Un pan de notre histoire : Être sage-femme à l’époque de la Nouvelle-France

Histoire

Dans l’histoire de la Nouvelle-France, les métiers strictement féminins sont rares, si ce n’est dans l’univers des soins aux malades et de l’aide à l’accouchement.

En effet, si plusieurs soins médicaux sont réservés aux médecins ou au Augustines de l’Hôtel-Dieu, l’univers de la naissance appartient quant à lui à la sphère privée, donc entre les mains des femmes, qui se transmettent leurs savoirs de génération en génération.

UNE PROFESSION FÉMININE DEPUIS L’ANTIQUITÉ

Ce métier féminin est réservé aux femmes depuis l’Antiquité. En effet, que nous pensions à l’Égypte ancienne, au monde grec, au monde romain ou même à la Chine, ce sont les femmes qui pratiquent les accouchements et qui développent les connaissances au fil du temps pour que ces derniers se passent le mieux possible, avec le moins de pertes de vie possible.

Les Romains ont par ailleurs illustré à de nombreuses reprises, notamment sur les bas-reliefs funéraires, les sages-femmes au travail. C’est entre autres le cas de l’épitaphe de Scribonia Attice, qui pratiquait des accouchements à Rome, dans le secteur d’Ostia Antica, au 2e siècle de notre ère.

Sur sa tombe, on retrouve un relief sculpté dans le marbre qui la montre en train de mettre un enfant au monde, démontrant ainsi le métier qu’elle a exercé toute sa vie et célébré ainsi pour l’éternité.

Au Moyen-Âge, les femmes sont très souvent associées aux soins et plusieurs peuvent même pratiquer la médecine. Nous avons des exemples venant entre autres de l’Allemagne et de l’Italie.

Au cours du 13e siècle toutefois, avec la standardisation de diplômes universitaires pour les médecins, la situation des femmes dans ce domaine s’est grandement complexifiée. Plusieurs archives datant de cette époque ou des subséquentes nous démontrent que la pratique de la médecine non homologuée par les universités peut désormais mener à l’excommunication des soignants et des soignantes ou, vers le 15e siècle, vers des accusations de sorcellerie pour de nombreuses femmes.

Un seul domaine reste entre les mains des femmes laïques dans les villages partout en Europe et graduellement dans les colonies : celui de l’accouchement.

UNE TRADITION QUI SE POURSUIT JUSQU’EN NOUVELLE-FRANCE

Sages-femmes en Nouvelle-France

En Nouvelle-France, les soins médicaux sont assurés très tôt par les Augustines à l’Hôtel-Dieu de Québec. Plus la colonie se développe, plus les intervenants laïques font aussi partie de l’univers des soins de santé. Des apothicaires ont des boutiques à même leur maison, comme ce fut le cas, à titre d’exemple, de Claude Boiteux de Saint-Olive à Montréal.

Dans les villages fondés graduellement dans la vallée du Saint-Laurent, l’accès aux médicaments dans les débuts de la Nouvelle-France semble souvent avoir été via le presbytère.

Au-delà de ces spécialistes des soins, homologués par les universités ou l’Église, la Nouvelle-France a aussi ses guérisseurs, « ramancheurs » et surtout, ses sages-femmes. Même si les communautés religieuses assurent les soins, la question de l’accouchement reste pendant longtemps une affaire privée et domestique en Nouvelle-France et les femmes enceintes ne vont pas à l’Hôtel-Dieu pour accoucher.

Les médecins n’interviennent qu’en cas de complications graves et dans les villages les plus reculés, cette option n’est pas envisageable. En Nouvelle-France, comme dans de très nombreuses régions du monde, les savoirs quant à l’accouchement et ses suites se transmettent ainsi entre femmes, au gré des générations.

Si les femmes accouchent généralement à la maison avec l’aide de leurs voisines, de leurs sœurs et de leurs filles aînées, certaines développent une véritable spécialité et sont reconnues comme des sages-femmes.

Une des premières sages-femmes officielles de la ville de Québec, si elle n’est pas la première de la colonie, est Marguerite Langloise et elle travaille comme « accoucheuse » dès 1654. En 1655, sa nièce, Hélène Desportes, est officiellement reconnue comme sage-femme et elle veille aux accouchements des femmes de la ville de Québec jusqu’en1672. Elles peuvent ainsi être connues comme les premières sages-femmes officielles de la Nouvelle-France.

