Un destin de petits téteux

La Une

C’est arrivé encore une fois. Quoi donc ? À Toronto, dans le cadre du Match des étoiles de la LNH, l’hymne national canadien a été chanté exclusivement en anglais. Encore une fois. Les gens de Toronto ont-ils oublié le français ? Ont-ils jugé que ce n’était pas assez important ?

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NDLR : Dans certaines villes américaines, lors du passage des Canadiens de Montréal, on a la délicatesse de chanter une partie de notre hymne national en français. Pas à Toronto !

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Franchement, on s’en fout.

Car les faits sont là : il devient de plus en plus banal d’oublier la langue française.

Évidemment, nos fédéralistes braillent en public. Ils déchirent leur chemise, ou font semblant de la faire. C’est la politique des sanglots et des lamentations.

On se plaint, on chouine, on chiale, on rêve même de montrer ses dents, mais à la fin, on se couche.

Car en dernière instance, nos fédéralistes finiront toujours par prendre leur trou et accepter ce pays tel qu’il est.

Ce sont des inconditionnels du Canada.

FÉDÉRALISME

Pour eux, il vaudra toujours mieux négocier à la baisse la défense des intérêts du Québec et rapetisser son identité que de marquer une ligne rouge à ne pas franchir, sans quoi ils feraient le choix de l’indépendance. Ils préfèrent voir le peuple québécois se noyer en anglais plutôt que rompre avec le fédéralisme.

Cela ne les empêchera pas de pleurer. Ils aimeraient bien que le Canada les respecte un peu. Ils aimeraient bien que le Canada ne les humilie pas ouvertement. Ils aimeraient bien ne pas se sentir insultés régulièrement.

Mais pas au point de dire un jour « assez c’est assez ».

Alors au mieux, ils téteront de temps en temps un bout d’hymne national en français. C’est un peu minable, oui, mais ils s’en contentent.

Et si jamais le Canada leur accorde ces rares miettes, ils seront tout heureux d’être contents. Ils y verront la preuve que tout n’est pas perdu, et qu’ils peuvent encore espérer de temps en temps quelques piécettes de dignité.

Et même si ces piécettes sont de moins en moins nombreuses, et même si ces miettes sont de plus en plus petites, ils souriront.

On appelle cela la domestication.

On appelle cela des fédéralistes convaincus.

Le Canada est un pays bilingue de langue anglaise et il le sera de plus en plus.

Faut-il préciser que cela n’est pas seulement vrai dans le domaine des représentations sportives. Il suffit de voir l’évolution du cabinet fédéral pour s’en convaincre.

Autrefois, on comptait le nombre de ministres bilingues. Cette préoccupation est désormais révolue. On préfère s’attarder à tous les symboles du multiculturalisme extrême. Autre symbole : la gouverneure générale, choisie alors qu’elle ne parlait pas français. Ce n’est qu’un détail.

ACCOMODEMENTS

Cela va encore plus loin : le Canada anglicise Montréal, puis Laval, mais encore une fois, nos fédéralistes s’en accommodent. Tant qu’ils peuvent s’accrocher au « bonjour » du « bonjour-hi », ils se disent que tout va bien, et qu’il serait intolérant de penser autrement.

Nos fédéralistes tètent désormais des accommodements raisonnables linguistiques.

Ce sont les cocus contents du Canada. Tel est le destin qu’il leur réserve : celui des petits téteux chialeux.

Source : Mathieu Bock-Côté, Journal de Montréal, 7 février 2024, p10


40e jour de l’année

Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Lise LafontaineClaire BlondinMicheline Bolduc

Bon anniversaire !


On jase là….

Attention à vous, si vous circulez dans l’arrondissement d’Outremont. Un employé de la Sécurité publique vous surveille. Si en vous regardant, s’il dégaine rapidement son chronomètre, c’est qu’il vous a répéré comme délinquant sur le nouveau règlement pour les véhicules à essence qui roulent au ralenti, plus de 10 secondes. Mieux vaut alors arrêter votre moteur immédiatement pour éviter une contravention. Si vous prévoyez traverser cet arrondissement, soyez sûr que votre véhicule est en ordre, que la transmission fonctionne et que le moteur puisse s’éteindre. Il y va de la santé de votre portefeuille.


Pensée et citation du jour…

Le jour où vous ne brûlerez plus d’amour, d’autres mourront de froid.

François Mauriac


Ça s’est passé un 9 février…

(1984) Guy Lafleur réussit trois buts et récolte une passe face aux Canucks de Vancouver, portant son total de points en carrière à 1220. Il devient ainsi le meilleur pointeur de l’histoire du Canadien, devant Jean Béliveau.

(2005) Les employés de la succursale de Jonquière, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont formé le premier magasin Walmart complètement syndiqué en Amérique du Nord en 2004. Le combat opposant Walmart à ses ex-employés s’est amorcé le 9 février 2005 lorsque le marchand a annoncé la fermeture de son magasin de Jonquière, affirmant que le magasin se trouve dans une situation financière précaire.

(2007) Après le dévoilement, par des hauts fonctionnaires fédéraux, de dépenses non justifiées de la lieutenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, plusieurs partis politiques tant fédéraux que provinciaux dénoncent ces dépensent et exigent une enquête de la vérificatrice générale du Canada.


Enfin, un chef de conviction

La Une

C’est très rafraîchissant d’entendre Paul St-Pierre Plamondon relever le défi de remettre le Parti québécois sur les rails avec le résultat que l’on connaît.

Ce parti souverainiste à qui on annonçait une mort inévitable, trône maintenant au sommet des sondages sur l’intention de vote des Québécois. Pourquoi ? Parce que PSPP en plus d’être convaincu est convaincant.

Ils est intelligent, instruit, posé, habile et inspire confiance.

Il faut l’entendre parler et débattre de tout ce qui touche la politique avec assurance et promettre ce que beaucoup de chefs péquistes avant lui n’ont osé; faire du Québec un pays souverain.

Mis à part les Lévesque, Parizeau et Bouchard, qui ont tenu des référendums, les autres attendaient des conditions gagnantes. Comment voulez-vous justement amener ces conditions gagnantes si vous n’en parlez pas ?

Cette semaine on a pu voir qu’une forte majorité de Québécois ferait confiance à PSPP comme premier ministre, mais que la souveraineté ne passerait pas. Et qu’est-ce que Paul St-Pierre Plamondon à répondu aux journalistes qui le questionnait ? Il a été on ne peut plus clair; « Le Parti québécois est un parti souverainiste, dont la seule raison d’exister est de faire du Québec un pays » ! Et vlan, sans hésitation !

C’est l’attitude et la conviction que j’attendais de tous les autres chefs péquistes mais qui n’ont pas osé promouvoir les bienfaits de notre souveraineté.

Des Québécois disent non au pays en devenir. Pourquoi ? Ils n’ont pas vraiment de raisons, c’est dans leur nature. Il ne faut pas brasser la cage. On encaisse la haine des Canadiens envers nous, sans rien dire ou faire. On le voit constamment quand on parle de langue française.

Pour faire une analogie avec un couple, quand c’est toujours le même qui encaisse, qui se soumet, ça se termine toujours par une séparation ou un divorce. L’autre ne peut pas tout endurer sans réagir. Vient le moment où il faut se tenir debout et se prendre en main. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

On le voit partout au Canada, dès que le Québec lève le petit doigt, c’est la levée de boucliers. On se fait dire de partir si on n’est pas content. Pourquoi se le faire redire, redire et redire encore. On bouge !

La stratégie de PSPP est la bonne il veut se faire convaincant comme l’était feu René Lévesque, un visionnaire qui ne voulait pas embarquer dans une galère qui n’avait aucun sens. C’était songé, souhaitable pour s’épanouir pleinement. Toutes les analyses sérieuses le confirment; le Pays du Québec est viable. Alors on attend quoi ?

