduc pour l’eau courante.
Diable ! Ovila vivait dans la misère ! C’était incompréhensible. Un homme si chaleureux, si gigotant.
” Combien il a d’enfants Ovila, mon oncle ?.
” Je sais pas trop, quatre, cinq , je sais pas . Je l’ai connu au ” Ci Pi Ar “, mais il a perdu vite sa job. Il savait rien faire au fond. Moins bon que nos nègres pour porter les valises. ”
Quoi ? Ovila, un bon à rien ? Lui qui savait si bien raconter des blagues, qui jouait si bien de sa musique à bouche. Qui savait faire danser toute notre tribu, un bon à rien ?
Je me réveillais rapidement.
Au sud de Longueuil, on a vu une pancarte : ” Ville Jacques-Cartier. Défense de ” dumper ” partout. ” Défilaient des rues de maisons plutôt sinistres. Des murs rafistolés avec des annonces rouillés de Kik, de coke de pepsi, de seven up. Des placages bizarres, des rafistolages inouïs, morceaux de bois vermoulu, restants de prélart, planches décolorés, des portes sans peinture, des fenêtres aux carreaux brisés, aux rideaux de guenille souillée.
Aux carrefours, des silhouettes louches, courbées, mains aux poches, collets relevés, se faufilaient, semblant fuir des ombres indiscernables. Ma foi, j’étais dans un conte de Charles Dickens !
Par ici pas de couronnes de guy aux fenêtres, aucun sapin lumineux comme dans notre rue Saint-Denis. Enfin, la rue indiquée !Enfin l’adresse, peinturluré sur un bout de plywood noirci. C’était là.
” Ouaille, dit Oncle Léo, c’est un shack branlant, y a pas à dire. ”
Le garagiste avait expliqué :
” Méfiez-vous, c’est plein de monde croche par là, des voleurs, de la ” tite pègre ” vit dans ces baraques “.
On a stationné. la Ford. Coups de klaxon de mon oncle. Ovila apparaît dans la porte. C’est bien lui, il sourit, tousse, crache. Mon oncle gueule :
” On vient te charcher par la peau du cou “.
Notre clown, plus blanc que jamais, éclate de rire.
” Mon Vila, on va se prendre à deux, mon neveu pis moé, pour te convaincre pour Noël, demain. Tu peux pas nous faire ça, Vila !
Ovila grelotte dans sa vieille veste de laine grise rapiécée, se penche dans la voiture;
” Ah bin, mon Léo, tu m’as pas oublié. ”
Il s’empare des sacs de vieux journaux, tout content. On sort, on marche vers sa demeure. Un filet de fumée très noire s’élève dans ce ciel de veille de Noël. Nous entrons. Des odeurs de moisi assaillent nos narines. Il n’y a pas de salon, ici, pas de tapis de Turquie, pas de murs de ” beurlap “, pas de vitraux aux fenêtres. Il y a un espace central, un gros poêle à bois qui boucane, une longue table, des chaises parfois sans dossier, un banc bancal. Au plafond pendent deux guirlandes de papier crêpelé. Une demoiselle à jupette, déguisée en père Noël, tournicote sous la lampe à poulie, elle tient un cierge allumée, dans l’autre main, un cahier à musique, c’est une annonce cartonnée des chocolats Laura Secord. Au fond, dans deux enclaves avec des portière de vieux rideaux en lambeaux, des lits. Dans l’un, cet Amédée malade qui renifle. Une fillette peigne une poupée ruinée, manchote.
Deux petits garçons, assis sur le prélart délabré, se font un jeu de blocs avec des retailles de bois. Gêné comme moi, oncle Cléo distribue des cannes de bâton fort aux enfants, tente de les faire rire en imitant ” Woody Woodpecker “. L’épouse de notre clown merveilleux, traits tirés, cheveux défaits, le tablier taché, est étendue sur un divan crevé, nous fait signe de parler moins fort, indique le coin du Amédée tousseur. Tous nous regardent sans sourire, puis Ovila nous conduit au fond d’une chambre, on découvre dans une caisse d’oranges vide! un bébé naissant !