Ces femmes pratiquent avec l’approbation de l’Église, souvent élues dans leur paroisse, mais en 1722, le métier se modernise davantage. Une première femme arrive de Paris comme sage-femme du roi ! Elle se nomme Madeleine Bouchette, est payée par le roi de France pour ses services et a pour mission de s’occuper des sages-femmes de la colonie.

Un nouveau pan du métier d’accoucheuse, plus officiel, s’ouvre alors et ce n’est qu’avec la modernisation des soins hospitaliers et la mise en place de lois officielles au 19e et au 20e siècle, que les accouchements migrent graduellement vers les hôpitaux au Québec.

Source : Évelyne Perron, historienne, Journal de Montréal, cahier Weekend, 22 juin 2024, p75


Traduire en plusieurs langues ?

Opinion

Dites-moi, qu’est-ce que vous comprenez comme instructions sur ces conteneurs pour des dons de vêtements ?

Parce que lorsqu’on parle de friperie, on parle de vêtements usagés et en bonne condition qu’on refile à des gens moins fortunés. On y trouve souvent des articles de qualité, dont les gens ne veulent plus. Une façon de redonner au suivant.

Je dis bien des vêtements, comme l’indiquent les instructions pourtant très claires.

Ces conteneurs sont installés près de chez moi, à La Prairie, à l’arrière de la caisse populaire Desjardins (une succursale qui a survécu jusqu’à présent).

Il est vrai que la cueillette pourrait se faire plus régulièrement, mais quand conteneur est plein, au point de ne plus fermer complètement, il faut arrêter.

Revenir une autre fois est la bonne chose à faire parce que si vos surplus trainent chez vous depuis des mois, ils peuvent bien attendre quelques jours de plus.

Alors à cet endroit de cueillette, en plus de laisser des sacs par terre par certains personnes qui n’ont aucun sens des civilités, un autre intelligent a décidé d’y laisser son fauteuil, et je vous parie qu’il a fait son sale coup à la tombée de la nuit.

On est loin de la friperie.

Est-ce que par le plus simple des hasard, on aurait dû écrire les instructions en plusieurs langues ? Ça n’aurait rien donné de plus parce que l’imbécilité, c’est incurable.

Un jour, ils vont l’enlever parce que les gens ne veulent rien entendre. Et qui seront pénalisés ? Ceux qui respectent les règles.


Comment désodoriser ses chaussures

Trucs et astuces

Ah ! Quelle odeur qui se dégage de ce type de chaussure durant la saison chaude ! Si vous transpirez des pieds, vous savez qu’il n’est pas facile d’éliminer ces odeurs dérangeantes. Alors, sans plus tarder, voici quelques trucs de madame Chasse-taches.

SES ESPADRILLES DE SPORT                                             

Essayez ces petits trucs maison qui pourraient s’avérer efficaces contre les bactéries qui sont la cause des mauvaises odeurs :

1- Tous les matins, saupoudrez vos chaussettes préférablement en coton, vos souliers et vos pieds de bicarbonate de soude (2 à 3 c à soupe). On pourrait aussi utiliser une poudre pour les pieds anti-odeurs vendue dans les pharmacies.

2- Avant le coucher, prenez un bain de pied composé d’eau tiède et de 60 ml (1/4 tasse) de bicarbonate de soude. À ce bain, on peut ajouter du vinaigre, du jus de citron ou du thé noir. Ils contiennent tous des agents asséchants. Après un essai de quelques jours avec un de ces produits, vous verrez quel bain sera le plus efficace pour vous.

SES CHAUSSURES DE TOUS LES JOURS

3- Saupoudrez l’intérieur des chaussures tous les soirs de bicarbonate de soude ou formez des petits sachets avec un papier mouchoir ou un coton fromagé où vous déposerez 2 à 3 cuillerées de levure chimique et 6 cuillerées de fécule de maïs. Glissez un sachet dans chacune des chaussures. Rangez les chaussures dans un sac plastifié que vous refermez pour la nuit et repartez en neuf… complètement désodorisé au petit matin. Les sachets peuvent être réutilisés pendant quelques semaines.

4- Vous pouvez aussi déposer les chaussures à l’extérieur de la maison. Le soleil élimine aussi les odeurs dans les chaussures malodorantes.