Le jour où le Québec accèdera à son indépendance, ce sera la fin du Canada et les autres provinces seront tentés de faire de même. Pensons à l’Alberta et à la Colombie-Britannique qui l’ont déjà invoqué.

Demain, je publierai un article de Mathieu Bock-Côté qui brosse un portrait assez réaliste de la société québécoise d’aujourd’hui, face à son destin.

Paul St-Pierre Plamondon, c’est notre Ti-Poil 2,0. Un messie !


39e jour de l’année

Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Claude Lamoureux Solange Vallières

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

Un conciliateur c’est quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il sera le dernier à être mangé.

Winston Churchill


Ça s’est passé un 8 février…

(1924) Aux États-Unis, première exécution dans une chambre à gaz dans la prison de Carson City au Nevada. De nos jours, cinq états américains utlisent toujours la chambre à gaz comme moyen légal d’exécution. Jon Gee, un Chinois, reconnu coupable de meurtre fut la première personne à subir ce sort.

(1993) Robert Charlebois remporte un Victoire de la musique à Paris, lors de la 8e remise de ces prix, pour son album « Immensément », consacré le meilleur dans la catégorie Musiques du monde. C’est la première fois que le chanteur remporte un trophée en France, où il fait pourtant carrière depuis 25 ans.

(1994) Pour lutter contre la contrebande de cigarettes, le prix de la cartouche au Québec est réduit de moitié: Québec réduit sa taxe de 11 $, Ottawa de 10 $.


Aide médicale à mourir : Refus aux conséquences brutales et fatales. Une triste histoire

La Une

LA MORT BRUTALE ET SOLITAIRE DE MANUELA VALENTE

Le 17 octobre 2023, Manuela Valente s’est suicidée à l’âge de 82 ans. Je cite l’avis de décès rédigé par sa famille : Manuela a choisi de mettre fin à l’insupportable douleur qu’était devenue sa cécité. Pour une femme qui prisait tant la beauté de tout ce qui l’entourait – les personnes, la faune, la flore, l’art – et qui lisait comme l’on respire, la vie avait perdu tout son sens.

Privée de sa vision par cette maladie du nerf optique qu’est le glaucome, Manuela Valente ne souffrait par ailleurs d’aucune autre maladie. Elle ne prenait aucun médicament. Sans ce glaucome, elle aurait été absolument pétante de santé.

Mais la perte de vision dans un œil en 2016, puis dans l’autre en 2023, a gravement affecté sa qualité de vie. Marcher seule devenait un parcours de combattante. Même avec des aides technologiques, lire devenait de plus en plus pénible. Et dans les soupers de famille, Manuela Valente devenait – selon elle – un fardeau.

Ajoutez à cela que la vieille dame souffrait d’une surdité grandissante – presque complète – depuis une décennie.

Grande lectrice, Manuela Valente écrivait aussi depuis toujours. Elle notait ses joies, ses peines, ses impressions, ses craintes. Après sa mort, ses filles ont découvert des pages et des pages de réflexions.

Le 2 mai 2019, Mme Valente écrivait : Je suis devenue la pièce du casse-tête familial qui n’arrive plus à s’insérer parfaitement dans le « paysage », mes « bords » ne s’ajustant plus à ceux des autres pièces. Il y a toujours trop d’espace entre nous…

Puis, en septembre de la même année : La seule autonomie qui me reste est celle à l’intérieur de mon appartement, où je me débrouille assez bien, même dans la cuisine… Tout en poussant des cris de rage quand tout me tombe des mains constamment. Je n’arrive pas à distinguer toutes les taches noires sur les pommes de terre que j’épluche.

Dans le même texte de 2019 : Les gens que je croise dans la résidence sont tous des inconnus, puisque je n’arrive pas à distinguer leurs traits. Je me sens comme un fantôme au milieu d’autres fantômes.

La prose de Manuela Valente a documenté avec désespoir et lucidité son lent enfermement, au fil des années.

Le 26 mai 2023, elle écrivait : J’ai l’impression d’être coincée entre deux planches qui se rapprochent de plus en plus et qui finiront par m’écraser, me privant du peu de vision qu’il me reste. J’aurai bientôt 82 ans. L’avenir que je prévois est sombre, littéralement et concrètement. On me dit que même à cet âge, nombreux sont ceux qui apprennent le braille. Ils sont courageux, sans aucun doute, mais je n’en ferai pas partie. Quand je n’aurai plus la moindre parcelle de l’autonomie qu’il me reste, ma vie aura pris fin.

Cinq mois après avoir écrit ces mots, Manuela Valente s’est donné la mort de façon brutale et solitaire en se lançant du haut du balcon, au 6e étage de son appartement des Jardins Intérieurs, la RPA où elle habitait à Saint-Lambert.

En janvier 2022, Manuela Valente avait convoqué ses trois filles – Paula, Alexandra et Filipa – pour leur annoncer qu’elle approchait du point de non-retour : « Le jour où je ne pourrai plus être indépendante, et lire, je vais mettre fin à mes jours. »

C’est Alexandra Mendès, une des filles de Manuela Valente, qui m’a sondé pour que je raconte l’histoire de sa mère. Mme Mendès est députée fédérale de Brossard–Saint-Lambert.

Ce qui a poussé Mme Mendès à me contacter ? Lancer une discussion sur l’accès à l’aide médicale à mourir pour les personnes comme sa mère, des personnes bien portantes mais irrémédiablement plombées par des maux débilitants, comme une cécité progressive.

Selon Alexandra Mendès, sa mère s’était fait refuser l’AMM : « Son médecin lui aurait dit qu’elle n’y était pas admissible. »

D’où cette annonce faite par Mme Valente à ses filles, en janvier 2022, celle où elle leur annonçait qu’un jour, elle prendrait elle-même les moyens pour échapper à son enfermement.

Je retourne aux mots écrits par Manuela Valente, le 26 mai, cinq mois avant son suicide. Ils semblent accréditer la thèse d’un refus de l’AMM : Pourquoi ne me donnent-ils pas le droit de mettre fin à mes jours entourée de ma famille en proposant mes organes pour des greffes ? Pourquoi un choix fait par une personne possédant toutes ses facultés mentales n’a-t-il pas la même valeur qu’un choix déterminé par une maladie mortelle ? Pour moi, ma future cécité équivaut à une maladie mortelle. Qui, sinon moi, peut décider des conditions minimales pour une vie acceptable ? Qui peut me forcer à vivre ?

Alors pour « prouver » que Manuela Valente s’était fait dire par son médecin que sa situation n’était pas suffisante pour avoir accès à l’AMM, il y a deux « preuves ».

Un, les mots écrits par la vieille dame elle-même : Pourquoi ne me donnent-ils pas le droit de mettre fin à mes jours entourée de ma famille.

Deux, ce que Mme Valente a dit à ses filles. Je cite Alexandra Mendès : « Le médecin lui aurait dit qu’elle ne respectait pas les critères. C’est tout ce que j’en sais. Je sais, avec une certitude inébranlable, que si elle avait eu le moindre espoir d’avoir l’aide médicale à mourir, elle l’aurait choisie. »

J’ai donc commencé à explorer l’histoire de Mme Valente avec cet a priori : voici une femme qui s’est fait refuser l’aide médicale à mourir parce qu’elle n’était pas « assez » gravement malade. Et cette femme a donc décidé de mettre fin elle-même à ses jours, de façon brutale et solitaire, pour échapper à son emmurement.

Sauf que…

ADMISSIBLE À 100 %

Sauf qu’en faisant des vérifications, il est loin d’être clair que Manuela Valente était inadmissible à l’aide médicale à mourir. J’ai consulté deux médecins qui ont une connaissance approfondie des soins de fin de vie qu’est l’AMM en leur exposant les détails de la condition de Mme Valente et tous deux ont été étonnés, lors d’entrevues séparées : cette patiente, selon eux, remplissait tous les critères pour recevoir l’AMM.