” Oui, mes amis, c’est notre nouveau né, c’est notre cadeau de Noël. Il est né à minuit, avant-hier. C’est le docteur Ferron qui est venu délivrer Albina. ”
La mère aux dents cassées dit :
” On va le faire baptiser après-demain. Devinez comment on va l’appeler ?
Ovila prend le poupon dans ses maigres bras et dit :
” Noël, évidemment, Noël Vironneau. C’est notre petit Jésus. ”
Je savais plus où me mette. Je n’avais jamais vu la misère, celle dont nous parlait le curé, les frères à l’école. Je m’imaginais qu’il n’y avait que nos petits chinois à dix cents pour connaître tant de pauvreté. Mon oncle s’accroupit près de la caisse d’orange et resta muet un long moment puis, à ma grande surprise il entonna d’une voix enrouée :
” Il est né le divine enfant, jouez hautbois, résonnez musettes! ” Ovila, lui, chanta : ” Dans cette étable que Jésus est charmant qu’il est aimable, dans son avènement! Il est tout à la fois! ”
Toute la famille Vironneau entonna le cantique. Je me taisais. J’avais plus de voix. C’était une veille de Noël étonnante. C’était une drôle de ” crèche de Betléeem ” à Jacques-Cartier, si loin des pays arabes de nos images pieuses. Pas si loin ce chez moi. Je sortis le peu d’argent gagné à servir des messes, le mis près de la caisse d’orange-berceau. Oncle Léo m’imita, il sortit deux cinq, deux deux, des dollars tout fripés.
” Tiens mon Vila, c’est pour leur acheter des petites douceurs demain à Noël.
Bien catéchisé, je songeais à Joseph et Marie. Ici, il n’y avait ni bœuf ni âne. Il n’ y avait que deux poules près de leur cabane, et un coq aveugle. Ovila remercia, sortit son harmonica et joua,
mélancolique, ” Un Canadien errant “. Il fallait partir.
Rendu dehors, l’oncle Léo dit : ” Demain, tu viendras pas ? C’est définitif ? Si tu viens, tu repartirais pas les mains vides ? ”
Ovila regarda dans la fenêtre sa femme avec son petit-Jésus nommé Noël dans les bras et finit par dire :
” Bon, okay, Léo, je vas y aller. Mais pas longtemps. Pis merci encore pour tes sacs. ”
J’avais remarqué les gazettes cloués partout sur les murs contre le froid du dur hiver québécois.
***
Le lendemain, chez mémeille Jasmin, quand Ovila entonna son ” Minuit Chrétiens “, puis : ” Les anges dans nos campagnes! ” et le : ” Ça bergers assemblons-nous! ” j’étais comme ailleurs, en arrière de Longueuil. Je songeais à la crèche-caisse d’orange. Je me disais :
” Ça peut donc être vrai, un Jésus né dans une étable ! ”
Ovila nous encourageait à entonner en chœur :
” Il est né le ” divine n’enfant ” !
Je remarquais qu’il avait les yeux pleins d’eau notre ” joker “, notre bouffon blanc, inconnu jadis, qui avait une famille mal cachée derrière des annonces de coke et de pepsi. Alors, à ce Noël de 1940, j’ai moins mangé de gâteaux, de friandises, j’en cachais partout pour les offrir à Ovila avant qu’il s’en aille vers sa crèche du côté de Longueuil.
Joyeux Noël à ceux qui ont le ventre plein, ” itou ” aux ” ventres vides ” du mauvais sort !
Noël c’est l’amour, comme le dit la chanson. C’est aussi le temps de partager et faire la paix. J’ai déjà reçu mon premier cadeau de Noël, en retrouvant mon frère et sa conjointe, dont nous étions séparés depuis près de onze années. Je ne peux demander mieux.