5- Préparez une solution moitié eau/moitié vinaigre blanc. Vaporisez l’intérieur des chaussures et laissez sécher complètement avant de les porter à nouveau.

6- Avant le coucher, déposez dans chaque chaussure 2 à 3 gouttes d’huile essentielle au clou de girofle ou tout simplement un pain de savon. Ces produits élimineront les bactéries tout en désodorisant les chaussures.

7- Les semelles intérieures des chaussures peuvent être une source de mauvaises odeurs. Remplacez-les et les odeurs persistantes se dissiperont rapidement.

Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 1er juin 2024, p18


Les bottines ne suivent pas les babines

Opinion

Je n’ai pu trouver mieux comme titre pour l’article d’aujourd’hui parce qu’il reflète très bien la réalité de nos politiciens.

Deux exemples effrontément réels en ce qui concerne deux lois ou règlements dont les personnes visées abusent massivement, sans que personne n’intervienne; la loi 96 sur le français et la loi sur les Airbnb. En entendez-vous parler vous des intervention physiques et ciblées en particulier.

Le gouvernement de la CAQ l’a pondu et voté à grands coups, puis, silence total. On passe à autre chose, dossier réglé.

Où ça ?

Elle est contestée de partout et on attend probablement les résultats de ces contestations pour montrer des dents. Maudit beau plan d’action ! C’est depuis son adoption qu’il faut mordre. Présentement, tous les délinquants en profitent pour rire en pleine face de ce gouvernement. Et pendant ce temps, le Québec s’anglicise.

L’affichage en français attendra encore une année. On est lousse, bonasse, doux, pas trop de vagues, ou pas du tout !

Tout ça c’est de la pure provocation ! Bah ! ils se disent de nos dirigeants sont des, « gros parleux, p’tits faiseux ».

AIRBNB

Un autre dossier où une loi a été votée et que les escrocs continuent de s’en donner à cœur joie, sans sanctions aucunes.

La semaine dernière, le bureau d’enquête de Quebecor Média, publiait des pages de cas d’abus et d’infractions à la loi, au vu et au su de tout le monde.

Est-ce volontairement que le gouvernement ferme les yeux ?

Où il en est dans ce dossier ? Avec les milliers d’employés, je n’arrive pas à comprendre deux choses; son inaction et le dévoilement d’une poignée de journalistes d’enquête.

Ce n’est pas normal que la loi soit défiée par à peu près tout le monde et que tenanciers et propriétaire se foutent des lois qui, une fois en vigueur, l’enfreigne sans même craindre les accusations possibles.

Et tout ça, c’est la pointe de l’iceberg. Pourquoi cette inaction du gouvernement ? Pour se donner bonne conscience envers sa population ?

Et qui souffre de cette inaction ? Les pauvres gens qui se font expulser sur des mensonges et des raisons bidons, au profit de fraudeurs qui n’ont aucune conscience humaine. Où l’appât du gain, et le fric frauduleusement empoché, en sont la cause principale.

Et comme je l’écrivais, c’est évident que les bottines ne suivent pas les babines.


Ygreck, et ses perles de juin

Actualités

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de juin, publiées dans le Journal de Montréal.



Un pan de notre histoire : L’histoire du divorce au Québec

Histoire

Il y a 100 ans, ce n’était vraiment pas simple de divorcer au Québec. Pour rompre le contrat de mariage, il fallait évidemment affronter la rigidité du clergé catholique, mais aussi un système juridique peu accommodant.

Entre 1795 et 1879, il s’est tenu un peu plus de 250 procès pour divorce dans le district judiciaire de Montréal, un nombre peu élevé pour une période aussi longue. Dans 95 % des cas, c’étaient des femmes qui demandaient le divorce.

Ces épouses invoquaient principalement la violence et l’alcoolisme de leur conjoint pour justifier leur désir de rompre le contrat de mariage.

Pendant longtemps, les lois civiles et le dogme religieux ont servi de base aux règles qui encadraient le mariage. Les hommes de pouvoir rappelaient continuellement aux épouses que leur mari était supérieur. La coutume de Paris ou plus tard le Code civil du Québec mentionnaient noir sur blanc que la femme devait obéissance à son mari.

D’ailleurs, il existait dans la loi deux poids, deux mesures en matière de genre. Par exemple, l’homme avait le droit d’accuser son épouse d’adultère, de la faire enfermer et d’obtenir sans trop de difficulté la séparation de corps, mais pas la femme. Le Code civil a maintenu cette injustice jusqu’au milieu des années 1950.