Je cite le Dr Georges L’Espérance, un neurochirurgien à la retraite qui a prodigué l’AMM des dizaines de fois à des patients québécois depuis des années : « Cette dame était admissible à 100 %. »

Le médecin cite le caractère grave et incurable du glaucome, sans traitement pour le compenser ou l’atténuer ; le déclin avancé et irréversible ainsi que les « évidentes souffrances psychologiques et existentielles » vécues par Manuel Valente.

En caviardant des informations personnelles, le Dr L’Espérance m’a par ailleurs présenté la fiche d’un ancien patient dont la situation était très semblable à celle de Mme Valente : il a reçu l’AMM, lui, pour cause de tourments liés à la cécité en vertu d’une demande faite à l’été 2023.

Et l’autre médecin que j’ai consulté – qui prodigue lui aussi l’AMM – m’a fait suivre un document créé par la Commission sur les soins de fin de vie du Québec en septembre 2023. À partir des 16 000 cas répertoriés d’AMM au Québec, la Commission a créé 29 cas types de personnes ayant reçu l’AMM. Or, le cas no 28 évoque les tourments liés à la cécité, la dégénérescence maculaire et un décollement rétinien comme conditions d’admissibilité à l’AMM1.

Constat : il est pour le moins particulier que Mme Valente se soit fait dire qu’elle n’était pas admissible à l’aide médicale à mourir.

J’ai contacté le Dr Serge Boudreau, médecin de Manuela Valente. Il m’a dit qu’il était tenu au secret professionnel, même si la personne est décédée :

« Au sujet de l’aide médicale à mourir, je m’en tiens à la loi et fais la référence quand un sujet y est admissible. Il y a donc des conditions non admissibles à l’AMM. »

La notion de confidentialité du dossier médical, même post-mortem, est compréhensible. Mais ce qui s’est dit entre Manuela Valente et ce médecin de famille à propos de l’AMM est peut-être une piste d’investigation pour Me Nathalie Lefebvre, la coroner qui enquête sur le suicide de Mme Valente.

Qu’a dit le médecin à sa patiente Manuela Valente au sujet de son admissibilité à l’AMM ? Lui a-t-il erronément affirmé que sa cécité n’était pas un facteur pouvant lui permettre d’avoir l’AMM ? Le cas échéant, quel fut son raisonnement ? Était-il au fait de tout le spectre des critères d’analyse d’une personne qui fait une demande d’AMM ?

Cette confusion chez certains médecins est documentée et a été l’objet d’un reportage récent dans La Presse2, sous la plume de Marie-Claude Malboeuf. L’idée, ici, n’est pas de jeter la pierre au médecin de Mme Valente. Mais il y a cette réalité : en dix ans, les conditions d’admission à l’AMM ont considérablement changé, de textes législatifs en décisions des tribunaux qui ont modifié les lois. Un médecin de bonne foi peut avoir perdu le fil.

Le résultat, dans le cas de Manuela Valente, est manifeste : croyant qu’elle n’avait pas droit à l’aide médicale à mourir, entourée de ses proches, elle s’est lancée du haut d’un balcon pour mettre fin à ses souffrances et échapper à son emmurement.

J’ai présenté à Alexandra Mendès la conclusion de mes recherches. Je lui ai annoncé que selon toute vraisemblance, sa mère aurait pu recevoir l’aide médicale à mourir, selon deux médecins qui pratiquent régulièrement des soins d’AMM et selon les cas-types répertoriés par la Commission des soins de fin de vie du Québec.

Réaction de la fille de Manuela Valente : « Cela me désole d’apprendre que maman aurait pu mourir entourée de notre amour plutôt que de croire que sa seule option était si brutale. »

Plutôt que de mourir entourée de sa famille qui l’adorait, Manuela Valente s’est tuée dans la nuit, seule, désespérée et nul doute terrifiée – un geste ultime pour échapper à cet enfermement qui lui était insupportable.

L’exact contraire d’une mort dans la dignité apportée par l’AMM.

RÉFÉRENCES

1. Consultez « Le portrait de l’aide médicale à mourir au Québec »

2. Lisez « Aide médicale à mourir pour trouble mental : des contestations judiciaires à prévoir », de Marie-Claude Malboeuf

BESOIN D’AIDE POUR VOUS OU UN PROCHE ?

Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553)

Consultez le site de l’Association québécoise de prévention du suicide

Source : Patrick Lagacé, La Presse, 5 février 2024


38e jour de l’année

Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Thomas GeoffrionJean BeaudryAlain ParadisLynda Raymond

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

Soyez vivant jusqu’au bout de vos doigts, ayez la passion de vivre. Votre enthousiasme devrait toujours être là, prêt à éclairer et réchauffer votre vie et celle des autres.

Jean-Guy Leboeuf


Ça s’est passé un 7 février…

(1935) Le jeu Monopoly fait son apparition en magasin.

(1965) Des avions américains bombarbent pour la première fois des cibles au Nord-Vietnam. Après avoir fait évacuer les dernières familles américaines, l’US Air Force lance sa première offensive aérienne directe sur le Nord-Vietnam. Le but des Etats-Unis et du gouvernement sud-vietnamien est de mettre à mal les réseaux de ravitaillement en armes et en carburant des communistes du Nord. Ces bombardements marquent le début de la deuxième guerre d’Indochine. A partir du mois de mars, les marines américains arrivent de plus en plus nombreux au Sud-Vietnam.

(1998) Le magazine Billboard écrit que selon le Broadcast Data Systems « My Heart Will Go On » de Céline Dion a rejoint le nombre record de 105 millions d’auditeurs au cours d’une semaine. L’organisme de contrôle rapporte aussi que la chanson thème du film « Titanic » a établi dans le même temps une nouvelle marque de 9 415 passages à la radio.


Merci de votre fidélité. – Passez une excellente journée !

Un pan de notre histoire : Syndicats, patrons et grèves

La Une

LA RÉVOLUTION SANGLANTE QUI A MENÉ À LA RÉVOLUTION TRANQUILLE

Il y a 90 ans, le 3 février 1944, les députés de l’Assemblée législative du Québec adoptent la Loi sur les relations ouvrières. La nouvelle législation obligera les patrons à négocier de bonne foi avec les syndicats.

Au Québec comme partout en Occident, il a fallu que le législateur impose des règles claires pour que des conventions collectives ne se règlent plus à coups de poing sur la gueule, mais favorisent véritablement des négociations de bonne foi. Malheureusement, jusque dans les années 1970, les luttes syndicales sont ardues et teintées de violence.

SYNDICALISME AU QUÉBEC

Jusqu’en 1872, plusieurs lois limitent les regroupements de travailleurs. Les patrons se perçoivent la plupart du temps comme des donneurs d’ouvrage bien généreux. Ils ne se gênent pas pour influencer le législateur afin de freiner les droits des travailleurs.

Malgré tout, les premières unités syndicales apparaissent dès les premières années du 19e siècle chez des groupes de charpentiers, de menuisiers et chez des imprimeurs. Graduellement, les affiliations se créent chez les typographes, les cordonniers, les cigariers, les mécaniciens et les débardeurs.

À la fin du 19e siècle, le rythme inhumain de la production industrielle, les longues semaines de travail (60 à 72 heures), la violence des patrons, les salaires dérisoires et les blessures graves, voir les morts dues au manque de sécurité, contribuent à la naissance de ces associations syndicales.

Effectivement, au tournant du siècle, il n’existe aucune règle pour les salaires, les bâtiments industriels mettent à risque la vie des travailleurs, puis les agressions physiques des dirigeants, surtout envers les femmes et les enfants, sont fréquentes.

Cette mobilisation syndicale devient l’unique moyen d’obtenir une amélioration des conditions des travailleurs parce que, jusqu’au milieu des années 40, les gouvernements sont bien frileux à imposer des règles coercitives envers les patrons.

L’absence de législations contraignantes, la mollesse de faire appliquer celles qui existent et le manque de pouvoir du mouvement syndical favorisent l’agressivité lors des conflits ouvriers.