Comme à chaque année en cette période, des événements, des situations, des paroles, des gestes et des chansons, nous portent à réfléchir sur le sens véritable qu’on doit donner à cette Fête. L’émotion est tantôt triste, tantôt joyeuse mais elle est toujours plus présente. Moi par exemple, je regarde les enfants avec émerveillement. Ils sont ce qu’il y a de plus naturel, de plus vrai et de plus sincère dans notre monde d’aujourd’hui. Évidemment, ils n’ont pas l’expérience des grands mais ils ont cette capacité de se fâcher pour un rien, puis de pardonner et se jeter dans vos bras la seconde d’après en vous réclamant le plus beau des câlins, dans un je t’aime retentissant. Il faut marquer un temps d’arrêt. Apprécier ce que l’on a et s’alléger le coeur.
Au hasard des courriels que je reçois, il y en a un qui m’a touché dernièrement et que j’aimerais partager avec vous. Vous l’avez peut être déjà reçu, ou lu rapidement. Quoi qu’il en soit, lisez-le attentivement en essayant de vous mettre en situation. Même s’il déclenche une larme, il est criant de vérité et de sagesse, tout en se prêtant bien à ce temps de réflexions;
Un 23 décembre, j’étais à l’aéroport écoutant secrètement un père et sa fille. Elle devait partir dans un autre pays rejoindre son mari et ses enfants pour fêter Noël auprès des siens.
Le père serra très fort sa fille et lui dit : « Je t’aime, je t’en souhaite juste assez ! »
Elle se leva la tête et dit à son père : « Papa, la vie avec toi est beaucoup plus qu’assez. Ton amour envers moi a toujours été plus que j’aurais souhaité. Je t’en souhaite juste assez aussi papa ! »
Ils s’embrassèrent puis elle partit. Il marchait le long des vitrines tout près d’où j’étais, regardant sa fille disparaître au loin. Je pouvais voir dans son visage qu’il n’avait qu’une envie, c’était de pleurer. Je ne voulais pas m’introduire dans sa vie privée mais il me regarda; puis, il me dit : « N’avez-vous jamais eu à dire au revoir à quelqu’un en sachant que ce serait la dernière fois ?»
« Oui » lui ai-je dit. « Pardonnez ma question mais, pourquoi c’est un ultime au revoir ? » lui demandai-je.
C’est alors qu’il me regarda d’un air triste et dit: « Je suis vieux et elle demeure trop loin. Le prochain voyage que je ferai sera mes funérailles. Je suis très malade mais je ne lui ai pas dit car je ne veux pas qu’elle s’en fasse pour moi. Je veux qu’elle vive sa vie comme si de rien n’était . »
« Mais lorsque vous lui disiez au revoir, je vous ai entendu dire : « Je t’en souhaite juste assez », que cela signifie-t-il ? »
Il commença à sourire et dit : « Ce souhait, nous le faisons depuis des générations dans ma famille. C’est une tradition que nous continuons à suivre et on le dit à tous ceux qu’on aime . »
Il prit une pause, regarda vers le ciel et cherchait à se remémorer les détails. Soudain, il se mit à sourire de nouveau et commença : « Quand nous disons à quelqu’un : « Je t’en souhaite juste assez », nous lui souhaitons que sa vie soit remplie avec juste assez de bonnes choses pour pouvoir les apprécier. »
Il se mit à marcher de long en large en demeurant près de moi et se mit à dire :
« Je te souhaite juste assez d’expériences, bonnes ou mauvaises, pour garder une attitude brillante.
Je te souhaite juste assez de pluie pour apprécier le soleil.
Je te souhaite juste assez de bonheur pour garder ton esprit vivant.
Je te souhaite juste assez de douleur afin que les petites joies te paraissent plus grandes.
Je te souhaite juste assez d’argent pour satisfaire tes besoins et ainsi, tu apprécieras les surplus. »
« Je te souhaite juste assez de perte pour apprécier ce que tu as.
Je te souhaite juste assez de Allo pour ne pas avoir trop de derniers Au revoir . »
Puis il partit…
Je crois que trop souvent nous nous attendons à avoir une vie parfaite avec tout ce que cela comporte. Nous avons tous besoin de se faire rappeler que s’il n’y avait pas de moments pénibles dans la vie, nous ne pourrions apprécier les bons.
Je vous souhaite donc à vous tous, chers lecteurs et lectrices, le plus beau des Noëls… et juste assez pour vous combler.