AVANT LA LOI FÉDÉRALE DE 1968

Au Québec, pendant longtemps, les femmes mariées ont eu besoin de leur mari pour signer en leur nom des contrats ou des documents officiels. Avant 1964, les Québécoises étaient littéralement considérées, sur le plan légal, comme des personnes mineures. En fait, elles avaient les mêmes statuts juridiques qu’un enfant ou un fou.

Les choses vont changer en 1964 avec l’application de la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée (loi 16). Elle corrige de graves lacunes en matière d’égalité des sexes, mais pas toutes. Par exemple, dans un couple marié, l’autorité du père prime toujours auprès des enfants.

Cette loi modifie le Code civil pour que les femmes mariées puissent exercer la pleine capacité juridique. La femme mariée acquiert la responsabilité civile et financière et le pouvoir d’exercer une profession sans l’autorisation de son mari.

Le projet de loi, mené par la première femme députée et ministre de l’Histoire du Québec, Marie-Claire Kirkland-Casgrain, est adopté par l’Assemblée législative du Québec le 14 février 1964. La loi entre en vigueur le 1er juillet 1964.

Vers la fin des années 1960, le ministre de la Justice du Canada, Pierre Elliott Trudeau, souhaite réformer le Code criminel. Il fera amender notre code pénal pour recadrer la responsabilité individuelle de chacun face à des questions comme l’orientation sexuelle, la contraception, l’avortement ou le divorce,

« L’État n’a pas sa place dans les chambres à coucher de la nation », dit celui qui deviendra ensuite premier ministre du Canada.

Avant 1968, c’était aux provinces de baliser ce droit en matière de divorce et chacune d’alles avait ses propres particularités. Au Québec, la situation était quand même compliquée parce qu’il n’y avait tout simplement pas de législation sur ce sujet. Pour divorcer, on devait aller devant une cour fédérale. Les démarches juridiques étaient longues et bien souvent trop coûteuses, les frais d’avocat frôlaient fréquemment les 2000 $.

LA LOI DE 1968

La Loi sur le divorce au Canada de 1968 supprime les « deux poids, deux mesures » du Matrimonial Causes Act britannique. La nouvelle législation fédérale peut maintenant s’appliquer dans toutes les provinces. Les personnes désirant divorcer pourront être entendues chez elles en cour provinciale.

La nouvelle loi spécifie les fautes conjugales qui peuvent conduire au divorce, comme l’adultère, la cruauté ou l’abandon du foyer. Le législateur impose une période de trois ans de séparation avant d’accorder le divorce. La loi a un impact assez important puisqu’entre 1970 et 1981, le nombre de divorces au Québec est multiplié par quatre.

L’ÉVOLUTION DE LA LÉGISLATION

Dans une société démocratique, les lois doivent être le reflet des valeurs de ses citoyens. Si ces valeurs évoluent constamment, ses lois doivent évidemment être revisitées. Au milieu des années 1980, il apparaît de plus en plus clair que la loi fédérale de 68 comporte de nombreuses failles.

Une nouvelle Loi sur le divorce est donc votée en 1985 dont la législation s’applique à partir de 1986. L’esprit de cette nouvelle loi change profondément la culture du divorce. Terminée l’obligation de lancer des accusations pour faire la démonstration qu’il y a eu une faute conjugale, on peut divorcer tout simplement parce que le mariage est un échec.

Depuis 30 ans, le nombre de divorces diminue progressivement, pas parce que les couples s’aiment plus que dans les années 1970, mais tout simplement parce que les Québécois se marient de moins en moins. Nos mœurs conjugales ont changé au rythme de la baisse de l’influence de l’Église et de l’émancipation des femmes dans la société. Dans le Québec d’aujourd’hui, plus de 60 % des enfants naissent dans des familles en union libre.


Encore du niaisage !

Opinion

Aucune loi n’a été plus contestée que la loi 101 de 1977. La loi de Camille Laurin qui faisait du français, la langue officielle du Québec.

On l’a bafoué, défié et trainée devant les tribunaux sans que les gouvernements qui ont suivi ne mettent tous les efforts nécessaires pour la protéger, lui donner du mordant et se battre pour qu’elle s’impose comme le gouvernement de René Lévesque l’avait imaginé.

Malheureusement, ça ne s’est pas produit.