CONTRÔLER LES GRÉVISTES

Au printemps 1903, désespérés par leur salaire de misère et leurs conditions pitoyables, 2000 débardeurs du port de Montréal bloquent l’entrée des navires. Après l’intervention des patrons du port, plusieurs d’entre eux se désolidarisent et refusent de faire la grève. Ceux qui choisissent de reprendre le travail doivent être escortés par la police pour franchir les lignes de piquetage.

Évidemment, le conflit s’envenime et oppose dans la violence les grévistes et les non-grévistes. Cette désorganisation civile force les autorités à faire sortir les soldats des casernes et n’imposent rien de moins que la loi martiale. En fait, l’absence de loi encadrante et de pouvoir réel pour les syndicats encourage cette violence lors des négociations en milieu de travail.

FEMMES MALTRAITÉES

Dans le même ordre d’idées, dans les années 30, les 50 000 tisserands de la Dominion Textile, presque toutes des femmes, travaillent depuis longtemps pour un misérable salaire de 25 sous l’heure (semaine de 60 heures). En 1937, ces femmes en ont assez et, pour forcer l’employeur à les respecter, elles sortent des filatures de la compagnie et font la grève.

Toutefois, l’employeur ne semble pas tellement impressionné. Après 25 journées sans salaires, elles acceptent la médiation, mais l’entreprise comprend qu’elle a le gros bout du bâton et fait très peu de concessions. Elles acceptent d’abaisser la semaine à 50 heures et d’arrêter les machines pendant les repas pour que le travail reprenne.

Cependant, quelques mois plus tard, elle refuse de renouveler cette entente et tout est à recommencer.

POLITICIENS IMPLIQUÉS

Dans les années 1940 et 1950, les politiciens au pouvoir sont bien souvent de connivence avec les patrons et freinent l’évolution du droit du travail.

À la fin des années 40, le Québec produit 85 % de l’amiante consommé dans le monde et l’épicentre de cette production se fait dans la ville minière d’Asbestos. Malheureusement pour les mineurs, l’inhalation des fibres de cet amiante cause des maladies pulmonaires, comme l’amiantose et d’autres cancers. Le plus triste est qu’à cette époque-là, on savait très bien que la poussière d’amiante était extrêmement dangereuse.

En février 1949, les travailleurs choisissent de quitter leur emploi et d’arrêter la production dans les quatre mines d’amiante des Cantons-de-l’Est (à Asbestos et à Thetford mines). Ces 5000 travailleurs revendiquent entre autres de meilleurs salaires, neuf jours de congés payés, plus d’influence de leurs délégués syndicaux, une pension de vieillesse et surtout, des mesures comme le port d’un simple masque pour limiter l’inhalation de la poussière d’amiante par les mineurs. La compagnie américaine, la Johns-Manville Corporation, fait fi de la grève et engage des travailleurs de remplacement.

Comme d’habitude, le gouvernement du Québec se range du côté des patrons et demande à la police provinciale de rétablir l’ordre et de s’assurer du bon fonctionnement de la mine.

L’Église catholique, elle, se range pour la première fois dans un conflit ouvrier du côté des grévistes, ce qui la met en opposition au gouvernement de l’Union nationale. La situation dégénère et l’affrontement entre la police provinciale et les grévistes tourne à la violence. Insultes, menaces, coups de matraque dans les côtes, nez cassés et bombes lacrymogènes, les 400 policiers mobilisés procèdent à des arrestations massives et ne se gênent pas pour battre les grévistes après leur incarcération. Une situation qui attire l’attention de la presse internationale.

Épuisés après cinq mois de conflit, les travailleurs acceptent de revenir au travail pour une maigre augmentation de 5 cents l’heure, mais sans masques pour se protéger de la poussière mortelle d’amiante. Les affrontements attirent encore l’attention des médias, puis de la population et mettent en lumière l’oppression systémique du gouvernement antisyndicaliste de l’Union nationale.

LE CAS MURDOCHVILLE

Quelques années plus tard, les travailleurs syndiqués de la mine de cuivre de Murdochville tentent de changer d’affiliation syndicale pour adhérer aux Métallurgistes unis d’Amérique, syndicat qui a la réputation d’avoir les coudées franches. Murdochville est une ville appartenant à Gaspé Copper Mines (filiale de l’empire Noranda inc.).

Les patrons de l’entreprise tentent par tous les moyens d’empêcher cette affiliation en faisant jouer leurs puissants contacts au bureau du premier ministre Duplessis. Ce dernier avait instauré une bien dangereuse loi qu’on appelait la « loi du cadenas » (1937), une loi votée supposément pour protéger la province contre la propagande communiste, mais qui, dans les faits, servait bien souvent à freiner les actions des syndicats.

L’État va donc mettre à la disposition de l’entreprise minière sa puissante machine juridique pour tenter d’empêcher cette nouvelle affiliation syndicale.

Quand une centaine de travailleurs impliqués de près dans la démarche syndicale, dont le président du syndicat, sont congédiés, l,arrogance des patrons fait sauter la marmite et une grève est déclenchée (11 mars 1957).

La compagnie refuse de négocier et fait appel à des briseurs de grève. Parmi ces employés de remplacement, on retrouve de nouveaux arrivants hongrois qui ont fui leur pays envahi par l’URSS. Ils se font offrir de remplacer les miniers communistes québécois en grève. De leur côté, les policiers sont dépêchés avec le mandat de soumettre les grévistes.

La grève de Murdochville sera caractérisée encore une fois par l’intimidation, la violence policière, les injustices envers les travailleurs et même la mort de deux hommes.

MOBILISATION

En contrepartie, cette grève suscite une mobilisation de la collectivité québécoise et un vent de solidarité nationale contre les abus des patrons. Au dénouement du conflit, après sept mois d’affrontement, la majorité des grévistes vont perdre leur emploi au profit des travailleurs de remplacement.

Cet affront sanglant entrera dans l’histoire comme l’une des plus irrespectueuses négociations syndicale de l’histoire ouvrière du Québec. Elle ouvrira la porte à une nouvelle génération de politiciens qui comprendront l’urgence de mettre en place des règles claires pour forcer les patrons et les syndiqués à négocier de bonne foi.

Des syndicalistes comme Jean Marchand ou Théo Gagné, mais aussi ceux des mouvements de grève comme ceux des débardeurs, des travailleurs du textile et de l’amiante, des employés de Dupuis Frères ou de la mine de cuivre de Murdochville ont certainement contribués à l’avènement de la Revolution tranquille.

Ce moment important dans notre histoire a favorisé la naissance de lois pour rééquilibrer le rapport de force entre les travailleurs et les patrons.

Source : Martin Landry, historien, le Journal de Montréal, cahier Weekend, 3 février 2024, p72


37e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA FÊTE NATIONALE DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE


En mémoire de…

GUY ÉMOND 1941-2019 – Journaliste sportif québécois.


Une journe de plus sur le chemin de la vie pour…

Frédérique GeoffrionAnne-Jossée DessureaultRichard Lambert

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

Notre monde ne manque pas de merveilles, mais juste du désir d’être émerveillé.

Gilbert Keith Chesterton


Ça s’est passé un 6 février…

(1973) La Tour du CN à Toronto, dont la construction a coûté 52 millions de dollars, est la plus haute structure autoportante du monde, et ce jusqu’en 2007. Au sommet se trouve une antenne de communications sophistiquée utilisée pour la transmission de signaux hyperfréquences et de radiodiffusion.

(1999) Maurice Richard est ovationné pendant près de cinq minutes dans le cadre du dévoilement du trophée portant son nom au Centre Molson.

(2009) Tragédie de l’histoire moderne du Québec, la tuerie de Polytechnique est pour la première fois le sujet d’un film. Loin des polémiques et des douleurs que peuvent susciter le film, Denis Villeneuve présente Polytechnique, un « film de guerre », mais aussi un film poétique et « de consolation », espère le réalisateur, rencontré cette semaine à Montréal.