Au fil du temps, on l’a laissé aller et lentement on a abdiqué. On a refusé de mettre les efforts nécessaires à continuer de l’imposer, la défendre. On s’est endormi.

On a vu revenir l’affichage commercial en anglais presque partout, sans conséquences aucunes. Montréal à perdu son visage français, et son âme. On ne s’y sent plus chez nous.

Au cours de la dernière décennie ça s’est accentué, le français est devenu une langue seconde au Québec. L’inimaginable s’est produit sans que personne ne lève le petit doigt.

On avait plus qu’un genou par terre, on s’écrasait, on abdiquait, on s’en foutait.

UN SEMBLANT D’ESPOIR

Puis, la CAQ est arrivée avec l’idée de la ressusciter, d’enfin réaliser le vœux de Camille Laurin, de faire vivre le français. La loi 96 devenait le fer de lance du renouveau. Elle n’était pas parfaite mais elle était là, comme l’espoir.

Il nous était permis de rêver. Le rêve a été de courte durée parce qu’elle a été contestée même à l’étape du projet de loi. On connaissait la suite. On s’est écrasé une seconde fois.

Il ne s’est pas passé grand-chose depuis le 1er juin 2023. Le visage de Montréal est pire qu’avant. On a l’impression, dans le centre-ville, d’être ailleurs, aux États-Unis.

Qui s’est levé pour appliquer la loi 96 ne serait-ce que dans l’affichage. Personne ! Pas question ! La loi est adoptée et en vigueur, contestée fortement par la communauté anglophone, pendant que le gouvernement a d’autres chats à fouetter.

UN SOUBRESAUT

Arrive Jean-François Roberge qui prend le bâton du pèlerin pour imposer d’ici le 1er juin 2025, l’affichage commercial en français. Encore une année de niaisage.

Le règlement prévoit toujours d’obliger les entreprises à adapter leurs devantures de façon à ce que la langue de Molière occupe deux fois plus d’espace que la langue de Shakespeare.

Sitôt dit, la contestation repart. « On n’a pas le temps de faire la transition », « la mesure n’est pas claire », bref, toutes les raisons, mêmes loufoques inondent l’opinion publique. Et voilà qu’on plie encore. Le ministre commence à parler d’exception. Ça y est, c’est reparti. Il s’écrase lui aussi.

C’est clair pourtant. En simple, seuls les noms propres peuvent être dans une autre langue que le français. Tout le reste de l’affichage est en français. Plus simple que ça, tu meurs ! Qu’est-ce qui est si compliqué ? C’est de la mauvaise foi !

LES ÉLECTRO-MÉNAGERS

Voilà la dernière niaiserie. Les fabricants ne veulent pas franciser les « pitons » et tableaux de bord des électros. Pourtant, d’autres pays bénéficient de « pitons » dans leur langue. C’est quoi le problème ? Ils menacent de ne plus vendre leurs produits en sol québécois. Ça prouve qu’ils nous aiment profondément, qu’ils nous étiquettent « minorité insignifiante ». Ils étirent l’élastique.

Et quelle a été la réaction du ministre Roberge ? « Pour les électros, on va remettre ça à plus tard ». Probablement lorsqu’ils seront dans l’opposition.

Nous sommes des grandes gueules, mais sans dents. C’est l’histoire de notre vie. Se faire frapper et présenter l’autre joue.

Décevant !


Abandonner le rêve de la pelouse parfaite

Jardinage

En se promenant dans votre quartier, vous avez sûrement constaté que certaines pelouses n’ont rien à envier aux plus prestigieux terrains de golf. C’est joli, mais à des lieux d’une naturalité. Certes, il faut l’entretenir avec les quelques trucs qui suivent.

Une astuce pour prendre soin du gazon ? On le tond plus souvent, en lui laissant une certaine longueur plutôt que de le raser. On conserve ainsi l’humidité, ce qui est très utile lorsque les températures montent.

Un bon truc est de pratiquer l’herbicyclage. Au lieu de mettre les déchets de tonte dans un sac, on peut simplement les disperser sur le terrain pour enrichir le sol.

Finalement, pour vous rassurer, il faut savoir qu’un gazon jaune n’est pas mort, il est simplement en dormance.

L’arrosage sert simplement à réduire les écarts entre les précipitations et les besoins en eau des plantes.

Bon jardinage !


Des trucs de grands-mères en cuisine

Trucs et astuces

Ah, nos grands-mères… Comme elles savaient cuisiner ! Pour nourrir de grosses tablées elles devaient user de leur savoir-faire extraordinaire. Tout goûtait et sentait bon. Un des plaisir de la table. C’est ce que madame Chasse-Taches nous dévoile aujourd’hui.

1- Préparez rapidement une sauce délicieuse pour le rôti de bœuf en ajoutant une tasse de thé noir au jus de cuisson.

2- Le poisson ne se brisera pas durant la cuisson si vous ajoutez une pincée de sel au beurre ou à l’huile chaude dans le poêlon.

3- Si vous avez besoin de zeste d’orange ou de citron pour une recette et que le fruit est trop mou, placez-le une dizaine de minutes au congélateur. Il vous sera facile de râper l’agrume devenu un peu plus ferme.

4- Pour empêcher un couteau de coller lorsque vous coupez une tarte aux fruits, passez-le tout simplement dans un peu de farine ou enduisez-le de beurre avant de tailler les pointes.

5- Lorsque vous ajoutez des pâtes alimentaires dans une soupe, il est préférable de les faire cuire dans une eau bouillante salée et de les ajouter à la soupe après les avoir bien rincées. Cette technique empêchera l’amidon des pâtes d’épaissir la soupe.

6- Les saucisses ont tendance à éclater lors de la cuisson sur le barbecue. Pour éviter ce problème, incisez les saucisses et faites-les bouillir deux minutes avant de les mettre sur le gril. Elles cuiront aussi beaucoup plus rapidement.

VOUS POUVEZ LES RÉCUPÉRER

1- Si le beurre d’arachide est trop sec ou granuleux, ajoutes-y une cuillerée de miel liquide et faites-le ramollir en le réchauffant au four à micro-ondes pendant 5 à 10 secondes ou déposez le pot dans un bol d’eau bouillante.

2- Vous pouvez moudre et réduire en poudre les gousses de vanille desséchées. Cette poudre vanillée, conservée dans un contenant fermé hermétiquement, pourra être utilisé dans la préparation de vos recettes.

3- Vous avez acheté de la tire d’érable ce printemps et voilà qu’elle commence à tourner en sucre. Recouvrez-la tout simplement d’un filet d’eau froide après chaque utilisation. Et voilà le problème réglé !

4- Quand un pot de mayonnaise ou de moutarde est presque vide, ajoutez-y un peu de ces ingrédients : huile d’olive, vinaigre aromatisé, ail, sel, poivre et fines herbes. Secouez énergiquement le pot et voilà une vinaigrette pour vos salades prête en quelques secondes.

5- Si votre sucre à la crème est devenu trop dur, glissez dans votre contenant scellé un quartier de pomme. En plus de retrouver sa texture originale, votre sucre à la crème prendra un délicieux petit goût.

6- Un ajout d’une petite quantité de crème fraîche rattrape une sauce trop piquante ou épicée.

Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 25 mai 2024, p18


Un pan de notre histoire : 24 juin 1994, la Saint-Jean-Baptiste la plus souverainiste des 30 dernières années.

Histoire

Il y a 33 ans, le 15 juin 1991, le Bloc Québécois devient officiellement un parti politique à Ottawa.

Ce parti indépendantiste, ne présentant des députés qu’au Québec, se donne pour mission de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de la souveraineté du Québec.

DÉMISSION DE LUCIEN BOUCHARD EN 1990

Le 11 mai 1990, Lucien Bouchard, ministre de l’Environnement du gouvernement Mulroney, démissionne pour siéger comme député indépendant. Lucien Bouchard est furieux et farouchement en désaccord avec les conclusions qui se dessinent dans le rapport Charest. Jean Charest préside alors un comité spécial de la Chambre des communes qui s’apprête à déposer des recommandations pour résoudre l’impasse de l’Accord du lac Meech.

« Ce rapport accrédite à peu près toutes les tentatives des ennemis de l’Accord du lac Meech pour le diluer et asséner le coup de grâce au Québec. »

LUCIEN BOUCHARD

La démission de Bouchard crée une véritable onde de choc au sein du parti progressiste-conservateur au pouvoir à Ottawa. Le gouvernement Mulroney ne perd pas qu’un ministre influent ce jour-là, mais son lieutenant québécois et probablement le meilleur tribun du gouvernement pour aborder la question de l’unité nationale.