Des trucs pour éliminer les odeurs dans la maison

La Une

Les sources de mauvaises odeurs dans la maison proviennent souvent des rideaux et des tapis qui nécessitent un bon nettoyage. Voici quelques trucs de madame Chasse-Taches pour vous rendre la vie plus facile.

Vérifiez les plaques d’aération poussiéreuses, les canalisations et les poubelles à vider régulièrement.

Parfumez la salle de bain à bon compte en plaçant tout simplement une feuille d’assouplisseur textile dans la corbeille à papier ou imbibez le rouleau cartonné du papier hygiénique avec quelques gouttes d’un parfum, d’une eau de Cologne ou tout simplement avec une huile essentielle citronnée.

Évitez que l’odeur de tabac imprègne les rideaux en faisant brûler dans la pièce quelques écorces d’oranges que vous aurez préalablement fait sécher.

Éliminez les mauvaises odeurs provenant des tuyaux de l’évier de cuisine en saupoudrant de la poudre de moutarde dans le renvoi d’eau et en déposant un demi-citron sur l’orifice de la bonde*.

DES ODEURS DÉSAGRÉABLES PROVENANT DES APPAREILS MÉNAGERS

Si votre machine à laver dégage une odeur d’humidité, saupoudrez 60 ml (1/4 tasse) de bicarbonate de soude dans la cuve entre chaque lavage pour un certain temps. Laissez la porte ou le couvercle entrouvert entre les lavages afin de permettre à l’air de circuler. Lors de la prochaine lessive, le bicarbonate se joindra au détersif pour laver et désodoriser les vêtements.

Pour remédier à un problème majeur, nettoyez bien l’appareil. Remplissez la cuve d’eau chaude ajoutez 4 tasses de vinaigre blanc. Laissez fonctionner le temps d’un cycle normal. Le vinaigre décrasse les boyaux en délogeant le savon séché.

Désodorisez le four à micro-ondes en versant 30 ml (2 c. à soupe) d’essence de vanille ou de jus de citron et une petite quantité d’eau dans un bol. Faites chauffer le four à la puissance maximum environ 2 minutes. Laissez agir et ouvrez la porte seulement après une dizaine de minutes et au besoin, répétez le traitement pour éliminer complètement toute odeur.

Vous désirez un frigo sans odeurs ? Une petite boîte de bicarbonate de soude est votre solution. Pour une fraîcheur optimale, changez la boîte une fois par mois.

Éliminez une mauvaise odeur provenant du lave-vaisselle en saupoudrant 125 ml (1/2 tasse) de bicarbonate de soude dans le fond de l’appareil et actionnez un cycle court.

*Bonde : Ouverture de fond, destinée à vider l’eau d’un réservoir, d’une baignoire…

Source : Louise Robitaille, Le Journal de Montréal, cahier CASA, 3 février 2024, p17


36e jour de l’année

En mémoire de…

KIRK DOUGLAS 1916-2020 – Acteur américain.


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

François RouthierStephen Latour

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

Le bonheur est un état de paix intérieure, une connaissance de la bonté universelle, une prise de conscience que la joie appartient à tous.

Florence Vigeant


Ça s’est passé un 5 février…

(1922) DeWitt Wallace imagina un magazine composé d’articles condensés issus de plusieurs magazines populaires alors qu’il se rétablissait de ses blessures de la Première Guerre mondiale. DeWitt et son épouse d’origine canadienne Lila Wallace, (née Lila Bell Acheson) publièrent le premier numéro le 5 février 1922 depuis leur propre maison. Le coût 10¢. Une édition canadienne paraîtra en 1948, sous le nom de sélection du Reader’s Digest.

(2007) Le gouvernement canadien lance le nouveau guide alimentaire intitulé «Bien manger avec le Guide alimentaire canadien », la première mise à jour en 15 ans de cette bible de l’alimentation santé; la dernière version du guide datait de 1992.

(2008) Aux États-Unis, les intempéries, qui ont provoqué de très importants dégâts, ont fait au moins 55 morts et des centaines de blessés, selon un dernier bilan. Parmi les victimes, les services d’urgence ont dénombré 31 morts dans le Tennessee, 13 en Arkansas, sept dans le Kentucky et quatre dans l’Alabama.


Triste découverte; le télétravail anglicise le travail au Québec. Un autre recul !

La Une

Les Québécois et les Canadiens qui ont adopté le télétravail dans les dernières années sont en proportion plus nombreux que les autres à plus travailler en anglais, selon une étude de Statistique Canada.

Les travailleurs à domicile (81,7 %) au pays sont plus susceptibles d’utiliser l’anglais comme langue principale que les autres travailleurs (75,6 %).

La tendance est particulièrement lourde dans la région de Montréal, où les travailleurs à domicile (32,8 %) étaient presque deux fois plus susceptibles de travailler principalement en anglais que les autres travailleurs (16,8 %).

Des tendances similaires ont été observées à Ottawa-Gatineau et à Moncton.

Les causes de ce phénomène ne sont pas entièrement claires. L’une d’elles, selon Statistique Canada, réside dans les secteurs d’emplois.

Le travail à domicile est plus fréquent dans des secteurs où l’anglais prenait déjà plus de place, comme les services professionnels, scientifiques et techniques, de la finance et des assurances.

Or, les analystes de Statistique Canada estiment que l’anglais prend malgré tout plus de place chez ceux qui travaillent à domicile, sans être en mesure de l’expliquer.

« À Montréal, par exemple, les travailleurs à domicile demeuraient moins susceptibles d’utiliser le français comme langue principale au Travail (66,7 %) que les autres travailleurs (71,6 %), et ce, même lorsque les deux groupes de travailleurs présentaient des caractéristiques semblable », conclut l’analyse.

Source : Le Journal de Montréal, 1er février 2024, p32


35e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE MONDIALE CONTRE LE CANCER


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Pierre-Olivier Nantel Jacques Héroux

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

Les enfants n’ont ni passé, ni avenir et ils jouissent du présent.

Jean de la Bruyère


Ça s’est passé un 4 février…

(1889) La gare Windsor est inaugurée à Montréal. Achevée en 1889, la gare Windsor est un des joyaux du système de chemin de fer qui mène des Maritimes aux Grands Lacs. À l’époque où les avions et les automobiles ne faisaient pas encore partie du paysage montréalais, le train était le moyen de transport le plus utilisé pour transporter non seulement les marchandises, mais aussi le grand public.

(1989) Retour de Guy Lafleur au Forum de Montréal dans l’uniforme des Rangers de New York. Cinq ans après l’annonce de sa première retraite, Guy Lafleur participe de nouveau à une partie de la Ligue nationale de hockey (LNH) au Forum de Montréal. Cette fois, il porte l’uniforme des Rangers de New York, l’équipe qui en a fait l’acquisition en 1988. Celui-ci vole littéralement la vedette lors de cette partie du 4 février en réussissant deux buts, ses 11e et 12e, et en obtenant une passe. Les partisans sortent donc gagnants sur tous les tableaux car, en plus des prouesses de Lafleur, ils ont droit à une victoire du Canadien par la marque de 7-5.

(2013) La pièce d’un cent, qui aura été source de proverbes et d’expressions depuis des années, en plus d’avoir eu une place de choix dans les tirelires des enfants et contribué à l’achat de bonbons à toute une génération, a passé l’arme à gauche à l’âge de 154 ans, emportée par l’inflation.


Confidences du chauffeur d’autobus : L’anxiété du numéro deux

La Une

Si on tient pour acquis qu’en parlant de numéro 1 pour un besoin personnel physiologique on fait référence à un pipi, vous devez sûrement savoir de quoi on parle quand il s’agit d’un numéro 2… ? Voilà ! Vous avez deviné ! Une matière fécale qui pue ! Avouez que cette expression, ou qualificatif de numéro deux, est beaucoup plus acceptable, moins vulgaire et crue.

C’est justement le sujet de mon article aujourd’hui. C’est le chauffeur d’autobus qui s’exprime ici. Je ne sais vraiment pas si mon propos fera l’unanimité, mais je vous livre mes impressions sur ce besoin naturel alors qu’on est au travail.

Prenons pour acquis que toutes les personnes n’ont pas nécessairement la même régularité en matière de numéro 2; si certains sont programmés, matin, midi, soir, à des périodes fixes ou qui contrôlent parfaitement leur sphincter, d’autres n’ont pas cette chance et le besoin peut survenir à tout moment et rapidement.

Un chauffeur d’autobus est constamment sur la route à compléter des circuits pour transporter la clientèle. De plus, ces circuits sont minutés; une heure pour le départ et une heure d’arrivée. En boucle durant tout son quart de travail. Le problème se situe entre deux circuits alors que la période est relativement courte. En général entre quatre et douze minutes. Sans oublier qu’une partie de cette courte période permet de l’embarquement des passagers.

Toujours est-il que tu espères ne pas être trop anxieux et que le besoin survienne avant de travailler ou après. Qu’il se fasse attendre.

Certes dans chaque terminus on peut trouver des toilettes. Au REM de Brossard, on a un endroit réservé pour nous. Un petit local avec toilette, tout ce qu’il y a de plus moderne, à l’intérieur du terminus. Mais, on est un peu loin et il faut avoir le temps. Au terminus Panama, mêmes facilités, Encore là, il faut tenir compte du temps disponible entre deux circuits.

Pour ce qui est du terminus de La Prairie, une toilette chauffée est là. Le papier de toilette n’est pas toujours disponible. Reste deux autres terminus, celui de Candiac, et Georges-Gagné à Delson. Dans ces deux cas, ce sont des bécosses de chantiers. Vous voyez le genre ?

Un chauffeur m’a même dit qu’il n’est pas capable de simplement mettre le pied dans ce type de toilette.

Si ça peut dépanner l’été, il en va tout autrement l’hiver. Avez-vous déjà essayé de mettre vos fesses sur un siège de bécosse alors qu’on gèle dehors et que l’endroit n’est pas chauffé ni éclairé ? Tu peux avoir des surprises et tes fesses peuvent décider de ne rien laissé passer et plutôt de te faire grelotter. Tu en veux à tes intestins, et tu penses à ton prochain circuit dans deux ou trois minutes.

Et là, tu envie ceux qui sont réguliers et font leur numéro 2 à périodes fixes, ou sur commande. La planification est plus rapide. Si tu te retiens trop, tu constipes !

Chaque travail a ses avantages et ses inconvénients. Celui-ci, c’est définitivement un inconvénient ! Malheureusement, c’est la nature qui décide du moment et tu espères !

On se console avec le numéro 1 qui lui, est rapide, du moins pour les hommes. L’autre alternative pourrait se régler avec des couches !

Du côté féminin est-ce la même chose ? Je n’ai pas fait d’enquête de ce côté. Je vous ai livré mon expérience masculine.


34e jour de l’année

Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Welley Morin

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

Aujourd’hui, souriez et aimez la vie de toute votre âme, comme jamais encore vous ne l’aviez aimée.

John C. Maxwell


Ça s’est passé un 3 février…

(1944) La loi provinciale accorde le droit aux travailleurs de s’organiser librement au sein du syndicat de leur choix. Elle demande l’accréditation du syndicat par un nouvel organisme, la Commission des relations ouvrières, et oblige l’employeur à négocier de bonne foi avec lui. Pour la première fois, les employeurs doivent reconnaître les syndicats.

(1967) Le gouvernement de Lester Bowles Pearson crée la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada. Présidé par Florence Bird, le mandat du groupe d’étude est clair : « faire enquête sur la situation des femmes au Canada et assurer l’égalité des chances pour les femmes dans tous les aspects de la société canadienne ».

(1984) Henri Marchessault reçoit une sentence de 14 ans de prison, après avoir été reconnu coupable de vol, conspiration, possession et trafic de stupéfiants; la sentence de l’ex-chef de l’escouade des stupéfiants de la police de la C.U.M. est la plus lourde jamais imposée à un policier au Canada pour des délits commis dans de telles circonstances.


10 trucs pour un ménage rapide et efficace

La Une

Ah, la corvée hebdomadaire du ménage dans la maison ou l’appartement. Un mal nécessaire mais avec les trucs de madame Chasse-Taches, la besogne est plus facile et agréable. Et quand on le fait à deux, c’est mieux !

***

Voici quelques tucs qui vous feront gagner en efficacité durant votre ménage de la semaine.

1- Dans la salle de bain, vaporisez votre nettoyant tout usage préféré sur la baignoire, le lavabo, la douche et l’extérieur de la toilette. Laissez agir deux minutes avant de tout rincer. Durant ce temps, brossez l’intérieur de la cuvette et changez les serviettes.

2- Frottez le calcaire accumulé autour des robinets avec un demi-citron. Rincez ensuite à l’eau claire et asséchez avec un chiffon doux.

3- Rafraîchissez un tapis qui ne gardera pas d’odeurs d’humidité en le saupoudrant tout simplement de bicarbonate de soude. Laissez agir une quinzaine de minutes avant de passer l’aspirateur.

4- Pour rafraîchir un matelas, saupoudrez-le de bicarbonate de soude. Laissez reposer une vingtaine de minutes avant de le nettoyer avec l’aspirateur. Pendant cette opération, vous aurez le temps nécessaire pour faire le ménage dans la chambre.

5- Dans la salle de séjour, ramassez tout ce qui traîne, passez un chiffon ou un plumeau sur les meubles. La poussière étant maintenant au sol, il ne reste qu’à passer l’aspirateur ou une vadrouille munie d’une lingette nettoyante.

6- Pour l’époussetage, vaporisez le linge et non les meubles ou le téléviseur. Une économie de temps et de produit nettoyant.

7- Pour éviter l’accumulation se saletés sur le plancher de la cuisine, passez un balai rapidement à la fin de la journée et vous n’aurez qu’à laver le sol une fois par semaine.

8- Un linge en microfibres et quelques gouttes d’eau font disparaître rapidement les traces de doigts sur les appareils en inox.

9- N’oubliez pas de laver l’évier de la cuisine et de changer les torchons et les éponges quotidiennement. Afin d’éliminer les bactéries, nettoyez-les dans le lave-vaisselle ou dans le four à micro-ondes, dans un bol d’eau bouillante, pendant quatre à cinq minutes.

10- Garder la maison propre est une question de routine. Quelques minutes par jour suffisent à ramasser les objets qui encombrent votre espace. Faites le tour des pièces avant d’aller au lit et ramassez tout ce qui traîne. Le réveil sera moins pénible dans une maison rangée.

J’en ajouterais une onzième :

Pour bien laver et nettoyer les planchers de bois et de céramique, je vous recommande d’utiliser le savon à l’huile, de MURPHY, vendu partout dans le rayon des produits de nettoyage. Vous en mettez ¼ de tasse dans un sceau d’eau chaude et vous passez la moppe. Efficace !

Source Louise Robitaille, Le Journal de Montréal, cahier CASA, 27 janvier 2024, p16


33e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LE JOUR DE LA MARMOTTE


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Romuald LavergneMadeleine Houle

Bon anniversaire !


On jase là…

J’adore et j’écoute régulièrement la station de radio Cogéco 98,5. Elle me comble parfaitement par la diversification de ses émissions. Cependant une situation m’irrite au plus haut point, des animateurs et beaucoup de collaborateurs et chroniqueurs font usage d’anglicismes à outrance. Je trouve cela très désagréable et contraire à ce qu’une radio française parlée doit donner dans l’utilisation d’un français de qualité, sans anglicismes.


Pensée et citation du jour…

Vivre, c’est la chose la plus rare dans le monde. La plupart des gens existent, c’est tout !