RENAISSANCE DU MOUVEMENT SOUVERAINISTE

La décision de Bouchard entraîne le départ de cinq autres députés qui siègent à la Chambre des communes. Dans les semaines qui suivent leur démission, ces députés se coalisent pour défendre les intérêts québécois au parlement fédéral. Un an plus tard, le Bloc Québécois est fondé officiellement.

Le parti dérange dans le Rest of Canada et de nombreuses voix s’élèvent pour remettre en question la pertinence de ces séparatistes québécois au Parlement.

Un premier député indépendantiste est élu à Ottawa sous la bannière du Bloc lors de l’élection partielle du 13 août 1990. Gilles Duceppe devient alors député de la circonscription de Laurier-Sainte-Marie à Montréal.

Le premier grand dossier qui permet au Bloc de trouver ses marques s’articule autour du débat à propos de l’Accord de Charlottetown (1992). Pour sortir de la crise liée à l’échec de l’Accord du lac Meech, Brian Mulroney propose aux Canadiens, par référendum, de redessiner la constitution canadienne.

Les Canadiens diront non à 54,8 % à cette proposition constitutionnelle. On sent que de plus en plus de Québécois perdent confiance en la capacité de l’État fédéral de trouver une solution juste pour réintégrer honorablement le Québec dans la Constitution.

L’année suivante, le Bloc Québécois remporte 54 des 75 sièges de députés québécois à la Chambre des communes lors de l’élection d’octobre 1993. Le résultat est fulgurant et ébranle les colonnes du temple de la fédération.

Le Bloc forme désormais l’opposition officielle à Ottawa. Évidemment, après l’élection du Parti Québécois au Québec en 1994 et le lancement de la campagne référendaire pour la souveraineté du Québec par le premier ministre Jacques Parizeau explique qu’à la suite d’une victoire du OUI lors de son référendum sur la souveraineté, le Québec offrira un partenariat économique avec le reste du canada.

À ce moment-là, Bouchard et le Bloc seront assis aux premières loges pour faire avancer les discussions.

UN VENT SOUVERAINISTE FAIT FRISSONNER LES FÉDÉRALISTES

L’insulte nationale de la nuit des longs couteaux en 1981, le rapatriement de la Constitution sans l’accord des Québécois de 1982, le rejet de l’Accord du lac Meech, la naissance du Bloc Québécois à Ottawa… on peut dire que la marmite bout depuis un bon bout de temps. D’ailleurs, de plus en plus de Québécois réfléchissent à la possibilité de redessiner la place du Québec dans la fédération.

La fête nationale de 1994 devient alors le théâtre de cet élan souverainiste. Ce jour-là, des centaines de milliers de personnes participent entre autres au défilé de la fête nationale à Montréal sous le thème « Quand sept millions de gens… ». Les points de suspension dans le thème des festivités sont porteurs d’espoir et de rêve pour ceux qui veulent un pays pour les Québécois.

L’émotion nationaliste est à son comble dans les rues de la métropole. Une mer de drapeaux fleurdelisés flotte sur la ville. Cette Saint-Jean est le plus important rassemblement de l’histoire de la ville et les gens présents scandent haut et fort de façon rythmiques : « Le Québec aux Québécois ».

En soirée, devant une foule de plus de 80 000 personnes, le comédien et l’un des organisateurs de la fête Jean Duceppe dira : « J’ai presque envie de ne pas faire de discours. Je crois que ce discours, vous l’avez tous dans le fond du cœur depuis quelques jours : le Québec est notre seul pays. »

Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier Weekend, 22 juin 2024, p72


Trois p’tites vites…

Humour

Toute la famille est réunie et a organisé une belle réception pour la grand-mère qui fête ses 90 ans. Ses petits-enfants lui demande :

– Mamie, as-tu encore un vœu…?

– Oui, à ma mort, je voudrais être incinérée.

– C’est triste de parler de la mort, mais c’est promis, nous organiserons de belles obsèques.

– Mais tu n’as vraiment pas un autre vœu…?

– Non j’ai déjà tout ce qu’il me faut, j’ai fait de beaux voyages.

– Non, vraiment et je vous assure, j’ai besoin de rien.

– Mais nous voudrions tellement faire quelque chose de spécial pour toi.

– Bon, une toute petite chose alors : Lorsque j’aurai été incinérée, vous répandrez mes cendres sur le parking du Carrefour.

– Du Carrefour, Mamie. Tu es sûr…?

– Oui, ainsi au moins, je suis sûr que vous passerez me voir au moins deux fois par semaine !


– En Grèce, un touriste veut visiter un monastère orthodoxe perché au somment d’une falaise vertigineuse. On l’installe dans une nacelle à une simple corde, et en haut deux moines tournent une manivelle pour le hisser. En cours de route le touriste constate que la corde est complètement usée. Quand il arrive enfin, livide, il demande au moine :

– La corde vous la changez régulièrement ?

– Bien sûr ! Chaque fois quelle casse !


– Un mec va chercher un soutien-gorge à sa femme. La vendeuse lui demande quelle taille voulez-vous ?

– Il lui répond :

– Je ne connais pas, elle a la même forme que vous.

– La vendeuse lui dit :

– Venez derrière le rideau s’il vous plaît, c’est là qu’on essaie les vêtements, je vais vous montrer mes seins pour que vous ayez une idée de la taille que vous voulez.

– Le mec dit immédiatement :

– Je veux acheter un string aussi !


Le français facultatif chez Postes Canada au Québec ?

Langues

C’est le cas si l’on se fie à des offres d’emploi récentes de la société d’État fédérale.

Pas besoin de parles français pour être facteur à Beloeil et à Saint-Rémi, au Québec, en 2024, même si c’est la langue maternelle de 90 % des habitants là-bas, si l’on se fie à des offres d’emploi récentes de Postes Canada.

« On rend le choix du français facultatif sur le territoire du Québec. C’est l’expression d’une arrogance impardonnable. On voit les intentions anglicisantes du fédéral. On veut rapetisser le Québec », s’indigne Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français.

« C’est la vision du Canada depuis le rapport Durham, d’effacer le français, mais c’est de façon plus cachée et plus vicieuse. La langue de travail et de service au Québec, c’est le français », peste-t-il.

Alors que Postes Canada a essuyé des pertes de 748 millions $ avant impôt en 2023, l’organisation est en mode embauche dans plusieurs régions, mais la connaissance de la langue officielle du Québec n’est souvent pas une exigence.

« C’EST BOURRÉ D’UNILINGUES »

Ces derniers jours, des employés, ayant requis l’anonymat de crainte de représailles de leur employeur, se sont vidé le cœur au Journal.

« C’est bourré d’unilingues anglais. Tu n’as pas besoin de parler français. Toutes les communications sont disponibles en anglais », a soutenu un travailleur d’un centre de tri.

Tant sur la route comme dans ces centres, la langue de Molière n’est plus obligatoire et les facteurs ne sont même plus tenus de parler français, selon eux.

« Ce n’est plus obligatoire et ce n’est plus une priorité, mentionne un postier. Lorsque j’ai travaillé dans un autre département, ça parlait plus anglais que français. Je ne me sentais pas trop au Québec », est allé jusqu’à dénoncer un autre.

PLUS DE 250 PLAINTES EN 5 ANS

Il n’est pas surpris des critères d’embauche pour les offres de Saint-Rémi et de Beloeil.

Cette réalité est bien connue du Commissariat aux langues officielles.

L’organisme fédéral a reçu pas moins de 258 plaintes visant Postes Canada, en l’espace d’à peine cinq ans.

POSTES CANADA SE DÉFEND

Interrogée par Le Journal, Postes Canada s’est défendue en disant tenir « fermement à respecter ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles et à servir sa clientèle dans la langue officielle de son choix » à l’aide de « mesures ».

« Nous avons mis en œuvre toutes les mesures nécessaires pour permettre au public d’accéder à nos services en français et en anglais auprès de notre équipe du service à la clientèle et dans nos bureaux de poste désignés bilingues, comme l’exige la loi », a indiqué sa porte-parole Valérie Chartrand.

« Les tâches de base de notre personnel de livraison consistent à trier les lettres et les colis, puis à les livrer dans les boîtes aux lettres, et non aux personnes, ce qui explique pourquoi ces postes ne sont pas désignés bilingues », a-t-elle conclu.

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NDLR. : Est-ce la même chose pour les offres d’emploi similaires en Ontario, en Alberta et même en Colombie Britannique ? Je serais curieux de savoir.

Source : Mathier Boulay et Francis Halin, Journal de Montréal