Oscar Wilde


Ça s’est passé un 2 février…

(1818) La Gazette officielle du Québec annonce que le gouverneur général a autorisé les habitants des Fourches de la Rivière Saint-François à donner à leur village, originellement connue sous le nom de Hyatt’s Mill, le nom de Sherbrooke. La localité devra son nom à Sir John Coape Sherbrooke, gouverneur du Bas-Canada de 1816 à 1818. Selon un recensement qui sera mené l’année suivante, le village compte alors une cinquantaine de personnes.

(1892) Les bouchons ou capsules sont de petits objets circulaires utilisés pour fermer hermétiquement les bouteilles de verre. Il a été inventé en ce jour par William Painter, le fondateur de la société Crown Cork and Seal qui est maintenant le premier fabricant mondial d’emballages métalliques. Par sa facilité d’utilisation, ce procédé de fermeture révolutionna l’industrie de l’embouteillage.

(1973) Les chefs des trois grandes centrales syndicales du Québec commencent à purger une peine d’emprisonnement d’un an. La Cour suprême du Canada a refusé d’entendre la cause de Marcel Pépin, Louis Laberge et Yvon Charbonneau, trouvés coupables d’outrage à la Cour. Les leaders de la CSN, de la FTQ et de la CEQ retrouveront la liberté quelques mois plus tard, en vertu de la loi sur les libérations conditionnelles, après s’être engagés à ne pas récidiver.


Ygreck, et ses perles de janvier

La Une

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de janvier, publiées dans le Journal de Montréal.



32e jour de l’année

On jase là…

Les pourboires sont comme la pandémie… répandus partout et chez tous les commerces. Quand je me déplace pour aller chercher de la bouffe au comptoir-resto, je ne laisse pas de pourboire. Mon déplacement me demande tout de même une dépense. Lorsque tu paies par carte de débit, tu vois toujours un choix de pourboire à ajouter même chez le nettoyeur. Mais le pire est que maintenant, pour ne pas se compliquer la vie, la machine te suggère un pourboire de 18 %, 20 %, 25 % et même 30 %. Le 15 % est disparu ! Et ça va s’arrêter où ? Est-ce que ce pourboire est calculé sur le total incluant les taxes, ou sur le total avant taxes ? Allez savoir ! Là encore, c’est de l’abus. Je n’utilise pas ces pourcentages suggérés. Je calcule moi-même mon pourboire sur le total avant taxe et selon la qualité du service obtenus.


Pensée et citation du jour…

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.

Martin Luther King


Ça s’est passé un 1er février…

(1870) le gouvernement crée la Police provinciale du Québec. Son organisation est complétée le 1er mai de la même année. Un commissaire, le juge Pierre-Antoine Doucet la dirige. Le quartier général est établi à Québec dans la centrale de la Police municipale de Québec. Cette police provinciale est devenue aujourd’hui la Sûreté du Québec.

(1920) Après avoir absorbé la police du Dominion, la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest devient la Gendarmerie royale du Canada (GRC). On déménagera les quartiers de la GRC de Regina à Ottawa. En 1920, les services de police fédéraux sont réorganisés et la Gendarmerie absorbe la police du Dominion et devient la Royale Gendarmerie à cheval du Canada (RGCC ou RCMP), chargée de l’application des lois fédérales dans toutes les provinces et tous les territoires.

(2002) Les Franco-Ontariens remportent la bataille de l’hôpital Montfort. Le gouvernement ontarien renonce à en appeler en Cour suprême du maintien intégral des services de l’hôpital Montfort. En décembre, la Cour d’appel de l’Ontario avait tranché en faveur du maintien du seul hôpital francophone à l’ouest de la rivière des Outaouais. Le gouvernement Harris annonce donc qu’il n’entend pas contester ce jugement devant le plus haut tribunal du pays.


Réalité humoristique…

La Une

Pourquoi choisir d’être incinéré à notre mort ?

Au départ, nous sommes créés d’une « étincelle » d’amour;

La première année, nous sommes la « flamme » de nos parents;

On se fait « chauffer » les fesses jusqu’à notre adolescence;

Suit la période où un rien nous « allume »;

Et dans la vingtaine, on pète le « feu »;

Ensuite, on « bûche » jusqu’à 65 ans;

À 75 ans, on est « brûlé »;

À 80 ans, on se ramasse dans un « foyer »;

Pis à 90 ans, on « s’éteint »;

Alors, pourquoi demander à être incinéré, alors qu’on est « cuit » de toute façon ?


31e jour de l’année

En mémoire de…

GILLES POIRIER 1937-2019 – Sergent-Détective retraité de la police de Longueuil.

JACQUES LACHANCE 1952-2022 – Résident saisonnier à Pioneer Village, Floride.


Pensée et citation du jour…

On ne peut jamais être neutre; Le silence est une opinion.

Henri Moret


Ça s’est passé un 31 janvier…

(1981) Gaétan Boucher, patineur de vitesse de Charlesbourg, établit un nouveau record aux Championnats de monde de Davos, en Suisse, en couvrant la distance de 1000 m en 1 minute 13 secondes, 39 centièmes.

(2001) Après 92 ans d’histoire, le Canadien de Montréal passe sous contrôle américain. George N. Gillett du Colorado acquiert 80.1% de l’équipe de hockey et la totalité du Centre Molson pour la somme de 275 millions de dollars canadiens. Molson conserve 19,9% des parts de l’équipe et recevra un total de 190 millions de dollars au comptant. George N. Gillett a déclaré n’avoir qu’un but: redonner à l’équipe la place qui lui revient parmi les meilleures et rapporter à Montréal la coupe Stanley.

(2012) Avec un bagage impressionnant de 32 tournées et de 3056 représentations devant 3,2 millions de spectateurs, la production « Broue » a été nommée lauréat du prix RIDEAU, au Savoy du Métropolis à Montréal.


Un pan de notre histoire : Les années 1880, quand le Québec s’est vidé de sa population

La Une

Le Canada est perçu à travers l’histoire comme une terre d’accueil pour les immigrants. Néanmoins. Il faut savoir que dans la deuxième moitié du 19e siècle, les conditions de vie difficiles au pays ont favorisé l’émigration de centaines de milliers de familles chez nos voisins du Sud.

La croissance de la population canadienne-française passe d’environ 113 000 à la fin du 18e siècle à plus de 600 000 habitants en 1840, une croissance démographique de près de 400 %. Cette augmentation rapide de la population entraîne des déplacements massifs vers l’arrière-pays seigneurial ou dans les cantons au sud de Montréal.

Cette croissance de la population, additionnée à une concurrence agricole des fermiers de l’Ontario et à la mauvaise utilisation des sols, conduisant à une crise de rendement, provoque un appauvrissement des foyers québécois. Conséquence, au milieu du 19e siècle, les jeunes en âge de fonder une famille sont incapables de trouver une terre.

Pour survivre, beaucoup d’hommes parcourent les campagnes à la recherche d’un emploi saisonnier, certains vont travailler dans les chantiers forestiers, mais plusieurs s’aventurent dans le nord-est des États-Unis pour trouver du travail.

Pour ces milliers de jeunes familles, l’exil aux États-Unis devient souvent la meilleure option

ÉMIGRATION AUX ÉTATS-UNIS

Cette migration de milliers de fermiers se fait au rythme du développement du chemin de fer du Canadien-Pacifique. Ce vaste réseau ferroviaire qui se dessine facilite les déplacements du Québec vers les États-Unis.

C’est aussi l’époque où les manufactures de la côte est américaine, particulièrement les filatures de coton, se développent à une vitesse folle. Ces manufactures font face à une grave pénurie de main-d’œuvre depuis la fin de la terrible guerre de Sécession (1861-1865). Les propriétaires de ces filatures sont à la recherche d’une main-d’œuvre ouvrière bon marché et les Canadiens français semblent être une solution à leur problème.

VÉRITABLE SAIGNÉE HUMAINE

À partir de 1880, de véritables réseaux migratoires sont mis en place pour faciliter le déplacement de Canadiens français vers le sud. On estime qu’environ 500 000 Canadiens français vont émigrer vers le Maine, le Vermont, le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut et le Rhode Island dans la deuxième moitié du 19e siècle.

La majorité de ces familles qui fuient la misère québécoise cherchent à améliorer leurs conditions de vie par un exil qu’ils croient temporaire, mais qui deviendra bien souvent permanent.

Des villes industrielles américaines comme Lewiston, Biddeford, Manchester, Lowell ou Woonsocket se transforment avec l’arrivée massive ces travailleurs francophones.

QUARTIERS FRANCOPHONES

Des quartiers entiers, baptisés « Petit Canadas », deviennent majoritairement francophones et catholiques. On y voit naître des commerces, comme des épiceries, gérés par des francophones et des églises catholiques romaines. En 1900, on estime que 10 % de la population de la Nouvelle-Angleterre est canadienne-française.

Ces nouveaux arrivants francophones font peur à certains Américains. La presse de la Nouvelle-Angleterre laisse régulièrement entendre que le clergé catholique a fait migrer ces familles canadienne-française dans le but de recréer une Nouvelle-France aux États-Unis.

Une xénophobie nouvelle qui montre une sorte de théorie du complot propose que le Québec cherche sournoisement à devenir un pays indépendant et se prépare à annexer une partie du nord-est des États-Unis. Au début du 20e siècle, des mouvements comme le Ku Klux Klan reprennent de la vigueur et certains vont s’attaquer aux Canadiens français de la Nouvelle-Angleterre.

Malgré tout, ces « Petits Canadas » accueillent quotidiennement des immigrants du Québec et les propriétaires des manufactures continuent à les embaucher jusqu’à la crise des années 1930.

AMÉRICAINS FRANCOPHONES

Sur une période de près de 90 ans, on estime qu’au moins 900 000 Canadiens français ont quitté le Canada pour s’établir en Nouvelle-Angleterre. De ce nombre, la moitié d’entre eux seraient revenus au pays.

Ceux qui s’y sont enracinés se sont doucement fondus dans la culture anglo-saxonne après deux, puis trois générations et ont presque tous perdu leur langue et leur culture québécoise. On pense qu’environ deux millions de ces descendants d’émigrants francophones canadiens vivent toujours au pays de l’Oncle Sam.

Source : Martin Landry, historien, Le Journal de Montréal, cahier Weekend, 27 janvier 2024, p70


30e jour de l’année

Pensée et citation du jour…

Le succès, c’est l’échec de l’échec.

Delphine Lamotte


Ça s’est passé un 30 janvier…

(1939) Extermination des Juifs d’Europe. Adolf Hitler s’adresse au Reichstag et leur dit que si les Juifs amènent le monde à la guerre cela pourrait amener à « l’anéantissement de la race juive en Europe en cas de guerre ». L’extermination des Juifs, cible principale des nazis, fut perpétrée par la faim dans les ghettos de Pologne et d’URSS occupées, par les fusillades massives des unités mobiles de tuerie des Einsatzgruppen sur le front de l’Est, au moyen de l’extermination par le travail forcé dans les camps de concentration, et dans les chambres à gaz des camps de la mort.

(1957) Apparition du premier simulateur cardiaque (pacemaker). Le premier modèle sur batterie de stimulateur cardiaque apparaît. La batterie était externe mais avec des électrodes au coeur. Ce système sera rapidement dépassé: les infections furent nombreuses. Le premier stimulateur cardiaque totalement implantable est posé en octobre 1958. Les années soixante verront l’apparition des sondes endocavitaires qui sont utilisées de nos jours : l’électrode est introduite dans les cavités cardiaques par une ponction d’une veine et ne nécessite donc plus un chirurgien pour positionner celle-ci à la surface du cœur.

(1969) Dernière apparition publique des Beatles sur le toit de la firme Apple Records. Ils interprètent la chanson GET BACK, mais doivent arrêter la session à cause de plaintes dans le voisinage.


Le vélo l’hiver… Est-ce vraiment nécessaire ?

La Une

C’est une question de sécurité que d’enfourcher son vélo l’hiver, pour circuler dans les pistes cyclables en milieu urbain où le risque d’accident est accru, et principalement en circulant sur des surfaces glacées.

On aura beau avoir des pneus larges, surdimensionnés, à crampons, c’est le fait de se retrouver en une période de l’année où c’est aussi inusité que ceux qui s’installent une piscine chauffée en plein milieu de sa cour, sans protection, avec une température extérieure sous le point de congélation, comme une certaine publicité télévisée qu’on nous présente depuis quelque temps. Une piscine, c’est quand il fait chaud. Allo !!!

La mairesse de Montréal répondait récemment aux questions des journalistes qui se demandaient pourquoi les trottoirs n’étaient pas déglacés même après plusieurs jours de pluie verglaçante ? Sa réponse fut que la priorité allait au déblaiement de la neige dans les rues et de dégager les pistes cyclables.

Imaginez, les cyclistes ont la priorité, sur les trottoirs glacés. On aura tout vu et tout entendu !

Les cyclistes peuvent pratiquer leur sport d’avril à octobre dans des pistes clairement balisées, en toute sécurité. Alors que les villes enlèvent ces balises en prévision du déneigement pour l’hiver, devrait être la bonne incitation à remiser son vélo, pour ne pas devenir une cible, ou simplement chuter.

L’adhérence est loin d’être comme sur une asphalte chaude.

De plus, en bordure des trottoir, lorsque la gratte passe, elle laisse souvent une bordure de neige qui se glace très rapidement.

Chaque printemps, les messages sont de redoubler d’attention envers les cyclistes. C’est de mise puisque les amateurs de vélo reprennent leur place dans nos rues, mais l’hiver, ça ne convient pas dans le décors.

Justement, hier, alors que je circulais sur le boulevard Taschereau à La Prairie, un cycliste est soudainement passé devant moi, sans un feu clignotant ou de position sur son vélo. Il roulait à bonne vitesse, vêtu d’un manteau noir, et il a décidé de traverser perpendiculairement les trois voies. À 30 pieds, il était invisible. Imaginez une auto qui circule dans cette zone de 70 km/h et qui le frappe !

C’est comme un chevreuil qui apparaît soudainement devant vous sans prévenir.

À moins de le faire en montagne, loin de la circulation, les bécanes n’ont pas d’affaire à sortir durant l’hiver, où dès que les villes remisent les balises de sécurité pour les pistes cyclables. Une simple question de logique !


29e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE NATIONALE DE COMMÉMORATION DE LA TURIE À LA MOSQUÉE DE QUÉBEC


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Pierre ProulxClaude Bonhomme

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

Il y a plus de courage que de talent dans la plupart des réussites.

Félix Leclerc


Ça s’est passé un 29 janvier…

(1996) Après avoir accepté deux jours plus tôt le poste de chef du Parti québécois Lucien Bouchard est assermenté en ce jour comme premier ministre de la Province. Trois mois après l’annonce de la démission de Jacques Parizeau , l’ancien chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard , lui succède donc au poste de premier ministre du Québec.

(2007) Le numéro 29 de Ken Dryden a été retiré, lundi soir, au Centre Bell, avant le match entre le Canadien et les Sénateurs d’Ottawa. L’ancien gardien de but et les membres de sa famille ont pu voir les beaux moments qu’ils ont passés à Montréal au cours des années 1970. Ken Dryden n’a disputé que sept saisons complètes dans la LNH. C’est en 1979 que Ken Dryden a décidé de raccrocher ses jambières après une 6e conquête de la coupe Stanley. Il était alors âgé que de 31 ans.

(2008) Le dollar canadien vaut 100,15 cents US, en hausse de 0,59 cent. Pour sa part, le dollar américain se transigeait à 99,85 cents CAN, en baisse de 0,59 cent.